Harry Potter RPG
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Rencontre entre deux menteuses

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Serena Hallway

Médium 38 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serpentard
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Au pied d'un immeuble londonnien, Jeudi 01 Mars 2125

Avec @Carrie 

 

La femme aux traits tirés ne peut s'empêcher de me remercier des dizaines de fois d'affilée, serrant mes mains dans ses mains moites. Je lui fais un sourire coincé. Je veux juste qu'elle me lâche, je n'aime pas sentir cette moiteur se répandre sur ma peau. Mais je ne peux décemment pas le lui dire, j'ai un rôle à tenir et un visage professionnel à maintenir. 

Mrs. Kellengam a fait appel à mes services car, depuis le douloureux décès de son fils âgé de trente-deux ans, elle a l'impression qu'il hante son appartement et ne parvient pas à trouver la paix. Elle n'a pas marchandé, assurant que mon prix serait le sien, qu'elle ne souhaitait qu'une seule chose : que son fiston repose enfin en paix.

J'ai fait mon petit show habituel. Nous nous sommes installées dans le salon, j'ai sorti de mon sac mon nécessaire à encens -j'ai compris que les Moldus aiment associer surnaturel, spiritisme et encens. Je lui ai fait faire quelques exercices de respiration et de relaxation les yeux fermés, histoire que son esprit soit détendu et donc plus facilement pénétrable pour ma legilimencie. Puis je lui ai demandé de se concentrer sur son fils, les images qu'elle garde de lui, les petits détails qu'elle a toujours aimé remarquer chez lui. Je l'ai guidée de ma voix sur les éléments à se remémorer -un détail physique, une façon de se mouvoir, une intonation de voix particulière, un tic, ses expressions favorites... De là, nous en sommes venues aux souvenirs des derniers moments passés avec lui. Et je me suis rendu compte que mère et fils se sont violemment disputé, ce qui a conduit le fils à claquer la porte, monter dans sa voiture pour rejoindre sa maison à trente kilomètres de Londres. Logement qu'il n'a jamais atteint puisqu'un accident l'a fauché en cours de route. Hôpital, coma, jamais de réveil. 

A partir de là, ça a été facile.

Prétendre que le fils est attaché à sa mère par les paroles non-dites, les excuses non prononcées, les regrets d'avoir eu une dispute pour dernière interactions. Des larmes, des sanglots, des je suis désolée, je ne t'en veux pas et hop, le tour est joué. 

Mrs. Kellengam a rouvert les yeux, visiblement plus apaisée.

Je lui ai assuré qu'elle avait fait ce qu'il fallait. Que son fils avait entendu ses regrets et avait pu formuler les siens à travers moi. Qu'il était désormais prêt pour le grand voyage.

 

C'est comme ça que je quitte l'appartement 425 de cet immeuble londonnien.

J'emprunte l'ascenseur pour descendre les quatre étages et pousse la porte du hall. La lumière du jour me fait cligner les yeux. Pour une ambiance plus feutrée, j'ai demandé à Mrs. Kellengam de fermer les rideaux du salon. Nous avons donc passé près d'une heure plongées dans l'obscurité. Il me faut donc un temps avant que mes yeux ne s'habitue à la clarté de ce début d'après-midi.

Ce début de mois de mars apporte encore son lot de fraîcheur, malgré le printemps qui se sent. 

Je boutonne mon manteau, vérifie que les billets remis par ma cliente se trouvent bien dans ma poche et m'apprête à reprendre ma route. Je regarde à droite, à gauche, pas de véhicule Moldu, je traverse et monte sur le trottoir d'en face.

 

Je remarque tout à coup une silhouette.

Au croisement du trottoir et d'une rue perpendiculaire à deux mètres devant moi, une personne se trouve adossée à un mur et semble regarder l'immeuble d'où je viens de sortir.

Intriguée, je m'approche. Mains dans les poches pour les garder au chaud.

Je m'arrête et constate que c'est une femme. Je n'ai pas souvenir l'avoir croisée lorsque je suis montée. Soit je n'y ai pas fait attention, soit elle est arrivée entre temps.

 

-Vous cherchez quelque chose ? je lui demande d'une voix douce.

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Idrisse Rose Adler

Journaliste - Gazette du Sorcier 24 ans Sang Inconnu Britannique Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Au pied d'un immeuble londonnien, Jeudi 01 Mars 2125

Les mains au fond des poches, je fixe l’immeuble moldu en face de moi. Une brique après l’autre, une fenêtre après l’autre. Une façade qui essaye trop fort de se fondre dans le décor. Ce qui est, en soi, très suspect. Un immeuble honnête, ça s’assume, ça ne tente pas de se faire oublier. Celui-là a l’air de simuler sa propre existence, comme un pnj qui prie pour qu’on ne lui donne pas de réplique, et je n’aime pas ça.  

 

Je fronce les sourcils. Je ne lui fais pas confiance à cet immeuble. 
Il ne me revient pas.


Je suis venue pour un article. Sur quoi ? Ça, c’est encore en débat. J’ai une vague piste, une intuition. Un pressentiment diffus qui flotte dans l’air comme le parfum douteux d’un philtre d’amour testé sur un troll, avec un léger arrière-goût de vieux chausson oublié. Bref. J’écrirai peut-être sur la disparition inexpliquée d’un moldu quelconque écrasé en réalité par éléphant rose volant, ou sur un réseau sorcier clandestin de quelque chose d’encore plus clandestin que clandestin. Peut-être même que je vais découvrir une conspiration impliquant des boulangers canadiens véreux et des pigeons espions à six yeux. Il ne faut jamais sous-estimer les pigeons.


D’ailleurs, en parlant de faune urbaine, un chat traverse mon champ de vision. Squelettique, noir et blanc, l’air vaguement contrarié par mon existence. Il avance avec la grâce d’un roi canard mort, s’arrête devant moi et me jauge comme s’il était le gardien de cet immeuble trop fade. Comme s’il savait ce que j’étais venue chercher. Peut-être qu’il le sait. Peut-être que ce chat est le gardien d’un secret plus grand que lui. Peut-être même que ce chat dirige tout un empire souterrain de trafic de sardines et d’informations. Je le fixe. Un silence s’installe. Un de ces silences épais, lourds, comme celui qui précède une confession nocturne gênante lors d’un repas de famille.
Et si c’était lui, la vraie clé de l’affaire ? Si ce chat détenait des informations vitales ? S’il était en mission pour un réseau de félins infiltrés dans la société moldue ? S’il était, lui-même, un journaliste d’investigation Animagus. Là pour couvrir la même histoire que moi ? Toi, si tu pouvais parler… Le chat émet un bruit indéfini, entre le miaulement et l’insulte pure. Puis il tourne lentement la tête et, sans aucune forme de respect, lève la patte et commence à se laver le trou du cul.


D’accord. 
Message reçu.
J’ai peut-être surinterprété.


Je soupire et recule jusqu’au mur de l’immeuble d’en face, bras croisés. De là, j’ai une meilleure vue sur mon suspect architectural. Je laisse mon regard courir sur les fenêtres, note les moindres détails. Une lumière vacillante derrière un rideau trop rose. Une plante qui semble en détresse et aimerait sauter du deuxième étage. Une antenne tordue, victime de violence comme un balai de course après une collision frontale avec un banc de branchiflores en pleine migration amoureuse.
Je pourrais rester là des heures. D’ailleurs, c’est exactement ce que je vais faire. Mais il y a un changement subtil dans l’air. Je le sens. Une interruption dans le grand flux anonyme de ma vie. Comme un hibou postal qui s’écrase en plein vol contre une vitre enchantée qu’il avait juré ne pas exister. Quelqu’un sort de l'immeuble et vient vers moi. Pas un flic. Pas un voisin curieux. Pas un complice du chat. Je tourne lentement la tête. Une femme. Brune, l’air d’avoir déjà vécu trop de matinées comparée à moi. Je lui lance un regard, avec une expression qui pourrait signifier plusieurs choses : suspicion, irritation, ou juste la même confusion qu’un sorcier qui réalise trop tard que sa baguette était, en fait, un simple bâton ramassé dans la forêt. 

 

Puis elle parle. Un silence. Je la regarde. Le chat, que j’avais oublié, nous regarde. Je prends une inspiration, adopte mon ton le plus grave. Oui, je cherche quelque chose. La vérité. Le chat éternue à nouveau. Coïncidence ?


Je ne pense pas.

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