Harry Potter RPG

[En Cours]
Ce rêve creux Salle de Divination, vendredi 14 septembre 2125

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don
Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 11/12/2025 à 20:13

- А якщо у вас є термінова проблема, а мене тут немає, сходіть до містера Беккета в бібліотеку. Він високий чоловік із сивим волоссям, завжди в гарному настрої, і він розмовляє російською. Каліно, ти мене слухаєш? (... Et si tu as un problème urgent et que je suis pas là, tu vas voir monsieur Beckett, à la bibliothèque. C'est un grand type aux cheveux gris qui est tout le temps de bonne humeur, et il parle russe. Kalina, tu m'écoutes ?)

 

Devant l'entrée de la salle commune des Gryffondor, accroupi à côté d'elle alors qu'il fourrait divers objets dans le sac de sa petite soeur, Sasha donna une bourrade du coude à la concernée, dont les yeux clairs avaient été subitement captivés par un grand tableau où des cavaliers chargeaient en armure à travers une grande plaine sous un ciel sombre. L'une des vieilles batailles d'Angleterre, certainement, mais ce n'était pas ça qui fascinait Kalina.

 

- Сашо, рама, ти справді думаєш, що вона зроблена із золота? (Sasha, le cadre, tu crois que c'est vraiment de l'or ?)

 

Son grand frère eut un soupir et il déglutit en serrant les dents pour éviter de perdre patience.

 

- Не знаю. Яка різниця? Наскільки я знаю, ти ж не принесеш це додому, grommela-t-il. (Je sais pas. Qu'est-ce que ça change ? Tu vas pas le ramener chez nous que je sache.)

 

Leurs regards se croisèrent. Dans les prunelles de la petite fille, il lut subitement le manque de leur foyer, l'éloignement de leur père et de leur mère. Tout ce que Kalina n'avait pas choisi, et dont ni l'un ni l'autre ne parlait guère. Il se hâta de détourner les yeux et de reprendre.

 

- На п'ятому поверсі є ще більше гарних картин. Я тебе туди відведу. (Il y en a des plus beaux, des tableaux, au cinquième étage. Je t'emmènerai.)

 

Sa voix s'était adoucie, mais l'inquiétude demeurait.

 

- Запишіть домашні завдання, а якщо ви не впевнені, запитайте іншого учня. Грифіндорця чи Гафелпафця. Гаразд? (Note bien les devoirs qu'il y a à faire et si t'es pas sûre, demande à un autre élève. Un Gryffondor ou un Poufsouffle. Ok ?)

 

Kalina secoua la tête en un geste positif, mais il était sûr qu'elle aurait oublié les trois quart de toutes les recommandations qu'il lui faisait d'ici une poignée de secondes. Il l'aida à mettre son sac sur ses épaules - un sac à dos crocheté, gris, avec des fleurs de couleurs vives brodées ci et là. Une oeuvre en décalage complet avec les affaires tendance qu'arboraient les jeunes filles de Poudlard, mais ni l'un ni l'autre ne semblaient y accorder la moindre importance : le sac habillait Kalina d'une façon toute naturelle par dessus sa robe de sorcière un peu usée mais soigneusement repassée d'un sortilège que Sasha lui avait appliqué. Maladroitement, il serra rapidement la petite silhouette contre lui avant de la pousser vers le couloir.

 

- Ходімо, швидше, grommela-t-il, bourru. ти йдеш аж до підземель, сходами праворуч від Великої зали. (Allez dépêche-toi. Tu vas tout en bas aux cachots, par l'escalier à droite de la Grande Salle.)

 

Il ne la regarda pas s'engouffrer avec les autres jeunes Gryffondor qui quittaient la salle commune : il était déjà en retard pour ses propres cours.

 

 

 

 

 

Les cours de Divination se passaient dans une pièce qui n'avait pas grand chose à voir avec les salles de classe auxquels les élèves étaient habitués. Etroite et ronde, la pièce abritait tout un tas de poufs et coussins autour de tables basses et le bureau du professeur était poussé vers un mur, méconnaissable tant il croulait sous des objets farfelus et des documents dont certains avaient une vie propre, à l'image de ce parchemin qui n'arrêtait pas de vibrer à la façon d'un bourdon coincé sous un amoncellement de feuilles de thé éparpillées ça et là. Les élèves qui avaient choisi cette option semblaient sincèrement apprécier la diversité que leur offrait ce cours, et ils étaient pour la plupart déjà installés par petits groupes, à converser avec animation sur ce que leur réservait le programme partagé par les 6ème et 7ème année de Poudlard. L'ambiance était feutrée, les discussions se faisant à voix basse. La professeure de divination partageait quelques anecdotes, un turban coloré enserrant son front et ses oreilles et d'où débordait une forêt de cheveux crépus et noirs.

 

- Bonjour madame la professeure, se fendit poliment Sasha en se glissant dans la pièce - le souffle court et l'attitude mécanique.

 

Il se comportait tel qu'on le lui avait appris, mais on devinait à son air revêche qu'il n'approuvait pas exactement l'endroit. Ou bien peut-être était-ce seulement une différence culturelle qui le conduisait à se comporter d'une manière que les autres jugeaient bourrus.

D'ailleurs, Sasha n'était pas exactement le partenaire de premier choix lorsqu'il s'agissait d'exécuter les travaux de l'école. Il le savait pour une raison très simple : quand on leur sommait de se mettre en groupe, tout le monde évitait son regard. Il s'enfonçait généralement dans sa mauvaise humeur et faisait son travail tout seul, si toutefois on l'y autorisait.

 

Sans surprise, le cours de Divination ne faisait pas exception : déjà la professeur annonçait d'un ton claironnant qu'ils étaient tous réunis et que, par conséquent, ils pouvaient commencer le cours et se mettre par paires. Sasha écoutait d'une oreille en se laissant tomber dans l'un des poufs. Il sentit son séant absorbé vers le sol et instantanément, ses paupières devinrent lourdes. Il s'efforça de les garder soulevées, avec peine.

 

- ... découvrir avec enthousiasme le programme d'Oniromancie avancé ! dit la professeur, enthousiaste, qui s'était levée au milieu de la pièce, agitant les bras et avec eux, de multiples châles usés qui pendaient autour d'elle en lui donnant l'allure d'un fantôme portant hurlecharpe sur hurlecharpe. L'étude des rêves est un sujet hautement délicat et il est souvent impossible d'avoir un recul sur ses propres productions internes. Aussi est-il essentiel d'obtenir l'interprétation d'un tiers et c'est ce que vous allez faire aujourd'hui. Mettez-vous par deux, et commencez donc par partager vos rêves les plus fréquents l'un à l'autre. Il va de soi que vous devez prendre des notes pour pouvoir identifier des patterns dans le symbolisme généré par le cerveau de votre partenaire. Par exemple, s'il rêve d'un chupacabra régulièrement...

 

Sasha soupira. Dans la pièce, des paires s'agençaient, des murmures s'échangeaient. On tirait son pouf pour se rapprocher de son voisin, on sortait plume et encrier ainsi qu'un parchemin à poser sur ses genoux. Sasha préféra rester silencieux, attendant le malheureux élève qui n'aurait pas réussi à se caser avec quelqu'un et qui, par conséquent, serait l'élu pour être désigné d'office avec lui.

Rapidement, la personne en question se révéla : c'était une jeune fille qui n'avait personne à côté d'elle, et Sasha posa sur elle un regard étonné.

 

Il n'avait jamais vu cette fille.

 

Mais puisque c'était elle, il fit l'effort de déplacer son pouf jusqu'à ses côtés. Le raclement sembla agacer légèrement la professeur qui lui jeta un regard d'avertissement, puis elle reprit.

 

- Le symbolisme d'oniromancie supérieure peut être décrypté à l'aide de votre ouvrage Les Profondeurs du Sommeil d'Anita Padormi, qui vous aidera à positionner les rêves de votre partenaire dans la Classification des rêves magiques communément admise dans...

- Sasha, annonça le Gryffondor à voix basse à sa partenaire, anticipant la fameuse question qui, certainement, devrait débuter leurs échanges.

 

 

Solange Valombre

Femme

17 ans

Sang pur

Française

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 12/12/2025 à 06:19

Je le regarde approcher, traînant son pouf comme si le sol lui résistait. Curieuse. Voilà le mot. Je ne pensais pas me retrouver seule aujourd’hui,  pourtant c’est presque un soulagement quand il se plante devant moi et murmure son prénom, comme s’il m’offrait un mot de passe pour entrer dans son monde. Je redresse un peu mon dos contre le coussin, ajustant machinalement la manche de ma robe noire dont la dentelle pend au poignet. Je ne me considère pas vraiment goth, mais allez dire ça aux autres : cape sombre, cheveux trop noirs, livres d’histoire trop lourds. Ça crée une réputation.

Je lève les yeux vers lui, ce dénommé Sacha, et je sens un sourire léger effleurer mes lèvres. Au vu de son accent, ça devait être un jeune qui arrivait ici pour fuir la guerre. Encore un. 

 

- Solange, soufflais-je à mon tour.

 

Ma voix est douce, et je me rends compte que je parle un peu plus bas que la moyenne, comme toujours. Trop de temps passé dans les bibliothèques à chuchoter. L’ambiance feutrée de la salle me va bien, à dire vrai ; les rideaux chargés, l’encens, l’impression qu’on flotte dans un rêve. Ça change de l’austérité des salles d’Histoire de la Magie, même si je préfère mille fois les parchemins poussiéreux aux feuilles de thé qui s’agitent toutes seules. Je tire mon pouf un peu plus près du sien, un geste sans brusquerie. 

 

- On dirait que c'est toi et moi , dis-je avec un léger haussement d’épaules. Ça me va.

 

Je sens dans sa posture quelque chose de… crispé. Comme un chat qui n’a pas encore décidé s’il devait vous griffer ou vous tolérer. Alors je continue, pour rompre la glace, et aussi parce que la professeure continue de parler de chupacabras oniriques en agitant ses châles comme un spectre hystérique. 

 

- Tu veux commencer ? Ou je m’y colle ? Une petite lueur amusée passe dans mes yeux. Pour moi, raconter des rêves étaient très intime. Mais je préférais le prendre différemment. Comme un jeu sérieux. Pour me détendre. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don
Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 16/12/2025 à 08:15

So-lange.

 

Le prénom avait des sonorités qu'il n'avait jamais entendues avant - en tout cas ni à Poudlard, ni chez lui. Sasha dévisagea un instant sa partenaire pour le cours : des yeux verts comme les siens, mais c'était tout ce qu'ils avaient en commun. La peau pâle alors qu'il avait le visage tanné par le soleil et les vents extérieurs ; les cheveux noirs et fluides alors que sa propre tignasse était épaisse, emmêlée et claire ; les doigts fins et propres, habitués à une écriture probablement délicate et rapide quand ses mains étaient épaisses et marquées de cicatrices noires indélébiles qui leur donnaient un air un peu sales ; une posture rigide d'élève organisée quand il était avachi dans son pouf à la façon d'un phoque échoué sur la plage.

 

Subrepticement, il se redressa un peu, et se concentra sur le parchemin qu'il déroula sur l'un de ses genoux. Avec son écriture de gaucher malhabile, en pattes d'oie peu lisibles, il se mit à inscrire le nom du cours et le thème du jour en fronçant les sourcils.

 

- J'préfère que tu commences, grommela-t-il à voix basse, sa voix grave se glissant parmi les grattements de papier et le murmure des conversations de leurs voisins.

 

La classe semblait prendre l'exercice avec beaucoup d'enthousiasme. Il fallait dire que la professeure était plutôt appréciée et offrait généralement aux élèves une variété d'exercices qui donnaient peu l'impression d'étudier : boire du thé et discuter les feuilles restées collées au fond de la tasse, lecture et écriture d'horoscopes à partir d'observations des constellations à la fin du jour, ou encore observation d'une boule de cristal professionnelle, tout paraissait distrayant aux élèves lorsqu'il venait dans cette salle de classe particulière. Pour sa part, Sasha s'était tenu en retrait, paraissant ennuyé de ces activités qui ressemblaient peu à celles d'une école de magie ordinaire. Et le cours du jour ne lui semblait guère bien différent.

Il laissa échapper un soupir que la professeure remarqua malheureusement. Elle posa sur lui un regard sévère à travers ses petites lunettes carrées, et Sasha prit un air innocent.

 

- Monsieur Shevchen, vous avez quelque chose à dire ?

- Hum, non. J'ai... Je ne me souviens juste jamais de mes rêves, répondit-il avec son accent slave qui se trahissait dans l'intonation de ses mots.

- Ah-ah, fit-elle, soudain compréhensive. C'est en effet un exercice qui demande de l'entraînement. D'ailleurs, s'adressa-t-elle à l'assemblée en jetant un regard circulaire qui interrompit les conversations, vous devrez chacun, pendant tout le mois suivant, tenir un journal onirique. C'est à dire, noter par écrit chaque matin vos souvenirs de vos rêves. Ce sera votre base de travail avec votre binôme pour les prochaines séances.

 

Sasha baissa les yeux sur son parchemin, la mine un peu déçue, tandis que les murmures feutrés des discussions reprenaient. D'une main, il sortit l'ouvrage mentionné par la professeure un peu plus tôt : son exemplaire était abîmé, les coins pliés et usés, et quelques pages se détachaient pauvrement. A côté, celui de Solange paraissait en parfait état, comme si elle en avait pris un soin particulier. Il tâcha de ne pas faire attention à ce détail : il utilisait du matériel d'occasion depuis plus d'un an maintenant et s'était habitué à voir la différence entre ses affaires et celles des autres. Il reporta son attention sur So-lange. Son regard s'attarda un instant sur la chaîne suspendue au cou de la jeune fille, puis son maquillage sombre, presque dissuasif en comparaison de la façon dont se paraient les autres filles.

 

- Je suis prêt, annonça-t-il, un doigt marquant la page de l'index des symboles dans Les Profondeurs du Sommeil. Tu rêves de quoi ?

Solange Valombre

Femme

17 ans

Sang pur

Française

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 10/01/2026 à 10:17

Je sentais l'excitation flotter dans la classe. Une ambiance feutrée, mêlée de petites touches électriques. Le cours en lui même semblait être un sujet intéressant. Nos rêves étaient-ils prophétiques ? Étaient-ils le reflets de nos désirs enfoui ? Et pour ceux qui se souvenaient jamais de leurs rêves... Pouvaient-ils simplement trouver les réponses à leurs questions ? Je n'en savais rien. Je me contentais simplement de rêver, sans chercher à connaître réellement les réponses et les symboles. C'était un secret de mon inconscient que j'osais pas ouvrir. Une boîte de pandore dont le coffre de pudeur allait bientôt s'ouvrir pour un autre camarade. Je soupire légèrement. Non que cela m'ennuyait, mais ouvrir mon coeur à l'inconnu ne me plaisait guère.

 

- Soit.  *Je repose mon parchemin et ma plume, pour tenter de me remémorer mes rêves de la nuit passée. J'en avais deux. Deux qui me semblaient aussi clairs que de l'eau de roche parmi le reste que ma tête avait préféré oublié, croisent mes doigts entre eux, retourne mes bras et fait craquer en douceur mes phalanges. 

 

- J'ai rêvé que j'étais sur la berge d'un canal. Allongée. Une pierre s'est glissée de ma poche crevée. Et elle a roulé, roulé, roulé encore et encore. Mais plus elle roulait, plus elle grandissait, dans s'arrêter. Elle passait à travers les champs et les maisons pour au final dépasser les toits. Mais elle n'a jamais cassé ou blessé quoi que ce soit. Elle a juste... Suivi sa route encore et encore. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue par la suite.  Mes doigts glissent de nouveau sur le parchemin, et je baisse la tête, un peu confuse. Les joues légèrement chauffé par l'intime que j'avais soufflé. J'espérais ne pas connaître la réponse à un tel rêve. Tenir un journal onirique... Pour partager les choses avec les autres, c'était... De la pure perversité. Je n'aimais pas cela. Mes doigts se glissent dans les cheveux et je regarde ailleurs, le temps que le jeune slave en face de moi essaie de décortiquer les rêves comme le chirurgien décortique un patient lors d'une opération. Le corps n'était pas simplement mis à nu. Il y avait les muscles, la chair, l'être entier. Même l'âme ne pouvait échapper à la magie. 

 

- Si tu ne trouves rien,.j'en ai un autre plus commun. Je vole simplement en pleine tempête, parmis la pluie et les éclairs. Et je n'ai pas peur. Et puis, là, ce serait peut être plus facile a trouver et un rêve moins.... Bizarre pour moi et pour les autres. Plus commun. Et on en parlera plus. 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don
Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 17/01/2026 à 12:46

Sasha avait écouté attentivement le premier rêve, ses yeux attentifs braqués sur la jeune fille aux cheveux sombres. Elle avait baissé le regard comme par pudeur, mais le Gryffondor ne comprenait guère ce qui était intime dans ce rêve somme toute un peu absurde. Par son aspect incompréhensible, il paraissait banal à Sasha, mais ce n'était visiblement pas le cas de l'élève, qui proposait déjà un autre rêve sur lequel travailler. Sasha secoua la tête, tout en finissant de recopier les quelques mots qui résumaient le premier rêve proposé par Solange.

 

- Non, non, on va faire avec ça, c'est sûrement bien, approuva-t-il, et il se mit à feuilleter le livre. Canal...

 

Il n'y avait rien à Canal. Le mot n'existait pas dans l'index. Il se mit à feuilleter l'ouvrage en fronçant les sourcils, ses mains courant entre les pages - le dos de celles-ci portaient des cicatrices noires indélébiles, disgracieuses, qu'il ne prenait pas la peine de dissimuler, comme s'ils les avaient oubliées.

 

- Ah ! Bon, il y a quelque chose à Eau, ça devrait faire l'affaire. "Dans les rêves, l’eau est le miroir de l’état émotionnel du rêveur. Il faut prendre en compte l'état de cette eau", lut-il à voix haute. "Par exemple, un torrent traduit un état d'esprit conflictuel". Mmh... Il était comment ton canal ? Calme ?

 

Sasha releva les yeux un bref instant, avant de feuilleter à nouveau l'ouvrage aux pages un peu cornées. Une tâche (probablement du café) mangeait la page sur laquelle il s'arrêta, se souciant visiblement peu de devoir déchiffrer à travers des traces marrons un peu collantes.

 

- A "Pierre", il y a : Caillou. "Le caillou représente ce qui est solide, immuable ou persistant. Il peut représenter un fardeau (porter un caillou) ou un obstacle plus ou moins gros (un caillou dans une chaussure peut être une irritation)." Alors, dans ton cas, ce serait un gros obstacle qui...

 

Il tourna une page, fit courir son index balafré et l'arrêta sur le mot "Mouvement".

 

- "Le mouvement est un symbole puissant de transformation et de rapport au temps. Si le rêveur marche ou court, c'est lui qui provoque la transformation. Si le mouvement est subi, il subit des transformations."

 

Sasha retint la page d'un doigt en refermant le livre, pour mieux libérer un peu de place pour son parchemin, sur lequel il gribouilla quelques mots.

 

- Alors c'est un gros obstacle qui évolue dans ta vie, sur lequel tu n'as pas de prise, et qui prend de plus en plus de place dans ton inconscient, symbolisé par le canal. Je dirais que ton état d'esprit c'est que tu canalises l'émotion que cet obstacle provoque malgré tout.

 

Sasha releva la tête, écartant son buste en arrière comme pour mieux voir ce qu'il avait écrit, visiblement assez satisfait de lui-même.

 

- Ca colle ou pas ? demanda-t-il à Solange, au moment où la professeure s'approchait d'eux.

 

Elle se pencha par-dessus l'épaule du Gryffondor, pour mieux essayer de lire ce qu'il avait écrit, mais elle dut froncer les sourcils et se concentrer pour déchiffrer son écriture en pattes d'oie.

 

- In-té-res-sant, égrena-t-elle de sa voix haut perchée. Vous êtes doué, monsieur Shevchen...

 

Sasha la regarda subitement avec des yeux ronds comme des soucoupes. C'était bien la dernière matière dans laquelle il s'attendait à un compliment.

 

- ... mais votre interprétation gagnerait à être affinée. Vous avez noté : "caillou = obstacle". C'est vrai qu'un caillou représente la persistance, mais pas nécessairement un obstacle. Vous ajoutez un biais négatif, monsieur Shevchen, alors que la pierre roule sans violence. Il me semble que cela indique plutôt une expansion neutre, pas forcément menaçante.

 

La professeure se pencha un peu plus vers eux, écarquilla les yeux comme pour les impressionner.

 

- Probablement une chose intérieure devenue trop grande pour rester cacher, murmura-t-elle à Solange tandis que Sasha essayer d'éviter de se noyer dans les châles fluides de la professeure.

 

Au soulagement du Gryffondor, celle-ci s'éloigna ensuite rapidement, intéressée par l'interprétation d'un autre élève. Sasha soupira, masquant une vague gêne par un sourire moqueur. Il imita tout bas le ton de l'enseignante.

 

- Fais attention à ta chose intérieure, y'a un bout qui dépasse.

 

Mais ensuite il se souvint que les filles ici interprétaient toujours bizarrement ses blagues alors il redevint sérieux.

 

- Bon, alors à mon tour je suppose...

 

Hors de question de révéler un de ses véritables rêves. Il pouvait bien en recycler un vieux, si la technique de dire qu'il avait oublié ne fonctionnait pas. 

 

- Je me souviens qu'une fois, j'ai rêvé que je m'occupais d'un veaudelune qui mettait bas, mais il faisait tellement de petits que j'arrivais pas à les récupérer assez vite, et du coup ils tombaient par terre et s'enfuyaient, raconta-t-il en haussant les épaules.