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Londres Chaudron Baveur Accoudés au bar, que ferons-nous ? [en cours]

Comptoir du Chaudron Baveur le 22 juin 2122

Publié par Azénor Philaester le 22/06/2022 à 15:46:33

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Chaudron Baveur, comptoir

22 juin 2122

rp privé ft. Sariel Fawkes

 

Tout au long de sa vie, Azénor avait connu des hauts et des bas. Toujours, son havre de paix avait été derrière un comptoir, à servir des habitués, des jeunes en quête d'aventure, des vieux qui en avaient fini de rêver, et parfois des nouveaux venus, cherchant le début d'une autre histoire. C'était l'endroit où elle s'ocrtroyait le droit de souffler. Irréprochable, les cheveux tirés, les cils allongés, le menton relevé, elle était maîtresse dans l'art de la beauté, la séduction, le paraître. Elle destestait les faibles, méprisait les ignorants, ne prenait en considération que celles et ceux qui pourraient un jour lui être utile. Ses longues années à la direction de Poudlard lui avaient laissé quelques vestiges, ceux d'une dame aimante parfois, stricte et exigente tout le temps. Elle avait peu d'amis, ne faisait confiance qu'en Lydie, et accusait les coups de la vie, les uns après les autres. Le dernier en date n'avait pas été de tout repos, mais elle avait survécu, comme toujours. Son coeur de pierre brisé, elle avait continué sa vie sans une larme, sans un regret. Elle prenait grand soin de ne plus y penser. 

 

Accoudée à son bar, elle regardait les allers et venues, s'amusait des soulards, essuyait d'un coup de torchon ou deux des verres mouillés. Elle faisait quelques allers retours bar et salle pour prendre les commandes, refaire les tournées. Il était tard ce soir-là, la pluie ne cessait de tomber, rafraichissant la chaleur étouffante des milieux de journées de l'été 2122. Une enceinte au fond de la salle principale offrait aux clients une ambiance presque festive; mais depuis le comptoir, on n'entendait que des bribes d'air de musique à deviner. Ce sepectacle d'ivresse et de rires insonores lui donnait l'impression que tout était encore possible. Elle vacillait en permanence entre ce qu'elle voulait, ce qu'elle pouvait et ce qu'elle aurait pu. Ce monde ne lui convenait plus, mais c'était tout ce qu'on avait à lui offrir. Il fallait se contenter et survivre, sinon, la descendance en serait marquée à jamais. Alors elle affichait un sourire parfois, pour inciter les clients à reprendre des tournées, pour s'inciter elle-même à se dire qu'elle allait s'en sortir. Bien-sûr, elle reseterait digne, irréprochable, parfaite, à jamais. Les doutes, les peurs, les blessures, resteraient cachés, à l'interieur. 

 

Un homme entra, immense, à l'allure russe, tatoué sur le bras. Elle eut le souffle coupé. Elle voulait crier, lui supplier d'accepter son pardon, sauter dans ses bras, lui dire que tout allait s'arranger. Elle s'arrêta un instant de respirer; l'homme alla rejoindre ses amis à une table éloignée. Un regard vers le comptoir; ce n'était pas lui. Ce n'était pas son visage, ni sa voix, ni son regard, aucun de ses traits n'était parfait, sa peau n'était sans doute pas douce, ses mots ne promettaient pas la beauté. Un frisson parcouru la poitrine d'Azénor, elle déglutit, fit craquer légèrement son cou. Ce n'était pas lui. L'espoir naquit encore une fois quand la clochette de la porte d'entrer se remit à vibrer.

 

 


@lydie


Publié par Sariel Fawkes le 23/06/2022 à 14:27:56

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TW : des mots crus

 

Il avait reçu la demande de divorce par courrier. Une missive siglée du Département de la Justice Magique, qui, entre autres choses, lui indiquait que sa femme, Irene Fawkes, née Galbraith, préférait se faire appeler "ex-femme", désormais. 

Au début, le format de l'annonce l'avait quelque peu étonné. Sariel n'était pas au courant que sa femme le méprisait au point de ne plus vouloir de lui. Il se doutait bien que les choses n'étaient plus les mêmes, que la passion des premières années s'était étiolée au profit d'un respect pudique mais mutuel. Respect bien souvent menacé, à cause de ses quelques infidélités et de sa solitude presque envahissante. Mais il ne lui était jamais venu à l'esprit que sa femme ne l'aimait tout simplement plus. Qu'elle pouvait ne plus l'aimer. 

 

L'étonnement céda vite à l'amusement. Il pensa à cet administratif débile qui avait rédigé ce courrier, à cette même personne qui avait peut-être reçu sa femme, pris sa demande en compte, offert son épaule non pas en guise de prêt à pleurer mais plutôt en crachoir gratuit. Il songea aux avocats véreux qu'Irene pourrait embaucher, qui le prendraient non seulement pour un con mais le feraient aussi passer comme tel. Parce que c'était ce qu'il était, dans toute cette histoire : un pauvre con qui n'avait pas réalisé que sa femme ne l'aimait plus et voulait le quitter.

 

Il n'y avait pas eu d'avertissement, pour sa défense. Ils ne faisaient même pas chambre à part. Baisaient encore de temps en temps. Ce n'était plus la même chose, mais Irene était restée sa muse tout ce temps-là. Il la trouvait plus belle de jour en jour, malgré les rides du sourire qui perçaient sur son visage. Elle avait toujours eu ce rictus de bonheur gratuit au coin des lèvres et en plissement d'yeux. Elle avait toujours été belle comme un soleil, malgré ses démons bien identifiés. Féroce, rebelle et brillante. Et maintenant, elle était lassée de lui au point de vouloir l'éjecter de sa vie. Le reléguer au statut d'histoire passée et qui n'a pas marché. "L'histoire d'une vie".

 

Au fur et à mesure des verres, l'ironie mordante muta en dépit et ressentiment affligé. Irene venait officiellement de le quitter et ne lui avait même pas dit en face. 26 ans de mariage, une gamine de neuf ans à peine et un ado en crise. Voilà ce qu'elle laissait, et ce qu'il récoltait.

Au fond, il s'en foutait pas mal des gamins. Il n’avait jamais vraiment aimé les marmots et deux dans une vie lui suffisaient amplement – c’était même déjà de trop. Ce n’était pas comme si Sariel lui en aurait refait. Et elle s’occupait très bien d’eux toute seule. Ce qu’il avait vraiment perdu, dans toute cette histoire, c’était sa meilleure alliée.

 

La bouteille se vida bien trop vite, et lui-même se sentait vide, désormais. Il était tard, Irene n’était même pas rentrée et Cain, visiblement, l’accompagnait. Ça avait toujours été une mauvaise idée de la laisser à son père. En faisant tourner son verre vide entre ses deux paumes engourdies, Sariel repensa, avec une pointe d’affection, à la fois où il avait failli lui broyer le crâne alors qu’elle n’avait que six jours.  

Il secoua la tête pour chasser ces souvenirs parasites. L’alcool le mettait dans un dangereux état : celui d’une nostalgie qui ne lui ressemblait pas. Pour autant, le sorcier n’était pas décidé à s’arrêter là et décréta, en se levant maladroitement de son canapé, qu’il était temps de faire subir à son foie la dose supérieure. 

 

L'air frais lui en boucha un coin. La pluie battante également. Il avait failli faire demi-tour au bout de la ruelle abritant son logis, mais se rendit compte qu'au lieu de le miner, cemauvais temps tardif lui rendait au contraire l'ivresse plus supportable, presque rafraichissante. En croisant quelques autres suppôts de Bacchus dans les premières ruelles adjacentes au Chemin de Traverse, le nouvellement célibataire qui ne l'avait même pas encore vraiment réalisé, flaira bon que le fameux Chaudron Baveur n'était plus très loin. Sa pâteuse avait laissé place à une soif irrépréhensible, une soif de fauve, et en poussant la porte du bar, Sariel s'effraya presque au son de la clochette, avant d'éviter soigneusement du regard la personne qui se tenait derrière le bar. C'était une femme, d'après sa vision périphérique.  Et visiblement un parfait spécimen ; il ne voulait certainement pas qu'elle le voit comme ça. 

- Oups, pardon, destiné à la clochette, apparemment. Et pas la Fée.

Sa voix n'était plus qu'un murmure enroué, désaccordé. Il appela à l'aide le tabouret qu'il prit pour cible, l'affaiblissant à peine de son postérieur. Et daigna enfin chercher du regard l'angelot de service pour la soirée. 

- Ne faites vraiment pas attention à moi ce soir et servez-moi verre sur verre. Même si je tombe à terre à un moment ou à un autre, évanoui ou mort. Tant pis pour la gueule de bois post-mortem.

 

Personne de sensé ne répondrait positivement à ce genre de prérogatives, mais Sariel s'en fichait. Tout ce qu'il voulait, c'était boire. Boire et aligner. Boire et aligner.

- Un Pur Feu, par pitié. 


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Lïnwe

 


Publié par Azénor Philaester le 23/06/2022 à 16:27:34

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Un homme entra sans son bar. On voyait à son allure que le Chaudron Baveur n'était pas sa première halte de la soirée. Il s'excusa auprès de la clochette qu'il avait fait teinter, ce qui fit souffler du nez une Azénor amusée. L'energumène arriva difficilement à s'installer sur un tabouret du comptoir, leurs regards se croisèrent, elle, souriait très légèrement, d'un sourire presque imperceptible, qui ne le jugeait pas. Alors qu'il commandait de quoi le mettre d'avantage six pieds sous terre -si tant était que cela soit possible- Azénor le scrutait, de ses yeux inquisiteurs, de son regard troublant, perçant. Il était dans un état pas possible, et il buvait sans doute pour remettre au lendemain la résolution de son affaire personnelle. Peut-être cherchait-il le calme, la solitude, la sérénité. Ou alors des compagnons de route et d'infortune pour oublier la soirée et passer plus vite au jour suivant. Néanmoins, Azénor s'éxécuta, sortit un verre de wisky, y plongea quelques centilitres de Pur Feu. Elle fit ensuite glisser le verre vers l'inconnu, sans se gêner de le regarder. Qui était cet homme qui était venu se réfugier chez elle, un soir d'été pluvieux ? Il parraissait relativement âgé, milieu de quarantaine, il avait de beaux yeux sombres; qui seraient sans doute plus beaux encore sans l'alcool ruinant son charme ténébreux. Son état lui rappelait le sien, si elle s'était laissée emporter à ses émotions de femme brisée. Il avait vécu beaucoup, connaissait aussi le poids de la vie, celui qui laisse des marques indélibiles sur le corps, qui donne des coups sur le visage. Il avait quelque chose chez cet homme qui ne lui disait rien qui vaille, pourtant, elle s'en sentait aussi attirée. Comme un mystère particulier pour lequel elle se serait donner la mission de le découvrir. Vous r'ssemblez à rien. Serait-il violent, serait-il à son tour taquin? Azénor se savait protégée, de par sa place, de par ses compétences, de par sa sobriété. 

 

Trop intriguée par cet homme qu'elle n'avait encore jamais vu, elle fit quelque chose qu'elle ne faisait jamais; alla chercher un tabouret stable, et reprit la bouteille de Pur Feu de sous le bar. Elle fit virevolter un deuxième verre de whisky jusqu'à elle grâce à ses doigts manumages, et se serva à son tour l'équivalent d'une ou deux gorgées. Une seule règle, pas de prénom, pas d'attache.  D'une traite elle engloutit la totalité de son verre, non sans une grimace de dégoût. Le wisky n'était pas ce qu'elle préférait. Qu'est ce qui vous amène ici? Elle le fixait, de ses yeux sombres et brillants, espérant qu'il se prendrait au jeu. Elle aussi, avait le droit de souffler, de lâcher prise, de préferer remettre au lendemain ce qu'elle avait à penser en cet instant. Elle reservit l'homme qui lui faisait face, l'incitant en regard de prendre son pari; de simplement jouer ce soir, se fichant du reste et du monde qui pouvait les pointer du doigt. Il n'était pas particulièrement difficile pour Azénor de le scruter et de savoir à quoi il pensait, elle s'en interdit pourtant, préférant devenir quelqu'un d'autre. Ni Azénor Philaester, ni l'ambassadrice du Ministère, ni la propriétaire du bar. Simplement une femme, assise, accoudée sur le comptoir. 


@lydie


Publié par Sariel Fawkes le 24/06/2022 à 10:29:08

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L’angelot s’exécuta, aussi rapide que l’éclair, fit glisser les quelques gouttes de son remède au désespoir, vers le sorcier pathétique penché sur son comptoir. Il sentait le regard de la Belle sur lui, se sentait plus que Bête à ce moment précis. Trouvait-elle le quadragénaire solitaire, déjà bien imbibé par l’alambic, tout aussi méprisable et ridicule que sa femme semblait le penser désormais ? Impossible, il n’était qu’un poivrot de plus dans l’échoppe. Sans identité, presque sans visage reconnaissable. Derrière ces mirettes ombrageuses, comme un soir pluvieux d’été, comme ce soir-là même, se cachaient des pensées qu’il ne pouvait même pas toucher du bout d’un doigt. Et il ne le désirait pas. Elle conserverait ainsi sa part de mystère.

Ses doigts à l’habileté naturelle, habileté un peu engourdie par son ivresse latente, agrippèrent le verre comme un dernier recours, une sorte de rédemption à son malheur. Il ne cilla même pas quand la voix suave de piquant, face à lui, lui indiqua qu’il ne ressemblait à rien. Effectivement, il ne ressemblait à rien du tout. A moins que rien. Dans toute son humanité. Affligeant et affligé.

- Je n’ai jamais autant été moi-même que ce soir, pourtant, murmura-t-il, ses lèvres amoureusement collées à son verre.

 

Ses yeux plongèrent à nouveau dans ceux de la créature qui… avait visiblement décidé de rompre sa solitude de pilier de bar. Il hésita à lui demander ce qu’elle croyait faire là. Lui intimer que ce n’était vraiment pas une bonne idée. Qu’il valût mieux pour tout le monde que Sariel reste seul, là, dans son coin, comme une décoration délabrée et à laquelle personne ne ferait attention. Avec un peu de chance, une araignée tisserait sa toile sur son corps évanoui et on finirait par l’oublier. Il ferait définitivement partie des meubles.

Le sorcier nota sa maîtrise de la Manumagie avec un haussement de sourcils agréablement étonné, ce qui le détendit un peu. Il avait visiblement affaire à une sorcière de qualité supérieure, un label peu commun et qui la rendait, en tant que barmaid, d’autant plus efficace, professionnelle et…

Bref, le charme fit son effet. Sariel était tenté. Sur un seul mouvement de doigts, certes, mais les doigts parlaient d’eux-mêmes. Avaient un langage bien précis ; celui du corps, du toucher, de la sensation, émoi tactile en réponse à la pulpe des doigts.

- Je n’ai pas une très bonne relation avec les règlements d’habitude, mais dans ce cas de figure, je devrais pouvoir faire une exception, déclara-t-il d’un ton soudainement un peu plus vivant, comme un feu couvant dans sa gorge – ou peut-être était-ce le whisky.

Il se décida à en remettre une couche en vidant alors son verre d’une traite, imitant son interlocutrice, et en demandant la petite sœur d’un aller-retour de coups d’œil.

- Un mauvais vent, je suppose, répondit-il du tac au tac, lorsqu’elle lui demanda ce qui l’amenait ici. Dans un haussement d’épaules : Je crois que je me sentais seul, mais que j’avais envie de me sentir seul mais entouré.

Peut-être qu’elle avait bien fait, finalement, de s’intéresser à lui. De ne pas se contenter de le servir, verre sur verre. De prendre ce tabouret et d’espérer trouver des réponses à ce qu’il interrogeait en elle, par sa simple existence. Peut-être qu’elle aussi, se sentait seule, derrière ce comptoir. A voir le monde défiler, les autres ne s’arrêter que pour répondre à des besoins primaires, au demeurant superflus. Peut-être qu’elle n’avait que ces faibles liens sociaux, derrière lesquels cacher une tristesse sourde, un exil involontaire. Elle était peut-être plus proche de lui qu’il ne l’avait imaginé, encore plus en tant que compagnie de comptoir. Infortune mais au fond, vraiment désirée.

- C’est ce que vous devez ressentir ici, non ? Intouchable derrière votre comptoir, jamais vraiment atteinte par les autres. Je vous envie, quelque part. Vous êtes protégée de l’ivresse alors que vous la distribuez. Ses yeux rencontrèrent le verre vide entre ses doigts. Ou peut-être plus hors d’atteinte pour longtemps, si vous tenez vraiment à me suivre.

Il ne risqua pas à repenser que c’était une mauvaise idée. Il préférait voir où les choses les amènerait. Elle, lointaine et pourtant si proche, et lui, si proche mais si lointain.


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Lïnwe

 


Publié par Azénor Philaester le 25/06/2022 à 16:42:58

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Azénor s'éxécutait, remplissait son verre au rythme de sa décadance. Vraissemblablement, ils se ressemblaient. Ils étaient deux crétins sur lesquels le monde avait craché. Elle aimait inventer des vies à ces inconnus qu'elle voyait défiler. Celui-ci avait quelque chose de mystérieux dans le regard, d'intrépide dans la voix, de fou dans l'existence. Elle le décida ce soir; il s'appellait Henry, avait vécu quarante six longues années qu'il finissait par trouver bien longues. Après Poudlard, chez les érudits, ou alors peut-être chez les vicieux... oui, il avait séjourné chez les Serpentard;  il avait continué les études dans la littérature, s'était passionné pour l'Histoire et par un brin de magie noire. Il s'était marié jeune, avait eu un fils, puis sa femme était morte, quelques courtes années plus tard, tirant un trait non sans cicatrice à une petite famille parfaite. Il avait continué sa vie seul, voyageant parfois, pour remonter les traces de cette Histoire belle et précieuse qu'il aimait tant. Loup solitaire, il ne voyait plus trop son aîné, qui avait fait carrière dans la menuiserie et était passionné de Quidditch. Il habitait un bel appartement londonien, un peu petit à son goût, mais il n'y manquait rien. Pour contrer sa solitude évidente, il avait adopté un chien, nommé Doggy, et puis un chat, noir aux poils longs, comme Freddie. Casanier, il ne sortait pas beaucoup, ou alors seulement quand il avait envie de se sentir seul, mais entouré. Azénor tiqua sur ses mots, c'était l'histoire de sa vie. Solitaire, aimant la paix, le calme, elle s'était prise parfois, à haïr le sentiment de solitude qu'habituellement elle adorait, par manque d'entourage, manque de reconnaissance et d'association. Cheers to that! (santé à ça) Elle leva son verre vide, et trinqua à leur solitude respective. Ses mots étaient justes, forts, ils relataient la vérité pure et parfaite. Derrière son comptoir, elle était intouchable, protégée, spectatrice, rien ne pouvait lui échapper, elle offrait l'ivresse oui, qu'elle jalousait parfois. Un sourire au coin des lèvres, elle se reservit du pur feu et ricana à sa proposition fortuite. Vous allez devoir faire bien mieux que ça. Regard faussement désolé, supsens dans sa voix; elle attrapa son verre qu'il avait engloutit, et le remplit jusqu'à ras bord. 

 

Bien que proriétaire du Chaudron Baveur, Azénor ne buvait que très peu. Elle trouvait repos et réconfort dans une tasse de thé bien chaude et un livre passionnant, bien plus que dans l'ivresse et les souvenirs brouillés. Elle n'était pas contre pour autant, ne jugeait rien ni personne pour leurs excès. La vérité, c'est qu'elle s'en fichait. C'est pourquoi son deuxième verre de whisky se fit sentir dans le gosier, puis dans ses jambes, alourdies, puis dans son regard, moins brillant, plus sombre. Elle ôta sa veste, découvrant ses épaules relativement larges et fragiles, et la déposa sur un côté du bar. D'une démarche féline et séductrice, les épaules tirées, le menton relevé, elle contourna le comptoir et fit soudainement bouger un tabouret d'une poignée de main ferme, pour se retrouver plus dangereusement proche de l'inconnu. Elle s'assit doucement, lentement. La bouteille de Pur Feu vint attérir dans sa main, grâce à une simple incantation informulée. On va jouer à un jeu. Celui qui dit une bonne réponse fait boire l'autre. Juste une gorgée. Vous regardez dans mes yeux, et vous devez deviner quelque chose. Si c'est faux, vous buvez, évidemment. Et si c'est vrai... Elle haussa les sourcils, le regarda d'un air invocateur, terminant son verre d'une traite. 

 

On pouvait dire qu'elle s'était prise à son propre jeu. Que l'idée de chasser toute pensée négative de sa tête, toute vérité, toute similitude à sa vie banale et infernale était bonne à prendre, bonne à tenter. L'alcool montait dans sa tête et lui changeait les idées. Elle était prête à rire, à pleurer, tout pour oublier la merde qu'elle vivait.