Femme
31 ans
Sang-mêlé
Irlandaise
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : Lau / Laulau
- Nationalité : Irlandaise
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 17/01/2026 à 23:58
La tournée avec Basilics' Kiss pour leur nouvel album Venemous Lullabies avait été pour le moins éprouvante. J’avais plusieurs jours devant moi pour me remettre des nuits blanches, des soirées de concerts avalées à coups d’adrénaline, et des journées de trajets interminables d’une ville à l’autre. Les muscles encore endoloris, les tympans bourdonnants, j'avais quand même ce petit sourire triomphant sur les lèvres. Cela avait été une parfaite réussite. Les salles étaient pleines à craquer, les rappels nombreux, et ce frisson familier d'énergie fédératrice avait répondu présent. C’était parfait. Épuisant, mais parfait. À trente ans, je commençais à connaître ce cycle par cœur : la scène, la sueur, les cris, puis le silence brutal quand tout s’arrête. Le retour à une vie plus lente, plus sourde, plus calme. Et c'est dans ces moments où mon, esprit était enfin libéré de cette pression incessante que je recommençais à cogiter, à créer, à bidouiller. À inventer.
À mis chemin entre un carrefour et un refuge pour les personnes de notre espèces, la sombre façade du Chaudron Baveur continuait à vaciller, se tenant en équilibre entre le pavé et le goudron, porte bancale entre deux mondes : les Ingénieux d'un côtés, les Mages de l'autre. La frontière était mince, fragile, mais présente. Je poussai la porte familière, accueillie aussitôt par le brouhaha des conversations, l’odeur mêlée de bièreaubeurre, de feu de cheminée et de bois poli par le temps incrustée dans les murs. C'était un endroit hors du temps. Parfait pour une retrouvaille que je repoussais depuis trop longtemps. Rien n'avait changé. Cela faisait des années que je n’avais pas vu Izsa. Le temps qu'avait durée sa soudaine disparition, la tournée et le repos éphémère qu'avait bien voulu préserver mon esprit avant de se remettre au travail. J'étais heureuse de la retrouver après cinq ans sans nouvelles, certaines conversations ne pouvaient pas attendre indéfiniment. Certaines idées surtout. Sa réapparition avait été un soulagement. Je l'avais de suite contacté mais... le côté épistolaire était compliqué lors de la tournée. Je resserrai distraitement ma veste en cuir autour de moi, laissant mon regard balayer la salle à la recherche d’un visage connu ou d’une silhouette familière. Mon sac en bandoulière en cuir de dragon cognait doucement contre ma hanche, alourdi par des carnets cornés, noircis de croquis, de schémas griffonnés et de notes balancées à la va vite entre deux chansons. Des pages pleines d’hypothèses, de ratures… et d’espoir.
Ces derniers temps, une idée revenait sans cesse me hanter. Simple dans sa forme, mais ambitieuse dans le fond. Tout ce que pouvait apprécier un être aussi doté de grain de folie que notre langue-de-plomb favorite. Un objet du quotidien, magique, capable de rapprocher les sorciers entre eux sans dépendre des lenteurs des hiboux ni des gadgets des Ingénieux que je regardais toujours avec une certaine méfiance. Non pas parce qu'ils étaient compliqués à utiliser, mais parce que la plupart des sorciers ne voudraient même pas en entendre parler, et ce n'était pas bon pour le commerce si j'arrivais à demander un brevet. Mais comme toute idée émergée de mon esprit, elle était encore encore fragile. Incomplète. Qui avait besoin d’un regard extérieur. Du bon regard. Il fallait dire que j'avais été inspirée par sa disparition. Au moins, avec cela, allé pourrait contacter n'importe qui à l'instant T.
Izsa ne semblait ne pas être encore présente en ces lieux, alors je décide de l'attendre à une table pour deux personnes, dans un coin de l'auberge, près du foyer crépitant. Cela nous permettrais de nous réchauffer et nous sécher de toute cette pluie et cette neige verglaçante qui continuait de choir dehors. J'étais sûre qu'elle approuverai cette décision. Du moins, je l'espérais, étant moi-même extrêmement frileuse. Je déposai mon sac à mes pieds, prenant enfin le temps de m’asseoir, laissant mes épaules retomber avec un soupir que je n’avais pas réalisé retenir. La chaleur du feu me mordit doucement la peau, chassant peu à peu l’humidité incrustée dans mes vêtements. Je tendis les mains vers les flammes, observant distraitement les étincelles danser, tandis que mon esprit, lui, continuait de tourner à plein régime. Toujours incapable de s’arrêter complètement.