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Académie Poudlard Salles de Classe Défense contre les forces du Mal Dans ma valise il y a... [Terminé]

Bureau du professeur de DCFM le 18 juin 2122

Publié par Arsène Jones le 23/06/2022 à 12:34:48

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Nature du TW : Vulgarité, violence, drogue

LA mutuels

 

Te voilà donc de retour à Poudlard, baguette en poche. Tu la serres régulièrement entre tes doigts, comme pour t'assurer qu'elle est bien là, que tu l'as bien retrouvée. T'y croyais plus. Finalement, revenir au château n'est qu'une petite concession pas bien compliquée à faire pour retrouver ce bout de toi. Tu ne t'en sépareras plus jamais. T'as vite fait de grimper les escaliers qui mènent au dortoir des Gryffondors pour retirer ce putain de costume que Lyovitch t'a forcé à porter pour ton retour. Encore pour faire bonne impression, juste au cas où tu serais tombé sur la direction. T'as l'impression d'être un putain de pingouin là-dedans. Heureusement que tes affaires t'attendent sur ton lit. Mais à la place de ton sac, tu trouves une valise que t'as jamais vue. Et tu trouves déjà que ça pue du cul. Tu t'approches pour l'ouvrir, et aussitôt ta voix s'élève.

 

  • - Mais putain ! C'une blague ?

 

Des chemises parfaitement pliées, des vestes de costume, des cravates, un béret, un putain de peigne en métal, des bretelles, des pantalons de vieux bien assortis à tout ça, y'a même des espèces d'élastiques en métal dont tu ignores complètement l'usage. Tu dégages tout de la valise avec des gestes rageurs, pour fouiller dedans frénétiquement à la recherche de t-shirt ou de jeans. Et de ta veste. Putain, y'a pas ta veste. Y'a rien à toi là-dedans, même pas ta paire de Vans, juste des chaussures cirées dégueulasses. 

 

  • - Non, non, non...

 

Les fringues ont volé partout autour de toi, tandis que tu agrippes tes boucles d'un air effaré en contemplant le fond complètement vide. T'avais tout ton matos dans ton sac, t'as même pas un peu d'herbe pour t'aider à te calmer. Tes poings se serrent, tandis que tes cheveux prennent soudainement une couleur rouge vif lorsque l'image de Lyovitch s'imprime dans ton esprit. Tu vas le tuer. Quel enfoiré. Il a voulu que tu viennes en costard juste pour s'assurer que t'aurais aucune de tes fringues sous la main. D'un coup de baguette, tu renvoies tout dans la valise en chiffons, pour la refermer avec hargne, coinçant quelques bouts de tissus qui dépassent. Ta baguette s'agite de nouveau pour faire léviter la valise devant toi, la faisant se bouffer la moitié des murs sous la colère. T'arrives rapidement dans la salle de classe de Défense contre les Forces du Mal, non sans avoir bousculé plusieurs gamins au passage, manquant de les assommer à coups de valise volante. 

 

Une fois devant la porte du bureau, tu saisis la poignée. Aussitôt, une intense brûlure se fait ressentir sur la paume de ta main tandis que la décharge électrique habituelle t'envoie un peu plus loin. Mais la douleur t'importe bien peu, et n'a eu que pour effet de laisser la valise retomber au sol. Alors tu tambourines à la porte de toutes tes forces en gueulant.

 

  • - OUVREZ ! OUVREZ PUTAIN ! J'VAIS VOUS TUER ! OUVREZ !

 

Et contre toutes attentes, la porte s'ouvre effectivement, sur un Lyovitch à l'air ravi. Et t'as beau avoir ta baguette en main, c'est pas des sortilèges que t'as envie de lui lancer, mais bien ton poing dans la gueule. Alors le bout de bois disparaît bien vite dans ta poche tandis que tu te jettes sur lui avec un cri de rage.

 

  • - ESPECE D'ENFOIRE ! MES AFFAIRES ! QU'EST-C'QUE VOUS AVEZ FAIT D'MES AFFAIRES ?

 

Les poings s'abattent sans viser un endroit en particulier. Visage, ventre, bras, n'importe quelle ouverture est bonne à prendre. Cet enfoiré prend un peu trop de liberté avec toi. Tu détestes qu'on touche à tes affaires. Et au-delà du look de merde qu'il veut te faire adopter, c'est bien pour ta veste et ta drogue que tu lui en veux. T'as besoin des deux. 

 

- J'VAIS VOUS TUER, J'VOUS JURE J'VAIS VOUS TUER !

 

En tous cas, t'es complètement déchaîné, et t'as visiblement pas envie de retenir le moindre de tes coups. Et t'en prendre en retour n'a pas l'air de te déranger plus que ça. 


Publié par Lev M. Lyovitch le 23/06/2022 à 13:31:05

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Nature du TW : Violence

TW : violence

LA Arsène

 

 

 

Lyovitch avait accusé réception du boulet de canon en prenant une droite bien sentie dans les côtes. La porte repoussée à la volée par Jones frappa le mur, y rebondit et se referma en un claquement qui couvrit à peine le fracas avec lequel les deux silhouettes percutèrent une armoire qui chancela. Le contenu tinta désagréablement dans la pièce tandis que Lyovitch tentait désespérément d’immobiliser Jones. Mais le gamin était déchaîné. Il récolta d’un autre poing dans la figure avant de réussir à repousser l’adolescent d’un coup bref contre la poitrine. Jones faillit tomber à la renverse mais se rattrapa de justesse à un meuble où sa main rencontra, au hasard, le cendrier de porcelaine au-dessus duquel ils avaient si souvent discuté. L’instant suivant les doigts du gamin s’étaient refermés sur l’objet et il se jeta de nouveau sur Lyovitch.

 

-         JONES ARRET… Ah !

 

Cling !

 

Lyovitch avait attrapé Jones par la chemise mais le bras du gamin avait atteint sa cible et la porcelaine avait volé en éclat sur le crâne du professeur. Le coup le sonna un bref instant durant lequel il resta agrippé au diable avec la ferme intention de l’immobiliser. Et comme l’autre ne se calmait pas malgré le coup qu’il venait de porter, Lyovitch attira Jones par le col et lui colla de toutes ses forces son front dans la figure. Le nez du gamin se rompit avec un crac!  bref avant que le professeur l’envoyât valser contre la porte.

Lyovitch profita de ce bref temps de répit pour porter la main à sa tempe qui s’était couverte d’un filet de sang rougeoyant. Il constata le liquide visqueux sur ses doigts avec une grimace douloureuse.

 

-         Petit con !

 

L’instant suivant, il sortait sa baguette de sa poche et la pointa sur Jones…

 

-         Collaporta !

 

La porte qui soutenait encore la silhouette du gamin se verrouilla avec un étrange bruit de succion. Puis Lyovitch jeta sa baguette vers le bureau où elle atterrit dans un tintement contre le bois sombre. Il retroussa ses manches, ses yeux glacés fixés sur le gosse. Sa chemise était rougie d’une goutte de sang sur l’épaule, qui avait roulé le long de sa joue. Un sourire étira subitement ses lèvres.

 

-         Allez, viens Jones ! aboya-t-il. Qu’on voit un peu si l’arracheur en a toujours autant dans l’bide, maintenant qu’il a un garant, hein !

 

Il y avait de la moquerie dans sa voix. Une moquerie joyeuse. Mais quand même, sa tempe pulsait une douleur désagréable. Il s’en occuperait plus tard. Il avait levé les mains devant lui, prêt à réceptionner le gamin pour poursuivre une bagarre qui avait mal débuté, et qui terminerait probablement tout aussi mal.


Publié par Arsène Jones le 23/06/2022 à 14:24:00

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Nature du TW : Violence, sang, vulgarité

TW violence, sang, vulgarité

 

Ce con t'a pété le nez. Et ça fait super mal. Tes mains l'entourent en un cri tandis que la douleur irradie toute ta tête avec force. Quelques miettes de porcelaine se sont fichées dans la paume de ta main et sur tes doigts, la même main qui a été brûlée sur la poignée de la porte du bureau. Mais tu le sens à peine, il n'y a que ton nez, et le sang qui barbouille tes mains. Tu places tes doigts de chaque côté, en essayant de passer outre le fait que le moindre frôlement te donne envie de hurler. Après une grande inspiration, les yeux fermés, tu replaces le tout d'un coup sec, le mieux que tu peux, tandis qu'un grognement de souffrance et de colère mêlé s'échappe de ta gorge. Putain, ça fait un mal de chien. Et c'est sûrement pas super bien remis, mais ça t'évitera de trop douiller plus tard. Tu relèves les yeux sur Lyovitch alors qu'il pointe sa baguette sur toi. Tu soutiens son regard, la respiration courte, les cheveux toujours aussi rouges, et du sang plein la tronche et les mains, ton air de défi toujours bien présent. C'est pas un nez cassé qui va t'empêcher de lui faire comprendre que tu l'emmerdes.

 

Heureusement pour toi, il se contente de fermer la porte. T'aurais pas pu éviter un sortilège d'attaque, ni même riposter, le temps d'attraper ta baguette dans ta poche et il t'aurait eu. Mais Lyovitch aime se battre à peu près autant que toi. Et ça pourrait te tirer un sourire si t'étais pas si énervé contre lui. S'il t'avait pas fait ce sale coup. Alors quand il ose te provoquer, tu ne perds pas une seconde pour foncer sur lui avec un nouveau cri de rage, pour le saisir à la taille et tenter de le plaquer au sol. Mais il s'était préparé à ton attaque, et parvient à garder son équilibre tandis qu'il abat ses coudes violemment sur ton dos qui lui est offert. Tu te redresses presque aussitôt, pour saisir sa chemise à deux mains. T'as tout juste le temps de lui envoyer ton genou dans l'estomac qu'il se libère de ta prise d'un mouvement ample t'obligeant à le lâcher.

 

Un nouveau coup part vers son visage, mais il parvient à le bloquer, tandis qu'il riposte presque aussitôt, pour éclater ton arcade sourcilière. Et tu te sens terriblement bien, la douleur presque anesthésiée par l'adrénaline, seuls les prochains coups comptent. Tu le cueilles en pleine mâchoire, juste avant qu'une balayette ne manque de te faire chuter. Tu te retiens à lui, t'accrochant de toutes tes forces en passant un coude autour de son cou, sans la moindre volonté de le lâcher. Et l'idée est là, tandis que tu ne tiens debout que pas la force de tes bras, et que son oreille s'offre à toi. Tu hurles.

 

  • - JONES L'ARRACHEUR ESPECE D'ENFOIRÉ !

 

Et il n'a qu'à bien se tenir, parce que tu le chopes directement à l'oreille dans la foulée, tes dents mordent déjà la chair, pour sentir le cartilage fragile. Il ne te reste plus qu'à tirer, tu le sais. Et garant ou pas, tu lui feras une jolie Hypporeille. Par contre, t'es incapable de savoir si le sang dans ta bouche est davantage le tien ou le sien. Le coeur battant à tout rompre, complètement pris dans ce déchaînement de violence, tu resserres ta prise pour le grand final.


Publié par Lev M. Lyovitch le 23/06/2022 à 15:34:37

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Nature du TW : Violence, sang

TW : violence, sang

LA : Arsène

 

 

 

 

      OK ! OK ! STOP ! Aaah !

 

La douleur irradiait de son oreille vers son crâne. Le souffle chaud de Jones picotait la plaie à vif formée entre ses dents et Lyovitch grimaçait pour supporter le châtiment infligé tout autant que pour supporter le poids de l’adolescent pendu à son cou. Il tituba et son dos rencontra l’armoire qui protesta une nouvelle fois en tintant de tout son contenu, mais le professeur n’en avait cure. La main avec laquelle il avait essayé d’arracher Jones à son étreinte, par le col, lui tapotait désormais la nuque, d’une poigne ferme mais tranquille.

 

-         Stop. T’as gagné, ok !

 

Ce pouvait tout autant être une supplication pour obtenir le salut qu’une reconnaissance fière de la violence du garçon. La grimace de Lyovitch semblait plutôt prêcher pour la première possibilité – il avait pris de sérieux coups ici et là – tandis que son étreinte paternaliste exprimait la seconde option. Il serra Jones une dernière fois contre lui, ses doigts tenaces refermés sur sa nuque, avant d’utiliser cette même poigne pour repousser l’adolescent.

 

Et ô miracle : Jones avait desserré les dents.

 

Ils étaient tous les deux essoufflés quand chacun s’écarta de son côté, libérés soudain de cette étreinte bestiale. Lyovitch une main sur l’oreille qui dégoulinait de sang, déposa son crâne contre la vitre de l’armoire tandis qu’il fermait les yeux. Un bref sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’un rire silencieux saccada son souffle.

 

Par Merlin, qu’il n’avait plus si souvent l’occasion de se défouler, depuis qu’il avait quitté la meute.

 

Le silence avait repris ses droits, troublé désormais uniquement par leurs deux souffles. Jones reprenait le sien plus rapidement. Une lumière chaude filtrait par les fenêtres et baignait tout le bureau, y compris le visage serein de Lyovitch, traversé par des filets de sang qui avait coulé de sa tempe. Une marque rougissait à l’angle saillant de sa mâchoire, et sa chemise tâchée ne tenait plus correctement en place, négligée. Elle se soulevait et se rabaissait au rythme de sa respiration profonde. Un long soupir lui échappa, salvateur.

 

Quand Lyovitch rouvrit les yeux, il chercha Jones d’un regard en coin, hagard, comme pour vérifier que la bête n’allait pas l’attaquer de nouveau. Mais non.

Il s’efforça de se retourner, sa main tenant toujours son oreille dégoulinante de sang. De son autre main libre, il ouvrit l’armoire et plongea à l’intérieur.

 

Il n’en sortit pas une potion de soin, mais une épaisse bouteille où un liquide ambré tournoya lentement sur lui-même quand il alla la déposer sans ménagement sur la petite table près des fauteuils. Il entama un second aller-retour pour attraper cette fois deux verres, qu’il déposa d’un geste sec sur la même table.

 

-         Sers-nous, croassa-t-il tandis qu’il s’en retourner fermer l’armoire.

 

De son côté, il alla jusqu’au porte-manteau, tira un mouchoir de l’une de ses poches, avec lequel il épongea le sang qui avait coulé sur son visage. Puis il le chiffonna et le plaça avec un grognement sur son oreille douloureuse, avant de revenir pour se laisser tomber dans l’un des fauteuils.

 

-         Bon, nous revoilà rentrés à bon port, finalement, grommela-t-il comme s’il avait parlé de la météo.

 

Car oui, Jones était de nouveau à Poudlard et c'était une victoire en soi.

De temps à autre, Lyovitch écartait le mouchoir de son oreille pour voir la tâche de sang de plus en plus large sur le tissu chiffonné. Il grimaça de nouveau. Jones ne lui avait pas arraché l’oreille, mais il avait visiblement réussi à sectionner suffisamment son lobe pour qu’il dégoulina stupidement ainsi. Il secoua la tête en un signe négatif, mais un petit sourire flottait de nouveau sur ses lèvres. Ces douleurs qu’il encaissait avaient quelque chose de grisant.

 

-         Vous disiez quoi ? fit-il subitement en regardant Jones. Ah oui, vos affaires.

 

Il haussa les épaules en regardant par la fenêtre, avec un air dégagé.

 

-         Elles sont en sécurité. Je vous les rendrai dès que vous aurez terminé l’année. Vous risquez d’être très scruté par la direction jusqu’aux vacances, ça nous arrange tous les deux que vous ayez l’air irréprochable. Et puis…

 

Ses yeux bleus se portèrent de nouveau sur Jones, calmes.

 

-         Vos amis vous fourniront bien sur ces deux dernières semaines où on ne pourra pas risquer que vous soyez pris avec du matériel compromettant sur vous, Jones. Non ?

 

Car Jones avait des amis. C’était un point qui n’avait pas échappé à Lyovitch et dont il tenait compte. Des amis qui, pour certains, s’en allaient quand vous étiez à deux doigts de la mort, certes. Mais Jones choisissait bien qui il voulait pour s’entourer, tant que ça ne nuisait pas à Lyovitch directement.


Publié par Arsène Jones le 23/06/2022 à 16:52:23

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Nature du TW : Vulgarité, sang

TW vulgarité, sang

 

Tu l'as lâché lentement. Très lentement. T'as hésité, parce que tu voulais vraiment le faire, lui prouver ce dont tu es capable, et qu'il comprenne enfin qu'il a pas le droit de faire tout ce qu'il veut avec toi. Mais il a admis ta victoire. Et c'est finalement tout ce que tu voulais, gagner contre lui, pour une fois. Ta colère retombe comme un soufflet alors qu'il te maintient contre lui. Tu te rends soudainement compte que votre proximité, et t'es bien content qu'il te repousse rapidement. Tu recules de plusieurs pas, essoufflé, en avalant difficile ta salive et le sang resté dans ta bouche entre deux inspirations. T'as l'impression qu'on a placé ton crâne dans un dôme de résonnance, et la douleur revient petit à petit, te rappelant le prix de cette victoire. Tu regardes vaguement ta main, pour essayer de retirer les quelques petits morceaux de porcelaine qui s'y sont incrustés, mais tu trembles bien trop pour t'en occuper. 

 

Tu te débarrasses alors de ta veste de costume pour la laisser tomber sur le dossier du fauteuil que tu occupes habituellement. C'est que tout ça t'a donné sacrément chaud. Tu déboutonnes tes manches de chemise pour pouvoir les remonter, et t'en profites pour ouvrir un peu le col. T'as l'impression que ton torse va exploser. D'ailleurs, t'as franchement mal à certaines côtes qui doivent être fêlées. Et ton nez... La bonne nouvelle est qu'il a arrêté de saigner. La mauvaise, c'est qu'il fait toujours aussi mal, et que ton arcade a pris le relais pour te repeindre la gueule en rouge. Tu essaies vaguement de t'essuyer le visage avec ta veste avant de la laisser de nouveau tomber sur le fauteuil pour remplir les verres de whisky. Tu trembles encore, tu dois retenir ta respiration pour ne pas en foutre partout à côté. Et même si le whisky ça se savoure, tu vides ton verre d'un trait pour le remplir de nouveau dans la foulée. T'estimes que tu l'as bien mérité. Et faut bien ça pour retirer le goût du sang mêlé à celui de la sueur qui a envahit ton palais.

 

Alors que tu te laisses enfin tomber dans le fauteuil, la douleur dans les côtes de fait froncer le nez. Et la douleur dans le nez te fait grogner. Il t'a vraiment pas loupé. Mais c'est toi qui a gagné. Alors il est hors de question que tu le laisses mener la discussion aussi facilement. C'est pas à lui de décider, t'as gagné. 

 

  • - C'mort ! Vous m'les rendez ! Mes fringues, et mon matos ! J'ai gagné ! Et mes "amis" comme vous dites ils prennent pas la même chose que moi, déconnez pas, si j'ai pas c'qu'il m'faut ça va mal finir.

 

Au final, y'a que Hawkins qui partage, Huston se contente de taxer. Et Hawkins, il est plus axé sur les plantes que les poudres. De toute façon, t'as ce qu'il te faut dans ton sac, et Lyovitch a plutôt intérêt à te le refiler.

 

  • - J'vous préviens tout d'suite, j'me déguis'rai pas comme vous pour faire plaisir à la direction ! Ils en ont rien à foutre d'mes fringues, alors j'peux bien mettre c'que j'veux.

 

Tu te relèves en buvant ton second verre, avant de tout simplement attraper la bouteille. Parce que ça ira plus vite pour boire. Tu te diriges vers l'armoire de Lyovitch, que t'ouvres pour découvrir le miroir. Celui face auquel il t'a appris à gérer un minimum ta métamorphomagie. D'ailleurs, tes cheveux sont revenus à leur couleur naturelle. T'observes ta gueule dans le miroir, en levant un peu le menton, en touchant ton nez de ta main libre avec quelques grimaces.

 

  • - P'tain m'avez pété l'nez.

 

Une remarque plus qu'un reproche. Après avoir bu quelques gorgées à la bouteille, tu la poses au sol, pour arracher purement et simplement un bout de ta manche de chemise pour te servir de mouchoir et essayer de réduire le filet de sang qui ne cesse de couler de ton arcade. 

 

  • - Une ch'mise de moins. J'vous jure que j'rentrerai pas dans c'jeu, personne retire l'uniforme pour mettre un costard. C'l'été en plus z'êtes taré.

 

Tu claques la porte de l'armoire avant de récupérer la bouteille avec une nouvelle grimace. L'alcool commence tout doucement à faire effet. Tu ne trembles plus. Et comme t'as envie de griller une clope, tu récupères tranquillement la boîte dans une poche de veste accrochée sur le porte-manteaux sans lui demander son avis pour lui en taxer une. Tu l'allumes du bout de ta baguette avant de revenir dans le fauteuil, l'air de rien. Après tout, t'as gagné.

 

  • - J'en ai rien à foutre que vous soyez mon garant. Ça change que dalle, z'avez pas à tout décider pour moi.

 

Tu recraches la fumée en faisant des petits ronds, l'air très confiant de ce que tu avances. Oui, c'est bien, faut avoir l'air sûr de toi. T'as gagné.


Publié par Lev M. Lyovitch le 23/06/2022 à 18:28:31

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Nature du TW : Sang, procédures administratives
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      • TW : sang, procédures administratives
      • LA : Arsène
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        • -       Hmmpff, s’étouffa à demi Lyovitch en avalant une gorgée de whisky. Parce que vous trouvez que quand vous avez ce qu’il faut, ça n'finit pas mal ?
    •  
    • Il déglutit avec une grimace, jetant sur la table le mouchoir imbibé de sang. Avec la porcelaine au sol et la veste de Jones jetée sur le dossier d’un fauteuil, la pièce paraissait étrangement en désordre, d’une manière qu’on ne voyait jamais d’ordinaire dans le bureau soigné mais vieillot du professeur Lyovitch.

 

L’allusion à la tentative de suicide et à leur première rencontre à Pré-au-Lard était évidente. Peut-être une manière de rappeler un petit peu à Jones l’ordre des dépendances, ici : c’était bien lui qui était venu le tirer d’un tas de poubelles, et lui qui était venu quand il avait failli mettre fin à ses jours – tout ça sous emprise, évidemment. Sans compter la fameuse soirée où monsieur s’était trouvé en manque et avait décidé d’aller tabasser un pauvre dealer mal achalandé.

 

Le professeur regarda Jones aller et venir, secouant négativement la tête quand il le vit avaler le whisky directement à la bouteille. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir expliqué au gosse comment on dégustait cette boisson précieuse. Mais après tout, le gamin avait gagné. Il pouvait donc le laisser se servir dans ses cigarettes, quoiqu’il l’eût regardé faire avec un œil noir. Le petit ne perdait rien pour attendre. Mais par contre.

 

-         VOTRE CHEMISE, JONES ! aboya-t-il subitement, scandalisé.

 

Lyovitch tapa du poing sur la table avec virulence, si bien que l’autre verre vide tressauta en tintant sur la table basse. Il délaissa son propre verre pour se lever avec un air offusqué. Il fonça sur l’adolescent pour lui attraper le poignet mais trop tard : le tissu était irréparable.

 

-         Par Merlin, ce sont des belles chemises ! Elles coûtent bien plus que… Rah !

 

Il lâcha le poignet d’Arsène pour mieux l’attraper par l’épaule, et le ramener devant l’armoire qu’il rouvrit d’un geste brusque. Le miroir leur renvoya subitement leur image ensanglantée, désastreuse. Mais Lyovitch ne sembla pas surpris.

 

-         Approchez-vous. Regardez là, ordonna-t-il en saisissant l’une des deux pointes du col d’Arsène. Là.

 

Il retourna la pointe ensanglantée. Sur l’envers du tissu, deux lettres étaient brodées d'un fil d'argent.

 

 

A. J.

 

 

-         Je les ai faites venir de mon tailleur de Russie exprès, râla Lev, grognon.

 

Dans le miroir, il rencontra le regard d’Arsène, un peu abimé par une arcade sourcilière légèrement enflée.

 

-         Evidemment que personne ne s’habille bien en enlevant son uniforme. Et c’est ça que vous voulez être ? Personne ? Hé bien navré, vous n’êtes pas personne, vous êtes quelqu’un et il serait temps de s’en rendre compte pour que les autres s’en rendent compte aussi, persifla-t-il, et il agita de nouveau la pointe du col. Vous êtes Arsène. Jones.

 

Il le lâcha subitement, avec un geste rageur, avant de s’éloigner. Il laissa l’adolescent planté là, face à lui-même.

 

Lyovitch était allé vers son bureau, mais il bifurqua pour aller récupérer son verre, en boire une nouvelle gorgée qui lui réchauffa l’œsophage, avant de se tourner cette fois résolument vers son bureau où sa plume gisait à côté d’un encrier qu’il n’avait pas refermé.

 

-        Par ailleurs, gronda-t-il. Vous vous souvenez ce fameux parchemin, là, attendez… Qu’est-ce que j’en ai fait…

 

Lyovitch se mit à fouiller sur son bureau, soulevant là quelques enveloppes, déplaçant un ouvrage en fronçant les sourcils. Ce qui était étonnant, car le bureau du professeur était toujours bien ordonné.

 

-         Ah ! Le voilà !

 

Il tira un morceau de parchemin d’un porte-document de cuir posé sur le coin du bureau, et l’agita en direction d’Arsène.

 

-         Ce fameux papier, donc ! Celui que vous avez signé  à l’audience.

 

Le parchemin, tamponné d’un cachet pompeux du Département des Affaires Sociales Magiques, indiquait que le dénommé Lev Maksim Lyovitch serait désormais le garant d’Arsène Jones le temps de la fin de sa scolarité à Poudlard. Selon décision du juge en date du douze juin deux-mille cent vingt-deux, disait solennellement le parchemin, le garant est chargé de veiller sur la personne et ses biens, ainsi que de s’assurer de son entretien et de son éducation. Il porte ainsi la responsabilité de défendre ses intérêts et sera solidaire des charges et préjudices causés à autrui. Lyovitch tint le papier face à Arsène, et de sa main libre tapota d’un index les écritures en question.

 

-         Tout ceci veut dire, martela-t-il en prenant soin d’articuler lentement, que vos actes ont désormais des répercussions sur moi, et que c’est à moi que l’on va demander des comptes sur votre bon ou mauvais comportement. Par con-sé-quent. Vous avez accepté de jouer selon mes règles pour récupérer votre baguette – au moins le temps de la fin de votre scolarité à Poudlard.

 

Il baissa le papier pour mieux le jeter sur le bureau avec un soupir.

 

-         Dans un an et deux semaines, si vous le voulez toujours, il vous suffira de jeter tout ce que je vous ai fourni à la poubelle et de vous en aller définitivement.

 

Cette fois, il avait besoin d’une cigarette. Il s’en alla en récupérer une, avec une pensée sombre sur le fait que Jones était encore très loin du compte sur le volet éducation : il se servait sans même lui en proposer une, alors qu’il lui avait quasiment toujours montré l’exemple en ce sens. Il se trouva une cigarette qui resta éteinte entre deux doigts maculés de sang.

 

-         Mais d’ici là…

 

Lyovitch se retourna pour dévisager Arsène. Il écarta les mains en signe de fatalité.

 

-         Vous serez bien habillé.


Publié par Arsène Jones le 23/06/2022 à 20:38:10

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Nature du TW : Vulgarité, drogue

TW vulgarité, mention drogue

 

T'as préféré ne rien répondre lorsque Lyovitch a fait remarquer que tes prises de substances finissaient globalement toujours mal. Parce qu'il a pas vraiment tort, et aussi parce que t'as fini par comprendre que ça faisait partie des sujets sur lesquels il était totalement intransigeant quoi que tu dises ou fasses. Tu ne vas pas avoir d'autre choix que de demander à Hawkins, ou de parvenir à te rendre à Pré-au-Lard pour obtenir ce dont t'as besoin. Et en voyant la gueule de Lyovitch devant le traitement que tu fais subir à ta chemise, ton visage ensanglanté s'éclaire d'un sourire satisfait. Mais l'air insolent quitte ton visage tandis qu'il te lève de force du fauteuil pour t'attirer devant le miroir, remplacé par une grimace de douleur et un cri indigné.

 

  • - Héééé !

 

Tu pousses un profond soupir une fois devant le miroir, n'ayant aucune envie qu'il te fasse une leçon de mode. Mais lorsqu'il retourne le col de ta chemise pour te montrer tes initiales, toute réflexion désagréable s'évapore pour te laisser un instant bouche bée. Il s'est vraiment fait chier à faire venir des chemises de son tailleur, brodées à tes initiales. Mais quel con. Il avait prévu ça depuis combien de temps, hein ? Tu devrais être énervé. Encore plus énervé qu'avant. Mais t'es content. Tu détestes les chemises, et t'es content. Parce que pour lui, t'es quelqu'un. Arsène Jones est quelqu'un. Tu relâches la pointe du col, pour croiser ton regard dans le miroir. Malgré le sang, malgré la manche déchirée, tu lisses l'avant de ta chemise en te tenant un peu plus droit, sans vraiment t'en rendre compte. Cigarette à la bouche, tu finis par te détacher de ton reflet pour reporter ton attention sur le parchemin brandi par Lyovitch. Et tu sais qu'il a raison. Que t'as accepté toutes ces conneries pour récupérer ta baguette, et que t'as plus le droit de faire marche arrière. 

 

  • - C'pas écrit que j'dois porter des costards.

 

Tu maugrées sur un ton boudeur avant de balancer ton mégot de cigarette dans l'âtre de la cheminée, puisque le cendrier est explosé au sol après sa rencontre avec le crâne de Lyovitch. C'est con, t'aimais bien ce cendrier. T'avais pris l'habitude. Tu sors ta baguette pour lancer un Reparo dessus. Mais t'as jamais été un grand spécialiste des sortilèges de nettoyage ou de réparation. Le pauvre cendrier se retrouve avec un nombre incalculable de fissures, visiblement prêt à se briser de nouveau au moindre geste un peu brusque. Tu pousses un soupir en te laissant de nouveau tomber dans le fauteuil en un grognement de douleur, en profitant pour râler un peu plus de façon moyennement compréhensible mais plutôt vulgaire. 

 

- Faites chier. Sérieux c'ça qui vous plaît, d'm'emmerder légal'ment ?

 

N'empêche que t'es pas personne. Arsène Jones existe, pour de vrai. Tu fermes les yeux un instant. T'as pas envie de céder, question d'ego. Mais c'est pas vraiment céder si t'as pas le choix, pas vrai ? Tu vas pas te balader à poil, et il risque pas de te rendre tes fringues. Alors à quoi bon ? T'as déjà l'arcade explosée, le nez cassé, l'oeil au beurre noir et des côtes fêlées. Pas besoin d'ajouter un combat que tu risques pas de gagner. 

 

  • - Rendez-moi juste ma veste M'sieur. S'vous plaît.

 

Parce que c'est dans cette veste que tu te sens bien. Avec la capuche pour te protéger. Quand tout devient trop difficile, il te faut ta veste. T'avales encore quelques gorgées de Whisky, tu sens ta gorge brûler, ta tête qui semble plus lourde, la douleur qui diminue. 

 

- J'ai gagné, pas vrai ? Alors juste la veste ?


Publié par Lev M. Lyovitch le 23/06/2022 à 21:40:45

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-           Mmhff.

 

Un grognement qui ne voulait rien dire. Peut-être un début d’hilarité, ou de surprise. Après avoir vu Jones demander, poliment, Lyovitch avait détourné le regard pour rejoindre la fenêtre. Il l’entrouvrit, et une brise fraîche entra discrètement dans la pièce, rafraîchissant l’atmosphère lourde et qui sentait la cendre froide. Il alluma sa cigarette pour inspirer une longue bouffée dessus.

 

-           Ok.

 

Après tout, Jones avait gagné.

Lyovitch avait fermé les yeux en recrachant un nuage de fumée, faisant face au soleil clément d’Ecosse dont il appréciait la caresse invisible sur les plaies douloureuses de son visage. Sa main libre était enfoncée dans sa poche.

 

-           Yash’ l’apportera à ton dortoir ce soir.

 

Il n’y avait pourtant pas trace du corbeau dans la pièce. Et on ne l’avait vu ici depuis plusieurs mois. Mais Lev ne s’attarda guère sur le sujet.

 

-           Il y a autre chose, annonça-t-il à voix un peu plus basse. Poudlard va fermer cet été et je ne pourrai guère trop passer de temps en Angleterre. Cela tombe bien de toute façon, j’ai beaucoup de choses à faire en Sibérie.

 

Il avait dit ça pensivement, comme s’il se l’admettait à lui-même. Mais finalement, il finit par tourner la tête vers l’intérieur de la pièce, rencontrer le regard de Jones.

 

-           Je comptais en profiter pour vous emmener faire une petite chasse ou deux. Vous faire voir un peu du vrai terrain. Autre chose que le maigre théâtre de Poudlard. Et surtout, loin du contrôle du ministère, précisa-t-il.

 

Emmener son protégé dans des zones dangereuses pour récupérer des ingrédients rares et parfois illicites n’entrait pas exactement dans le cadre prévu par le jugement de l’audience. Mais en dehors du territoire anglais, le ministère de la Magie ne pourrait rien contrôler. Il suffirait de déclarer qu’ils partiraient en vacances dans la propriété du garant, et voilà tout.

 

Le professeur s’était remis à regarder l’horizon. Il s’humecta les lèvres entre deux bouffées sur sa cigarette.

 

-           Malheureusement, il y a aussi des affaires que je devrai régler et sur lesquelles il serait trop risqué de vous associer, Jones. Je vais être obligé de vous laisser quelque part pendant ces périodes-là.

 

Il ne s’inquiétait guère sur les endroits où il pourrait laisser l’adolescent. Il ne manquait pas de possibilités. Ce n’était pas ça qui l’inquiétait.

Lyovitch quitta son poste pour revenir vers la petite table, sur laquelle son verre encore à moitié plein l’attendait toujours. Il écrasa son mégot dans le cendrier rafistolé en s’asseyant. De la cendre s’échappa du petit pot de porcelaine par une faille mal refermée. Il soupira, mais ne fit rien pour corriger le problème. A la place, il regarda l’adolescent dans les yeux.

 

-           Je vais vous demander une chose étrange, Jones, mais cela a de l’importance. Où que vous irez pendant mon absence, faites en sorte qu’un minimum de personnes sachent que vous y êtes.

 

Il se mordit la lèvre inférieure un bref instant, fronça les sourcils. C’était difficile de décider si Jones avait gagné à ce point-là. Au bout d’un moment, il haussa les épaules et s’empara de son verre.

 

-           Après tout, dit-il soudain paisiblement, les indiens pourraient vouloir chercher vengeance. Et qui sait ? Ils auront peut-être vent de votre association à un Lyovitch.

 

Pour ne pas dire qu’il en était presque un légalement, désormais.


Publié par Arsène Jones le 23/06/2022 à 22:12:58

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Ok pour la veste. C'est une victoire, pas vrai ? T'es venu sans rien, tu vas repartir... Sans rien, mais avec la promesse que t'auras ta veste. Ouais, bon, ça pue l'arnaque tout ça. Il a plutôt intérêt à tenir sa promesse. Mais toute volonté de râler davantage s'envole dès qu'il commence à parler de chasse. Tu te lèves du fauteuil pour t'approcher de lui, comme si ça pouvait rendre les choses plus imminentes. Un immense sourire éclaire ton visage tandis que tu hoches la tête un peu trop vivement pour ton corps meurtris.

 

- Trop cool ! Pour trouver quoi ? On y va quand ? 

 

Depuis le temps qu'il t'en parle, c'est comme si t'avais déjà fait une croix dessus. Surtout quand t'avais plus ta baguette. Mais maintenant, tout peut reprendre sa place, tu peux vraiment espérer devenir chasseur, et c'est Lyovitch qui va t'apprendre. L'idée même de te retrouver dans des situations dangereuses pour obtenir quelque chose que personne d'autre n'a été capable d'avoir fait remonter en toi une poussée d'adrénaline bienvenue. Et l'idée de ne pas te coltiner Lyovitch tout l'été ne fait qu'augmenter ta joie. En dehors des chasses, tu seras libre, pleinement libre ! Tu vas pouvoir aller chez l'oncle de Hawkins, comme prévu, apprendre à surfer, te faire de la tune. Et c'est pas l'idée d'une vengeance des indiens qui va faire baisser ton sourire.

 

- Ils m'font pas peur. T'façon c'pas comme si quelqu'un en avait quelque chose à foutre d'là où j'passe mon été.

 

Peut-être Revmir à la limite. Mais c'est pas elle qui risque de dire quoi que ce soit, elle tient trop à ce que tu sois en sécurité. Alors tu t'en fais pas trop pour ça. Une phrase finit par passer tes lèvres. C'est lorsqu'il a parlé de son corbeau que ça t'est revenu. T'as jamais trop osé demander. Mais t'as gagné. Si tu gagnes, il doit te raconter une histoire, ou au moins répondre à tes questions.

 

- Z'avez appelé votre corbeau comme votre soeur. Et vous avez crié son nom quand vous avez sauté d'l'arbre. 

 

Finalement c'est pas vraiment une question, juste une affirmation. Mais qui reste un peu en suspend, parce que tu veux savoir pourquoi il a appelé son corbeau comme sa soeur. C'est super chelou de faire ça. Et autre chose traverse ton esprit. Ses plans de se tirer pour l'été, de le passer surtout en Sibérie. Ce qui t'embête le plus là-dedans, c'est que t'avais des plans bien à toi, et qu'ils incluaient quand même un peu Lyovitch. Parce qu'il a promis.

 

- Et Davis alors ? Faut s'en occuper c't'été ! 


Publié par Lev M. Lyovitch le 23/06/2022 à 23:08:05

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Nature du TW : Meurtre

Lyovitch avait levé son verre vers ses lèvres mais il cessa subitement tout mouvement, les yeux accrochés au visage radieux d’Arsène. Il avait l’impression que son cœur avait manqué un battement. Que l’impact sur sa poitrine l’avait dévoré subitement pour lui écraser les entrailles.

 

Mais non. La sensation s’envola aussitôt qu’elle était venue, ne laissant que le vide au fond de sa tête, de sa gorge. Que le vide.

 

Il reposa son verre lentement et baissa les yeux sur le fond de liquide ambré.  

 

Il s’était attendu à ce que Jones posât des questions sur Yasha. Son corbeau, pas sa sœur. S’il était guéri, par exemple. Mais pas… Il prit une inspiration avant de lever de nouveau ses yeux froids vers Jones. Il avait gagné, après tout. Et il aimait les histoires. Lyovitch eut une moue défaitiste.

 

-           C’est pour ne pas l’oublier, soupira-t-il. Yasha est… comme un rappel. A la fois un avertissement pour l’avenir et un souvenir du passé.

 

Il se passa une main sur le visage, comme si cela l’aidait à se raccrocher à des souvenirs anciens en masquant ses yeux, en froissant sa peau pour s’efforcer à l’honnêteté – peut-être pas avec Jones, mais au moins avec lui-même.

 

-           Elle et moi étions… Disons que nous avions un lien peu ordinaire. A travers la magie. Quand nous étions gosses, nous jouions avec nos dons magiques sans baguette et nous avions comme… Comme appris à susciter les réflexes magiques l’un chez l’autre. Ce n’était possible qu’avec elle, et pour elle, ce n’était possible qu’avec moi. J’ai toujours pensé que c’était le sang mais…

 

Son visage réapparut sous sa main et il secoua négativement la tête en déglutissant. Lyovitch releva son verre devant lui un bref instant comme pour trinquer, puis il avala ce qui restait du contenu d’un seul trait. Ce n’était pas comme cela qu’on savourait du whisky. Il n’avait pas envie de savourer. Il reposa le verre lentement, rencontra de nouveau le regard de Jones. Il y eut un moment de silence, tandis qu’il auscultait les yeux sombres de l’adolescent : sombres et animés comme s’il y avait cette bête tapie qui, pleine de colère, n’était jamais vaincue et pourtant toujours sur le point de l’être, d’abandonner une bonne fois pour tout.  Lyovitch fronça les sourcils. Y avait-il encore un tel animal en lui-même ? Ou bien était-il mort avec Yasha ? Toujours était-il que sa longue scrutation du regard de l’adolescent parut lui fournir les éléments pour conduire le jugement qu’il attendait : le gosse en avait déjà suffisamment entendu, et suffisamment dit, aussi, d’une certaine manière. Il méritait peut-être bien d’entendre la vérité aussi crûment qu’elle l’était en réalité.

 

-           La femme que j’ai épousée a tué l’être qui m’était le plus proche au monde, admit-il d’une voix douce.

 

Il dût serrer les dents, baisser le regard pour s’efforcer de conserver son masque impassible. Il fallait serrer les dents parce qu’il n’y avait d’autre choix. Ses mains jouèrent un instant avec le verre et il pinça les lèvres – un peu trop fort. Mais quand il releva les yeux, il s’efforça de sourire pour chasser la peine qui réchauffait ses yeux.

 

-           Ah, tout ça pour des histoires d’héritage, vous voyez.

 

Il avait les yeux humides et il le savait. Mais aucune larme ne coulerait. Il n’en avait plus pour elle. Elles avaient déjà toutes été versées. Il ne servait à rien de s’inquiéter à ce sujet. Il secoua négativement la tête, se raccrocha au sujet de Davis pour maîtriser sa voix.

 

-         Je n’sais pas pour Davis, souffla-t-il, la voix rauque. J’aurais préféré être sûr qu’il ne risque pas de vous échapper avant. Vous n’aurez peut-être pas de deuxième chance si vous manquez votre coup ; il vous fera envoyer en prison si vous le ratez. Je préfèrerais qu’on ne se presse pas trop. Que je sois sûr de vous avoir parfaitement préparé. Si vous étiez en mesure de tenir, seul, l’apparence parfaite d’un autre grâce à votre don, par exemple… Voilà un piège qui serait parfait pour aller se débarrasser de lui.

 

Défendre les intérêts, disait l’acte de jugement de l’audience. Préparer un assassinat n’entrait peut-être pas exactement dans cette catégorie-là. Il n’était plus à ça près, de toute façon, quand on regardait le naufrage qu’avait été le navire de ses relations passées.

 

- En tout cas, croassa-t-il en se levant soudain, vous savez désormais que je connais le prix et la valeur de la vengeance. Ne vous inquiétez pas, dit-il et en passant devant Jones, il pressa brièvement l'épaule de l'adolescent avec affection. Je ne risque pas d'oublier cette affaire-là. Nous irons jusqu'au bout.


Publié par Arsène Jones le 24/06/2022 à 02:24:19

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Nature du TW : Mention viol, pédophilie, meurtre

Tu ne te souviens pas d'avoir déjà vu Lyovitch ainsi. T'as tendance à oublier qu'il n'est qu'un être humain comme les autres, et que lui aussi a un passé, et des émotions qui y sont reliées. Souvent, il n'est que ton professeur. Ou un type trop sûr de lui qui t'emmerde profondément, mais qui, pour une raison qui t'échappe, refuse de te lâcher. En quelques mois, il est devenu la chose la plus stable que tu n'aies jamais eu dans ta vie. Et rien de ce que tu fais ou de ce que tu dis ne semble pouvoir le faire changer d'avis. Lyovitch est un genre de force immuable qui a pris forme humaine. Sauf lorsqu'il pense à sa soeur. Ses yeux brillent différemment. Tu jurerais qu'ils sont humides. Mais c'est Lyovitch, alors tu rêves sûrement.

 

N'empêche que tu baisses légèrement la tête en entendant l'histoire de Yasha. Tu te doutais qu'il lui était arrivé quelque chose pour qu'il donne son nom à son corbeau. Mais tu ne pensais pas que c'était lié à sa femme. Tu te rappelles du regard qu'il a porté sur toi en parlant de Katya, de la façon dont elle était morte, la nuit où vous êtes grimpés à cet arbre. Tu te souviens également parfaitement de la façon dont il a raccourci la partie de l'histoire la concernant lorsqu'il t'a fait tout un topo sur la famille Lyovitch. De sa réaction lorsque tu as remis son nom sur le tapis. Yasha était donc la pièce manquante du puzzle. Ou du moins de cette partie du puzzle. Tu ne sais pas trop quoi répondre. C'est comme si tu venais d'obtenir un bout d'une histoire qui ne te regarde vraiment pas, comme si tu n'étais rien de plus qu'un voyeur.

 

L'observation du bout de tes affreuses chaussures cirées continue, même lorsqu'il en revient à Davis. Tu ne relèves la tête que lorsqu'il pose sa main sur ton épaule. Ton regard croise alors le sien, pour tenter d'esquisser un sourire alors qu'il répète une nouvelle fois qu'il t'aidera pour Davis. Tu préfères qu'il soit là. Non pas à cause de la prison, mais bien à cause du type en lui-même. Si tu le rates, qu'est-ce qui l'empêcherait de recommencer ? L'idée même suffit à colorer tes boucles d'un noir d'encre. Aussi forte soit ta haine envers Davis, il te terrorise toujours autant. Et depuis que Lyovitch a émis l'idée de t'aider à te venger, ça semble bien plus faisable. Soudainement, tes bras se passent autour de ses épaules dans une étreinte un peu brutale. La première que tu inities. Ton coeur bat à tout rompre, t'as l'impression que tes côtes fêlées ne font qu'empirer. Mais tu ne fais que resserer ton geste. Malgré ta gorge serrée, tu parviens à articuler d'une voix rauque :

 

  • - Merci.

 

Parce que tu lui as probablement jamais dit. Tu préfères amplement lui gueuler dessus, l'insulter, le frapper ou le contredire que d'admettre qu'il puisse avoir raison, ou tout simplement qu'il puisse compter. Mais il compte, plus que tu ne saurais le dire. Alors tu te vengeras lorsqu'il décrétera que t'es prêt. Parce que c'est mieux que de risquer d'y aller seul. Parce que t'as décrété de lui faire vraiment confiance, même s'il a des idées aussi merdiques que de te faire porter des fringues de grand-père. Après tout, t'as bien récupéré ta baguette. Lorsque tu le relâches, tu ne le regardes toujours pas. 

 

- J'suis désolé pour votre soeur M'sieur. 

 

Et probablement pour sa femme aussi. Parce qu'il l'a bien épousée pour quelque chose. Et c'était probablement pas pour la tuer à la base. Mais t'as pas tellement envie de finir là-dessus. C'est pas vraiment ton genre les effusions. C'est même très gênant. Tu finis par esquisser un de tes fameux sourires teintés d'insolence.

 

- En tous cas j'vous ai eu. J'vous avais bien dit que j'vous battrais facilement si j'étais clean ! 

 

Tu fais mine de réfléchir en l'observant, avant de hausser les épaules.

 

- Ou alors vous vous faites trop vieux.


Publié par Lev M. Lyovitch le 24/06/2022 à 15:46:28

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Nature du TW :

Lyovitch avait émis un bref hoquet de surprise, mais finalement, il avait rendu à Jones son étreinte. Avec vigueur. Ses mains fermes enserrant le corps du garçon à son tour, d’une pression solide, qui froissait la chemise ensanglantée de l’adolescent. C’était une réponse silencieuse à des choses qui ne pouvaient être dites, qui passaient seulement par cette force un peu bestiale entre eux – cette étreinte, leurs cris, leurs bagarres. Parce ces choses indicibles, filtrées par toutes les barrières que la bienséance et la pudeur avaient érigé au cours de leur vie respective et qui les empêchaient de formuler des mots, existaient de façon primaire, instinctive presque, et les liaient dans un grognement guttural – seule preuve sonore que Lyovitch accusait réception de ce remerciement.

 

Il s’écarta pour retourner à son bureau avec un soupir.

 

-         Oh hé, c’était pas si facile, non plus, grommela-t-il.

 

Oui, parler de ça, c’était beaucoup mieux.

 

-         Quand vous gagnerez à tous les coups, on passera aux vrais duels. Avec baguette. Et on verra si vous la ramènerez toujours autant.

 

En s’asseyant, à son bureau – là où Jones l’avait dérangé quelques minutes plus tôt – il administra vers l’adolescent un sourire un brin provocateur. Sûr qu’en duel, Jones n’était pas près de vaincre et il le savait. D’abord les combats à mains nues, puis les combats magiques, puis les duels à la baguette magique. Joli programme d’entraînement à destination d’un adolescent bouillonnant de colère pour en faire un parfait – et surtout redoutable – chasseur.

 

-         Pour la chasse, mmh, bon, j’hésite, admit-il en reprenant sa plume, après avoir soigneusement rangé le papier de l’audience dans une pochette en cuir. Il faudrait aller réparer la filière des mimbulus qui ne fonctionne plus depuis quelques mois, visiblement. C’est en Turquie. Ce serait l’occasion de vous faire cueillir quelques cactus avant de passer à quelque chose d’un peu plus difficile.

 

Lyovitch suspendit son geste, leva de nouveau son regard vers Jones. Il avait encore des traces de sang, mais la chemise lui allait bien, jugea-t-il. Il s’habituerait bien trop aisément à la prestance de l’adolescent ainsi façonné. Il agita sa plume entre ses doigts, pensif.

 

-         Ensuite, nous pourrons aller faire un tour à Khalmer-Yu. Le Grand Nord, précisa-t-il avec emphase, où le soleil ne se couche jamais l'été. Et là, ce serait une autre paire de manches. Mais on pourrait y dégoter une ou deux choses intéressantes avant de retourner au manoir pour fin juillet – il y a un petit évènement auquel je tiens à assister. Mais d’abord.

 

Il ajusta sa chemise qui avait été si dérangée par leurs idioties, comme si la tâche de sang n’était rien d’autre qu’absolument normale. Il se tint droit et se saisit de sa baguette.

 

-         Alohomora, lança-t-il vers la porte, qui se déverrouilla aussitôt. D’ici là, je vous laisse vous renseigner sur ce que sont les mimbulus mimbletonia si vous ne le savez pas déjà et sur les Zhemchuzhiny tishiny… Enfin, si vous arrivez à trouver quelque chose en anglais. On pourrait traduire ça par Perles du Silence, mais les britanniques ont toujours cru qu’il s’agissait d’une légende inventée par les russes et ne se sont pas donnés la peine de les répertorier dans les encyclopédies, je crois.

 

Il haussa les épaules, reposa sa baguette pour récupérer sa plume, non s’être ébroué avant – ce petit exercice lui avait du bien, jugea-t-il, avant de se remettre au travail.

 

-         Nous verrons bien s’ils avaient raison sur place, soupira-t-il. En attendant, il vous reste à assister à vos cours pour étudier. A défaut d’être sage, soyez élégant, Arsène Jones.

 

Une drôle de recommandation en guise d’au revoir.


Publié par Arsène Jones le 24/06/2022 à 18:08:59

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Nature du TW : Sang, procédures administratives

Un simple grognement répond à la provocation de Lyovitch concernant les duels magiques. T'es loin d'être mauvais baguette en main, te battre est finalement plutôt naturel, quelle que soit la manière. Mais t'as clairement aucune chance contre lui, tu ne te fais aucune illusion à ce sujet. Et tu restes meilleurs avec tes poings, parce que c'est ce que t'aimes. Frapper, ressentir la violence au plus profond de ton être. Remodeler l'autre sous la force de tes coups, directement. Voir ton sang se mélanger à celui de ton adversaire. T'aimes la violence, la vraie, celle qui brise des os et fait hurler, celle qui tâche et qui laisse des marques, même quand on gagne. Tu notes quand même de t'entraîner un peu plus au duel, histoire de pouvoir lui faire face sans rougir le jour où vous en viendrez à croiser les baguettes.

 

Tu écoutes attentivement les explications concernant les chasses à venir pour l'été, te rendant soudainement compte que tu n'auras jamais autant voyagé que depuis que tu t'es fait viré d'Ilvermorny. Entre tes allers-retours incessants entre l'Ecosse et l'Angleterre, et maintenant la possibilité d'aller en Sibérie et en Turquie... T'aurais jamais cru faire des trucs pareils alors que t'étais encore bloqué en plein milieu de la Nouvelle-Orléans. N'empêche que ça te manque quand même. C'était chez toi. Par contre, t'avais pas franchement prévu qu'il te file des devoirs avant d'aller à la chasse. Y'a comme une grimace déçue qui passe sur ton visage lorsqu'il te dit de faire des recherches. Normalement, c'est lui qui doit te raconter les histoires, c'est de l'arnaque là. En plus il te demande de trouver des informations sur un truc en sachant pertinemment que tu trouveras rien. Connard.

 

  • - Ouais ouais, assister aux cours, faire des recherches, être élégant. Voulez pas que j'cire vos pompes aussi ?

 

Ya un majeur qui se lève bien haut, pour qu'il comprenne que c'est pas un petit moment de faiblesse qui va changer quoi que ce soit. Et puis, c'est important de rappeler que tu l'emmerdes. Et le rappel doit être régulier. Surtout quand il y a eu câlin auparavant. La honte. 

 

- Répondez pas va.

 

T'as vite fait de sortir du bureau en laissant la porte claquer dans ton dos. Tu récupères la valise avant d'aller directement dans les chiottes les plus proches. Tu t'asperges le visage longuement, pour te débarrasser de toute trace de sang, ne laissant que les plaies en elles-mêmes et les hématomes qui s'agrandissent rapidement. Bizarrement, tu t'es pas trop foiré en replaçant ton nez. Il a l'air d'être au bon endroit. Alors qu'un type sort d'une cabine des chiottes en regardant bizarrement ta chemise déchirée, pleine de sang, et ton visage abîmé, tu lui lances un regard assassin.

 

- Quoi ? T'as un problème ? Tire-toi.

 

Et il se tire sans demander son reste en bégayant des excuses. Tu récupères alors une chemise propre dans la valise avec une légère grimace. T'as plus trop le choix maintenant. Tes doigts caressent inconsciemment le bout du col, où les initiales sont brodées. Arsène Jones. Quelle merde. Tu rentres à ton tour dans une cabine pour te délester de ta chemise déglinguée et la remplacer par la nouvelle. Va quand même falloir que tu te trouves une paire de pompes digne de ce nom.