Femme
16 ans
Hybride
Française
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Française
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 31/01/2026 à 16:49
Petite fleur fatiguée en proie à de trop lourdes remises en question, Nellie était restée figée après son geste. Mellitus à nouveau à ses pieds, lui débitant ses tirades irréelles, lui rappelait la portée de son charme. Pouvoir empoissonné. Il aimait la partie Vélane en elle ? Non, elle n’y croyait pas, pas en le voyant se relever, se retourner, dos à elle pour ne plus voir ses grands yeux d’ange. Elle savait, sentait, le trouble, parce que le sien semblait ricocher dans la poitrine du garçon.
Devait-elle le déploiement des boucles d’or à une décision murement réfléchie ? La volonté de prouver à Mellitus qu’il avait tort, se trompait, ne survivrait pas à cette relation aussi hybride qu’elle ? Ou à cette vague de peur, cette voix atroce qui lui hurlait de se servir de ce charme, vite, avant qu’il ne tourne les talons, qu’il s’en aille pour de bon, la laissant là, seule à nouveau et amère avec un océan de connaissances au sein duquel elle ne distinguait plus aujourd’hui les vrais amis des yeux écarquillés. Fascinés.
La jeune sorcière ne savait plus sur quel pied danser, ce qu’elle maitrisait, ce qui n’était pas de son ressort. Quand elle se laissait aller à cette forme de douceur, de confiance, de toute-puissance, était-ce par raison ? L’avait-elle sciemment décidé ? Était-elle donc profondément mauvaise d’avoir fait se plier Isha, Mellitus à sa volonté ?
Chaque fois qu’elle sentait cette drôle de chaleur dans son corps, il lui semblait qu’elle ne pourrait plus jamais s’en départir, qu’elle s’enfonçait de plus en plus dans l’envie d’être désirée. Un cratère immense, creusé minutieusement par de longues années sans une once de confiance en elle. Tout l’amour du Serdaigle serait-il suffisant pour le combler ? Ou devrait-elle un jour ou l’autre lui en emprunter ? À l’observer de dos, le cœur coupable, Nellie n’était plus sûre de rien.
Mais le garçon se retourna, oui, il finissait toujours par se retourner, par plonger ses yeux dans les siens et, en un instant, elle sentit qu’elle aurait tout donné, tout offert pour ce visage. Ses mains, son front, si proches encore comme si l’éloignement pouvait les détruire, définitivement. Et puis les mots, ceux que certains attendent toute une vie, un émoi innocent qui touche en plein cœur.
La première personne à les lui offrir, la première personne à les recevoir. Presque encore deux cœurs d’enfants, le rouge à ses joues, plus vif, brûlant. L’urgence, aussi, de la réponse, comme si elle savait qu’il lui fallait absolument, rendre l’étreinte verbale, lui offrir la réciproque pour sceller quelque chose de plus tendre, de plus grand. M-merci Mel, je… je suis désolée, je t’aime aussi. Et peut-être que ça ne voulait pas dire grand-chose au fond, que savait-elle de l’amour ? Si sa mère la voyait. Nellie imaginait les traits cruellement beaux se plisser en grimace de dégoût. Plus elle tentait de chasser cette image, plus celle-ci s’imposait dans son esprit. Alors, comme pour conjurer le sort, elle répéta, dans la langue maternelle, la langue de sa mère la formule magique : Je t’aime.
Oui, ils allaient s’en sortir, se montrer plus forts, s’offrir une confiance mutuelle basée sur la vulnérabilité de Nellie, l’invulnérabilité de Mellitus. Il leur fallait apprendre : elle à contrôler, lui à résister et, comme tout ce qu’ils découvraient depuis cette première rencontre fortuite lors d’une banale sortie à Pré-au-Lard, ils le feraient ensemble.