Harry Potter RPG
Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Au fond du couloir du troisième étage, à droite après la salle d'Histoire de la Magie, Lundi 18 Septembre 2124

Elle semblait croire réellement ce qu'elle disait sur les sorciers anglais. Pourtant, aux yeux de Nikolaï, ils n'avaient rien de plus que les sorciers russes. Bien au contraire, même. Ils manquaient d'une cruelle force, mentale comme physique. D'une discipline qui semblait totalement absente des dogmes britanniques, embourbés dans des effusions de bonnes manières qui ne servaient qu'à balayer sous le tapis ce qui comptait réellement. Le jeune garçon ne s'arrêtait pas à l'image renvoyée, il voyait plus loin. Et ce plus loin anglais n'avait rien de bien extraordinaire à faire miroiter. Ils jugeaient sa nation pour ce qu'elle lui avait fait. Mais lui en était fier.

 

Il n'était ici question d'aucune subtilité. Elle pensait probablement que, parce qu'ils ne partageaient ni la même langue, ni la même culture, il était incapable de réfléchir par lui-même. Elle le sous-estimait. Et cela ne le vexait pas outre mesure, cela ne faisait que confirmer ce qu'il pensait à propos de cette élite britannique à laquelle il n'accordait aucune crédibilité. La respiration toujours un peu saccadée, il se rhabilla, avec des gestes parfaitement mesurés, dans un rythme militaire. 

 

Il pencha sa tête légèrement sur le côté à la question de l'Auror. La réponse était évidente. Si évidente qu'il ne comprenait même pas l'intérêt de la poser. Et lorsqu'elle reprit en russe, Nikolaï, bien qu'heureux d'entendre sa langue natale pour la première fois qu'il était à Poudlard secoua la tête de gauche à droite.

 

- Отречься от чести, répondit-il avec sa droiture habituelle. (Renoncer à l'honneur.)

 

Parce que renoncer à la guerre n'était pas un crime. En tant que bon soldat, il se battait pour instaurer la paix. La guerre n'avait que pour but de se terminer. Renoncer à une guerre en cours, en revanche, c'était renoncer à son honneur. Et c'était tout simplement inconcevable à ses yeux.

 

- Я солдат своей родины, и без Обскуруса я бы тоже был. (Je suis un soldat de ma patrie, et je le serais aussi sans Obscurus.)

 

Un léger frémissement apparut au coin de ses lèvres. Il n'avait rien d'un sourire réprimé, plutôt d'une colère qu'il n'avait nullement l'intention de laisser s'exprimer.

 

- Но ты сделал выбор за меня. Я проживу короткую жизнь и никогда не вернусь на войну. Поэтому я должен отказаться от своей чести, от войны и своей жизни, чтобы облегчить вашу совесть. (Mais vous avez fait le choix à ma place. Je vais vivre une vie courte sans jamais retourner à la guerre. Je dois renoncer à mon honneur, à la guerre et à ma vie pour soulager votre conscience.)

 

Il gardait ses yeux rivés dans ceux de Katerine Dennison en affirmant cela sans la moindre véhémence. Il se contentait de constater, de façon résignée. 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Au fond du couloir du troisième étage, à droite après la salle d'Histoire de la Magie, Lundi 18 Septembre 2124

Nikolaï n'était guère perturbé par le changement d'auror qui devait s'effectuer. A dire vrai, il ne semblait pouvoir être ébranlé par quoi que ce soit, et lorsqu'il frappa à la porte il attendit simplement l'autorisation pour pénétrer à l'intérieur. Par habitude, il se tenait droit, la tête haute, les bras figés le long du corps en un garde-à-vous permanent. Il s'autorisa tout de même à tendre l'un de ses bras afin de serrer la main qui lui était tendue, d'une poigne brève et ferme, avant de simplement obéir en s'asseyant sur la chaise.

 

Il fixait un point droit devant lui, sans qu'il ne fut possible de dire s'il regardait vraiment l'Auror en face de lui ou un point sur le mur derrière elle. Il avait les mains posées à plat sur ses genoux, le dos si droit qu'il ne ressemblait en rien à un quelconque autre enfant de son âge. La vie qu'il vivait à Poudlard depuis son arrivée était si différente de tout ce qu'il avait connu jusqu'ici qu'il en était totalement perdu, bien qu'il n'en laissait rien paraître. Il se contentait de rester poli et respectueux, de ne parler que lorsqu'on lui adressait la parole, et d'obéir aux adultes, aurors comme professeurs, en se disant que tout cela ne durerait pas et qu'il rentrerait bien chez lui un jour ou l'autre.

 

Rien dans son attitude ne laissait paraître une quelconque curiosité vis-à-vis de la femme qui lui faisait face. Aucun regard vers le peu de décoration. Rien que ce regard fixe et cette posture figée. 

 

- J'ai pas très bonnes notes, répondit-il avec un accent si prononcé qu'il en était difficile de comprendre les mots.

 

Non seulement il avait beaucoup de mal à faire de la magie, mais en plus il n'était pas sûr de le vouloir. Il avait passé toute sa vie à être persuadé que la magie était mauvaise et qu'il ne fallait en aucun cas l'utiliser, au risque de subir les pires tortures qui soient, et voilà qu'il lui fallait l'apprendre, tout en étant entouré d'un tas d'enfants incapables de se tenir correctement, le tout dans une langue qu'il peinait à maîtriser. Ajoutez à cela les lacunes des années précédentes, que ses quelques cours de rattrapage lorsqu'il était encore en observation n'avaient en aucun cas comblées, et vous comprendrez qu'il n'avait aucune chance d'être un bon élève.

 

- En bota..., il buta sur le mot, incapable de trouver la fin, et se reprit sans sembler s'en préoccuper plus que cela.  Avec les plantes, bien. Le balai aussi.

 

Le reste était catastrophique. Dès qu'il lui fallait se servir de sa baguette magique, le résultat était totalement aléatoire, et rarement celui attendu. En histoire de la magie, il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'il se disait. Ne restaient que les potions, mais il peinait à déchiffrer les recettes. Il ne comprenait pas pourquoi il devait apprendre tout cela. Il était un soldat. Il devait se battre. Sa place était sur le front, pas dans une école. D'ailleurs, l'auror précédent ne se préoccupait guère de ses résultats scolaires. Il ne s'approchait de lui que pour vérifier la solidité du sceau.

 

- Vous vouloir regarder le sceau ? L'homme avant regardait.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

En entendant son nom prononcé derrière lui par une voix d'élève, Nikolaï se figea. Il se tourna vers le garçon, posa son regard glacé sur lui. C'était sans doute là ce qui pouvait le plus passer pour de l'intérêt venant de lui. Par politesse, alors même qu'il gardait cette posture digne des meilleurs garde-à-vous, il répondit du tac-au-tac.

 

- Bonjour, Basil, et l'accent russe transparaissait à chaque syllabe qu'il prononçait. Il connaissait le nom du garçon, tout comme il connaissait les noms de tous les autres élèves de sa classe. Déformation professionnelle, sans aucun doute. Mais si jamais il obtenait des informations, il saurait de qui ça vient, et qui ça concernait - le fait qu'il n'avait plus le moindre supérieur à qui rapporter lesdites informations ne semblait pas lui poser problème pour le moment.

 

Il fixait l'autre avec une immobilité profonde, incapable de comprendre pourquoi il lui adressait la parole alors même qu'aucun autre avant lui n'avait jugé bon de le faire. Ceci dit, la menace représentée par Basil Banks semblait parfaitement contrôlable, aussi ne prit-il même pas la peine de chercher une posture défensive, se contentant de ne pas dévier son regard de celui de ce petit garçon. Bien qu'ils avaient sans doute le même âge, tous les enfants ici semblaient être plus jeunes aux yeux de Nikolaï, de par leur façon de se tenir et de parler, comme s'ils n'avaient jamais eu les bases d'une véritable éducation. 

 

- Pas mal, répéta-t-il simplement. Il n'avait strictement aucune affinité avec la métamorphose. C'était sans aucun doute la forme de magie la plus complexe à maîtriser, et la subtilité de cette matière semblait échapper totalement à Nikolaï qui ne réussissait que quelques transformations grossières et incomplètes, qui n'avaient parfois rien à voir avec celles demandées par l'enseignant. 

 

Cependant, lorsque Basil commence à l'écarter vers le mur, les sens de Nikolaï se mirent en alerte. La posture défensive fut immédiate, mais le seul danger semblait être la mauvaise vue de son camarade. Jusqu'à ce qu'un frisbee à dents de serpent ne vienne quelques secondes plus tard. Aussitôt, le bras fut tendu pour attraper l'objet en plein vol, objet qu'il tendit à Basil dans la foulée.

 

- Toi croire voir ça ? Toi voir choses avant ? demanda-t-il, suspicieux.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

Nikolaï n'était pas réellement rapide. Il avait simplement eu l'occasion de développer ses réflexes durant de nombreuses années. Sans cela, il serait probablement mort et enterré. Aussi ne répondit-il pas à l'étonnement de son camarade, se contentant de froncer un peu plus les sourcils lorsque l'autre admit qu'il avait vu le frisbee arriver avant qu'il ne soit réellement là. Il avait rencontré quelques personnes comme Basil en Russie. Des enfants, comme lui, recrutés précisément pour ce genre d'aptitudes qui pouvaient s'avérer plus qu'utiles durant une guerre. Et pourtant, le gamin qu'il avait devant lui n'avait visiblement jamais vécu cela. Il n'avait même pas la moindre idée du pouvoir qu'il renfermait, c'était évident.

 

Il suffisait de le voir se laisser marcher dessus par les autres pour le comprendre. Jamais aucun enfant de chez lui n'accepterait de se faire traiter de la sorte. Et même sans comprendre tous les mots utilisés, Nikolaï comprenait parfaitement au ton employé qu'il n'y avait rien de très respectueux. Pourtant, Basil ne semblait pas s'en préoccuper, puisqu'il reprenait l'échange là où ils l'avaient laissé. Nikolaï mit bien quelques secondes à la fin de la phrase du garçon pour comprendre réellement ce qu'il lui demandait. 

 

- Photo ? Non, trancha-t-il aussitôt.

 

Il était une arme secrète. Jamais sa photo ne devait être divulguée. Ni chez lui, ni ici. Pourtant, les autorités anglaises l'avaient pris en photo. Mais il n'avait alors pas eu le choix. En ce qui concernait un garçon de son âge, il l'avait, et il était hors de question de désobéir davantage encore à sa chère patrie. Mais s'il ne prit pas la peine d'expliquer son refus - à quoi bon, il n'avait pas ce genre de temps à perdre - il revint tout de même sur les événements précédents.

 

- Toi trop gentil. Les autres rient de toi. Il faut se défendre. 

 

Comment pouvait-il se montrer aussi faible et être toujours en vie ? Voilà qui relevait du miracle.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Au fond du couloir du troisième étage, à droite après la salle d'Histoire de la Magie, Lundi 18 Septembre 2124

Nikolaï ne cilla pas lorsque l'Auror lui indiqua que son anglais était mauvais. Ni même lorsqu'elle annonça qu'elle l'aiderait pour ses devoirs. Il se moquait bien de ses résultats scolaires. Ils n'avaient strictement aucun sens à ses yeux. Mais si c'était là ce qu'ordonnait celle à qui il devait obéir, il s'y plierait sans rechigner. 

 

- Bien Madame, répondit-il d'ailleurs avec cette conviction militaire qui ne le quittait pas.

 

Il aimait bien l'idée qu'elle parle russe elle aussi. Sans doute que les échanges en seraient facilités. Peut-être pourrait-elle lui expliquer ce qu'il faisait réellement là, parce qu'il n'en avait toujours pas la moindre idée. On lui avait parlé d'une vie normale. Mais ici, à Poudlard, rien ne semblait normal à Nikolaï. Bien au contraire, il avait l'impression d'avancer dans un monde totalement imaginaire qui n'avait aucun sens. Ce qui en avait, en revanche, c'était bien les questions de Miss Dennison qui semblait parfaitement savoir mener un interrogatoire. 

 

- Parler ukraine, biélorusse, et un peu allemand, pour comprendre ennemis, avoua-t-il simplement. Il s'agissait là d'informations qu'il avait déjà donné aux autorités. En revanche, en ce qui concernait les cartes, il planta son regard dans celui de son interlocutrice avant de répondre. Moi pouvoir, mais pas faire. 

 

Ils avaient déjà pris les informations qu'ils désiraient directement dans son esprit. Les initiations à l'occlumancie qu'il avait eu n'avaient guère été concluantes, puisqu'elles appelaient à la magie qu'il refoulait en permanence. Les deux conditions étaient tout simplement inconciliables, et il n'avait donc pu empêcher quiconque de prendre les informations directement dans sa tête. Il préférait cependant garder ses lèvres scellées en signe de loyauté.

 

Les questions suivantes n'étaient pas plus attrayantes. Il garda le silence de longues secondes, se contentant de fixer la femme avec l'air impassible qui le caractérisait. Elle n'était cependant pas si facilement impressionnable, et il finit par céder.

 

- Sentir est pour les faibles. Je sens pas. Je tuer personne, ni la nuit ni le jour. Plus maintenant. Mais faire beaucoup de sport. Pour sortir l'énergie.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Au fond du couloir du troisième étage, à droite après la salle d'Histoire de la Magie, Lundi 18 Septembre 2124

Le prenait-elle pour un idiot ? La question se posait réellement. Les anglais avaient cette étrange tendance à penser que ceux qui obéissent aux ordres ne sont pas capables de réfléchir. Ils ne pourraient avoir plus tort. La Russie ne formait pas des imbéciles, et les soldats, bien que parfaitement obéissants, n'en restaient pas moins capables de réfléchir par eux-mêmes. C'était nécessaire, si, par exemple, ils se trouvaient séparés de leur bataillon et de leur supérieur. En ce qui concernait Nikolaï, ses supérieurs n'étaient jamais avec lui sur le champ de bataille, histoire de ne pas faire partie des victimes collatérales. Il paraissait donc évident qu'il était bien conscient de ce qu'il représentait, que ce soit en tant qu'arme ou en tant que mine d'informations.

 

Pourtant, il ne comprenait pas où elle voulait en venir. Le bureau des Aurors l'avait déjà interrogé plusieurs fois. Ils s'étaient d'ailleurs bien assurés de ne passer à côté d'aucune information, en allant les chercher directement à la source sans qu'il n'ait pu y faire quoi que ce soit si ce n'est serrer les dents alors qu'il trahissait involontairement son pays. 

 

- Je ne sais pas. Je ne pas comprendre pourquoi devoir aller à l'école. Je ne suis pas comme les autres enfants ici, répondit-il très sincèrement.

 

Il observa à nouveau cette femme étrange, et ses questions qui l'étaient tout autant. Evidemment, qu'il comptait retourner à la guerre. Il était né pour cela. Pour servir sa chère patrie, même si cela signifiait le payer de sa vie. Il était très bon sur le terrain, même lorsque l'Obscurus n'était pas libéré. Il était vif, agile, parfaitement entraîné, et d'une obéissance absolue. Le soldat parfait. Il ne lui manquait plus qu'une force digne d'un adulte pour être le prototype exact de ce que recherchaient ses supérieurs. 

 

- Pas de honte. Je suis très bon soldat. Je faire tout comme il faut. Eux savoir. Vous avoir fait de moi un traître. Honte sur vous, ajouta-t-il soudainement, ses yeux glacés rivés dans ceux de son interlocutrice.

 

Il ne nourrissait pas le moindre sentiment de honte de son côté. Il n'était pas responsable des informations qu'il avait partagé contre son gré. Aucune torture n'aurait eu raison de sa loyauté. Seul son manque de magie était à blâmer quant à son incapacité à devenir un Occlumens digne de ce nom. Ses piètres tentatives de protection avaient été soufflées avec une telle facilité qu'il n'était même pas sûr que les Legilimens les aient remarquées.

 

- Alors, vous dire à moi pourquoi je suis ici ?

 

 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

Pourquoi devait-il se défendre, lui posait-il vraiment cette question ? Nikolaï avait bien compris depuis son arrivée que les anglais étaient des gens bien différents des russes. Qu'ils n'avaient même probablement strictement rien en commun, mais le sens de l'honneur devait tout de même exister chez eux également, non ? Cela venait avec l'amour de la patrie et la loyauté. Quiconque bafouait l'honneur d'un russe bafouait l'ensemble de la nation. Voilà pourquoi chacun chérissait son honneur avec la plus grande des attentions. 

 

Mais Basil Banks ne semblait pas se rendre compte qu'en réagissant ainsi, il jetait le déshonneur non seulement sur lui-même, mais aussi sur sa famille, et donc sur sa maison. Nikolaï le fixa un instant avant de répondre.

 

- Si, très grave. Eux rient, alors toi faible. Et les faibles meurent, expliqua-t-il avec une rudesse étrangement pédagogique. 

 

Cela paraissait pourtant évident. C'était comme d'expliquer les choses à un tout petit enfant. Ils avaient pourtant le même âge. Mais l'étrangeté de Basil Banks ne résidait pas uniquement dans cette étrange apathie qui semblait le prendre dès lors qu'on le bousculait, puisqu'il annonça quelque chose qui fit froncer les sourcils à Nikolaï.

 

- Non pas être oui. Toi voir mal les choses, affirma-t-il d'un ton sec qui mettait fin à toute possible conversation à ce sujet. 

 

Mais à la question suivante de Basil, Nikolaï haussa un sourcil. C'était sans doute la première fois qu'il laissait paraître un quelconque étonnement, mais il fallait dire qu'il n'y avait pas beaucoup d'élèves qui acceptaient de le côtoyer. Il leur faisait peur, et cela ne le dérangeait pas outre mesure : il préférait sa tranquillité aux piaillements bruyants d'enfants qui ne connaissaient rien à la vie. Mais il savait que Basil ne lui demandait pas de venir avec lui par bonté d'âme, uniquement pour le protéger. Et ce ne serait pas lui rendre service.

 

- Si toi garder tête haute, pas baisser les yeux, et répondre fort quand on te parle, pas besoin de te battre pour te défendre, lui dit-il très sérieusement.

 

Il suffisait souvent de les regarder avec insistance pour que les anglais finissent par baisser les yeux. Nikolaï l'avait vite remarquer : ils faisaient beaucoup de bruit, prenaient beaucoup de place, mais n'avaient strictement rien de réellement impressionnant. Ils n'étaient que de la poudre aux yeux.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Au fond du couloir du troisième étage, à droite après la salle d'Histoire de la Magie, Lundi 18 Septembre 2124

Décidément, Nikolaï ne comprenait pas pourquoi les enfants ne pouvaient pas aller à la guerre. Il était un soldat. Il avait été formé toute sa vie durant pour être le meilleur, pour servir sa patrie sur le terrain, et voilà qu'il n'avait plus le droit de le faire pour le moment, mais qu'il pourrait y retourner par la suite s'il le désirait. La guerre n'était pourtant pas une question de désir, mais bien d'honneur. Et il n'en voyait aucun à rester dans une école à attendre que les années passent tandis que les siens continuaient de se battre sans lui. D'autant plus qu'il n'était pas sûr de devenir un jour adulte. Peut-être mourrait-il ici, sans la moindre possibilité d'être ce qu'il était né pour être. 

 

Aussi ne répondit-il rien aux explications plus que bancales qui lui étaient offertes. Il n'en aurait pas d'autres, ne comprendrait de toute manière jamais ce qu'il en était réellement, lui qui avait été élevé en tant que soldat. Il ne lui restait plus qu'à obéir, en espérant ne pas mourir avant d'avoir pu retourner sur le champ de bataille. Il acquiesça donc à l'ordre qui lui était donné, se levant pour ôter sa robe de sorcier qu'il déposa soigneusement sur le dossier de la chaise qu'il occupait précédemment.

 

Bientôt, le pull de l'uniforme, la cravate, ainsi que la chemise rejoignirent la robe, laissant l'adolescent torse nu, dévoilant ainsi des muscles bien plus développés que chez d'autres garçons de son âge, mais surtout le sceau qui maintenait enfermé en lui la puissance ultime qui avait tant de valeur auprès des siens. Des cercles concentriques recouvraient son sternum, ainsi que son dos, chacun recouverts de runes légèrement luminescentes. Il se dégageait du tatouage une lumière bleutées et quelques vacillements de l'encre magique utilisée. Quatre chaînes tatouées rejoignaient une partie du sceau à l'autre, passant sur ses épaules et ses côtes. 

 

- Vous devoir resserrer le sceau ? demanda-t-il d'un ton impassible.

 

Et bien qu'il ne laissait toujours rien paraître, il savait la douleur incommensurable que cela lui procurerait si elle jugeait nécessaire de le resserrer. C'était comme si on le compressait de l'intérieur. Le prédécesseur de Miss Dennison le faisait chaque jour. Et chaque jour, c'était comme si les chaînes se serraient davantage autour de sa cage thoracique. 

 

 

 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

En jetant un regard en coin à Basil Banks, Nikolaï put constater que son camarade avait immédiatement appliqué ses conseils. Il n'avait certes pas l'air aussi assuré que le russe, mais il avait le mérite de marcher la tête haute sans donner l'impression de pouvoir disparaître dans un mur à chaque seconde. Sans doute qu'en quelques mois de l'entraînement intensif que Nikolaï avait subi depuis sa plus tendre enfance Basil pourrait-il à son tour devenir un homme. Mais serait-il seulement capable de supporter un tel entraînement ? Rien n'était moins sûr. Il était cependant évident que l'esprit et le corps des anglais pouvaient être renforcés, comme ceux des russes. Il fallait simplement un peu plus de temps pour parvenir à un résultat équivalent de par la faiblesse naturelle du peuple.

 

Voilà pourquoi Nikolaï ne jugeait pas Basil : il n'était que le fruit du laxisme et de la faiblesse de son pays. Il n'était en rien fautif d'être une victime. Et lorsqu'ils arrivèrent enfin dans les cachots, les choses se corsèrent pour le petit Gryffondor qui n'en menait pas large face aux trois serpentards bien décidés de continuer à l'intimider. Nikolaï ne dit rien. Il resta en retrait, observant Basil essayer tant bien que mal de leur tenir tête alors même qu'il n'était pas convaincu de pouvoir le faire. Si Basil ne croyait pas en lui, comment pouvait-il attendre des autres qu'il en fut autrement ? Poussant un soupir, Nikolaï écarta son camarade d'un geste autoritaire afin de prendre sa place face au trio de serpentards.

 

- Vous aller voir ailleurs. 

 

La voix du russe était calme, posée. Son regard ne cillait pas tandis qu'il observait les trois garçons avec la même impassibilité qu'il avait toujours.

 

- Et sinon quoi ?

- Sinon moi crever les yeux, répondit-il avec le même calme olympien.

 

Et les trois se regardèrent, comme pour se demander si c'était là une blague ou non. Et puisque Nikolaï n'était pas connu pour son sens de l'humour exceptionnel, ils durent en conclure qu'il valait mieux ne pas tenter le diable. Ils reculèrent donc, non sans menacer une dernière fois Basil.

 

- On s'retrouve plus tard, Basilic !

 

Comme si cela pouvait leur donner un peu plus de crédibilité. Nikolaï poussa un soupir, tout en secouant la tête de gauche à droite.

 

- Toi devoir croire ce que tu dis. Sinon pas marcher. 

 

Peut-être qu'il ferait mieux d'apprendre à se battre, finalement. Parler n'avait pas l'air d'être son point fort.

 

 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Au fond du couloir du troisième étage, à droite après la salle d'Histoire de la Magie, Lundi 18 Septembre 2124

Ce message fait l'objet d'un avertissement de contenu pour les sujets suivants

Douleur

Le garçon resta parfaitement immobile pendant tout le temps que prit Miss Dennison pour observer le sceau qui recouvrait l'intégralité de son torse. La droiture de sa posture n'était pas sans rappeler un garde-à-vous qu'il avait longtemps adopté, le regard fixé sur un point droit devant lui qu'il était sans aucun doute le seul à voir. Il ne cilla pas. Ne posa pas la moindre question. Il se contenta d'attendre qu'elle finisse son travail dans le silence le plus total. Sans la respiration qui levait et baissait à un rythme lent sa cage thoracique, on pourrait douter qu'une quelconque forme de vie l'habitait.

 

Et lorsque le verdict de la femme tomba, il ne comprit pas la majorité des mots qu'elle utilisa. Lésiner. Trames harmoniques. Nexus runiques. Redondant. Seul le ton de sa voix indiquait à l'adolescent qu'elle n'était pas pleinement satisfaite de ce qu'elle venait d'analyser. Et s'il pensait que tout cela ne le concernait que peu, il comprit rapidement qu'il n'en était rien lorsqu'elle mentionna qu'il devrait peut-être être modifié. Une fois de plus, le mot raffiné ne lui disait rien, mais dans le contexte, il n'avait aucune peine à comprendre là où elle voulait en venir.

 

Et aussi docile et obéissant pouvait-il être, il ne put que relever quelques incohérences dans le discours qui lui était ici servi.

 

- Vous surveiller moi. Comment pouvoir m'arriver une chose ? Les Aurors, meilleurs sorciers anglais, non ?, demanda-t-il en la regardant droit dans les yeux, afin de lui faire comprendre clairement qu'elle ne pourrait pas se jouer de lui facilement.

 

Sans doute son insolence était-elle de trop, puisque le sceau se fit bel et bien resserrer par la femme. Malgré l'habitude, et une tolérance extrême à la douleur bâtie sur des années de torture pour faire de lui un Obscurus, il ne parvenait pas à se faire à cette sensation de chaînes magiques qui pénétraient son être en son essence la plus profonde. D'abord, il serra les mâchoires, en carrant un peu plus les épaules, mettant un point d'honneur à rester toujours aussi droit même dans la pire des situations.
 

Ses poings se serrèrent également alors que l'intensité se fit plus forte. Il tint cependant de longues secondes, chaque muscle de son corps bandé, à les en faire frémir. Aucun son ne passait ses lèvres. Et dans ses yeux qui fixaient un horizon inexistant ne transparaissait qu'une volonté de fer. Une force difficilement imaginable chez un enfant de son âge, preuve s'il en fallait qu'il n'était plus un enfant depuis bien longtemps, si seulement il l'avait déjà été.

 

Sa respiration s'était cependant largement accélérée. Et après un temps qui parut une éternité, la douleur s'arrêta. Si brusquement qu'il manqua de tomber à genou sous le relâchement de cette pression. Il parvint cependant à rester debout, le sceau encore brillant quelques secondes avant de reprendre une allure plus noire, plus terne. Il avala sa salive.

 

- Si le sceau casse, je deviens mort. Si douleur trop forte, trop longtemps, le sceau casse, et je deviens mort. Jamais moi retourner à la guerre. Moi mort avant. Vous savoir, comme moi.

 

La question qui se posait réellement était celle-ci : pourquoi ne pas simplement le tuer ? Le résultat serait le même, et serait bien plus rapide.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

Nikolaï observa un instant Basil avant de lui répondre ce qui semblait à ses yeux être une évidence.

 

- Non, pas le faire. Ici, pas le droit, expliqua-t-il tandis que son accent semblait de plus en plus prononcé.

 

Le garçon avait l'habitude de la violence extrême, puisqu'il avait été élevé dedans. Il savait cependant également obéir aux règles qu'on lui imposait, puisque les ordres avaient été ce qui avait mené sa vie jusqu'ici. Il avait mis un point d'honneur à lire le règlement de l'école, et à le traduire, afin d'être parfaitement au courant de ce qui était ou non autorisé. Et s'en prendre à ses camarades ne l'était pas, aussi ne le ferait-il pas sans y être contraint. Il était évident que son honneur - et donc par extension celui de la Russie - passerait toujours avant le règlement intérieur d'une école britannique. 

 

Il ne parvenait cependant pas à comprendre pourquoi Basil ne pourrait pas faire comme lui. Avoir l'air impressionnant, ce n'était pas bien difficile. Quoiqu'en regardant bien le garçon, il paraissait évident qu'il lui manquait quelques centimètres et quelques muscles pour parvenir à être crédible. Voilà ce qu'il manquait, pour qu'on l'écoute de la même façon que lui. Est-ce qu'il serait capable de transformer Basil en homme digne de ce nom ? Sans doute. Il le croyait, du moins.

 

- Non, jamais crever des yeux. Déjà couper des doigts. Et tuer, répondit-il naturellement.

 

Il était une arme, et avait donc servi à blesser et tuer des gens. Il n'en éprouvait pas la moindre culpabilité. Ni même la moindre fierté. Il avait simplement fait ce qu'on attendait de lui qu'il fasse. Les choses se passaient ainsi, au sein de la base militaire dans laquelle il avait passé toute sa vie jusqu'ici. Torturer ou abattre un soldat ennemi était quelque chose de naturel. Ici, il n'y avait pas de soldats. Que des enfants, et des adultes trop faibles pour faire d'eux de vrais hommes. 

 

- Je peux apprendre à toi. Pour être écouté, tu dois être sûr de toi, reprit-il avec une pédagogie militaire. Il n'avait pas le mot "confiant" mais c'était bien là ce qu'il allait devoir lui inculquer. Pour être sûr là, et il désigna d'un index ferme la tête de Basil, devoir être sûr dans ton corps avant. Alors, toi, faire du sport avec moi. D'accord ?

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Un couloir du château, Mardi 05 Septembre 2124

L'air toujours aussi sérieux, aussi droit, Nikolaï fixait Basil de son regard sans ciller une seule seconde. Rien ne semblait pouvoir ébranler ce garçon qui n'avait décidément rien en commun avec ceux de son âge. Et bien qu'il ne comprenait pas vraiment ce qu'il faisait à Poudlard, ni toute cette nouvelle vie à laquelle il lui fallait s'adapter, tous ces enfants étranges le rendaient curieux. Il voyait bien qu'ils ne pourraient pas être plus différents de lui, et quelque chose au fond de lui voulait savoir pourquoi. Et puisqu'il allait finir sa courte vie ici, autant essayer de s'intégrer un minimum.

 

Voilà pourquoi il proposait à Basil de l'aider, en le faisant participer à une activité avec laquelle il était parfaitement à l'aise. Sans doute la seule activité de ce genre ici, puisque les cours de magie n'étaient qu'une preuve de plus de ce qu'il était réellement. Il ne se faisait aucune illusion quant à un potentiel avenir. Les siens savaient pertinemment qu'une nouvelle utilisation de l'Obscurus serait la dernière, aussi ne valait-il pas la peine qu'ils essaient de le récupérer. Il était désormais un élève de Poudlard, et n'avait d'autre choix que de l'accepter.

 

- Collier plus joli avec des dents, répondit-il à Basil, sur le même ton que précédemment.

 

C'était pourtant là une réponse à sa blague. Il n'avait cependant pas jugé utile de sourire pour montrer qu'il l'avait bien compris. Puisqu'ils arrivaient enfin à la porte de leur prochain cours, Nikolaï s'arrêta une dernière fois pour adresser quelques mots supplémentaires à Basil.

 

- Tous les jours, avant le petit déjeuner, devant la porte. Tu suis moi.

 

Nul besoin de préciser que Basil n'aurait pas le droit de se plaindre ou de dire qu'il n'en était pas capable. Si l'entraînement militaire de Nikolaï lui avait appris une chose, c'était que les limites n'étaient là que pour être repoussées. 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Parc de Poudlard, Mercredi 06 Septembre 2124

Nikolaï n'avait pas vraiment prévu quoi que ce soit pour les entraînements qu'il avait promis à Basil. Il savait simplement qu'il en avait besoin, et qu'il allait le pousser dans ses retranchements afin qu'il en ressorte plus fort, physiquement comme moralement. Il ne lui ferait aucun cadeau, puisque la vie, elle, n'en faisait pas. Il était grand temps de montrer à ces anglais ce qu'était la discipline russe. A peine la porte passée, dans son survêtement gris, il vit sans peine Basil arriver vers lui. Satisfait de constater sa ponctualité, il acquiesça d'un signe de tête.

 

- Bonjour, le salua-t-il avec son accent prononcé et cette étrange intonation militaire qui donnait toujours l'impression qu'il ordonnait plus qu'il ne parlait.

 

Ce simple mot annonçait sans peine la couleur de ce qui allait suivre. Il désigna d'un geste du menton le lac, au loin.

 

- Courir autour du lac. Trois fois. 

 

Et aussitôt, il se mit en route, à une bonne foulée. Le froid ne semblait pas avoir d'emprise sur lui, ni même sur son souffle dont la vapeur s'élevait dans les lueurs matinales. Il savait que Basil le suivait. D'ailleurs, il se porta bientôt à sa hauteur, essayant de caler son rythme sur le sien. Au bout du premier tour, cependant, il avait déjà ralenti l'allure. Son souffle était plus erratique, il semblait peinait tandis que Nikolaï faisait preuve d'une constance évidente.

 

- Pas ralentir, plus vite ! dit-il sévèrement en retournant chercher Basil et le tirer par sa manche avec force.

 

Il devait comprendre qu'il n'allait pas pouvoir déclarer forfait. Pourtant, au deuxième tour terminé, Basil crachait déjà ses poumons, sous le regard froid de Nikolaï qui daigna enfin s'arrêter.

 

- Pas bon. Toi faire cinquante pompes pour punition. Allez.

 

Et aussitôt, il se mit en position, intimant du regard à Basil de faire de même pour commencer lesdites pompes. Evidemment, une fois celles-ci terminées, il n'y aurait aucun repos accordé pour reprendre la course autour du lac. Ils devaient faire trois tour. 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Parc de Poudlard, Mercredi 06 Septembre 2124

Nikolaï ne semblait éprouver aucune empathie pour son camarade qui avait un mal fou à obéir à ses ordres. Pourtant, malgré des pompes peu orthodoxes, il ne fit aucun commentaire, ni même ne força Basil à recommencer correctement. C'était bien là la preuve qu'il se rendait compte de ce qu'il demandait au garçon, et qu'il ne pouvait pas non plus attendre de lui d'être aussi performant que lui ou que ses camarades militaires avec qui il avait pour habitude de s'entraîner en Russie. Mais sa compassion s'arrêtait là, et ne transparaissait nullement sur les traits fermés et durs de son visage.

 

Puisque Basil était bien plus long que lui pour effectuer autant de pompes, il combla ce temps avec quelques séries d'abdos qui ne semblèrent pas entamer son énergie puisqu'il les réalisait avec le même rythme militaire que le reste. Il ressentait pourtant la fatigue, au même titre que n'importe quel être humain. Il avait simplement été habitué à ne pas la laisser paraître, et à passer outre lorsqu'on le lui ordonnait. C'était bien là ce qu'il avait l'intention d'inculquer à Basil qui faisait désormais l'étoile de mer sur le sol.

 

Nikolaï se dressa donc devant lui, son ombre recouvrant son camarade tandis qu'il se penchait au-dessus en fronçant les sourcils.

 

- Pas pouvoir abandonner. Encore un tour.

 

Et sans lui laisser le temps de répondre quoi que ce soit, Nikolaï le saisit par les vêtements pour le tirer vers le haut, le remettant ainsi sur pieds. Basil chancelait, et semblait à peine capable de tenir sur ses jambes, mais le russe parut satisfait puisqu'il esquissa un sourire.

 

- Demain, plus facile. Allez.

 

Il attrapa le bras de Basil pour le passer par-dessus son épaule, le soutenant ainsi d'un côté. Difficile de dire si c'était réellement pour l'aider ou pour l'empêcher de ne pas faire le dernier tour qui semblait tant lui tenir à coeur, mais Nikolaï soutint ainsi son camarade tout en forçant une foulée qu'il estimait suffisamment correcte, avant de laisser Basil s'écrouler au sol pour de bon une fois le dernier tour effectué.

 

- Tu vois, toi pouvoir faire, indiqua-t-il comme s'il ne lui était pas du tout venu en aide pour qu'il y parvienne.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Nikolaï Polyanski

14 ans Sang-Pur Russe Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Le parc de Poudlard, Vendredi 23 Février 2125

Comme chaque matin, Nikolaï courait autour du lac. Il laissait Basil tranquille un jour sur deux, c'était là un rythme qui semblait convenir à la rigidité militaire du russe, et au besoin de repos du petit Gryffondor. En utilisant la magie, il sentait un peu plus encore la créature qui vivait en lui. Comme s'il la dérangeait chaque jour en lui volant ce qu'elle utilisait pour grandir. C'était comme si l'Obscurus était de plus en plus affamé, et il ne parvenait à oublier cette sensation qu'en se dépensant toujours plus. Il courait plus longtemps. Il faisait des plus grandes séries de renforcement musculaire. Il pouvait passer des heures entières à se déchirer les phalanges sur le tronc d'un arbre qui lui servait de cible de boxe. C'était devenu un besoin viscéral.

 

Il savait bien que cela ne faisait que retarder l'inévitable. Qu'il ne vivrait pas ainsi éternellement, et que ça ne ferait que s'intensifier avec le temps. Le sceau qu'il portait empêchait la créature de sortir, mais il ne l'empêchait pas de le dévorer de l'intérieur. Il n'en disait rien. Il avait été élevé ainsi : il encaissait en silence, obéissant. Plusieurs fois, cependant, il se rendit compte qu'il n'était pas le seul à profiter des premières lueurs du jour pour se dépenser. Il y avait cette fille, bizarre, aux couleurs changeantes. Et tandis qu'il faisait face au Saule Cogneur - ça lui arrivait parfois de vouloir s'y confronter - un éclat de rire le déconcentra, le laissant à la merci d'une branche qui le faucha pour l'envoyer voler plus loin, la joue coupée sous l'impact cinglant.

 

Il ne sentit même pas la douleur. C'était futile pour lui, par rapport à tout ce qu'il avait pu endurer. Mais le fait de s'être laissé déconcentrer aussi facilement l'agaçait profondément. Ça ne serait jamais arrivé auparavant. Poudlard, et ses habitants mous, le rendait faible. Il se dirigea alors vers cette fille bizarre qui changeait de couleur, les poings sur les hanches, pour la toiser de haut tandis qu'elle se trouvait allongée dans l'herbe.

 

- Toi faire trop de bruit. Sport pas pour s'amuser, très important. Pas assez sérieuse ! Et trop colorée, ajouta-t-il, légèrement bourru avec son accent à couper au couteau. Si son vocabulaire s'était élargi, il restait plus qu'approximatif concernant la syntaxe.