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Territoires Britanniques Écosse Le périple Campbell [En cours]

Le Bobbus parcourant l'Écosse le 01 mai 2122

Publié par Cora Campbell le 29/06/2022 à 11:53:26

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Allongée dans un lit qui n’était pas le sien, dans une maison ambulante aussi grande que son dressing-room au Château, Cora se refaisait le film de ce début d’aventures avec l’intriguant Elias Baxter. L’homme aux deux mains. Le domestique, avait dit Ambroise, alors que le manumage tenait un plateau lors d'une soirée de gala. De la domesticité, il n’avait pourtant rien, tant l'indépendance inondait ses paroles et ses actes. Espiègle, Cora l’observa à travers l’interstice d’une montagne de coussins qui séparait leurs deux corps. Il semblait dormir, le visage aussi calme qu’un loch lors d’une éclaircie tenace. Il avait les yeux fermés, en tout cas. Presque déçue, Cora reprit sagement sa place, toute à la contemplation du plafond. 

 

Son majordome s’était trompé. La précieuse fille de duc s’était parfaitement accommodée à la vie en terrain exiguë et son hôte avait apprécié ses cadeaux. Il n’avait pas trouvé cela trop et l’avait même remerciée d’un câlin. Il était cependant vrai qu'elle n’avait pas su réagir et était restée immobile, un sourire gêné figeant ses lèvres, mais il lui avait dit… Qu’avait-il dit précisément ? Quelque chose sur le fait de se sentir à l’aise, ce qu'elle avait synthétisé en : sens-toi libre de faire ce que tu veux. Elias, elle en était certaine, lui promettait une liberté totale

 

Cerdeach avait presque juré qu’elle ne tiendrait pas plus de quelques heures sans le confort ducal et Cora savait déjà qu’il n’aurait pas pu plus se tromper. La magie viendrait soutenir ce qu’elle n’avait jamais fait comme la cuisine, le nettoyage, des lessives ou autres. S’il le fallait, elle suivrait des livres de recettes ou irait acheter de quoi se sustenter, qui en aurait cure ? Pas elle. Pas Elias. 

 

Ils avaient traversé les montagnes de Glencoe et elle avait raconté avec moult détails le massacre des MacDonald, et comment son clan avait été injustement accusé, alors que tout cela n’était dû qu’aux ordres des puissants, ici Guillaume d’Orange.

 

C’était là qu’elle avait craint pour sa vie et qu’elle avait saisi le bras du pilote, qui s’était esclaffé. Le Bobbus était magique, ne se souvenait-elle pas ? Il se modulait suivant les obstacles. Elle avait souri tout en gardant le pied sur une pédale de frein imaginaire, comme si elle savait conduire

 

Aux abords du Loch Awe, il lui avait donné son premier exercice de manumagie. Se rappeler de sa première fois, de l’énergie pénétrant sa baguette, comme un prolongement de son être. Ce n'était cependant pas son premier rapport avec la magie, à l'image d'autres enfants, elle l'avait laissée éclater avant. Du bout de ses doigts électriques. Elle voulait retrouver cela. Cette sensation de communion avec sa nature.

 

Parvenus à Innes Chonnell, elle lui avait expliqué la création du Clan Campbell, et avait conté la Bataille du Fort Rouge où son ascendant avait perdu la vie des mains du chef du clan MacDougall. Ils avaient rejoint l’île grâce à une barque dissimulée dans la végétation, dont l’existence n’était connue que des guides touristiques ou des descendants Campbell. Bien sûr, il avait fait chavirer l’embarquement précaire et Cora avait répondu en lui faisait croire à une noyade avant de le renverser d’un ventus. Ils s’étaient échoués complètement trempés sur l’île, lui préférant se sécher à l’air libre et elle choisissant un sortilège de sécheresse. Ils avaient grimpé tout en haut de la forteresse en ruines avant d’observer un coucher de soleil rosé. Cora aimait particulièrement cette île, dont la rumeur disait qu’elle offrait un pouvoir réparateur aux corps qui décidaient d’y rester un peu. 

 

Un mouvement, de l’autre côté de la muraille de coussins, attira son attention mutine. Était-il possible que lui aussi n’arrivait pas à trouver le sommeil ? Cora s’approcha, s’obligeant à écouter le rythme de respiration de son acolyte quand, trop avancée, elle fit s’effondrer sur lui le monticule de tissus rembourré. 

 

La main sur la bouche, mais le rire au bord des lèvres, Cora s’excusa.  Pardon, je… Elle se releva assez pour se mettre à genoux et entreprit de récupérer un à un les coussins perdus. Je réfléchissais et… Malgré ses efforts, le mur ne tenait plus, attiré semblait-il par le manumage. 

 

La liberté et le primitif, lâcha-t-elle soudainement en arrimant ses aigue-marine aux siennes. Racine ancienne, originelle. Délaissant totalement la tache inepte de remettre une barrière, Cora laissa son corps s’appesantir sur deux coussins, l’attention rivée sur le sorcier. Retrouver l’intuitif et un lien fort avec… ce que nous sommes. Voilà pourquoi je veux être manumage. Il avait posé sa question juste après le repas et elle n’avait pas répondu, n’ayant pas trouvé le bon mot. Et toi, Elias, pourquoi es-tu devenu manumage ? Ses prunelles, dévorées de curiosité, fouillaient déjà son vis-à-vis à la recherche de la réponse. 

 

Sa tenue de nuit était plus que décente, composée d'un short gris et d'un t-shirt blanc, informe, volé à une boutique de souvenirs du clan, dont la poitrine était décorée d'un dessin d’une tête de sanglier entourée d’une boucle au sein de laquelle on pouvait lire sa devise « Ne Obliviscaris ».


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 29/06/2022 à 20:02:45

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La question perce l'espace restreint du Bobbus, ricoche contre chacune de ses fières parois, jusqu'aux oreilles du mutin Baxter. Il se fige les doigts enserrés sur le coussin qu'il vient à peine de récupérer. Ce même coussin qu'il ne comptait certainement pas cimenter au mur érigé de la jeune Campbell, mais bien rabattre sur la jeune Campbell en représaille évidente de son invasion molletonnée. L'hésitation bringuebale entre les neurones agités, qui n'étaient de toutes manières aucunement parés au sommeil. Eh bien...

L'incident aura valu deux choses. La première, forcer l'instinct libertaire du Baxter à s'arrimer aux autres de manière forte. Faire confiance. Car lorsque l'on a plus la moindre information sur la moindre personne, il s'agit bien de savoir se tourner vers quelqu'un. La seconde, hisser les compétences qu'il pensait jusqu'alors acquises une éternité plus tôt. Les peaufiner. Les aiguiser. Pour ne jamais avoir à en douter. Les quelques semaines passées à errer sans la moindre étincelle, et avec la certitude de n'en avoir jamais eu, l'ont proprement traumatisées.

Le visage ne se fait pas souvent sérieux. Il ne s'est d'ailleurs vraiment jamais fait sérieux depuis le début du périple. La co-pilote aussi enthousiasmée qu'enthousiasmante l'aura vu énergique et déterminé, joueur et imbécile, sage et mesuré. Mais elle n'aura pas encore vu ce froncement de sourcil. La réminiscence en un flash soudain de cet évènement du passé, surgit spontanément à revers des pupilles glacées. L'instant est si bref qu'on pourrait l'avoir imaginé. L'Elias se redresse subitement pour une assise en tailleur, l'oreiller planté sur les genoux. Instant anecdote ! Tu me plongues dans l'histoire des Campbell à longueur de journée, je te propose un sursaut typiquement baxtérien.

Et bientôt, le voilà conteur. Pour la forme une torche qui sort directement de la paume, qui l'éclaire par-dessous le menton. Le ton s'aggrave, et peut-être le Bobbus glisse t-il subtilement son grain de sel de son gramophone enchanté. Deux ans plus tôt - j'étais jeune et courageux, quoi qu'un peu plus ventripotent un clin d'œil tandis qu'une main tâtonne un bidon quasi-inexistant. Me voilà jeté à la gueule d'un pays fort lointain, hostile, et mystérieux. Il se décale prestement de la lumière pour aparté nonchalant : quand je dis jeté, c'était un voyage tout à fait volontaire. Le voyage a été très sympa. Les hôtesses du portoloin avaient d'la conversation.

Mais bien sûr, il reprend immédiatement sa posture, le projecteur virant au vert tropical, et la voix graduellement effacée derrière des bruitages sommaires sur le gramophone. L'amazonie. J'avais lu tant de livres sur ces terres ancestrales, sur la magie que l'on pouvait y trouver, sur les plantes qui pourraient peut-être pimenter un peu mes préparations. Et sur ses créatures immanquablement uniques. Dangereuses certes, mais fascinantes. Je me suis senti comme un enfant Cora, un enfant galvanisé ! Il faut dire qu'au sortir de la routine britannique dans laquelle il s'était englué, l'aventure sud-américaine avait soigneusement et glorieusement épicé sa vie.

D'abord, l'Elias raconte sa pénétration entre les immenses feuillages. Puis de gestes de plus en plus vifs il décrit les intenses couleurs de grenouilles plus minuscules qu'un pouce, des aras jacassants, et des étranges et fascinantes dendrobates bleues. Il parle aussi des champignons, et des fleurs, de l'étrange texture de certains arbres, et des effluves odorants dont il ne trouvait jamais la provenance. Il évoque les serpents, et les mygales. Il évoque les bruits, inquiétants, qui perturbaient son sommeil. Moi qui d'habitude aime bien pisser la nuit, c'était même plus la peine d'y penser. Car que seraient des anecdotes pareilles si elles n'étaient pas ponctuer de faits particulièrement inutiles et dissonants. L'Elias s'amuse de voir les trais de Cora se figer, ou sursauter, ou subitement se plisser dans les suspenses qu'il brasse dans l'air moite de leur boîte en fer.

Ce sont plusieurs longues minutes qui trainent le récit vers les fameuses baies gobées si furieusement qu'il en garde un souvenir des plus brefs. Mais aussi un souvenir des plus intense. Les doigts se portent aux lèvres comme s'il pouvait de nouveau goûter au divin nectar. Elles avaient la couleur de l'or. La saveur du paradis. J'arrivais plus à m'arrêter ! C'était trop bon. S'en était suivi l'incident. Évidemment. Un silence bref s'installe après qu'il ait prononcé ces quelques mots : Je me suis réveillé de ma dégustation dans une hutte, des jours plus tard probablement, avec pour seul compagnie cette femme à moitié nue - ce n'est pas du tout ce que tu crois ne prends pas cet air choqué - qui me parlait dans une langue que je ne comprenais pas.

L'histoire se poursuit. Les minutes s'égrènent tandis que le Baxter puise dans son souvenir l'angoisse, la solitude, l'incompréhension, l'attente. Et ce cauchemar qui le tanne encore certaines nuits. J'ai compris que le chaudron était pour moi. Que le potionniste que j'étais allais se faire cuisiner. La sueur perle sur les temps tandis qu'il décrit la fuite, aidée de son animagie, et l'intense déboussolement lorsqu'il était enfin retombé sur la civilisation. On me demandait qui j'étais, et je ne pouvais pas répondre. Pas à la plus simple des questions. Elias Baxter. Deux simples mots. J'étais perdu tu vois ? Je n'avais plus aucune idée ni de qui j'étais, ni de ce que je faisais là. Et surtout... Je ne savais même plus que j'étais un sorcier. La magie avait disparue. J'avais perdu ma baguette, et j'avais tout oublié.

Le projecteur est éteint, la main resserrée d'un geste tandis que le gramophone s'enterre dans le silence. Lorsqu'on m'a parlé de magie sans baguette, j'ai commencé à chercher ce que ça impliquait exactement. J'ai compris que je pourrais me recentrer sur la nature même de la sorcellerie. Celle qui coule dans notre sang. J'ai compris que si je devenais manumage, je ne pourrais plus jamais oublier, car le lien serait toujours présent. C'est pour ça qu'il s'était jeté dans l'aventure. Aussi sûrement qu'il s'était aventuré dans la forêt d'amazonie.


 

 

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Publié par Cora Campbell le 30/06/2022 à 12:39:35

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L’aristocrate avait naïvement, et rapidement, regardé le coussin entre les doigts agiles du manumage, loin de se douter qu’elle avait échappé à une contre-attaque insidieuse, avant d’en revenir au pilote. 

 

Il n’y avait jamais eu de batailles molletonnées au Château Campbell, à peine une tentative de duel moyen-âgeuse, de laquelle les filles avaient été proprement évincées. Selon le docte héritier, les filles n’avaient pas le droit de ferrailler, et encore moins avec les garçons. Cora ne s’était pas résolue à la défaite. Têtue, elle avait levé haut son menton pointu, avait croisé ses bras avec volonté, et avait défendu la tradition selon laquelle les filles, également, pouvaient être chefs de clans en Écosse, et donc guerrières. Son frère l’avait toisé en pouffant, soutenu par sa bande de copains. Malgré sa frêle silhouette à peine sortie de la nurserie, Cora s’était avancée plus près encore de son frère, affirmant ses dires avec le feu de la candeur. La tradition viking vibrait sous ses traits parsemés d’éphélides, mais son frère avait froncé les sourcils, la réduisant à un silence courroucé. 

 

Les garçons ne combattaient pas les filles ; ne parlaient pas avec les filles ; ne s’intéressaient pas à leurs activités de filles ; ne s’amusaient sûrement pas avec les filles. 

 

Elias s’était fait sérieux. Sa question avait-elle été trop intrusive ? Le doute, quoique cocasse puisqu’elle se trouvait dans son lit ce qui était au-delà de l’intrusion, pinça ses lèvres. La gravité se prolongeant lui fit ébaucher un mouvement de recul, et ce fut là qu’elle la vit. Une lueur. L’une de celles qui donnait un nouvel éclat aux prunelles céruléennes. Cora s’immobilisa, fascinée, avant de sursauter au fulgurant changement de position. 

 

La sorcière mima sa posture, un coussin pressé contre sa poitrine, et acquiesça. Elle l’écoutait avec une attention entière, ses billes vigilantes ne lui laissant aucune échappatoire. Le sérieux aurait pu s’insinuer sur ses traits, et y rester, si le facétieux n’avait pas jugé nécessaire d’agrémenter son récit d’un jeu de lumière. Elle secoua la tête, les lèvres étirées dans un sourire d’une pureté qui faisait briller ses yeux. Jeune et courageux. Ventripotent, le regard dériva sur le torse puis le ventre du sorcier, qu’elle semblait réellement voir pour la première fois, et qu’elle jugeait parfaitement… normal. À son goût ? Ses cils papillonnèrent sous l’étrange pensée tandis que ses lèvres se pinçaient. 

 

L’Amazonie. Cora s’obligea à reprendre le fil du discours, relégua loin l’étonnante pensée, et se vit dans la forêt. Elle aussi côtoyait les grenouilles minuscules ; s’intéressait à la couleur vibrante d’un animal ; se perdait entre les branchages ; sentait sur sa peau la moiteur de l’environnement ; était frappée par le mélange des odeurs inconnues ; tremblait aux bruits étrangers. L’ajout d’un besoin naturel la sortit brusquement de la projection et lui fit hausser les sourcils, se figer un peu, car on ne parlait pas de ce genre de choses habituellement, et chercher le regard du manumage. Dès l’étincelle d’amusement captée, elle secoua la tête, et s’empêcha de lui lancer son coussin. 

 

Ses yeux se plissèrent et son visage s’affadit quand il mentionna les baies qu’il mangeait si gargantuesquement qu’elles devaient être dans l’avenir responsables d’un problème d’importance. N’était-ce pas là que le héros se trouvait drogué, prisonnier, à la merci d’un antagoniste quelconque ? Dans une impulsion idiote, l’attention de la sorcière quitta les yeux de son vis-à-vis pour embrasser tout son visage, toute sa personne, comme si elle voulait conserver une image exacte, comme s’il pouvait disparaître dans cette forêt, comme si la mésaventure était présente et non plus passée. 

 

La mention d’un corps nu la ramena au Bobbus et au coussin qu’elle avait serré plus fort. Lentement, ses mains se détendirent pour se crisper de nouveau quand il parla du chaudron, et de ce qui aurait pu arriver. Évidemment ! lâcha-t-elle d’une voix blanche. Elle l’avait sentie, l’erreur fondamentale, qui retournait son estomac alors que le sorcier était bel et bien vivant devant elle. 

 

Animagie. 

Elias Baxter était vraiment un homme fascinant. 

 

La suite l’intrigua plus encore, si cela pouvait être possible, penchant son corps vers l’orateur. Une amnésie ? Elle se redressa subitement, à l’image du fou qui sortait de sa boîte, mains tendues dans l’expectative stupéfaite. C’est fantastique Elias ! Enfin, je veux dire, pas… le risque quant à ta propre vie, ou le choc dû à ton amnésie, mais… Cora hésita, pas exactement certaine de choisir les bons mots pour exprimer sa pensée, mais se lança tout de même. Cette chance, en un sens. Tu n’étais plus entravé de croyances qui auraient pu te limiter. Tu étais libre. 

 

Pourrait-elle sacrifier ses souvenirs pour sa sacro-sainte recherche de liberté ? Tout abandonner égoïstement. Son clan. Sa famille. Son histoire. Fatalement, cela induirait une quête pour retrouver tout cela, sans profiter de la liberté acquise. Ce n’était pas si fantastique, finalement. L’immensité de l’oubli la fit frissonner. Par quelles étapes était-il passé ?

 

Comment as-tu fait pour te souvenir ? De qui tu es, de… commença-t-elle avant que sa voix ne se perde sur ses lèvres qu’elle mordit nerveusement. 

 

Un apprentissage primitif, transcendant les souvenirs, pour s’ancrer dans la chair et ne jamais la quitter. Cora observa la main du manumage qui s’était resserrée, s’attendant à y voir quelque chose, des éclairs ou des poussières luminescentes, et eut une envie terrible de la toucher pour faire siens ses reliefs. Elle n’en fit rien et garda emmuré le caprice, qu’il trouverait sans doute déplacé. Les billes glacées le quittèrent alors qu’elle déposait entre eux le coussin auparavant captif. Merci, Elias, de m’avoir révélé tout cela, dit-elle en reprenant sagement sa place allongée. 

 

Dans l’obscurité relative du Bobbus, l’écossaise observa sa propre main, agitant ses doigts tout en essayant de ressentir la magie. Elle était là, tapie, attendant d’être réclamée par son catalyseur, comme un dragon apprivoisé. Cora tapota de son autre main l’espace à côté d’elle, attrapa sa baguette et la plaça dans la main qu’elle examinait. Lentement, elle referma ses doigts sur le bois de charme, en essayant de saisir toutes les étapes menant sa magie à éclore sous sa volonté informulée. Elle sentit le frémissement, la connexion avec le bois et la libération, qui amena à elle l’un des Polaroïds soumis au sortilège d’attraction. 

 

Il avait dit de porter sa volonté vers le but. 

De ne pas se concentrer sur l’origine, mais sur l’objectif. 

 

L’appareil photo paresseusement logé dans sa main libre, Cora délaissa sa baguette pour se tourner vers le sorcier. La magie avait été là, puissante vague répondant au bois plutôt qu’à l’ordre silencieux. Apprends-moi un exercice, Elias. Je pourrais ainsi concentrer mon énergie sur cela au lieu de t’embêter… bien que nous ayons peu de route demain. Clic, fit l’appareil, en capturant la réaction du manumage. 

 

Nous allons à Oban. C’est une ville côtière particulièrement charmante. Nous prendrons un bateau, un vrai, pas une barque antique, pour naviguer entre les îles. Je serai ton Capitaine. Clic, nouvelle capture. Je te raconterai la prise du Château de Dunollie, qui fait directement suite à la Bataille du Fort Rouge qui a vu la mort de Cailean Mór, autrement nommé Sir Colin Campbell. Un éclat fier pétilla dans le regard de l’historienne. Clic. Une histoire de revanche d’un fils. D’une bataille, celle du Col de Brander. Clic. D’un Roi défait se battant pour l’indépendance de l’Écosse. Clic. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 04/07/2022 à 16:14:45

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Un instant, l'attention se disperse dans les tréfonds perçants des pupilles héritières. La jeune Campbell a de biens étranges façons de définir la liberté, chose qu'il ne manque pas de souligner. Libre ? Je ne me suis jamais senti aussi étriqué qu'au centre de ce trou béant. L'oubli n'a rien de salutaire. La véritable liberté repose sur le choix. Or, sans souvenir et sans identité, le choix n'a plus lieu d'être. Il n'y a plus même d'options à dessiner. La page est si vierge que l'on peut tout aussi bien ne jamais avoir été écrit. Ne jamais avoir existé. L'inconnu éveillé au cœur de la bourdonnante Amazonie était un prisonnier, cerné par l'ignorance de son propre passé. Elias Baxter, lui, est homme épris de liberté, qui d'instinct fait ses choix, pour des raisons qui lui sont propres, et entièrement tirées de ces vingt-huit années d'existence.

 

Sans cela, il n'est simplement pas

 

Je pense que c'est la magie qui m'a sauvé. Fort probablement qu'il ne s'expliquerait jamais comment, exactement, il avait pu subitement s'extirper de ce chaudron bouillonnant., retrouvant pleinement ses facultés d'animagus, ou le chemin du tarmac sur lequel il s'était posé des mois plus tôt. La vie est faite d'étranges coïncidences. Sa survie seule alors qu'il n'était qu'un nouveau-né, aura dépendu d'autant de circonstances étonnantes. Beaucoup de potions de mémoire aussi, et de travail mental. Certains souvenirs ne me reviendront jamais. Il hausse les épaules, comme si le fait était de moindre importance. L'humain n'est naturellement pas conçu pour tout stocker, alors ça m'suffit. Y a des gens, même sans mésaventure amazonienne, qu'oublie constamment tout. Il se sent globalement pas mal loti du tout. Il peut regarder derrière avec fierté, avec cet agréable sentiment d'accomplissement qu'il a pas bien souvent, là où il pensait n'plus jamais rien voir de toute sa vie.

 

C'est quand même pas rien.

 

Le visage gracile de Cora se dissimule bientôt derrière son appareil à instantanés, et il tire la langue outrageusement avant de simplement écouter le programme du lendemain, presque stoïque, sincèrement intéressé. Au terme de capitaine, il hausse un sourcil, hisse une commissure légèrement amusée. Dois-je laisser les commandes du navire à la capitaine ? Cora n'a encore jamais conduit le Bobbus, mais il commence à se demander si ressentir la magie du véhicule entre ses doigts ne pourrait pas l'aider dans sa quête d'indépendance. Les flash continuent, lui faisant finalement plisser les yeux avant que d'un simple mouvement de poignet il ne récupère l'objet pour un cliché vengeur qui sort immédiatement de son carcan mécanique : l'arroseur arrosé, il commente en agitant le papier glacé, qui revêt bientôt les couleurs de la scène capturée. Le polaroïd est nonchalamment envoyé s'acoquiner avec ses nombreux camarades de paroi, quelque part entre Azaël, Cayrel et Pokrovski.

 

L'appareil délaissé, Elias se rallonge, saisit le coussin érigé en muraille entre eux pour le placer sur sa poitrine.Tu peux t'exercer à piéger ton esprit. La tête se tourne vers Cora pour s'expliquer. C'est le principe de la neuroscience. Le fonctionnement humain est particulièrement fascinant. Notre cerveau un index vient lui frapper la tempe est en constante ébullition. Chaque nouvelle pensée que tu formes créé de nouvelles connexions. Modifie des connexions. Observe un enfant apprendre à parler, marcher : il ne fait qu'observer les adultes autour de lui, qui parlent et marchent. Et il tente de les copier. Se plante. Recommence. Le principe est le même pour tout. Elias se redresse, jette insolemment, brutalement le coussin en direction de Cora. Se marre de la voir se le ramasser en pleine tronche. Là t'es surprise parce que tu t'attendais pas à ça. La prochaine tu auras fatalement de meilleurs réflexes, parce que ton cerveau va retenir ce qui s'est passé, et se préparer à appréhender différemment la situation. Il esquive presque instinctivement le retour de coussin attendu. On est un peu comme des miroirs vraiment réfléchissants.

 

Une main se lève pour faire léviter à lui un autre coussin, derrière Cora. Rien qu'en me regardant faire, tu apprends. Mais le mieux reste que tu fasses croire à ton cerveau que tu le fais déjà. Imagine toi souvent, régulièrement, lever une main, pratiquer la magie sans baguette. C'est pas grave si tu fais rien, juste imagine le. Répète ça encore et encore et encore. Lève une main, prétend qu'ça marche. Ou prend ta baguette, fait léviter un truc, et lève l'autre main en te focalisant dessus. Ton cerveau il va s'embrouiller, il va s'mettre à croire que c'est ta main qui fait l'truc et pas la baguette. T'associeras naturellement la sensation de la magie qui te traverse à la main tendue devant toi. Il repose le coussin pour bâtir une nouvelle muraille, hisse un sourire avenant. J'ai fait ça aussi, pour ma mémoire. Tous les jours j'me suis placé devant un miroir et j'me suis répété ce que je savais de moi. Qu'on m'avait dit, mais que je me souvenais pas. Ça a pris du temps mais y a plein de trucs qui sont revenus. Pas forcément quand je le faisais. Plus tard. À d'autres moments. Ça se connectait d'un coup. Magie. Mais j'sais que ça a aidé d'faire ça. Le Baxter se tait complètement avant de relancer le coussin, tout aussi brutalement et spontanément que la première fois. Au boulot capitaine. Et demain, c'est toi qui nous dirige vers Oban. Même qu'il a déjà hâte d'y être. La côte ça lui plait bien. Et les mille-et-unes histoires de la jeune Campbell.

 

Le voyage ne fait que l'enthousiasmer un peu plus chaque jour.


 

 

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Publié par Cora Campbell le 08/07/2022 à 13:27:04

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Malgré le vif mouvement de poignet, Cora eut le temps de se redresser et de prendre une pause grotesque, digne des plus fameuses influenceuses de mode moldues, bouche mutine, yeux plissés et main aux doigts tendus frôlant le bas de son minois. La farce capturée, l’aristocrate s’effondra entre les coussins. C’est bien ce que nous sommes, Elias, des arroseurs constamment arrosés, dit-elle avec un sourire en coin, ses billes glacées détaillant son visage un peu trop longtemps, avant de tomber sur l’espace qui les séparait.

 

Cinq clichés de l’Elias paressaient devant elle, qu’elle repoussa du bout des doigts. , une langue effrontée ; , une mine intense aux yeux céruléens concentrés ; , un sourire insoumis ; , une réflexion qui fronçait joliment un front ; , l’éclat d’une prise de décision. 

 

Cora pivota, pour se retrouver sur le ventre, et les étudia chacun leur tour. Logés entre son pouce et son index, les Elias ployaient sous le feu de son regard immodéré cherchant d’autres indices dans les expressions diverses tandis que l’ouïe était occupée par les explications. Elle s’arracha toutefois à son exploration quand il se tourna vers elle, la dernière photographie emprisonnée entre ses doigts élancés. 

 

La confiance en lui l’enroulant comme une seconde peau, l’écossaise ne put dévier sa personne de la course du polochon. À peine leva-t-elle une main pour se protéger le visage, faisant échouer sans grâce l’Elias décisionnaire sur le drap, face cachée. Oh, avait-elle lâché dans l’attaque surprise, sans que la vindicte ne la pousse à réagir physiquement. 

 

Le coussin agresseur contre elle, Cora se releva lentement et se positionna en tailleur, face au malicieux sorcier. Sur les traits de l’aristocrate, l’étonnement en retraite se mêlait au sourire, réveillant une envie enfantine de revanche. Elle se vit lancer en retour le coussin, mais n’en fit rien, encore retenue par les brides de son éducation stricte. Il va retenir ta traîtrise, Elias, et ne va rêver que d’embuscades… murmura-t-elle, les yeux plissés. 

 

La main levée du manumage la fit immédiatement regarder son autre main, puis ce que son regard suivait, derrière elle. Cette fois, elle s’arma de son oreiller, prête à batailler, bien que l’attention fut vite reprise par le discours. L’illusion. Faire croire pour mieux réaliser. Un flot de joie l’inonda soudain, éclatant près de son coeur et illuminant ses lèvres arrondies de stupéfaction. C’était ça. Elle en était persuadée. Elle le pressentait intuitivement. C’était sa clé. Cora contint avec difficulté le sentiment explosif pendant la confession sérieuse sur sa mémoire, et voulut lui prendre la main pour lui expliquer ce que ses mots avaient débloqués quand elle remarqua l’esquisse de l’attaque. Celle-ci ne porta pas, les coussins se fracassant sur leurs réalités mutuelles, sans toucher d’autres cibles qu’eux, le rire victorieux de l’écossaise en fond sonore. 

 

Une fois, mais pas deux. 

 

En paroles, j’espère ! dit-elle en le poussant hors du lit, quand il émit l’idée saugrenue d’une Corapilote en plus d’une Coratrice. Le Malicieux n’avait pas répondu, juste esquissé un sourire sibyllin, qu’elle avait rapidement interprété comme allant dans son sens. Il ne pouvait pas en être autrement. Il n’oserait pas lui confier les clés de son Bobbus, si ? 

 

Les enfantillages durèrent jusqu’à ce que l’un ne se fasse plus mature que l’autre, les poussant au rêve entre les ruines d’une muraille oubliée, sans qu’aucune intrusion ne soit tentée. 

 

 

 

 

Normalement un bec sucré, Cora se laissa tenter par les expériences culinaires du manumage, alliant brillamment toasts, oeufs, bacon et épinards, le tout assaisonné d’ingrédients trouvés dans le bazar aux potions, et réveillant les papilles endormies. Rendue méfiante par les multiples embuscades, l’aristocrate attendit qu’il mange sa part avant de goûter. La révélation fut aussi gourmande que la perte des repères fut renversante. Depuis qu’elle avait posé un pied dans le monde Baxtérien, tout était sens dessus-dessous, alors, quand il fit danser sous ses yeux la clé antique, prouvant qu’au contraire de ce qu’elle croyait il osait, Cora s’en saisit. 

 

Celle-ci pendait cependant à un collier entourant son cou. 

 

La promiscuité induite par l’obligation de faire passer la chaînette propriétaire de l’ouvre-Bobbus au-dessus de sa tête la rendit nerveuse. Dire qu’elle n’avait pas l’habitude d’un voisinage masculin, ou féminin, si proche était un euphémisme. Il n’y avait qu’Ambroise et ses silences ; ou les autres, lors de voyages oniriques, la conscience vagabonde. Là, elle le voyait. Ses perles azurées à la teinte roublarde, soulignées d’un sourire engageant. Les fins maillons s’emmêlèrent à ses légères boucles brunes et, en s’avançant avec un peu trop d’entrain pour éclaircir le tout, le front de l’écossaise rencontra brutalement celui du manumage. 

 

Un rire soufflé s’échappa avant que Cora ne plisse ses lèvres pour en retenir d’autres. Pardon… fit-elle le visage froissé d’un air chagriné avant de caresser le front du manumage, comme pour n’imprimer que la douceur après le choc involontaire. 

 

Puis, se rendant compte de son geste, elle se recula et, la clé levée en l’air, partit à l’abordage du vaisseau. Diable. Son rire confus tinta, colorant l’atmosphère d’une touche frivole, alors qu’elle ouvrait la porte côté conducteur un peu maladroitement ce qui n’augurait rien de bon pour l’engin et ses occupants. 

 

Elle s’installa énergiquement derrière le volant, le corps toujours secoué par l’adrénaline de sa hardiesse, et se mit à rire. Je n’ai jamais conduit de voiture, Elias. Je connais le code, cela dit, puisque j’ai eu mon permis moto. Moldu et sorcier, précisa-t-elle fièrement. Te l’avais-je dit ? lui demanda-t-elle en l’observant une demi-seconde avant d’en revenir au tableau de bord.  Enfin… peu importe, il s’agit d’une bête tout à fait différente. Voyons… Suivant les instructions, elle démarra le Bobbus qui s’ébranla dans une petite cacophonie qui agrandit son sourire. C’est fou ! Elias ! Je vais conduire ! Regrettait-il ? Il devrait parce que la noble était bien trop éloignée des pédales, n’avait fait aucun réglage, et s’amusait déjà à appuyer sur tous les boutons à sa disposition sur le tableau de bord. 

 

Le gramophone s’activa soudain, les inondant d’une musique rock vieille d’une centaine d’années. Je suis… Non, elle n’était pas désolée, elle s’amusait, et recommençait d’ailleurs, ce qui déclencha d’autres catastrophes.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 14/07/2022 à 19:54:25

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La jeune Campbell a la main douce, et les yeux perçants. Impossible ou presque de ne pas s'y noyer. La pensée qui vient de lui traverser l'esprit a cet élan de fraîcheur, de nouveauté. Les commissures se creusent subtilement dans un sourire gamin. Les lèvres se plissent dans une gêne presque adolescente. Mais l'instant est vite passé. Les informations fusent, font frétiller les esgourdes baxtériennes. L'image d'une Cora chevauchant une moto s'impose à revers de pupilles espiègles, lourdement intéressées. Il faudra qu'on ajoute une aventure à notre palmarès. Une étape en deux roues. Enfin deux, et deux. Les lèvres mutines s'étirent sobrement tandis que les doigts passent de l'un à l'autre. Loupé l'avait presque forcé à passer son permis moto quand ils étaient encore en Espagne, et qu'ils ensemençaient les graines d'arnaques dont ils devaient plutôt rapidement s'éloigner. L'argumentaire n'avait pas eu besoin d'être bien solide, l'Elias étant d'emblée interpellé par l'idée.

 

L'attention se reporte sur les gestes aléatoires qui mettent en branle l'intégralité des fonctions bobbussales, exceptée la principale : à l'arrêt. Encore et toujours à l'arrêt. Vraiment fascinant. L'amusement fait frémir les traits, et bientôt le Baxter bondit du siège passager pour se placer derrière celui du conducteur, un bras vers l'avant pour tout désigner. Là, ce sont les commandes internes. On ne les utilise quasiment qu'à l'arrêt. Réhausser le plafond, élargir les parois, modifier l'agencement général, tout ça. L'Elias se rapproche encore pour encercle cette fois l'autre série de commandes. Là, les commandes externes. Les commandes de route. Le levier de vitesse, la rétractation fondamentale, le stabilisateur, les feux, le gramophone, l'impulsion magique. L'index pointe l'enclencheur, et immédiatement le véhicule s'emballe pour une embardée vers l'avant, dans une course qui demeure au ralenti. Là on avance. Tu impulse, tu choisis ta vitesse, tu dirige avec ton volant. C'est plutôt intuitif. Le Bobbus est presque indépendant. Elias reprend son emplacement initial sur le siège passager, prétend malgré la lenteur être au cœur d'une course phénoménal. Incroyable, on a dépassé un caillou !

 

La cxnnerie semble faire tressauter Burton dans son nid douillet, qui ne semble absolument pas dérangé par les cahotements du véhicule. L'arrêt ne peut se faire qu'à cette vitesse. Il suffit de rappuyer sur l'enclencheur. Comme ça. D'un bond le Baxter a désenclenché le moteur, qui dans un tressautement s'éteint. Le gramophone lui, continue d'ambiancer les voyageurs. La boussole intégrée il pointe du doigt les aiguilles du tableau de bord, les flux magiques, un doigt vient tapoter un cadran doré sur lequel semblent courir des rougeurs flamboyantes vaut mieux les éviter pour ne pas tomber en panne. Les mains clappent finalement avec enthousiasme, et il croise les jambes non loin de son noueux. Première fois que j'me fais conduire. J'peux faire copilote. Tu fais Elias, j'fais Cora. AHUM. Le toussotement improviste le voit prendre un air plus sérieux, traversé d'une probable illumination historique. Aujourd'hui Elias, nous faisons route vers Oban ! Nous serons témoins de la crise de Dunollie, ou de la bataille du bol de Crander. Célèbre épopée de la revanche d'un fils se battant pour l'indépendance de l'Écosse. Le ton est impérieux, sûr, et même s'il raconte absolument n'importe quoi, il se plait à le raconter haut et fort tandis que Cora s'acclimate avec les manipulations du véhicules. Il a pleine confiance en ses capacités. Se plait à plutôt la faire rire de ses clowneries impertinentes.


 

 

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Publié par Cora Campbell le 18/07/2022 à 18:54:12

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À l’arrêt. Fascinant. Cora s’était mordillée les lèvres pour ne pas rire, ses yeux ne résistant cependant pas à la tentation d’étinceler d’une hilarité muette. Il avait raison. Diablement raison et, pour une raison extraordinaire, l’idée de ne pas réussir du premier coup ne la chagrinait pas. Celle qui n’aimait rien de moins que la perfection, se satisfaisait d’approximations ou d’échecs. L’aristocrate rendit presque grâce à sa maladresse car elle imposa un mouvement à la silhouette du manumage qui , montra les commandes internes, expliqua les commandes externes, sa présence au plus près de ses sens. Le pamplemousse titilla son odorat sensible et elle tourna la tête pour s’abreuver un peu plus du parfum marquant la nuque masculine. 

 

L’embardée du Bobbus brisa l’instant et elle ouvrit les yeux, pour s’exclamer : Elias ! 

 

Le Bobbus avançait, d’une lenteur d’escargot, certes, mais il avançait, ce qui était déjà mieux qu’il y avait de cela à peine quelques minutes. Cora se concentra ; fit semblant de ne pas avoir entendu le Capitaine, bien qu’un sourire étirait ses lèvres rosées ; écouta ; replaça mentalement l’ensemble des commandes avec leurs explications ; se mordilla les lèvres. Arrêt - Enclencheur. L’écossaise sursauta à l’arrêt brutal, mais suivit bien vite des yeux les doigts qui présentaient d’autres instruments. Attends… attends… murmura-t-elle en se penchant sur le cadran doré. Le Bobbus n’a aucun mécanisme moldu pour reprendre le contrôle ? 

 

Première fois qu’il se faisait conduire, les aigue-marine s’écarquillèrent. Tu… Elle n’aurait jamais pu, et dans une décontraction si peu commune, ainsi abandonner entre des mains inconnues une chose qui lui était chère, ne connaissait d’ailleurs personne le faisant avec autant de naturel. La révélation d’une proximité avec un tel être la chamboula un peu, tout en gonflant ses poumons d’un bonheur presque trop fort pour elle. Les organes atrophiés n’y étaient pas habitués, coutumiers plutôt des silences dans lesquels elle cherchait de quoi vibrer. Elias était différent. Il lui faisait confiance. Était-il seulement réel ? Cora cligna des yeux, quitta le visage du sorcier pour observer les alentours. 

 

Il était dangereux. 

Pour sa sérénité, ses émotions trop vives, ses envies trop puissantes. 

Il était un feu brillant si fort qu’il l’attirait irrémédiablement, et Cora avait une conscience aiguë qu’elle pourrait s’y brûler fortement les ailes. 

 

Le dragon aristocrate s’ébroua, sembla sortir d’une transe, et lui fit tourner le regard sur les commandes, plutôt que sur l’homme. Qui crois-tu pouvoir berner ? Il est ainsi avec tout le monde, pas spécialement avec toi. Personne ne l’est. Cora acquiesça aux paroles internes avant d’appuyer sur l’enclencheur. 

 

Oban, répéta-t-elle pensivement avant de paniquer et de se tourner vers Elias. Attends, je… Pffarrête, dit-elle entre deux rires alors qu’il l’imitait avec un certain brio. As-tu la carte ? Je ne sais plus exactement comment y aller en partant d’ici, précisa-t-elle en tapotant ses lèvres du bout de ses doigts. L’escargot progressait à son rythme, caillou par caillou, sous l’attention soutenue d’aigue-marines concentrées. Je crois qu’il faut aller… par ici, mais je n’en suis franchement pas certaine. Ses doigts quittèrent sa bouche pour pointer, sur la droite, un point qu’elle seule percevait. 

 

Avec une méticulosité un peu extrême, Cora choisit une vitesse moyenne, le regard braqué sur la route. Première embuche, sortir du parking, et s’engager dans la circulation. La sortie était assez large pour deux bus touristiques, le Bobbus eut largement de quoi passer, ce qui n’empêcha pas un soupir soulagé d’être expiré quand elle prit finalement place sur la route. Son instinct la poussa à aller à droite, vers Dalmally. Oh ! ELIAS ! Le château de Kilchurn est ici ! Il appartient à mon clan et le loch grouille de kelpys. Tu en as déjà vu ? Heureusement, nous avons mis en place tout un système pour protéger les touristes, avec un soigneur qui s’en occupe particulièrement bien. 

 

 

Naturellement, Cora fit accélérer le véhicule qui arriva assez rapidement, à peine une dizaine de minutes après leur départ, sur une place bordant la route, mit le véhicule à l’arrêt, et montra de la main le château. Dans le parc, nous cultivons le piment royal. Notre plante insigne. C’est un buisson au feuillage assez odorant. Tu peux retrouver une senteur résineuse, un peu sucrée, boisée… camphrée. Cela agit comme répulsif contre les insectes piqueurs. Connais-tu les midges, Elias ? De minuscules moustiques qui attaquent en essaim, particulièrement désagréables. En moins d’une seconde, sa voix se suspendit et elle esquissa un sourire malicieux, tu es complètement recouvert. C’est affreux ! ajouta-t-elle dans un rire où pointaient les souvenirs. Cette plante est également utilisée en parfumerie comme épice… 

 

Une idée lui fit complètement tourner le buste vers lui. 

 

En veux-tu, pour tes potions ? J’ai lu que la plante était assez réputée comme antiseptique, produit abortif ou, mieux, capable de favoriser le rêve lucide. Finalement, et sans attendre sa réponse, l’écossaise s’échappa de sa place, après avoir éteint complètement le Bobbus et prit la clé. 

 

Viens ! l’enjoignit-elle près de sa vitre. 

 

Cora dépassa un groupe de touristes, prit le passage boisé pour accéder au champ où quelques moutons paissaient tranquillement. Tout droit, encerclé de son loch, le château de Kilchurn, majestueux, devant ses montagnes au vert flamboyant. À droite un îlot habité de plusieurs conifères et, à gauche, un sentier menant à une plage secrète. Personne n’allait là-bas, la boue empêchant une progression simple. D’ailleurs, ses pieds s’étaient enfoncés à de nombreuses reprises, dans des bruits de succion grotesques et, plus d’une fois, Cora dut se servir de magie pour sortir une chaussure piégée. Du nerf, Capitaine ! Le trésor est à portée de main ! 

 

Enfin, ils arrivèrent à la plage de cailloux blancs que les eaux du loch léchaient avec application. Cora s’approcha d'un buisson royal pour sublimer de sa paume, avec délicatesse, un chaton en pleine floraison. N’est-ce pas magnifique ? Je les trouve si jolis.    


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 21/07/2022 à 22:12:53

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Il s'est plu à faire éclater le rire de Cora, encore et encore, entre les parois bobbussales. Puis il s'est simplement tu, pour religieusement écouter. S'étendre d'un trait à l'autre d'une profonde curiosité passionnée. Il aurait suivi la frêle silhouette jusque très loin, si elle ne l'avait pas tout bonnement arrêté. Devant un mignonnet bosquet verdoyant, aux tiges affinées. Quel parfum... Les doigts se sont perdu dans les feuillages, les narines elles aussi affairées. D'un regard il questionne, puis demande clairement : je peux ? attend le feu vert pour tout bonnement récolter. Toutes les précautions sont prises. La plante est manipulée avec la ferveur de celui qui sait ce qu'il adviendra de chaque monceau récupéré. Elles sont magnifiques. Clairement joliment cultivées, les pousses l'abreuvent d'autant de couleur que de flagrance.

 

Le sac à dos récupère la généreuse poignée, puis il évolue plus gaillardement jusqu'au loch, qu'il observe d'yeux emplis de curiosité. J'aime tellement ces endroits sur lesquels tu m'emmène. Ils sont toujours chargé d'histoires. Enfin le monde est chargé d'histoire. Mais toi les histoires tu les raconte bien. La voix est comme celle d'un gosse émerveillé. Toujours, Elias fut fasciné de ce qu'il trouvait dans les livres. Lorsqu'enfant sa réalité peinait à lui donner le sourire, il voguait entre les lignes de vastes épopées, et d'intrépides aventures qui ne lui appartenaient en rien. Et ses errances des années plus tard, ne firent qu'écho à ce désir simple. Celui d'explorer. De toujours découvrir. De toujours s'émerveiller. En territoire hispanique, il avait eu Loupé, pour lui faire l'apanage de cloîtres secrets et d'étranges entités. Le reste du temps, il avait été seul. À présent, il avait Cora. Et il lui semblait pouvoir l'écouter des heures s'enthousiasmer de l'histoire de son clan.

 

Celui là même qui coulait dans ses veines.

 

Cela donnait à cette histoire de nouvelles teintes, plus réelles encore que toutes celles qu'il avait pu entendre par le passé. Des teintes bariolées, extraordinairement vraies. Tout ce qu'elle racontait avait eu pour point de chute l'existence de la jeune écossaise. Il se laisse choir sur les cailloux blancs, en ramasse un plus plat que les autres. Brut, et légèrement foncé. J'emprunte un bout de l'histoire avec moi, il énonce pour toute explication. Puis il s'étend vers l'arrière, et naturellement les jambes se croisent à quelques enjambées des clapotis de l'eau. Tout est si calme, si... statique. Tu sais je crois que dans le fond, c'est beaux les cailloux. La phrase se suspend bêtement dans l'air. D'un mouvement de poignet, il fait voler deux galets, qui se heurtent l'un à l'autre avant de retomber bruyamment. J'veux dire, les gens naissent, et meurent. La vie continue. Les cailloux restent. Ils racontent les histoires. Il réalise de lui-même que c'est pas beaucoup plus clair quand il le dit.

 

Mais bon.

 

Il continue quand même.

 

La terre ne bouge jamais vraiment. Pas beaucoup en tous cas. Combien d'années que ce château il est resté dressé là-bas ? Combien de batailles il a essuyé ? Les pierres sont encore là pour le raconter. Si les cailloux pouvaient parler, ils en auraient des choses à dire. Ptet que dans deux cent ans y aura deux jeunes qui viendront s'poser sur cette même berge, à c'même endroit, pour s'poser les mêmes questions. Une écossaise comme toi. Une descendante probablement. Et un britannique comme moi, qui sait pas vraiment ni d'où il vient, ni où il va. On est qu'des gens qui passent au milieu des cailloux.

 

C'est sortit comme ça. Il le retirera pas. Elias est ainsi fait. Une pensée le traverse, il l'exprime et se tait. J'voulais juste prendre ce caillou avec moi, pour qu'il nous oublie pas. Il ajoute enfin en regardant sa co-pilote. Les aigues marines transpercent leurs vis-à-vis. Ce qu'elles disent ? Qu'elles sont contentes d'être là. Avec Cora. L'a beau faire sa vie sur un coup d'tête, il en a jamais mal au crâne. Allez raconte. Raconte moi ce qui s'est passé ici, pour les Campbell, il quémande soudain. La voix d'un enfant. Les yeux d'un gamin. Raconte moi une histoire. Les deux bras se croisent tandis qu'il se laisse tomber pour voir le ciel et juste le ciel. 


 

 

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Publié par Cora Campbell le 22/07/2022 à 19:09:48

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Nature du TW : Mention de tortures

Cora avait vivement acquiescé à sa question, les prunelles pétillant de le voir instiller autant de respect dans ses gestes visant à la cueillette. Elias comprenait. Il voyait la beauté des choses dans leur simplicité incomparable. L’écossaise, elle, se tenait près de lui, mains jointes dans le dos, pour observer les lieux connus comme lui le ferait, de son regard de fraîcheur. Elle tenta de scruter nouvellement le loch à la surface si immobile qu’il en devenait miroir, d'imaginer ce que les ruines du château pouvaient inspirer, sans pouvoir s’empêcher de suivre, derrière les pierres, la course des nuages caressant les montagnes qu’elle rêvait de gravir. Cora avait ce sourire qui transfigurait le visage et l’aura d’un éclat de sérénité bienheureuse, effet qui se renforça sous le compliment qui fit battre son coeur un peu plus vite. 

 

Il aimait ses histoires ; elle ne l’ennuyait pas. 

 

La suite attira ses prunelles curieuses, avides de l’intensité que le sorcier distillait dans ses mots. Oui, je… Elle s’approcha de lui, se mit à genoux à ses côtés, et prit à son tour un caillou entre ses doigts. Je me suis déjà fait cette réflexion. Contre les murs du château du Loch Leven qui avaient emprisonné Mary Stuart, sa main avait frôlé les pierres en se demandant si la souveraine en avait fait de même, ou si elle leur avait confié quelques tourments ou secrets, ou ce que la roche avait surpris d’intrigues ou de pensées. Ses souvenirs s’étiolèrent quand il laissa filer une pensée qui accapara de nouveau son attention. Un britannique comme moi, qui sait pas vraiment ni d'où il vient, ni où il va.

 

Que pouvait-elle dire ? Il y avait là des promesses que son coeur devait garder, alors elle garda. 

 

Allez raconte. Raconte moi ce qui s'est passé ici, pour les Campbell. Une nuée de papillons s'agita au creux de son être quand leurs regards se percutèrent, leurs ailes caressant son âme d’une douceur inégalée, aggravée par la délicatesse de la requête. Soumise au sortilège Eliasien, Cora entrouvrit ses lèvres, allait se pencher jusqu’à celles du manumage, quand il détourna le regard pour lui préférer le ciel, laissant l’envie se réfugier, galopante, entre ses côtes. 

 

Pure folie. 

 

Cora resta interdite plusieurs secondes, l’histoire de son clan évanouie, tout comme celle de l’Écosse, pour n’entendre qu’un grésillement empli de honte. L’acte manqué résonnait en elle tandis que ses pensées tentaient d’y appliquer un raisonnement logique, de favoriser une explication plutôt qu’une autre. Il avait détourné les yeux. N'avait pas ressenti comme elle. Ce n’était pas grave. Uniquement elle saurait. L’aristocrate déglutit et se releva, délaissant le caillou près du sorcier allongé. 

 

Le château appartenait à une branche cadette de mon clan, ceux dit de Glenorchy, et a été construit sans doute vers 1450, sous le règne de James le second. Cora rejoignit les vagues minuscules du loch, après s'être déchaussée. Elle les observa sans les voir, l’esprit frissonnant. L’accession au trône de ce James-là s’est faite dans le sang à proprement parler. Son père a été assassiné par le Comte d’Atholl et il aurait dû périr, en même temps que sa mère, mais la Reine Joan, pourtant blessée, parvint à s’enfuir avec son fils. Toute à sa vengeance, elle fit appréhender l’assassin et ses conspirateurs. Atholl eut une mort affreuse, même pour l’époque. 

 

Le visage tourné vers Kilchurn, Cora détacha lentement le noeud qui retenait le col de son chemisier en soie. Il fut torturé sur une période de trois jours. Le premier jour, il a été placé dans un chariot muni d'une grue, hissé, lâché, puis secoué violemment pour étirer ses articulations. Cela n’était cependant pas suffisant, alors, il a été placé au pilori, couronné d'un diadème de fer brûlant portant l'inscription "Roi de tous les traîtres". 

 

Cora fit passer au-dessus de sa tête le chemisier qu’elle envoya valser négligemment sur les galets, la laissant en caraco crème. Le deuxième jour, il a été attaché à une haie et traîné le long de la rue principale d’Édimbourg, certainement aveuglé et torturé avec des pinces en fer rouge. 

 

Ses mains s’activèrent pour défaire son pantalon qui rejoignit les cailloux, qu’elle aveugla sciemment. Ceux-ci ne verront pas cette partie-là de l’histoire du clan Campbell. Le troisième et dernier jour, il a été éventré vivant, ses entrailles brûlées devant son visage, et son cœur arraché puis calciné. Enfin, son cadavre a été décapité et écartelé, et les quartiers exposés dans tout le royaume.

 

Sa voix avait été d’une neutralité déconcertante en décrivant les sévices subis par l’assassin, alors que son corps tremblait de l’audace de son comportement. Et si son père, ou son frère, arpentait en ce moment le sol de Kilchurn ? Il ne serait qu’à quelques mètres de son indignité. Et s’il voyait son impudente fille révéler ainsi sa peau laiteuse ? Il condescendrait peut-être à remarquer le tatouage à sa cheville. Mais ce n’est pas l’histoire que tu m’as demandée, n’est-ce pas Elias ? le questionna-t-elle en tournant seulement maintenant vers lui son visage au sourire mutin. 

 

Si ce n’était avec lui, avec qui d’autre oserait-elle se baigner ainsi en plein jour, dans les eaux calmes d’un loch infesté de Kelpys ? Kilchurn, donc. Bastion des Campbell de Glenorchy, plus puissante branche mineure, qui a eu l’outrecuidance de s’attaquer à mes ancêtres, alors Comtes d’Argyll, pour emporter la tête du clan. La défaite fut amère. Pour eux, il en va de soi.  

 

Je vais te décevoir Elias, le château n’a pas vraiment connu de bataille, dit-elle en retenant son souffle alors que ses jambes progressaient dans l’eau glacée du loch. Il fut une garnison, dit-elle d’une voix saccadée, notamment durant le soulèvement des Jacobites. L’eau grignotait maintenant sa taille. Il fut gravement, elle retint une nouvelle fois son souffle tandis que l’eau léchait sa poitrine, endommagé par la foudre en 1760 et proprement abandonné à son sort. Au vu de sa situation géographique, nous l’avons récupéré. Le pire étant passé, elle expira un soupir de satisfaction. Elle l’avait fait. L’exploit attira un sourire candide à ses lèvres légèrement bleutées, alors qu’elle se tournait vers lui. Nous veillons à le laisser en ruines. C’est beaucoup plus dramatique pour les photos. 

 

Cora inspira avant de disparaître complètement. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 17/08/2022 à 16:43:00

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Le conte, narré tout au creux de l'oreille le fait bientôt dresser la tête pour observer, interdit, la narratrice. Des tortures d'Atholl, il ne retient que quelques bribes, les prunelles engagées sur des courbes bien plus historiques. Certes le récit est sanglant. Mais la véritable torture se joue là, sur les cailloux blancs. Ce n'est pas l'histoire que tu m'as demandé. Les yeux se défont progressivement de leur attachement charnel pour gagner le visage innocent, scindé d'un sourire mutin. Je... non. La confusion est évidente. Comme la volonté de la jeune femme de l'y plonger. L'amusement vient faire scintiller les iris tandis qu'il se laisse de nouveau glisser vers l'arrière pour évacuer la frustration, se redresser aussitôt sur les deux coudes et assister à la courageuse plongée écossaise.

 

Bientôt, l'homme s'assied  complètement, se défait de ses chaussures, de ses chaussettes, apprécie la fraîcheur sur sa peau découverte. Il ne pense à rien qui concerne Kilchurn, le clan Campbell, ou les Jacobites. Taraudé par la silhouette s'égare au creux du loch, il suffit que le haut de la tête disparaisse subitement pour le voir sur pied, se débarrassant de ses vêtements en quelques gestes avant de se jeter vers l'avant. Pleinement et directement, il fend les eaux gelées, ignore les poignards qui semblent se planter ça et là pour investir l'espace de l'écossaise, lui faire subir une attaque déraisonnée, à l'instar d'un kelpy sauvage venu étendre son territoire sur les côtes. Pas l'ombre d'une hésitation tandis qu'il saisit les hanches pour la soulever, et la projeter plus loin avec force. Et dans le silence intangible du lieu, on peut soudainement l'entendre crier :

 

- En voilà donc une de bataille au bastion des Campbell de Glenorchy !

 

La garnison tient encore fièrement sur ses ruines, ses pierres inertes devant le spectacle offert. Elias plonge complètement pour une nouvelle approche, les lèvres violacées et la chair de poule érigée contre la peau complètement ignorées.

 

C'est en 2122 qu'un homme répondant au nom de Baxter manœuvre sur les terres Campbell. N'as-tu pas eu vent de cette histoire , chère Cora ? 

 

La malice a l'œil s'enjoint au geste tandis qu'il attrape soudainement ses jambes et tente de la retourner, mais la bougresse se défend bec et ongles. De l'eau s'engouffre dans les narines, le fait tousser abruptement, mais il n'abandonne pas. Des éclats de rire poussent à contrevent, et ce n'est qu'au terme de nombreuses secondes d'intense guerroiement que les deux camps semblent déposer les armes, faute d'avoir encore le souffle requit pour la bataille. À moins d'une brassée, Elias a encore les commissures hissées haut vers des pommettes luisantes, et il laisse aller sa tête vers l'arrière, clignant sous la lumière étincelante. Lorsqu'il reporte son attention sur l'écossaise, le visage est plus sérieux, et il approche calmement. Ils sont frissonnants, et d'un revers du poignet il échauffe les eaux autour d'eux. C'est infime. Ça reste agréable.

 

- Heureusement, les deux parties ont fini par trouver un terrain d'entente. La bataille la plus courte de l'histoire. Aucun mort à déplorer.

 

Et pour affirmer la paix, il vient déposer un baiser sur une joue humide, l'esprit gamin qui s'élève dans un rire léger. À cet instant précis, des vagues commencent à faire gronder le lac, et une ombre fugace vient leur tournoyer autour sans qu'il y prête la moindre attention. 


 

 

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Publié par Cora Campbell le 31/08/2022 à 21:20:41

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Que diraient ses ancêtres ? Peut-être... diraient-ils qu’il y avait trop de douceur dans ce coeur qui autorisait une prise de victoire sans qu'aucune perle carmin ne fût versée par l’un ou l’autre camp. C’est proprement inacceptable, Elias, déclara-t-elle en l’éclaboussant, le plat de sa main tranchant les vagues apaisées du loch.

 

L'insolent s’approchait cependant, ses yeux opalescents convoyant un drapeau d’harmonie qu’elle n’était pas certaine de vouloir. 

 

Cora ne sut pas comment réagir à la proximité familière, n'avait jamais possédé les codes sociaux lui permettant de répondre dans la normalité à une telle manifestation. Son esprit fantasque associait toujours une interprétation plus vaste à un geste que d’aucuns qualifiaient d'anodin. Le baiser sur sa joue en était l’exemple parfait. L’aristocrate se figea, interdite, et le suivit des yeux. Diable, elle aurait aimé avoir sa baguette pour lancer un sort de légilimancie, et savoir. Comprendre le rouage ; se nourrir de la simplicité. Elle ne l’aurait jamais fait sans son consentement, sûrement jamais non plus dans ce genre de situation, et pourtant elle rêvait de connaître les pensées secrètes du manumage. 


Il était si près.

 

L’eau sublimait les traits, déjà beaux, du sorcier, qu’elle se plaisait à examiner. L’éclat de son regard facétieux. Il y avait du vert, le même relief pâle que prenait la mousse vers la fin de l’été ; il y avait du bleu, semblable à l’eau qui léchait les plages des îles des Hébrides extérieures ; le tout protégé par une ceinture plus foncée, pareille à la teinte orageuse que pouvait prendre le ciel écossais. Le plus fascinant restait néanmoins la façon dont ses yeux reflétaient la lumière. Ils devenaient purement luminescents. 


Au fil de son examen attentif, Cora s’était avancée vers lui, frôlant son corps du sien, tandis que sa main s’était permis une exploration près de sa tempe, comme si cela aurait pu lui permettre une meilleure vision du phénomène. Le contact ne fit que déplacer son intérêt vers les lèvres du sorcier, tandis qu’elle mordillait les siennes. Sa bouche s’était entrouverte sur une pensée, ou un murmure, que l’héritière allait délivrer quand l’ombre au-dessus d’eux se transforma en algues dansantes.

 

L’amas filamenteux s’ébroua, agressant les sorciers d’un trop-plein d’eau furieux, alors qu’un hennissement aux reliefs caverneux saturait leurs ouïes. L’immense silhouette équine s’approcha, sa gueule ouverte sur une dentition aiguisée, avant de replonger dans les profondeurs du loch. La bête restait cependant non loin, entourant le couple de sa présence belliqueuse.

 

L’aristocrate vit, avec une netteté proche de la perfection le bois de charme, reposant paresseusement entre les plis d’un pantalon échoué sur les cailloux. Elias… Connaîtrais-tu le sortilège domptant les Kelpys ? J’ai bien peur que les neurosciences moldues... tendant à faire croire à mon cerveau que je maîtrise la manumagie ne suffisent présentement pas. Il ne restait que le transplanage. Cora n’avait jamais tenté de sortir d’un loch par ce biais-ci. Pourquoi ne pourrait-elle pas ? La nage ne ferait qu’exciter l’instinct chasseur de la créature. 


Le démon des eaux, mangeur d’hommes selon la mythologie écossaise, revenait près d’eux, et elle se rapprocha instinctivement du manumage. Il entraîne par le fonds et… ajouta-t-elle en lui saisissant le bras. Pourtant, elle ne semblait pas vouloir bouger, ou se sauver. L’impétueuse adrénaline courrait dans ses veines. Ainsi, c’était cela que l’on ressentait face à un danger potentiellement mortel. Son sang se propulsait dans le muscle qui battait fort, toujours plus fort, enjoignant une action. Je pourrais essayer… Elias. Je pourrais. Cela ferait comme lui. Comme lorsqu’il était en Amazonie, au-dessus d’un chaudron, se battant pour sa vie. 

 

L’esprit alimenté par le courage que l’on ne trouvait que dans les livres, ou chez certains Gryffondors, Cora se détacha du sorcier pour faire face au monstre aquatique. À peine tendit-elle la main que la créature, jaillissant des flots, s’immobilisa. Les yeux écarquillés, elle peina à retenir un hoquet de surprise. 


Cela fonctionnait-il réellement ? 


PAR TOUS LES FLÉREURS DU PAYS ! QU’EST-CE QUE VOUS FOUTEZ-LÀ ? C’EST UNE ZONE PRIVÉE ! Z’AVEZ PAS LU LES PANCARTES ? hurla une tignasse rousse dépassant de l’encolure du cheval aquatique, qu'il tenait par une bride faite de jonc. L’homme, un cinquantenaire athlétique aux yeux aussi verts que l’herbe écossaise, fronçait ses sourcils broussailleux. Oh ! Pardonnez-moi Lady Campbell, je ne vous avais pas reconnue. Il se tourna ensuite vers Elias, qu’il détailla avec circonspection. Et… vous êtes ? Cora fit quelques brasses avant de se racler la gorge. Monsieur Graham, je vous présente Elias Baxter, un… ami, hésita-t-elle avant de prendre une décision socialement acceptable, sans le regarder. Elias, je te présente Cameron Graham, le soigneur du Château de Kilchurn. L’homme grommela. Il déteste lorsque je donne son titre entier alors que je trouve cela tout à fait charmant. Lui-même refuse de faire l'impasse du Lady

 


Sa Grâce est au Château, lâcha-t-il du bout des lèvres, ce qui figea le sourire et les gestes de la sorcière. Il souhaiterait vous voir à Inveraray. Comme vous pouvez le constater, je suis indisponible, répliqua-t-elle en nageant déjà vers le rivage. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 02/09/2022 à 12:20:29

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​​Diable, il sait bien ce que fait un kelpy, au juste, lorsqu’il entraine un humain par le fond. Mais il n’a pas la bride qui se paire au sortilège, et sans attendre il saisit la demoiselle Campbell aux épaules, le plan de fuite sommairement étiré sous les doigts. Il n’a le temp de rien cependant, car la créature fait soudainement halte, et juchée sur son dos, l’immanquable présence de son propriétaire. Aussitôt, Elias relâche Cora pour la laisser flotter librement, pleinement soulagé. Un plaisir de vous rencontrer, Monsieur Graham. Toi aussi gentil kelpy, il ajoute à l’intention du cheval aquatique, dont les yeux ternes ne reflètent aucune réciprocité d’affection. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut s’abreuver d’une telle vision, la créature à moins d’une brassée, le calme olympien et les crocs bien rangés dans la gueule. Il retourne une attention pleine à la conversation, les yeux brièvement accrochés à la demoiselle, puis s’affaissant sur la silhouette gaillarde du soigneur :


Exact, tout à fait indisponible. Lady Campbell, il insiste sur le terme avec mutinerie, m’a entrainé vers l’aventure voyez-vous, et il me serait impossible de retrouver ma route, eut-elle subitement le devoir de visiter Sa Grâce. Alors si Sa Grâce pouvait bien patienter que nous accostions ses charmantes rives Inverarayses… verarayaises… vera… Par Merlin. Vous l’avez dompté il y a longtemps ce kelpy ? Il est foutrement impressionnant. C’est à dire que la créature vient de lui broncher dessus, et qu’il s’est bien imaginé la bête le couler promptement de son énorme poids, et qu’il parait presque ridicule qu’un bonhomme de la stature de ce Cameron put le tenir à ce point en respect. Les pommettes du soigneur s’imprègnent de jolies rougeurs qui s’accordent très précisément aux pointes rousses qui lui ornent le crâne, et l’Elias en conclut que le kelpy n’est pas le seul animal que l’on doit caresser dans le sens du poil.


Oh eh bien, ce fut une épopée fascinante, Monsieur Baxter, vraiment. Voyez je me trouvais là, arpentant les terres et faisant aussi correctement que possible mon travail, quand j’entendis soudain le vacarme d’eaux troublées par une large présence. Je devinais aisément de quoi il s’agissait, car ce territoire n’a aucun secret. Mais je n’avais jamais pu vraiment l’apercevoir, encore moins envisager… mais ce jour là fut le bon, oui ! J’empoignais les grands moyens, j’avais la bride parée, et le sortilège aussi, et je ne vous dis pas que ce fut le combat le plus acharné que connut la demeure de Kichurn, mais nous n’en fûmes pas loin. Malheureusement aucun témoin, évidemment que les plus belles aventures s’étirent dans le plus grand des secrets. Ahum. Enfin bon. Je l’ai nommé Dòreinn, car il glace d’effroi toutes celles et ceux qui tentent envahir les lieux. Il n’obéit qu’à moi, il termine pompeusement. Et ce depuis déjà de nombreuses années.


Les sourcils s’arquent tout grand tandis qu’il entame ses brassées vers le rivage, pour rejoindre bientôt Cora, lui adresser un discret clin d’œil. Exceptionnel Monsieur Graham, tout à fait exceptionnel. Vous êtes l’homme de la situation ici. Nous parlerons probablement de vous dans le prochain livre des clans Campbell. Le prochain livre ? Évidemment, pourquoi croyez-vous que la jeune Lady me traine sur les routes si n’est pas pour à son tour marquer l’histoire ! Je ne suis là que pour l’épauler dans son périple. Témoin honoré d’une progression redoutable, Sa Grâce… il hésite un instant le duc d’Argyll aura de quoi succomber d’admiration je suppose, lorsqu’elle se présentera au Château sa quête pleinement terminée. Tout cela doit bien entendu rester secret. Mais j’ai confiance en vous Monsieur Graham. Vous êtes un dompteur de kelpy ! Les yeux confus se posent sur l’héritière du clan, sur Elias, et de nouveau sur l’héritière, puis il sourit pleinement. Dans ce cas je me ferais un devoir de le faire patienter. Lady Campbell, vous pouvez compter sur mon entière discrétion. À la bonne heure ! 


Elias s’assèche d’un revers de main, puis se fend d’une révérence presque grotesque. L’homme se racle la gorge, puis se décide finalement à prendre en congé, le visage rayonnant et la tignasse volant au vent. Il ne tarde finalement pas à disparaitre sous l’eau, pour filer probablement aux abords du château, et poursuivre un travail acharné. Ou du moins, à regarder stupidement le temps passer entre ses ruines de solitudes. Voilà qui aura au moins fait sa journée, sa soirée, peut-être même son année. Une bonne histoire tient éveillée n’importe quelle âme. Le commentaire fait écho dans le fond de prunelles fendues, légèrement hilares : alors, Lady Campbell : j’ai gagné une bataille aujourd’hui, et je vous ai fait gagner un temps précieux loin, loin de Sa Grâce votre père, pour mieux profiter de vous et de vos terres, à vous faire vivre comme une simple gueuse. Il ne quitte plus son rôle d’ami de Lady, qu’il trouve beaucoup trop amusant, s’imprégnant d’un vouvoiement ampoulé, et de manières qu’il s’est toujours plu à emprunter lorsque c’était nécessaire. Aurais-je une récompense ou une punition pour mes forfaits ?

 

Il s'est joyeusement approché pour à son tour la sécher d'un tour de main, battre des cils innocents, les commissures dressées et les yeux pétillants.


 

 

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Publié par Cora Campbell le 07/09/2022 à 17:39:05

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Pourtant toute à sa brasse menant à une liberté éloignée du noble asservissement Campbell, Cora ne put retenir un sourire attendri en écoutant le soigneur roucouler de fierté devant le manumage. Cameron était un homme bon, sans doute d’une fidélité trop extrême à son père, mais foncièrement bienveillant. Sur ordre, le soigneur l’aurait probablement capturée, comme le Kelpy, pour la ramener à Kilchurn, mais Elias l'en empêchait. 


La sorcière accrocha le clin d’oeil mutin qui fit bondir son coeur. Exceptionnel. Le ton lui rappela l’interjection narquoise « Incroyable, on a dépassé un caillou ! » de sa prise en main du Bobbus, ce qui lui fit plaquer sa main sur sa bouche pour contenir le rire frondeur. Cora fut par la suite d'une impassibilité saisissante, acquiesçant à l’emberlificotage du soigneur, et ne se mordillant les lèvres qu’en cas, rare, d’indocilité rieuse. L’histoire fut avalée et, Cameron enfui sous les eaux, l’écossaise quitta la caresse rafraîchissante du loch. Son caraco humide lui colla à la peau, moulant, avec ce que sa mère appellerait provocation, son buste aux formes délicates. Il n’y avait cependant rien de choquant et les plages avaient été déjà témoins de corps bien plus dénudés que le sien. 


L’aristocrate ne quitta pas Elias des yeux tandis qu’il réclamait, rieur, l’octroi d’une gratification ou d’une sanction. Le port altier, mais les yeux plissés de malice, Cora fit durer l’attente quant à un verdict. Cela mérite réflexion… répondit-elle. Je ne peux rien oublier, comme tu le sais. Avec une lenteur apprivoisée, l’héritière dissimula ses jambes d’ivoire dans le carcan d’un pantalon foncé, puis cacha pudiquement ses clavicules derrière une chemise ondoyante. Clé du Bobbus en poche, ainsi que sa baguette, elle arrima ses aigues-marines aux billes céruléennes. Pour l’utilisation du Lady, et du vouvoiement, la sentence sera irrévocable, Elias, car le crime est impardonnable, expliqua-t-elle d’un ton à la neutralité qui aurait pu être confondante si ses prunelles claires n’avaient brillé d’un éclat complice, manifestement espiègle. Je serais cependant un bourreau coupable de magnanimité Le coeur battant une mesure aussi inégale que précipitée, Cora s’avança assez près du sorcier pour déposer un baiser sur sa joue, avant de murmurer : accroche-toi à moi. 

 

Le transplanage les avala pour les recracher devant une ancienne bâtisse, faite de vieilles pierres aux couleurs contrastées, et de bois recouvert de mousse, d’où s’échappaient des rires tant masculins que féminins. L’enseigne en forme de blason enfermait en son sein l’inscription « Laird o' Dalmally » (le seigneur de Dalmally) peinte en rouge sur un fond représentant un kelpy à la forme équine et au pelage noir. 


Le Laird de Dalmally était un homme présomptueux, murmura-t-elle à son oreille alors qu’elle enroulait son bras autour du sien. L’impudent, un moldu, a cru pouvoir dompter un démon des eaux… pour que celui-ci l’aide à construire sa demeure. Le minois relevé, elle examinait son aventureux partenaire. Vois-tu, il croyait pouvoir se servir de sa force dans un but purement égoïste, obligeant la noble créature à transporter des pierres d'une rive à l’autre, sans respect ni rétribution d’aucune sorte. Sa main libre vint remettre une boucle brune en place, dériva sur sa joue pour une caresse fugace le long de sa mâchoire, avant de revenir sagement aux côtés de la sorcière qui avait détourné le regard pour observer le pub. Il fut promptement dévoré pour son audace. 

 

Tandis que l’enseigne geignait sous les assauts du vent, Cora l’entraîna à l’intérieur. À peine eurent-ils passé la porte qu’ils furent saisi par la chaleur du lieu ; le bouillonnement des corps joyeux ; l’effervescence des cuisines ; les éclats de vie tonitruants ; les effluves alléchants d’une venaison ou plus aigres de la bière ; les accents rocailleux issus des montagnes ; le rythme exalté d’un orchestre ; le tartan Campbell autour des hanches, et sur les banquettes usées ; les peintures hilares au mur ; les tables au bois craquelé et poncé, épuisé par les agressions continuelles ; le parquet que les âges avaient rendu grinçant ; ou les chaises robustes à l’assise Campbell. 


Dans le brouhaha joyeux trônait un comptoir gigantesque, en bois, aux extrémités duquel veillaient des corbeaux empaillés, les pattes emprisonnées pour montrer la soumission. Ceux-ci semblaient avertir les téméraires de ne pas tenter de comportements séditieux. Derrière le bar, plusieurs serveuses et serveurs au sourire avenant s’activaient. Les corbeaux sont l’emblème des MacDougall, le clan supposément ennemi, lui murmura-t-elle avant de commander pour eux deux. 


Un des serveurs, descendant sans doute d’une souche viking au vu de sa carrure impressionnante, de ses cheveux blonds et de ses yeux d’un bleu éclatant, prit sa requête avec un grand sourire de connaisseur : c’est parti Miss ! Une bouteille de Royal, des bonbons au Haggis et des tartes secrètes ! 

 

Cora le remercia puis, louvoyant entre les groupes bourdonnants, trouva une table et prit place sur la banquette. En tant que guerrier de mon clan, elle plissa les yeux, le fixa, puis lui confia en aparté, car j’ai décidé que ton châtiment serait celui-ci : guerrier principal, et unique, de mon tout nouveau clan… Elle prit une inspiration amusée, et se pencha vers lui : voilà, en tant que guerrier, tu vas devoir subir l’ultime initiation Son sourire en coin s’agrandit. Elias, l’homme-aux-deux-mains, aimant voyager, voici ton épreuve. Le Royal. Un vin agrémenté de Piment Royal, le même que celui que tu as cueilli près de Kilchurn, favorisant le rêve conscient… J’espère que tu… 


Cora ?! Cora ! Ça alors ! Si j’m’attendais ! Un sacré foutu bail ! dit soudain un homme osant la couper dans son explication. La mine irritée, l’écossaise délaissa Elias avec l’intention de remettre l’importun vertement à sa place quand ses prunelles s’écarquillèrent de surprise, et que tout sentiment négatif s’évapora de ses traits. Ruairidh ! Le sis dénommé, un grand gaillard à la musculature ciselée par les activités au grand air, la trentaine, les cheveux mi-longs, bruns, légèrement ondulés, et les yeux d’un flamboyant vert sapin, salua rapidement Elias d’un signe de la main. Il ne fit pas plus cas du manumage, saisit l’écossaise sans cérémonie pour la plaquer contre lui pour une accolade plus que familière. T’as pas tellement changé d’puis la dernière fois ! Comment va Morag ? Et Archi ? 

 

La stupéfaction passée, Cora s’éloigna un peu, mais il la retint d’une main qui avait dérivé vers sa chute de reins. S’il t’entendait l’appeler ainsi, Archibald ne manquerait pas de déclencher une guerre avec les MacLeod. Il rit. Lachlan n’attend qu’ça, j’crois, ou une alliance d’une autre nature. Après un sourire crispé, Cora se tourna vers le manumage. Morag, ma soeur. Archibald, mon frère, expliqua-t-elle. Elias, je te présente Ruairidh MacLeod, petit frère de Lachlan MacLeod, chef du même clan, des amis d’enfance, danseurs des îles Hébrides. Ruairidh, je te présente Elias Baxter, un ami, brillant potioniste itinérant. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Elias Baxter le 11/09/2022 à 19:04:12

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Ruérid. Un nom probablement, à faire ruer dans les brancards. De même que la dimension ridicule du bonhomme, aux muscles si parfaitement dessinés qu’on le croirait tout droit sorti ou d’une légende, ou d’un magasine de playboy. Elias ne l’aime immédiatement pas des masses, et ça n’a assurément aucun rapport avec les mains baladeuses de l’énergumène, en invasion directe du territoire Campbell. Si. C’est une invasion. De son point de vue de guerrier principal et unique de ce clan, c’est une invasion. Foutrement invasive d’ailleurs.


Prend-il son rôle trop à cœur ? Probablement. Le fait est que l’affaire ne lui plait pas, d’autant que Ruérid les aura coupé dans un échange qui commençait à profondément l’enthousiasmer. Le Royal, le rêve conscient, autant de cliquetis de clés tournoyées joliment dans ses serrures, à en faire bringuebaler des portes entières loin, très loin de leurs invariables gonds. Mais pour l’heure semblait-il que l’introduction au breuvage attendrait, au profit de Ruérid le barbare, danseur des îles de Hébrides. 


La main est prestement tendue, le sourire amical, que Cora pourra potentiellement observé de circonstance, car il n’atteint aucunement les pupilles. La poigne est brusque d’un côté comme de l’autre, comme un combat que personne n’aurait vraiment lancé, mais qui scinde promptement la table en deux. Le guerrier McLeod, contre le guerrier Campbell. Quant à se questionner sur la radicalité de son opinion pour le gigantesque écossais, Elias n’en a absolument pas le temps.

 

- Enchanté.


L’invasion perdure, et l’Elias n’en est guère amusé. L’air sympathique de Ruérid n’y fera rien. Il est tout sauf enchanté. Encore moins de constater la joie évidente de Cora. Il se rend compte que c’est idiot. Lui qui aime tant les nouvelles rencontres.

 

- Potionniste itinérant ?
- Danseur des îles Hébrides ?

 

Le retour immédiat fait éclater de rire le bonhomme, qui jette ses cheveux vers l’arrière en relevant la tête. Sa prise sur la hanche de Cora semble s’être raffermie. À moins que ce ne soit l’effet de l’imagination. Elias se joint à l’hilarité gaillarde sans véritable joie.

 

- Tu connais quoi comme danse l’anglais ?
- J’connais pas les noms. J’danse quand j’aime la musique, il rétorque en se laissant aller dans le fond du canapé.

 

Loupé l’avait initié à quelques festivals rétro-cubain. Une première marche dans un monde festif qui avait particulièrement enthousiasmé l’esprit baxtérien, qui dans les années suivantes n’avaient que rarement manqué l’occasion de rejoindre une piste de danse dès lors que la musique lui semblait un minimum approprié. C’était jamais techniquement parfait, évidemment.

 

- C’est bien ça. Faut danser pour s’amuser.

 

Le gaillard a enfin lâché la hanche de Cora pour s’inviter sans honte à leur table, se plaçant juste à côté d’Elias, et lui couvrant presque entièrement à la vue de Cora. D’un geste le Baxter s’avance pour poser ses deux coudes sur la table, se tourne vers l’écossais.

 

- Et alors Rué… Ru. J’peux t’appeler Ru ? T’as un nom trop compliqué.
- Hahaha. Ru c’est bien.
- Ouais Ru. T’as aussi un clan, comme Cora. C’est grand l’clan McLeod ? Si vous êtes amis d’enfance c’est qu’vos clans sont potes depuis longtemps du coup.

 

Le frère d’un chef de clan ça parait relativement imposant. Pis à entrevoir les histoires qui traversent le clan Campbell, Elias commence à se demander si y a pas des histoires d’obligations d’union qui se dessinent pas encore de nos jours. La perspective lui hérisse le poil. Les lèvres se scellent abruptement pour éviter d’en venir où il pensait en venir.

 

Enfin moi j’découvre. Beau pays l’Écosse. Sacré histoire. Cora allait justement m’faire découvrir Le Royal, tu dois connaître.


Et l’air de rien, Elias impose la conversation, et accapare l’attention de Ruérid, histoire qu’il ait pas trop à tourner la tête du côté d’Cora, et que ses mains restent bien en vue sur la table. Le délectant de quelques anecdotes de voyage, mimant ça et là quelques péripéties, tout ça entre plusieurs verres qui semblaient se cumuler drôlement sur le bois. Puis soudainement, la musique change, l’écossais redresse la tête avec enthousiasme.

 

- Ah ! Je connais bien celle-là ! Tu veux découvrir la danse des îles Elias ? Viens. Cora aussi.


Et de le voir agripper la main de Cora l’épuise profondément. Parce que le pire c’est probablement que le mec est sommes toutes sympathique.


 

 

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Publié par Cora Campbell le 12/09/2022 à 19:28:11

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Le Royal fut abandonné sur un coin de table, relégué pour d’autres heures, celles où le guerrier MacLeod ne monopoliserait plus l’attention des aventuriers. Le serveur avait cependant apporté le reste de la commande : tartes secrètes aux goûts multiples, et bonbons au Haggis. Cora prit l’un d’entre eux, une boule de panure dissimulant la panse de brebis farcie poivrée selon ses goûts, et croqua. 

 

L’aristocrate aurait voulu congédier Ruairidh. Elle ne le portait pas franchement dans son coeur depuis les dernières histoires secouant le clan insulaire. Les terres du duché d'Argyll avaient eu vent d'une sordide histoire de moldues fascinées par des danseurs qui, depuis l’entrevue avec ces derniers, avaient mystérieusement disparues. Personne n'enquêtait cependant. Tout se passait comme si elles n'avaient jamais existé. Lorsque Cora s’était entretenue de l’affaire avec son frère, Archibald avait détourné le visage sans répondre. Son père, non plus, n’avait pas commenté, et elle n’avait pas pu poursuivre, le sujet étant trop brûlant pour une table peuplée d’invités. Ambroise avait été des leurs, ce jour-là. Elle croqua de nouveau dans la boule panée, avant de détailler Ruairidh comme si elle le voyait pour la première fois, cherchant dans l’ombre de ses traits une trace surnaturelle, l’empreinte d’un héritage vélane qui pourrait expliquer l’attrait irrésistible de ces moldues, si la rumeur était vraie. Il était simplement beau, se dit-elle en buvant l’une des commandes alcoolisées qui s’était échouée à leur table.

 

Elias faisait la conversation, et elle l’écoutait avec plaisir, ce d’autant plus qu’il était l’Orateur quand elle était le Capitaine

 

La main de Ruairidh l’attrapa par surprise tant elle s’était laissée bercer par le timbre séduisant du manumage. Les yeux agrandis par l’étonnement, elle le suivit par des gestes désordonnés, avant de couler un regard égaré vers les rivages éliasiens, appelant au secours. 


La musique qui bruissait entre les murs du Pub ne lui était pas inconnue. C’était un air sur lequel, enfant, Cora avait appris quelques pas, afin de représenter son clan lors des jeux nationaux. Cela faisait cependant une éternité qu’elle ne s’y était pas essayée. Ruairidh était déjà en place, prêt pour un Ceilidh (à prononcer kay-lee) qu’il maîtrisait mieux que quiconque, quand il se tourna brusquement vers l’orchestre. NON ! Attendez, j’ai une idée ! Les musiciens s’arrêtèrent, tendant l’oreille à la requête impérieuse, avant de secouer vivement la tête, un large sourire barrant leurs faces joviales. D’un claquement de doigts autoritaire, le danseur des îles retint l’attention des serveurs, et les entraîna à sa suite pour qu’ils décrochassent du mur les épées ancestrales. 

 

Cora observa le manège avec une gêne grandissante, glissant parfois un regard incertain vers Elias, avant qu’elle ne  se penchât à son oreille. Une danse de guerrier, Elias. Suis ses pas, ce sont toujours les mêmes et n’oublie pas de… de lever les mains. 

 

 


Les épées positionnées au sol, la musique retentit, sur le chant des cornemuses d'abord. Ruairidh se pencha pour saluer, Cora mima sa posture, mains postées à ses hanches. Le tambour martial roula ensuite, avertissant du début de la danse guerrière. 


Sur la pointe des pieds, l'écossaise tendit le pied vers la droite, jambe élégamment allongée, sautilla sur place, lança sa jambe gauche dans en miroir du précédent mouvement, puis leva la main et partit sur trois pas à droite. Gauche - droite - trois petits pas sur place, mains levées au-dessus des têtes ; les corps se rapprochaient du centre, leurs silhouettes dansant au-dessous des lames ; tourbillon maladroit et reprise de position. 

 

Le rythme s’accéléra, colorant de rouge ses pommettes, précipitant son souffle et portant le rire à ses lèvres. Ruairidh était excellent, survolant avec une grâce certaine les épées, tournoyant avec habileté, mais ce n’était pas lui qu’elle regardait avec émerveillement. L’éclat malicieux cherchait les billes céruléennes et, lorsqu’elle les trouva, la cadence fut perdue, tout autant que l’aristocrate qui tomba dans les bras du manumage dans une excuse à peine soufflée. 


On s’enfuit, Elias ? lui glissa-t-elle à l’oreille, ses bras abandonnés autour de son cou, son sourire près du sien. Ils ne devaient pas oublier la bouteille royale qui les attendait sur leur table. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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