Harry Potter RPG
Décoration ligne gauche
Décoration ligne centrale

Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère Grand-Rue de Pré-au-Lard, mardi 10 juillet 2125

Décoration ligne centrale
Décoration ligne droite
Accueil En dehors du Château Pré-au-Lard Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 12/08/2025 à 21:54

Le 10 juillet était arrivé, et les prairies d'Ecosse étaient inondées d'un soleil frais.

 

Les parents de Fenella habitaient un peu plus vers l'Ouest de l'Ecosse par rapport à Pré-au-Lard - une ferme isolée, encadrée de montagnes marrons et rudes qui déchiraient le ciel de pointes aussi majestueuses que menaçantes. L'air y semblait éternellement frais, avec un vent qui venait de la côte et balayait sans cesse une végétation basse et fleurie. L'endroit donnait l'impression d'un isolement total - alors même qu'il n'était pas si loin ; mais la ferme semblait perchée sur l'une de ces collines comme une bâtisse seule au bout du monde. Le silence la nuit y était si parfait, si délicat, que même sous sa forme de panthère, Sasha devait faire de gros efforts pour y disparaître. Ici, pas de forêt pour le dissimuler parfaitement, et les veaudelunes pouvaient devenir nerveux s'ils percevaient la présence d'un prédateur. De plus, les nuits d'été étaient particulièrement courtes en Ecosse - mais Sasha s'échappait toujours chaque nuit.

 

S'échapper était pourtant un bien grand mot : les parents de Fenella ne le surveillaient pas du tout. Passés les premiers jours, pendant lesquels on lui avait bien expliqué le travail sur lequel il pouvait contribuer - creuser de nouveaux terriers, réparer ceux qui s'effondraient, ramasser la bouse argentée à l'aube pour la stocker, réparer des clôtures, nettoyer les abreuvoirs et mangeoirs, et enfin s'occuper un peu aussi des quelques moutons qui rendaient la ferme, de loin, non suspicieuse aux yeux des moldus qui randonnaient sur les montagnes - passés ces premiers jours où il avait dû s'acclimater, Alasdair et Fiona avaient approuvé qu'il s'investît aussi facilement dans ces activités manuelles que d'autres élèves de Poudlard auraient certainement détesté. Il avait pu expliquer, avec simplicité, qu'il venait aussi d'une ferme - plus petite, mais avec des animaux plus variés, et ç'avait été le début d'une confiance conviviale entre eux. Sasha mangeait le soir à leur table et le matin, Fiona préparait de gros petits déjeuners dont elle empaquetait les restes pour qu'ils puissent grignoter la journée quand ils le souhaitaient. Puis elle disparaissait - parfois pour aller en ville, parfois pour aller s'occuper des hôtes qui venaient séjourner dans la grande aile rénovée prévue à cet effet : des couples de sorciers étrangers ou simplement de l'autre bout du pays venaient ici se ressourcer au milieu de la campagne en payant certes une somme rondelette pour respirer l'air frais de l'endroit. Quant à Alasdair, il passait le plus clair de ses journées dans l'entrepôt de bouse, où celle-ci était stockée, traitée, transformée en fumier magique d'une part et en d'autres ingrédients dérivés qu'il empaquetait dans des bocaux destinés à la revente - sur le Chemin de Traverse ou ailleurs.

 

A peine dix jours s'étaient donc écoulés depuis la fin des cours, mais Sasha avait déjà le teint couvert de tâches couleur bronze que le soleil avait dessinés sur sa peau, en particulier sous ses yeux - et sa nuque et ses avant-bras avaient méchamment rougi avant de brunir à leur tour.

 

Fenella se montrait de temps à autre - elle s'isolait pour étudier, partait à Pré-au-lard, revenait avec une amie, passait de temps à autre un dîner avec eux en s'étonnant de la facilité avec laquelle Sasha s'était faite à la vie de la ferme.

 

- Il n'est pas très sociable mais c'est un gentil garçon, avait confié Fiona à sa fille à l'occasion, pendant qu'elles préparaient l'un des petits déjeuners - Sasha s'y montrait toujours affamé, comme aux autres repas d'ailleurs.

 

Les cernes sous ses yeux étaient toujours présentes, mais il pouvait s'octroyer l'après-midi un vrai temps de repos qu'il passait généralement étalé dans l'herbe à observer les nuages... et à penser.

 

Tu réfléchis trop.

 

Il se trouvait que réfléchir dans le lit à baldaquin du dortoir des Gryffondor et penser avec les mains fatiguées par le travail et le dos dans l'herbe en plein soleil n'avaient pour lui pas grand chose à voir. La première était une mine où l'on creusait sans jamais rien trouver - ni de joyau ni de fond. La seconde était une montagne à gravir avec la sensation d'acquérir, au moins, un peu plus de force pour porter le sac que l'on emportait avec soi.

 

 

 

 

- Och ! Càit a bheil thu a’ dol mar sin !

 

Quand il était sorti de la petite chambre pour aller signaler à Fiona qu'il ne dînerait pas là ce soir, cette dernière s'était exclamée avec surprise - et peut-être un tout petit peu d'admiration. Sasha n'avait pas compris un mot - le gaélique restait très difficile à apprendre, principalement à cause de l'accent - mais il devina à la tête de la femme au visage plein de bonhommie qu'elle avait remarqué sa tenue bien différente de d'habitude : il avait remis une chemise blanche de Poudlard et un pantalon propre, et avait comme il avait pu discipliné ses cheveux pour qu'ils restassent à peu près aplatis correctement sur son crâne. Il eut un sourire crispé.

 

- J'ai rendez-vous, il dit simplement, et Fiona se mit à rire à gorge déployée avant d'appeler son mari.

- Alas ! Coimhead air ! Regarde-le !

 

Alasdair était un homme massif, avec un cou aussi large que sa tête, et quand celle-ci apparut entre les rideaux de la porte de la cuisine, censés garder les insectes à l'extérieur, sa moustache frémit en une moue dubitative.

 

- Ah ! Sasha, mo ghille, seo far a bheil an trioblaid a’ tòiseachadh. Ca sent le début des ennuis ça !

 

Fiona se mit à râler, les poings sur les hanches, contre son mari, et les deux commencèrent à gentiment se disputer sur ce qu'il fallait ou non encourager chez un garçon de son âge et de son époque - conversation à laquelle Sasha ne comprit rien et parfaite diversion pour qu'il s'éclipsât en direction de Pré-au-Lard sur un balai de la ferme. Rien à voir avec les OCQ, à tel point qu'il prendrait sûrement soin de le cacher plutôt que de laisser voir Alison qu'il était venu sur un engin rudimentaire comme celui-ci, mais il fonctionnait suffisamment bien pour survoler tranquillement les plaines, par un passage à l'ombre d'une falaise - la route indiquée pour ne pas être aperçu des moldus.

 

 

 

 

Il se présenta à l'heure à la boutique OCQ. L'été, celle-ci ne désemplissait pas : en plus des clients habituels, des touristes venus de tout le Royaume-Uni passaient faire des emplettes ou simplement visiter l'un des plus jolis villages sorciers d'Ecosse, et la Grand Rue connaissait beaucoup de passage. En fin de journée, heureusement, les choses se calmaient un peu, les restaurants et pubs connaissaient à leur tour leur pic de fréquentation. Sasha avait caché son balai dans la ruelle qui jouxtait la boutique, derrière une poubelle, et il entra chez OCQ en faisant passer nerveusement d'une main à l'autre un bouquet de fleurs sauvages - des pétales blancs, violettes et jaunes se mélangeaient avec une odeur herbacée et légèrement amère - pas exactement le parfum délicat des Orchidées Explosives, certes. Derrière le comptoir, Fenella et Freya semblaient occupées à recompter quelque chose et quand Fenella releva le nez, il la vit arrondir les yeux.

 

- Oh, ouah, j'ai manqué un épisode. Qu'est-ce qui se passe ?

 

Sasha fit encore passer le bouquet dans son autre main, essuyant celle qu'il venait de libérer contre son pantalon pour en chasser la moiteur désagréable qui avait décidé de s'y insinuer.

 

- J'emmène Alison dîner, il dit un peu abruptement, ne sachant pas si Alison avait partagé cela avec Freya, notamment. Les fleurs, ça fait trop, nan ?

 

Fenella émit un son sceptique du fond de la gorge, peinant à se décider, pinçant les lèvres en un sourire crispé qui semblait trahir une subite envie de rire qu'elle tâchait de réprimer.

Alison Carter

Femme

16 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 13/08/2025 à 17:05

Face au miroir ancien de sa chambre, Alison trouve l'angle parfait. Elle s'observe minutieusement, jaugeant sa frange lisse, la courbe de ses cils couverts de mascara, le nombre de tâches rousses visibles à travers le sortilège anti défauts de peau, la touche de lumière délicate emprisonnée au bout de son nez, le dessin de ses lèvres rouges cerise. Elle profite d'apprécier son reflet, car c'est loin d'être toujours le cas. Le visage tourné trop à gauche, sa narine semble difforme. Le cou tendu, sa mâchoire paraît rectangulaire ; masculine. Le menton penché vers le bas, son front devient énorme. Alors la cadette fait glisser une goutte d'huile parfumée au centre de son décolleté sans bouger, le regard posé sur le trajet du liquide ambré aux essences fruitées. Elle porte un haut court, en jersey côtelé rose pâle agrémenté de motifs fleuris, et d'un lacet resserré à la poitrine. Elle l'a acheté spécialement pour sa soirée avec Sasha. Il devrait aimer, se dit-elle en appliquant deux autres gouttes d'huile parfumée derrière chacune de ses oreilles.

 

La perspective d'un rendez-vous avec l'Ukrainien résonne comme un doux challenge aux yeux d'Alison. Puisqu'il s'en va, autant en profiter. Foutu pour foutu, elle compte graver sa place dans la mémoire du garçon. Elle veut qu'il pense à elle depuis là-bas, même lorsqu'elle aura tourné la page de son côté. 

 

Enfin la sorcière ramène sa chevelure fauve autour de son visage et se redresse, appréciant l'éclat doré provoqué par son nouveau piercing au nombril à la lueur des bougies. Elle tire un peu sa jupe en jean, rajuste ses chaussettes sombres, arrange le nouage de ses larges Derbies vernies, et entend sa grande sœur l'appeler depuis l'escalier qui relie la boutique et le foyer Carter. "Ali ! Y'a Sasha qu'est arrivé !" Il lui reste un détail à régler ; Lolly Doll, sa baguette. Alison hésite. Elle n'est pas supposée faire de magie en dehors de l'école, mais l'avoir la rassurerait. "Alison !" À Pré-au-Lard, les étudiants ont l'habitude d'utiliser des sortilèges sans autorisation en profitant d'une faille du système de surveillance instauré par le Ministère. La jeune femme se décide et enfonce Lolly Doll dans sa chaussure, sous sa chaussette, au cas où elle en aurait besoin.

 

En bas, Fenella s'évertue à détendre Sasha grâce à sa bienveillance naturelle. Elles sont jolies tes fleurs, c'est mieux qu'un truc acheté impersonnel, ça fait authentique au moins, sourit-elle, à demi-confiante quant aux réelles chances du Slave face à l'Écossaise boudeuse. 

 

— Vous allez où ?
— J'sais pas. 
— Vous rentrez vers quand ?
— Bah, j'sais pas. 
— Vous restez à Pré-Au-Lard ?
— J'en sais rien putain, lâche-moi !

— Tu mettras une veste quand même Alison, c'est toujours l'Écosse ici.

 

L'été n'a rien arrangé entre les deux sœurs, surtout depuis que Freya a compris que sa cadette comptait lâcher son travail au magasin, sous prétexte de ne pas être la bonniche d'Owen et de l'OCQ500. Elle aurait désormais mieux à faire de son temps, comme de préparer son avenir, par exemple, avait-elle dit. -tu verras pas Charlipoupette aujourd'hui, elle dort chez une copine, reprend Fenella après avoir servi une cliente venue acheter une batte hurlante aux couleurs d'Elliot Blackburn pour l'anniversaire de son fils. 

 

Puis le rideau s'écarte et Alison apparaît, un sac à main discret - façon pochette - faisant écho à son vernis poudré, un gilet accroché au creux du bras. Mazette, siffle la Serdaigle, ses grands yeux s'empressant de fixer la réaction de Sasha. Salut. L'adolescente traverse le magasin et dévisage son prétendant à l'allure plus soignée que d'habitude. Une seconde, elle repense au bal de Noël, papillonne des cils, et prend le bouquet qu'il présente maladroitement. Merci, c'est gentil, prononce-t-elle sans effusion tandis que derrière le comptoir, Fenella chuchote quelque-chose à Freya. 

 

— On y va ?

— Vous allez où Sasha ?

— Bon, on y va-
— Attends, attends, donne-moi les fleurs Alouette, j'vais les mettre à sécher !

— T'as ta baguette Sasha ? insiste l'aînée, bien décidée à obtenir des informations. 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 13/08/2025 à 22:31

De toute façon, même s'il n'avait pas voulu le garder, Alison arriva trop vite pour que Sasha se débarrassât du bouquet. Il le lui tendit un peu maladroitement, discrètement encouragé dans le dos de la jeune fille par une Fenella qui leva les pouces vers le plafond, alors que lui-même bredouillait un salut sans sourire, les yeux seulement bêtement posés sur Alison. La réaction de cette dernière à son bouquet couplée à la soudaine solennité de Sasha donnait fugacement l'impression qu'ils s'exerçaient à une simple formalité.

L'attention du Gryffondor fut détournée vers Freya et il acquiesça.

 

- Oui, oui, j'ai ma baguette bien sûr, assura-t-il. On va jusqu'à Little Hexley, au Grimoire Italien.

 

Alison sortait déjà d'un pas décidé de la boutique, aussi Sasha lui emboîta-t-il le pas.

 

- On rentre pas tard ! jeta-t-il par-dessus son épaule, puis le cliquetis de la porte de la boutique se referma sur eux.

 

 

 

 

Ils marchèrent quelques instants côte à côte, et Sasha jetait vers Alison de discrets regards. Elle était gracieusement parée bien sûr, mais même si elle était venue drapée d'un torchon sale, il l'aurait sûrement trouvée jolie. Les prunelles du Gryffondor descendaient de temps à autre vers les genoux clairs et découverts d'Alison, rappelant les atours qu'elle présentait sous ses jupes à Poudlard, et comme lui aussi avait revêtu une tenue qui rappelait davantage l'uniforme de l'école, il avait vaguement l'impression qu'ils étaient sur le chemin pour aller en cours - à ceci près que le soleil s'abaissait dans le ciel, déposant des tâches oranges sur les collines et les forêts environnantes. Des couleurs chaudes qui habillaient aussi les joues de Sasha.

 

Little Hexley était le hameau voisin de Pré-au-Lard, lui aussi majoritairement habité par des sorciers, mais il était plus petit, moins commerçant et moins connu. Situé à moins de deux kilomètres à vol d'oiseau, on l'apercevait niché sur la colline, creusant un nid de pierre dans la forêt écossaise.

 

- On va prendre par les sentiers, ça ira plus vite, annonça Sasha en bifurquant au bout de la Grand Rue dans un petit sentier baigné de la lumière du soir.

 

Non seulement c'était effectivement plus court, mais il trouvait aussi le chemin plus confidentiel, comme si cela avait importé qu'ils fussent à l'abri des regards. Les sous-bois offraient une intimité douce et feutrée, mais il fallait parfois gravir quelques passages accidentés. Quand le sentier s'étrécit, Sasha passa devant, les mains dans les poches - il n'aurait pas su quoi faire d'autre avec de toutes les manières.

 

- J'crois que j't'ai pas félicitée pour tes BUSES au fait, il lança, à court de sujets de discussion intéressants. Ca a dû rassurer ta soeur, elle a l'air de te surveiller comme une dragonne couve ses oeufs. 

 

Sous leurs pas, les branches et les gravillons qui jonchaient le chemin crissaient, et des rayons de soleil parvenaient à percer la forêt en se faufilant entre les troncs, striant le sol devant eux de longues ombres qui alternaient avec des traits de lumières, comme les touches d'un piano aussi immobile que ceux qu'utilisaient les moldus.

Après avoir gravi des marches naturelles en schiste un peu plus hautes que les précédentes, Sasha ralentit le pas pour jeter un regard par-dessus son épaule - pour vérifier, presque, qu'Alison ne s'était pas enfuie.

 

- T'as besoin d'aide ?

Alison Carter

Femme

16 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 14/08/2025 à 15:38

Gênance, voici ce qu'elle pense lorsqu'ils mettent trente secondes de trop à s'échapper du magasin pour disparaître du champ de vision des deux femmes intrusives. C'est la première fois qu'Alison se montre avec un garçon au 76 Grand-Rue, et elle regrette d'avoir accepté qu'il vienne la chercher ici. Est-ce que Fenella continuera de se mêler de leurs histoires jusqu'à la mi-août après ça ? Est-ce que Freya voudra un compte-rendu de la soirée ? Elles peuvent toujours rêver

 

Sur les pavés de Pré-Au-Lard, l'adolescente reste un moment silencieuse, comme s'ils devaient d'abord s'éloigner au maximum du foyer Carter pour démarrer une conversation. L'air qu'ils déplacent ramène aux narines de la sorcière le parfum de la ferme des Fowlis, chargé de souvenirs d'enfance en compagnie d'Alastair, Fen', Charlie et Fiona, et des veaudelunes. L'association entre Sasha et cette période lointaine lui donne un sentiment étrange de distortion du temps. Tu sens la ferme, se contente-t-elle de faire remarquer au garçon, un léger sourire au coin des lèvres. Il la dévisage en retour et la jeune fille ricane. J'dis pas qu'tu t'es pas lavé, ça pue pas. Juste, ça sent chez Fen' quoi. D'un haussement d'épaules, elle balaye la discussion tandis qu'ils s'engagent sur un sentier vers le village de Little Hexley. 

 

— Tu vas pas m'apprendre la route hein, continue l'Écossaise, plus railleuse que boudeuse, le visage moins fermé qu'à la boutique. Certes, l'Ukrainien sous sa forme animale connaît mieux les détours de Poudlard que quelconque étudiant du chateau, mais pour les sentiers du coin, elle se défend. On va vraiment là-bas d'ailleurs ou t'as un autre plan en tête ? ajoute Alison en évitant une branche couchée en travers de leur chemin. Elle espère secrètement qu'ils emprunterons un portoloin et fouleront l'une des capitales attenantes, peut-être même Paris. Derrière Sasha dans les parties étroites du sentier, la rouquine laisse ses prunelles glisser entre les tâches de lumière sur sa nuque bronzée, tâchée de soleil, et la naissance de ses cheveux plus cuivrés que d'habitude. Elle l'imagine prévoir ce dîner comme s'il ne lui restait qu'une seule chance de conclure avec elle, et qu'il devait mettre le paquet. Cette idée lui arrache un léger sourire. 

 

À l'évocation des BUSES et de Freya, elle souffle. Caporale Carter s'en fiche de mes notes, elle, t'sais, elle a peur que j'vive une adolescence. Elle sait pas c'que c'est. En vrai, elle veut que j'aie des Optimal, mais pour finir vendeuse au mag quoi. La blague ! Un corbeau croasse près d'eux, semblant confirmer les propos d'Alison. Cette dernière saisit la main tendue par Sasha. 

 

— Toi t'avais passé des BUSES en Ukraine ? demande-t-elle en réalisant soudain qu'elle ignore de quoi exactement était composée la vie du réfugié de guerre, mise à part sa participation aux combats. Leurs doigts se quittent alors que le chemin dessine des lacets plus doux à flan de colline.

Accueil En dehors du Château Pré-au-Lard Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère