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Retrouvailles entre scorpion et mygale Dans la salle principale, jeudi 11 octobre 2125

Accueil En dehors du Château Pré-au-Lard Les Trois Balais Retrouvailles entre scorpion et mygale
Neith Ptahchepsès

Femme

16 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 07/01/2026 à 22:25

w/ Nepthys Ptahchepsès

 

Neith était lasse de la morosité ambiante et des paysages britanniques grisâtres. Elle se demandait parfois ce qu’elle était venue faire loin des siens, sur ce continent étrange et étranger où les élèves avaient besoin de bouts de bois pour apprendre leurs gammes et qui servait une nourriture si fade qu’elle lui retournait le cœur. La jeune sorcière grinça des dents en descendant sur la route conduisant de l’école de sorcellerie au charmant village de Pré-au-Lard. Tu parles. L’air était humide et même le soleil, ici, semblait malade. La jeune sorcière lança un regard assassin à trois élèves de Gryffondor en train de s’esclaffer un peu trop proche de ses oreilles. Leurs manières l’exaspéraient, elle préférait tracer sa route, seule.

 

Ce n’était pourtant pas la première fois que Neith quittait son Égypte natale, Uagadou non plus n’avait rien d’un foyer. Elle ne parvenait cependant pas à se départir du goût amer de se sentir déracinée au milieu de cet occident sans saveur. La jeune sorcière grimaça en accélérant le pas ; il était hors de question qu’elle arrive en retard à son rendez-vous avec celle qui l’avait attirée jusqu’ici : Nepthys Ptahchepsès. Peut-être son aînée allait elle lui confier pourquoi elle avait choisi de quitter la douceur des plaines de sable brûlant pour venir s’enterrer dans ce trou à rat.

 

Le village finit par se dessiner sous les yeux de la jeune femme. C’était la première fois qu’elle y posait les pieds. Elle sonda la zone d’un œil critique avant de s’y engouffrer d’un pas ferme. Neith était en sixième année, elle aurait pu déjà à de nombreuses reprises tenter d’explorer ce nouveau territoire, mais cet intérêt ne s’était pas déclaré. Si elle était venue jusqu’en Angleterre c’était pour apprendre, pas pour flâner. Neith jeta un coup d’œil à sa montre avant de se rendre compte qu’elle était en avance de vingt bonnes minutes. Elle serra les dents et décida tout de même de s’engouffrer dans le bar convenu, Les Trois Balais, encore un nom idiot. La jeune sorcière s’installa à une table sans un regard pour les autres clients. Elle sortit de son sac un vieux livre et le posa délicatement avant de s’y plonger avec passion. L’odeur des vieilles pages rugueuses qui glissaient sous ses doigts ornés de multiples bagues lui offrit un frisson de plaisir et calma quelque peu sa nervosité. Depuis combien de temps n’avait-elle plus vu Nepthys ? Que pouvait bien penser l’héritière du clan de sa venue ? Neith se sentit brusquement fébrile, saurait-elle se montrer à la hauteur de son aînée ?

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 08/01/2026 à 06:26

Retrouvailles entre Scorpion et Mygale 

 

 

Le vent s'enfouffrait dans mes cheveux avec une telle vélocité que les mèches fouettaient mon visage glacé. Les nuages étalaient leurs ombres sur le sol humide, faisant de ce paysage lugubre une belle carte postale gothique. Je n'avais jamais vraiment apprécié le climat britannique. Et il ne m'a jamais réellement adopté non plus parmi les siens. J'expire. Le nombre de thé que j'avais dû faire, lors de mon arrivé, pour tenter de réchauffer ce corps habitué à un temps plus sec et chaud. Il se comptait en milliers. Peut-être plus encore. J'étais tombée malade plus d'une fois en tentant de conquérir ce temps infâme. Mais il fallait bien l'admettre qu'il est difficile de dompter le froid, s'approprier la tempête, et manipuler le sauvage. J'étais de cette même trempe. 

 

Mes talons claquent contre les pavés de Pré-Au-Lard. Je n'avais pas foulée le sol de cet endroit depuis près de vingt ans je crois. Mes souvenirs en ces lieux me paraissaient troubles, mais une impression d'inchangé me vint toutefois lorsque j'aperçois ces toitures vertigineusement courbées, comme des chapeaux pointus passés de mode. Mais alors que fait la grande Nephtys Ptahchepsès dans ces lieux improbables, me diriez vous ? Rejoindre l'engeance, je répondrais. La jeunesse suivait les mêmes pas que les miens. Ambition, mariages forcés, alliances stratégiques, j'étais devenue ce que j'avais voulu fuir il y a si longtemps déjà. Loin du sable, des épices parfumées, et des miens. Et c'était à mon tour maintenant de devenir la cage qui retenait les élans de liberté de la jeunesse incarnée. 

 

J'ouvre enfin cette vieille porte de bois. Les sons étouffés comme sous une cloche de verre, m'eclatent aux oreilles. Chaleureux, vivant, les habitants de Pré-Au-Lard étaient le contraire du lieux-dits qu'il aimaient tant. Chaleur, alcool, compagnie et bruit faisait l'adage de cette auberge. Refuge des jeunes étudiants qui espéraient trocquer leurs livres contre une belle choppe de bierraubeurre chaude. Au fond, je reconnu un visage, un peu plus mat que les autres. Un peu plus cuivré. Un visage qui sentait bon le chez nous. Je m'avance. Voilà bien quelques années que je ne l'avais revue. Elle avait grandi, et elle était devenue la jeune femme dont l'âge coïncidait avec celui que j'avais à mon arrivée seule, sur ces terres inhospitalière pour deux égyptiennes comme nous. 

 

- Bien le bonjour Neith. 

 

Je parlais évidemment dans la langue de mon pays d'emprunt. Une main sur l'épaule de la jeune femme avant de m'asseoir. Les signes de démonstration d'affections, si affection il existait dans notre clan, étaient limités. Nous ne montrons aucun signe de faiblesse. Mes yeux chiastolite traversent les siens, intense, scrutateurs, et se posent sur le lourd ouvrage qu'elle tenait dans ses mains. Satisfaction dans mon regard. Elle n'avait pas trocqué son livre contre la boisson. Elle prendrait, comme moi, les deux. 

 

 

Neith Ptahchepsès

Femme

16 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 08/01/2026 à 17:41

De trop nombreuses pensées tourbillonnaient dans la tête de la jeune égyptienne qui ne parvenait pas à se concentrer. La discipline, c’était pourtant son truc ; suivre les ordres, se contraindre même quand la météo, l’humeur, l’envie n’étaient pas au rendez-vous. Elle savait qu’elle existait pour quelque chose de plus grand et, aujourd’hui, il prenait les traits de sa cousine. Neith se mordit la lèvre pour tenter de s’ancrer un peu plus dans son corps. Ces réflexions ne la menaient à rien. Une tâche à la fois, son rendez-vous arriverait bien assez tôt.

 

Bien le bonjour Neith. La jeune femme se redressa un peu plus brusquement qu’elle ne l’aurait voulu tandis que Nephtys pressait un fragment de seconde sa main sur son épaule. Elle retint une furieuse envie d’enlacer sa cousine dans ses bras pour récupérer quelques brins d’une chaleur qui lui manquait sur ces terres hostiles. Elle avait passé l’âge des démonstrations et des enfantillages et tenait à le prouver : Neith n’était plus la gamine capricieuse que Nephtys avait laissée derrière elle. À tout juste seize ans, elle se voulait être un véritable pilier et une alliée sur laquelle on pouvait compter. Elle tenta ainsi de dissimuler sa nervosité en refermant délicatement l’ouvrage qu’elle avait entrepris de consulter pour patienter quelques minutes.

 

Je suis heureuse de te revoir, avoua-t-elle néanmoins. La sorcière aurait aimé s’étaler un peu, lui raconter le froid, la tristesse, la morosité des pierres grises et des collines brumeuses. La salle commune de la maison Serpentard dont elle faisait désormais partie était située près des cachots, sous un vaste lac qui lui donnait le mal des cimes de son ancienne école. Comment s’élever lorsque l’on vit comme un ver de terre ? Cet animal, le serpent, ne l’inspirait pas du tout, elle se sentait différente des sangs purs qui arpentaient les dortoirs verts et argents telle une élite héréditaire et hiérarchisée à laquelle elle restait étrangère. Contrairement à ses camarades, elle ne tirait aucune gloire d’une prétendue renommée de cette maison dont elle ne descendait pas. Chez elle, rien n’était acquis, sang pur ou non, il fallait mériter sa place.

 

Nephtys, merci d’avoir fait le déplacement, Neith choisissait soigneusement ses mots, mais elle gardait la désagréable impression de parler pour ne rien dire. Elle aurait aimé discuter dans sa langue natale, mais suivit le choix de sa cousine sans broncher. Celle-ci devait avoir ses raisons. Je ne suis pas certaine d’avoir fait le bon choix en venant ici. La jeune sorcière retint sa respiration quelques instants. Je m’efforce de puiser dans cette école ce que je peux mais… J’ai l’impression de ne pas être sur la bonne voie. Ce cruel aveu fit retenir une grimace à la jeune fille qui n’aimait pas se montrer vulnérable. Mais elle avait confiance en l’héritière du clan plus qu’en elle-même. Nephtys saurait la conseiller. Ici, la nouvelle Serpentard se sentait amputée de tout, il lui manquait quelque chose, j’ai besoin de conseils, elle avait besoin du clan, j’ai besoin de toi. Le regard intense de son aînée troublait Neith tandis qu’elle tentait de garder contenance. À nouveau face à un éminant membre du clan, la jeune sorcière se rendait compte de l’insignifiance de tous les sorcières et sorcières aux alentours. Neith aurait tué son propre père pour Nephtys.

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 09/01/2026 à 06:52

Je note son léger accent.  Elle se débrouille mieux que moi à son âge. Elle arrive mieux à le dissimuler derrière cette langue qui ne nous était pas natale. Sa posture droite, et son regard marquent sa  nervosité. Dans un sens ça me plaisait. Le clan ne m’avait pas oublié, loin de là. Sinon, j'aurais été obligée de rappeler qui j'étais, et elle aurait été mon messager, et ce n'était absolument pas le but de ma venue ici, loin de Londres. 

 

- Je suis heureuse de te voir aussi. Soufflais-je sans un quelconque sourire. Ils se faisaient rare, bien que mon cœur se réchauffait en sa présence. C'était étrange. Devant un membre du clan, je prenais très vite la posture de l'héritière, port altier, élégance du corps, et noblesse de l’esprit. Je grandissais plus encore. Simple réflexe d'une princesse devant ses sujets. En vérité, je ne m’attendais pas du tout à son arrivée sur le sol inhospitalier du Royaume-Uni. Bien sûr que j’avais pris la charge de son éducation, mais je pensais qu'il ne serait que épistolaire. Il fallait avoué que la jeunesse me vouaient un élan de loyauté contrairement aux plus anciens qui suivaient le Patriarche et son héritier de coeur : son premier frère Selim. Islem n'était que son cadet. Le puîné qui n'avait que de fonction de se marier avec une sang pur et lui faire des enfants.  Un choix et un destin qu’il avait également voulu pour moi. Et que je refusais toujours. 

 

J'étais la Princesse Ptahchepsès et je règnerai pour changer les choses. Les jeunes derrière moi. La nouvelle génération de femme qui n'était plus que des vaisseaux à héritier, mais qui avaient leur place dans les décisions et les affaires de la famille. Alors, je continuais d'écouter attentivement cette jeunesse encore perdue. Ils manquaient de cran face à l'inconnu, d'expériences, mais ne manquaient pas de volonté, ni de loyauté. 

 

- Tu es un scorpion parmi les rampants Neith. En plus du poison, tu as les pinces. C’est normal si tu ne te reconnais pas parmi ceux qui te sont inférieurs. “Un reptile ne fait pas l’espèce”. Gonfler l'égo, certes, mais c'était aussi une citation de chez nous. Nous avions du sang de vizir, de royauté. Nous avons fait des pharaons, des guerriers, des médecins, des prêtres plus importants et célèbres les uns que les autres. Nous étions la plus vieille famille de Sang Pur connue dans le monde. Et pour ça, nous avions nos responsabilités. Nos devoirs. Nos sacrifices. Mes iris clairs et dorés ne quittent pas les siens, m'assurant que chacun de mes mots se gravent dans sa mémoire, pour ne pas qu'elle oublie d’où elle vient, mais surtout qui elle était. 

 

- En venant ici, tu démontres au clan que tu es capable de voler de tes ailes. De devenir une femme accomplie et non-celles qui restent dans leurs quartiers pour éduquer leurs enfants. Le plus important Neith, c'est que tu saches ce que tu veux. Être dans le confort du sable et des épices ? Ou venir dans le froid pour devenir plus que cela ? Mon ton est plus dur. Elle avait besoin de conseils. Besoin de cadre. Et j'étais évidemment là pour elle. C'était à moi de m'occuper de la future génération de femme. A moi de leur montrer qu'il existait d'autres chemins. Alors.. était-elle un scorpion ou un serpent ? Peut être un crocodile qui gardait ses œufs au chaud sur la berge du Nil. Sethi, mon père, avait beau être autoritaire, un dictateur hors pair et un homme respecté et craint, il n'était qu’un vieux crocodile qui ne quittait pas la chaise de son bureau. Mais ce n'était pas ça régner. Pour moi, le souverain, c'est celui qui porte les autres, et non qui se laisse porter. 

 

- Prends garde Neith. Je ne te laisserais pas devenir autre chose que le Scorpion. 

 

Je l'observe encore un long moment avant de lâcher un faible sourire. Dans mon langage, cela signifiait que je lui serait loyale aussi. Ça allait dans les deux sens. Je ne la laisserais pas tomber dans les nids des serpents. Je l’eleverai plus haut encore. Mais pour comprendre notre rang, il fallait bien se salir les mains. Plonger dans la fange. Mener les troupes, mériter son titre. Devenir... la reine des serpents.

 

 

 

Neith Ptahchepsès

Femme

16 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 09/01/2026 à 21:33

Je suis heureuse de te voir aussi. Neith se décrispa un peu en entendant les mots de son aînée. Il y avait quelque chose chez cette femme qui l’inspirait profondément, assez pour lui avoir donné l’élan de laisser les siens derrière elle et de s’engager dans l’inconnu. Nephtys s’était envolée au même âge, à l’époque, Neith n’était qu’une bambine pleurnicharde enfouie dans les jupes de sa mère, pas même encore reconnue par Islem. Elle avait grandi en entendant parler de la jeune femme comme d’une héroïne de conte, à la fois clivante et captivante. Il n’était dès lors pas étonnant qu’elle ait choisi de tenter de suivre le chemin de sa cousine, la première à avoir tracer sa route vers l’occident, chamboulant d’un même mouvement quelques traditions misogynes bien établies.

 

Nephtys savait manier les mots. Chaque phrase prononcée à destination de Neith lui rappelait avec une clarté sans équivoque ce à quoi elle échappait en faisant ce voyage. Comme la quasi-totalité des membres de son clan, elle avait été fiancée très jeune à un parfait inconnu dans une optique politique, mais l’idée de se retrouver bien trop rapidement avec des bébés dans les bras à élever en prenant le risque que leur père choisisse tout bonnement de ne pas les reconnaitre à leur sixième anniversaire la faisait grimacer. Neith gardait une image bien trop précise de ses nuits d’enfance remplie de cauchemar où Islem refusait de la prendre dans ses bras. Quel enfant ne finirait pas névrosé suite à un pareil traitement ? La jeune sorcière savait que son aînée avait connu des souffrances éminemment plus atroces. Elle n’était pas née quand Tzipporah avait brutalement été assassinée, ce qui n’avait pas empêché les gens de continuer à murmurer des choses à ce sujet bien des années plus tard.

 

Être dans le confort du sable et des épices ? Ou venir dans le froid pour devenir plus que cela ? Neith hochait la tête face à la leçon de féminisme de Nephtys qui lui rappelait des fondamentaux que le froid anglais semblait avoir fait geler dans son crâne. La nouvelle serpentarde compris subitement que son envol n’était pas à seule destination de Nephtys ou du clan, non, en réalité, elle participait activement à sauver sa peau, son corps et son esprit. Cette soudaine impression de liberté lui donna tout à coup le vertige alors qu’elle se rendait compte de ce que sa solitude impliquait, mais elle redescendit rapidement. Elle n’était pas ici pour flâner. Chacun de ses pas, chacun de ses mots étaient aussi soumis à un devoir de représentation et une fois de plus, la jeune Égyptienne sentit sur ses épaules le lourd poids de la tradition. Prends garde Neith. Je ne te laisserais pas devenir autre chose que le Scorpion. 

 

Nepthys avait le regard dur. Ses phrases, pourtant aiguisées, ne blessaient pas la jeune sorcière qui connaissait la portée et l’engagement de ses paroles. L’héritière se tiendrait à ses côtés ou plutôt était-ce l’inverse : Neith serait son ombre. Et je serai à la hauteur, conclut la jeune sorcière avec un sourire malicieux. Elle ne savait pas par quel miracle ce clan meurtri et traumatisé tenait encore debout, comme si la froide distance et la cruauté pouvaient réellement renforcer une cohésion d’ordre familial. Non, cela n’aboutissait qu’à laisser sur le trône des sociopathes comme Sethi. Neith se sermonna intérieurement de son parjure avant de reporter toute son attention sur son interlocutrice. Je te dois beaucoup, affirma-t-elle, nous sommes nombreux à croire en toi. L’adolescente attrapa une carte de l’établissement pour commander un thé. La pression semblait être retombée de deux crans à l’intérieur d’elle-même. Bien qu’impressionnante, Nephtys était une alliée et un guide, deux étiquettes qui ne pouvaient que rassurer sa cousine. Je suis aussi venue pour toi, Nepthys. Si tu as besoin d’yeux et d’oreilles à Poudlard ou si je peux t’être utile de quelque façon que ce soit… Neith y allait peut-être un peu fort avec ses affirmations, mais elle voulait que le message passe. Il était hors de questions que son empoté d’oncle prenne la place de son héroïne ; elle mettrait tout en œuvre pour permettre l’avènement du règne de Nepthys. Elle avait tout à y gagner. Je ne suis plus une enfant, ajouta-t-elle pour renforcer ses paroles précédentes. Tu bois quelque choses ?

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 11/01/2026 à 14:06

Mon regard d'onyx et d'or s'attarde sur ses mains encore douces et propres qui se saisissent de la carte des lieux, en silence. J'écoutais tout en mesurant le chemin que j'avais parcouru. Les mains qui se hâtent trahissent l’impatience ou la peur. Les siennes sont calmes, presque appliquées. Elle apprend. Elle observe. C'est une bonne chose. Mais son audace était encore trop vif. Elle blesserait l'arbre qu'elle voudrait tailler. Autour de nous, le brouhaha de l’auberge continue, vulgaire et chaleureux à la fois. Ils ignorent tout de ce qui se joue ici, ils ignorent le serment invisible qu'elle était en train de me formuler de sa bouche encore bien innocente. Je fronce les sourcils. Mon regard était toujours aussi dur. Je n'étais pas fâché de savoir qu'elle voulait être utile. Non. Ce qu'il m'agaçait dans cette jeunesse, c'est qu'ils semblaient parler avant de réfléchir et agir avant d'avoir peser les sacrifices. Ce n'est seulement qu'après un malheur qu'ils comprennent. La mort de Tzipporah m'avait donné une leçon. La sienne, serait sûrement Islem, ou pire, Ahmès. Certains n'en se relevaient jamais. Je sentais une désagréable sensation au niveau de ma poitrine. Comme un poids qui me rappelait, que moi aussi, j'avais fait la même erreur à son âge. Mon regard glisse sur les murs, sur les poutres sombres, sur les visages sans importance. Aucun d’eux ne comprendrait. Aucun d’eux ne survivrait à ce que nous appelons, nous, une éducation.

 

- Un café, dis-je enfin. La boisson n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est ce que l’on échange autour. Le thé, le café, l'alcool... ce n’étaient que des prétextes civilisés pour parler de guerre, d’avenir et de trahisons possibles. Je reviens à elle, lentement, pesant chaque mot avant de le laisser franchir mes lèvres. Elle parle d’yeux, d’oreilles, d'espionnage, de recherche d'informations. Je souris. Légèrement. Mi-amusée par sa sincérité. Elle veut prouver qu’elle n’est plus une enfant. Tous les jeunes disent cela. Peu comprennent ce que cela implique réellement. Et Poudlard. Que ferais-je d'informations sur des adolescents dont la seule préoccupation c'était les hormones et le nom de famille ? 

 

- Être utile n’est pas un jeu, dis-je enfin. Ce n’est ni glorieux, ni propre. Tu verras des choses qui te déplairont. Tu entendras des vérités que tu ne pourras pas répéter. Et parfois… tu devras te taire quand ton instinct te hurlera de parler

 

C'était vrai. Je l'avais appris trop tard. Une fois que mon père m'ait envoyé la tête de ma même, transformée en tête réduite magique. Avec un petit mot : "N'oublie pas. N'oublie pas, personne n'est intouchable". J'avais envie de hurler. De crier. De le tuer. Mais j'avais ravaler mes larmes. Ravalé ma fierté. Ravalé mes sentiments. Je n'avais pas accepté. Mais je savais que ma totale soumission ne serait qu'éphémère. Un jour, moi aussi, je ferais de lui un masque difforme et vulgaire. 

 

- Si tu choisis cette voie, alors fais-le avec intelligence. Mon regard glisse un instant vers la fenêtre, vers ce ciel bas, malade, qui écrase cette terre depuis des siècles. J’ai payé cher mon exil, mais il m’a forgée. Peut-être en ira-t-il de même pour elle. Pour le moment, apprends tout ce que tu as besoin de savoir. Entraîne toi. Observe. C'est à ça que sert une école, n'est ce pas ?. Le pouvoir, c'était aussi le contrôle de soi. Savoir quand se montrer. Quand se taire. Quand ouvrager et quand se plier. Mon regard plonge plus profondément dans les siens, et ma main viens se glisser sous son menton pour le relever vers moi. 

 

- N’offre jamais ta loyauté à la légère, Neith. Même à moi. Une loyauté aveugle est une faiblesse que nos ennemis adorent exploiter. Tu m'entends ? C’est peut-être la chose la plus honnête que je puisse lui dire. Je ne veux pas d’une dévote. Je veux une alliée. Une femme capable de penser contre moi si nécessaire, et pour moi quand il le faudra. Beaucoup de dévots avaient donner leurs loyauté trop vite envers Sethi. Islem le premier. Je m’adosse légèrement à la chaise, retrouvant cette posture de reine que je porte comme une seconde peau, relâchant son menton, attardant légèrement mes doigts. Le serveur vont finalement prendre notre commande, avant de repartir une fois que j'ai prononcés nos choix. Un très léger sourire étire mes lèvres. Presque imperceptible, alors que je continue d'observer ma chère filleule. Avant de souffler.

 

- Djèden nâ khâat hâat. Ce que nous écrivons devient décret. Loi. C'était la devise de la famille prononcé dans un dialecte aussi vieux que nous. l'Égypte antique coulait encore dans mes veines. Et plus encore, la gloire ancienne, si longtemps grisée, allait refleurir de nouveau. 

 

 

 

 

 

 

Neith Ptahchepsès

Femme

16 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 11/01/2026 à 15:28

Nephtys ne plaisantait pas, Neith aurait dû le savoir. Son ton était presque sec quand elle lui répondit et la jeune femme qui s’était laissée aller à deux secondes de sérénité en sa présence, sembla se redresser aussi sûrement que si son ainée lui avait envoyé une petite décharge électrique. Elle ne savait pas si elle se sentait puérile d’avoir si promptement fait vœu d’allégeance à l’héritière légitime des Ptahchepsès malgré les tensions qui régnaient actuellement au sein du clan ou si elle en voulait à Nephtys de ne la prendre qu’à demi au sérieux. Par ailleurs, et ce n’était sans doute aucunement le but de la jeune femme, Neith se sentait comme défiée par les paroles de l’Égyptienne. Sans doute son âge encore tendre lui faisait-il recevoir ces mots comme une provocation.

 

Malgré tout, Neith trouvait la réaction de son ainée injuste. N’avait-elle pas déjà prouvé à son échelle qu’elle était capable de prendre des décisions radicales pour suivre Nephtys ? Que faisait-elle de son départ ? L’héritière aurait mieux que quiconque dû savoir quel déchirement pouvait provoquer l’exil, l’éloignement brutal de l’entièreté des personnes en qui Neith avait pu, au fil des années, placer sa confiance et parmi elles, Ahmès, le frère jumeau aux côtés duquel il lui avait semblé écrire toutes les étapes de sa vie jusqu’à lors. Peut-être pensait-elle que sa benjamine voulait jouer, comme si elle n'était pas déjà impliquée jusqu’au cou dans les problèmes familiaux des Ptahchepsès, comme si l’idée que Sethi puisse, d’un geste de la main, faire assassiner son père, sa mère ou son frère pour le simple plaisir de la déstabiliser comme jadis avec Tzipporah ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Les enfants du clan devaient grandir bien vite, c’était une réalité. Neith hocha longuement la tête aux déclarations de sa cousine.

 

Je comprends, indiqua-t-elle après un court moment de silence alors que le serveur revenait avec leurs boissons. L’Égyptienne posa lentement ses mains autour de sa tasse de thé brûlant. Mais je ne suis pas étrangère à ce qui se passe Nepthys, osa-t-elle ajouter avec toute la fermeté dont elle se sentait alors capable, si je ne suis pas actrice de mon destin, d’autres s’en chargeront bien assez rapidement. Neith soupira légèrement avant de prendre une gorgée de sa boisson. Elle décida qu’il ne servait à rien de s’étaler plus sur ce sujet, Nephtys avait raison sur un point : en l’état actuel, elle faisait un bien piètre outil, mais elle comptait y remédier avec tout le sérieux dont elle pouvait faire preuve.

 

Sur le plan des apprentissages, continua la jeune femme, j’aurais besoin de ton aide, enfin, de ta présence. Neith respira profondément devant l’aveu qu’elle s’apprêtait à faire à sa cousine, elle baissa lentement la voix et prononça presque dans un souffle, j’ai entamé le processus pour devenir Animagus. Cela n’avait rien d’étrange pour une élève issue de Uagadou, à vrai dire, l’école de magie incitait même plutôt ses membres à développer cette aptitude, mais de ce que Neith avait pu comprendre, cette capacité était bien moins répandue et bien considérée sur ce continent. Elle avait déjà à plusieurs reprises commencé les étapes nécessaires à sa transformation, mais à chaque cycle, quelque chose avait mal tourné, soit que, trop jeune, elle n’avait pas pu tenir un mois entier avec une feuille de mandragore dans la bouche, ou qu’à la pleine lune suivante, le ciel avait été voilé, anéantissant ainsi ses efforts. Cette fois-ci pourtant, la jeune femme touchait au but pourrais-tu m’accompagner au prochain orage ? interrogea-t-elle.

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 14/01/2026 à 06:31

Mes doigts tapotent le bois poli par les années lorsque je vois la déception dans son regard. Elle s’est raidie, comme si mes mots avaient claqué contre elle avec la violence sèche d’un fouet invisible. Une fierté blessée que je reconnaissais bien. Une colère contenue, ce besoin presque viscéral de prouver qu'elle n'était pas un fardeau, mais une Ptahchepsès . Ambitieuse. Une force que l'on soupçonnais mais qui était encore à exploiter. Et comme elle le disait : elle prendrait son destin en main. Et, elle avait choisi de m'offrir ce destin et sa vie. Le plus grand cadeau qu'un Ptahchepsès pouvait faire à son prochain. Je me retiens de sourire, attendrie par cette fougue qui ne demandait qu'à prouver une énième fois sa valeur. Elle ne mentait pas, elle aussi avait vécu dans la.peir constante, à l'ombre de son propre caveau que l'on avait construit pour elle le jour où elle a été reconnu par son père. Je ne parlais pas à une enfant, mais à une jeune femme. L'Angleterre m'aurait-elle ramollie ? J'aimais croire que non. Quand les boissons arrivent enfin, je récupère le café fumant dans sa tasse. Un allongé noir, sans sucre. Parfait. De quoi retrouver l'amertume disséminé ici et là par les fantômes du passés.

 

- Tu commences déjà à prendre ce ton avec moi. Ma voix est calme, plus basse. Pas douce, mais posée. Un sourire. Un vrai, sincère mais faible se laisse glisser sur mes lèvres. J'étais fière. Fière de voir qu'elle osait me dire les choses en face malgré mon statut. Malgré le fait que sa vie ne tenait qu'entre les doigts. Il suffisait d'un simple claquement. Sa confiance envers moi était moins teinté de parcimonie que de son désir de retourner sur les lieux de sa naissance, les pieds dans le sable baigné de sang de nos ancêtres, de nos pères et nos mères, nos frères et nos sœurs. Je la laisse aller jusqu’au bout de son silence. Il est dense, chargé de choses qu’elle ne dit pas, de noms qu’elle n’ose pas prononcer. Sethi. Tzipporah. Les menaces qui n’ont jamais besoin d’être formulées pour exister. Le clan a cette manière perverse de faire pousser ses enfants à l’ombre de leur propre caveau le jour même où ils étaient enfin reconnus par les Pères. La symbolique est puissante : On naît pas Ptahchepsès. On le devient. Quand les boissons arrivent enfin, je tends la main sans hésiter et récupère la tasse qui m’était destinée. Le café est noir, fumant, sans sucre. Un allongé. Parfait. Je remercie le serveur, et me reconcentre de nouveau sur ma venue ici. 

 

Mes mains se referment autour de la porcelaine chaude tandis que je laisse mes pensées se déposer, lentement, alors qu'elle me demande une faveur. Je tique. C'était la première qu'elle me demandait. Mes doigts glissent sur la cuillère et font tinter le blanc nacré contre la tasse. Un son discret, un tic que je n’ai jamais réussi à perdre. Je remue lentement le café, sans le quitter des yeux. Sucre ou non, j’ai toujours eu besoin de ce geste, comme si faire tourner le liquide me permettait de faire remonter à la surface ce que je refuse d’oublier. Puis je porte la tasse à mes lèvres. Le liquide brûlant glisse dans ma gorge. De quoi retrouver l'amertume disséminé ici et là par les fantômes du passé. 

 

- Comptes-tu déclarer ? Mes yeux cherchent de nouveau les siens. J'avais moi-même terminé le processus il y a de ça longtemps maintenant. Mais je ne m'étais pas déclarée auprès du Ministère de la Magie Britannique. C'était mon plan premier pour mettre fin au règne de Sethi, et je comptais bien garder toutes mes cartes et mes chances de mon côté. Sur le plan, c'était illégal, mais j'avais l'immunité diplomatique en tant qu'Ambassadrice.  Ma question donnait aussi ma réponse, formulée consciemment sur les projets futurs. Elle allait réussir, avec mon aide, et après ? Les faveurs entre les Pthchepsès  avaient toujours leurs prix. Mais je considère qu'en étant ma filleule, le prix était déjà bien élevé.  Quand aura lieu le prochain ? J'embrasse de nouveau le liquide fumant, avalant la chaleur et l'amertume. Elle devait connaître le calendrier par cœur puisqu'elle avait commencé le travail. Je prendrais cette nuit pour elle. Mon petit scorpion allait devenir grand.

 

 

 

Neith Ptahchepsès

Femme

16 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 14/01/2026 à 11:57

Neith avait réussi à arracher un sourire à son ainée, ce n’était pas peu de chose pour la sorcière qui eut soudainement la douce impression d’une validation maternelle. Elle avait du mal à savoir sur quel pied danser avec Nepthys. De manière générale, au sein du clan Ptahchepsès, les sous-entendus régnaient en maître et c’était aux membres de décoder les attendus. Sachant à quel point un faux pas pouvait leur être fatal, cette règle tacite aurait donné des angoisses à plus d’un adolescent et Neith, malgré tout, ne faisait pas vraiment exception. Au fond, elle ne connaissait pas les véritables intentions de sa cousine et ne pouvait savoir avec certitude quel rapport elle entretenait avec son tyran de père. Aussi, la jeune serpentard évitait de trop s’avancer dans ses propositions. Après tout, jurer allégeance à l’héritière légitime du clan, toute tuée qu’ait été sa mère par la main de son patriarche, ne faisait pas d’elle une traitresse, si ?

 

La jeune sorcière regrettait amèrement l’absence de son frère dans ces moments où le trouble la gagnait. C’est avec lui, en vérité, qu’elle aurait aimé effectuer sa première transformation. Son frangin avait, bien plus rapidement qu’elle, trouvé sa forme animale à l’école et elle manquait cruellement de ses conseils à présent. Face à Nephtys, l’échec était inenvisageable, du moins c’est ce que se répétait la jeune fille. Si place n’était pas faite à l’incompétence, peut-être que la réussite serait la seule option ? Une fois le sujet de ses tourments actuels révélés, Neith ne pouvait plus faire marche arrière. L’héritière était à présent au courant et lui demanderait sûrement des comptes. Elle ne répondit par ailleurs pas franchement à la jeune élève, se contentant de deux questions. Encore des sous-entendus ininterprétables.

 

Qu’en penses-tu ?, répondit-elle pour éviter de démontrer qu’elle n’avait pas réellement réfléchi à la question. D’un côté, il pouvait être utile à sa cousine de voir ce secret bien gardé, d’un autre, que ferait-elle d’une alliée coincée derrière les barreaux par la justice magique ? Neith retint une grimace à cette idée, sa cousine avait peut-être raison en fin de compte, elle était loin d’être prête à tous les sacrifices, mais il fallait tout de même reconnaitre que la jeune femme n’était pas non plus du genre à se soustraire à ses responsabilités. Chacun avait sa part de tolérance, après tout, Nepthys n’avait, de son côté, toujours pas épousé son promis. C’est difficile de le prévoir, avoua l’Égyptienne, j’ai cru plusieurs fois que l’orage allait se lever, mais le ciel est plus doué pour lancer des trombes d’eau que des éclairs par ici.

 

L’été était définitivement derrière elle avec ses journées brûlantes suivies tout à coup de puissants coups de tonnerre. J’ai un peu d’espoir pour le week-end prochain, mais j’ai peur d’être à nouveau déçue, continua-t-elle, pourrais-tu demander une autorisation de sortie si la météo est favorable ? Neith dialoguait d’un ton neutre, comme si elle n’était pas mortifiée à l’intérieur par la potentielle transformation qui l’attendait. Mais la peur n’était pas une option dans ce type de processus. Si la jeune femme n’avait pas les épaules pour supporter la pression, son instinct animal risquait de prendre le dessus et alors… Mieux valait ne pas y penser. Depuis plusieurs jours déjà, le second battement de cœur qu’elle sentait dans sa poitrine avait tendance à la déconcentrer, la libération était proche, elle le sentait.

 

Nombreux étaient les sujets délicats que Neith avait à aborder avec son ainée aujourd’hui. Il était évident que tout n’aurait pas pu tenir dans une lettre. Par rapport à mon fiancé, commença-t-elle en tentant à nouveau de rester de marbre, je sais qu’il serait bon d’organiser une entrevue, après tout c’est aussi pour apprendre sa culture que l’on m’a permis de te suivre jusqu’ici. Neith n’avait qu’un vague souvenir de cet homme de quelques années de plus qu’elle qui ne lui avait alors pas fait forte impression. Lui-même se souvenait-il de la gamine qu’il avait autrefois aperçue, sans peut-être même se rendre compte que c’était à elle qu’il était en réalité destiné ? Je ne voudrais pas que mes activités ici paraissent… suspectes, conclut-elle avant de prendre une énième gorgée de thé. Son propre détachement l’interrogeait, où était donc passée la jeune femme qui voulait, quelques minutes plus tôt, comment avait-elle dit déjà ?, être actrice de son destin.

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Lutins Crétins de Noël

Message publié le 14/01/2026 à 20:21

Je l’écoute sans l’interrompre. Mes doigts restent posés contre la porcelaine tiède. Elle parle avec prudence. Avec cette neutralité appliquée qui n’est jamais qu’un masque mal ajusté. Me répondre par une autre question marquait l'indécision, la discipline apprise trop tôt, la peur de mal faire, l’anticipation constante des conséquences. Ou la mauvaise anticipation. Celle de l'angoisse et du stress. Exactement sur ce à quoi je faisais référence il y avait déjà quelques minutes. Je m'en offusque point. Je préférais qu'elle l'apprenne avec moi qu'avec d'autres membres du clan. Cependant, quand elle évoque l’éventualité de l’échec, quelque chose se crispe en moi. L’échec n’est jamais toléré chez nous, mais il est attendu. Il fait partie du tri. Je relève enfin les yeux vers elle quand elle me demande ce que j’en pense. Je termine délicieusement la tasse de café, laissant le silence s'installer, avant de me racler la gorge et de reposer le récipient sur sa minuscule soucoupe.

 

- Ce que j’en pense importe moins que ce que tu es prête à assumer. Ma voix est calme. Posée. Elle ne cherche pas à rassurer. Elle devait faire ses choix, elle voulait servir mes intérêts, certes, mais comment ? Voulait-elle devenir un pion qui exécute vulgairement les ordres ? Elle valait mieux que ça. Du moins, je l'espérais pour elle. Je ne te demande pas cela pour une question de simple morale. Je n'en ai que faire. C'est juste une simple question de... Timing ou de choix. Un petit sourire sybillin s'installe. Je ne voyais pas la décision la plus morale comme étant la moins utile. Après tout, Neith pouvait très bien s'inscrire dans le registre ce qui lui donnerait des points dans le clan qui aimait les êtres avec de multiples compétences. Si elle préférais taire ses compétences, elle pouvait les utiliser autrement. Elle voulait être libre de son destin, soit. Je l'aiderai aussi a s'émanciper si c'était son désir. Je ne développe pas plus. Elle est assez intelligente pour comprendre. Assez Ptahchepsès aussi. Mes yeux glissent un instant vers la fenêtre, vers ce ciel anglais trop pâle, trop humide, incapable de décider s’il veut vraiment gronder. Un climat indécis. Comme elle. Comme moi, peut-être, autrefois. Maintenant j'étais sûre de ce que je voulais. Et je le prenais. 

 

- Je m'occupe des autorisations et des prochains orages. Concentre toi sur le reste. Je te préviendrai quitte à changer de pays pour une nuit.  Je pouvais demander quelques portoloin. Une personne me devait une faveur. Pour le reste, ce n'était moins un problème encore. J’accepterai cette nuit pour elle, oui. Parce qu’une transformation ne se traverse pas seule. Parce que si son instinct animal prend le dessus, il faudra quelqu’un pour la rappeler à elle-même, bien que, la tentation de la laisser sous sa forme animale en punition pour son échec pendant quelques temps me titillerai les pensées. Je ne le ferais pas. Quand elle mentionne son fiancé, je sens le léger déplacement. Subtil. Politique. Elle pense déjà aux apparences, aux récits qu’il faudra maintenir cohérents. C’est bien. C’est nécessaire. Je repose mon regard sur elle, plus attentif encore.

 

- C'est déjà en cours de prévision. Je comptais envoyer Ammout au Manoir des Bulstrode pour organiser une fête en l'honneur de vos fiançailles. Ahmès pourra être là chaperonner. Je le ferais venir d'Égypte, pour lui faire une surprise. Mais aussi pour surveiller le jeune fiancé. Je sais que la galanterie saxonne est au beau fixe mais tant que le mariage ne s'est pas déroulé, il ne te touchera aucunement. Ce n'était pas dans les coutumes de notre pays, et je ne voulais pas m'attirer les foudres d'Islem. Je préférais faire les choses dans les règles de l'art. Pour l'instant. Tu lui enverras simplement un message en gage de ta bonne foi, et politesse. Que tu as hâte de le rencontrer  depuis toutes ses années et cætera. Ton père en sera ravi. Je balance ma main en arrière, comme si je prononçait une bagatelle. Neith avait eu la chance de rencontrer son promis jeune. Je ne l'avais fais que très tardivement, à l'âge de ma vingt cinquième année. Des activités suspectes ? Tu joues ton rôle à la perfection Neith. Tu apprends, tu te fiances, tu gagnes du pouvoir. Tout ce que les Ptahchepsès et les sangs-purs de la région raffolent. Et si quelqu'un ose dire quoi que ce soit, ta chère tante s'en occupera elle même. 

Neith Ptahchepsès

Femme

16 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 14/01/2026 à 23:15

Nephtys avait beau adopter un ton calme, ses propos étaient toujours tranchants. Il s’agissait d’une habitude à prendre lorsque l’on s’aventurait à dialoguer avec l’héritière. Un être humain moins aguerri se serait sans doute déjà senti découpé en morceau par les syllabes abruptes de l’Égyptienne, mais Neith, qui avait grandi autour de ce type de lame de rasoir, s’en sortait plutôt bien. Peu importaient les dires de sa cousine, elle restait persuadée de n’être qu’un pion plus ou moins important sur les échiquiers des divers membres de sa famille. Seul Ahmès avait toute sa confiance, mais d’Ahmès, il n’y avait point sur le sol britannique. Face à sa cousine, elle se sentait scrutée et évaluée en permanence, comme si Nephtys tentait de jauger son utilité potentielle. Neith commençait à être fatiguée de ce petit jeu dans lequel elle avait l’impression d’être plus souris que chat. Elle sentait sa volonté commencer à faiblir sous le regard inquisiteur de son aînée. Or, de place pour la faiblesse, il n’y avait pas.

 

Très bien, commença l’Égyptienne comme un aveu, alors il y a sans doute plus de chance que je déclare. Neith tenta de garder un ton neutre, comme si elle ne venait pas d’expliciter clairement à Nephtys qu’elle avait tenté de faire un énième choix pour obtenir son approbation. Elle commençait décidément à se couvrir de ridicule. La jeune femme se sentait un peu dépassée. La fatigue accumulée ces derniers jours et le mal du pays ne lui permettaient pas de garder une attitude ferme et détachée face à la pression morale qu’exerçait, sans doute en partie malgré elle, la figure de Nephtys. Un bref, merci, accompagna les propos de sa cousine. Elle prendrait sur elle une grosse partie de la charge mentale qui reposait alors sur les épaules de sa jeune parente. C’était toujours ça de pris sur l’ennemi, pensa Neith en finissant un thé qui avait fini par refroidir dans le fond de sa tasse. Malgré le regard inquisiteur de Nephtys, la Serpentard se sentit soulagée de savoir que, contre vent et marée, son aînée était déterminée à la soutenir durant l’épreuve de sa transformation. C’était une perspective qui parvenait à provoquer chez la future Animagus légèrement plus de soulagement que de terreur. Elle mesurait l’engagement de taille pris par son interlocutrice.

 

Le détachement avec lequel la fille de Sethi évoqua la future fête de fiançailles qui devait bientôt mettre sa cousine à l’honneur tordit le ventre de Neith. Même lorsque la jeune femme tentait de se réapproprier un pan de sa vie, celui-ci semblait avoir été organisé à l’avance, et cette fois par nulle autre que celle qu’elle considérait comme sa première alliée dans ce pays hostile. Neith se sentit brusquement bien seule tandis qu’un goût amer en fin de bouche lui rappelait que Nephtys était loin d’être là pour rompre avec toutes les traditions insensées du clan. Le retard que semblait avoir pris son propre mariage n’était donc pas un indicateur de sa rébellion contre ce pan de l’ordre établi. Merci de t’en charger, énonça-t-elle sans trouble dans la voix. Les Ptahchepsès avaient tous un don particulier pour la démocratie dont il pouvait être utile par moment de se servir contre les membres de sa propre famille. Ce sera fait, ajouta-t-elle en référence au courrier à envoyer à son fiancé.

 

Dans d’autres situations, les dernières paroles de Nephtys auraient sonné comme une mélodie rassurante aux oreilles de Neith, mais elle ne se sentait plus capable de s’entendre féliciter pour des éléments qu’elle tentait de conquérir au quotidien. L’éloge quelque peu ironique arrivait trop tard. La jeune femme, trop heureuse de retrouver le reflet du sable chaud sur le visage de sa parente, frôlait l’overdose, et même l’attitude de sa cousine, qu’elle ne pouvait s’empêcher d’admirer, lui rappela pourquoi elle s’était éloignée si brusquement de sa terre natale. Le destin ne lui avait jamais paru aussi hors de contrôle. Merci pour tout Nephtys, s’entendit-elle prononcer, je ne vais pas te déranger plus longtemps, je sais que tu as beaucoup à faire. Et moi de même, pensa la jeune Égyptienne devant le vaste programme qui semblait l’attendre ces prochaines semaines.

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