Harry Potter RPG
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Le Philtre de Paix

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Oubliez vos critères démodés, Alison préfère qu'on l'appelle "bitch" plutôt que "ma chérie". Tomber dans la mièvrerie, non merci, se persuade-t-elle à coups de Glamoured Gazer et autres magazines encourageant les femmes à conquérir le pouvoir par leur comportement. Sauf qu'elle ment. Aucun garçon n'a jamais vraiment touché la jeune fille de 15 ans, bientôt 16, qui prétend avoir déjà de l'expérience auprès des copines de dortoir et ceux voulant bien l'entendre. Le plus important reste ce qu'ils pensent, pas la réalité. Alors Alison feint l'assurance qu'elle convoite et déboutonne un peu ses chemisiers en espérant faire loucher quelques mecs pendant la journée. 

 

Bien sûr, elle avait évité la paume pleine de salive tendue par Sasha pour sceller leur pacte, et s'était contentée de serrer brièvement ses phalanges noueuses en grimaçant. "Première leçon, ne fais plus jamais ça.", lui avait-elle strictement conseillé devant les serres de botanique. Alison apprendrait au Russe les bonnes manières anglaises, tandis qu'il entretiendrait sa nouvelle réputation de femme sulfureuse (un mot qu'elle connaît depuis cet été, grâce à Glamoured Gazer).

 

— Fais-moi confiance, avait-elle ajouté tel le serpent qui embobine Mowgli fraîchement débarqué dans la jungle poudlarienne. Sasha serait facile à éduquer tellement il part de loin, même incapable de nouer correctement une cravate en sixième année. A piece of cake, avait pensé Alison en fixant les rougeurs honteuses du Gryffondor avant de ricaner. Ok. D'façon au pire, j'dirai qu'tu m'as forcée. Qui croirait la brute sortie de son pays en guerre ? Personne. Le menton d'Alison avait dessiné un zigzag théâtral pour appuyer ses propos. Insupportable la meuf, oui.

 

- - - 

 

Le weekend et un début de semaine étaient passés sans jamais que Sasha ne vienne voir Alison dans les couloirs bondés, la grande salle remplie d'élèves affamés de nourriture et de gossips, ou même le parc et ses réunions de brats au sommet. D'ailleurs, où se cachait-il pendant tout ce temps ? La sorcière trouve son prétendu petit ami trop discret mais sait qu'aujourd'hui, il ne pourra pas disparaître. Aujourd'hui, ils ont cours de potion ensemble. 

 

Adossée au mur en pierres foncées des cachots qui desservent la salle du professeur Brooks, Alison discute avec ses amies en surveillant l'amas d'élèves rassemblés 10 minutes en avance pour échanger à propos des derniers potins de l'école et du monde sorcier. Elliot Blackburn gngngn, j'le connais depuis qu'j'suis petite, bah il est pas si beau de près. Bah oui il venait au magasin, il était même du niveau d'ma sœur, ils sont sortis ensemble. Nan mais vu qu'ma sœur fait zéro efforts normal qu'il l'a larguée. Elle s'habille comme un paysan j'te jure. Tiens, en parlant de paysan, voici Sasha. Les épaules d'Alison se décollent du mur tandis qu'elle lui jette un regard insistant. "Viens", semble-t-elle vouloir dire silencieusement, faisant mine ensuite de ne pas l'avoir vu arriver. Machinalement, elle lisse ses cheveux, un mélange d'anxiété et d'excitation au creux du ventre.

 

— Bon Ysolde, quand est-ce que tu rejoins le clan des franges ? Vas-y on te la coupe ce soir ! 

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

Gryffondor
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Il l'avait bien aperçue, la petite Alison aux longs cheveux roux qui dansaient sur ses épaules. Au détour d'un couloir. Ou à la table des Serpentards. Ou de l'autre côté du parc. Mais en courageux soldat qu'il était... Sasha s'était systématiquement débiné, regardant vivement ailleurs, prenant un autre chemin, ou faisant carrément demi-tour. Ce n'était pourtant pas la tâche la plus compliquée qu'on lui eût donné depuis qu'il était arrivé à Poudlard, mais pour une étrange raison, il n'arrivait pas à trouver la résolution nécessaire à ce projet stupide. Le pire était qu'il n'était pas certain que cela portât ses fruits : quand elle avait dit "ne fais plus jamais ça", il n'était pas sûr de ce dont elle parlait. Quoi ? Cracher dans sa main, ça ne se faisait pas en Angleterre ? Il s'était essuyé sur son jean, la mine interdite.

 

Toujours était-il qu'il avait beau eu repousser l'échéance, l'épreuve finirait par arriver.

 

Et elle arrivait aujourd'hui.

Sasha se maudit de ne pas avoir profité, pour leur première fois, d'un moment où Alison était peu entourée. Avec la grande brochette dans laquelle elle était coincée comme un morceau de poulet au caramel agglutiné contre les autres (les brochettes de poulet au caramel, nouvelle grande découverte de mets de Poudlard pour Sasha), il sentait toutes ses bonnes résolutions fondre comme neige au soleil. Mais le cours de Potions était noté, et s'il voulait pouvoir prouver qu'au moins dans cette matière il avait le niveau pour rejoindre rapidement les sixième années, il était bel et bien forcé de jouer le jeu. Alors, il fit ce qu'il fallait faire. Selon lui.

 

Il prit une grande inspiration, puis il fonça dans le tas.

 

Littéralement. 

A grands pas il s'avança vers le groupe, écarta une grande blonde dégingandée, n'eut pas besoin d'en faire autant pour la petite brune aux cheveux bouclés qui fit un bond de côté pour éviter la charge, et il traversa le cercle sacré des filles qui complotaient pour fondre sur Alison. Agir avant de réfléchir, c'était sa règle pour toutes les situations où l'incertitude du résultat était trop grande, comme quand il fallait attaquer l'ennemi ou ne pas laisser échapper une proie. Sasha attrapa Alison par les épaules et écrasa ses lèvres contre celle de la jeune fille. Probablement avec la délicatesse d'un boxeur qui dit bonjour à son sac de frappe, mais probablement pas au point de lui faire mal.

 

Il sentit la peau fraîche de son minois délicat et l'odeur d'un parfum chic, sûrement trop cher - et ce fut tout ce qu'il emporta d'elle, car c'était fini la seconde suivante. Cette seconde suivante fut horriblement longue : le groupe de filles faisaient rouler leurs yeux dans leurs orbites dans une expression qu'il n'était pas capable de déchiffrer - sauf la grande blonde qui avait croisé les bras en mâchant son chewing gum, visiblement agacée de s'être faite dégager si brusquement. Alors Sasha leur décocha à toutes un regard clairement dissuasif - juste au cas où. Après tout, il avait un deal avec Alison, mais pas avec les autres. Il ne leur devait rien, et sûrement pas la moindre sympathie.

 

Sasha sentit un truc bouger entre ses mains, se rendit compte qu'il tenait toujours Alison. Alors il la libéra et renfonça ses mains dans ses poches pour aller se poster à côté d'elle, le regard terne. Il n'y avait plus qu'à attendre que le cours commençât. A cet instant précis, d'autres élèves entraient dans la classe, et notamment des Serpentards qui le regardaient étrangement, partagés entre la surprise et le doute, probablement. Sasha les ignora royalement, et reporta son regard sur les filles qui étaient devenues muettes comme des botrucs.

 

- Quoi ? Vous avez plus rien à vous dire ? il gronda.

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Les scénarios se sont multipliés dans l'esprit d'Alison depuis qu'elle attend le baiser du Russe. Son imaginaire l'avait mené vers différentes scènes toute cette semaine. De l'étreinte torride au rapprochement romantique, elle avait oublié d'envisager le pire : qu'il soit ridicule. Elle ne pensait pas qu'il puisse la bousculer brutalement, marchant presque sur ses pieds pour heurter sa bouche avec violence. "Anh, j'suis choquée." D'abord effarée, l'adolescente reprend contenance aussi rapidement que possible, essuyant ses lèvres d'un geste discret, un regard jeté autour d'eux. "C'était quoi ça ?!" Quand Sasha grogne, elle rougit instantanément, honteuse de la tournure des évènements.

 

— Ali, ça va chérie ? 

— Mh ?

— Bah. Alison ?!

— Bah quoi ? T'as jamais vu des gens s'embrasser ? Tsss.

 

Alison soulève le bras du sixième année et se glisse dessous comme si tout était normal. Elle force un sourire hautain face à sa bande d'amies et passe même sa langue contre ses incisives avec une expression fière. Il voulait trop s'faire pardonner après la botanique, alors on s'est vus. La sorcière darde chacune des autres filles pour les défier de ne pas y croire. Faire marche arrière est impossible maintenant. Son menton reste droit. Bon du coup, il s'est bien fait pardonner, j'confirme. Un clin d’œil achève sa parade et quelques gloussements de connivence rassurent Alison. Tout n'est peut-être pas foutu, se dit-elle en rangeant sa frange rousse décoiffée par la brutalité de Sasha. Quand l'enseignant arrive, il ne reste plus que la brochette de vipères au caramel dans le couloir des cachots.

 

— Bon, laissez-nous deux secondes, ordonne l'adolescente à son groupe qui suit le professeur potionniste à l'intérieur de la salle, non sans deux ou trois regards derrière leurs épaules. Seule avec Sasha, Alison se poste face à lui, et rajuste sa cravate rouge nouée de travers.

 

— T'aurais pu être plus délicat quand même. Ses prunelles marron croisent l'expression rustre du Russe et la jeune femme soupire. J'vais t'montrer. Elle relâche le nœud bien symétrique qu'elle vient de lui faire pour se tenir aux pans de la robe du garçon et hisser ses talons jusqu'à heurter sa bouche avec douceur. Leurs lèvres se pressent dans un bécot agréable, qui ressemble davantage à ses attentes. Mais Alison s'éloigne déjà. Voilà, maintenant j'veux au moins ça. La sorcière cache ses rougeurs en ramenant sa chevelure sur ses joues tandis qu'elle donne quelques conseils en pagaille à Sasha. En entrant, dis bonjour au professeur. Il s'appelle Brooks. Tu l'appelles Mister Brooks et tu te présentes s'il t'a jamais vu. Tu vas aussi tirer ma chaise quand j'vais m’asseoir. Et si j'enlève ma robe, tu m'aides. Et sors des affaires pour prendre des notes. Elle se tourne immédiatement sans vraiment laisser le temps au nouvel élève de digérer ses recommandations.

 

Prête à passer le seuil, Alison inspire et sourit. Bonj- soudain son épaule se fait broyer contre le mur par celle de Sasha qui a voulu entrer en même temps qu'elle dans la pièce. Des rires s'élèvent. Ils sont tous les deux coincés et la jeune fille semble complètement écrasée à côté de son prétendu petit ami à la carrure d'un Éruptif. Mais Sasha !

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

Gryffondor
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Sasha aurait voulu transplaner instantanément sur un autre continent. Pourquoi Alison avait-elle besoin de se glisser sous son bras ?! Il était tellement tendu qu’il crût avoir bientôt une crampe – mais ça, c’était avant d’entendre Alison raconter qu’il devait se faire pardonner. Il l’écouta les dents serrées et les yeux ronds, si bien qu’on eût l’impression qu’il était en train de souffrir d’une indigestion. L’une des filles donna un coup d’œil dégoûté à la main qui reposait sur l’épaule d’Alison, et Sasha eut une grimace qui mimait un grognement silencieux, histoire de la dissuader de faire un commentaire sur ses cicatrices.

 

Lorsqu’il crut que la torture était enfin terminée, que les vipères se dispersèrent vers la salle de cours, Alison n’en avait pas fini avec lui : quand elle resserra son nœud, avant de poser doucement ses lèvres sur les siennes, il se sentit minuscule d’ignorance, et paradoxalement beaucoup trop engoncé dans ses vêtements par la situation : il se figurait qu’il avait l’air d’un ours en chemise et cravate, avec des griffes qui disparaissaient dans les poches de son pantalon, et qu’une petite fille s’était perchée sur la pointe de ses pieds pour lui coller un bisou sans s’apercevoir qu’il avait la truffe humide et des poils blonds épais plein le museau.
Par acquis de conscience, quand elle le libéra, il passa vite une main sur sa bouche – non pour s’essuyer, même si Alison l’interpréterait peut-être ainsi, mais pour vérifier s’il n’était pas tout velu : mais non, il était rasé fraîchement du matin, fort heureusement.

 

Et puis, toutes les instructions tombèrent en même temps et il paniqua vaguement : comment est-ce qu’il allait se présenter au professeur ET tirer la chaise d’Alison en même temps ? Et retirer sa robe ? Pourquoi diable se déshabillerait-elle devant tout le monde ?!
Un peu trop pressé de ne rien oublier dans ce fatras d’indications, il entra certes un peu brusquement – sans anticiper qu’Alison s’arrêterait juste là, devant. Ils se coincèrent stupidement, et Sasha ne connaissait qu’une seule manière de se sortir de là : il s’arracha avec un pas en avant, manquant d’emporter avec lui Alison et probablement le mur du cachot. D’autres rires, plus ouverts, se déclenchèrent subitement, et ils avaient bien sûr attiré l’attention du professeur.

 

Ce dernier avait un visage plein de bonhommie, mais sur lequel passa à cet instant une expression d’ennui profond.

 

-    Bonjour, articula Sasha. 
-   … Et vous êtes ? questionna le professeur en haussant les sourcils. 
-    Mister Brooks ! se rappela le Gryffondor.

 

Le professeur battit des cils, circonspect.

 

-    Non, Mister Brooks, c’est moi.

 

Cette fois, ce fut l’hilarité générale dans la classe. Sasha avait écarquillé les yeux, plein d’incompréhension, tandis que le professeur gardait parfaitement son calme malgré le bruit ambiant. Puis Sasha comprit. Il pinça les lèvres avant de se redresser, rigide.

 

-    Sasha Shevchen, Gryffondor, 6ème année. Je suis affecté au cours de 5ème année pour un rattrapage en potions, sir.
-    Aaah, oui, c’est vrai. Bon, fit le professeur avec une moue dans laquelle Sasha crut lire : encore un.

 

Les rires se dissipaient enfin. Monsieur Brooks fit mine de se retourner vers la classe, fit un pas, puis revint vers Sasha en écartant les bras.

 

-    Bon restez pas planté là, allez vous asseoir !

 

Sasha fit un demi-tour sec pour s’éloigner du professeur et du tableau – zone devenue maudite. Alison avait ralenti près d’une paillasse dans les premiers rangs, mais il l’attrapa par le coude pour l’emmener vers le fond, suivi à son grand désarroi d’une bonne vingtaine de paires d’yeux. Alors, le regard noir, il jeta son sac à terre, avant de s’occuper d’Alison. Avec autorité, il lui retira son sac pour le poser sur la paillasse, tira un tabouret pour la faire asseoir en la maintenant par les épaules.

 

Il s’immobilisa soudain en la regardant : elle gardait sa robe ou pas ? Un signe. Il faudrait qu’ils convinssent d’un signal clair. Deux battements d’yeux, peut-être, ou quelque chose comme ça. Sasha se pencha vers elle, ayant déjà la solution en tête.

 

-    Dans les cachots il fait froid, tu restes habillée.

 

Voilà.

 

Lorsqu’il s’assit à son tour, il s’aperçut qu’il conserverait lui aussi sa robe sur sa chemise, pour une raison simple : il était en nage. Sa chemise lui collait à la peau, et lui semblait que de son col désormais trop serré s’échappait un mince filet de vapeur brûlante, qui lui réchauffait le cou et ses joues devenues toutes rouges.

 

Heureusement, le professeur avait commencé son long monologue d’entrée en matière. Il expliquait sûrement des choses importantes, mais Sasha était trop occupée à garder les mains sur la paillasse en tâchant de réguler sa respiration, et il ne comprenait soudain plus rien à l’anglais. Au bout d’un moment, il aperçut le regard exigeant d’Alison, et il se rendit compte qu’elle avait sorti plumes et parchemin : alors il en fit autant. Mais comme il n’arrivait pas très bien à reprendre le fil du cours, il ne savait pas quoi écrire : Sasha jeta un coup d’œil par-dessus la manche de sa voisine. 
Alison avait une écriture ronde et féminine, sans tâche aucune. Elle prenait un soin particulier à souligner des mots avec des couleurs différentes, manipulant entre ses doigts parfaitement lisses une plume aux reflets élégants, si bien qu’il semblait que son parchemin était une œuvre d’art. Il baissa les yeux sur son propre parchemin : c’était écrit « Potions 1 » et seulement ces caractères étaient déjà illisibles : on aurait dit qu’une souris avait marché dans un pot d’encre et était passée par là. Il se pencha en avant pour essayer de s’appliquer à son tour. Sa plume de pigeon crissa grossièrement sur le parchemin.

 

- Pourquoi t'as dit qu'il fallait que je me fasse pardonner, grommela-t-il à voix basse. J'avais rien à me faire pardonner. 

 

Le cours théorique ne fut pas trop long, Mister Brooks souhaitant ne pas perdre de temps sur le travail pratique qu’ils avaient à faire ce jour : préparer un philtre de paix, et la première étape était très simple puisqu’il suffisait d’allumer le chaudron qui se trouvait devant eux, sur la paillasse. Les autres élèves sortaient déjà leur baguette. Sasha avait retrouvé des couleurs plus claires, même si la perspective d'allumer un feu le faisait déjà trop transpirer d'avance. Il soupira, exténué déjà par ce cours qui ne faisait que débuter.

 

-    Tu veux l’allumer, ou je le fais ? demanda-t-il, morne.

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
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Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Alison Carter débute dans la quête de son pouvoir féminin. À 15 ans (bientôt 16, c'est important), elle commence seulement à comprendre les lignes des sacro-saints magazines pour le nouveau sexe fort. Sa bible de l'été, "Révélez le feu sacré !" de Veralyn Moonstone, dissèque le fonctionnement des hommes et des femmes en 2124, et les prévisions 2125. Vrai que Sasha est "aussi subtil qu’un sort de Lumos en plein jour", comme le prétend Veralyn dans son chapitre "Au-delà de la baguette : L'Art de faire vaciller le patriarcat." Alors Alison écoute Sasha avec dédain pendant tout le temps où il continue de se ridiculiser. Elle rajuste sa tenue, ses cheveux, et rejoint finalement une place- vite rattrapée par le Russe.

 

— Doucement. Oui, elle lui répétera, encore et encore, tant qu'il aura la délicatesse d'un Troll des Montagnes. Mais un fin sourire remplace son agacement quand Sasha suggère qu'elle garde sa robe pour ne pas attraper froid. Bien. Alison se plaît à contrôler le sixième année, galvanisée par l'impression de pouvoir qu'il lui donne en obéissant. D'un regard tyrannique, elle peut exiger qu'il s'active, et ça suffit à la remplir de satisfaction. Après tout, son père aussi n'est qu'un pauvre mec, désespéré d'avoir perdu sa femme, au fond du gouffre sans elle. Il lui fait pitié. Elle n'a jamais supporté le voir descendre aux Enfers mais les magazines ont donné du sens à son comportement et conforté Alison : les hommes ne valent rien sans des femmes fortes et ambitieuses à leurs côtés. Elle deviendra cette femme.

 

Ça commence par suivre consciencieusement la classe, car "savoir, c'est pouvoir", vous le saviez déjà n'est-ce pas ? Appliquée, la jeune femme grince des dents en entendant la plume de son voisin, puis sa question. Elle lui sert une mine orgueilleuse. Leçon deux : "les hommes ont toujours quelque-chose à se faire pardonner Sasha." Même si tu ne sais pas encore quoi. Son menton dessine ce même zigzag qu'à la première leçon et ses yeux papillonnent jusqu'à tomber sur le parchemin tâché d'encre du garçon. Un champ de bataille- avec peu de cadavres certes, mais cadavres quand même. Alison fait glisser l'une de ses feuilles vierges vers Sasha. Tiens, c'est effaçable. Faudra que t'en achètes à Pré-Au-Lard. Et que t'apprennes Recta Manus aussi pour redresser tes lignes. Les profs aiment pas qu'on utilise les sortilèges de rédaction parce qu'on retient mieux en écrivant. Ses épaules se haussent, suffisantes, tandis qu'elle serre ses lèvres en une moue snob, fixant l'élève. T'as de l'argent au moins ?

 

Ils n'ont plus des millions chez les Carter, mais les tenues neuves et le matériel scolaire arrive directement vers Alison sans qu'elle n'ait à se poser la question, alors elle s'interroge peu sur leurs finances. Les banquiers gèrent probablement. D'un coup de baguette, la sorcière allume un feu sous le chaudron rempli d'eau. Sinon j'peux te filer mes cours hein. Une flamme bleue vacille entre les pattes métalliques du chaudron. Debout à côté de Sasha, Alison organise les ingrédients devant eux et s'arrête pour ajouter : En échange tu m'feras un suçon. J'vais chercher le sirop d'ellébore. Sa robe effleure la cuisse du réfugié tandis qu'elle se faufile derrière lui en direction des étagères d'ingrédients et rejoint là-bas son amie. 

 

— Ali, va falloir des explications chérie. 

Explications de quoi ?

— "C'est un con gngngn- j'en ai déjà marre de lui gngng"- et là ? J'suis choquée. J'te jure j'suis sous. le. choc. quoi.

— Il peut être con et être un bon coup, qu'est-ce t'en sais toi d'abord ?

— Ah ouais ok.

— Ouais. Ok. 

— Genre, il t'a bouffé l'aubépine ?

— Arrête putain ! Peut-être. 

 

Plusieurs rires s'élèvent depuis le périmètre des étagères et Alison jette un œil en direction du Gryffondor. Ajoute la poudre bleue, j'arrive !

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

Gryffondor
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Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

A l'autre bout de la salle, avec un air morne, Sasha renversa le petit flacon de poudre bleue dans le chaudron, qui se mit à fumer doucement, l'eau bouillonnant. Une odeur âcre s'en échappait, qui n'avait pas l'air d'incommoder le Gryffondor qui renfonça aussitôt ses mains dans ses poches, tout à ses ruminations intérieures.

 

Comment ça, les hommes avaient toujours quelque chose à se faire pardonner ? Il n'avait rien répondu à la leçon n°2 (de toutes façons, quelle était la leçon n°1, il ne savait déjà plus) et encore moins aux questions en lien avec ses finances. Il s'était contenté de se concentrer sur sa feuille effaçable, le teint légèrement rouge de nouveau.

 

Maintenant que la partie pratique avait commencé, la classe ressemblait plus ou moins à un essaim d'abeilles qui flânaient ça et là, allant chercher des ingrédients d'un côté, papotant de l'autre. Certaines élèves se pressaient près du professeur pour lui poser des questions, tandis que des groupes d'amis se réunissaient pour chuchoter à voix basse. Un groupe de trois serpentards, qui occupaient la paillasse devant celle d'Alison et Sasha, se rabattirent vers le Gryffondor.

 

- Vas-y, pourquoi tu t'laisses faire comme ça ? demanda l'un d'eux.

- Huh ? répondit d'abord Sasha, étonné qu'on lui adressât la parole malgré tous ses efforts pour paraître le plus dissuasif possible. Quoi ?

- Pourquoi tu la laisses faire, Alison, tu fais tout c'qu'elle dit mec !

 

Sasha décocha un regard vers la fille en question, qui continuait de cancaner à voix basse avec l'une de ses copines. Merde. Tout le monde s'en rendait compte ? Il haussa les épaules en reportant ses yeux courroucés vers les Serpentards.

 

- Ben j'la saute, vous croyez quoi ? Qu'c'est pour le plaisir de faire le bon toutou ?

 

Les Serpentards échangèrent des regards entre eux. Ils tâchèrent de rester neutres, mais ils voyaient bien qu'ils étaient vaguement impressionnés. Curieux, même. Ils s'approchèrent en essayant tous de rester nonchalants, si bien qu'ils avaient l'air de trois rapaces posés sur la même branche qui feraient mine de ne pas se connaître vraiment.

 

- Genre. Souvent ? ne put s'empêcher de demander le plus petit des trois.

 

Il avait des cheveux frisés et une bouille de garçon de 8 ans, comme si l'adolescence peinait à trouver chez lui le chemin que les autres avaient déjà débuté. Sasha prit le temps de réfléchir à la réponse. Crédible. Rester crédible. Et en même temps, Alison aurait dû être discrète, comme il l'avait demandé, et elle ne l'était pas du tout. Il se mordit la langue.

 

- Allez raconte, fit l'un des Serpentards en lui donnant un léger coup d'épaule à épaule, comme s'ils étaient amis.

 

Sasha lui décocha un regard circonspect.

 

- Ben ouais, souvent, grommela-t-il.

 

Puis, comme ils avaient l'air avide d'en savoir plus, il se sentit obligé d'élaborer.

 

- Elle en demande tout l'temps. Dès qu'on a un moment, un p'tit coup dans les toilettes, dans un placard à balai, peu importe, elle est trop chaude c'est fou.

 

Cette fois, les yeux des garçons s'agrandirent, ronds comme des billes. Ils auraient presque bavé d'envie, avec leurs hormones en pleine explosion, de pouvoir avoir l'aisance de se taper tous les jours une fille bien rangée comme Alison. Sasha se dit qu'il en avait peut-être fait un peu trop, mais au moins, il sentait que les trois Serpentards ne le regardaient plus comme le pauvre réfugié, soudain.

 

- Alors moi, ajouter de la poudre bleue ou lui tenir sa chaise hein, ça m'va.

- Ah ouais.

- Ouais...

- Carrément.

- Qu'est-ce que vous glandez là-bas ? Elles vont pas se touiller toutes seules ces potions !

 

La voix du professeur les dispersa rapidement, et Sasha se retrouva de nouveau seul avec leur chaudron. Alison revenait avec le sirop d'ellébore, de sa démarche empruntée, et le Gryffondor préféra ne pas trop la regarder quand il se rendit compte que son mensonge collait parfaitement avec les apparences qu'Alison avait l'air de vouloir afficher : sa jupette courte, sa bouche travaillée dans une moue aguicheuse, n'avait-elle pas l'air de vouloir se faire remarquer ?

Il s'occupa en saisissant la spatule et se mit à faire tournoyer le liquide. Il fumait étrangement plus que les autres chaudrons, des volutes bleues épaisses s'échappant devant eux.

 

- Ca fume trop, c'est trop chaud non ?

 

En effet, les flammes sous leurs chaudrons avaient grandi. Avec vivacité, Sasha sortit sa baguette de sa poche.

 

- Fría, marmonna-t-il à voix basse, en espérant ne pas être entendu du professeur.

 

 

De la baguette de Sasha s'échappa un trait lumineux, vert vif, qui vint réduire assez brusquement les flammes. Des crépitements se firent entendre, qui attirèrent l'attention du professeur. Mais comme la fumée se régulait tranquillement, il finit par acquiescer, non sans une oeillade d'avertissement à leur encontre. 

Sasha soupira. 

 

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Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Sasha Shevchen a lancé un sortilège !

Sortilège utilisé : Fría (Enchantement Rafraîchissant)

Difficulté du sortilège : 6

Modificateur de baguette : 0

Résultat du dé : 21 (19+2)

Réussite :

De la baguette de Sasha s'échappa un trait lumineux, vert vif, qui vint réduire assez brusquement les flammes. Des crépitements se firent entendre, qui attirèrent l'attention du professeur. Mais comme la fumée se régulait tranquillement, il finit par acquiescer, non sans une oeillade d'avertissement à leur encontre. 

Sasha soupira. 

Autres résultats possibles
Réussite critique :

De la baguette de Sasha s'échappa un discret trait lumineux d'un vert translucide, élégant, qui vint baisser le feu à la parfaite température. La fumée se régula presque aussitôt, et Sasha rangea sa baguette, l'air de rien. 

 

Le professeur n'avait rien remarqué.




Échec :

De la baguette de Sasha s'échappa un trait lumineux, vert vif, qui vint frapper la base du chaudron, mais il n'y eut aucun effet : les flammes furent à peine soufflée l'espace d'une demi-seconde, avant de reprendre de plus belle. Alors, la fumée, s'épaissit, s'épaissit encore jusqu'à ce qu'Alison et Sasha disparussent presque derrière. 

 

- Mais qu'est-ce qu'il nous fait là-bas, Mister Brooks junior !




Échec critique :

De la baguette de Sasha s'échappa un trait lumineux, bleu vif, qui vint percuter la base du chaudron. Mal orienté et beaucoup trop fort, le sortilège glaça complètement la base du chaudron et le liquide de la potion se transforma en une gelée bleue... irrécupérable.

 

Et le pire, c'était que le professeur s'approchait. Sasha cacha son visage dans ses mains en attendant le pire. Il faudrait tout recommencer avec en prime un sermon humiliant devant tout le monde.




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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

Elle imagine souvent ses déplacements en slow-motion, sur fond de musique badass, un sourire tiré au coin de la bouche, Alison. Faut dire qu'elle a passé l'été à sortir ce sourire devant son miroir pour s'entraîner. "On n'obtient rien sans rien", Alison le sait. Les flacons d'ellébore et de mandragore cuite en mains, elle passe entre les rangs d'une démarche assurée, sa jupe balançant de gauche à droite contre ses cuisses, la robe largement ouverte. Avoir froid passe au second plan franchement. Puis la tronche médusée du groupe de garçons devant leur table interpelle Alison qui les fixe sans sympathie. Quoi, vous voulez ma photo ? Elle baisse la tête pour ricaner, encore surprise par l'effet de sa puberté sur ses camarades de classe ; c'est fou comme un soutien-gorge rembourré peut vous tirer vers le haut du panier.

 

— Oui, trop chaud. Son attention retourne vers le chaudron dont Sasha s'occupe avec efficacité. Elle s'en fiche qu'il triche, tant qu'il reste discret. Alison apprécie la concentration et le sérieux de son binôme. Elle pose les fioles en lui souriant. Bien joué. Studieuse, la jeune femme veut être sûre que le Gryffondor ne sabotera pas leurs devoirs. Tandis qu'elle retrousse ses manches de robe proprement avant de jeter un sortilège dans sa chevelure qui s'enroule en chignon, Alison étale sa réussite scolaire à Sasha. J'ai des bonnes notes partout, même pour les matières que j'aime pas. Avec moi t'auras au moins Effort Exceptionnel ou sinon Optimal, en botanique, en potion, et en divination. J'te mens pas. Fin, pour les devoirs à deux en tout cas. Il devra se débrouiller pendant les examens, d'autant plus qu'il est resté muet à sa proposition d'échange "un cours lisible contre un suçon". Alison jette un œil à la recette calligraphiée sur son parchemin et ajoute encore de la poudre bleue dans le liquide qu'elle surveille attentivement. T'as déjà fait cette potion ? Elle peut tuer des gens tu sais.

 

Ses prunelles effleurent le portrait rugueux du réfugié dont elle ignore beaucoup de choses. Mais puisqu'ils vont se voir chaque semaine, autant faire connaissance, nan ? Alison tend le flacon d'ellébore à Sasha. Attends qu'ça devienne rose, j'te dirai. Faudra en mettre et normalement ça va devenir turquoise, bleu. Les moldus l'utilisent aussi celle-là dans leur médecine. C'est une fleur normalement. Tu connais des moldus toi ? Devant eux, les trois Serpentard se tournent régulièrement tandis qu'ils ont déjà commencé à répandre les aveux de Sasha au reste des élèves intéressés. La rousse sent qu'on parle d'elle ici et là. Elle croise plusieurs regards équivoques et s'empresse de lisser sa frange entre ses doigts. Qu'est-ce qu'ils ont tous, d'un coup ?

 

— Bon vas-y c'est rose. Vas-y. Doucement.

— Bah tu disais pas ça, dans le placard, Alison !

— Quoi ?

 

Ils pouffent et la sorcière fronce ses sourcils d'incompréhension. Une vague de ricanements résonne, rapidement interrompue par le professeur. Les joues d'Alison chauffent alors qu'elle observe autour d'eux sans avoir de réponse. Qu'est-ce qu'il raconte lui ?

 

 

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

Gryffondor
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Devant et dans la salle de potions, Jeudi 21 Septembre 2124

- Ben non, j'ai pas b'soin de potions pour tuer des...

 

Sasha se ravisa subitement, avala les derniers mots autant qu'il put, comme pour les rattraper, avant de se mordre la langue pour détourner le regard, braquer ses yeux devant lui, vers les garçons qu'il ne voyait même pas. Quel imbécile il faisait de vouloir parler à voix haute comme elle, raconter en quoi il était bon lui aussi, alors qu'il était censé la boucler, se morigéna-t-il les poings serrés. Sasha prit une bouffée d'air pour passer à autre chose, tâcher malgré l'ennui profond que lui inspiraient ces cours de se concentrer à la fois sur leurs potions et sur les propos de la jeune fille. Le cachot était animé, rempli d'un brouhaha enthousiaste qui tranchait avec son air contenu. Les fumées des chaudrons peinaient pourtant à réchauffer l'atmosphère qui restait humide et froid.

 

- Evidemment que j'connais des moldus, grommela-t-il rapidement, trop heureux de changer de conversation. Mon village était plein de moldus. On n'était que deux familles de sorciers, alors, on n'allait pas rester qu'entre nous. Pourquoi, t'en as jamais vu ?

 

C'était l'évidence. Est-ce que les sorciers vivaient à part, en Angleterre ? Il paraissait qu'en Russie, ils faisaient des villes entières de sorciers. Mais il n'y avait probablement pas assez de sorciers en Ukraine pour en faire autant. En fait ; il n'en savait rien. Ses souvenirs de l'école étaient flous. Sasha se souvenait que sa mère lui disait bien de ne pas faire de magie à l'école, mais qu'il avait quand même mis le feu aux cheveux d'un garçon, une fois, sans faire exprès. Il se demanda vaguement si ces copains de l'époque le reconnaitraient. Il n'avait pas tant envie de s'en souvenir, finalement, et il soupira en se concentrant sur sa tâche.

Sasha avait saisi la grande cuillère en bois, et il remuait avec lenteur, non sans continuer de jeter régulièrement autour d'eux quelque regard alerte - au cas où.

 

Etrangement, la menace vint du devant. Lui qui pensait s'être débarrassé de ces trois idiots. Sasha leur décocha un regard noir tandis qu'Alison le questionnait.

 

- Rien-rien, s'empressa Sasha - vite, trouver un autre sujet de conversation. Bon, c'est quoi un... un su-sson ?

 

Ca avait l'air important pour elle, ce truc dont il n'avait jamais entendu parler. Sûrement qu'elle aurait une grande et belle leçon à faire là-dessus.

Pendant ce temps, certes la potion était devenue rose, mais Sasha tenait toujours le flacon qu'elle lui avait collée dans la main, à hauteur d'épaule, comme un automate. Devant lui, les trois garçons ricanaient encore en chuchotant entre eux, et il les gardait à l'oeil.

Alison parla peut-être, mais il ne l'entendit pas. Merde. C'était encore un de ces moments où il n'arrivait plus à se concentrer sur l'anglais. Il cligna des yeux, réussit à se tourner vers Alison.

 

- J'fais quoi avec la fleur ? demanda-t-il avec son accent rustique.

 

Devant, le plus grand des trois Serpentards fit semblant de dégager de son visage des cheveux longs qu'il n'avait pas avec une gestuelle faussement apprêtée.

 

- "Ben tu m'la bouffes comme d'hab !" il couina d'une voix suraiguë.

 

Les deux autres garçons autour de lui se mirent à s'esclaffer bruyamment, incapables de contenir leur hilarité, attirant immédiatement l'attention des tables voisines. Cette fois, Sasha laissa tomber la cuillère en bois dans la marmite. Il contourna la paillasse pour aller rejoindre le grand Serpentard : le roux le dépassait d'une tête, mais le Gryffondor paraissait être deux fois plus épais.

 

- Tu fermes ta gueule ou je te fais manger ton chaudron, il déclara comme un grondement fauve.

- Oooh ça va...

- On se calme le russe, intervint l'un des autres avec un rire pour apaiser la situation.

 

Sasha fit volte-face vers lui, le regard embrasé.

 

- Ta gueule, j'suis pas russe.

- Ah ? Mais aussi, vous êtes tous pareils avec votre patois, là...

 

La remarque prononcée comme une blague ne fit rire personne - probablement parce que même les tables voisines pressentaient que ce n'était pas la bonne réponse : Sasha le toisa en silence une seconde ; la seconde suivante, il envoya brusquement son buste en avant et son front percuta le nez du Serpentard avec brutalité, lui arrachant un couinement de surprise et de souffrance. Le Serpentard recula, les mains sur le visage. Ses oreilles étaient devenues toutes rouges, mais Sasha supposa qu'il entendait quand même.

 

- On n'est pas pareils, asséna-t-il froidement, avant de revenir à grands pas vers Alison.

 

Il leva sa main au-dessus du chaudron, avant de froncer les sourcils en regardant le contenu de ce qu'il avait gardé entre les doigts : la poudre de l'ellébore était à moitié étalée sur sa paume, et le flacon brisé dans sa main. Il tâcha de se débarrasser de l'éllebore, à peu près, en s'aidant de son autre main.

 

- Bon ben y'aura un peu des bouts de verre dedans mais j'suis sûr ça changera rien, il décréta sans regarder Alison.

 

Devant eux, le garçon qui s'était pris le coup de tête s'était accroupi derrière sa paillasse pour se cacher du professeur, probablement. On entendait de petits couinements qui inquiétaient les deux autres garçons.

 

 

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
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Pas besoin de potions pour- ??! Alison cramponne au garçon un regard interrogateur sans oser croire ce qu'elle vient d'entendre. Il vient bien de dire qu'il n'a pas besoin de potions pour tuer des gens ?! Elle dévisage son voisin puis se ravise à insister, pensant qu'il a peut-être mal compris son anglais, et que la définition du mot "tuer" lui est venue au milieu de sa réponse. Ah ouais, carrément, lâche-t-elle avec une suspicion toute relative, plus proche du second degré qu'autre chose. C'est clair que Sasha a une tête de tueur, mais de là à avoir vraiment tué des gens... Ils ne l'auraient pas inscrit à Poudlard si c'était le cas, ob-viously. Elle expire un ricanement, bête d'avoir pu douter, et observe avec satisfaction leur potion qui change de couleur en accord à la recette.

 

— Tu vas être fort en EDM alors, c'est l'Étude des Moldus. Nan, moi j'ai grandi juste à côté, à Pré-Au-Lard, t'en as entendu parler ? C'est un village sorciers, donc. Enfin, j'ai déjà vu des Moldus hein, genre en ville. Mais j'en connais pas vraiment quoi. Alison hausse les épaules, incertaine de savoir si elle voudrait fréquenter des Moldus ou non. Il faut dire qu'on lit tout et son contraire à propos d'eux dans les magazines. La communauté sorcière est partagée sur le sujet. De ce qu'elle en sait, sa sœur Freya n'est pas contre l'abandon du code du secret magique, même s'il faudrait fixer des règles. Alison n'a jamais vraiment réfléchi à ça et garde la question pour plus tard en voyant Sasha soupirer. Tu t'fais chier ?

 

Elle prend les cours comme ils viennent, persuadée que cette résilience lui apportera le succès. La rousse entretient de bons rapports avec ses professeurs, cherchant peut-être l'approbation là où elle la trouve. Ses parchemins sont impeccables, ses devoirs rendus à l'heure, ses leçons révisées. Alison aime recevoir des compliments de la part des adultes qui l'entourent, même si dernièrement elle aime aussi qu'on remarque autre chose que sa scolarité.

 

À propos du suçon, la sorcière baisse d'un ton. Sûrement qu'il n'a pas bien compris le mot, alors Alison désigne son cou, de deux doigts qui glissent contre son artère battante. Elle explique à Sasha brièvement le concept, lui jetant plusieurs regards dont il ne saisit rien. Sasha ? La fleur ? Ses cils papillonnent et sa bouche se resserre. Bah, tu la- mais interrompue, Alison darde l'autre Serpentard d'un œil noir. L'immaturité des garçons de 15 ans est réelle. Vous êtes sérieux ?! La situation dérape plus vite que prévu, les Gryffondor restant des Gryffondor, même dans un nid de serpents.

 

— Putain. Elle lisse sa frange, immobile derrière leur paillasse, consternée par la réaction de Sasha, bien qu'une partie d'elle se sente flattée de voir le sixième année la défendre comme ça. Soudain Alison cache sa bouche derrière ses mains, choquée du coup de boule qu'elle voit et qui attire l'attention du prof. D'autres élèves perdent leur mâchoire, scandalisés. On entend des voix à base de "Oh my god !" ou "Il est fou !" retentir aux quatre coins du cachot. Alison devient blême, surveillant ses camarades et Sasha, mais aussi Mr Brooks. Nan, le mets pas ! Trop tard. Elle reste silencieuse face à la potion qui bouillonne en scintillant à cause du verre brisé à l'intérieur.

 

Ses yeux marrons toisent un instant son voisin, bien qu'elle préfère garder la tête haute devant l'enseignant. Alison sort sa baguette et se dépêche d'exécuter un sortilège tandis que Mr Brooks s'occupe du Serpentard blessé. 

 

— Evanesco. Ça fonctionne. Ça fonctionne un peu trop bien puisque même le chaudron disparaît. Oup's. Alison regarde autour d'elle et s'empare d'un chaudron vide à l'arrière. Plus qu'à le remplir d'eau et croiser les doigts pour qu'elle ait le temps de mettre la poudre bleue avant de se faire repérer.

 

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Alison Carter a lancé un sortilège !

Sortilège utilisé : Evanesco (Sortilège de Disparition)

Difficulté du sortilège : 6

Modificateur de baguette : 0

Résultat du dé : 6 (6+0)

Réussite :

— Evanesco. Ça fonctionne. Ça fonctionne un peu trop bien puisque même le chaudron disparaît. Oup's. Alison regarde autour d'elle et s'empare d'un chaudron vide à l'arrière. Plus qu'à le remplir d'eau et croiser les doigts pour qu'elle ait le temps de mettre la poudre bleue avant de se faire repérer.

Autres résultats possibles
Réussite critique :

— Evanesco. Discret, rapide, la formule vide le chaudron qu'elle s'empresse de remplir d'eau. Plus qu'à croiser les doigts pour qu'elle ait le temps de mettre la poudre bleue avant de se faire repérer.




Échec :

— Evanesco. Stressée, elle vise au mauvais endroit et fait disparaître le flacon de mandragore liquide dans le néant. Alors, Alison saisit le chaudron pour le vider mais se brûle salement la main. Elle sert les dents en couinant doucement, mais le professeur l'a vue.




Échec critique :

— Evanesco. Rien. Pas de chance. Alison panique, en plus le professeur l'a vue. Elle déteste cette situation et commence à sentir les larmes lui monter aux yeux.




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Daryl Brooks

Direction de Gryffondor 38 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Gryffondor
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Le cours se passait plutôt bien jusque là. Il était clairement pas entouré des élèves les plus studieux du château, mais il s'en contentait du moment qu'ils faisaient preuve d'un minimum de tenue et de bonne foi. Difficile d'en demander davantage à des adolescents dont la capacité de concentration n'excédait pas celle d'une petite cuillère. Il ne saurait dire exactement quand tout avait commencé à partir en vrille, mais le résultat était bel et bien là : il se retrouvait avec un élève au nez cassé tandis que deux autres continuaient l'air de rien alors même que leur culpabilité ne faisait aucun doute. Poussant un profond soupir de lassitude, il interpella une élève de Serdaigle.

 

- Holloway, veuillez emmener Dixon à l'infirmerie je vous prie.

 

Le gamin était à moitié en train de geindre avec son nez entre ses mains comme s'il risquait de perdre la vie à tout moment, aussi ne se fit-il pas prier pour se laisser escorter en dehors du cachot par sa camarade. Pendant ce temps, Brooks observait Shevchen et Carter, les bras croisés, l'air totalement impassible, tandis que les deux ne faisaient qu'aggraver leur cas. L'un en mettant n'importe quoi dans la potion, l'autre en... Faisant carrément disparaître ladite potion. Et le chaudron qui allait avec. Un sourcil se haussa avec circonspection devant la scène qu'il ne pensait pas voir un jour. Les adolescents avaient la merveilleuse capacité à le surprendre chaque jour un peu plus dans l'étendue de leur connerie.

 

Et Carter ne s'arrêta pas là, allant prendre un autre chaudron pour le remplir comme si de rien n'était. C'était sans doute un peu trop pour sa patience légendaire, puisqu'il se racla la gorge pour rappeler sa présence aux deux idiots du fond de classe.

 

- Quand vous aurez fini de me prendre pour un con, hésitez pas à me le faire savoir.

 

Le ton froid et sec suffit largement à faire taire tous les murmures qui couraient dans la salle de classe. Si Brooks laissait une certaine liberté à ses élèves durant son cours, il attendait d'eux en retour un certain respect, et un peu de bon sens qui semblait échapper aux deux trouble-fêtes. 

 

- Miss Carter, faites demi-tour je vous prie.

 

Devant l'air surpris de la jeune fille, il insista d'un simple regard pour qu'elle obéisse, tournant le dos au reste de la classe. 

 

- Avancez tout droit. Encore. Encore. Bougez-vous un peu le cul, on va pas y passer la journée.

 

Il la fit ainsi avancer jusqu'au mur de fond de salle. 

 

- A gauche, maintenant. 

 

Et c'est ainsi qu'Alison Carter se retrouva au coin. 

 

- Mains sur la tête, et en silence. Monsieur Shevchen, même chose, de l'autre côté. Le premier qui l'ouvre j'lui fais boire la potion de Grimfire. 

 

Ledit Grimfire était sans doute le pire élève de la classe à mettre devant un chaudron. Un genre de danger public reconnu, mais qui avait le mérite de faire ce qu'il pouvait malgré une limitation très certaine.

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Sasha Shevchen

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Sasha ouvrit grand les yeux, fixant l'emplacement vide où s'était tenu, l'instant précédent, un chaudron plein d'un liquide rose. Alison n'eut pas l'air tant affolée que ça, passant déjà à l'étape suivante qui consistait... A remplacer le chaudron par un autre. Il la regarda faire, hébété, jusqu'à être interrompu par le professeur.

 

Ca, il s'y était attendu. Sasha fronça le nez, se consolant de la vision tout de même satisfaisante de voir le Serpentard qui couinait toujours s'échapper vers l'infirmerie avec, même, une aide pour trouver son chemin. Ces anglais, c'étaient de vraies fillettes. Certes, c'était un cours raté, il en avait bien conscience, mais ce serait aussi désormais clair pour les cinquième années qu'il n'était pas de bon ton de venir se frotter à lui - et encore moins de le désigner comme un Russe.

 

Pendant le petit tour que le professeur fit réaliser à Alison, Sasha resta silencieux, la regardant exécuter le petit numéro, non sans une pointe de peine pour elle : probablement qu'il y était pour quelque chose dans le sort qu'elle était en train de subir. En ce qui le concernait, il ne se sentait pas plus que cela humilié : des sanctions idiotes, il en avait vécues d'autres, et des bien pires que celles-ci. Alors il s'exécuta, non sans un dernier coup d'oeil d'avertissement aux deux Serpentards devant lui qui avaient le bon goût, cette fois, de rester silencieux.

 

 

 

 

Regarder la pierre sombre et froide des cachots, les mains sur la tête et pendant près d'une heure, c'était certes long. Mais Sasha prenait l'exercice plutôt tranquillement : il avait glissé ses doigts les uns dans les autres, pour maintenir sans efforts ses paumes sur ses cheveux, et par moments ses yeux se fermaient, presque somnolent, et il était obligé régulièrement de prendre une grande inspiration pour se réveiller, histoire de ne pas risquer de faiblir et s'endormir sur place. C'était le genre d'exercice qui lui rappelait un peu ceux, stupides, qu'on lui faisait parfois faire pendant son entraînement, quand il s'était engagé auprès des Veilleurs : attendre immobile dans un bain d'eau froide, tenir suspendu par les mains à une échelle le plus longtemps possible, et toutes ces joyeusetés qu'ils avaient tant critiqué avec les camarades qui avaient eu la même idée folle que lui : s'engager beaucoup trop tôt dans leur vie. Il lui venait de ces souvenirs une drôle de nostalgie. Aussi, même s'il glissait de temps à autre un regard vers Alison, le temps passa pour lui visiblement plus vite que pour elle : il devinait dans ses traits la consternation et la rougeur, si bien qu'à un moment, il crut même qu'elle allait abandonner. Pourrait-elle faire une chose stupide et faible, comme se retourner et se mettre à pleurer que ce n'était pas elle, mais lui qui était à l'origine de tous leurs problèmes ?

 

Sasha regarda le mur, avant de jeter de nouveau un coup d'oeil vers Alison. Cette fois-ci, il la regarda longtemps, attendant patiemment le moment où elle jetterait elle aussi un regard vers lui. Au bout d'un moment, cela arriva effectivement. Leurs regards se croisèrent, et Sasha se rendit compte qu'il ne savait pas comment l'encourager : l'expression de son visage resta figé. Il se contenta de soutenir le regard de la jeune fille, de la façon la plus neutre possible, pour qu'elle ne détournât pas immédiatement ses propres yeux. Alors, il bougea lentement le poignet : le reflet de sa montre dessina une tâche qui courut vers Alison, qui s'éloigna aussitôt. Il recommença en suivant la tâche du regard, pour qu'elle en fît autant. Est-ce qu'elle l'avait enfin vue ? Il haussa les sourcils en une question.

 

Puis, comme elle fronçait les siens mais qu'elle avait suivi des yeux la tâche dorée qui courait sur la pierre, il actionna de nouveau son poignet. Une longue fois, puis deux fois plus rapidement. Trois fois rapidement. Une fois rapidement, une fois longue, deux fois rapidement.

 

Il savait bien qu'il n'avait aucune chance qu'elle comprît ce qu'il était en train de faire. Mais enfin, ça l'occupait. L'heure d'attente était presque terminée.

 

 

 

 

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Alison Carter

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— But sir, I wanted- Intransigeant, le professeur pousse Alison dans ses retranchements sans la moindre pédagogie. Elle fixe d'abord Monsieur Brooks comme une idiote, incertaine de comprendre ses intentions. Par Merlin, qu'est-ce qu'il lui prend de l'afficher devant toute la classe comme ça ?! Rouge de honte, la sorcière s'exécute jusqu'à rejoindre le mur où elle ne peut s'empêcher de jeter un œil à l'enseignant, pensant qu'il va se raviser. Mais non. Voici Alison au coin, rabaissée plus bas qu'une gosse de 10 ans. Les mains sur sa tête, elle réalise qu'il aurait mieux fallu demander au potionniste l'autorisation de jeter le contenu du chaudron plutôt que d'essayer de le faire disparaître. Encore une fois, la fierté d'Alison a eu raison d'elle.

 

Ses joues flambent face à la pierre humide du cachot. Elle se sent bête, elle supporte mal l'humiliation. Derrière eux le tapage des fioles reprend tandis que les élèves tentent de garder le fil de la recette pour fabriquer un philtre de paix. Dans l'esprit d'Alison, c'est tout sauf la paix. Le ridicule de la situation tourne en boucle autour de ses tempes battantes. Elle vacille légèrement, les larmes aux yeux. Hors de question qu'elle pleure ici ! Relevant son menton, Alison inspire et expire lentement, la bouche tremblante. L'autorité de ses parents était si relative qu'elle n'avait jamais vécu ça avant aujourd'hui. Bientôt ses bras s'engourdissent et l'adolescente hésite à clamer son innocence. Certes, elle a fait disparaître le chaudron, mais Sasha est coupable du reste. Elle voulait seulement réparer sa bêtise pour éviter un Piètre ou un Désolant. Maintenant ils vont sûrement avoir un Troll. Cette pensée libère une grosse larme qui roule sur la pommette écarlate d'Alison.

 

"M'sieur Brooks est un gros con", se répète-t-elle, vexée que le professeur n'ait pas su faire la différence entre sa volonté de recommencer la potion, et le sabotage grotesque de Sasha. Quant à lui, "il peut aller se faire foutre pour que j'gâche mon année à cause de son caractère de merde", rumine la sorcière intérieurement. C'est alors qu'elle sent le regard du Russe (qui n'en est plus un, visiblement) peser sur elle. "Quoi ?", interrogent les yeux humides d'Alison.

 

Bien sûr, elle ne comprend rien aux éclats de lumière envoyés par Sasha. Bien sûr, elle se demande encore pourquoi il est allé la défendre si rapidement après l'imitation grossière de son camarade. Peut-être qu'elle devrait mettre un terme à cette idée de petit-ami. Les filles savent parfaitement se faire des suçons entre elles.

 

Alison passe le dernier quart d'heure à ressasser en fixant devant elle, muette et immobile, déterminée à ne pas offrir une autre chance au professeur de l'humilier. Quand enfin le brouhaha de fin des cours envahit la salle puis s'estompe, elle laisse tomber ses bras mais reste face au mur, le corps tétanisé par l'effort. Il lui faut quelques longues secondes pour essuyer son visage, inspirer, lisser sa frange, et enfin heurter le regard de Monsieur Brooks en ignorant celui de Sasha. On peut deviner qu'elle a pleuré, même si elle parle la tête droite, en se tenant les bras.

 

— J'ai compris. J'recommencerai pas. J'voulais pas perturber la classe. 

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Daryl Brooks

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Le calme était revenu dans la salle de classe, permettant à Brooks de reprendre son cours correctement, et d'aider les étudiants les plus en difficulté. Il ne prêta plus la moindre attention aux deux qu'il avait puni, estimant qu'ils avaient perdu suffisamment de son temps jusqu'à présent. Lorsqu'il libéra enfin le reste de la classe, il regarda les deux adolescents qui restaient devant lui, assis à son bureau, les bras croisés, gardant quelques secondes de silence pour les toiser un à un.

 

Si le garçon ne semblait pas plus perturbé que cela, Carter, elle, avait bien compris la leçon, à n'en pas douter. Lorsqu'elle prit la parole, il ne répondit pas tout de suite, comme s'il prenait le temps de réfléchir, ou de décider s'il pouvait ou non la croire. Finalement, il poussa un soupir emprunt d'une lassitude évidente.

 

- A la bonne heure, répondit-il finalement avec un enthousiasme simulé.

 

Il tapota un instant ses doigts sur le bois du bureau avant de se redresser, pour commencer à ranger les fioles des potions étiquetées qui encombraient son bureau d'un mouvement de poignet, afin qu'elles aillent se ranger en quelques cliquetis dans l'armoire dédiées aux concoctions des élèves, qu'il noterait plus tard dans la soirée. Il était évident que Carter avait pleuré. Le professeur ne s'attendait pas à une telle réaction, et après un nouveau soupir, il décida de se montrer moins intransigeant qu'à son habitude.

 

- Vous reviendrez ici après le dîner. Tous les deux. Et vous me ferez ce fichu philtre de paix, lâcha-t-il en passant son regard de l'un à l'autre pour s'assurer que cette consigne était bien claire.

 

Ainsi, ils seraient notés, et ne se retrouveraient pas avec un Troll dans leurs moyennes respectives pour potion non rendue. 

 

- Oh, et s'il vous reprend l'idée de confondre ma salle de classe avec une cour de récréation vous prendrez la porte. C'est clair ? Allez, barrez-vous, les congédia-t-il d'un geste de la main en direction de la porte.