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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

Pour la soirée d'Halloween, Alison avait jeté son dévolu sur un costume de Banshee ; une messagère de la mort issue de la mythologie celtique. Les cheveux devenus totalement blancs à l'aide d'une formule temporaire, ses tâches de rousseur camouflées derrière du maquillage tout aussi diaphane, les yeux et les lèvres noires, elle avait passé du temps à se préparer avant de rejoindre la Grande Salle avec ses amies.

 

— Les mecs font jamais l'effort, duh, avait-elle déclaré en voyant que la plupart des adolescents s'étaient contentés de vêtements déchirés ou encore de faux-sang. Ça n'avait pas empêché Alison et ses copines de s’asseoir dans un coin pour critiquer chaque costume jusqu'à ce qu'une musique tendance ne les fasse courir sur la piste. Dans sa robe baroque achetée par correspondance puis arrangée grâce à quelques enchantements, la jeune femme s'était amusée une bonne partie de la soirée, toujours admirative de la qualité des ambiances proposées à l'école pour les différents évènements rythmant l'année. Ce soir des milliers de citrouilles et en décembre, un gigantesque sapin ; elle ne s'en lasserait jamais. "OMG par contre, trop canon les orchidées !" s'était exclamée son amie à proximité d'une guirlande de fleurs fraîches et flamboyantes. Elle aurait pu s'en passer si vous voulez  tout savoir.

 

Le deal n'existe plus, et c'est mieux comme ça.

 

La soirée aurait pu se finir sur une dernière danse avant le couvre-feu si les filles n'avaient pas eu vent d'un cache-cache secret dans les couloirs interdits. Quelques cinquièmes et sixièmes années étaient visiblement conviés à enfreindre le règlement pour s'amuser cette nuit. Saisies d'une vague d'excitation, elles avaient décidée de s'y rendre.

 

Une partie du chateau dormait déjà profondément quand les adolescentes et d'autres élèves s'enfonçaient entre les murs de pierres d'une aile défendue d'accès. De rires en frissons, Alison avait pris la fuite plusieurs fois jusqu'à se perdre, essoufflée, une lanterne en main et sa baguette en poche.

 

- - 

 

Au loin, des cris résonnent, d'adolescents qui s'amusent à s'effrayer. Elle avance lentement, balayant les toiles d'araignée sur son passage, incertaine d'être du bon ou du mauvais côté. Chaque carrefour apporte son lot d'hésitation pour la Serpentard. Son corset commence à l'étouffer, trop serré. Elle a l'impression d'être suivie.

 

— C'est qui ? tente-t-elle, incapable de donner une direction à la présence qu'elle ressent. Aux abords d'une lucarne à la lueur bleutée, Alison sursaute, terrifiée par son propre reflet. 

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

Gryffondor
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

Si ça n'avait été parce que le deal était toujours en suspens, Sasha n'aurait certainement pas mis les pieds à la soirée d'Halloween. Tout le monde parlait de cet évènement depuis plus d'une semaine ; les filles spéculaient sur les plus belles tenues qui seraient portées, les garçons préparaient les farces les plus gores dont ils étaient capables. Et rien que d'entendre leurs conversations, le Gryffondor n'avait qu'une idée : disparaître loin de ces pelletées d'imbéciles.

 

Oui mais voilà, il y avait le deal. Alison ne l'avait pas brisé officiellement, et tant qu'il n'était pas officiellement terminé, Sasha s'était dit qu'il y avait encore une possibilité de le sauver. Après tout, vu les dernières séances en Potions, il se rendait bien compte qu'elle était sa seule chance de se rattraper dans cette matière-là : laissé sans binôme, il ratait tous ses mélanges : dosages imprécis, manque de délicatesse dans les rotations, feu trop attisé ; bref, il passait littéralement à côté des subtilités de l'art des potionnistes.

Bien sûr, c'était seulement pour cela qu'il voulait maintenir le deal.

Et peut-être un poil parce qu'il aurait l'air ridicule s'il était plaqué par une fille de cinquième année, et qu'il tenait à son honneur.

Mais rien d'autre.

Enfin, peut-être encore un petit peu aussi parce que Charlie l'avait chargé de surveiller Alison pour qu'elle ne fît rien de contraire à ce que son père aurait voulu, et qu'il aimait bien Charlie, il était donc logique qu'il tînt la promesse qu'il n'avait pas faite.

Mais c'était tout.

Et peut-être un tout petit peu quand même parce que, quand il s'était glissé entre les cuisses de la jeune fille, il avait senti toutes les possibilités que la proximité de leurs deux corps engendraient. La chaleur. La moiteur. La sensation de soif intense. L'envie d'être plus près. De sentir. De toucher. De goûter. De mordre.

A part ça, donc, c'était vraiment que pour le cours de potions.

 

 

 

Sasha s'était rendu tardivement à la soirée, histoire de ne pas être parmi les premiers. Il n'avait pas pris la peine de se déguiser : il n'en voyait pas l'intérêt. Les autres Gryffondors qui s'étaient maquillés s'étaient peinturlurés d'un faux sang qu'il ne trouvait même pas réaliste. Le vrai sang était plus visqueux, il dégoulinait partout sans que vous ne puissiez décider qu'il resterait là, sur une fausse coupure sur la tempe. Mais cela, les élèves de Poudlard ne pouvait pas le savoir.

Lorsqu'il s'était glissé dans la Grande Salle, il avait d'abord été époustouflé par les décorations : c'était sa première soirée officielle dans cette école, et il était resté bouche bée devant les énormes citrouilles qui volaient au-dessus d'eux, les fantômes qui dansaient en vire-voltant au milieu de la piste de danse, et les milliers de bougies aux flammes tressautantes, qui diffusaient une lueur chaude partout dans la pièce. Les buffets ne cessaient de se remplir de mets décorés de mille façons : bonbons en forme de mygales qui couraient véritablement sur les nappes, citrouilles ouvertes sur des vers et autres insectes grillés et salés, ou encore gâteaux à la crème de cerise qui dégoulinait comme du sang quand vous en découpiez une part. Ce fut bien évidemment par là que Sasha s'égara d'abord : pour une fois, davantage pour se donner contenance en mangeant et en buvant quelque chose que par véritablement faim.

Un long moment, il observa les groupes d'élèves qui s'amusaient en chahutant et en dansant, et il ne parvenait pas à trouver Alison. Peut-être qu'elle n'était pas venue, finalement. Son imagination galopa : elle s'était déjà éclipsée avec un autre garçon. Ou bien, elle avait rejoint les dortoirs parce qu'elle avait cru qu'elle ne viendrait pas.

Mais au bout d'un moment, à la faveur d'un rire qu'il reconnut à sa droite - un rire de la brochette - il scruta un groupe de filles et enfin, la reconnut. Alison était si méconnaissable qu'il laissa l'araignée qu'il avait saisie s'échapper d'entre ses doigts le temps de l'observer : ses longs cheveux roux étaient complètement blancs, son teint tout à fait pâle comme de la porcelaine et ses lèvres noires paraissaient plus charnues que d'ordinaire. Elle portait une jolie robe qui dénudait ses genoux, et - seule preuve qu'il s'agissait bien d'Alison - elle portait régulièrement ses doigts à sa frange blanche pour la replacer. Sasha fourra une poignée de vers grillés dans sa bouche sans détacher ses yeux de la silhouette monochrome.

 

Si la Serpentard l'avait remarqué, elle n'en montra jamais la moindre trace. Le projet qu'il avait conçu devant tout le monde s'était évanoui dans l'esprit de Sasha : il n'oserait jamais. Pas sans qu'elle lui eût donné au moins un signe qu'elle était heureuse de le voir. Et s'il faisait ça, et qu'il gâchait sa soirée ? Elle avait l'air de s'amuser. D'être heureuse.

 

Quand la soirée toucha à sa fin, il avait décidé de prendre son temps. Probablement de la suivre à distance jusqu'à ce qu'elle eût rejoint son dortoir, à la manière d'un chat qui aime bien observer, lascivement, la danse inatteignable mais élégante des poissons du fond du bassin.

Mais la brochette ne prît pas la direction des dortoirs, mais d'une aile du premier étage. Alors il prit lui aussi la direction de l'aile du premier étage, à distance. Pour une fois, le personnel de Poudlard avait décidé de lâcher un peu de bride, et se promener la nuit dans ces couloirs noirs lui changeaient des visites qu'il en avait fait sous forme animale : il avait l'impression de n'y rien voir, et les filles devant lui avaient fini par se mettre à courir en criant, effrayée par il ne savait quoi.

Il risquait de perdre sa trace.

 

A l'angle d'un couloir sombre, Sasha changea de forme. Ses pattes légères se mirent à trotter silencieusement sur la pierre froide. La vue lui revenait : les angles de couloirs se dessinaient nettement, et surtout les odeurs lui parvenaient subitement. La poussière. Là, la trace olfactive de quelques rongeurs qui profitaient de la faible présence humaine dans l'aile défendue. Mais surtout, les humaines qui étaient passées par là.

 

Sasha reconnaissait désormais sans peine l'odeur d'Alison maintenant qu'il l'avait approchée de si près. Sous sa forme animale, il en avait une perception plus précise ; il s'y mélangeait les effluves des produits qu'elle utilisait à des odeurs sécrétées plus naturellement par sa peau, exhalée par sa respiration. C'était une signature et son odorat avait été entraîné à cela : repérer sa trace n'en était que plus aisée.

 

Or, Alison s'éloignait de son groupe d'amies. Il la suivit. Un autre garçon aussi. Sasha l'effraya aisément à l'angle d'un couloir : un Poufsouffle de cinquième année qui crût voir le fantôme d'un molosse et qui détala en faisant demi-tour, en prenant ses jambes à son cou. Très bien.

 

Au bout d'un moment, Alison s'était égarée. Prévisible. Les Carter s'égaraient-elles toutes si aisément ?

 

  • - Devine.

 

Il avait repris forme humaine, et quand Alison se retourna, elle se retrouva face à lui : si près qu'elle faillit le percuter, mais il ne bougea pas. Dans la pénombre, ils se devinaient seulement l'un et l'autre, grâce à la Lune qui éclairaient le parc, laissant transparaître quelques rayons blancs par les hautes fenêtres du couloir voisin.

 

  • - On est perdue ? ironisa-t-il.

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
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Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

— Devine

 

Elle se tourne brusquement, essoufflée d'effroi, jusqu'à ce que, très vite, elle ne reconnaisse l'accent et la voix, puis la silhouette clair-obscur, de son chasseur. Sasha ! laisse échapper vivement Alison dans une expiration de soulagement en rétablissant d'une main tremblante l'équilibre de la lanterne éteinte qui pendouille entre eux. De la flamme vacillante, ne subsiste qu'une vague chaleur, n'empêchant pas un frisson d'écharper l'adolescente. Elle fixe le Gryffondor, bouche entrouverte, surprise par son attitude inhabituelle.

 

— Non, ment délibérément Alison en rajustant sa frange blanche teintée de lueurs opalines. Elle ravale sa salive, incertaine de ses intentions, la cage thoracique comprimée derrière son corset. "Serre-les au maximum. Encore.", avait insisté la rouquine en voyant sa taille s'affiner à mesure que son amie tirait les lacets dans son dos.

 

Elle voulait ressembler à une jolie poupée, la voici marionnette.
 

Elle penche un peu sa tête de côté. T'étais pas la soirée ? demande-t-elle au garçon vêtu ordinairement tandis qu'un cri, puis un rire, résonnent au loin. En vérité, la cadette Carter s'était promis de ne chercher ni Sasha, ni Spike, ni aucun garçon ce soir, et les jours précédents, et les jours suivants. Elle voulait retrouver sa naïveté. Elle se jugeait conne d'avoir offert "trop" d'elle-même à son camarade Serpentard, de l'avoir branlé, presque gratuitement. Elle regrettait. Le souvenir n'avait rien de fun. Elle n'était plus sûre d'être capable de basculer de l'autre côté. Alors ce soir, elle avait tourné son énergie vers d'anciennes préoccupations ; comme critiquer l'accoutrement des élèves et s'amuser sur la piste de danse. 

 

Ses yeux papillonnent quand son prénom retentit depuis les couloirs environnants. On m'cherche, souffle-t-elle, une main contre son ventre en forme de sablier. Mais Sasha reste planté là, intimidant. 

 

— Quoi ? interroge Alison en affrontant encore le regard félin de son interlocuteur. 

 

 

 

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

Gryffondor
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Alison semblait étrange : ce n'était pas seulement ses cheveux translucides et son maquillage, bien que tout cela lui donnait un air fascinant de poupée de porcelaine, attirante et sinistre à la fois, articulée par des gestes tremblants comme les membres d'un pantin mal maîtrisé. Il y avait autre chose. Le ton de sa mal assuré de sa voix, si différent des airs qu'elle se donnait habituellement. Sa respiration brève. Il ne savait si c'était dû à sa transformation récente, mais il semblait à Sasha qu'il percevait les choses plus aisément, d'autant plus précisément que l'obscurité ne leur permettait pas de s'observer si facilement que d'habitude.

 

- ... Si, fit-il au bout d'un long silence morne. Plus invisible qu'un spectre, pour l'occasion d'Halloween.

 

C'était bien sûr ironique : Alison ne l'avait pas cherché au point de ne pas l'avoir vu. Il s'en sentait vaguement vexé, mais refusait volontiers de se l'admettre.

 

Dans les couloirs, des échos de voix leur parvenaient, lointains. Difficile de distinguer ce qui se disait exactement. C'étaient des cris qui auraient pu aussi bien appartenir à de vieux fantômes s'éveillant la nuit, hurlant leur terreur éternellement renouvelée d'avoir été tués ici, ou là.

Sasha les écoutait sans vraiment s'en préoccuper : il gardait les yeux rivés sur le visage d'Alison, qui le fascinait toujours, comme s'il réalisait qu'il ne le reverrait plus jamais sous ces couleurs étranges, et qu'il fallait s'en imprimer la rétine, pour être sûr de s'en souvenir.

Il fit non de la tête, lentement.

 

- C'est tes copines. Elles te cherchent parce qu'elles seraient jalouses que toi tu vives encore des choses intéressantes, et pas elles.

 

Il avait dit ça sans réfléchir. C'était la première chose qui lui était venue à l'esprit, et probablement relativement proche de la réalité. Alison allait sûrement les rejoindre. Mais elle avait le choix. C'était peut-être l'occasion de sauver le deal : prouver devant les filles de la brochette qu'il était là, qu'il apparaissait si Alison était perdue. Est-ce que ce n'était pas ce que faisait un petit ami ?

Sasha ouvrit la bouche, mais il la referma aussitôt, interloqué par l'attitude d'Alison dont il croyait soudain avoir déniché un détail.

 

- Attends.

 

Il pencha curieusement la tête.

 

- T'as peur de moi, là ?!

 

A mesure que le temps passait, Sasha ne savait parfois plus si les interprétations qu'il formait étaient ou non filtrées de ses perceptions de prédateur. Un instant fugace, il avait pourtant cru percevoir - un léger mouvement de recul, un à peine perceptible écarquillement de l'oeil, une fissure à peine audible dans la voix d'Alison : la peur du prédateur.

Ce constat le conduisit à écarquiller les yeux à son tour. Il eut un demi-sourire - davantage une mimique d'incompréhension qu'une manifestation de joie.

 

Il fit un pas en avant, pour se rapprocher d'elle.

 

Juste pour voir.

 

Si elle reculait d'instinct, il aurait sa réponse.

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Alison Carter

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Serpentard
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Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

À jeun depuis la veille, Alison peine à dissimuler la vulnérabilité qu'elle ressent face au Gryffondor. Elle avait sauté le petit-déjeuner ce matin pour terminer de préparer sa robe, évité le déjeuner ce midi afin de ne pas être tentée d'avaler tout et n'importe quoi, et ignoré volontairement le buffet ce soir, histoire de garder son maquillage intact, et son ventre plat.

 

L'adolescente imagine facilement Sasha collé aux grandes tables remplies de nourriture festive, dévorant le poulet et la brioche avec appétit, comme il le fait habituellement tandis qu'elle l'observe de loin, curieusement fascinée par sa façon de manger et porter à sa bouche les aliments. Elle grimace imperceptiblement, perdue quelques secondes dans ses pensées. Jalouses ? reprend-t-elle alors, peu surprise d'entendre son analyse. Alison confirme tacitement l'avis du blond vénitien en ne cherchant pas à défendre ses amies. Bien sûr, qu'elles sont jalouses, elle le sent. Elles voudraient avoir le cran d'engager autant d'évènements que la cadette Carter. Cette dernière préférerait que ses copines tiennent simplement à elle, mais elle doute parfois de leurs véritables intentions lorsqu'elles la retiennent d'essayer des choses nouvelles. D'un côté, elle-même ne prend-t-elle pas plaisir à toujours les devancer ? À raconter les meilleures histoires ? Clairement, si, elle vit pour ces moments où elle peut les éblouir, et Sasha l'a compris.

 

— Quoi ? répète Alison en remarquant le comportement du sixième année. Saisie d'un autre frisson, des fourmis parcourant ses doigts et ses poignets dont les tâches de rousseur ont été dissimulées, elle frémit. Non, ment encore la rouquine aux cheveux exceptionnellement opalins.

 

Le sang frappe ses jugulaires et chatouille ses tempes.

Un mélange d'excitation et de frayeur lui donne les jambes molles.

Un nouveau cri retentit au loin. Elle lâche la lanterne.

 

TCHAK !

 

Quand Sasha approche, Alison tourne la tête, le souffle coupé. Leurs corps se frôlent et elle peut sentir son regard animal la scruter. Ses phalanges libres glissent en silence vers la poche de sa robe où est rangée sa baguette. Elle la souligne d'un index tremblant sans toutefois la sortir, ignorant quelle pourrait être la réaction de Sasha. Comme une gazelle qui sent le danger, les narines de l'adolescente s'écartent alors qu'elle respire par petits à-coups, le coeur battant, la poitrine trop serrée. Pourquoi j'aurais peur de toi ? feint-elle, en continuant de fixer le mur, son profil gracile exposé à la vue du garçon.  

 

— Tu manipulais peut-être les filles ou tu riais sur les morts chez toi, mais ici on a des lois Sasha. C'que t'as dit l'autre jour est inacceptable, expire enfin Alison, forte de ses propres convictions, et soudain prise d'un vertige. Elle résiste, ferme un instant les paupières, et refuse de perdre ses moyens. Le regard un peu hagard, la sorcière s'appuie d'une épaule, puis des deux, contre le mur gelé derrière elle. Elle retient ses dents de claquer.

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Sasha Shevchen

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Le bruit de la lanterne qui tomba au sol avait sonné pour Sasha comme un gong révélateur. Elle avait peur.

 

Il ne savait pas pourquoi, cette révélation l'excitait autant qu'elle le consternait. Si elle avait peur, c'était un argument contre le deal. Mais il y avait aussi cette drôle d'impression de domination, cette drôle de certitude d'être le chasseur et non le chassé.

Sasha ne l'accula pas davantage. Il s'était immobilisé, et se mordit la lèvre dans l'obscurité, troublé par ses propres dilemmes intérieurs autant que par la vulnérabilité de la situation dans laquelle Alison se trouvait. Ne l'avait-elle pas humilié, en l'ignorant devant ses amies ? En lui demandant s'il était pauvre ? En le faisant languir avec son corps pour mieux se refuser à lui ? Et maintenant, elle était là, sans défense, comme une proie à saisir.

Mais les propos d'Alison le glacèrent plus sûrement que toute la fraîcheur des couloirs abandonnés de Poudlard.

 

Sasha resta un moment silencieux, les mâchoires serrées. Sans avancer. Sans reculer. Lui n'avait pas peur d'elle. Pas peur de son venin. Il eut une pulsion de la gifler pour ce qu'elle lui infligeait avec ses mots : mais à la place, il leva une main. D'un index qu'il posa sur la joue d'Alison, il redressa son visage vers lui puisqu'elle refusait de le regarder - dans la pénombre, il devinait les contours de son maquillage blanc et de sa chevelure atypique, dont la clarté était le seul repère dans l'obscurité. Il y avait peut-être un éclat discret au fond des pupilles d'Alison, mais il n'en était pas sûr. Il devinait le contour de ses lèvres aussi sûrement que celui de la brûlure qu'elle lui infligeait, quelque part dans sa poitrine.

 

  • - J'ai jamais manipulé les filles et encore moins ri sur les morts, ni en Ukraine ni ici, dit-il d'une voix grave. Tu me prends pour un sauvage.

 

Ce n'était pas dit sur le ton du reproche. C'était juste un constat, neutre et réel. Alison avait peut-être de bonnes raisons : il lui en avait donné.

Il avança d'un nouveau pas - avec une lenteur extrême, supprimant entre eux quelques centimètres supplémentaires, jusqu'à ce que leur visage ne fusse plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, que leurs vêtements se frôlassent, que le bout de l'une des baskets touchasse l'une des bottines d'Alison. A cette distance, il humait de nouveau toutes les odeurs qu'il avait capté sous son autre forme. Shampooing, fluides, maquillage, signature corporelle.

Il ne se pencha pas pour l'embrasser malgré la proximité : il expérimentait juste d'être si près d'elle, et son index était resté doucement contre la joue blanche.

 

  • - Laisse-moi te prouver qu'c'est faux, il souffla, dans un murmure si bas qu'il était à peine audible. Que j'suis pas un sauvage.

 

Ils étaient si proches que leurs souffles se mélangeaient.

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
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Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

Alison se rappelle parfaitement du jour où Sasha lui a raconté avoir manipulé Anya, la Serpentard russe de septième année. Elle se souvient des "membres de sa famille", des "gens laids qui sont morts à la guerre" et que c'était "bien fait pour eux" et qu'il ne l'a pas "baisée", et toutes ces expressions qui font de lui le sauvage qu'il redoute d'être. Hantée depuis quinze jours par le changement d'attitude soudain du Gryffondor dans l'intimité de la serre, elle a eu le temps d'alimenter son malaise devenu petit à petit un scénario habité d'un mélange d'angoisse et d'excitation, difficile à cerner.

 

Cette nuit, les paroles de Sasha résonnent étrangement aux oreilles d'Alison. Asphyxiée par le corset défectueux, ses lèvres bleuissent sous le maquillage noir. Les traits de lueurs blanchâtres qui dessinent le visage de l'Ukrainien se floutent à mesure qu'il approche. Elle bat de ses longs cils noirs, concentrée à rester lucide, à ne pas vaciller devant lui.

 

Pourtant une partie de la fille Carter se sent en sécurité à proximité de Sasha, prête à céder et le laisser prendre les choses en main. Il saurait l'aider, il a su se montrer docile. Elle résiste.

 

Qui est-il et que cache-t-il encore ?

 

— Arrête, chuchote-t-elle faiblement, suppliant presque le jeune homme qu'elle n'arrive plus à comprendre. À bout de souffle, Alison se tord lentement de douleur et frôle la bouche de Sasha. Je- ses doigts agrippent le pull du sixième année tandis qu'elle ferme les yeux, au bord de l'évanouissement. Sans réfléchir et guidée par une impulsion de survie, elle se tourne et colle sa joue au mur glacial du couloir abandonné en essayant de désigner le long lacet qui l'étouffe. En vain. 

 

Alison tombe, pendue comme une poupée molle au bras de Sasha qui l'a retenue à la dernière seconde.

 

L'une des filles du groupe surgit au même moment et éclaire la scène d'une chandelle tendue dans leur direction. "OMG, Ali ! Ali ?!" À distance de sécurité, elle s'offusque, une paume devant sa bouche, puis sur son front. Celle-ci porte un costume inspiré des selkies, supposé être une sirène magnifique vêtue en peau de phoque, mais qui lui donne plutôt l'air d'avoir mis un gros pyjama difforme. "Qu'est-ce qu'tu lui as fait ?!" demande-t-elle sur un ton accusateur avant d'enfin remarquer la chandelle brisée au sol, et de jeter un œil derrière elle. 

 

"J'vais chercher les garçons, t'as intérêt d'la lâcher !" menace alors l'adolescente en reculant prudemment. 

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Sasha Shevchen

16 ans Sang-Mêlé·e Ukrainienne Notoriété

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Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

Un instant, Sasha avait cru qu'Alison se laissait aller contre lui, qu'elle acceptait ce nouveau deal. Leurs lèvres s'étaient frôlées. Il n'avait pas rêvé : il avait senti la chaleur de son souffle et la texture légèrement suintante du rouge-à-lèvres. Il avait retenu le sien, un bref instant - juste avant que le corps de la jeune fille se mît à glisser doucement. Etait-ce une manière de s'abandonner ?

 

Non.

 

Avec un réflexe fébrile, Sasha tâcha de rattraper le corps d'Alison qui s'effondrait entre le mur et lui, un bref instant ahuri.

 

  • - Heu, Alison ?

 

Pas de réponse, sinon cette voix stridente qui avait subitement retenti. Les deux mains de Sasha s'aggripèrent aux épaules d'Alison pour tenter de la retenir, la secouait légèrement pour la réveiller - en vain. Il s'adressa à la nouvelle venue - il ne savait plus qui elle était dans la brochette, et encore moins si elle avait un prénom.

  •  

  • - Hein ?! Mais c'est pas moi ! Elle est tombée dans les pommes ! Va chercher l'infirmière !

 

La fille fit volte-face pour s'éloigner mais aussitôt, elle se retourna de nouveau vers Sasha, le regard accusateur.

 

  • - Et la laisser seule avec toi pour que tu en prof... HAAAN.

 

Elle pointa du doigt Sasha qui avait fini par accompagner Alison par terre. Il était agenouillé, occupé à desserrer les lacets du corset - peut-être un peu plus sauvagement que les rubans délicats l'auraient apprécié. Le corps d'Alison reposait sur son torse, le visage de la jeune fille enfoui sous ses cheveux dévalant l'épaule du garçon tandis qu'il la soutenait d'une main et de l'autre, s'acharnait à défaire ce ruban plus solide qu'il n'en avait l'air.

 

  • - Tu en profites pour de bon ! J'vais te dénoncer au directeur !

  • - Elle peut pas respirer correctement, idiote ! cria-t-il. Va chercher de l'aide à l'infirmerie je te dis !

 

C'était la seule explication qu'il avait. Ca, ou l'émotion ? Est-ce qu'il lui avait fait peur à ce point-là ? Non, ce n'était pas possible. Lorsqu'il l'avait suivie sous sa forme animale, il avait entendu le souffle irrégulier, trop court, plus court que d'ordinaire. Et maintenant tout se mettait en place : Alison qui picorait plus qu'elle ne mangeait, sa taille qui paraissait toujours plus étroite, pire encore serrée dans un tel vêtement. Quelle drôle d'idée prenait la rouquine, de se priver d'air et de nourriture ?

 

  • - Lâche-la ! répéta la fille d'une voix blanche. Ou je...

 

Et quand Sasha tourna la tête, il vit la baguette de la sorcière dressée en l'air, le visage blême. Elle avait reculé plutôt que de venir aider son amie. Pour Sasha, son comportement était incompréhensible.

Sauf si, réellement, elle le croyait dangereux.

Alison avait-elle raconté qu'il était une bête sauvage ? Ou bien était-ce seulement ainsi que tout le monde le voyait ?

 

  • - CASSE TOI A L'INFIRMERIE ! hurla-t-il brutalement, et son cri se répercuta comme un rugissement dans le couloir, si fort que la fille paniqua.

 

Elle fit demi-tour et détala dans l'obscurité. Le silence était brutalement revenu, comme si le reste du château, impressionné par ce rugissement d'outre-tombe, avait décidé de se taire entièrement. Et avec lui l'obscurité.

 

Sasha resta là, quelques instants, à ne savoir quoi faire.

 

  • - A-Alison ? il tenta pauvrement, mais elle ne se réveillait pas.

 

Il tira davantage sur le corset, faisant apparaître les bordures en dentelle noire d'un soutien-gorge. Il avait bien rêvassé de la déshabiller - mais pas exactement dans ces conditions-là.

 

Au loin, il entendit des pas précipités. Sasha s'humecta les lèvres, prêt à la redresser. A la porter s'il fallait. Il la secoua encore légèrement, la tête d'Alison bringuebalant contre son épaule.

 

  • - Alison, s't'euh plaît !

 

Sous ses doigts, la peau de la jeune fille était froide et moite. Sûrement que le couloir devait être glacial, pour quelqu'un qui n'était pas envahi de cette adrénaline qui battait aux tempes de Sasha. Maladroitement, il tâcha d'enrouler ses bras autour d'elle pour la réchauffer.

 

Faites que ce soit l'infirmière.

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Alison Carter

16 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Dans les couloirs, Mardi 31 Octobre 2124

— T'es folle, ils vont juste nous enlever des points et mettre des retenues pour tout le monde ! résonne soudain la voix d'un garçon au bout du couloir dans lequel se trouvent Alison et Sasha. Le visage du Serpentard apparaît au centre du halo de lumière diffusé par sa baguette. Il s'agit d'un cinquième année grimé de faux sang, le manche d'un outil quelconque dépassant de la poche de son jean troué. Face au Gryffondor, il grimace. Shevchen, ça m'étonne pas d'toi. Pris sur le fait. Il l'a encore plus déshabillée ! surenchérit l'adolescente en combi-phoque. 

 

— Ali, chérie. O.M.G, elle est morte ?! Dis-moi si elle est morte, j'veux pas regarder un cadavre ! pleurniche l'amie d'Alison en cachant ses yeux pendant que le garçon s'avance pour vérifier les contestations de Sasha. Il éclaire la silhouette, inanimée contre le sixième année, diaphane, et remarque les traces écarlates lacérant son dos, jusqu'à ses reins qu'il observe plus longtemps que nécessaire. Mais incapable d'avouer l'innocence présumée de l'Ukrainien, l'étudiant l'éblouit en l’interrogeant froidement. Tu l'as droguée ?! T'allais faire quoi, au juste, si Gwen était pas arrivée, hein Shevchen ? Anh nan, j'vais vomir. Elle est morte ?! La question pousse l'adolescent à chercher un signe de vie sur Alison. Il approche le halo lumineux de sa gorge et détecte un battement sanguin sous le maquillage blanc. Nan, elle plane. Sasha, tu lui as donné quoi ? Elle allait bien jusqu'à ce qu'on vienne ici !

 

— Y'a un sofa là-bas, on va la mettre dessus, on prévient pas l'infirmerie pour le moment. Surveille-le. Obéissant aux directives de son camarade, Gwen tient fébrilement Sasha en joue d'une baguette tremblante. L'autre Serpentard coince sa propre baguette entre ses lèvres et tente alors de saisir le corps d'Alison. Ses bras peinent à récupérer les jambes et soulever les épaules de cette dernière. Il souffle, sans parvenir réellement à la saisir. Elle est lourde putain. Nan mais c'est la robe. Mais oui, elle est pas hyper mince non plus hein, bavasse l'étudiante tandis que le garçon abandonne après une ultime tentative embarrassante. Il désigne le Slave du bout de sa baguette éclairée. Bon bah, toi, amène-là au sofa, souffle-t-il. Faudra lui enlever la robe, elle a des blessures en-dessous.

 

— De quoi ?!

— Faudra bien que quelqu'un la soigne, Gwen.

 

Remarquant la facilité avec laquelle Sasha décolle Alison du sol et se redresse, les deux Serpentard s'écartent pour le guider vers un couloir attenant et totalement silencieux. Ils sont où les autres ? Ils ont eu peur de s'faire prendre, répond l'étudiant qui se trouve particulièrement courageux d'être resté auprès d'Alison malgré la menace d'une retenue.

 

Dans les bras de Sasha, Alison respire à nouveau et geint mollement. Ali !

 

— Pose-la, ordonne le garçon en désignant un sofa entouré de quelques fioles vides et des mégots consumés. 

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