Harry Potter RPG

[En Cours]
Oiseau de Mauvais Augure Département de la Justice Magique, mercredi 11 juillet 2125

Katherine Dennison

Femme

63 ans

Sang-mêlé

Britannique

Avatar de Saï Don
Saï Don

Modération

Auror
Maître du Pactole

Message publié le 02/08/2025 à 16:59

 

Les couloirs du Ministère revêtent généralement une ambiance feutrée. Les couleurs sont sobres, des petits volatiles font bruisser discrètement leurs ailes en fonçant sous les plafonds, partant ou arrivant avec un message urgent pour un sorcier penché sur son bureau, la plume grattant le parchemin. Des rumeurs de conversations sérieuses viennent d'une salle un peu plus grande mais les lourdes portes de bois qui s'alignent dans les couloirs, dès qu'elles sont fermées, étouffent toutes paroles indiscrètes.

 

 

Clac, clac, clac, clac.

 

Les talons sévères de Katherine Dennison, chaussée de bottes de cuir, brisent soudain cette sérénité tranquille - une sorcière relève le nez de son parchemin dans son bureau, pour la voir passer d'un pas déterminé. Katherine a beau être vêtue de façon fort conventionnelle - une jupe sombre et sobre, un chemisier clair à motifs discrets, une perle ornant chacune de ses oreilles derrière lesquelles sont sagement rangés ses cheveux blonds coupés en un carré parfaitement droit - son allure donne toujours l'impression d'avoir à faire à une espèce d'aristocrate proche de la famille royale en passe d'être couronnée.

 

  • - Au fond du couloir à dr...

  • - Je connais, merci, coupa-t-elle sèchement la jeune fille qui l'avait accueillie à l'entrée de l'étage, qui se retira avec une confusion empourprant ses joues.

 

Katherine leva les yeux au ciel pour elle-même. Certes, on ne la voyait plus beaucoup ici depuis de nombreuses années ; lorsqu'elle n'était pas en mission, Katherine détestait se retrouver enfermée dans un bureau et avait toujours un bon prétexte pour ne pas mettre les pieds dans les locaux de son propre employeur ; en particulier depuis l'affaire qui l'avait vue dégringoler dans la hiérarchie de réputation des employés du Département de la Justice Magique.

 

Au bout du couloir, à droite, un petit bureau devant une porte épaisse, et une secrétaire expérimentée qui scruta la nouvelle arrivante par-dessus ses lunettes comme si elle pouvait scanner un visage pour en authentifier l'identité - ce dont elle était peut-être capable, par ailleurs. Katherine soutint son regard en s'affublant d'un sourire faussement docile.

 

  • - Bonjour Madame Dennison, vous êtes parfaitement à l'heure pour votre rendez-vous, constata la secrétaire en jetant un oeil à une horloge qui ne donnait pas l'heure, mais indiquait si l'occupant du bureau était ou non présent et disponible.

  • - Ma convocation, vous voulez dire, confirma Katherine d'une voix acide.

 

La femme échangea un regard avec l'Auror, mais ne fit aucun commentaire. Elle empila des pages devant elle.

 

  • - Monsieur Ingram vous attend, dit-elle dès l'instant où l'aiguille de l'horloge bougea, émettant un petit cliquetis discret.

 

Katherine ne toqua deux fois, sèchement, avant de se donner l'autorisation d'entrer de toute façon.

Noah Ingram

Homme

40 ans

Sang-mêlé

Britannique

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Gabriel

Administration

Direction du département de la Justice Magique
Gardien des Origines

Message publié le 18/01/2026 à 16:32

Semblerait que je sois un peu en retard ... une dizaine de mois - trois fois rien.

 

L’heure approchait doucement — et il n’avait aucun doute : la femme serait ponctuelle. C’était, après tout, l’un des prérequis de son poste. Et ce poste, elle l’occupait depuis plusieurs années maintenant. Du temps où il était Chef du Bureau des Aurors, Katherine Dennison avait toujours été un mystère ; un mystère qu’on lui avait trop souvent conseillé de laisser — tel un électron libre — vaquer à ses occupations.

 

On en parlait peu lorsqu’on abordait le sujet. Et quand quelqu’un s’y risquait, ce n’était jamais en bons termes. Cela l’avait déjà troublé à l’époque où il dirigeait le Bureau ; mais à présent qu’il se devait de superviser un département entier, il lui fallait être fixé sur cette anomalie de service — sur les tenants et les aboutissants d’une Auror en déchéance, reléguée à la surveillance et à l’encadrement d’un autre électron libre… à Poudlard, cette fois.

 

Deux coups secs. Et la porte s’ouvrit sans que Noah ait eu le temps d’inviter son interlocutrice à entrer.

 

Bonjour, Katherine. Ça faisait longtemps…

 

D’un geste de la main, il invita la femme — droite, sèche — à prendre place dans l’un des fauteuils qui meublait le bureau. Puis il se leva, abandonna sa chaise de travail, et s’installa lui-même dans un fauteuil plus confortable, près du feu. D’un mouvement bref de la baguette : Crac ! Sur la table apparurent verres, tasses, et une petite sélection de bouteilles.

 

Je peux vous offrir quelque chose à boire ?

Katherine Dennison

Femme

63 ans

Sang-mêlé

Britannique

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Saï Don

Modération

Auror
Maître du Pactole

Message publié le 26/01/2026 à 21:10

Derrière elle, Katherine referma la porte avec une autorité tranquille, et ses pas résonnaient moins maintenant qu'elle était dans l'univers feutré du bureau d'Ingram. Elle offrit avec une moue lasse, mais relativement patiente, un bref mouvement de tête pour toute salutation. Ses lèvres s'étiraient non pas en un sourire, mais en une ligne aussi droite et sobre que l'horizon d'un désert.

 

- Bonjour Noah. Oh, pas si longtemps, ajouta-t-elle comme un grincement, comme s'ils s'étaient vus la veille.

 

Il fallait dire qu'elle se serait bien passé, de son côté, de revoir le jeune Ingram - en tout cas, jeune à côté d'elle. Cette génération d'Auror, elle les avait tous vus débarquer les uns après les autres, de cette bienveillance distante qui était la sienne alors, persuadée qu'elle les dirigerait tous de près ou de loin jusqu'à la fin de sa carrière - mais la vie, et surtout la Justice Magique, en avait décidé autrement. Mais Katherine n'était pas si rancunière. Et puis, Ingram n'y était personnellement pour rien à son accident de parcours. Il était juste planté là pour lui rappeler cet échec avec la même discrétion qu'un détraqueur sur le Chemin de Traverse.

 

Katherine s'installa là où on le lui indiquait, s'asseyant en croisant une jambe par-dessus l'autre, un coude appuyé sur un genou - pressée d'en finir. Mais pas suffisamment pressée pour refuser une boisson.

 

- Je prendrais avec plaisir un kir, si vous en avez un, acquiesça-t-elle. Sinon, un Pur Feu fera l'affaire.

 

Y avait-il des règles qui empêchaient de boire de l'alcool au Ministère ? Si elles existaient, Katherine ne semblait pas en avoir connaissance. Ou les ignorait délibérément, d'ailleurs.

 

- Bien, annonça-t-elle un peu comme si c'était elle qui avait provoqué ce rendez-vous et qui en mènerait la danse, en attendant d'être servie. Puis-je savoir ce que me vaut cette soudaine convocation ?

 

Elle grimaça un sourire énigmatique à l'attention d'Ingram.

 

- C'est que je ne peux pas interrompre trop longtemps mon travail de garderie, ajouta-t-elle avec une voix plus douce, pour justifier son attitude pressée.

Noah Ingram

Homme

40 ans

Sang-mêlé

Britannique

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Gabriel

Administration

Direction du département de la Justice Magique
Gardien des Origines

Message publié le 05/02/2026 à 14:01

Sans un mot, Noah servit deux verres et tendit un Kir à sa collègue, tout en ajoutant un glaçon à son verre d’Ogden. Ne répondant pas tout de suite à la question de Katherine, il leva son verre et en but une lampée avant de le reposer devant lui. Il cherchait les mots, le bon angle d’attaque, la façon la plus appropriée d’aborder le sujet. Autrement dit : il marchait sur des œufs. Il n’avait jamais réellement fréquenté Katherine et n’avait eu que bien peu d’occasions de discuter avec elle. Autant faire en sorte que ce premier entretien officiel ne finisse pas en eau de boudin.

 

- C’est justement votre travail de garderie qui m’amène à vous recevoir aujourd’hui, Katherine.

 

Il fixa sur la femme deux yeux interrogateurs.

 

- Pourquoi ? Pourquoi une Auror aussi compétente que vous se retrouve à materner un gamin à Poudlard ? On sait tous les deux que le sceau qui a été apposé par le Département des Mystères est fiable et que - quand bien même il se briserait - avoir un Auror à ses côtés ne changerait rien à la catastrophe que ça provoquerait.

 

Il n’avait jamais compris pourquoi son prédécesseur avait jugé utile d’avoir un Auror auprès du gamin. Si la créature qui habitait son corps se libérait, il faudrait immédiatement le neutraliser et, pour ça, la présence d’un unique Auror ne suffirait pas. Il y avait certes les professeurs de l’école, qui pourraient contenir un temps la créature, mais il faudrait plusieurs agents d’élite pour parvenir à l’éliminer.

 

Un Obscurus gagnait en puissance avec son hôte et - l’hôte en question - apprenait aujourd’hui à manier et canaliser ses pouvoirs. Les chances que l’Obscurus se libère étaient donc infimes, mais, s’il le faisait, sa puissance n’en serait que plus démesurée.

 

- Vos connaissances et vos compétences seraient bien mieux employées sur le terrain, comme c’était le cas plusieurs années en arrière… mais depuis que j’ai rejoint le bureau, je vous ai toujours vue traitée en paria.

 

Il laissa quelques secondes s’écouler pour jauger la réaction de Katherine. Elle connaissait les faits, savait bien comment et pourquoi elle était traitée ainsi depuis tout ce temps.

 

- Aujourd’hui, j’aimerais comprendre… je n’aime pas les bruits de couloir et je n’ai pas encore parcouru votre dossier parce que je ne veux pas baser mon opinion sur vous sur de simples écrits. Voilà pourquoi je vous ai demandé de venir aujourd’hui. Pour me conter votre histoire, votre version des faits et - surtout - pour entendre votre avis sur votre situation actuelle et l’évolution que vous souhaiteriez donner à celle-ci.

 

Il reprit son verre et but une lampée du liquide ambré. Puis il croisa les jambes avant de laisser retomber son bras sur l’accoudoir molletonné. Il observa, sans un mot de plus, et attendit les réponses qui manquaient à sa compréhension des choses.

Katherine Dennison

Femme

63 ans

Sang-mêlé

Britannique

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Saï Don

Modération

Auror
Maître du Pactole

Message publié le 08/02/2026 à 19:23

Katherine scrutait Ingram à la manière d'un rapace au regard affûté mais à l'attitude tranquille. Elle aurait pu faire penser à un vautour qui attendait depuis longtemps son heure, perchée sur le vieil arbre qu'avait formé son itinéraire d'Auror ambitieuse au travers des pays qu'elle avait parcouru. La méfiance, le défi et l'espoir se disputaient l'honneur de faire apparaître des étincelles au fond de ses yeux clairs et assassins - mais pour le moment, il n'était temps d'exécuter personne.

Ingram était d'une génération précédent la sienne : d'autres pratiques, d'autres considérations. Mais ce n'était pas non plus un jeunot fraîchement sorti de l'Académie. Elle ne doutait pas que pour qu'il fût arrivé à ce poste, il devait avoir cumulé un certain nombre de qualités. L'intelligence devait en faire partie.

 

Aussi, lorsqu'il posa sa première question, Katherine haussa les sourcils avec un air aussi surpris qu'entendu.

 

- Comment, vous n'écoutez pas les ragots, monsieur le directeur ? plaisanta-t-elle, et elle trempa les lèvres dans son kir.

 

C'était un bon alcool, et elle se plut à le savourer tranquillement, laissant les effluves coloniser son palais et son nez, mais un bref sourire étira ensuite ses lèvres affinées par le temps. La lumière projetée par l'âtre jouait dans ses cheveux clairs, parfaitement domptés en sa coiffure habituellement sobre.

 

- Parce que j'ai fait une erreur, monsieur Ingram, dit-elle avec beaucoup de sérieux, mais sans avoir l'air le moins du monde affectée par cet état de fait. Certains vous diront que j'ai dérapé, en ordonnant des pratiques contestables sur nos ennemis. Personnellement, je crois que j'ai surtout fait confiance aux mauvaises personnes, dont l'une d'entre elles aujourd'hui brille dans les plus beaux salons de Londres parce qu'il a pu accuser quelqu'un à sa place pour montrer patte blanche.

 

Inutile de donner des noms. Katherine avait depuis longtemps accepté le revers qui avait brisé sa carrière. Il était plus difficile, en revanche, d'accepter les missions si visiblement inutiles que l'on lui confiait désormais.

 

- Et donc, ma situation s'apparente à ce que l'on appelle communément une mise au placard. Mais contre toute attente, ce n'est pas si désagréable. Je mange des glaces avec monsieur Polyanski en essayant de voir si un être sans émotion peut avoir de l'humour. Pour l'instant, nous jouons à "qui mourra le premier". C'est assez drôle.

 

Katherine sourit de nouveau. Une jambe croisée sur l'autre, la main qui tenait le kir faisait danser le verre d'un geste expert. Les odeurs ne s'en échappaient que plus délicatement. Elle les sentait distraitement, son attention plutôt focalisée sur l'homme qu'elle avait devant elle : un visage volontaire, une attitude censée. Être à son poste et ne pas encore être devenu fou, songea-t-elle, relevait d'un certain exploit. Ou bien il cachait bien ses cartes ; mais elle n'avait pas ce sentiment de double jeu. Le savoir-faire se perdait, que voulez-vous.

 

- Tout ce que vous pourrez lire dans mon dossier est vrai, souligna-t-elle subitement, et son sourire s'était évanoui. Le bureau diplomatique caché au Moyen-Orient, les espions à la solde du Ministère. La torture contre des sorciers étrangers. Il en allait de l'avenir du monde sorcier britannique, aussi me suis-je pliée aux ordres qu'on a ensuite feint de ne m'avoir jamais donné.

 

Elle but subitement, d'une traite, la fin de son kir. Puis elle décroisa les jambes pour mieux se pencher en avant et déposer d'un geste raide le verre sur la table, où il tinta brusquement. Katherine, confronta le regard de son interlocuteur, sans pitié aucune.

 

- J'ai bien peur que de tels bruits de couloir ne soient pas rattrapables pour la suite que j'entends donner à ma carrière, dussé-je avoir le soutien du directeur du département, dit-elle pourtant très calmement. Vous entâcheriez votre réputation, je le crains.

 

Katherine se redressa ensuite pour mieux appuyer son dos contre le dossier du confortable fauteuil en cuir, décidément fort agréable. Elle joignit ses longs doigts pour mieux les assembler devant elle. Un petit sourire avenant s'était de nouveau dessiné sur ses lèvres, comme s'ils avaient une conversation des plus légères.

 

- Enfin, bien sûr, je suis toujours utile au travail que le Département n'assume pas, s'il y en a encore... Peut-être que vous penserez à moi quand le département sera compromis ?

 

Etait-ce ou non une plaisanterie ?