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Les Continents Europe Vol de Nuit (en cours)

Europe le 16 juillet 2122

Publié par Lev M. Lyovitch le 03/08/2022 à 10:52:39

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Nature du TW :

Ft. Arsène Jones

16 juillet 2122

 

 

 

 

 

 

 

BOM ! BOM ! BOM !

 

 

 

 

 

Sur un balcon, une silhouette sombre se découpait dans la nuit, béret enfoncé sur le crâne. Le grand manteau sombre jeta quelques regards aux alentours. Mais il faisait une nuit noire, épaisse comme de l’encre, et personne ne l’avait vu arriver sur son balai. La lune était masquée par d’épais nuages que l’été anglais balaierait probablement sur le matin. Au loin, le son des dernières fêtes qui s’éteignaient parvenait jusqu’au premier étage – des vapeurs portant quelque complainte joyeuse, le bruit d’un verre qui se brisait. L’aboiement d’un chien.

Le visage au béret s’inclina, avisa sur le balcon les quelques cadavres de bières et de joints qui traînaient là, à côté de deux transats dont le soleil avait usé les couleurs. Il secoua la tête, puis la main gantée s’abattit de nouveau sur le carreau, sans discrétion.

 

BOM ! BOM ! BOM !

 

Il n’avait pas pris la peine de commencer par toquer doucement : à l’heure qu’il était, le gamin qu’il venait chercher était soit défoncé, soit ivre, soit endormi. Possiblement les trois à la fois. [i]Petit con[/i].

 

Au bout d’un moment, une lampe s’alluma, éclairant une chambre désordonnée, et une silhouette s’approcha de la vitre. Il y eut un cliquetis et la fenêtre s’entrouvrit, dévoilant un visage qui visiblement avait du mal à remettre de l’ordre dans ses idées. Alors, à la lumière jaune de la chambrée fut enfin visible le visage du professeur Lyovitch. Sous son béret, il arborait le même masque froid que d’ordinaire, son visage lisse et anguleux toisant l’adolescent à peine éveillé comme s’il s’était agi d’une proie acculée. Au coin de son regard bleu, cependant, une trace noire, comme une veine emplie d’encre, s’était formée au-dessus de sa tempe droite. Les joues du professeur se creusèrent comme le bout d’une cigarette rougeoyait déjà au bout de ses lèvres. Il recracha un nuage de fumée claire avant d’écarter les mains avec un sourire.

 

-           Vous ne me souhaitez pas la bienvenue à Brighton, Jones ?

 

Il était bien trop réveillé en comparaison de l’adolescent, il s’en doutait bien. Il devait être environ quatre heures du matin, et Lyovitch ne prenait pas la peine de parler à voix basse pour ne pas réveiller les autres occupants de l’appartement. Le professeur agita les deux doigts qui pinçaient sa cigarette en direction d’Arsène.

 

-        Je ne vous félicite pas, vous êtes aussi bien caché qu’un billywig dans le désert australien, marmonna-t-il, à demi-sérieux, à demi-goguenard en constatant que l’adolescent avait du mal à émerger.

 

Le professeur laissa un instant courir son regard sur la chambre désordonnée : des vêtements traînaient ça et là, froissés. Il ne vit pas le balai qu’il avait offert à Jones. Il fallait espérer que le gamin ne l’eût pas laissé à Poudlard. Non, tout de même, il n’était pas si idiot. Il devait être quelque part. Lyovitch haussa les épaules, enfourcha son propre balai en le tenant d’une main – il fumait toujours de l’autre.

 

-           Bouclez votre sac, annonça-t-il abruptement. On s’envole dans dix minutes. Je vous attends sur le toit.

 

Et en frappant d’un coup sec contre le sol du balcon, le grand manteau s’envola aussitôt. Il ne resta derrière lui qu’une odeur de tabac qui flottait, se dissipait déjà dans la nuit.  


 

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Publié par Arsène Jones le 03/08/2022 à 18:58:27

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Nature du TW : Vulgarité, drogues, propos homophobes

Enfoiré de Lyovitch. A croire que ça l'aurait tué de te laisser plus d'une semaine de vacances. T'as à peine commencé à prendre tes marques à Brighton que tu dois déjà te tirer. Franchement ça devrait être interdit de ne pas foutre la paix à un ado en vacances. Surtout lorsque lesdites vacances se font majoritairement à travailler. Ou presque. Oui, bon on peut pas dire que tu te sois tué à la tâche dans la boutique de l'oncle de Hawkins, mais quand même, t'as fait en sorte de gagner ton salaire. Pour le dépenser dans quelques addictions, évidemment. Tu regardes Lyovitch s'envoler, en ne lui ayant rien répondu d'autre que quelques grognements incompréhensibles desquels devaient tout de même ressortir quelques grossièretés.

 

T'es couché depuis à peine une heure, t'es claqué, et complètement défoncé. Et lui veut que tu sois prêt au départ, comme ça, sans même te prévenir avant. Quel con. Ta baguette s'agite pour ranger tes affaires éparpillées un peu partout et faire en sorte qu'elles entrent dans ton sac à dos et ta valise, le tout relativement pêle-mêle. Jusqu'à te rendre compte que t'es juste en calbute et que tu vas devoir te dégoter des fringues. Tes mains se portent sur un short de plage coloré et un t-shirt vaguement déformé que tu enfiles maladroitement avant de partir à la recherche des tes Converses. Une fois à peu près habillé, tu passes dans la salle de bain pour te passer la tronche sous l'eau en espérant te réveiller un peu mieux, en vain. Avec un soupir résigné, tu finis par simplement choper un stylo pour laisser un mot sur un post-it à l'intention de Hawkins que tu laisses sur l'oreiller de ton lit défait. 

 

Le balai est enfin dégoté de sous le lit, et tu finis par rejoindre Lyovitch sur le toit... En passant par l'ascenseur intérieur. T'es franchement pas en état de voler. A peine arrivé sur le toit, tu te délestes de ton sac et de ta valise sans précaution pour te laisser tomber sur une des chaises longues qui jonchent l'endroit. Tu fermes les yeux quelques secondes avant de les rouvrir sur un ciel qui manque décidément d'étoiles. 

 

- Z'auriez pu prév'nir.

 

T'as la bouche pâteuse, la voix un peu enroué d'avoir trop fumé. 

 

- J'suis complètement raide. C'mieux si on r'met ça à plus tard. Genre l'mois prochain. Ouais, c'bien l'mois prochain.

 

T'as vraiment pris goût à cette vie, à squatter la plage, même à te balader avec une planche de surf alors que t'es à peine foutu de tenir debout dessus. Les vacances avec un pote c'est cool. Même s'il a des sales pédés dans ses fréquentations.


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Publié par Lev M. Lyovitch le 04/08/2022 à 11:13:28

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Nature du TW :

Sur le toit, l’air était un peu plus frais, le vent légèrement plus intense. Lyovitch avait fermé les yeux, un pied posé au bord d’un parapet pour mieux sentir la proximité du vide, de l’air marin, de la nuit sans lune et sans étoiles. A ses côtés, une grosse valise dotée de petites pattes griffues et d’ailes noires et luisantes comme un cuir poli ne cessait de trépigner. La valise sursauta à l’arrivée de Jones. Lyovitch, lui, ne prit pas la peine de se retourner.

 

-           Un chasseur doit être toujours prêt, Jones, asséna-t-il avec son habituel air supérieur.

 

Les vacances étaient bel et bien terminées, et les leçons reprenaient. Le professeur avait bien conscience de l’ennui désagréable, palpable, que cela devait produire chez l’adolescent – c’était bien pour cela qu’il y prenait plaisir, d’ailleurs. Les lèvres de Lyovitch s’étaient étirées en un sourire moqueur quand il cendra d’une petite tape sur sa cigarette, la fumée se dissipant autour de sa silhouette obscure. Il rouvrit les yeux subitement, haussa les sourcils.

 

-        Un mois ?! Grmblh, ridicule. D’ici un mois, j’aurais eu le temps de me trouver un autre apprenti chasseur. Plutôt deux qu’un seul, même.

 

Il secoua la tête. Jones n’avait visiblement toujours pas compris quel genre d’investissement il représentait. Lyovitch inspira une dernière fois sur sa cigarette avant de la jeter par-dessus le parapet d’une pichenette nonchalante. Lorsqu’il se retourna, toutefois, ses yeux se posèrent sur l’adolescent et son masque impassible se fendilla sous la surprise.

Il enfonça ses mains dans ses poches, lèvres entrouvertes, hébété, tandis qu’il scruta le gamin de la tête aux pieds, puis des pieds à la tête. Malgré l'obscurité de la nuit, on devinait chez Jones les couleurs de son accoutrement - chez Lyovitch, la pâleur de son visage et du col blanc qui dépassait de son manteau. 

 

-       On va en Si-bé-rie Jones. En pleine nuit. Vous avez conscience qu’un short ne risque pas de vous suffire, mmh ? Changez-moi ça pour quelque chose de plus chaud. Et de plus élégant, aussi. Faites un effort, sinon je m’occupe moi-même de vos fringues en les métamorphosant, c’est compris ?

 

Il secoua la tête. Au moins, Jones avait amené son balai.

 

Lyovitch se retourna pour mieux laisser l’adolescent changer ses vêtements, si toutefois il en avait l’intention. Un soupir souleva sa poitrine.

 

-           Et ça veut chasser, grommela-t-il à voix basse.


 

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Publié par Arsène Jones le 04/08/2022 à 18:30:52

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Nature du TW : Drogue, vulgarité

Tu t'agites sur ton transat en l'entendant te répondre qu'un chasseur doit toujours être prêt. Y'a même ta tête qui s'agite au rythme d'un "gnagnagna" mimé à la perfection, quoique totalement silencieux. Il est là depuis à peine deux minutes que ça te gonfle déjà. Mais tu te redresses vivement en l'entendant parler de trouver d'autres apprentis chasseurs. Si tu suis à ce point Lyovitch, c'est bien parce qu'il te donne de l'importance. Qu'il te donne l'impression d'exister pour de vrai, de pouvoir faire quelque chose. D'être bon à quelque chose. Et là, il fait comme si de rien n'était. Y'a comme une couleur rouge qui te passe dans les cheveux, quoiqu'avec la noirceur de la nuit elle doit être difficile à percevoir. 

 

Quand il se tourne vers toi, tu lui adresses un sourire insolent, bien conscient que ta tenue ne doit pas lui convenir des masses. Bien fait pour sa gueule tiens. Mais tu perds bien vite cet air impertinent quand il te rappelle votre destination. Tu pousses un profond soupir.

 

- M'faites chier.

 

Parce que c'est la pure vérité. Le mec vient te chercher en pleine nuit pour t'emmener dans un endroit gelé alors que t'as la possibilité de passer de vraies vacances d'été. Et en plus il veut que tu sois élégant. Tu finis tout de même par te penche sur ton sac pour en sortir ta veste que tu enfiles aussitôt au-dessus de ton t-shirt avant de farfouiller à la recherche d'un pantalon. Le premier qui te tombe sous la main est un de tes vieux jeans. Alors tu te débarrasses de ton short pour le remplacer par ledit pantalon. Sûrement que c'est pas la notion que Lyovitch a de l'élégance, mais il devra s'en contenter.

 

-  J'ai rien d'plus chaud, saoulez pas.

 

T'avais une seule et unique cape d'hiver, et elle a été complètement déglinguée à cause d'un débile de Poufsouffle qui est venu te faire chier à la fin du mois de mars alors que t'avais passé la nuit dehors emmitouflé dedans. De toute façon, Lyovitch est censé subvenir à tes besoins, il aura qu'à raquer pour te filer un manteau. Et il aura plutôt intérêt à être plus stylé que le sien parce qu'il y a pas moyen que t'enfiles une horreur pareille.

 

- Et j'vous préviens vous métamorphosez que dalle de ma veste sinon j'vous déglingue.

 

Ouais, voilà, c'est bien ça, faut prévenir qu'il peut pas juste faire ce qu'il veut tout le temps. Tu récupères un pétard froissé de ta poche pour l'allumer avec nonchalance. 

 

- Pis sérieux, on va pas y aller en balai, c'est super loin. Connaissez pas l'avion ?

 

T'as vraiment la flemme.


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Publié par Lev M. Lyovitch le 10/08/2022 à 13:17:57

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Nature du TW :

Lyovitch haussa les sourcils, fit mine de protester, mais finalement sa bouche se referma en une moue résignée. Il croisa les bras avec un soupir, les yeux toisant Jones dans son nouvel accoutrement.

 

-       Bon, ça ira pour une tenue de voyage, admit-il finalement à voix basse. Mais pour le dîner, vous aurez intérêt à faire mieux que ça. Je n’ai pas investi dans des chemises d’un tailleur russe de renom pour vous voir à ma table en jean et capuche. Mmh ?

 

Le grognement interrogatif se passerait de réponse. Lyovitch tira sa baguette de sa poche et l’agita en direction de la valise. Celle-ci étira alors ses longues pattes fines, comme celles d’une araignée, mais la pointe s’enroula dans les branches du balai du professeur. Lorsqu’il le souleva, la valise s’agglutina follement, comme si elle avait eu peur d’être laissée sur le carreau. Lyovitch enfourcha le balai sans s’en émouvoir. Il fit un dernier signe de la tête à Jones, pour lui indiquer de la suivre, avant de s’envoler.

 

 

 

 

 

 

-           Le problème des avions Jones ! …

 

La voix de Lyovitch portait dans le vent, tandis qu’il jetait les mots par-dessus son épaule. Les nuages étaient pesants et couvraient leur vol d’une épaisseur humide et invisible. L’air était frais et les pans du manteau de Lyovitch claquaient parfois lorsqu’ils fendaient les rafales agitées du ciel d’altitude. En-dessous de son balai tanguait la valise, ses griffes resserrées étroitement au crin du balai comme un insecte arrimé de toutes ses forces.

 

-       … c’est qu’ils vous forcent à passer formellement les frontières ! Les chasseurs n’aiment pas les frontières Jones ! … A moins que ce ne soit les Lyovitch qui n’aiment pas les frontières… ajouta-t-il à voix moins audible, tandis que ses yeux fouillèrent en direction du sol, à peine visible.

 

Le balai du russe plongea en piqué pour se stabiliser un peu plus bas. Ils prenaient de temps à autre le risque d’être vus, afin de corriger leur trajectoire. En contrebas, les lumières des villes et des routes semblaient dessiner de drôles d’araignées et de toiles jaunes et blanches sur la masse sombre de l’Angleterre. Les lueurs de l’activité humaine laissaient ainsi aisément voir la cartographie précise qui se déroulait sous leur balai. Lyovitch ne s’était pas embarrassé de ménager Jones sur ce point : il volait à très grande vitesse, le maximum que leurs engins pouvaient donner, partant du principe qu’à son âge, un gamin comme l’Oiseau-Tonnerre devait savoir suffisamment bien voler pour le suivre. Et si ce n’était pas le cas… Hé bien ce serait en tentant de suivre que Jones apprendrait.

 

Après une bonne heure de vol, tandis que leurs phalanges commençaient à être froides et douloureuses - bien que celles de Lyovitch étaient protégées par ses habituels gants sombres – ils purent enfin distinguer la fin des émanations lumineuses des villes. Le long d’un tracé irrégulier, l’étendue sombre de la mer du Nord les accueillait. Lyovitch plongea vers Margate.

 

Les silhouettes des balais volants passèrent au-dessus de l’agglomération comme des ombres filantes, invisibles. Ils longèrent une plage, avant de prendre la direction des quais. Des navires industriels s’alignaient comme des fantômes de métal, et Lyovitch les contourna par la mer avant de foncer droit vers une dernière jetée qui s’avançait dans la mer.

 

Au bout de la jetée plongée dans l’obscurité se dressait un phare massif et droit. Lyovitch atterrit en douceur à son pied, aussi silencieux que s’il s’était attendu à voir surgir des ennemis dissimulés derrière les rochers du phare. Mais l’endroit paraissait totalement désert. La mer s’écrasait en vagues régulières, comme si elle voulait traduire une passivité menaçante. L’eau ne dormait pas et était la seule à s’exprimer à leurs oreilles, jusqu’à ce que…

 

-           Krôa !

 

Le timbre familier d’un corbeau se fit entendre avant que ne surgît la petite créature sombre d’entre les rochers.

 

-           Krôa ! répéta Yasha en fondant sur Lyovitch.

 

L’oiseau noir tournoya à vive allure autour de son maître qui acquiesça pour l’accueillir. Yasha alla faire un tour autour d’Arsène avant de revenir vers Lyovitch et se poser sur son épaule. Le russe prit le temps de trouver une petite friandise pour le corbeau à l’intérieur de son manteau.

 

-           Akh, Yash’. Ya tozhe rada tebya videtʹ, souffla le russe. No speshi, vedi nas. (Ah, Yash’. Moi aussi je suis content de te voir. Mais fais vite, conduis-nous.)

 

Le volatile arracha la friandise du bout des doigts gantés de Lev, prit le temps d’ingérer son dû en secouant sa tête agile. Il darda ensuite un dernier œil rond et d’un jaune intense sur Jones, avant de s’envoler de nouveau dans un bruissement d’ailes. Lyovitch se hâta de le suivre d’un pas alerte, son balai en main, la valise trottinant derrière lui faisant cliqueter ses pattes d’insecte.

 

Ils durent gravir quelques rochers pour rejoindre Yasha qui s’était posé à la pointe d’un énorme caillou blanc, en contre-bas, près de l’eau. Lyovitch avait veillé à ce que Jones suivît de simples coups d’œil en arrière. Puis, après avoir vérifié une énième fois qu’ils étaient bien seuls, il sortit sa baguette magique et s’accroupit pour l’agiter au-dessus de l’eau. Des étincelles rouges jaillirent et se dispersèrent entre les vagues.

 

Pendant quelques longues minutes, il ne se passa rien. Si bien que Lyovitch échangea avec Jones un regard qui semblait dire – pas de commentaire, merci. Le professeur réitéra les étincelles par deux fois.

 

Et puis enfin, les vagues semblèrent être moins régulières. L’eau parut se mouvoir anormalement à quelques mètres vers le large, quand soudain…

 

Schlouff !

 

Un œil gros comme un poing était apparu entre les vagues. Plus précisément, un œil au bout d’un tuyau de métal, qui se contorsionna drôlement pour leur faire face. L’œil parut cligner deux fois, et subitement il disparut en se rétractant dans l’eau.

 

-           Yeshche ne rano, maugréa Lyovitch à voix basse en se redressant. (C’est pas trop tôt.)

 

Les vagues s’écartèrent légèrement. Entre l’écume agitée, là où était apparu l’œil quelques secondes plus tôt, soudain une masse émergeait de l’eau. On aurait pu croire qu’une petite baleine était en train de sortir de la mer, et la nuit n’était guère à distinguer le monstre qui était en train d’apparaître sous leurs yeux. C’était une forme sombre et bombée, et les rares lueurs bordant le phare semblaient s’y refléter grâce à une surface luisante balayée par les vagues.

 

Puis, il y eut un claquement sourd, suivi d’un grincement métallique. Un panneau rigide s’ouvrit alors sur le dessus et de l’intérieur des entrailles de la créature apparut alors…

 

 

 

 

 

…. Un béret.

 

 

 

 

 

-           LEVA ! cria une voix grave mais joviale, et une main épaisse s’agita dans l’obscurité.

-           Sshh ! rétorqua Lyovitch. Potom ! Otkroyte shiroko i tolkayte sebya ! (Plus tard ! Ouvre en grand et pousse-toi !)

-           Ladno ladno eto khorosho ! fit la voix sans paraître s’offusquer. (Ok ok c’est bon !)

 

Et le béret qui était apparu disparut aussi soudainement qu’il était apparu. Lyovitch remonta sur son balai avant de chercher Jones des yeux.

 

-       Vous avez toutes vos affaires ? Alors quand vous êtes prêt, c’est simple. Vous vous envolez assez haut pour redescendre en piqué le plus droit possible… dans le trou, là. Compris ?

 

Il désigna la créature sombre immergée d’un index. La trappe paraissait étroite de loin, mais elle engloutirait en réalité aisément un homme et ses valises.

 

-           Attendez quelques secondes que je sois passé avant de vous lancer, je n’ai pas envie de vous recevoir sur le dos, mmh ?

 

Lyovitch n’attendit pas la réponse, encore une fois. D’une poussée de sa chaussure cirée, il s’envola dans le ciel. La nuit l’avala. L’instant suivant, il redescendait en piqué et en un schlouff il s’engouffra dans la créature.

 

-           Krôa ! fit Yasha pour encourager l’américain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POF.

 

Sur un tas de coussins en velours, Lyovitch venait de s’écraser avec balai et valise. Celle-ci roula désordonnément en bas de la pile de coussins dont Lyovitch essayait de s’extraire rapidement avec force de grognements agacés.

 

-           Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle…

-           LEVA !

 

Lyovitch n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’il recevait une main massive sur l’épaule. La main l’arracha du tas de coussins et le russe se retrouva devant un autre russe : il était vêtu d’une chemise blanche, de bretelles marrons et d’anneaux pour tenir ses manches, d’un béret sombre et d’un pantalon à pinces, avec de jolies chaussures cirées. Il avait le teint pâle et les yeux bleus. La ressemblance avec Lyovitch numéro 1 s’arrêtait cependant là : l’homme était plus large, plus petit et trapu, et son visage était un masque jeune et jovial, fait de fossettes et d’étincelles dans un regard heureux. Le professeur ne put empêcher un sourire d’étirer ses lèvres tandis qu’il attrapa dans ses bras le jeune homme.

 

-       Ah, Pavel… ! soupira Lyovitch. Ya skuchal po tebe. Bolʹshe chem drugiye, no vy ne dolzhny govoritʹ im ! (Tu m’as manqué. Plus que les autres, mais il ne faut pas leur dire !)

 

Pavel eut un long rire qui secoua son corps épais tandis qu’il étreignait Lyovitch à lui rompre les côtes. Pendant qu’ils se tapaient affectueusement dans le dos, un nouveau POF ! se fit entendre, mais ils n’y prêtèrent guère attention.

 

 

Autour du tas de coussins qui venaient d’accueillir Arsène, une pièce en bois était décorée comme une maison de campagne enfoncée dans les montagnes glacées de Sibérie : des épais fauteuils en velours, un tapis énorme et velu. La tête d’un cerf empaillé côtoyait une étagère chargée de livres et quelques bibelots peints trônaient ici et là, fièrement. On aurait pu être sûr d’être sur la terre ferme, si les murs et les plafonds n’avaient pas eu ces courbes qui rappelaient qu’ils étaient en réalité sous l’eau. Au-delà de lourds rideaux anciens et bordés, une fenêtre bombée donnait d’ailleurs sur les profondeurs de la mer du Nord.

 

-      Krôa ! fit Yasha dès qu’il fut entré à la suite d’Arsène, et la trappe au-dessus d’eux se referma subitement avec un bruit de succion, les scellant ainsi dans l’habitacle de la créature de métal qui s’enfonça sous l’eau…

 

 

 

 

 

 


 

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Publié par Arsène Jones le 10/08/2022 à 15:48:18

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Nature du TW : Drogues, vulgarité, claustrophobie

L'atterrissage dans les coussins aurait pu être sympa si tu t'étais pas pris ta valise sur le coin de la gueule au passage. Un grognement de douleur et de surprise s'échappe de tes lèvres tandis que tu balances la valise en dehors de ta piste d'atterrissage avec une telle brutalité qu'elle s'ouvre en déversant quelques chemises, pantalons et vestes de costume complètement froissés au sol. Mais tu n'y prêtes pas vraiment attention, trop occupé à t'extraire toi-même des coussins. Le voyage a été un véritable calvaire. Tu t'es rapidement retrouvé complètement glacé sur ton balai, avec les doigts tellement engourdis que t'as même pas osé sortir ta baguette pour te lancer un sortilège pour te réchauffer de peur de la laisser tomber. Le pire, c'est que Lyovitch allait tellement vite que t'as même pas eu l'occasion de te plaindre pour lui dire ce que tu penses de ses méthodes de voyage à la con tellement t'étais occupé à conserver ton balai droit malgré le vent et la valise accrochée qui avait tendance à te faire pointer vers l'avant. 

 

Tout ça à au moins eu le mérite de te réveiller parfaitement, annihilant même les effets des substances qui parcouraient tes veines. On pourrait croire qu'après tout ça, tu serais ravi de te retrouver au chaud, mais c'est plutôt l'inverse. Maintenant que t'es enfermé dans cette boîte de conserve géante, tu donnerais n'importe quoi pour retourner sur ton balai et affronter le froid de la nuit, et ce malgré la décoration de l'endroit qui se veut accueillante. Une fois de nouveau sur tes jambes, bien peu stables après ce voyage éprouvant, tu jettes un oeil vers la trappe qui s'est refermée, ressentant avec appréhension les vibrations de l'appareil qui s'enfonce dans l'eau. T'es dans un putain de cercueil, t'en es persuadé. Tu rabats vivement ta capuche sur tes boucles qui se teintent d'une couleur violacée malgré toi, en faisant quelques pas mal assurés dans l'habitacle.

 

Ton regard se pose à peine sur l'inconnu au look tout aussi vieux jeu que Lyovitch. Tu te précipites directement vers la fenêtre, pour ne voir que les eaux sombres qui vous entourent. Tu sens ton coeur s'accélérer violemment dans ta poitrine, et l'éclat violet de tes cheveux s'intensifie aussitôt. T'es enfermé sous l'eau avec Lyovitch et un homme complètement inconnu. Et contrairement à Yasha, Seth n'a pas jugé bon de t'accompagner. Malgré son caractère déplorable, le corbeau représente pour toi un certain soutien. Là, tu te retrouves seul face à tes angoisses, et tu n'as aucune envie de partager tes peurs avec Lyovitch. Parce qu'il n'en a probablement rien à foutre, et que tu ne veux surtout pas montrer tes faiblesses. Tu tires désespérément sur ta capuche, comme pour espérer qu'elle puisse te protéger de cette sensation oppressante. Mais ça n'empêche en aucun cas ta respiration de se saccader légèrement, la rendant plus bruyante malgré toi. T'aurais jamais dû entrer là-dedans. T'aurais dû envoyer Lyovitch aller se faire foutre. Tout, plutôt que de crever asphyxier dans un engin pareil.

 

Tu te tournes alors vers lui, sans oser t'approcher à cause du type qui se tient à ses côtés. Bordel, tu détestes encore plus l'idée d'être enfermé avec un mec que tu connais pas, sans aucun moyen de t'enfuir. 

 

- Faut r'monter ! J'vous jure, faut r'monter ! J'en ai rien à foutre, j'retourne à Brighton. Faut que j'sorte de là, ok ?

 

Le ton est pressant, l'urgence transparaît dans chaque mot. Mais Lyovitch semble pas comprendre. Ou juste tu ne lui laisses pas assez de temps pour ne serait-ce que te répondre. Peu importe. T'es là depuis à peine quelques minutes, et t'as déjà l'impression que tu vas étouffer incessamment sous peu. Tu lui fonces dessus, pour l'attraper violemment par son manteau, le forçant à reculer de quelques pas sous la force de ton élan. 

 

- Z'avez entendu ? Faut r'monter ! R'montez !

 

Tes poings serrent son vêtement de toutes tes forces, et, malgré toi, la panique a complètement pris le dessus, te forçant à hurler les derniers mots, lui postillonnant en même temps au visage.


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Publié par Lev M. Lyovitch le 12/08/2022 à 19:09:14

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Nature du TW :

-         Jones ! Jones !

 

La voix de Lyovitch avait beau être imposante, elle ne paraissait pas pouvoir couvrir le bouillonnement d’Arsène. Le russe avait saisi l’adolescent par les bras dans l’espoir de le faire lâcher prise, tandis qu’il fronçait les sourcils. S’il comprenait que dans certaines situations, Arsène put s’énerver, il n’avait absolument pas prévu qu’une telle crise put survenir à cet instant. A leurs côtés, un Pavel surpris avait voulu intervenir, mais il avait été aussitôt dissuadé par un regard averti du professeur.

 

-         On n’peut pas sortir Jones !

 

Bientôt, un second grabuge se mêla aux cris du duo qui luttait dans le salon – des coups sourds, des bruits de pas précipités. Vers l’arrière de l’appareil, une petite porte s’ouvrit à la volée et deux autres silhouettes surgirent : chemises et bretelles, paires d’yeux glacées. Lyovitch eut à peine le temps d’essayer de lever un bras avec un cri quand il entendit les aboiements slaves de l’un deux.

 

-         NIET ! OSTANOVKA ! (NON ! ARRETEZ !)

-         PETRIFICUS TOTALUS !

 

Trop tard. D’une baguette magique avait surgi un trait lumineux qui s’écrasa dans le dos de l’américain. Arsène bascula au sol, maladroitement retenu dans sa chute par le professeur.

 

 

 

 

 

 

 

Et c’est ainsi que quatre bérets se retrouvèrent penchés sur le corps pétrifié d’Arsène Jones. L’un était l’épais visage qui les avait accueillis, le deuxième avait une moustache un peu fournie qui dissimulait un visage malgré tout assez jeune, le troisième était probablement le plus juvénile mais ses yeux ronds très clairs étaient durcis par des sourcils froncés et sévères. Le quatrième, bien sûr, et de loin le visage le plus élégant, était le professeur… qui poussa un soupir exaspéré. Il jeta un œil vers le moustachu.

 

-         Chto na tebya nashlo ? Ty byl chertovski khorosh v etom ! (Qu’est-ce qu’il t’a pris ? Tu y as été rudement fort !)

-         Ivan skazal, chto napal na tebya ! (Ivan a dit qu’il t’agressait !)

-         On ne napadal na menya, on khotel uyti ! (Il m’agressait pas, il voulait sortir !)

-         O, khorosho ? fit le plus jeune. (Ah bon ?)

-         Ya vizhu, chto tvoy angliyskiy znachitelʹno uluchshilsya, grinça Lev. (Je vois que votre anglais s’est rudement amélioré.)

 

Le moustachu haussa les épaules.

 

-         Ne sovsem vremya zanimatʹsya, predstavʹte, chto my rabotayem, my. (Pas vraiment le temps de pratiquer, figure-toi qu’on bosse, nous.)

-         Potomu chto ya risuyu kelpi, mozhet bytʹ ? (Parce que moi je peigne des kelpys peut-être ?)

-         Etogo ya tozhe ne govoril. (J’ai pas dit ça non plus.)

-        Chto zh, spasibo za priyem. U menya dazhe ne bylo vremeni skazatʹ tebe obrashchatʹsya s nim kak s odnim iz nas. (Hé ben, merci pour l’accueil. J’ai même pas eu le temps de vous dire de le traiter comme l’un des nôtres.)

-        Chto ty imeyeshʹ v vidu, odin iz nas ? (Comment ça, un des nôtres ?)

-        Yesli by tebya tak tryas kto-nibudʹ iz nashikh, ty by tozhe zastryal. (Si un des nôtres t’avait secoué comme ça, tu lui en aurais collé une aussi.)

-         Chto ty imeyeshʹ v vidu, odin iz nas ? (Comment ça, un des nôtres ?)

-        Vozmozhno, fit Lev en toisant le moustachu, no, po krayney mere, on by znal, ot kogo eto prishlo ! Chto my yemu tut skazhem ? " Privet i dobro pozhalovatʹ " ? (Peut-être, mais au moins il aurait su de qui ça vient ! Qu’est-ce qu’on va lui dire, là ? « Bonjour et bienvenue » ?)

-         Chto ty imeyeshʹ v vidu, odin iz nas ? (Comment ça, un des nôtres ?)

-         Ne sovsem vremya zanimatʹsya, predstavʹte, chto my rabotayem, my. (Ben, au moins, il saura à quoi s’en tenir…)

-         OY ! KAK SA ODIN IZ NASHIKH ! (OH ! COMMENT CA UN DES NOTRES !)

 

Le plus jeune s’était redressé en élevant sa voix colérique. Lev se redressa à son tour en lui jetant un regard surpris. Il haussa les épaules avant de retirer ses gants et son béret dans un geste affairé.

 

-         Nu, ya ne vizhu, chto trudno ponyatʹ. (Hé bien, je ne vois pas ce qui est difficile à comprendre.)

-         On ne chlen semʹi, rétorqua le jeune. (Il est pas d’la famille.)

-         Niet, no vy budete delatʹ tak zhe, kak. (Non, mais tu feras tout comme.)

-         A eto zachem ? cracha encore l’autre. (Et pourquoi ça ?)

 

Lyovitch jeta bérets et gants sur un fauteuil voisin, avant de retirer son manteau. Le vêtement atterrit sur le dossier du fauteuil lui aussi, et Lev posa les mains sur ses hanches avec un soupir pour toiser le jeune homme.

 

-    Potomu chto ty khocheshʹ, chtoby ya vzyal tebya na okhotu, verno? Poetomu dlya etogo mne nuzhno znatʹ, mozheshʹ li ty sdelatʹ to, o chem ya proshu, Ivan. (Parce que tu veux que je t’emmène en chasse, non ? Alors pour ça, il faut que je sache si tu peux faire ce que je te demande, Ivan.)

 

Ivan eut une moue dépitée, et ne répondit rien. Mais Lev ne s’en offusqua pas. A la place, il écarta les bras, paumes ouvertes, avec un sourire.

 

-       Dlya nachala podoydite potselovatʹ svoyego starshego brata. (Commence par venir embrasser ton grand-frère, d’abord.)

 

Les embrassades durèrent bien quelques minutes. On enjamba Arsène pour se prendre dans les bras, se frapper le dos, pousser quelques exclamations viriles, et quelques rires détendirent l’atmosphère. Après quoi, Lev finit par s’extraire de ces effusions sentimentales pour retourner s’accroupir auprès de l’adolescent étalé au sol. Etrangement, en posant les yeux sur Arsène, il avait l’air satisfait. Il poussa néanmoins un soupir.

 

-         Pavel ! Uberi vodku, ordonna-t-il avant de sortir sa baguette, un genou à terre. (Pavel ! Sors la vodka.)

 

Néanmoins, avant de lancer un quelconque sortilège, il se pencha pour poser une main sur l’épaule d’Arsène. L’adolescent avait été figé les yeux grand ouverts, aussi Lyovitch supposait-il qu’il était conscient et qu’il l’entendait parfaitement.

 

-     Jones. Je vais vous… dé-pétrifier. Cependant, il faut que vous sachiez que nous ne pouvons pas remonter à la surface ; pas tout de suite, en tout cas. Les anglais n’apprécient pas beaucoup les sous-marins russes et je n’ai pas envie de déclencher un incident diplomatique parce que cela compromettrait largement notre chasse dans les jours à venir.

 

Il leva sa baguette, mais suspendit son geste.

 

-     Ah oui, j’allais oublier. Les autres personnes présentes ici sont mes frères. Ils sont probablement tous aussi bagarreurs que vous, aussi je vous déconseille de vous énerver trop fort parce que vous êtes en infériorité numérique, expliqua-t-il avec une simplicité un brin ironique, et il haussa les épaules, mimant un fatalisme de circonstance. Buvez de la vodka, et le voyage sera vite plus supportable, vous verrez.

 

Alors, enfin, il agita sa baguette au-dessus du corps d’Arsène. Le sort de pétrification fut contré grâce à un sort de soin combiné à un enchantement de souplesse, et l’adolescent retrouva bientôt les pleines possessions de ses capacités. A quelques pas de là, les trois autres Lyovitch s’étaient rassemblés autour d’une table basse, où Pavel avait servi cinq petits verres de vodka. Aucun n’y prêtait attention, car tout le monde avait un regard curieux rivé sur l’américain.


 

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Publié par Arsène Jones le 12/08/2022 à 20:43:57

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Nature du TW : Drogues

Ses frères. Ses putains de frères. T'aurais pu t'en douter, faut absolument faire partie de la même famille pour partager des goûts vestimentaires aussi douteux. Sans le savoir, le type qui t'a pétrifié a choisi le meilleur sortilège pour te mettre hors d'état de nuire : en plus de ne plus pouvoir bouger, tu ne peux même plus gueuler. Tu détestes ça. Cette impuissance. Juste les voir tous au-dessus de toi, à discuter sans que t'y comprennes rien, à se prendre dans les bras alors que t'es toujours tout raide par terre sans pouvoir bouger. Bande de cons. Tu les détestes tous, Lyovitch numéro un en tête de liste. A quel moment vous pouvez pas remonter, hein ? Ils sont bien montés pour venir vous chercher, ils peuvent bien remonter pour te déposer. T'as pas envie de rester ici à suivre les plans foireux de Lyovitch. Et sérieusement, un c'était déjà beaucoup à se coltiner. Quatre, c'est carrément trop pour n'importe quel être humain.

 

A peine te libère-t-il du sortilège que tu te relèves d'un bond, en le repoussant avec véhémence. Ils peuvent bien être en supériorité numérique que t'es prêt à les prendre tous ensemble pour leur faire leur fête. Mais pour ça faut que tu sortes de là. Tu toises Lyovitch un instant, la respiration haletante, avec un air d'animal traqué. Faut dire que c'est un peu comme ça que te te sens. Un animal sauvage qu'on enferme dans un espace réduit sans qu'il puisse sortir, et qu'on se met à observer. Les poings serrés, plusieurs secondes se passent sans que tu ne dises rien. T'es bien trop occupé à compter des hippogriffes dans ta tête pour calmer cette putain d'angoisse. A quatorze ça va un peu mieux. Suffisamment pour que tu te permettes de bouger. Suffisamment pour que la couleur violettes des boucles qui dépassent de ta capuche se transforme en rouge. Tu leur en veux. A tous, sans exception. 

 

Alors tu te diriges vers la table sur lesquels sont alignés les verres de vodka, sans accorder le moindre regard aux frères de Lyovitch. T'en attrapes un pour le vider cul sec. La sensation de brûlure est cependant de trop courte durée. Alors tu chopes la bouteille tout en marmonnant un mot, de façon suffisamment forte et compréhensible pour que tous entendent.

 

- Ublyudki. (Bâtards.)

 

Et sans attendre davantage, tu repasses devant Lyovitch en le bousculant au passage d'un coup d'épaule volontaire pour te tirer par la porte par laquelle sont arrivés ceux qui t'ont lâchement attaqué dans le dos. T'as besoin d'être seul pour gérer ton angoisse. Et aussi pour te faire à l'idée que Lyovitch a probablement mieux à foutre que de s'occuper de toi. T'aurais jamais cru rencontrer sa famille. T'avais pas envie. Tu pensais que cette chasse qu'il t'avait promis, ce serait que vous deux. Que tu pourrais lui faire tes preuves, le rendre fier de toi, lui prouver qu'il avait bien fait de pas te lâcher en dépit de tout. Pas que tu te retrouverais au milieu d'un gang de bérets qui parlent en russe. Peut-être que si t'avais continué les cours avec Revmir t'aurais pu y comprendre quelque chose. 

 

Tes pas te mènent vers ce qui semble être la salle des machines. L'endroit est blindé de valves, plus chaud que le reste du sous-marin, et plusieurs bruits de vapeur s'y font entendre. La magie se fond visiblement parfaitement à la mécanique dans cet engin, et tu décides que l'endroit est le meilleur que tu puisses trouver. C'est la plus grande pièce que tu aies vue, en dehors du salon dans lequel vous êtes arrivés. Mais au moins, ici, c'est vide. Tu te laisses tomber au sol en ramenant tes jambes vers toi avec un soupir, le dos contre une machine qui ronronne fortement. Les vibrations t'apaisent un peu. Le bruit t'empêche de te focaliser sur tes pensées. Après de nouvelles gorgées de vodka, et de nombreux hippogriffes, ta respiration est de nouveau normale, et ton coeur semble accepter de ralentir un peu. 

 

Tu fouilles alors tes poches, à la recherche d'un peu d'herbe. En plus d'un pétard déjà roulé, tes doigts se referment sur un sachet contenant une poudre rouge à la forte odeur de soufre. T'hésites à peine avant de t'en foutre dans le pif, reniflant à fond une bonne dose. T'as envie de planer. C'est le meilleur moyen pour oublier réellement où t'es. Le sachet retourne dans ta poche tandis que t'allumes le pétard en te sentant déjà un peu mieux. Tu te redresses alors pour observer les différentes machines d'un peu plus près. Après tout, si Lyovitch refuse de te faire remonter, tu peux bien trouver par toi-même un moyen d'y parvenir. 


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Publié par Lev M. Lyovitch le 16/08/2022 à 14:02:25

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Nature du TW :

Il y avait eu quelques rires parmi les frères, auxquels Lev ne participa pas, préférant toiser la silhouette de Jones qui disparaissait, bouteille à la main, dans le fond de l’appareil.

 

-       Ty nauchil yego pravil'nym slovam, roucoula Pavel avant de s’emparer de deux verres pour en tendre un à son exilé de frère – Lyovitch le recueillit avec un soupir. (Tu lui as appris les bons mots.)

-       Vse-taki, yesli on yeshche tak so mnoy razgovarivayet, ya yego tozhe russkomu nauchu. I ne tol'ko slovami, grommela Ivan en mimant un coup de poing. (N’empêche, s’il me parle encore comme ça, je vais lui apprendre le russe moi aussi. Et pas qu’avec les mots.)

-       Davayte, brat'ya, vmeste ! claironna Sergei en levant son propre verre pour porter un toast. (Allez, aux frères réunis !)

 

Lorsque les quatre frères eurent chacun saisi un contenant, ils trinquèrent debout. Chaque verre contre chaque verre, puis ils se penchèrent pour frapper bruyamment le fond du verre sur la table avant d’avaler cul sec. Pavel alla chercher une nouvelle bouteille dans une armoire tandis que les autres s’asseyaient avec des soupirs d’aise.

 

La discussion démarra sur les chapeaux de roue. Installés dans les fauteuils, Ivan et Pavel racontèrent avec force de détails les déboires qu’ils avaient eu quelques semaines plus tôt avec les revendeurs turcs avec lesquels ils travaillaient.

 

-      Polovina proizvodstva mimbulusa stala nedostupna v aprele, expliquait Pavel, son visage habituellement plein de bonhomie soudain fermé. My dogovorilis' zaplatit' nemnogo bol'she, a Sergey? Sergey skazal nam prinyat' – le moustachu acquiesça calmement d’un mouvement de tête – no tseny s tekh por ne perestavali rasti, a proizvodstvo po-prezhnemu padayet. Kogda my prosim ikh otchitat'sya, oni rasskazyvayut nam o global'nom poteplenii ! (La moitié de la production de mimbulus est devenue indisponible au mois d’avril. On a accepté de payer un peu plus cher, hein Sergei ? Sergei nous a dit d’accepter mais les prix n’ont pas cessé d’augmenter depuis, et la production baisse encore. Quand on leur demande des comptes, ils nous parlent du réchauffement climatique !)

-      Ya uveren, chto oni pereprodayut kitaytsam, no oni etogo ne govoryat. Ya predlozhil poyti pogovorit' s nimi, no Sergey ne khochet ! Skazhi yemu, Lev, skazhi yemu, chto ya mogu zagovorit' paru raz, yesli my yego poymayem ! (J’suis sûr qu’ils revendent aux chinois, mais qu’ils le disent pas. J’ai proposé d’aller les faire parler mais Sergei veut pas ! Dis-lui Lev, dis-lui que j’peux en faire parler un ou deux si on le cueille !)

 

Le professeur fronçait les sourcils. Ses doigts couraient contre son verre dans un mouvement nerveux. Il avait envie de fumer. Il fit non en secouant la tête. Ivan soupira.

 

-       My poydem i sami posmotrim, chto proiskhodit. Mimbulus ne prosto ischezayut; libo oni pereprodayut, libo ispol'zuyut yego napryamuyu, chtoby sdelat' chto-to yeshche. I eto to, chto menya bespokoit. (On va aller voir par nous-même ce qui se passe. Les mimbulus ne disparaissent pas comme ça ; soit ils revendent, soit ils s’en servent directement pour fabriquer autre chose. Et c’est plutôt ça qui m’inquièterait. )

-       Ladno, ladno, approuva Ivan. Togda poydem posmotrim. (Ok, ok. On va aller voir alors.)

-       Ne vy. (Pas toi.)

-       Eh ? Kakoy togda ? (Hein ? Qui alors ?)

-       Jones i ya. (Jones et moi.)

-       KAKIYE ?! (QUOI ?!)

 

La voix d’Ivan avait résonné. Le garçon avait le visage piqué d’indignation.

 

-       Pochemu on ?! (Pourquoi lui ?!)

-       Vy dumali, chto ya privel yego, chtoby degnomirovat' sad ? (Tu croyais que je l’avais amené pour qu’il dégnome le jardin ?

-      On dazhe ne znayet, chto proiskhodit v Turtsii ! Eto ne imeyet nikakogo smysla ! On chertov amerikanets ! (Il sait même pas ce qu’il se passe en Turquie là ! C’est n’importe quoi ! C’est un putain d’américain !)

 

Lev émit un sifflement réprobateur.

 

-       Prekrati s etim. Yego natsional'nost' dlya nas ne imeyet znacheniya. U nego yest' yeshche koye-chto, chto menya interesuyet. Chto-to, na chto nikto iz nas ne sposoben. Chto-to, chego nam ne khvatayet. (Arrête avec ça. Sa nationalité nous importe peu. Il a autre chose qui m’intéresse. Quelque chose dont aucun d’entre nous n’est capable. Quelque chose qui nous manque.)

 

Il y eut un silence attentif. Même Sergei avait cessé de jouer avec les pointes de ses moustaches, le bout de ses doigts devenus immobiles autour de son visage.

 

-       Eto chto, yego osobennaya veshch'? finit par demander Ivan avec mauvaise humeur, comme Lev visiblement n’était pas prêt à lâcher le morceau. (C’est quoi, son truc spécial ?)

 

Lyovitch ouvrit la bouche, mais soudain il y eut un cahot. La vodka s’échappa de quelques verres. Une bouteille heureusement fermée tomba sur le tapis comme les quatre hommes se cramponnèrent dans leur fauteuil. Le calme revint aussitôt, mais une boule en bois peinte en rouge qui trônait sur une étagère s’était mise à tourner frénétiquement, émettant un sifflement sonore. Pavel sauta sur ses pieds, affolé.

 

-       Yest' problema s mashinami. Malen'kiy pridurok ! (Il y a un problème aux machines. Le petit con !)

-       Ya idu k pul'tu ! cria Sergei en bondissant de son siège. (Je vais aux commandes !)

-       Etot musor nas vsekh ub'yet ! beugla Ivan en s’apprêtant à courir à la suite de Pavel, mais Lyovitch l’attrapa par le col. (Cette ordure va nous faire tous crever !)

-       Ostavaysya zdes'. (Tu restes ici.)

-       Eh !

 

Il y eut un bref vilain jeu de mains entre Lev et Ivan. Ivan tâcha de forcer le passage, Lev le repoussa avec fermeté. Après un bref échange de regards sévères, cependant, Ivan abandonna. Lev courut vers les machines.

 

 

 

 

 

Pavel, qui l’avait précédé, avait repoussé Arsène d’un coup de coude pour se frayer un chemin jusqu’à une bonbonne aussi grosse qu’une poubelle municipale. L’objet en métal crachotait par le haut des filets de vapeur brûlante, avec irrégularité, et Pavel sortit sa baguette en criant des injures en russes. Lev s’était glissé dans la pièce à son tour – ses yeux froids examinèrent brièvement l’endroit – Arsène, la bouteille toujours en main, la bonbonne, son frère qui se démenait maintenant en mélangeant magie pour refroidir la bonbonne et sa force physique en même temps pour fermer une vanne grinçante. Le professeur adressa à l’adolescent un regard furieux avant d’aller le chercher. Il l’empoigna par le bras, ignorant toute velléité, pour tirer Arsène de la salle des machines. Ils ressortirent dans un couloir minuscule, où seules deux autres portes étaient accessibles. Lev donna un coup de pied dans l’une des écoutilles pour emmener de force Arsène à l’intérieur d’une minuscule cabine : il n’y avait de place que pour deux couchettes superposées et une étroite armoire pour ranger quelques affaires. Deux petits hublots agrémentaient les couchettes en dévoilant les profondeurs opaques de l’océan. Un poisson ou un sachet plastique frôlait parfois la vitre. Dans ce minuscule espace, Lyovitch paraissait soudain plus grand que d’ordinaire – il repoussa Jones vers le fond d’un geste brusque.

 

-       QU’EST-CE QUI VOUS PREND A LA FIN ?! cria-t-il, le fustigeant du regard.

 

L’appareil cahota encore une fois. Quelques cris leur parvinrent – les frères Lyovitch se coordonnaient pour réparer l’engin. Lev ne s’inquiétait pas de cette partie-là, visiblement. Il était entièrement absorbé dans sa colère, et il pointa un index sur sa propre poitrine pour poursuivre.

 

-       JE VOUS EMMENE DANS MA FAMILLE JONES ! MA. PROPRE. FAMILLE ! ET VOUS DECIDEZ DE VOUS COMPORTER COMME UNE ORDURE ?

 

Il écarta les mains en signe d’incompréhension. Il y eut un moment de silence. Lyovitch dut s’acccrocher à une étagère, parce que le sous-marin bougeait encore. Il en profita pour rapprocher son visage de celui d’Arsène, les dents serrées, pour lui parler plus bas.

 

-        Vous savez qui j’emmène dans ma famille Jones ? Habituellement ? Vous savez ?

 

Silence. Lyovitch secoua la tête en un bref signe négatif. Les faibles lueurs de la cabine aiguisaient les angles de son visage taillé dans le marbre froid de Sibérie.

 

-       C’est ça : personne. Personne parce que personne ne le mérite. Personne n’a ma confiance. Mais vous n’êtes pas personne. Vous êtes Arsène Jones.

 

Il se redressa, une petite mimique agita ses lèvres, comme une déception.

 

-       A moins que vous l’ayez déjà oublié ?

 

Le sous-marin ne bougeait plus. A l’extérieur, plus de cris. Quelques conversations en russes, relativement calmes. Lyovitch toisait toujours Arsène. L’adolescent avait grandi. Pourtant, il ne faisait pas de doute sur qui se considérait le plus grand des deux. Le professeur s’humecta les lèvres en réfléchissant.

 

-       Qu’est-ce que fait Arsène Jones s’il a un problème, Jones ? Est-ce qu’il crache dans la main de Lev Lyovitch ?

 

La seule qui lui a concrètement été tendue, disait le silence qui suivit. Mais cela, Lev n’avait pas besoin de le prononcer pour qu’Arsène l’entendît. Le visage de Lev était devenu plus neutre, attentif. Un air de défi amer restait toutefois allumé dans son regard sévère.

 

-       Vous feriez mieux de me le dire tout de suite, si c’est le cas. Que je sache si je vous dépose. Je ne donne pas deux chances à qui entre dans ma famille Jones. Il me semble que vous le savez.

 

 


 

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(Et je ne mentionnerai pas Aza qui ne mérite pas)

 


Publié par Arsène Jones le 16/08/2022 à 17:17:58

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Nature du TW : Mention drogue, violence, claustrophobie

Ton plan paraissait pourtant bon. T'avais juste omis un tout petit détail : la fureur de Lyovitch. La cabine dans laquelle il vient de te jeter est sans doute pire encore que tout le reste. Collé contre le mur du sous-marin, tu l'observes avec affolement, ne parvenant à saisir qu'un mot sur deux de ce qu'il te hurle à la gueule. Y'a pas assez d'espace. Y'a vraiment pas assez d'espace. Faut que tu sortes de là, faut que t'arrives à respirer pour de vrai, et pas l'air lourd qui règne ici. Faut que tu t'éloignes de Lyovitch, de tout le monde, il te faut de l'air, plus d'espace et plus d'air. Ses hurlements t'oppressent autant que l'espace cloisonné. Et lorsqu'il baisse d'un ton ça n'arrange finalement rien. C'est la déception qu'il laisse apercevoir qui fait cet effet. 

 

Lors d'un cahot de l'appareil, tu te cognes contre la couchette supérieure sans même sembler t'en apercevoir. Rien d'autre n'existe à part la porte de l'autre côté de Lyovitch. Tu n'es rien d'autre qu'un animal traqué, pris au piège, qui n'a d'autre choix que de charger pour espérer s'enfuir une nouvelle fois. Alors c'est ce que tu fais, dans un râlement désespéré. Tu fonces droit sur Lyovitch, mais t'as pas assez d'élan. Plus assez de force. Il te repousse directement contre le mur, réduit plus encore le peu d'espace qui vous séparez, pour te maintenir là, d'une main ferme sur ta poitrine qui se soulève frénétiquement, comme s'il attendait une réponse de ta part, quelque chose que t'es bien incapable de lui donner parce que tous ses mots se sont mélangés dans ta tête, perdant totalement leur sens pour ne laisser qu'un Lyovitch impitoyable devant toi qui refuse que tu t'enfuies. 

 

- Peux pas...

 

Les mots restent bloqués entre deux souffles angoissés. Tu fermes les yeux un instant, pour essayer d'oublier qu'il y a tout un tas d'acier et d'eau entre toi et la surface, pour essayer d'oublier que t'es enfermé dans une chambre minuscule avec Lyovitch, qu'il a toujours sa main sur toi, mais plus t'essaies d'oublier tout ça et plus tu ne fais qu'y penser, dans une boucle infernale. Les hippogriffes refusent de s'y mêler, ils restent flous, lointains, se moquant probablement de ton incapacité à les compter. 

 

- Laissez-moi sortir.

 

Le ton est d'abord suppliant, aussi apeuré que tes boucles violettes, que le fond de tes iris qui ont pris la même couleur. Mais le son de ta propre voix te fait reprendre courage. Tu peux parler. T'es en capacité de parler. Sauf que tu ne connais qu'un seul moyen de le faire, et c'est quand t'es en colère. C'est de gueuler, de cracher à la gueule du monde tout ce que t'as. La colère, tu gères beaucoup mieux que la peur. Ou vachement moins bien, mais c'est plus habituel. Bientôt, le rouge reprend ses droits, et c'est à ton tour de hurler sur Lyovitch.

 

- LAISSEZ-MOI SORTIR ! LAISSEZ-MOI SORTIR !

 

Tu le répètes encore, tout en le repoussant de toutes tes forces. En te jetant sur lui, encore et encore, jusqu'à ce qu'une nouvelle embardée de l'engin le fasse tanguer suffisamment vers les couchettes pour que tu en profites et que tu files en dehors de cette cabine trop étroite. Ta course effrénée te mène droit dans la salle principale dans laquelle tu était plus tôt. Sans réfléchir, tu te diriges vers l'échelle, préférant encore affronter les profondeurs marines que de rester plus longtemps là-dedans. La raison semble avoir quitté complètement ton esprit qui ne pense qu'à une chose : sortir, quoi qu'il en coûte.

 

Des mains t'attrapent violemment. Une voix en russe résonne, tandis que t'es jeté à bas de l'échelle, te récupérant sur les coussins. Tu te relèves vivement, pour prendre de plein fouet le poing d'Ivan dans la figure tandis qu'il fulmine sans que t'y comprenne quoi que ce soit. Mais t'en as rien à foutre, t'as pas besoin de comprendre, juste d'encaisser. La douleur de ses coups te réveille. Te fait un bien fou. Y'a comme un shoot d'adrénaline qui te parcourt, et tu ne te fais pas prier pour entrer dans le combat, frappant aussi fort que lui, peut-être de façon plus fourbe également. Par réflexe, tu vises les endroits les plus douloureux. Les plus handicapants. Et lorsque lui te touche, t'as juste envie d'en redemander. Lorsqu'il te chope par le cou, derrière toi, et qu'il commence à serrer, tu te rends compte que t'arrivais de nouveau à respirer avant ça. Tu lui balances ta tête directement dans la gueule sans perdre de temps pour te libérer. Et tu cognes encore. 

 

La lutte entre vous s'éternise encore un peu. Chaque coup est rendu au centuple, chaque prise se fait et se défait dans quelques grognements et râlements rauques. Le goût du sang dans ta bouche te plaît. Mais bientôt, Ivan ne rend plus les coups. Il est complètement sonné. Toi, t'es plus réveillé que jamais. Et soudain, tu te rends compte que tu viens juste de tabasser le petit frère de Lyovitch. Et qu'il est là, devant toi. Tu relâches Ivan presque aussitôt pour t'éloigner à reculons, les mains devant toi, comme pour ériger une barrière. Une nouvelle fois, la colère est retombée pour laisser de nouveau la peur.

 

- J'veux juste sortir ok ? J'ai b'soin d'air. Faut juste que j'sorte. 

 

Et accessoirement que tu te reprennes une dose de slick parce que tout se barre beaucoup trop en couilles à ton goût.


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Publié par Lev M. Lyovitch le 16/08/2022 à 20:57:11

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Nature du TW :

Lyovitch avait été repoussé par Arsène. Son crâne heurta le coin d’une armoire et il s’effondra avec un glapissement de douleur. Arsène avait fui, et il lui fallut un moment avant de réussir à reprendre son équilibre, à ce que les étoiles devant ses yeux cessassent de danser. Alors il cligna des yeux, la gorge sèche. La cabine minuscule était vide. Des grognements et des cris provenaient de l’avant du sous-marin.

 

-     Der'mo, souffla-t-il du bout des lèvres. (Merde.)

 

Il se remit sur ses jambes et se hâta de rejoindre la pièce principale – trop tard. Ivan était effondré au sol. Le visage tuméfié, il gémissait de douleur, portait à sa bouche sanglante une main fébrile.

 

-     Ivan !

 

Lyovitch accourut vers son frère, le forçant à rouler sur le dos. Ivan se laissa faire avec un nouveau glapissement de souffrance. Il avait visiblement une pommette cassée et peut-être une ou deux dents. A part ça, il était vivant et Lev laissa échapper un soupir de soulagement. Ses yeux silencieux toutefois se levèrent pour rencontrer le regard d’Arsène. Dans celui de Lev, il y avait l’incompréhension, la déception, peut-être, aussi. Non pas la déception qu’Arsène ne fût pas à la hauteur de ses attentes, ni même qu’Arsène se fût battu avec son frère – un tel scénario était si plausible qu’il l’avait même envisagé. Non. Déçu d’autre chose. Une forme d’échec. Lev détourna le regard vers Pavel, qui revenait lui de la salle des machines.

 

-    Eto khorosho ! claironna-t-il avec soulagement. Eto… Ivan ? (C’est bon ! C’est… Ivan ? )

 

Lyovitch envoya vers son frère un regard las.

 

-     Kak dela. Oni srazhalis'. (Ça va. Ils se sont battus.)

 

Pavel eut un regard étonné vers Arsène.

 

-     Kak dela, répéta encore Lyovitch. Podnimites' na poverkhnost'. (Ça va. Remonte à la surface.)

-     Ty uveren ? No… (T’es sûr ? Mais…)

-     My slishkom blizko k beregu. (On est trop près des côtes.)

 

La voix de Sergei avait claqué, sèche, à quelques pas d’eux. Le moustachu s’était adossé au chambranle d’une minuscule écoutille qui donnait sur une bulle pilotage. Le sous-marin était à l’intérieur beaucoup plus grand qu’il n’y paraissait à l’extérieur, malgré son exiguïté. Lev soupira.

 

-     Ne berite v golovu. (Tant pis.)

-     A yesli nas zametyat ? (Et si on se fait repérer ?)

-     Ne berite v golovu, répéta Lyovitch. Ya predpolozhu. (Tant pis. J’assumerai.)

- V rossiyskom ministerstve ? questionna Sergei avec une acidité évidente. Vy sobirayetes' predstavit'sya rossiyskomu ministerstvu, chtoby ob"yasnit' im ? (Au Ministère Russe ? Tu vas aller te présenter au Ministère Russe pour leur expliquer ?)

-     Niet. Angliyskiy, corrigea Lev sur un ton un peu plus sec. (Non. Anglais.)

-     Angliyskoye ministerstvo, nikakoy tebe Sibiri, fit Sergei avec une pointe d’ironie. (Ministère Anglais, pas de Sibérie pour toi.)

-     Eto moye delo. (Ça me regarde.)

-     Dlya malen'kogo pridurka. (Pour un petit con.)

-     Podnimites', Pavel, pozhaluysta. (Remonte, Pavel, s’il te plaît.)

 

Pavel parut hésiter. Son regard alla de Lev à Sergei, passa sur Ivan et Arsène. Finalement. Il émit un grognement bourru avant de se hâter vers la salle de contrôle. Sergei ne se poussa pas de l’entrée, le forçant à le bousculer, ce que Pavel fit en grognant. Sergei répondit avec un regard noir avant de disparaître dans la salle de contrôle, lui aussi. Ivan était devenu étrangement silencieux. Il essayait d’ouvrir les yeux, mais la douleur le faisait grimacer et il se recroquevilla au sol. Lyovitch sortit sa baguette pour lui administrer quelques sorts de soin rudimentaire.

 

Les minutes suivantes s’écoulèrent silence. Le sous-marin rejoignit la surface : cela fut perceptible au mouvement des vagues qui agitaient tranquillement le sous-marin : ils sentaient la poussée faisant monter le plancher sous leurs pieds, puis la descente, dans un rythme tranquille. Pour autant, quand la trappe s’ouvrit au-dessus de leur tête, le temps n’était pas véritablement au beau fixe. Une pluie tombait, drue, résonnant sur la coque émergée du sous-marin. L’eau tombait en grosses gouttes sur les coussins devant l’échelle. Ivan avait fini par se relever. Il fit mine de disparaître du côté des cabines mais il resta dans le couloir, la main sur la poignée de l’une d’entre elles. Son regard amer mais trouble voguait vers Arsène et Lev, restés seul dans la salle principale.

 

Ce dernier s’était fermé. Son visage était froid, impassible et calme. L’azur de ses iris s’était éteint comme il s’était relevé, désignant l’échelle d’un mouvement du menton.

 

-     Pars, si c’est ce que tu veux. Je t’ai offert un balai, tu as retrouvé ta baguette. Tu n’as plus besoin de moi, visiblement.

 

Lyovitch pinça les lèvres pour faire taire quelque chose entre ses dents serrées.


 

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Publié par Arsène Jones le 16/08/2022 à 22:55:39

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Nature du TW :

T'as clairement envie de disparaître. Tu suis la conversation des Lyovitch sans rien y comprendre, t'as juste sorti ta baguette au cas où tu doives t'en servir. Tu te rends bien compte que t'es allé trop loin. Beaucoup trop loin. Mais t'as pas pu t'en empêcher. Lyovitch aurait dû comprendre quand tu lui as dit qu'il fallait remonter. Tu lui as dit, pourquoi il l'a pas fait ? Rien de tout cela ne serait arrivé. T'aurais pas tout foutu en l'air en quelques secondes à peine. Mais au final, tu as obtenu ce que tu voulais. Ce dont tu avais besoin. Le sous-marin remonte à la surface, et tandis que ton regard se pose avec précipitation sur la trappe, les mots de Lyovitch résonnent douloureusement entre les murs d'acier. Ou peut-être est-ce simplement dans ton crâne.

 

Tu le regardes, clairement surpris de l'entendre abandonner ainsi. C'est la première fois depuis que tu le connais qu'il laisse tomber. Qu'il te laisse tomber. Il t'a suffisamment répété qu'il serait toujours là pour que t'y croies. Mais toujours, ça ne s'applique plus quand on s'en prend à sa famille. Tu ne peux pas lui en vouloir. C'est de ta faute, c'est entièrement de ta faute. Tu sens ta gorge se serrer si fort qu'elle t'en fait mal. T'es incapable de répondre quoi que ce soit. Une teinte gris-bleutée prend place sur tes boucles, que tu recouvres vivement de ta capuche. T'ouvres la bouche un instant, mais tu la refermes presque aussitôt. T'es incapable de t'excuser. Y'a une boule trop grosse dans ta gorge.

 

Alors tu détournes simplement les yeux, tu grimpes l'échelle, et tu sors enfin à l'air libre. La pluie ne te fait rien. Au contraire, tu aimes autant la sentir s'écraser sur tes joues. Se mélanger aux quelques larmes qui se sont écoulées, nettoyer le sang qui coule encore. Tu fais suivre ton sac et ton balai d'un coup de baguette. Tu ne prends pas la valise. Elle ne contient que les costumes offerts par Lyovitch, et tu n'en auras plus besoin. Il faut croire que finalement, c'est mieux quand t'es personne. Sentir le vent sur ton visage ne te procure pas la sensation que tu recherchais. Y'a toujours ce sentiment d'oppression terrible, mais cette fois-ci il ressemble uniquement à de la culpabilité. 

 

Tu voudrais redescendre. Dire à Lyovitch que tu feras mieux. Le supplier de pas te laisser. Mais y'a l'ego qui prend trop de place. Tu l'as vu avec ses frères. T'as pas ta place parmi eux. Et il ne souhaite plus t'avoir à ses côtés. A quoi tu ressemblerais, si tu t'accrochais désespérément alors qu'il vient de dire qu'il ne veut plus de toi ? Tu enfourches ton balai, sac sur le dos, et tu finis par t'envoler sous la pluie qui tombe à verse. Quelques secondes à peine avant de brusquement faire demi-tour. Tu atterris avec fracas un fracas métallique sur le sous-marin qui ne s'est pas encore immergé de nouveau. T'en as marre d'être con. T'en as marre de tirer un trait sur tout ce qui t'apporte quelque chose uniquement parce que t'es pas foutu de ravaler un ego trop encombrant. Sans Lyovitch, tu serais mort. Tu te laisses tomber dans la trappe, pour un atterrissage presque contrôlé sur les coussins. Tu le cherches un instant du regard.

 

- C'pas vrai. Qu'j'ai plus b'soin d'vous. C'pas vrai. J'suis désolé pour votr' frère. C'juste... Être enfermé là-d'dans. J'peux pas. J'veux pas partir. Mais j'peux pas rester là-d'dans. C'comme si j'allais étouffer. Mais j'veux pas partir. M'sieur s'vous plait, j'suis désolé, ok ? Mais m'laissez pas. 

 

Tout est sorti très vite. Comme si t'avais peur de bloquer si tu le disais pas d'un coup. Le peu de temps que tu as passé dehors a suffit à te tremper tellement que tu gouttes sur le sol. Sur ton visage, les plaies encore ouvertes mélangent leur mince filet de sang à l'eau qui dégouline. Tu cherches désespérément une réponse dans ses yeux. Et s'il était trop tard pour t'excuser ?


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Publié par Lev M. Lyovitch le 20/08/2022 à 15:33:46

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Nature du TW :

Après le départ d’Arsène, Lyovitch avait regardé la trappe ouverte, sans expression. Dans le couloir, à quelques mètres, Ivan émit un sifflement moqueur avant de disparaître dans une cabine, claquant la porte. Lyovitch se contenta de pincer les lèvres, cligner des yeux.

 

Et Arsène revint.

 

Lyovitch laissa échapper un maigre filet d’air entre ses lèvres. Pourtant, face à la tirade du gamin, il ne dit rien. Il se contenta d’acquiescer d’un bref hochement de tête. Il sembla chercher quelque chose à dire, mais une porte coulissa et Pavel réapparut, l’interrompant. Il posa des yeux interrogateurs sur le gamin. Lyovitch eut un regard pour Pavel avant de s’adresser à Arsène.

 

-         Attendez-moi là, je vais récupérer une chose ou deux dans ma valise.

 

Le professeur attrapa béret, veste et gants déposés sur le fauteuil pour se vêtir hâtivement. Pavel, qui ne comprenait pas un mot d’anglais, le regarda avec surprise.

 

- Chto teper' ? Ty tozhe vykhodish'? (Quoi maintenant ? Tu sors aussi ?)

- Idti domoy. Dzhons i ya ukhodim. (Rentrez à la maison. Jones et moi repartons.)

- Metloy ? (En balai ?)

- Da. (Oui.)

- Vam potrebuyetsya neskol'ko dney, chtoby dobrat'sya do Uchami ! (Vous allez mettre des jours à atteindre Uchami !)

- My ne yedem v Uchami. (Nous n’allons pas à Uchami.)

 

Il y eut un drôle de silence. Pavel émit un soupir agacé, eut un regard noir par-dessus son épaule. Sergei avait fait mine de n’avoir rien entendu. Lev savait parfaitement qu’il avait tout entendu, mais il s’était agenouillé près de sa valise. La créature à pattes avait l’air de n’accepter d’ouvrir la gueule avec réticence – elle essayait de se refermer avec précipitation dès que Lev retirait sa main.

 

-         Ty kak vsegda besish'sya, dit Pavel. (Vous faites chier, comme toujours.)

 

Lev acquiesça en se redressant. De sa valise, il avait tiré une petite sacoche en cuir, dans lequel il avait placé quelques maigres affaires. Il s’interrompit pour lever les yeux vers Pavel.

 

- Ya govoryu. Kak vsegda. (Je sais. Comme toujours.)

- Maria budet razocharovana. (Maria va être déçue.)

- Ty potseluyesh' yeye za menya. (Tu l’embrasseras pour moi.)

- A yego uzhin-to ?! (Et son dîner alors ?!)

- Perestan', Maria ne gotovit. (Arrête, Maria ne cuisine pas.)

 

Pavel haussa les épaules.

 

-         Da, no mogla ! (Ouais mais elle aurait pu !)

 

Lev leva les yeux au ciel, et s’occupa d’aller chercher son balai.

 

- Kuda ty togda idesh' ? (Vous allez où, alors ?)

- Napryamuyu v Turtsiyu. (Directement en Turquie.)

- Oy. No… (Oh. Mais…)

- U menya yest' to, chto mne nuzhno, ne volnuysya. I dokumenty, kotoryye vam nuzhny, nakhodyatsya v moyem chemodane; sluzhit' sebe. Ya prishlyu tebe novosti, a potom my prisoyedinimsya k Uchami. Skazhi Marii, chto togda ona umeyet gotovit'. (J’ai ce qu’il me faut, ne vous inquiétez pas. Et les documents dont vous avez besoin sont dans ma valise ; servez-vous. Je vous enverrai des nouvelles, ensuite nous rejoindrons Uchami. Dis à Maria qu’elle pourra cuisiner, à ce moment-là.)

- Yesli vam interesno moye mneniye, to budet luchshe, yesli Dvornik budet gotovit'. (Si tu veux mon avis, ce sera meilleur si Dvornik cuisine.)

- Eto to, o chem ya dumal. (C’est bien ce qu’il me semblait.)

 

Pavel eut un sourire qui rappelait un peu un enfant rondouillet. Mais il se tint là, se contenta d’adresser un signe de la main à Lev quand celui-ci enfourcha son balai. Ce dernier lui rendit son salut d’un signe de tête, avant de se tourner vers l’adolescent.

 

-         Voyagez léger, vous retrouverez votre valise plus tard, annonça-t-il à Arsène, et il s’envola.

 

 

 

 

 

 

 

 

La pluie rendit le voyage difficile. Lev avait jeté sur Arsène puis lui-même des sortilèges leur permettant de rester au sec, mais la visibilité était particulièrement faible. Le ciel était devenu plus lumineux à mesure que l’aube approchait, et bientôt le ciel gris fut baigné de lumière. Lyovitch décida qu’ils étaient devenus beaucoup trop visibles avec le temps qui menaçait de s’éclaircir, et ils plongèrent vers la côte qui était apparue : des plages herbeuses et tristes s’étendaient jusqu’à rejoindre un port industriel dont les grues étaient visibles à plusieurs dizaines de kilomètres. Le reste du paysage était terriblement plat ; beaucoup plus plat que l’Angleterre.

 

La pluie avait beau avoir cessé lorsqu’ils atterrirent, il n’en fut pas moins que leurs chaussures faisaient un son désagréable dans l’herbe humide ; le terrain était boueux et le russe se hâta de rejoindre l’asphalte d’une route voisine. L’endroit était désert. D’un côté, cela réduisait leur chance d’invoquer un transport magique. De l’autre, aucun moldu ne trouverait trop étrange de voir sur le bord de la route deux individus armés de balais.

 

 

 

Ils marchèrent quelques instants en silence. Principalement parce que Lyovitch avait besoin de fumer. Il marchait devant Arsène d’un pas rapide.

 

-         Nous allons rejoindre la ville la plus proche. Ce doit être La Haye, que l’on voit là-bas.

 

Il agita un index ganté vers le port industriel hollandais.

 

-         Nous trouverons bien un train pour Amsterdam et de là, un train pour Varsovie. Ensuite…

 

Lyovitch cessa subitement soudain de marcher pour faire volte-face, toiser Arsène. Il arracha sa cigarette de ses lèvres, et la fumée grise s’échappa dans l’air frais matinal.

 

-         Dites-moi que vous n’avez pas de problèmes avec les trains, au moins.

 

Il pinça les lèvres, et son regard fut dévié vers l’horizon. La mer était devenue plus calme. Les orages s’étaient éloignés.

 

-         Vous avez compris que nous n’allons plus en Sibérie mais directement en Turquie, dit-il.

 

C’était à demi une interrogation, à demi une affirmation. Les yeux clairs du slave revinrent à Arsène, transperçants.

 

-         Où en sont vos cours de russe ? Avez-vous compris un traître mot de ce que mes frères et moi avons pu dire ?


 

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Publié par Arsène Jones le 20/08/2022 à 17:57:59

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Nature du TW : Drogue

Pendant le trajet, t'as pas dit un mot. Tu t'es contenté de ressasser encore et encore cet instant de faiblesse pathétique que tu as eu face à Lyovitch en revenant vers lui aussi facilement. Sur le coup, ça te paraissait la meilleure chose à faire quand tu t'es rendu compte de ce que ça signifiait de partir. Mais tu t'en veux de t'être habitué à lui aussi facilement. T'as jamais eu besoin de personne, te complaisant dans ta solitude, et la liberté que ça te conférait, malgré les problèmes qui venaient avec. Mais depuis cette nuit où vous avez sauté du même arbre, tu n'as eu de cesse d'avoir besoin de lui, que tu le veuilles ou non. Quand il t'a récupéré dans la rue, quand il t'a récupéré après Béber, quand il est venu à ta première audience, quand t'as voulu en finir, quand il a fait en sorte que tu récupères ta baguette... Après une vie complète de solitude, il s'est rendu indispensable, parce que tu t'es rendu compte que c'était pas si mal, de pouvoir compter sur quelqu'un. Même si le quelqu'un en question a un sens de la mode complètement arriéré et une tendance non négligeable à être persuadé que tout le monde va lui obéir sans discuter.

 

Ton balai sur l'épaule, sac sur le dos, ta capuche cache toujours tes cheveux qui ont repris leur teinte habituelle, malgré les pensées dans lesquelles tu es plongé. Tu profites qu'il avance devant toi pour t'envoyer une pointe de slick dans le pif. Pas suffisamment pour planer, juste pour te redonner un peu d'énergie après cette nuit interminable. T'as tout juste le temps de foutre le sachet dans ta poche qu'il te parle. Tu renifles plusieurs fois, histoire d'activer les neurones restants.

 

- Non, j'ai rien contre les trains.

 

Y'a sûrement une trace d'animosité dans la réponse, parce que t'as l'impression qu'il se fout de ta gueule. T'y peux rien si c'est pas ton délire de te retrouver dans un truc en acier avec quatre mecs dont trois que tu connais pas sous des tonnes d'eau sans la moindre possibilité de t'en aller par toi-même. En fait, t'as juste un instinct de survie, voilà tout. Le changement de destination t'importe peu à la base, et pourtant, tu ne peux t'empêcher de ressentir une pointe de culpabilité, conscient que c'est entièrement de ta faute. Tu réponds par un simple grognement affirmatif, jusqu'à ce que la question qui fâche soit posée. Tu hausses les épaules, préférant reprendre la route que de t'attarder sur la gueule de Lyovitch en entendant ta réponse.

 

- J'ai rien compris du tout. J'ai pas r'vu Mad'moiselle Revmir d'puis... Un bail.

 

Depuis que t'as débarqué chez elle et qu'il y avait l'autre abruti tout amoureux et dégoulinant d'insignifiance. Depuis qu'elle t'a embrassé alors que t'avais rien demandé. Depuis que tu l'as enchaînée à son lit - et ça c'était vraiment trop chelou pour toi. 

 

- Qu'est-c'que ça change, parlent pas russe en Turquie t'façon.

 

Apparemment, ta petite déclaration en revenant au sous-marin ne t'a pas mis de bonne humeur. Faut dire que t'es rarement de bonne humeur. Coinçant ton balai dans la sangle de ton sac, tu te roules une clope que t'allumes dans la foulée. Plus encore que l'angoisse du sous-marin, ce qui te reste en travers de la gorge c'est la gueule de ses frères. La façon qu'il a eu de gérer ses retrouvailles avec eux, alors même que t'étais pétrifié comme un con au sol. Celle dont il s'est jeté sur Ivan pour s'assurer qu'il allait bien. Il t'a pas raté non plus, t'as juste eu le bon goût de rester debout, mais quand lui a eu droit à des soins, toi t'as eu le droit à ton ticket de sortie. Tu aurais pu te douter que sa famille passerait toujours avant. C'est même plutôt évident. C'est juste que le constater, ça reste chiant. Il peut répéter le contraire autant qu'il veut. T'es personne. Parce que tu ne seras jamais la priorité de qui que ce soit, même si Lyovitch est toujours là. 

 

- Alors, s'passe quoi avec les Mimbulus ? Z'aviez dit qu'il y avait des problèmes.

 

N'importe quoi vaut mieux que tes pensées pour le moment. Et puis, ça peut pas faire de mal de se renseigner. Tu renifles encore une fois, à la recherche d'un résidus de poudre au fond de ta narine, tout en aspirant une nouvelle bouffée de ta clope.


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Publié par Lev M. Lyovitch le 02/09/2022 à 18:06:48

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Nature du TW :

-         Ça change que tout le monde parle anglais, justement, et que les turcs comprendront donc ce qu’on se dira. Un atout de moins.

 

Lyovitch avait décoché un regard aiguisé à Arsène quand celui-ci était passé devant lui. Pourquoi le gamin reniflait-il ? Est-ce qu’il pleurait ou est-ce qu’il se fichait encore des trucs dans les narines ? Le professeur soupira. Il n’avait plus envie de se battre. La nuit avait été bien moins reposante que prévue. Et puis, l’information que Jones et mademoiselle Revmir ne se voyaient plus était suffisante pour l’apaiser. Momentanément tout du moins. Le professeur reprit lui aussi sa route. Il fumait lentement malgré leur progression rapide.

 

Nouvelle œillade pour Jones.

 

-         Mmh-mmh, acquiesça-t-il pensivement en inspirant une bouffée sur le cylindre chaud. Ok, j’aime bien cette attitude. Je préfère.

 

L’anglais de Lyovitch était toujours correct, mais sur certains mots, les traces de son accent slave étaient particulièrement marquées. Ou bien était-ce parce qu’il venait de parler avec ses frères que le dialecte de son enfance lui revenait en consonnes plus liquides et en O pointus.

 

-         Il se passe que quelqu’un là-bas nous l’a fait à l’envers. On va passer moins de temps à cueillir des fleurs qu’à traquer des gnomes pour leur inculquer un peu de politesse.

 

Une leçon de politesse à la Lyovitch, bien sûr.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le continent eurasiatique était traversé de toutes parts de trains magiques. Il n’avait pas été difficile, finalement, de trouver un transport pour Amsterdam et de là, grimper à bord de La Ligne Envoûtée TransEurope, qui les avait conduits jusqu’à la Mer Noire, en Roumanie. Là, ils avaient dû prendre un bus semblable au Magicobus, dans lequel ils avaient dormi dans des couchettes jusqu’à Istanbul. On les avait réveillés là, dans l’attente nerveuse d’un contrôle, mais finalement aucun sorcier officiel n’était monté à bord, et le bus magique était reparti.

 

 

C’était l’aube, encore, mais le lendemain, lorsque le bus les débarqua sur une route, en haut d’une colline sans végétation, sèche et fraîche : autour d’eux, à perte de vue, des collines désertiques. Une montagne franchissait un plafond de nuage avec, même en plein été, une toiture blanche recouverte de neige.

 

-         Le Mont Ararat, avait annoncé Lyovitch.

 

Quand le bus était reparti, ce fut le silence absolu. Ils restèrent un moment là, à contempler ce paysage moins chaud que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre. Moins peuplé, aussi. En contrebas d’une colline, les toits d’un minuscule village étaient visibles, mais aucun véhicule ne sillonnait les routes qui se déroulaient autour d’eux comme des rubans immobiles. Lyovitch avait réenfoncé son béret sur son crâne et il fronça les sourcils en jetant un regard circulaire autour de lui. Il écarta un instant les bras.

 

-         Bon, j’espère qu’on ne sera pas trop à l’étroit pour vous, plaisanta-t-il.

 

A sa manière, c’est-à-dire, avec un bref sourire désagréable. Il avait déjà sorti une cigarette, principalement parce que le chauffeur du bus et lui s’étaient disputés maintes fois parce que Lyovitch voulait fumer. Comme le chauffeur refusait, le bus devait s’arrêter régulièrement pour que le russe eût sa dose de nicotine, au bord d’une route, au milieu d’une ville, ou au milieu de nulle part. Enfin, il pouvait fumer de nouveau tranquillement. De ses deux doigts tenant la cigarette, il désigna le village.

 

-         C’est Köy Muhtari. Le village a l’air minuscule, mais en réalité, c’est un vrai point commercial pour les sorciers. Il s’y trouve un grand marché de gros, où les uns et les autres viennent passer des contrats.

 

Lyovitch posa les yeux sur Arsène avant de désigner le village d’un bref geste du menton.

 

-         Voilà ce que je vous propose, je pars en quête d’un petit déjeuner dans la ville, et vous allez vous balader dans le village. L’objectif est simple : vous voulez acheter des mimbulus, disons que vous voulez en ramener aux Etats-Unis, d’accord ? Annoncez vouloir en ramener une centaine pour, je sais pas, un projet personnel, inventez ce que vous voulez. Trouvez quelqu’un qui dit pouvoir vous en vendre, essayer de savoir le prix. Et des explications sur le prix, juste pour voir. Ok ? Dans le centre du village, il y a une mosquée. On se retrouve devant une fois que vous aurez fait votre petite enquête.

 

Lyovitch regarda de nouveau Arsène mais il fronça les sourcils.

 

-         Ah, ce serait bien que vous vous vieillissiez un peu, pour faire crédible. Faites-moi pousser une petite moustache,.

 

Le russe désigna sa propre lèvre supérieure, pour mimer le projet.


 

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