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Londres Quartiers moldus Et c'est une bonne situation ça, thanatopracteur ? [En cours]

Funérarium de Sariel Fawkes le 30 juin 2122

Publié par Elias Baxter le 30/06/2022 à 22:29:21

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Nature du TW :

LA d'Azaël

 

 

Le périple, glorieux, s'est ancré à jamais dans le cœur et l'esprit du Baxter. Sans doute a t-il, au détour de quelques destinations insolemment historiques, consciencieusement contées par l'éloquente Co-pilote, rompu quelques parois dudit cœur, et dudit esprit. Il faut dire qu'à tremper l'orteil dans les racines de la noble famille Campbell, Elias en est venu à se questionner plus sérieusement que jamais sur ses propres origines. Le sujet l'aura effleuré de nombreuses fois par le passé, sans jamais réellement lui donner envie de s'y jeter tête la première. Pourtant depuis l'arrêt de l'épopée, les rouages n'ont de cesse de faire vriller les neurones, les sortant parfois jusque heurter les parois du Bobbus, l'estampiller de part et d'autres de plusieurs réflexions impossibles et insensées. Beaucoup de comment, une infinité de qui, une poignée de pourquoi. 

 

L'Elias ne se questionne jamais bien longtemps. Il préfère largement prendre action. Et avec tous les outils à disposition, l'homme fait quête. Une quête qui s'échenille d'abord entre les comptoirs glauques de boutiques habituellement largement esquivées, pour récupérer les raretés nécessaires. Une quête qui le mène ensuite aux devants de nombre de revendeurs louches qui pour deux fois le prix lui font finalement parvenir les chaînons manquants du puzzle. Une quête qui enfin le voit suer toute son âme dans la préparation la plus intrépide de toute sa maigre vie. Une préparation dont il sait tout, sans jamais s'être résolu à l'entamer. Une préparation grotesque, sensé mener la quête à son aboutissement. Sous les doigts minutieux du potionniste, le fil rouge, imbibé de son propre sang, vient égrener des vérités. Des vérités pleines, puissantes. Des vérités avec lesquelles il va devoir composer.

 

Évidemment, la quête, comme toute autre, s'inflige une embardée des plus franches en un vaste cul-de-sac. Certes, le fil rouge présente une identité. Une identité pour le moins codée. Biologiquement illisible. L'Elias doit trouver des chemins de traverse. Naturellement, c'est vers son ami Azaël qu'il se tourne. Le département de la justice magique a des ressources dont il ne dispose clairement pas. La possibilité par exemple de retrouver un nom qui s'accole parfaitement à une empreinte ADN. Du moins, quand le sort n'annonce pas bêtement deux matchs ADN. Mais un gamin de seize ans ne pouvant clairement pas être le géniteur d'Elias Baxter, le dysfonctionnement est rapidement oublié : bientôt, c'est un nom qui s'étire furieusement entre les neurones, au centre de toutes les interrogations. Sariel Fawkes. Il est étonné bien sûr, qu'Azaël sache très exactement où trouver le gaillard, sans même avoir besoin de mener la moindre enquête. Mais puisque dès le départ il se défend l'envie de dévoiler précisément les raisons pour lesquelles il veut rencontrer cet homme, il se restreint à ne poser aucune question.

 

Ou peut-être a t-il déjà des craintes.

 

C'est au matin d'un tristement pluvieux trente juin que le Baxter pénètre l'arrière cour infiniment obscure d'un funérarium, gare son flamboyant Bobbus à revers des parois humide, en sort le cœur battant et le visage incertain. Sa chemise est bariolée, son pantalon large et pendant. La paire de baskets usées mord le bitume, fait valser les flaques d'un sens et d'un autre, et sans hésitation aucune il entre. Il ne prend en compte ni le décor lugubre, ni l'atmosphère glacée. Il se dirige simplement vers le comptoir, le pas sûr et la démarche légèrement chaloupée. Helloooow. Y a quelqu'un ? La voix ricoche contre chacun des murs, lui revient en pleine gueule. Il l'esquive. J'viens rencontrer Sariel Fawkes. J'ai pris rendez-vous la semaine dernière. Pour l'apprentissage. Un prétendu changement de perspective, ou volte-face professionnelle. Quoi de mieux pour découvrir ses racines que de creuser franchement au pied du tronc.


 

 

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Publié par Sariel Fawkes le 05/07/2022 à 16:47:43

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Nature du TW : Macchabée, vulgarité

L’avantage d’être thanatopracteur, c’était bien qu’on ne parlait à personne. Les morts, en général, avaient dit tout ce qu’il leur restait à dire ; et s’ils ne l’avaient par mégarde pas fait, c’était de toute façon trop tard. Ils n’avaient plus personne à déranger.

 

Sariel n’avait pas choisi ce métier pour cette simple raison, même si celle-ci ne lui paraissait pas si futile que cela. Il aurait très bien pu être Médicomage, mais il fallait l’admettre : il n’aimait pas vraiment les vivants. Déjà, parce qu’il fallait converser avec eux, s’enquérir de leurs petits bobos et faire semblant de s’y intéresser. Ensuite, parce que bien souvent, leurs problèmes n’en étaient pas vraiment. Il n’avait pas la patience de jouer à ce petit jeu avec eux ; parce que même pourvus de toute leur bonne foi, les malades pouvaient être terriblement casse-couilles. Et la vie était trop courte pour se satisfaire de traiter avec des orchidoclastes. C’était une leçon de vie qu’il avait très bien retenue.

 

Bien sûr, il avait préféré travailler avec les macchabées pour d’autres raisons que son horreur des vivants. Déjà, point très important, parce qu’il n’avait pas peur des morts. Sariel avait certes très peur de la Mort en elle-même, celle avec un M majuscule, Sa propre Mort, bref, mais les cadavres en eux-mêmes ne le rebutaient pas. Il trouvait une certaine beauté à cette absence d’artifices qu’arborait le trépas. Outre les morts violentes qui n’épargnaient pas vraiment l’anatomie et le faciès de certains sujets, la plupart des dépouilles qui s’accommodaient de sa table mortuaire étaient étrangement reposées. Elles avaient l’air bien, juste bien. Apaisées, soulagées. Certes les peaux étaient bien plus grises, parfois verdâtres, le rose naturel des joues ayant peu à peu disparu, mais ça n’avait pas l’air de les déranger, eux, les défunts. Ils n’en avaient rien à foutre d’être moches ou un peu décrépis ; ou encore de puer. Non. Ils avaient l’air bien, plus détendus, plus eux-mêmes. Et Sariel lui, qui n’en gagnait pas plus de désamour pour les artifices censés tromper le trépas, Sariel, il trouvait ça Beau. Mais encore une fois, le Beau avec une majuscule. Le Beau dans toute ses notions, contradictions, émotions volatiles.

 

Ce matin-là, pourtant, le thanatopracteur n’était pas à l’apogée de sa forme olympique. Ces dernières semaines n’avaient pas été très glorieuses, et Sariel se rendait de plus en plus compte de sa solitude peut-être pas si hasardeuse que cela. La demande de divorce de sa femme avait trouvé une place de choix dans son bureau, dissimulée bêtement par son sous-main, et, dans une naïve surprise, il avait récolté ce matin-là, gentiment dépose par un hibou du Ministère, le dossier complet de la procédure qui en découlait. Une deuxième missive l’accompagnait, elle aussi directement expédiée du Ministère, plus particulièrement du Département de la Justice Magique. Il ne l’avait pas ouverte jusqu’ici, préférant ignorer les procédures. Comme si celles-ci pouvaient disparaître d’inattention.

 

Il avait passé les premières minutes de sa matinée à travailler sur le corps d’une jeune femme décédée des suites d’une potion ayant mal tourné. Vraisemblablement, elle avait confondu de l’achillée sternutatoire avec de la grande ciguë. Erreur d’autant plus regrettable que les deux plantes ne ressemblaient pas tant que ça. Bref, dans tous les cas, l’empoisonnement avait été fulgurant, la couleur légèrement bleutée de la peau et des lèvres traduisant une asphyxie résultant d’une paralysie respiratoire. Les reins, eux aussi, avaient cessé de faire leur boulot au moment t. Bref, rien à soutirer de celle-ci. Sa mort était bête et ne laissait pas grand-chose d’intéressant derrière elle.

 

Après avoir terminé les premiers soins et injecté une solution de méthanal et d’autres composants dont le nom ne pourrait être qu’équivoque aux dilettantes, Sariel ôta sèchement ses gants et se dirigea vers le mur tapissé de petits tiroirs réguliers. Il sélectionna le numéro 23, en attrapa fermement la poignée et s’interrompit brusquement lorsqu’à ses oreilles résonna le bruit doucereux de la clochette de l’entrée.

- Mais quelle…

Le mot bite ne lui effleura pas la bouche. Il avait encore oublié de fermer boutique pour la matinée, comme communément admis par son règlement intérieur. Il n’eut pas le temps de se demander pourquoi son cerveau ne pouvait enregistrer pareille information capitale qu’une voix dérangea le calme ambiant et pudique des lieux. Le simple Helloooow imprégné d’extraversion lui hérissa la cotonnade. Il ne reconnaissait évidemment pas l’intrus mais savait déjà que ça le faisait, et ferait chier.

 

Par réflexe, il remonta son masque chirurgical sur son nez, fouina mécaniquement dans la poche de son tablier de laborantin pour n’y rien trouver et finalement, se dirigea vers la porte de service menant au sas d’entrée.

Scène délirante pour l’œil qui les jugeait tous et voyait tout, la porte s’entrouvrit lentement sur le faciès masqué d’un Sariel totalement décomposé, dont les deux fentes sombres d’inquiétude jaugeaient l’espace. Il repéra vite, en inclinant la tête, l’envahisseur qui était simplement accoudé au comptoir, hésita un instant dans un geste théâtral d’embarras ; puis finalement avança en prenant soin d’accompagner la porte qui se fermait de toute manière toute seule.

- Euhm…

Il avait gardé son masque, ce qui transforma son grommellement en quelque chose de plus animal.

- C’est pour quoi ?

Il avait la flemme d’expliquer que c’était fermé. De toute façon, l’autre était entré. Et ses choix vestimentaires ne rassuraient guère l’embaumeur qui paraissait presque trop aseptisé pour être honnête. M'enfin, il n'avait pas à juger. Pour quoi passait-il à ce moment-là ? Et même, en règle générale, à chaque instant de son existence ?

- Je vous ai bien entendu, comme vous pouvez le voir, mais je n’ai pas compris un traître mot de ce que vous avez dit, ajouta-t-il d'une voix plus claire en descendant délicatement son masque.


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Lïnwe

 


Publié par Elias Baxter le 09/07/2022 à 17:48:42

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Nature du TW :

Le Baxter s'attendait à rien. À rien, ou à tout. Y a bien mille-et-une versions d'paternel qui lui avaient traversé l'esprit, toutes plus incongrues les unes que les autres. Il les avait juste toutes balayées d'un seul revers de main. Son imagination ne pourrait simplement jamais contourer la silhouette d'un Sariel Fawkes qu'il n'avait jamais ni vu, ni entendu. Celui présent devant lui ne peut que corroborer. Le concept, fantomatique, s'est brutalement ancré dans la réalité : il s'étire d'un bon mètre quatre-vingt de rigidité, se pare d'une blouse chirurgical, et possède la voix cinglante d'un homme qui n'aime pas être dérangé. Pour autant, Elias ne se laisse pas démonter.

 

Alors que les pupilles se mettent en quête involontaire de points communs sur le visage à peine découvert, la reprise de succinctes explications. Je disais, j'suis votre rendez-vous, pour l'apprentissage. Une main se tend brusquement vers l'avant. Elias Baxter. Z'êtes bien Sariel Fawkes hein ? Pas que y ait franchement le moindre doute, maintenant qu'il l'a devant lui. J'vous dérangerais pas : j'serais une ombre. J'vous suis discrètement et j'vous regarde quoi. La langue chevauche un silence qui semble s'étirer disgracieusement entre les deux hommes. Il a bien noté l'absence totale de réaction. Ne semble pas vraiment s'en formaliser. En fait, son attention est déjà portée sur la porte entrouverte. On s'tait mis d'accord pour qu'je glisse un œil aujourd'hui, vu qu'vous êtes fermé. Vous travaillez sur quoi ?

 

L'intérêt n'est pourtant pas sur l'entrebâillement de la porte, mais bien sur le strict faciès du paternel. Le verdict ne permet aucun doute. Le fait est là. Implacable. Invariable. Au même titre que l'existence du Baxter. Involontairement extirpée des cxuilles du thanatopracteur. Que faire de cette information, maintenant qu'elle s'offre à lui ? Le ventre est mordillé de curiosité, les neurones exacerbés par la présence tangible de ce qui lui pose question depuis tant d'années. Est-ce important ? Non, ça ne l'a jamais été. Pourtant, il ne s'est jamais senti aussi emporté par ses propres émotions qu'en cet instant précis. La posture demeure nonchalante, ignore le rythme empressé du cœur, l'étrange vertige marbré de timidité. Elias redresse les manches de la chemise bariolée, vient pincer ses deux hanches de ses mains un brin trop enthousiasmées.

 

Il est déjà prêt à œuvrer. Ou plutôt, à observer le maître à l'œuvre. Darder sur chacun de ses gestes un œil observateur et mesuré. Comparer chaque intonation de voix, chaque exclamation, chaque ridule sur le front. Mxrde. Les deux pieds dedans, Elias réalise qu'il pourrait bien s'y noyer. L'image de Pokrovski vient se superposer à la silhouette du thanatopracteur. La manière de se tenir a quelque chose de similaire. La distance est imposée dans la droiture presque glaciale, l'absence d'invitation dans le regard, les mots, les mains. Peut-être a t-il quelque chose de celui qui aura pris sa place toute son enfance.


 

 

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Publié par Sariel Fawkes le 20/07/2022 à 10:52:23

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Nature du TW :

Sariel ne semblait pas comprendre un traitre mot de ce qui lui assénait le bonhomme qui lui faisait face. En réalité, il n’était même pas sûr de vraiment l’écouter. Il était bien trop occupé, les premières secondes de leur échange plutôt monocorde, à détailler le faciès du type ; jeune homme qu’il semblait malgré lui reconnaître sans vraiment saisir pourquoi. Lui rappelait-il quelqu’un ? Assurément. Mais qui… Voilà la question à laquelle il ne pouvait se résoudre à trouver une réponse précise.

 

Il avait tendu une main hésitante au dit Elias, la serrant sans grande conviction, et n’osa pas le couper par la suite. En fait, son débit de parole était tellement élevé que Sariel ne trouvait ni la force, ni le courage d’oser compromettre ses convictions.

 

- Un… apprentissage ? s’enquit-il après un délai de latence évoquant autant d’étonnement que d’incompréhension.

 

Il fouina machinalement dans la poche de sa blouse chirurgicale, comme si une bonne dose de témérité y était cachée. En réalité, il n’y trouva que plus d’hésitation. Le boug le perturbait ; sa présence ici le dérangeait profondément. Parce qu’il avait l’impression de le connaître sans parvenir à mettre un nom sur sa belle gueule. Ses yeux bleus malicieux semblaient vouloir lire en lui, alors que les mirettes mordorées du quadra cherchaient par-dessus tout à évincer une quelconque analyse psychologique fortuite. Il avait déjà rencontré ces yeux perçants quelque part ; le schéma hypnotisant de cheveux d’un noir éclatant adouci par des yeux d’azur… Il ne s’y était plongé que lors d’une seule occasion dans sa vie, multiplié par des centaines de rencontres secrètes. Il était le portrait craché d’une fabuleuse anomalie dans sa vie. Qu’il n’avait pas revu poindre depuis des années.

 

- Excusez-moi mais… si nous mettons de côté cette question d’apprentissage qui est, à regret, un peu hypocrite, tout à fait impossible, j’ai l’impression de vous connaître. Ou de vous reconnaître. Il se mordit la langue, scrutant avec profondeur son visiteur comme sorti d’un autre temps. Nous connaissons-nous ? Ou alors vos parents ? Je ne sais pas.

 

Il se frotta le front, comme plongé dans une profonde réflexion presque timide et navrée. Ferma les yeux sur des sourcils haussés de ce qui semblait être de l’amusement.

 

- Je suis navré, je réponds à vos questions par plus de questions… Il ne me semble pas avoir déjà répondu à une quelconque demande d’apprentissage. Je pense que vous vous êtes trompé d’endroit. Je suis bien Sariel Fawkes mais je ne suis au courant de rien. Alors à moins d’avoir un quelconque homonyme, ce qui serait assez décevant pour ma petite personne… On vous a joué un tour. Dont je ne suis pas garant.


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Lïnwe

 


Publié par Elias Baxter le 17/08/2022 à 18:35:47

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Nature du TW :

Les prunelles intransigeantes le jaugent de pied en tête, et le Baxter se mordrait presque la lèvre de se comprendre déjà à découvert, ou presque. Elias hésite. Une hésitation historique. Enfoncer le piètre mensonge au risque de paraitre pour un débile mental, ou abréger l'absurde pour se lancer dans la réalité. J'ai la certitude d'être au bon endroit, en fait, finit-il par énoncer. Vous êtes précisément le Sariel Fawkes que je cherche. L'apprentissage n'en est peut-être pas un à proprement parlé, il poursuit comme sur le ton de la plaisanterie. Ou alors si, sauf que c'est vous qui allez apprendre quelque chose. Vous et moi en même temps je crois. La langue se marche dessus. Les mains se font moites. Il n'a plus vraiment le choix, et il n'est pas vraiment du genre à tourner autour du pot. Alors subitement, sans plus esquiver le regard perçant, il assène : vous êtes mon père, monsieur. L'annonce fait écho sur les parois, lourde et idiote à la fois.

 

Tout ça est presque ridicule.

 

Il se racle la gorge avant d'ajouter : les potions ne peuvent pas se tromper, alors il n'y a aucun doute possible. Le bougre n'aura pas l'occasion de démentir. Pas plus qu'il ne l'aura peut être fait ces vingt-huit dernières années. J'ai fait les tests qu'il fallait, et vous êtes la seule personne que j'ai trouvé. Si l'on omet le garçon dont le nom s'est aussi matérialisé, et qu'il essaie encore et toujours d'oublier. Je suppose que j'ai eu de la chance que vous ayez laissé votre empreinte auprès de la justice. Sa mère elle, n'était parue nulle part. La gêne laisse peu à peu place à la curiosité, et un nouveau coup d'œil est étiré vers la porte : j'suis pas venu vous demander des comptes. J'crois que j'avais besoin de savoir, c'est tout. J'voulais juste savoir. Savoir, oui mais quoi ? Qui est son père ? Pourquoi il s'est jamais occupé de lui ? Comment ses empreintes se sont retrouvées fichées au ministère ? S'il aime les potions autant qu'lui ? Pourquoi il est thanatopracteur ? Il sait pas.

 

Posté devant l'autre homme dans ses vêtements bariolés, Elias se r'voit chassant le passé avec Cora Campbell, et s'demander si lui aussi aurait pas des histoires à raconter. Il en a plein des histoires à raconter. Des histoires de sa vie à lui. Aucune de sa famille. Parce qu'il a jamais eu de famille. Que le Baxter Center, Pavlov et Pokrovski. Ça l'a jamais dérangé jusqu'à aujourd'hui. Qu'est-ce que ça change pourtant, d'mettre un visage sur celui qui l'a fiché dans l'ventre de sa mère avant qu'il soit déposé sur le parvis de l'orphelinat ? Rien. Ça change rien. Ou alors ça change tout. Il sait pas, il sait plus. Mais il sait qu'il est content d'être là, qu'il regrette pas d'être venu. Comme si qu'on venait d'lui donner un morceau de puzzle qu'il aurait jamais pensé trouver. Un bout d'lui qu'il savait pas vraiment qu'il existait.


 

 

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Publié par Sariel Fawkes le 19/09/2022 à 11:55:12

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Nature du TW : Vulgarité

Si on lui avait tout de suite parlé de situation cauchemardesque, il aurait ri. Il n'y aurait pas cru. Il aurait nié, fait semblant de comprendre la combine, puis nié à nouveau. Si on lui avait dit, il n'y aurait pas cru. Parce que ce genre de trucs, ça n'arrivait qu'aux autres. Pas à lui. Il avait toujours - du moins, il en était profondément persuadé - il avait toujours, insistons-nous, fait extrêmement attention. A tout. Parfois, les situations lui échappaient. Mais en général, non. En général, les trucs merdiques qui vous tombaient parfois sur le coin du nez sans crier gare, ou pour vous préparer un peu psychologiquement, ces événements indésirables ne traversaient même pas les frontières brumeuses de sa petite vie plutôt tranquille dans son caractère lugubre. 

Il fallait le dire, hein. Sariel n'avait jamais laissé évoluer sa spontanéité au point de commettre des erreurs subalternes à ses petites tares. Il n'avait jamais dit un mot de travers, trop habitué à ses petits silences en connivence avec lui-même ; il n'avait jamais fait quelque chose par pure impulsivité. Il n'était pas impulsif. Il calculait tout. De la date de sa mort présumée selon ses complexités anatomiques et physiologiques expérimentées à la moindre petite interaction dans ses routines bien ficelées. Il calculait sa vie. Du dosage microgrammé de sa sève écarlate, de sa lymphe, de sa bile noire. Il était l'atrabilaire par excellence.

 

Ce petit état de fait s'intégrant dans sa vie ; s'imposant même, il faillit tourner de l'œil intérieurement. Il ne voulait pas croire ce que l'autre disait. Il ne voulait pas croire qu'il avait engendré, dans l'inconnu, un pur inconnu. Aussi extravagant que les aléas de la vie pouvaient en créer, dans son caractère aléatoire, sans modération. Il était aussi indésirable qu'improbable. Une anomalie.

La nature en avait pourtant créé de toutes sortes. Ces petites déviations qui en contredisaient les lois. Sariel n'aimait pas vraiment ça, mais ça arrivait. Il avait dû s'accommoder à cette règle pour performer en Médicomagie, et en médecine tout court. De jeunes gens qui mouraient bien trop tôt, sans explications, à de vieux rabougris que même une vague de Peste ne parvenait pas à déraciner. A ces êtres naturellement déformés qui remplissaient les bocaux de nombreuses facultés des sciences du monde Moldu, entre autres, à d'autres laboratoires de biologistes affamés de curiosités monstrueuses. L'anomalie faisait, depuis toujours, partie intégrante de la nature même des choses. Qu'on s'en délecte ou qu'on s'en horrifie. Il fallait composer avec et ne pas chercher à comprendre. On en avait ni les moyens, ni vraiment besoin. On n'évitait pas l'inévitable.

 

Pour autant, cette aberration, celle qui se tenait juste en face de lui, elle, méritait qu'on s'y intéressât. Parce qu'il ne saisissait pas vraiment d'où elle avait bien pu sortir. Qui était l'œuf, qui était la poule ? A quel moment le monde avait pondu pareil phénomène, et pourquoi tous ces panneaux indicateurs avides de précision s'orientaient sur lui, Sariel Fawkes, comme géniteur ? L'air perplexe, le thanatopracteur recula un peu. Il savait, bien entendu, qu'en termes de communication non-verbale, son comportement était évocateur d'un rejet. Mais c'était sa façon à lui de témoigner de son embarras. 

Il ne pigeait rien. Il ne pigeait pas l'histoire des potions, à quel sujet elles ne pouvaient pas se tromper, il ne comprenait pas. Juste... pas. 

- Savoir quoi ? enchaîna-t-il, sans colère, mais sans y mettre de véritable pause. Puis s'arrêta.

Lui aussi, il avait besoin de quelque chose. D'une preuve tangible. D'un truc. L'autre avait eu sa soit disant potion, mais lui ? Rien. Il n'y avait eu que des mots. Et un phallus perdu dans l'univers, apparemment, pour justifier tout ça. 

...Kate.

Il présenta les choses comme elles lui venaient. Sous la forme d'un prénom. Mais demeura tout aussi interdit. Par Zarathoustra, on ne se ramenait pas chez les gens pour leur annoncer qu'ils étaient procréateurs comme ça ! Ca méritait un peu plus de préambules. De préparation. Le prénom lui était venu instinctivement mais ne voulait strictement rien dire, sans un peu de matière, de fondement précis. Non. 

 

Il n'avait aucune idée de ce que le vagin de Kate avait bien pondre après leur séparation, à l'aube de leur dernière année à Poudlard. Après ça, il avait rencontré sa femme - enfin, ex-femme en devenir, a priori. Et puis, tout ça était certainement erroné pour une quelconque raison. Il lui ressemblait, c'était tout, et c'était pour ça que son arrivée l'avait troublé. C'était Kate, en homme, et avec bien des années en moins désormais. En gros. Mais ça ne voulait rien dire, et encore moins qu'il était son père. 

Son interlocuteur avait totalement perdu Sariel, puisque celui-ci faisait maintenant les cent pas, aux abords de la réception de son petit commerce macabre. Il longeait la pièce, comme un chat pas très ravi, jetant parfois un regard vide vers l'emplacement de l'autre protagoniste. Cherchant, décortiquant le moindre petit élément dans son discours qu'il n'avait écouté qu'à moitié, à partir du moment où il avait saisi vous êtes mon père, monsieur.

- Bon, stop ! s'exclama-t-il en s'arrêtant et en regardant enfin réellement Elias. Je n'ai absolument rien compris à votre histoire.

En guise de transition maladroite, il se précipita vers les fenêtres et en tira sèchement les rideaux, avant de verrouiller la porte d'entrée. Il jeta un œil derrière lui, l'air vaguement désolé, puis se dirigea vers la porte de son bureau qu'il déverrouilla pour inviter l'autre à profiter d'un tant soit peu d'intimité, même s'il n'y avait jamais vraiment foule dans son funérarium. Les morts n'étaient pas là par courtoisie, en tout cas. 

- Vous allez tout recommencer depuis le début, sans émotion liée au stress ou au bouillonnement de joie de rencontrer enfin votre présumé père... Bref, installez-vous, allez-y, et expliquez-moi, déclara-t-il un peu plus calmement après avoir lui-même posé son séant dans sa chaise de bureau grinçante. 


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Lïnwe

 


Publié par Elias Baxter le 23/09/2022 à 19:40:34

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Nature du TW :

Il s'attendait qu'ça prenne pas. Qu'ça fasse tout exactement ça. Une mine fermée, grossièrement taillée, qui s'demande bien pourquoi qu'on la fout là dans c'foutu taille-crayon, à la manœuvrer d'un seul sens dans la direction d'une lame beaucoup trop affutée. Elias est balancé d'un pied sur l'autre, un tantinet peu sûr et maladroit, mais quand même il reste campé là. L'œil vissé sur les contours de la silhouette adjacente. Puis. Kate. Et ça rentre par une oreille et reste bien campé là sans ressortir par l'autre. Pourquoi que c'est l'premier nom qui lui vient ?  Elias demande rien, suit l'bonhomme jusque dans son bureau sagement même, pour s'assoir là dans l'siège disponible et faire face au bonhomme, les jambes écartées et les bras juste posés sur les accoudoirs.

 

- J'suis pas stressé, il commence par dire. Juste curieux j'crois. Pas tous les jours que j'fais ça si vous voyez c'que j'veux dire. La vanne tombe à l'eau. Fin bref. J'vous ai dit. J'm'appelle Elias. Elias Baxter. Et j'suis potionniste. Et j'ai fabriqué une potion qui m'a permis d'retracer mon patrimoine génétique. Pour tomber sur vous. Sariel Fawkes. Plus clair comme ça ? Ptet bien il a un ton moqueur, parce qu'il vient littéralement d'répéter ce qu'il a dit précédemment. Mais franchement il voudrait qu'il saurait pas l'expliquer autrement.

 

Les doigts commencent à batailler avec le bout d'un accoudoir à gauche et à droite, et il avance les lèvres dans une moue un peu bête avant d'les rapatrier vers l'arrière. Vraiment il sait pas quoi ajouter, en fait. L'type avait probablement pas besoin de ça. Lui non plus, en vrai. Juste il voulait savoir. Il sait maintenant. Il voudrait bien apprendre à connaitre l'homme, même s'il saisit pas vraiment pourquoi. Pis voilà. Au-delà de ça rien. Pas d'but fantastique à développer, juste ça. Savoir d'où il vient. Kate. L'nom résonne encore sous le crâne baxtérien. Alors il demande :

 

- C'est qui Kate ? Nan parce que de base moi j'ai été placé j'étais un bébé alors j'sais vraiment ni c'est qui mon père ni c'est qui ma mère. Fin maintenant j'sais qu'mon père c'est vous. C'est bizarre autant pour moi qu'pour vous j'suppose.

 

Autant qu'de tutoyer son père probablement. Mais il le voit vraiment pas comme un père, là tout de suite. Juste comme un bonhomme avec lequel il partage un patrimoire génétique, et c'est. D'abord c'est quoi un père ? Probablement rien du tout. On en fait tout un foin, mais il a bien grandit sans et ça l'a pas dérangé plus que ça. D'un coup d'un seul il s'redresse du siège pour arpenter l'bureau et triturer tout c'qui traine. Pour s'occuper les mains autant qu'la tête. Pas avoir à dévisager l'homme en face de lui pour trouver des similitudes qu'il est pas bien sûr de vouloir trouver d'abord

 

- J'suis pas forcément joyeux hein, qu'on soit clair. J'suis intrigué quoi. Z'êtes pas intrigué vous ? J'veux dire, vous saviez qu'vous aviez un fils ?

 

La question est banale, jetée là dans la pièce comme de rien. La vérité c'est qu'Elias est un peu agrippé dans sa tête, à attendre la réponse. Est-ce qu'il savait qu'il avait un fils ? Est-ce qu'il l'a juste laissé là comme ça parce qu'il en voulait pas ? Parce qu'il l'a regardé un fois pis qu'il s'est dit nah vraiment pas mon truc, ça dégage. Ou est-ce qu'il savait pas ? Mais il a dit Kate. Alors il sait bien quelque chose au moins. Alors quoi ?


 

 

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