Femme
24 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 14/02/2026 à 09:25
L’avantage d’être la seconde née dans la fratrie Frost se situe principalement dans le fait d’avoir échappé aux contraintes que la première arrivée a plus ou moins subies. Les règles ont déjà été testées, les interdits ont montré leurs failles, et les parents éprouvés, plus fatigués, ont naturellement desserré l’étau sur leur benjamine. Pendant un temps. Car l’inconvénient dans le fait d’être la petite sœur de Angie Frost et de ne pas avoir hérité de son caractère de feu, c’est qu’on écope forcément des attentes parentales la concernant, à savoir : de la conformité et des petits-enfants. Autrement dit tout ce qui ne se trouve pas dans le fond d’un musée poussiéreux ou dans les livres.
À 24 ans, Ophelia s’était attendue à avoir encore quelques années devant elle avant que Monsieur et Madame Frost ne commencent à s’immiscer dans sa vie privée et à lui mettre la pression. Mais c’était bien sûr sans compter sur l’annonce du mariage de sa chère cousine, qui avait allumé chez ses parents une flamme bien trop encline à devenir un incendie. Car oui, si la jeune femme, un an plus jeune qu’elle avait déjà trouvé homme à marier, comment se faisait-il qu’elle n’ait toujours pas l’ombre d’un petit-ami à leur présent ? Sa dernière visite chez eux avait été on ne peut plus claire : il était hors de question qu’elle vienne non-accompagnée à la cérémonie, sinon ils s’occuperaient eux-mêmes de lui trouver un cavalier. C’était une catastrophe.
Les mots, semblables à des menaces, résonnent encore dans l’esprit de la chercheuse alors qu’elle est assise à son bureau. Cela doit être la troisième fois qu’elle relit le même passage, incapable de se concentrer sur l’exemplaire des « Traités d’argents : diplomatie entre sorciers et gobelins » qui se trouve ouvert devant elle. Un livre passionnant si tant est qu’on aime les textes à rallonge écrits en tout petit sur les conditions des accords passés entre les deux peuples il y a des siècles. Autrement dit, le genre de lecture qu’elle préfère par-dessus tout normalement. Sauf aujourd’hui. Probablement parce que son attention est systématiquement attirée par le tableau en liège accroché au mur, à sa gauche, où trône épinglée depuis une semaine l’invitation pour l’événement.
« … car pour un peuple qui façonne l’argent et grave les serments dans le métal… »
L’échéance approche, elle le sait. Et pourtant, elle n’a pas l’ombre d’un cavalier ou d’une robe à mettre. C’était plus simple de se terrer dans le travail et dans le déni. Jusqu’à ce que sa sœur ne le lui rappelle gentiment la veille en ne manquant pas de la taquiner. Elle est dans de beaux draps. Laisser ses parents s’occuper de lui trouver quelqu’un revenait littéralement à s’avouer incapable de gérer sa vie sentimentale seule. Pire, de devoir se coltiner un homme qui ne serait probablement pas en mesure de faire la différence entre un heaume forgé par un gobelin et un pot de chambre… L’horreur absolue. Pourquoi n’était-elle pas un animal social comme sa sœur ?
« … car pour un peuple qui façonne l’argent et grave…»
Son attention se dissipe encore, pour venir effleurer le tableau qui la nargue. Le carton aux tons rosés avec ses gravures dorées aux noms des futurs mariés la distrait. Suffisamment pour qu’elle n’ait pas remarqué qu’elle copieusement en train de mélanger son thé – froid – avec son crayon plutôt que la cuillère, ni que le gramophone s’est arrêté de fonctionner depuis au moins un quart d’heure.
« … car pour un peuple qui… »