Harry Potter RPG

Liste des messages de Kalina Shevchen

Kalina Shevchen

Femme

11 ans

Sang-mêlé

Ukrainienne

En rouge et... noir ?

Message publié le 04/02/2026 à 19:50

Tels deux chatons devant un match de ping pong, Sasha et Kalina tournaient la tête pour suivre les échanges en fixant tour à tour Basil, Cassie, et Zuey. Kalina se demandait toujours s'ils répétaient une scène ou non ; Basil incarnerait un chevalier juste, Zuey le bouffon qui expliquait la scène avec dramaturgie et Cassie la méchante princesse qui ne savait pas encore qu'elle serait sauvée par le chevalier juste. Ils jouaient drôlement bien, même que Cassie prit la direction de la sortie comme si elle allait vraiment sortir.

 

Ce qu'elle fit.

 

Dès qu'elle fut passée, Kalina attrapa la manche de son frère pour la secouer discrètement - Sasha était resté les yeux ronds vissés vers la porte qui tenait lieu de dos au portrait de la grosse dame gardienne des Gryffondors.

 

- Psss. Tse tvoya nova divchyna ? (Psst. C'est ta nouvelle copine ?)

- SHCHO ?! (QUOI ?!)

 

Sasha avait bondi un peu trop fort pour que ce ne fut pas louche et Kalina plissa ses yeux en le toisant telle une poule suspicieuse. Il se redressa sur son siège.

 

- Ni, tse ne tak. (Non mais ça va pas.)

- Ziznaytesya, shchosʹ pidozrile vidbuvayetʹsya. (Avoue y'a un truc entre vous.)

- Ha ?! Seryozno, yiyi ? Ya ne taka vzhe y vidchaydushna, Kalina ! I zroby meni posluhu, ne chytay tsi klyati zhinochi zhurnaly, vony tobi seryozno psuyutʹ mozok, fit-il, ayant observé la lecture de Cassie quand elle était passée devant lui - le même genre de lectures qu'une certaine Serpentard. (Hein ?! Non mais elle ? J'suis pas si désespéré, Kalina ! Et tu me feras le plaisir de pas lire ces fichus magazines féminins, ça vous bousille le cerveau ces machins sérieux.)

- To khto tvoya divchyna ? (Alors c'est qui ta copine ?)

- Ale v mene nemaye divchyny, prypyny. (Mais j'ai pas de copine, arrête.) Il ajouta : Et puis on a dit de parler anglais, ok ?

- Ok. C'est qui tu vois le soir quand tu sors alors ?

- Ni, ale shht ! Tse ne tvoya sprava, chym ya zaymayusya vechoramy, i ne kazhy tak holosno, shcho ya kudysʹ vykhodzhu ! (Non mais shht ! Ca te regarde pas ce que je fais de mes soirées et ne dis pas si fort que je sors !)

- Anglais, Sasha, Anglais, rappela calmement Kalina avec un air très sérieux, tandis que son frère s'était mis à soupirer comme un buffle.

 

Heureusement, un cookie de la paix et de la diversion fut déposé sur la table et Kalina releva le nez vers Zuey qui venait d'arriver devant eux.

 

- Oh, merci, s'empressa Kalina en saisissant le biscuit et le portant immédiatement à sa bouche, sous l'oeil un peu suspicieux de son frère.

 

Sasha contempla un instant Zuey, avec l'air de celui qui décide si oui ou non le présumé coupable est innocent.

 

- Ok, accepta-t-il subitement, bien heureux en réalité d'avoir quelque chose à se mettre sous la dent avant l'heure. (Parce que Sasha prenait un premier dîner et puis plus tard un second dîner, mais il disait rarement non à un encas entre les deux.)

 

Et tandis que les deux Gryffondors attablés engloutissaient leurs cookies, Kalina se penchait légèrement pour voir au-delà de Zuey le Chevalier Juste. Elle mâchait en silence, hypnotisée, la posture façon Tour de Pise. Elle trouvait que le chevalier avait un petit air de Roméo dans la célèbre histoire.

 

- Comment vous faites pour la supporter dans les dortoirs celle-là, ronchonna de son côté Sasha en désignant les quartiers défendus des filles, tout en faisant référence à celle qui avait tiré sa révérence quelques instants plus tôt. Elle fait tout pour être jetée dans un puits non ? En plus, elle s'attribue littéralement tout le travail des autres en cours !

 

La tour de Pise redevint droite et Kalina planta son regard dans celui de Zuey.

 

- Il a besoin vider son coeur, je vous laisse, elle dit innocemment, et subitement décida d'attraper l'un de ses livres et de se lever.

 

Elle contourna Zuey d'une petite démarche sautillante sous le regard blasé de son frère, afin de s'acheminer jusqu'aux côtés de Basil. Elle se sentait légèrement tremblante, mais elle prit son courage à deux mains.

 

- Mon frère pas savoir bien m'expliquer le danger exact du focifère, annonça-t-elle avec deux grands yeux plein d'espoir. Tu as l'air gentil, tu peux expliquer à moi ?

 

Quelques pas derrière elle, Sasha ouvrit la bouche en une moue dépitée.

 

- Elle m'a même pas d'mandé ! fit-il remarquer à Zuey en écartant des paumes impuissantes. Est-ce que vous êtes toutes obligées de manipuler votre monde comme ça tout l'temps ?!

 

Sasha sembla se souvenir qu'il parlait à un genre d'actrice au phrasé complexe et il soupira, laissant tomber ses bras sur la table, où il enfouit bientôt son visage.

 

- Nan mais laisse tomber j'suis pas sûr de vouloir savoir la réponse, entendit-on.


En rouge et... noir ?

Message publié le 29/01/2026 à 07:11

Une petite fille était postée à la sortie des dortoirs, dans un coin de la salle commune, les bras chargés de parchemins, plumes et autres ouvrages, le barda plus gros que le gabarit de la gamine en question. Elle patientait tranquillement, silencieuse, comme si elle avait été sur le quai d'une gare, qu'un train passât la prendre. Son regard allait et venait entre les fauves qui occupaient la pièce, et même si elle ne comprenait pas tout ce qui se disait, elle devinait qu'il y avait quelques crocs qui pourraient rapidement sortir de ces conversations en apparence polie.

 

Kalina voyait très bien pourquoi son frère avait été affecté à cette maison. En revanche, elle se demandait ce qu'elle avait de commun avec toutes ces personnes. Mais comme son frère lui avait dit que tout ce qui comptait, c'était qu'elle ne fût pas à Serpentard, elle devait donc considérer qu'elle était, sinon à sa place, parmi une famille adoptive dont elle devait s'acclimater.

 

En parlant de fauve, son aîné de frère émergea soudain des dortoirs des garçons : habillé avec ce qui lui était tombé sous la main, les cheveux en vrac, la mine grognon : Kalina avait toujours l'impression que Sasha venait juste de se réveiller à chaque fois qu'il la rejoignait. Mais elle lui sourit, encourageante : en fait, elle appréciait pouvoir faire ses devoirs avec lui le soir, même si parfois il piquait du nez sur la table.

Cette fois, plutôt que de se diriger directement vers les tables d'étude, toutefois, Sasha eut un temps d'arrêt. Il avisa les personnes présentes dans la pièce et Kalina suivit son regard. Des Gryffondor, quoi de plus surprenant ?

 

- O, ni... gronda-t-il dans un soupir morose. (Oh, non...)

- Shcho ? (Quoi ?)

- ...ne vona. (... pas elle.)

- Khto ? (Qui ?)

- Nikhto. Khodimo tudy. (Rien. Viens, on va se mettre là-bas.)

- Anglais, le corrigea Kalina, car Sasha exigeait toujours qu'ils parlassent anglais pour s'entraîner, mais c'était lui qui oubliait souvent la règle.

 

Il l'emmena vers le fond de la pièce, puis ils s'installèrent dos à grand vitrail. Malgré la froideur apparente des murs, l'atmosphère était douce, réchauffée par le feu qui ronflait dans l'âtre à quelques mètres de là, et Kalina installa ses affaires tandis que son frère s'affalait, le menton posé sur les avant-bras, sur la table. Elle allait expliquer à Sasha les consignes du parchemin de Métamorphose que le professeur avait demandé quand la discussion à quelques pas d'eux prit une drôle de tournure. Une jeune fille était tombée à genoux comme au théâtre et les deux ukrainiens la contemplèrent avec des yeux ronds comme des elfes de maison perdus.

 

- Shcho vona skazala ? chuchota Kalina. (Qu'est-ce qu'elle dit ?)

- Ne znayu, répondit Sasha, sans pouvoir détacher ses yeux de la scène. (Aucune idée.)

 

 


Une année charnière

Message publié le 10/01/2026 à 12:20

De longues minutes s'étaient écoulées avant que Sasha et Kalina ne pussent ressortir, pour ainsi dire libres dans les locaux de Poudlard. Le soulagement et la fatigue avaient rendu leurs pas trainants et leurs épaules un peu tombantes, aussi s'assirent-ils à la table de Gryffondor sans prendre guère la peine de saluer d'éventuelles connaissances. Les autres lions n'avaient jamais tenu rigueur à Sasha de ses manières rustres, finalement, et ils restèrent tout aussi neutres de l'accueillir de nouveau à leurs tables. Les plus jeunes pourtant, se tordaient le cou pour dévisager la petite Kalina qui s'assit si près de son frère que les deux ukrainiens avaient l'air de siamois collés par la hanche.

 

Et Sasha de remplir une assiette de tout ce qui apparaissait sur les plateaux : du poulet avec du poisson avec des haricots verts avec de la tarte à la crème avec des lasagnes, et la montagne de nourriture fut déposée devant le nez de Kalina qui arrondit les yeux comme des soucoupes. Elle allait murmurer qu'elle n'allait pas manger tout ça quand une apparition couleur carotte fit une entrée volubile - la jeune fille parlait à son frère dans un anglais si rapide que Kalina resta aussi muette qu'ébahie en la fixant au-dessus de l'os de poulet qui dépassait tout en haut de l'assiette. Elle vit l'étreinte de Charlie pour son frère, dont le visage s'illumina un peu malgré ses traits fatigués et bougons.

 

  • - Charlie ! J'suis content de te revoir, disait Sasha, dans un anglais que Kalina était plus à même de saisir. Charlie.

 

Kalina opina vivement du chef dans une expression positive, et grimaça poliment un sourire à son tour, avant de lever le poignet : elle portait le bracelet. D'ailleurs, Sasha portait aussi le sien, aux couleurs de l'Ukraine. Elle l'avait vu tout de suite quand il était rentré à la maison, l'avait harcelé pour savoir s'il avait une petite amie, ce à quoi il avait répondu que non. Elle avait cru qu'il avait menti ; mais maintenant qu'il voyait Charlie, elle était un peu déçue de constater que c'était la pure vérité. Tous deux semblaient simplement amis. Mais ces considérations étaient bien peu de choses face aux autres soucis qui tordaient ses entrailles.

Sasha lui accorda un regard rassurant.

 

  • - Elle travaille son anglais, pas vrai Kalinka ?

 

Kalina fronça le nez.

 

  • - Ne nazyvay mene tak pered inshymy ! Chuchota-t-elle, mais Sasha ne la regardait plus. (M'appelle pas comme ça devant les autres !)

 

Il avait porté ses yeux alertes vers une autre table, où les élèves arboraient des écharpes vert et argent, avant de revenir à elle.

 

  • - Yisty (mange), souffla-t-il à voix basse avant de se retourner vers Charlie, et il eut un soupir maîtrisé. Oui. Je vais rester cette année aussi, finalement.

 

Kalina avait saisi les couverts et découpa un minuscule morceau de poisson, s'absorbant dans son plat comme si soudain plus rien d'autre ne l'intéressait. Mais tout en ayant les yeux rivés sur le petit pois tombé dans la tarte, elle se concentrait pour déchiffrer ce que Sasha disait à Charlie.

 

  • - J'ai... J'ai dû un peu changer mes plans. C'est mieux que je passe mes ASPIC, en fait, finalement. C'est cool pour le veaudelune, changea-t-il de sujet. Comment va Freya ? La rentrée était pas trop chargée à la boutique ? J'espère qu'Alison a un peu aidé à la préparer au moins.

 

Kalina ne savait pas exactement qui étaient Freya et Alison. Sasha n'avait jamais parlé que de Charlie, mais elle avait connaissance qu'il avait travaillé dans une boutique et dans une ferme, aussi essayait-elle de reconstituer le tableau. Elle mâchonna une part de ses lasagnes sans grande conviction, relevant ensuite les yeux vers la jeune fille car Sasha la regardait aussi.

 

  • - Dis donc t'as changé en moins de deux mois toi. Fais gaffe hein, bientôt ta soeur va trouver que tu lui fais de l'ombre, plaisanta-t-il, et Kalina ne saisissait pas l'expression, aussi fronça-t-elle les sourcils.

  • - Serrdaigle, dit-elle seulement soudain en roulant le R.

 

Sasha approuva.

 

  • - Oui, Charlie est Serdaigle. Les Serdaigles sont intelligents et créatifs, expliqua-t-il. Autrement dit, si t'as des questions compliquées, pose-les à Charlie !

 

Kalina sourit de nouveau à Charlie, timidement, et osa intervenir de nouveau.

 

  • - Ca je sais que pas toi malin, glissa-t-elle avec une oeillade en coin pour son frère.

 

Sasha lui administra une bourrade avec le coude en tâchant de la fustiger du regard, mais il avait un petit sourire qu'il ne parvint pas à cacher. Il se mit ensuite à manger avec une telle vitesse que même Kalina le dévisagea, les joues subitement toutes rouges. Elle adressa à Charlie un regard effaré.

 

  • - Notrre maman a pas apprris nous comme ça, chuchota-t-elle comme une confidence.

 

Mais chez les Gryffondor, personne n'avait l'air de s'étonner de ce que Sasha finissait le plat de lasagnes quand il aurait pu nourri encore deux ou trois élèves. Mais comme en quittant la Grande Salle, plusieurs élèves les avaient curieusement dévisagés en passant devant eux, elle supposait que c'était dû aux manières de son frère.


Une baguette sans sel, s'il-vous-plaît !

Message publié le 07/01/2026 à 15:11

Les rues de Londres étaient effrayantes : au-delà des nombreux véhicules et du bruit constant, il y avait les immeubles qui vous écrasaient de leur hauteur comme des falaises insurmontables, l'air suffocant des pots d'échappement, et ces passages piétons bondés parmi lesquels Kalina devait essayer de se frayer un chemin - ou plutôt, réussir à suivre dans le sillon que son grand-frère traçait pour eux deux, avec ses épaules carrés et sa main qui tenait celle de sa petite soeur à presque lui en écraser les phalanges.

 

  • - Harazd, ya ne zablukayu, avait-elle dit quand ils étaient arrivés par une cheminée d'un commerce voisin qui reliait Pré-au-Lard à la capitale. (Ca va, je vais pas me perdre.)

 

Mais maintenant qu'ils cheminaient dans la capitale, elle ne bronchait plus. Mieux valait avoir un peu mal à la main que de se retrouver perdue au milieu de cette jungle urbaine.

 

  • - My mayzhe na mistsi, dit Sasha pour l'encourager. (On y est presque.)

 

Kalina ne répondit rien. Ses petites chaussures lui faisaient mal aux pieds. Elle avait l'impression d'avoir marché des kilomètres pour qu'ils pussent se signaler à l'Ambassade d'Ukraine à Londres - Sasha devait signer des papiers auxquels elle ne saisissait guère grand-chose - et désormais ils prenaient la direction du Chemin de Travers (ou quelque chose comme ça).

Lorsqu'ils déboulèrent dans un petit café à l'apparence morne, en apparence à peine fréquenté, elle put enfin avoir l'impression de respirer. Elle s'arrêta devant un grand panneau où elle reconnaissait les mots anglais suivants : Hot Chocolate.

 

  • - Sasha, chy nam varto... (Sasha, est-ce qu'on...)

  • - U nas nemaye chasu, Kalina, trancha-t-il comme s'il avait lu dans ses pensées sans même avoir aperçu son regard. (On n'a pas le temps, Kalina.)

 

La petite fille se renfrogna, ses lèvres fines s'avachissant en une moue boudeuse. Ils avaient littéralement tout le week-end. De quoi parlait-il à la fin ? Sasha était toujours pressé de lui faire regagner la salle commune des Gryffondors, voire son dortoir, sans qu'elle comprît pourquoi. Quand elle posait des questions, il débitait invariablement les mêmes propos concernant des dangers invisibles ou des gens qu'il ne fallait pas fréquenter. Mais ne l'avait-on pas envoyée à Poudlard justement parce qu'elle était censée y être en sécurité ?

 

Et pouf, voilà qu'ils étaient de nouveau dans une rue. Les passants étaient moins nombreux, mais bien plus visiblement sorciers : ils assumaient leurs capes et certains usaient même de sortilèges permanents comme cette femme qui avait un parapluie magique au-dessus de sa coiffure élaborée. Mais Kalina arrondit bientôt sa bouche en un O de surprise.

 

  • - Woha ! Ya nikoly ne bachyv stilʹky kramnytsʹ charivnykiv ! (Woha ! J'ai jamais vu autant de magasins sorciers !)

 

Sasha ne répondit rien. Il l'emmenait un peu plus loin, tirant Kalina qui marchait en crabe pour ne rien perdre des vitrines devant lesquelles ils passaient. Elle ne se fatigua pas à demander s'il pouvait entrer dans cette boutique d'animaux magiques ni ce magasin de matériel de potions : la réponse serait non. A la place, elle engloutissait de ses yeux grands ouverts les possibilités folles que la rue offrait, indifférente à la pluie légère qui humidifiait ses cheveux noirs ramenés en une queue de cheval maladroite - c'était son frère qui lui faisait et elle était toujours un peu de travers, ou bien ses cheveux n'étaient pas bien lissés, bref, il n'avait pas la fibre esthétique mais Kalina s'en fichait.

 

  • - My ydemo tudy, annonça Sasha, et Kalina le suivit par une porte étroite. (On va là.)

 

A l'intérieur, ils furent accueillis par des rangées de boites qui montaient jusqu'au plafond, des bougies chaudes réchauffant l'atmosphère flottant ici et là. Les clients étaient plutôt rares : une vieille dame consultait les articles d'entretien de baguette en marmonnant dans sa barbe - qu'elle avait fine comme un duvet mais piquante comme un cactus, tel que le savait bien le petit-fils qui bénéficierait du cadeau qu'elle souhaitait acheter et qui tolèrerait le gros bisou qui accompagnerait l'offrande - ainsi qu'un homme d'une cinquantaine d'années qui échangeait avec une personne au comptoir au sujet de la rigidité de sa baguette, qui perdait en vigueur au fil des années malgré ses astications minutieuses.

En moins de temps qu'il n'en fallait pour dire ouf, Kalina sentit la main de son frère dans son dos qui la poussait vers le comptoir, à côté du monsieur, pour qu'elle put s'adresser à l'autre personne qui travaillait ici : une femme à l'air sévère qui se tenait près d'un bouquet de lys.

 

  • - Davay, rozmovlyay z neyu anhliysʹkoyu, précisa Sasha. (Vas-y, adresse-toi à elle en anglais.)

 

Kalina lui adressa un regard en coin. Voilà un autre cheval de bataille de son grand-frère : il voulait qu'elle parlât elle-même aux adultes, alors que les autres auraient eu leurs parents pour s'occuper des tractations, il fallait qu'elle affrontât la double difficulté de sa timidité et de parler une langue étrangère. Elle souffla du nez, mais s'exécuta pourtant. Elle s'avança jusqu'au comptoir - son crâne chevelu dépassait à peine, et la dame de l'autre côté devrait sûrement se pencher pour apercevoir son front et ses prunelles volontaires.

 

  • - Je veux réparation de...

  • - Bonjour Madame, la reprit Sasha derrière elle.

  • - Ah, da. Bonjour Madame. Je veux réparation de la baguette, annonça Kalina avec un accent slave enfantin.

 

Elle sortit de l'intérieur de sa robe de sorcière une petite baguette d'un bois sombre, dont elle ne connaissait pas le bois. C'était une baguette ancienne, qui avait sûrement servi à plusieurs générations. Bien que de bonne qualité à l'origine, l'objet arborait désormais un gonflement qui lui donnait une apparence boursoufflée. De plus des traces blanches indiquaient un dépôt de sel qui n'avait pas été effacé par la main qui l'utilisait. Kalina la déposa à plat sur le comptoir de sa paume blanche - et glacée, aussi se dépêcha-t-elle ensuite d'ourler ses doigts près de sa bouche pour profiter d'une expiration chaude pour les réchauffer.

 

  • - En fait, on veut savoir le prix de la réparation, entendit-elle au-dessus de sa tête. Elle a pris l'eau.

 

Prendre l'eau ? Voilà une drôle de formule. Pour Kalina, la baguette n'avait pas fait que boire la tasse. Elle aurait sûrement dit que sa baguette avait nagé comme dans les compétitions officielles, les médailles en moins.

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