Homme
14 ans
Sang-mêlé
Britannique
Administration
Identité
-
- Quatrième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 18/01/2026 à 17:00
Cette salle est idéale.
Vide.
Premier critère. Toujours. Quand tu cherches une zone d’expérimentation, tu veux du néant. Du calme. Pas de prof sur ton dos. Pas d’élève qui traîne, les yeux brillants, prêt à te demander si “ça explose”. Merci, au revoir.
Deuxième critère : loin des salles de cours.
Et là… tu coches aussi. T’es à l’écart. Planqué. Bon, à l’autre bout de l’étage, y a la bibliothèque. Mais tu le sens : le personnel a dû insonoriser le coin comme si c’était une chapelle. Un temple du silence et des études, où le moindre grincement de chaise se fait excommunier.
Beurk.
Quatre piliers décorent la pièce. Quatre.
C’est assez rare pour que ton cerveau le note tout seul, comme une alerte inutile : détail chelou repéré. Au début, tu t’étais demandé à quoi servait une salle comme ça. Puis t’avais lâché l’affaire depuis longtemps. Le passé des murs, tu t’en fous. Toi, t’es là pour le présent. Pour le comment.
Et ton “comment”, il est sous ton nez.
Le mécanisme étrange. Celui que tu tripotes depuis des semaines.
Tu es penché dessus, mâchoire serrée, et ça bouillonne. Parce que ça ne répond pas comme dans ta tête. Parce que ça résiste. Parce que t’as beau ajuster, visser, tester, t’as l’impression que le métal se fout de toi.
Depuis que Basil t’a montré son Mékapteur, l’idée te colle au crâne : le lier à une de tes inventions. La sphère d’écho.
Si tu arrives à faire capter au Mékapteur l’image et le son, sur plusieurs secondes… les photos de Basil changent de dimension. Elles ne seront plus juste “des images”. Elles deviendront… complètes. Vivantes. Et ça te donne une espèce de frisson, parce que tu sais déjà ce que ça peut faire.
Basil a un don pour la photographie, t’en es convaincu.
Ses images transpirent l’émotion. Le vrai. Celui qui te prend à la gorge sans demander la permission. Et si, aux détails visuels, tu ajoutes les détails sonores — le bruit de la brise dans les feuilles, le chant d’un oiseau au loin, le clapotis d’une rivière — alors ses œuvres seront supérieures à tout ce qui existe aujourd’hui.
Zéro doute.
Tu refermes le mécanisme pour tester. Clac.
Tu poses ton Mékapteur artisanal sur la table. Bien à plat. Comme si la stabilité allait calmer la catastrophe potentielle. Ton doigt flotte au-dessus du déclencheur une demi-seconde de trop. Un soupçon de circonspection, oui. Ton corps sait que “tester” et “survivre” sont souvent dans la même phrase, avec toi.
Tu appuies.
Pendant quelques secondes… rien.
Silence.
Le genre de silence qui te fait croire que, peut-être, pour une fois—
Un éclair s’échappe de l’objet et frappe le plafond.
Tu pars d’un coup. Jambes à ton cou, bras au-dessus de la tête, réflexe idiot mais sincère, et tu traverses la salle à la hâte. Tu te jettes derrière un pilier.
Un nouvel éclair fend l’espace jusqu’à un second pilier.
Impact.
Explosion.
La pierre éclate, poussière et débris, et ton cœur cogne comme s’il voulait s’enfuir avant toi. Tu restes planqué, immobile, le souffle court, à écouter si le monde a fini de te punir.
Quelques secondes s’écoulent. Longues. Trop longues.
Puis tu passes doucement la tête sur le côté.
Ton Mékapteur est détruit.
La table, elle, fume dangereusement. Pas “ça chauffe un peu”, non. Une fumée qui dit : si tu t’approches, je te transforme en anecdote.
Tu fixes le carnage.
Et tu souffles, tout bas, comme un aveu :
— Eh merde…