Femme
17 ans
Sang pur
Égyptienne
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Égyptienne
Capacités & Statuts
Groupes
La nuit, tous les chats sont gris
Message publié le 15/02/2026 à 18:32
L’instant semblait suspendu pour les deux êtres qui se toisaient au milieu du décor hivernal. Bastet lui avait fait don de joie et de bienveillance en lui offrant cette silhouette féline. Ce soir, Sekhmet lui envoyait un ami redoutable, si massif qu’elle aurait probablement pu se cacher derrière une seule de ses pattes. Il ne faisait plus de doute pour Neith que l’animal face à elle fut un autre animagus dont l’identité lui restait cependant mystérieuse.
Peu importait, mais, si la déesse lui avait offert cette forme, c’était que cet être humain avait dû en avoir besoin à un moment ou un autre.
Qu’avait bien pu traverser son compagnon pour recevoir ses griffes d’une entité guerrière et destructrice ?
L’Égyptienne remerciera silencieusement les divinités pour leur présent.
Elle n’était plus seule.
Ce soir, la liberté se gouterait à deux.
La petite chatte ne faisait pas le poids face à son congénère, ce n’était rien de le dire. Elle attendait ainsi presque trop fixement que l’animal s’habitude à sa présence, lui rende son salut et choisisse de l’adopter – ou de la dévorer, c’était selon. Après tout, rien ne lui assurait que l’individu derrière cette forme soit quelqu’un de stable en pleine maîtrise de son pouvoir. Elle-même pouvait encore à tout moment se laisser submerger par ce deuxième cœur plus rapide qu’elle n’avait découvert qu’une poignée de mois plus tôt.
Neith se demanda un instant si la personne dissimulée sous ce pelage pouvait être l’un de ses camarades de Uagadou. Cette forme ne lui disait rien. Tout juste lui évoquait-elle la championne de l’école africaine, Jarah, mais le pelage moucheté que ses yeux de chatte distinguaient nettement malgré le cadre obscur n’avait rien avoir avec la robe noire de son ancienne camarade.
La panthère sembla lui indiquer l’emplacement d’un arbre et son amie féline reçut le message avec un miaulement affirmatif : elle la suivait. Chaque trace de pas du gros mammifère dans la neige engloutissait la petite chatte qui sautait de cratère en cratère pour suivre le rythme de son compagnon nocturne. Neith prenait un plaisir fou à sentir son minuscule corps se glisser adroitement dans la poudreuse sans laisser la moindre trace derrière elle. À nouveau, elle se réjouit à la perspective de fouler le sable de désert avec ses petites pattes robustes. Son corps animal avait beau survivre même dans ce type de climat, ce n’était clairement pas son terrain de prédilection et sa fourrure serait sans doute bien moins épaisse sur sa terre natale.
Le petit animal regarda attentivement l’attitude de son compagnon de jeu. La panthère semblait vouloir… attaquer l’arbre ? Neith resta un instant interdite avant de comprendre : il ne s’agissait pas d’un arbre ordinaire, non, les branches de ce dernier se mouvaient. L’ancienne élève de Uagadou écarquilla ses yeux de chatte face au végétal animé, presque gracieux dans l’amplitude délicate de ses mouvements.
Deux félins en position d’attaque. Corps tendus. La minuscule silhouette de Neith dans l’ombre du léopard. Elle s’élança dans la nuit. Petite acrobate, de cabriole en cabriole sous les branches soudainement plus vives. La violence ne l’effrayait pas, ce soir, tout était jeu, plaisir. Un petit cœur excité dans la poitrine du mammifère. L’adrénaline répandait sous ses papilles la délicieuse saveur de la vie.
Neith se sentait bien,
joueuse,
entière.
La violence du saule ne laissait pas de répit aux deux félins. Ses muscles se fatiguèrent plus rapidement que ceux de son ami. La Serpentard se glissa près du tronc de l’arbre, frotta son pelage contre l’écorce. Ses yeux brillants observèrent la panthère quelques instants avant de sortir du dangereux périmètre du végétal belliqueux. La petite chatte, à peine réchauffée par l’exercice physique, grelotait un peu dans l’hiver blanc. Un miaulement plaintif en direction de son compagnon d’aventure. Neith chercha à réchauffer son corps glacé contre celui de la panthère. Peut-être au cœur de la nuit, l’animal la prendrait-elle pour un de ses petits ?
Message publié le 08/02/2026 à 15:06
Le ciel se parait de couleurs alors que la pluie et le soleil semblaient s’accorder. L’orage avait pris fin quelques millisecondes après avoir offert à l’Égyptienne sa deuxième identité. Neith se sentait étrangement apaisée, prête à affronter toutes les épreuves dont les siens avaient sciemment choisi de paver son chemin.
La jeune femme, encore un pied dans l’enfance et pourtant déjà trop grande, s’était ce soir offert le cadeau d’apprendre à se connaître elle-même. Elle savourait encore, sous sa langue, les parfums récoltés par cinq sens plus affutés que les siens.
Neith hocha la tête aux propos de son aînée qui ne pouvait se tromper. Puissante et douce, voilà comment elle s’était révélée. Une jeune femme avec encore tant à prouver, tout à découvrir, un monde entier d’odeur à écumer. Loin du carcan des ancêtres, elle se sentait pour la première fois alignée sur cette terre étrangère, prête à un envol auquel elle n’osait pas même songer.
Contraste exacerbé entre un dehors qui laissait encore son empreinte dans l’esprit de la jeune chatte et le silence apaisant des appartements de sa cousine. Son bout de terre natal incorporé au sol britannique. Dans l’espace clos, son corps n’était plus à l’étroit, contaminé par la conscience d’une souplesse et d’une vigueur dont elle n’avait jusque-là pas eu conscience. L’orgueil qui la guettait devrait sans doute être refoulé, mais peu importait si c’était l’unique prix à payer, elle en prendrait le risque.
Sa place retrouvée sur le cousin, un regard vers la fresque de Tzipporah. Nephtys ne la laisserait pas oublier que ce don était à la fois un cadeau et une arme. Peut-être un jour le seul moyen d’échapper à un destin aussi funeste que celui de la femme de Sethi. Nephtys, l’interrogation qui lui brûlait les lèvres, me diras-tu quelle forme animale t’a été révélée ? Un instant de partage parce qu’elle ne pouvait pas même imaginer que la jeune femme qu’elle admirait tant n’ai jamais accompli le rituel qu’elle venait d’effectuer. Quand s’était-elle elle-même transformée ?
L’Égyptienne se rêva un instant courant avec l’héritière dans les paysages étrangers, leurs corps de félins emplis de la douce volupté du mot liberté. Elle eut soudainement envie de gouter la brûlure du sable contre ses pattes habituées aux climats arides, feuler après les reptiles, se cacher dans un décor de la couleur de sa robe. Et puis une réflexion plus pragmatique : je vais m’enregistrer au ministère. Je n’ai pas de raison de me cacher, articula-t-elle songeuse.
La nuit, tous les chats sont gris
Message publié le 07/02/2026 à 21:17
Manteau blanc un peu trop immaculé pour une jeune chatte qui frissonnait dans la nuit glacée. La lune comme seule compagne dans le désert nocturne, Neith était bien. Brise fraîche, apaisante, ses sens félins la protégeaient du moindre danger et quel danger pouvait-il y avoir pour un petit animal domestique ? Celui de susciter trop de caresses, trop de cris enthousiasmés ? Rien, non, rien ne pourrait venir troubler ce moment de tête à tête entre la jeune Serpentard et son deuxième cœur.
Son corps cachait un petit être couleur sable aux poils plus doux qu’un baiser : la clef d’une liberté retrouvée dans l’entrave d’une dynastie compliquée.
Trop difficile à assumer pour une jeune femme tout juste adulte, une môme sortie de l’enfance à grand coup de mots durs, de regards acérés.
Un bref souffle pour échapper aux convenances, tricher dans le jeu des apparences. Sous cette fourrure la sorcière pouvait cracher, bondir, faire le dos rond, ignorer la moindre des injonctions.
Ce soir, personne pour juger de sa conduite, l’empêcher de se perdre dans le noir du ciel, de courir à en perdre haleine. Le matin tarderait à s’annoncer pour lui offrir la permission d’exister, pleinement. La nuit la veillait, non, elle était la nuit. Ombre claire parmi les flocons tourbillonnants.
Ce fut cependant peut-être sa moitié humaine, perdue dans ses pensées, qui l’empêcha de sentir un drôle de danger s’annoncer. Prédateur imprévu sur le sol britannique, des yeux verts illuminés dans la nuit, une mâchoire capable de cisailler en deux le corps de sa petite cousine : une énorme panthère s’élançait droit sur la jeune sorcière. Un miaulement terrifié déchira la nuit tandis que le corps souple de la jeune féline bondit hors de la portée de son ainée.
Geste inutile, sans doute, réflexe usé – ou pas encore développé – la jeune Ptahchepsès serait certainement morte dévorée si l’immense panthère, encore plus grande à travers ses pupilles animales, ne s’était brusquement arrêtée. Pas un mouvement, l’Égyptienne laissa un instant s’écouler, le cœur battant, le corps figé. Petite féline sur ses gardes, prête à s’enfuir en direction du château au moindre geste suspect.
Puis la raison prit le dessus, elle avança doucement, suspicieuse. Une panthère ? À Poudlard ? Un animal aussi imposant qui se retenait de faire d’elle son en-cas de la nuitée ? Ni le chat du désert ni le léopard ne semblaient réels ce soir. Tant pis pour la mort, Neith en quelques sauts dans la neige rompit la distance qui les séparait, tourna autour de sa compagne, les yeux plissés, comme pour jauger la bête. Sans qu’elle ait réfléchi à trop quoi faire pour établir un contact, son instinct de félin la poussa soudainement à coller son petit museau noir contre celui du léopard. Neith se redressa de toute sa hauteur pour atteindre le visage de l’inconnu. Ami ?
De l'art de survivre à ses fiançailles
Message publié le 07/02/2026 à 20:37
La tempête qu’elle attendait ne se déclencha pas, pas tout de suite. Cela n’étonna pas la jeune Égyptienne : Nephtys n’était pas du genre à s’emporter sur un coup de tête, trop réfléchie, mesurée, en train sans doute d’analyser la situation pour mieux l’appréhender. Si Neith écopait d’un châtiment, ce ne serait qu’après mûre réflexion de son aînée.
Mais l’animagus ne s’attendait pas pour autant au geste de… tendresse ? que lui offrit son aînée, peut-être au bord des yeux, un brin de compassion, de compréhension. Port altier, corps figé, presque crispé, qui se délia légèrement sous la caresse d’une main de Princesse. Neith ne détourna pas le regard.
Sa cousine se soucia d’abord de son intégrité physique et mentale à elle, la faire passer avant le reste, s’assurer qu’elle n’était pas blessée. Le geste transperça la jeune Serpentard de la douce impression d’être considérée même dans l’échec, sans avoir eu besoin de se battre, même en ayant cessé d’être parfaite. Les mots de Nephtys, malgré sa voix ferme, formèrent soudain comme une barrière autour de l’esprit de la jeune femme : elle n’était pas seule et elle avait bien fait de demander une aide sans laquelle elle se trouvait aujourd’hui incapable d’avancer.
L’aller-retour des doigts de l’héritière contre sa joue d’enfant. Depuis combien de temps la douceur était-elle un interdit pour l’élève tout juste majeure ? Elle déposa inconsciemment son pouce sur la bague à son doigt, celle que Nephtys lui avait offerte pour son dix-septième anniversaire. Jeune femme emplie d’une nouvelle reconnaissance qu’elle s’appliquait à transformer méthodiquement en loyauté consciente.
Neith évita de hocher la tête par peur d’interrompre la caresse, mais son regard répondait à chaque mot de l’Égyptienne. Elle lui aurait confié sa vie, la lui offrait déjà. Je ne suis pas naïve, elle voulait le penser, je ne cherche pas l’amour, que Nephtys sache que la désillusion venait d’ailleurs. Je ne souhaitais que remplir mon devoir politique, mais, puisqu’il y avait toujours un mais, même implicite. Bulstrode est un danger, articula-t-elle finalement, un homme instable, un fou furieux, un égoïste. Déluge de défauts en direction des seules oreilles auprès desquelles elle pouvait avouer le véritable fond de sa pensée. J’ai tenté de trouver un équilibre, le plus petit terrain d’entente : impossible, elle ravalait son échec, sous la langue l’amertume de la défaite, cet homme ne partage aucune de nos valeurs il les mots étaient peut-être dur ? Il est une grande faiblesse pour le clan.
La jeune femme pesait chacun des mots rapportés à Nephtys avec conséquence. Jamais aucun Ptahchepsès n’aurait reconnu cet enfant, affirma-t-elle enfin, la voix plus assurée au fur et à mesure de son explication, comme si la sourde colère en elle lui offrait la confiance nécessaire pour s’exprimer. Ce n’est pas un caprice, trouva-t-elle tout de même important de préciser : je ne comprends pas le choix de Sethi. Ou peut-être le comprenait-elle trop bien. Mais il lui semblait avoir besoin d’un signe, d’une confirmation pour goûter pleinement contre ses papilles la saveur de la trahison.
De l'art de survivre à ses fiançailles
Message publié le 05/02/2026 à 20:25
Dans l’attente du verdict, Neith n’en menait pas large. Sa tranquille assurance semblait l’avoir quittée. Comme à chaque fois qu’elle se trouvait en face de Nephtys, une vague de doutes la traversait. La peur de ne pas se montrer à la hauteur, d’être trop peu, de ne pas répondre à des attentes qu’elle échafaudait seule en constructions précaires.
Les minutes qui séparèrent son arrivée dans la demeure de l'apparition de Nephtys dans le salon lui semblèrent passer en une demi-éternité durant laquelle la jeune Égyptienne eut tout le loisir de retourner dans sa tête son problème sous tous les angles. Elle arrêta brusquement d’arpenter le salon en voyant la silhouette altière apparaître dans la pièce. Nephtys, ce soir, paraissait encore plus imposante qu’à son habitude et la jeune Neith fit de son mieux pour garder les épaules droites, affronter la déception en la regardant dans les yeux.
L’Égyptienne ne perdit pas son temps en salutations trop cordiales et pour une fois, Neith regretta des convenances qui permettaient de rentrer délicatement dans la conversation. Son aînée était-elle fâchée ? Déjà déçue d’être dérangée par sa jeune filleule ? La Serpentard chassa ces mauvaises pensées de son esprit en essayant de garder un visage neutre. Son émotion la trahirait quoiqu’il arrive, autant tenter de composer avec les miettes de contrôle d’elle-même qui lui restaient à présent.
Ne pas triturer ses mains, éviter de se balancer d’un pied sur l’autre, deux yeux sombres dans ceux de Nephtys. Et surtout, ne pas craquer, malgré l’aigreur, la déception et qui se souciait de sa déception à elle ? Pas Quintus Bulstrode, non, ça, c’était certain. Neith salua la Ptahchepsès pour gagner une poignée de secondes avant de se jeter à l'eau. J’ai vu Monsieur Bulstrode, mon… Petite pause, inspiration difficile, mon fiancé. C’était sûrement déjà plus qu’assez pour lui attirer les foudres de sa cousine, mais elle ne pouvait pas reculer. Il m’a contactée pour un rendez-vous en tête à tête, continua-t-elle avec appréhension en en profitant pour inculper un peu le jeune homme. Et je ne pas perdre contenance, ne pas craquer devant elle, j’ai accepté.
La jeune femme aurait voulu se jeter à ses pieds, la supplier de lui pardonner cet écart ou plutôt le secret de ce dernier. Elle se retint de justesse, persuadée que cette attitude ne pourrait que la desservir. Il n'y avait jamais eu de place pour la faiblesse dans le clan et Neith le savait mieux que personne. Elle tâcha donc de soutenir le regard de Nephtys avec les derniers brins d'assurance dont elle disposait encore.
Message publié le 31/01/2026 à 16:04
Monsieur Fawley pouvait effectivement bien plaindre le promis de la Ptahchepsès qui, selon ses propres dires, avait tout bonnement été anéanti d’apprendre ses fiançailles. Il allait falloir à ce couple mal assorti une véritable révolution pour parvenir à un quelconque accord. Or, Neith, contrairement à ce qu’elle avait pu observer chez Quintus Bulstrode, était loin d’avoir hérité d’une âme rebelle. Non, cette relation ne pouvait mener qu’à une impasse. Elle se fendit néanmoins d’un nouveau léger sourire à destination du Fawley.
Malgré elle, l’attitude de cet homme qui lui proposait une invitation toucha l’Égyptienne. Ces paroles renforcèrent l’impression de sincérité qui semblait se dégager de l’historien. Les manières dont usaient les membres de la noblesse entre eux pouvaient avoir une saveur tout à fait exquise qui ne cachait rien d’autre qu’un plat ennui, mais Monsieur Fawley semblait réellement prendre du plaisir à se trouver en sa compagnie. Cet homme devrait donner des cours à l’une de ses connaissances, pensa-t-elle.
La jeune femme n’était pas une spécialiste de l’histoire de sa propre famille. Elle comprenait bien l’intérêt de l’étranger, mais craignait néanmoins d’avoir du mal à y répondre. Quelle que soit sa place dans ce monde – et Isis savait qu’elle ne l’avait pas encore trouvée – l’Égyptienne restait persuadée que ce ne serait pas dans les livres d’histoire qu’elle trouverait sa voie. Pour les leçons du passé, après tout, Nephtys était là pour la guider, même si la jeune femme s’était récemment mise en tête de lui apprendre l’ancien égyptien afin de parfaire son éducation.
Ce serait avec plaisir, répondit-elle sincèrement. Elle avait par ailleurs dû faire une bien piètre impression à Caecilia Fawley et se devait de corriger celle-ci avant que Nephtys n’apprenne de quelle façon elle avait pu faire rayonner le nom de leur clan. Mais j’ai bien peur d’être une piètre ambassadrice de l’histoire des Ptahchepsès, avoua-t-elle avec une légère gêne, ma cousine, Nephtys saura sans doute bien mieux vous renseigner. Elle hésita un instant, se demandant si son aînée lui en voudrait d’avoir prononcé cette phrase : contactez-la donc de ma part s’il vous sied.
Neith tendit une nouvelle fois sa main à Monsieur Fawley. Il lui semblait avoir obtenu toutes les informations qu’elle pouvait tirer du jeune homme et avait par ailleurs à faire. Merci pour votre sollicitude, Monsieur Fawley, j’ai été ravie de faire votre connaissance. L’Égyptienne était plus que sincère. Mes salutations à madame Fawley. Neith courba légèrement la nuque avant de tourner les talons. Quelque chose ne tournait pas rond chez ces sangs purs britanniques.
Message publié le 31/01/2026 à 15:11
Neith eut à peine le temps de se rendre compte de ce qu’il s’était passé qu’elle fut soudainement assaillie par un nouveau monde d’odeur, de sons, de sensations. L’univers tout entier semblait converger vers elle, lui offrant une vision différente, des couleurs qui lui firent presque tourner la tête. Presque, parce que Nephtys était là, veillait sur ce petit animal dont le pelage se fondrait bien mal dans les paysages britanniques.
Jeune chatte sauvage, animale fière, libre par excellence, quelle douce ironie pour la jeune sorcière embourbée jusqu’à la taille dans les traditions des Ptahchepsès. Fallait-il qu’elle y voie un signe ? Cette réflexion, comme tant d’autres, la tourmenterait plus tard, en cet instant, Neith profitait.
Le petit corps félin, souple, fluide fit quelques bonds autour de Nephtys, fourrant ses moustaches dans les moindres plantes qu’il pouvait atteindre.
Gorgé de vie, d’envie.
La douceur de son enveloppe, loin des contraintes, fit soudainement croire à Neith qu’elle n’aurait plus besoin, ne souhaiterait plus jamais reprendre sa forme humaine et le poids sur ses épaules qui allait avec. Elle voulait rester, savourer ce sentiment d’évasion, pour toujours.
Le ciel s’ouvrit, crachant une fine pluie qui la fit frissonner. Neith ne craignait pas l’orage, la petite chatte en elle, en revanche, n’était pas bien rassurée. Elle profita de la fraîcheur du ciel contre son pelage jusqu’à ce que Nephtys la rappelle à l’ordre. La sorcière bien dressée reprit, non sans regret, sa forme de jeune femme que les pleurs du ciel recouvrir de caresses mouillées, baptisant une Neith Ptahchepsès qui venait de renaître.
L’Égyptienne récupéra ses vêtements et sa baguette, se rhabilla. Encore silencieuse pour un temps, comme si elle craignait qu’un feulement ne sortît de ses lèvres.
Merci Nephtys. Encore une fois, son aînée était là pour lui tenir la main dans les difficultés. À sa manière, cela allait sans dire. Neith encore chamboulée était reconnaissante, elle se sentait plus sûre d’elle, plus puissante, comme si le destin venait de lui glisser un joker dans la manche, lui affirmant droit dans les yeux : tu n’es plus seule, tu es deux. Cette petite part de liberté se situait donc en elle, comme une peau sous la sienne, un deuxième cœur dans sa poitrine. La douleur avait pris fin : il était temps de rentrer.
Les yeux brillants, ses pensées démêlées, la jeune femme se sentait pleine et entière, plus complète qu’elle ne l’avait jamais été, pas même en présence d’Ahmès. Elle s’octroya un large sourire de satisfaction en rentrant à l’abri.
Je ne savais pas qu’il y avait cette chatte en moi, dit-elle à sa cousine, l’air un peu rêveur.
La nuit, tous les chats sont gris
Message publié le 31/01/2026 à 13:41
Cela faisait plusieurs mois que Neith n’avait plus été en proie à un cauchemar si violent. La jeune sorcière rêvait peu de manière générale, les frayeurs nocturnes, en revanche, ne la quittaient pas depuis son plus jeune âge, c’était toujours le même scénario.
Une mini version d’elle, à peine six ans, qui s’avançait en tremblant vers Islem Ptahchepsès. Son père la toisait quelques instants avant de se détourner d’elle, reniant du même geste l’enfant comme son héritière légitime. La suite, elle ne la connaissait pas, c’était généralement à ce moment que l’horreur bousculait son inconscient pour la réveiller, tremblante et moite dans un corps de jeune adulte bien née.
Les années pouvaient bien passer, la crainte perdurait.
Même aujourd’hui, à des kilomètres de sa terre natale, la peur de ne pas se montrer à la hauteur de son clan lui glaçait le sang. D’autant plus peut-être, depuis la récente entrevue avec son fiancé, Quintus Bulstrode, son aveu à Nephtys et son incapacité générale à faire fi du sentiment de répulsion qui tentait de l’éloigner de son promis. Comme un instinct de survie, la langue qui intimait l’ordre de recracher un aliment trop amer, trop suspect.
Neith avait du mal à jongler entre les différentes obligations, prévoir où on l’attendait, savoir sur qui elle pouvait réellement compter. Nephtys, oui, et après ? Pas Sethi, qui l’avait envoyée au casse-pipe avec cette alliance dont le patriarche ne retirerait rien en réalité, une simple punition pour la jeune sorcière à présent loin de ses racines, loin de son frère Ahmès. Une moitié d’elle en moins qu’elle ne pouvait pas contacter au risque de trahir ses véritables pensées.
Jeune femme sous le poids des traditions.
Elle pliait.
Heure trop avancée, nuit noire. Un atout dans sa manche pour éviter les sueurs froides : changer pour un instant d’identité. Elle ne l’avait encore jamais fait dans l’enceinte du château, se demanda si l’entreprise était risquée. Mais qui pourrait remarquer un petit félin perdu comme un autre dans l’école de magie ? On la prendrait sûrement pour le compagnon de n’importe quel élève un peu distrait.
Trop tard pour reculer, la sorcière était convaincue. Elle sortit de la salle commune et puis
Quatre pattes, deux yeux de lumière.
Le château comptait un animal de plus. Neith apprécia la vague d’odeurs et de bruits qui la submergèrent alors qu’elle s’enfonçait dans les couloirs. Sortir des cachots mornes, remonter à la surface pour respirer. Son enveloppe souple se glissa par une fenêtre : elle était libre.
L’air froid de la nuit la grisa, l’enivra. Elle se faufila, gambada, étira ses membres ankylosés. Ce soir, la lune était belle, elle s’assit au milieu du parc vide, remplit ses pupilles de l’astre argenté, y trouva la force de s’apaiser.
Message publié le 29/01/2026 à 18:56
La question des fiançailles semblait être un sujet tout particulièrement sensible pour Monsieur Fawley et sa réponse aux propos de Neith lui sembla confirmer la première intuition de la sorcière : cet homme-là était à la fois profondément compréhensif et parfaitement lucide sur les implications plus ou moins négatives de ces alliances arrangées. L’Égyptienne avait de plus en plus de mal à concevoir le malheur de Caecilia et cet état de fait avait la désagréable faculté de l’irriter un peu plus qu’elle ne l’aurait souhaité.
Pour sa part, la jeune femme n’avait pas de problème particulier avec l’idée des fiançailles. Si elle pouvait être un atout pour son clan et le renforcer par un mariage solide autant qu’utile, elle était prête à s’engager corps et âme dans la mission qui lui était confiée. Non, l’arrangement ne lui posait aucun souci. La seule épine plantée dans son pied à ce jour, c’était Bulstrode. Cet homme qui la méprisait autant qu’il exécrait sa propre famille, un véritable gâchis qui ne pouvait sonner aux oreilles de la Serpentard que comme un aveu de faiblesse. Par ailleurs, elle avait l’intime conviction, au vu du statut de son futur mari, que cette alliance ne servait rien d’autre que la volonté de Sethi en punissant la fille unique d’Islem, bien trop enthousiasmée par la figure de Nephtys. Cet exil, elle ne l’avait en définitive pas réellement choisi.
Ne me plaignez pas, Monsieur Fawley, répondit-elle avec un léger sourire, je suis fiancée depuis mes huit ans à Monsieur Bulstrode, si bien que je n’ai jamais envisagé mon avenir autrement. Jusqu’à très récemment du moins, pensa-t-elle avec une pointe d’amertume. Je n’attends de cette union qu’un mari fiable qui saura servir nos intérêts communs. Cette fois, elle ne mentait pas, hélas, la réalité était bien différente. Neith se rendit compte en tenant ce discours à quel point elle éprouvait du dégoût pour son promis, incapable de répondre à des attentes aussi peu élevées que les siennes.
Madame Fawley a bien de la chance de vous avoir été confiée, ajouta-t-elle avec une voix un peu plus douce qu’à l’accoutumée. Neith jeta un dernier coup d’œil à la photographie. Quintus Bulstrode n’avait pas tant changé : il était toujours cet adolescent aussi égoïste que propre sur lui. Un Serpent capable donc de tromper de proches amis pendant près d’une décennie, voilà qui était intéressant.
De l'art de survivre à ses fiançailles
Message publié le 29/01/2026 à 14:13
La jeune Égyptienne en avait vu, des hommes avides de pouvoir à en devenir fous, mais l’inverse était également possible : le forcené pouvait lui aussi se mettre à rêver, trop grand, trop fort, si bien qu’il blessait, sur son passage, ses plus précieux alliés. Neith Ptahchepsès avait commis une erreur ce soir de décembre en quittant l’école de sorcellerie pour un rendez-vous clandestin. Mais elle apprenait de celles-ci et, aujourd’hui, elle savait ce qui se cachait derrière le masque parfaitement ciselé de son fiancé. Encore fallait-il cependant que l'on puisse la croire.
Nephtys avait accepté de l’accueillir chez elle, à nouveau. La demeure de son ainée lui avait manqué et Neith se réjouissait d’y reposer ses bagages, ne serait-ce que pour une soirée. Elle avançait, la boule au ventre, presque plus effrayée par la perspective du regard de sa cousine que de celui de Quintus quelques semaines auparavant. Serait-elle déçue ? Comprendrait-elle sa filleule ? Il était trop tard à présent pour faire demi-tour. La jeune Serpentard devait avouer sa faute, l’expier pour pouvoir simplement se confier. Cet état de fait était trop lourd pour ses épaules de sorcière tout juste sortie de l’adolescence, elle avait besoin de conseils ou de bras dans lesquels trembler. Nephtys pourrait-elle les lui fournir ? Ou se contenterait-elle de mépriser une gamine qui n’avait pas su se tenir ? C’était un risque à prendre.
Neith annonça sa présence. Ce fut Khet, la charmante petite elfe de maison qui l’accueillit en arabe. L’élève sourit, heureuse de revoir la frimousse qui veillait sur la maison de sa cousine. Khet alla prévenir Nephtys de l’arrivée de son invitée tandis que l’Égyptienne déposait ses affaires dans le salon. Elle frissonna en se rappelant cette nuit d’orage qui l’avait vue effectuer sa première transformation, la douleur, puis le regard fier de son aînée ; allait-elle aujourd’hui tout gâcher ?
Message publié le 28/01/2026 à 19:06
La fiole était rouge sang dans la main de la jeune Égyptienne, qui avait encore tant à prouver. Elle détailla un instant les reflets du flacon avant de suivre son aînée. Neith suivait toujours Nephtys, comme une sœur, un guide, un repère et particulièrement ce soir. Effrayée de décevoir, impatiente de faire ses preuves : il lui fallait rester concentrée. Un seul objectif, la terreur la prendrait plus tard, ou jamais. Elle n’avait pas le droit à l’échec, pas de cette fois. La jeune femme devait se montrer digne.
Il ne pleuvait pas, ce qui était remarquable pour la région humide dans laquelle les deux femmes avaient sciemment — ou presque — choisi de s’exiler. Nephtys la regardait, observait le ciel, elle était là, si proche, présence rassurante et ferme dont sa jeune cousine n’arrivait pas à se détacher. Pourtant, il le fallait. Ce soir, c’était elle l’actrice principale et elle devrait se montrer à la hauteur du rôle qui lui avait été confié.
Dans cette demeure aux parfums de sa terre natale, la jeune élève était calme, à sa place, elle n’aurait pas pu imaginer un meilleur cadre pour découvrir l’animal que son corps, ce deuxième battement de cœur, cachait. Une étrange sérénité s’empara de ses membres, comme si elle savait, sentait que l’heure était venue. Les éclairs déchiraient le ciel, sombre, furieux, elle se sentait bien, présente.
Le contact de la fiole contre sa paume, un dernier regard pour Nephtys avant de pointer Hésat sur son cœur. Puisse la Nourrice du Soleil lui donner la force de réussir, de tenir ce soir, d’être capable. Elle énonça à nouveau d’une voix claire qui ne tremblait pas la formule, goûtant entre ses lèvres le plaisir d’un sortilège qu’elle prononçait peut-être pour la dernière fois : Amato Animo Animato Animagus.
Le liquide d’un rouge profond, le bout de ses doigts contre le cristal, sa gorge soudain humide et puis la douleur. Violente, intense, soudaine. Neith fut comme balayée, pliée en deux, marionnette hors de contrôle. Un genou contre la douceur du sol, puis un deuxième. Son visage crispé par la souffrance retenait un hurlement qu’elle ne s’octroya pas le luxe d’offrir.
Neith allait mourir, elle le sentait. Son cœur pulsait dans sa poitrine avec une brutalité inouïe. Elle ne savait plus pourquoi, ce qui l’avait poussée à tenter cette transformation, dernière erreur d’une longue lignée qui la mènerait à sa perte. Elle porta une main à sa poitrine, les larmes aux yeux. C’était donc cela, la dernière image que Nephtys aurait d’elle ? Une sorcière médiocre qui n’avait pas su honorer la grandeur de son clan, des Ptahchepsès ? Son corps sans vie n’aurait sans doute pas droit au moindre des honneurs, Neith était finie, courbée, en proie à une douleur indescriptible, interminable.
Et puis, soudain, une image mentale, assez puissante pour s’imposer à son esprit malgré la douleur, les convulsions. Quatre pattes, un regard félin, une fourrure couleur… sable ? Le chat du désert se dessina en elle, pour elle, elle. En un instant, elle vit ses membres rétrécir, sa vision se modifier. Son cœur battait toujours, trop fort, trop vite, elle tourna la tête vers Nephtys, une Nephtys d’une taille colossale. Neith – ou ce qu’il en restait – tourna sur elle-même, sursauta en apercevant sa propre queue dans un jardin aux proportions soudainement démesurées. Elle s’assit sur ses pattes arrière en regardant son aînée : j’ai réussi, voulut-elle articuler en laissant un beau miaulement s’échapper de sa gorge de jeune chatte.
Message publié le 27/01/2026 à 20:45
L’intérêt de la jeune femme pour la réponse de son interlocuteur était particulièrement exacerbé, ainsi s’employait-elle à lutter pour conserver sur son visage une expression neutre alors que la curiosité la piquait de plus en plus. Manius Fawley paraissait être quelqu’un de tout à fait convenable, mais n’aurait-elle pas elle-même donné toute son estime à Bulstrode lors de leur fête de fiançailles ? Les sangs purs savaient se tenir en public pour mieux mordre en privé, elle l’avait appris bien rapidement malgré elle.
Cela dit, si elle en croyait la photographie, Monsieur Fawley avait été réparti à Poufsouffle. Ce système de division en maison évoquait peu de choses à la jeune Égyptienne, mais cela signifiait sans doute que l’ancien préfet en chef possédait un caractère loyal, à l’inverse d’un certain fiancé autrefois placé sous la bannière des verts et argents.
Les paroles de l’étranger à l’égard de Quintus Bulstrode n’étonnèrent pas la Ptahchepsès, qui aurait été surprise de l’entendre invectiver son ancien camarade devant une inconnue, aussi illustre soit son nom. Elle ne s’attendait néanmoins sans doute pas à tant d’éloges. Son futur mari devait posséder une grande dextérité dans l’art de la tromperie, ou bien il partageait peut-être les opinions de Fawley. Neith devait-elle tourner les talons rapidement ?
Effectivement, elle avait pu remarquer la tendance de Bulstrode à souhaiter, comment avait-il dit ? bouleverser le statu quo. Elle retint un soupir exaspéré. Son fiancé semblait particulièrement prompt à bouleverser tout ce qui avait eu le malheur d’un peu trop s’établir, elle y compris. La sorcière se demandait d’ailleurs bien ce que pouvait respecter Quintus et si, dans sa folie destructrice, il parviendrait à renverser quelques conventions ou simplement à s’enterrer lui-même dans ses rêves délirants, et elle avec, pensait-elle amèrement.
Le mari de Caecilia lui retourna quelques questions. Il n’était donc pas au courant. L’Égyptienne réfléchit quelques secondes avant de consentir à lui délivrer une information qu’il apprendrait surement bien assez tôt. Il lui semblait même étrange que le sorcier n’ait pas été mis au courant de la situation par sa propre épouse, après tout, cela faisait plus d’un mois qu’elle s’était malencontreusement retrouvée dans le salon de la demeure des Fawley.
Monsieur Bulstrode et moi sommes fiancés depuis plusieurs années, expliqua-t-elle, j’ai eu l’occasion de le rencontrer récemment sur le sol britannique. Elle évita d’évoquer leur tête-à-tête désastreux. Mais il est vrai qu’il est difficile de se faire une opinion sur un homme dans des circonstances aussi… officielles. Elle choisissait soigneusement ses mots, cherchant à éviter que sa voix ne trahisse le dégoût qu’elle ressentait pour l’homme en question. Mais s’il compte parmi vos amis et ceux de madame Fawley, je ne doute pas qu’il s’agisse d’un homme on ne peut plus charmant, sourit-elle sans grande conviction. Neith Ptahchepsès aurait donné beaucoup pour échanger son fou furieux de fiancé contre le mari de Caecilia Fawley en cet instant.
Message publié le 24/01/2026 à 21:05
Jamais, depuis son arrivée en Angleterre, Neith n’avait reçu un accueil aussi distingué que celui que lui servit cet homme égaré dans la salle des trophées. Le doux souvenir de sa terre natale lui revint en mémoire, tandis qu’elle détailla plus précisément celui qui venait de la saluer. Était-il sûr de ne pas la confondre avec Nephtys pour lui témoigner tant d’égards ? S’il savait comme son visage et son nom ne semblaient résonner pour personne entre ces murs de pierres grises.
Étrangement, sa politesse maniérée, presque exagérée pour le cadre dans lequel elle prenait forme, fit un grand bien à l’Égyptienne. Elle se rappela brusquement qui elle était, d’où elle venait et particulièrement pourquoi le Bulstrode devait payer pour l’affront qu’il lui avait fait subir.
Neith se sentit soudainement ridiculement vêtue de son uniforme d’écolière britannique qui la confondait parmi tant d’autres. Elle ne s’en préoccupa cependant pas bien longtemps, captant dans les propos de l’étranger un nom qui lui était familier Fawley, comme… Caecilia ? Non, il n’y avait pas de toute, pensa l’Égyptienne en suivant du regard les mains de Manius qui pointaient une photographie sur laquelle se découpaient non seulement le visage de son hôtesse d’un soir, mais également celui de… Neith retint un haut-le-cœur dans un sourire forcé.
Oh, je ne voulais pas vous chasser, indiqua la jeune élève que la présence du sorcier n’indisposait pas le moins du monde. Manius Fawley… répéta-t-elle légèrement songeuse. Il me semble avoir rencontré votre femme, Caecilia n’est-ce pas ? J’ignorai qu’elle avait été préfète, tout comme vous, ajouta-t-elle en détaillant la photographie.
Cet homme distingué était donc le mari de Caecilia, elle ne s’en serait jamais doutée à entendre l’amertume avec laquelle la jeune femme l’avait évoqué, mais peut-être, pour certaines, Quintus Bulstrode paraissait-il être un homme charmant ? C’était sans doute une bonne occasion de le vérifier. Vous connaissez donc également Quintus Bulstrode n’est-ce pas ?, interrogea-t-elle naïvement.
Quelle était donc la probabilité que la salle des Trophées lui offre un témoin vivant d’une époque passée qu’elle avait aujourd’hui tenté de venir remuer ? Les Fawley ressemblaient beaucoup à des anges tombés du ciel sur son chemin ces derniers temps.
Message publié le 24/01/2026 à 20:33
Neith atterrit dans le salon d’une demeure inconnue, la première chose qu’elle distingua fut une baguette pointée vers elle, au bout, une jeune femme brune, sans doute la dame dont avait parlé Quintus. Elle aurait pu se douter, imaginer qu’à son image, les amis du sociopathe ne devaient pas être très nets non plus. L’Égyptienne n’avait plus la force de lutter, le Portoloin avait achevé de lui retourner l’estomac, elle tomba à genoux, s’expliqua vaguement : présentation sommaire, l’étiquette, objet de la visite et pitié qu’elle détournât cette arme de son visage.
La nouvellement nommée Caecilia la releva, pas d’excuse, pas d’accueil ou, peut-être si, à sa façon, puisqu’elle lui versa un verre d’alcool après un bref acquiescement de Neith. La Serpentard revit, dans sa manière de se tenir, la nonchalance de son promis, la nausée la prit à la gorge. Elle s’assit, avala son verre d’une traite, ne savait pas ce qu’elle faisait là, où elle se trouvait exactement, comment elle allait pouvoir rentrer et surtout ce qu’elle dirait à Nephtys.
Une question, la dame s’inquiétait, elle aussi avait l’air mal à l’aise, ou peut-être pas, négligente, elle pourrait la casser. Ce soir Neith était en verre, elle avait déjà trop usé ses défenses contre le Bulstrode. Elle se sentait flancher, se détestait de ne pas parvenir à se contrôler. Non, je et ça ne lui arrivait pas, de bégayer, de ne pas savoir, ne pas allez droit au but, mais si elle était là ce soir, c’était purement dû à son échec : elle n’avait pas réussi à fixer les termes d’un accord avec son fiancé. Elle avait été une enfant, avait tenu tête, riposté, puis s’était finalement enfuie. Mais après ? Elle le reverrait forcément, ne serait-ce que le jour de ses propres noces. Elle repoussait l’inéluctable : c’était en observant la folie s’amplifier dans ses yeux de jour en jour qu’elle finirait par s’endormir tous les soirs.
Puis la jeune femme sentit de lourdes perles salées rouler sur ses joues, elle enfouit sa tête dans ses mains comme une gosse qui chercherait à se cacher. Neith n’était pas en sécurité ici, elle se serait giflée pour ce craquage inopportun en face d’une parfaite inconnue, un danger potentiel, était-elle en train de ruiner sa propre famille ? De dévoiler à cette étrangère que la grande faille du clan Ptahchepsès résidait dans sa benjamine ? C’était injuste, elle avait tant lutté pour ne pas céder face à Bulstrode.
Une main contre son dos, maladroite. Les doigts de Caecilia caressèrent l’élève, presque distraitement. Allez, petite biche, c’est pas facile d’être fiancée hein. Neith releva les yeux, comme prise sur le fait. Elle se redressa, plongea son regard sombre dans les yeux clairs de son hôtesse, qui, un peu embarrassée, lui tendait deux bras, l’air étonné d’elle-même. Un câlin ? La jeune femme ne savait plus à quand remontait le dernier qu’elle ait jamais reçu. Tant pis, elle se glissa dans les bras. Caecilia sentait l’alcool fort et le tabac froid.
Message publié le 24/01/2026 à 19:00
C’était aujourd’hui, le grand jour, celui où, peut-être, tout basculerait pour la jeune sorcière. Neith avait peur, seul un fou n’aurait pas ressenti la moindre frayeur, mais il s’agissait d’une crainte qu’elle jugeait saine, maîtrisable, tout juste assez forte pour la maintenir en alerte, lui signifier qu’elle jouait avec le feu. Et que le feu brûlait.
Le deuxième battement de cœur dans sa poitrine n’avait jamais été aussi puissant. Ce matin-là, lorsqu’elle avait répété la formule – Amato Animo Animato Animagus – baguette pointée contre son cœur, elle s’était rendu compte qu’il était tout à fait possible qu’il s’agisse d’une de ses dernières prononciations du sortilège. L’idée la grisait : elle était prête.
Nephtys l’avait accueillie dans son manoir britannique. En en passant la porte, l’Égyptienne s’était instantanément sentie chez elle, mieux que partout ailleurs sur ce continent, et cette douceur d’exister ne l’avait plus quittée. Elle avait obtenu une autorisation de sortie pour le week-end, l’orage se profilait, elle ne devait pas le manquer. Aussi, attendait-elle, le regard collé à la vitre que le moindre éclair ne se déclare.
La présence de sa cousine représentait à la fois un soulagement et une pression supplémentaire : ce soir, elle n’aurait pas droit à l’échec. Elle se demandait quel serait son animal, avait hâte d’écrire à Ahmès pour lui raconter sa propre transformation. L’heure, cependant, était encore à la patience. Alors, Neith, assise sagement sur l’un des coussins du salon, faisait semblant de lire sans réellement pouvoir détacher son regard de l’extérieur. Rien ne devenait venir gâcher ce qui s’apprêtait à devenir un anniversaire particulier pour elle.