Femme
17 ans
Sang pur
Égyptienne
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Égyptienne
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 22/02/2026 à 11:36
Une lettre trop de fois relue, scrutée, analysée dans ses moindres détails. Neith Ptahchepsès avait posé ses yeux sur les phrases calligraphiées dans sa langue natale jusqu’à en avoir mal à la tête. Incapable d’y croire, d’envisager que l’homme qu’elle avait rencontré quelques mois plus tôt ait pu coucher sur le papier des mots d’excuses qui lui semblaient si drôlement sincères. Allait-elle une nouvelle fois tomber dans l’étrange jeu de manipulation du sorcier qui lui soufflait le chaud et le froid, la politesse, puis la débauche dans une seule et même minute ?
Elle ne savait pas.
S’était pourtant engagée à essayer.
Quintus Bulstrode la laissait perplexe, chaque nouveauté lui faisait l’effet d’un coup de tonnerre dans son quotidien bien rangé. Un univers qu’elle tentait de maintenir du mieux qu’elle le pouvait, mais qu’elle avait pourtant décidé, une nouvelle fois, d’exposer à l’instabilité d’un homme égoïste autant qu’imbu de lui-même. L’incarnation de tout ce qu’elle détestait profondément. Ses talents de diplomate allaient une nouvelle fois être mis à rude épreuve, elle le savait, s’y était préparée. La peur de décevoir semblait la maintenir en vie. Ou peut-être était-ce cette douce impression de liberté, quelques nuits partagées avec une étrange panthère qui avait offert à son cœur le répit nécessaire pour surmonter les affres d’un quotidien solitaire dans ce château étranger loin de tout ce qui lui était familier. Si l’on exceptait Nephtys, mais Nephtys n'était pas là en permanence, occupée à la biberonner, non, elle avait des preuves à faire, un destin à mener, seule et mal accompagnée.
La jeune Égyptienne s’était trouvée en possession d’une missive qui aurait tout aussi bien pu constituer la clef d’une libération que celle d’une nouvelle prison. Elle avait mis du temps à se décider, retourner le problème dans tous les sens, repenser à la déclaration faite à Nephtys, la promesse de garder cet alibi, de tenter de faire de cet homme un allié, en tirer ce qu’elle pouvait, réfréner sa nature de jeune chatte obéissante pour embrasser une part de liberté qui pourrait peut-être leur être salvatrice à tous les deux. Simplement essayer. Pourtant, en reprenant le chemin du domicile du sorcier, la sorcière ne pouvait empêcher la douce sensation de sauter à pieds joints dans un piège savamment ficelé de l’envahir.
Neith était à peine une adulte, serait-elle capable de se mesurer à un homme qui la faisait vaciller d’une provocation ? L’avait poussée dans ses retranchements en une poignée de minutes, poussant presque à la faute cette créature dressée par les convenances et le sens du devoir. Elle n’était pas sûre de le mépriser assez pour ne pas le craindre. Silhouette féline dans les rues de Londres, le petit chat du désert sous couverture traçait sa route à travers les odeurs nauséabondes de la ville. Éclair couleur sable dans un paysage morne et gris, son enveloppe agile et frêle se glissait sur les trottoirs, double cœur dans la poitrine pour lui donner contenance, sauter avec une facilité déconcertante sur les obstacles, autant d’objets à apprivoiser dans ce nouveau terrain de jeu, une douce liberté retrouvée avant la tempête, pour la calmer.
Et puis le portail d’une demeure dont elle ne se souvenait que trop bien. À l’abri des regards, le petit animal reprit ses traits de jeune femme au visage fermé. Seule l’ocre de sa robe rappelait encore le souvenir d’un pelage qui lui manquait déjà. Un semblant de bond dans le passé lorsqu’elle sonna pour indiquer sa présence. Deuxième round donc.