Harry Potter RPG

[En Cours]
Café et commérage Salle café, jeudi 06 septembre 2125

Eileen Hilswood

Femme

31 ans

Sang-mêlé

Britannique

Langue-de-plomb
L'Étoile de Noël

Message publié le 19/10/2025 à 00:30

Eileen n'avait jamais été autant irreprochable dans sa paperasse. Après pas mal de dossier à rattraper - cinq ans, ça se remplit bien - elle avait finit pas se mettre à jour. D'ailleurs elle se mettait à jour tous les jours. D'ailleurs elle n'avait pas grand chose d'autre à faire. Elle pouvait noter dans ses rapports "aujourd'hui, j'ai écrit mes rapports". L'éclate. Elle avait essayé de coincer McBrown dans les couloirs pour lui demander d'enfin la laisser reprendre ses projets dans la salle du Temps, mais sa secrétaire l'avait attrapé par la peau du coup et renvoyer dans son bureau fissa. Comme quoi, un mois ça n'était pas suffisant. Comme quoi, il fallait l'avis d'un Médicomage spécialisé. Comme quoi, il fallait qu'elle se calme, parce que son obsession pour le projet qui avait causé sa perte ne faisait que les convaincre de ne pas lui donner de nouvelles opportunités.

 

C'était pas avec cette bande de de bureaucrate que la science allait avancer.

 

Du coup, Eileen s'ennuyait comme un rat mort. On lui avait mis un stagiaire dans les pattes pour la tenir occuper, mais ça n'occupait que son temps, pas son esprit. Il y avait bien le projet avec le petit et le grand Carter, mais c'était surtout du grattage de papier et de cerveau. Il lui fallait quelque chose d'excitant. Quelque chose qui la maintiendrait éveillée durant toute la nuit. Quelque chose de.... oui... d'un peu risqué. Sa vie manquait tout simplement de frissons.

 

Elle était comme un lion en cage. Faisait le tour du Ministère, sortait prendre un sandwich, tentait de discuter avec ses collègues préférés quand finalement ils s'accordaient une pause. Elle tentait toutes les salles cafés du Ministère, même les moins pratiques. Là, par exemple, celle du niveau six. Trois niveaux au dessus du Département des Mystères, pas franchement le plus efficace si elle devait se remettre au boulot au plus vite. Mais ils avaient des croissants les jeudi matin, et elle n'avait pas de boulot. Elle disait bonjour à l'équipe sur place, n'en connaissant que la moitié, et prétendait qu'elle avait toute sa place ici. Ca lui permettait de rappeler aux gens qu'elle existait et - surtout - elle se mettait à jour au niveau des potins. Qui était en froid avec qui. Qui avait quitté sa femme - dans le Ministère - pour la nouvelle recrue du service d'à côté. Qui tournait autour des responsables pour tenter de recevoir des faveurs lors des nouvelles promotion.

 

Les frissons, quoi.

Alaric Bloodworth

Homme

52 ans

Sang-mêlé

Britannique

Direction du Département des Transports Magiques
Première Plume

Message publié le 28/10/2025 à 11:45

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Alaric n'était pas franchement à l'heure en cette matinée. Ceci dit, il l'était rarement, trop occupé qu'il était à cuver du Pur Feu de la veille dans lequel il se noyait bien trop souvent pour éviter de songer à cette solitude terrifiante qu'avait laissée Carolina derrière elle lorsque la maladie l'avait emportée. Summer et Leo passaient de moins en moins souvent pour le voir. La première semblait avoir trouvé un équilibre dans sa vie. Le second... avait le mérite de l'être toujours, en vie. Et c'était bien tout ce qu'Alaric attendait désormais de sa progéniture.

 

Mais cela ne changeait rien à ce vide immense que ses enfants ne sauraient jamais combler. Cette déchirure qui faisait de lui l'ombre de l'homme qu'il était auparavant. Là où, autrefois, son cynisme relevait d'un humour savamment dosé, il n'était plus qu'ouvertement désagréable en quasi-permanence. Et en se pointant à la machine à café pour espérer se défaire de ce mal aux cheveux terrible qu'il se trainait, il ne remarqua pas tout de suite la présence surprenante qui s'y trouvait également.

 

Ce n'est qu'après une première gorgée de café qu'il sembla ouvrir suffisamment les yeux pour reconnaître une collègue d'un autre niveau, qu'il n'avait pas vue depuis... Quelques années, sans aucun doute. Ceci dit, il ne voyait plus grand monde, enfermé dans son bureau. Et ses employés avaient tendance à l'éviter soigneusement, connaissant ses sautes d'humeur. 

 

- Tu t'es plantée de niveau, Hilswood. Toi, c'est plus bas.

 

Il attrapa un croissant pour mordre dedans, tout en toisant l'impudente qui avait osé monter jusqu'à son antre alors même qu'elle n'en avait aucune utilité. Quelques miettes se déposèrent sur le cuir de son blouson sans qu'il n'y prêta la moindre attention. Une nouvelle gorgée de café lui fit froncer les sourcils.

 

- T'avais pas disparu toi ?

Eileen Hilswood

Femme

31 ans

Sang-mêlé

Britannique

Langue-de-plomb
L'Étoile de Noël

Message publié le 16/11/2025 à 13:56

En voyant le chef du département des transports, Eileen sortit son meilleur sourire en coin. Elle aimait bien Alaric. Il avait toujours le bon mot, le bon humour pince-sans-rire. Il y avait bien des gens pour trouver qu'il manquait un peu de pincettes et qui, parfois, prenaient mal ses remarques, mais la plupart des employés l'appréciaient. Un bon compagnon de café, malgré le fait qu'il eut été plusieurs rangs au dessus d'elle. Enfin, ils n'étaient pas du même service et - avec tout le respect qu'elle lui devait - tout le monde s'en fichait de l'organisation des Portoloins. 

 

- Tu t'es plantée de niveau, Hilswood. Toi, c'est plus bas.


Yep, un grand classique. Il fallait pas qu'elle se laisse distancer directement sans lancer sa propre pique. Elle regarda autour d'elle, mima l'étonnement.

 

- Ah ! Mais c'est pour ça que tout le monde me parle de poudre de cheminette depuis tout à l'heure ? Je me disais aussi, c'est devenu chiant le Département des Mystères.

 

- T'avais pas disparu toi ?

 

Elle haussa les épaules, par habitude. Ca faisait au moins une dizaine de fois qu'on lui faisait remarquer ça. Du coup, elle avait plusieurs versions. "J'étais coincée dans la salle du temps", elle ne pouvait la dire qu'à ses supérieurs et à certains de ses collègues. "J'ai un un accident dans le Département", vague mais vrai, qui passait tous juste à travers le sortilège de Langue-de-Plomb mais il fallait que l'interlocuteur fasse des efforts d'interprétation. "J'étais en mission à l'étranger", c'était la version family friendly, pour qu'on arrête de lui poser des questions. Mais le truc cool avec le sortilège de Langue-de-Plomb, c'était qu'on pouvait raconter absolument tout, tant que ça n'était pas vrai. 

 

- Ouais j'étais en vacances aux frais de la princesse. Bahamas, les cocotiers, il a fallu me tirer par la peau du cou pour me faire rentrer.

 

Bien qu'elle ne laisse pas un rire trahir son mensonge, elle ne s'attendait pas à ce que qui que ce soit la prenne sur parole. Surtout pas un directeur, qui devait très bien savoir qu'on ne payait pas un employé cinq ans pour qu'il prenne des vacances. 

 

- Bref, je me remets au jus. Et toi, ça va ? Le travail, les enfants, la femme ?

Alaric Bloodworth

Homme

52 ans

Sang-mêlé

Britannique

Direction du Département des Transports Magiques
Première Plume

Message publié le 15/01/2026 à 11:56

Alaric haussa un sourcil à la réponse de la jeune femme. Aussi blasé fut-il, il n'appréciait guère que l'on traite son département de chiant. Même s'il pouvait l'être, attention. Il fut un temps où il trouvait son boulot passionnant. Où il aurait pu passer des heures et des heures à parler des différences techniques entre tel ou tel balai. Où la sortie du dernier OCQ200 aurait été pour lui une véritable révolution. Ce temps était malheureusement révolu, et ce depuis plusieurs années désormais. Il retint cependant tout commentaire acerbe, n'ayant pas envie de remettre une Noise dans la machine : il risquerait juste de la faire rester un peu plus longtemps pour lui offrir de son impertinence.

 

Parce que si l'homme appréciait pleinement se foutre de la gueule de ses interlocuteurs, qu'ils s'en rendent compte ou non, il n'aimait pas beaucoup que l'on fasse de même envers lui. 

 

- Dingue ton histoire, tu m'fileras quelques tips, j'suis pas contre prendre des congés du genre, répondit-il en mordant de nouveau dans son croissant.

 

Un sourire cynique se dessina sur les lèvres de l'homme lorsqu'elle mentionna sa femme. Elle était sans doute la seule personne dans tout le ministère à ignorer qu'elle n'était plus de ce monde. La seule à oser faire une telle gaffe devant un type qui n'avait jamais été foutu de faire le deuil. 

 

- Les gosses vont bien. Leo a foutu un bordel monstre dans la salle des artefacts, Summer s'est mis en ménage avec un abruti, mais tout va bien parce que papa est là pour ramasser les miettes. J'te jure ils m'auront tout fait ceux-là.

 

Surtout Leo. Parce que Summer réussissait parfaitement bien, et le seul crime ayant été commis par son mec était d'avoir osé approcher la petite fille chérie d'Alaric Bloodworth.

 

- Et Carolina est morte, j'te l'dis, ça t'évitera d'faire des gaffes, lui annonça-t-il finalement, comme s'il n'était pas la seule et unique personne envers qui ce serait une gaffe que de la mentionner. 

Eileen Hilswood

Femme

31 ans

Sang-mêlé

Britannique

Langue-de-plomb
L'Étoile de Noël

Message publié le 24/01/2026 à 18:30

M*rde. Le sourire éclatant d'Eileen disparu de son visage en un éclair. Même si elle était tout à fait au courant que cinq ans s'étaient écoulés pour tout le monde sauf elle, l'idée que, alors que le monde tournait sans elle, quelque chose de grave avait pu se produire peinait à prendre pied dans son cerveau. Elle avait eu beaucoup de chance, il fallait dire. Ses grands-parents allaient bien, ses parents allaient bien, ses amis allaient bien et son frère... Well, son frère allait définitivement quelque part. Sauf que tout le monde ne pouvait pas avoir été aussi chanceux.

 

- M*rde, je suis désolée ! 

 

Doublement désolée d'ailleurs. Pour avoir mis le sujet sur le tapis, et puis il fallait bien faire ses condoléances. Elle n'était certainement pas douée pour ça. Déjà, pour les gens qu'elle connaissait bien, elle avait du mal à trouver les mots. Mais pour un collègue sympathique dont elle n'était pas spécialement proche ? Un vrai cauchemar. Elle passa d'une jambe à l'autre, inconfortable. Fit de son mieux pour ne pas changer brusquement de sujet, ou se racler la gorge pour briser le silence. Trop insensible. Mais alors quoi ? Elle ne connaissait pas assez Alaric pour continuer à parler de sa femme morte. Et puis c'était elle qui avait commencé à mentionner sa femme. Il ne voulait probablement pas en parler, si ?

 

Elle hésitait encore sur quoi dire, et - si rien ne se passait - le silence risquait de se faire vraiment très très long. Elle jeta un coup d'oeil aux autres membres des Transports Magique mais tous semblaient éviter de croiser leurs regards. Au secours.

Alaric Bloodworth

Homme

52 ans

Sang-mêlé

Britannique

Direction du Département des Transports Magiques
Première Plume

Message publié le 05/02/2026 à 15:13

La réaction fut celle attendue par Alaric. Il devait bien admettre qu'il prenait un malin plaisir à torturer ainsi sa jeune collègue, la laissant patauger dans le malaise qu'elle avait instauré en la regardant s'y noyer sans lui tendre la moindre main secourable. De son point de vue, elle l'avait pleinement mérité, en le ramenant directement à la perte de sa chère épouse. Objectivement parlant, elle n'avait aucun moyen de le savoir, et il se contentait de se comporter en bon gros connard comme il en avait l'habitude.

 

- Et moi donc, répondit-il simplement, la douleur cruelle et amère de la perte débordant encore de sa poitrine. 

 

Il laissa donc le silence s'étirer entrer eux, son regard emprunt d'ironie suivant le dandinement gêné qui la parcourait. Plusieurs longues secondes s'écoulèrent ainsi, paraissant durer une éternité. Il se contentait de la regarder en mangeant son croissant, comme pour attendre qu'elle ne lance la suite de la conversation, jusqu'à ce qu'il se décide enfin à la sortir de son bourbier.

 

- Respire, Hilswood, j'suppose que t'avais pas accès à la gazette sur ton île paradisiaque. 

 

Il termina son croissant qu'il fit passer d'une dernière gorgée de café, avant de tapoter son cuir pour l'en délester à peu près des miettes qui s'y étaient déposées.

 

- Paraît qu'on t'a reléguée au placard. Tes p'tites vacances ont pas dû plaire tant qu'ça, reprit-il d'un air soupçonneux.

 

Au Ministère, les rumeurs allaient bon train. Et celle-ci n'avait pas manqué de faire le tour des étages dès lors que Hilswood était réapparue. La seule chose qui différait lorsqu'il s'agissait du département des Mystères, c'était que personne n'avait jamais le fin mot de l'histoire.