Homme
12 ans
Cracmol
Britannique
Identité
-
- Deuxième année
- Surnoms : Marl', Marloup
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 02/02/2026 à 16:07
Assis aux côtés de Kalina, le jeune Écossais écoute Charli parler sans réussir à tout comprendre. Il se contente d'analyser l'attitude des deux Gryffondor, et fronce des sourcils lorsque la frêle brune se tient soudain sur la défensive. Il était pourtant persuadé qu'elle avait peur à cause du départ de son frère, parce qu'elle se retrouvait seule, comme lui les soirs de pleine lune à Puck's Glen. Mais il ne dit rien, ayant davantage l'habitude d'être muet que bavard. Son regard suit la direction donnée par le deuxième année. À nouveau, il ferme sa main libre en tunnel et y colle son œil pour chercher Sasha. C'est vrai, il est là-bas ! s'exclame-t-il d'un seul coup en trouvant la silhouette du frère de Kalina au niveau des gradins d'élèves en face d'eux. Il est avec Charlie. Tu vois, Kalina ? Sa tête s'éloigne de la lunette improvisée qu'il s'applique à ne surtout pas bouger d'un millimètre.
— Moi j'sais pas les épreuves. Peut-être que tu sais, Charli ? D'ailleurs, Marley se rend-il vraiment compte de la dangerosité du tournoi ? Seulement en observant la réaction des autres, ses poils de nuque hérissés par la terreur de Freya, le cri de son père et le bond de Sasha. Sur ses gardes malgré lui, le cracmol continue de balayer les alentours d'un œil sérieux, ne prêtant pas autant d'attention aux écrans que ses voisins. Le danger sent là, ajoute-t-il en désignant son nez d'un doigt posé sur celui-ci. Et là. Il complète en se donnant une tape entre les omoplates pour imager ce fameux frisson d'alerte qu'il ressent parfois.
"elle mange son bracelet ?" murmurent plusieurs personnes autour d'eux. Quoi ? Marley tend le cou et aperçoit sa grande sœur en train de croquer les perles accrochés à son bras. C'est des bonbons, dit-il à Charli et Kalina en secouant ses jambes car Alison vient de sourire avec confiance à l'écran. Charlie a mis des bonbons pour le bracelet, pour le sucre, explique-t-il alors aux deux Gryffondor tandis que les trois candidats avancent vers leur troisième et dernier obstacle.
Message publié le 28/01/2026 à 11:15
Puisqu'elle serre sa main, Marley ne la lâche pas, au contraire, soudain investi de la mission d'avoir les doigts de Kalina bien enfermés entre les siens. Il y jette un regard curieux, puis à l'Ukrainienne, car il n'a jamais fait ça ; prendre soin d'autre chose qu'un petit animal ou une plante malade. Mais ça revient au même, le garçon n'y voit pas tellement de différences, surtout qu'elle reste presque muette.
Il tourne son visage sérieux en direction des écrans désignés par Charli et voit sa sœur Alison un genou au sol, le bras tendu vers la créature aux vêtements de lambeaux. Un détracteur ? Je connais pas, dit-il, ignorant. La Serpentard projette un premier halo qui s'évanouit aussitôt, puis un second, plus consistant cette fois. Marley soulève son nez, plein d'espoir. Ses phalanges pétrissent légèrement celles de Kalina. Alors que l'ombre noire disparaît, il sourit, soulagé. OUI ! La rouquine se redresse. De sa main libre, Marley presse l'épaule du Gryffondor pour partager sa joie.
Devant eux, les adultes sont collés à la rambarde, leurs silhouettes tendues malgré la victoire d'Alison. Sans prévenir, le grand frère de Kalina s'éclipse. C'est à ce moment là que Marley réalise qu'elle tremble contre lui. Kalina ? Il cherche son regard, et y trouve la panique. Cette même panique qu'il ressentait les soirs de pleine lune avant de rencontrer son père et Freya.
— Kalina, tu dois respirer doucement, comme ça, répète l'Écossais en mimant les techniques apprises par les Carter. Il inspire longuement, retient un peu son souffle, et expire devant lui. Tu dois concentre sur ta respiration d'accord ? Leurs paumes deviennent moites à force d'être collées, mais Marley n'éloigne pas la sienne pour autant. Il observe la réaction de la fille. T'es pas tout seule, je suis là, et aussi Charli, et Freya et Papa, alors ça va ? D'ailleurs, il croise le regard de la Poufsouffle, qui les surveille d'un œil distrait. Sauf qu'à distance, Freya voit seulement que les trois enfants sont bien assis sur le banc, et ne remarque pas l'angoisse de Kalina.
Charli et Marley vont devoir gérer. C'est parce qu'elle a peur, explique Marley à Charli.
Message publié le 22/01/2026 à 23:34
Marley connaît le Sasha et la Kalina des récits de Charlie. Ils sont un grand frère et une petite sœur, et viennent d'un village moldu en Ukraine, où ils ne sont plus en sécurité à cause de la guerre. L'année dernière, Sasha est venu suivre les cours de Poudlard, et cette année, Kalina l'a rejoint, comme elle avait enfin l'âge d'entrer à l'école sorcière. Le rouquin observe alors le grand frère et sa petite sœur, et les imagine "en guerre", un concept qu'il saisit encore mal du haut de ses douze ans, mais surtout, à cause de son inculture de ce qu'on appelle Le Monde Civilisé. Lui n'était peut-être pas éduqué à la manière des autres, sauf qu'il ne faisait pas la guerre, au moins. Leurs conflits étaient contre la météo capricieuse, ou les termites, le mildiou, et quelques créatures magiques réputées pour loger à Puck's Glen.
Il écoute Freya rassurer Sasha, le visage sérieux, et suit des yeux le regard de ce dernier vers son père tandis qu'il s'excuse pour leur mère. Marley n'a aucun souvenirs de sa mère. Il n'avait d'ailleurs aucun souvenirs de son père non plus avant de le rencontrer, et même de ses trois sœurs. Il ne souffrait pas d'une quelconque absence, sauf qu'il se sentait seul parfois.
Aujourd'hui, cette solitude continue d'étrangement le suivre.
Encore une fois, sa grande sœur rassure Sasha. Il a constaté que Freya préfère quand les gens ne s'inquiètent pas pour elle ; qu'elle le répète souvent. Et puis soudain, ses iris gris-bleu sont attirés par le sourire de Kalina et ses yeux clairs, et le bracelet qu'elle lui montre en expliquant d'un joli accent qu'il vient de Charlie. Sentant le bras de Freya lui envelopper l'épaule, il lève la tête dans sa direction. T'es fier d'Alison, Marley ? Tu trouves que Charlie est gentille ? demande-t-elle pour l'aider à comprendre. Il s'apprête à parler, la bouche ouverte, quand subitement, il remarque le changement d'expression de Sasha, et ensuite de Freya.
— Putain. Marley ne se laisse pas surprendre par le rugissement du Gryffondor. Immédiatement, sa grande sœur se penche vers lui et prend ses épaules. Marley. C'est important. Reste avec Kalina ok ? Ramène-la à notre banc, d'accord ? J'vais voir Papa. À côté d'eux, Sasha est déjà parti et Kalina hurle des mots ukrainiens. Freya se jette aussi dans la rangée du dessous et les autres sorciers commencent à se lever pour voir la scène des écrans, et pour voir aussi Owen Carter qui vient juste de crier le prénom de sa fille. Je reste avec toi, dit Marley d'une voix assurée en se rapprochant de Kalina. Il sait ce qu'il doit faire. Son regard surveille Alison, dont il ne comprend pas la situation. Les tribunes sont secouées d'exclamations d'horreur venant des différents spectateurs.
Sans réfléchir davantage, le rouquin saisit la main de la petite sœur de Sasha. Vient, on va au banc de mon père avec Charli le garçon, prévient-il, en donnant l'impulsion pour qu'elle se mette debout. Son odorat est saturé mais ses narines s'ouvrent par réflexe. Il inspire de courtes bouffées d'air tandis qu'il guide Kalina à travers les élèves agités. Ils évitent une banderole de peu car Marley tend son bras libre pour la repousser. En descendant les marches menant vers l'avant du gradin, le benjamin Carter jette un œil à la fillette qu'il tient au bout de sa main serrée fermement. C'est bientôt, dit-il, aussi prévenant que sa famille a pu l'être avec lui depuis son arrivée à Pré-Au-Lard. Ton frère est là, et Freya, et mon père, et là Charli. Son doigt désigne le bord de la tribune et le banc à sa proximité. Il continue d'obéir aux ordres, et amène Kalina devant le jeune Gryffondor. On doit s'asseoir là Kalina. Une fois l'Ukrainienne placée entre lui et le brun, Marley surveille Freya qui vient d'aider Sasha à se redresser.
Message publié le 16/01/2026 à 17:40
Intrigué par les manœuvres d'Eileen, le jeune Marley penche sa tête au-dessus du téléphone. Au début, il se demande comment elle va s'y prendre pour réellement provoquer une chute de neige sur Pré-Au-Lard le lendemain. Mais ensuite, ses petits sourcils broussailleux se froncent, exactement de la même manière que ceux de son père. Il fixe la lumière laiteuse de l'écran avec curiosité ; le soleil qui devient un nuage rempli de pluie, et la carte de Melgrave.
Entre temps, sans s'en rendre compte, le rouquin s'est redressé, planté sur ses deux pieds devant la femme et son téléphone. Il n'a pas l'air franchement heureux, ni franchement triste, ni même en colère. Il se fiche un peu de "Wikipedia".
En réalité, il est consterné.
— Bah oui qu'on sait qu'il va pleuvoir et dix degrés, tu sens l'odeur de l'humide. Ses doigts désignent le sol et les arbres, et enfin le paysage autour d'eux. L'herbe est forte, les pommes de pin sont toutes petites, le trèfle tout écarté, ça veut dire la pluie demain. Pas besoin de ça. Tu connais pas les nuages ? -Marl' doucement, interrompt le géant Carter qui ne peut s'empêcher de rire face à la scène. Il ramène le gosse vers lui, et jette un autre regard en direction de l'écran du téléphone, puis vers Miss Hilswood. Avouez, faut pas avoir un tel bordel pour dire qu'il va faire de plus en plus froid et qu'il va neiger, l'hiver s'ra bien installé en novembre ! Son menton désigne vaguement l'écran tandis que sa main tapote affectueusement le flanc du gamin qui fronce son nez. Bon, mais y'a bien d'autres trucs non ? Montrez-nous ça, Wikimachin. Wikipédia Papa. Un sourire tendre étire les lèvres d'Owen Carter. Il apprend vite, j'vous dit. Il retient tout ! Un œil sur son père, Marley sourit brièvement en retour, avant de s'intéresser encore à l'appareil providentiel. Certes, il est à peu près sûr et certain maintenant que Wikipédia ne fera pas tomber la neige, mais sait-on jamais.
— On peut voir les animaux dans leur terrier ? questionne alors l'enfant, grand observateur de faune et flore écossaise.
Message publié le 15/01/2026 à 09:21
— Charlie garde beaucoup de secrets, elle peut pas tout retenir ! rétorque Marley qui a dû, lui aussi, apprendre à composer avec les cachotteries de la famille Carter. Ils se préservent du monde extérieur et ils se préservent les uns les autres, et à la fin, ça fait un bon paquet de secrets. Il sait, par exemple, que personne ne doit savoir qu'il hurle à chaque pleine lune, pour le moment. Il sait qu'il doit éviter le sujet de ses pouvoirs magiques (ou plutôt leur absence) avec les inconnus. Il sait qu'Owen ne sait pas des choses sur Alison et sur Freya, mais que Charlie les sait.
En écoutant le garçon de bientôt treize ans, le petit rouquin acquiesce. Comme Alison ; elle a la majeure en décembre, elle va partir de la maison, répète-t-il naïvement. Ça changera rien, il ne la voit presque jamais depuis qu'elle et la Serdaigle ont repris l'école.
C'est curieux que Charli ne connaisse pas quelque-chose d'aussi commun qu'une vipère, non ? Marley lui jette un œil surpris. Bah c'est une vipère, y'en a plein dans la forêt. Vipère péliade, c'est ceux qu'on voit souvent, plus petit, et plus peureux. Mais s'il te mord, il faut la magie. Ou l'hôpital St Mangouste de Londres, oui. Sérieux, le jeune Carter suit l'action sur les écrans. Soudain, le serpent devient une peluche, sous ses yeux étonnés. Il fixe Freya. C'était un épouvantard, confirme-t-elle distraitement en surveillant la carte entre les mains du géant.
Pendant qu'Alison progresse au cœur du labyrinthe, la star d'un autre temps s'apprête à signer.
— Charli sans -e au bout, précise l'aînée à son père qui tient le crayon. Tiens Charli, viens t'asseoir là, ajoute-t-elle, en laissant une place entre elle et Owen au Gryffondor. Marley, viens. Alors, Freya se décale à l'extrémité du banc et prend son frère près d'elle, pour que les deux enfants soient contre le colosse, et que Charli puisse passer quelques secondes en compagnie de l'ancienne idole.
Message publié le 14/01/2026 à 08:56
L'impact du quidditch sur le monde sorcier échappe encore à Marley. Lui qui n'a jamais eu l'occasion de voir un match au stade ne peut pas imaginer jusqu'où va la fièvre des supporters. Mais il écoute Charli avec attention, comme souvent. Caerphilly, au Pays de Galles, près de la capitale Cardiff, pense-t-il sans le dire à haute voix, une carte des Îles d'Angleterre posée contre le mur de son lit dans la cabane à Puck's Glen. Leur conversation est interrompue par le sortilège d'Alison, empêchant le rouquin de répondre tout de suite aux questions du brun.
Il observe sa sœur transformer son "faux" père en drôle de clown, au soulagement de Freya. Putain, t'vois, t'vois c'était ça, c'était un épouvantard. Owen prend une inspiration en frottant sa barbe épaisse. C'est ça, son épouvantard ? Mhr, grogne-t-il, les yeux fixés sur la cadette Carter qui fait face au résultat de son sortilège de défense. Charli intervient, et Marley attend aussi de comprendre ce qu'ils viennent de voir.
— L'épouvantard Charli, ça prend l'apparence de ta pire peur. Tu dois l'rendre ridicule pour l'arrêter. T'apprendras en cinquième année, explique brièvement Freya. Elle agite la carte et le crayon en demandant au jeune Gallois de bien vouloir patienter encore un peu, puis se penche en direction de son père. Papa, l'autographe. Tant qu'il s'passe rien.
Comme Alison marche à travers les grands rochers, Marley reprend la fil de sa discussion. Pour le quidditch, j'regarde les images du journal et on écoute à la radio. Papa me monte sur le balai avec lui, c'est plus haut qu'les sapins, j'ai un peu peur pour le moment. La confidence est naturelle, portée par les interrogations habituelles de Charlie en fin de semaine à son frère, et surtout la bienveillance dont elle fait preuve depuis leur rencontre. Hé, c'est quoi une balance ? demande Marley au Gryffondor. Charlie a quatorze ans et Alison seize ans. Et toi ? Douze ou treize ? Ses prunelles grises dévient machinalement vers l'écran désigné par Charli.
— C'est la tête et les écailles d'une vipère ça, mais elle est énorme, je connais pas cette espèce, raconte le rouquin à l'intention de l'élève. Il scrute la manière dont s'y prend la fille, et les réactions du serpent. Elle doit rester calme. Il faut pas bouger autant sinon elle va se faire mordre. T'as déjà eu une morsure de serpent ? Moi oui, une vipère péliade. En plus c'est venimeux.
Message publié le 13/01/2026 à 01:44
— Pourquoi faut qu'ils lui retournent la tête avec sa mère ?! s'emporte le géant, une main retombant lourdement contre sa cuisse en comprenant la scène. Marley lui jette un œil inquiet, puis à la réaction de Freya, et de Charli. Lui-même n'a aucun souvenir de sa propre mère, Kate Carter, qu'il ne connaît qu'à travers les photos et les récits de sa "nouvelle" famille. Alors il fixe encore sa grande sœur et attend qu'elle réponde au Gryffondor.
Une main anxieuse sur le genou du rouquin, elle finit par détourner ses yeux des écrans. C'est une illusion Charli, ça sert à la déstabiliser, ça fait partie de l'épreuve. Et non, les élèves devraient pas être de ce côté tu sais hein, alors reste bien assis, ajoute-t-elle, avant de se pencher vers Owen et chuchoter quelque-chose d'inaudible. Tous les deux suivent avec attention l'image de la cadette Carter, toujours immobile face au triste portrait de ses parents. C'est honteux, proteste le père de famille, amer. Ah bah c'est sûr qu'c'est facile. C'est quoi ça ? Un épouvantard tu crois ? La discussion perd le plus jeune qui reporte son attention sur Charli.
— Et tu les connais mes sœurs Charlie et Alison ? demande-t-il, intéressé de comprendre les liens entre l'élève sorcier et lui. Je connais Elliot Blackburn, on l'a au magasin sur son balai. Il joue en vert et en rouge, complète l'Écossais à l'accent encore déformé. Jour après jour, il apprend les éléments composant l'univers des Carter.
Autour d'eux, la foule scande d'ailleurs parfois son nom de famille, entre les chants d'école de Uagadou et le brouhaha général. Quand soudain à l'écran, sa sœur tend son bras d'un air déterminé, Marley observe curieusement. Elle va faire un sortilège, regarde, dit-il à l'intention de Charli. Elle va faire quoi Freya ? J'sais pas, regarde. Alors, il regarde, mais se penche vers le brun pour assouvir l'une de ses questions.
— C'est quoi le pouvantard ?
Message publié le 09/01/2026 à 00:47
Il a jamais vraiment causé à des gosses de son âge. Il a jamais vraiment causé tout court d'ailleurs. Avant de rencontrer son père, le jeune Marley vivait avec un couple de sorciers âgés reclus du monde magique comme du monde moldu. Il passait ses journées dans la forêt, à aider aux travaux extérieurs, ou bien au coin du feu pour trier diverses choses ; des graines de semis par exemple. L'homme et la femme n'étaient pas trop bavards, alors Marley non plus. Depuis son arrivée à Pré-Au-Lard, il a découvert un univers de paroles, notamment aux côtés de Charlie.
Marley écoute sagement, bien moins agité que l'autre Charli. Après avoir simplement nié de la tête à la première question, il jette un œil à son père, toujours suspendu aux images des écrans, puis fixe l'élève sans savoir s'il a le droit d'avouer qu'il est le fils d'Owen Carter. Heureusement, sa grande sœur lui pose une main affectueuse autour de l'épaule, et se penche en direction du Gryffondor, le regard malicieux. Hey Charli, t'es le p'tit frère d'Elliot, alors j'sais que j'peux te faire confiance et te dire un secret, j'espère que j'me trompe pas hein, tu l'dis à personne ? Peut-être qu'en son fort intérieur, Freya sait que l'information fuitera dès demain, puisque les journalistes couvrant le tournoi ont probablement remarqué la présence d'une tête rousse supplémentaire sur le banc des Carter. Bon, Marley c'est notre p'tit frère, et il est cracmol, tu sais c'que c'est ? En fait, il est né dans une famille de sorciers, mais il a pas l'don de magie. C'est l'inverse de toi et Elliot, vous êtes des sorciers nés dans une famille moldue. Tu gardes le secret, tu t'rappelles ? J'vais essayer d'avoir ton autographe, attends. Elle tapote l'ensemble des poches de son pantalon cargo à la recherche d'un crayon, et commence même à enfoncer sa main, et finalement son bras jusqu'au coude, à l'intérieur de l'une d'entre elles. On voit rien avec le brouillard, râle Owen. Pendant ce temps, Marley mordille ses lèvres, et se décide à poursuivre seul la conversation.
— J'peux te montrer où qu'elle est Charlie moi, regarde. Il roule ses doigts en tunnel et y colle son œil gauche, l'autre fermé. À travers sa lunette de fortune, il cherche la Serdaigle et soudain se fige. Viens à ma main, dit-il en décalant son visage avec précaution pour que Charli puisse observer par le tunnel formé entre ses doigts. Elle est là-bas, tu vois, sous la lettre U de TOURNOI. Sérieux, le rouquin s'assure que sa manœuvre fonctionne en examinant la réaction de l'élève. Tu l'as trouvée ? Elle est à côté d'un Gryffondor comme toi, mais avec une boîte à ses mains. Elle aussi fixe anxieusement l'écran. Oh c'est quoi ça ? Qu'est-ce qu'ils lui ont foutu ?! Pourquoi t'es là, pourquoi. C'est Maman ? Putain. Les paumes camouflant la moitié de son visage, Freya vient d'arrêter de fouiller l'intérieur de ses poches.
Message publié le 18/12/2025 à 13:38
Il reconnaît Charlie au terme d'une longue observation de toutes les tribunes, une par une, et de l'ensemble des élèves amassés en face d'eux. Son œil cramponne la silhouette - emmitouflée d'une écharpe bleue - de sa sœur aux cheveux flamboyants, comme ceux des autres Carter. Ah oui ça y est, j'la vois ! s'exclame l'aînée des trois filles, venue aux côtés du jeune Marley. Les secondes suivantes, ils essayent d'attirer l'attention de l'apprentie sorcière au travers des monolithes gênant l'horizon. Faut pas trop se faire remarquer, prévient Freya, craignant l'acharnement des journalistes. Alors le rouquin secoue sa main seulement quand il a l'impression que la Serdaigle regarde dans sa direction. C'est peine perdue - elle semble préoccupée, sûrement par le sort d'Alison.
Marley n'a pas tellement compris l'enjeu du tournoi. On lui a dit qu'il verrait l'école de ses sœurs et que la Serpentard avait été choisie parmi les élèves les plus âgés pour participer à un concours qui n'a lieu que rarement, et qui demande des qualités difficiles à réunir dans une seule et même personne. Il connaît moins bien Alison que Freya ou encore Charlie. Il se méfie d'elle depuis qu'elle l'a accusé d'être le responsable d'une invasion de doxys survenue peu après son arrivée au 76 Grand-Rue, alors qu'en fait, les œufs étaient cachés au milieu de la queue en paille d'un balai en réparation à l'atelier.
— Allez viens Marley, viens t’asseoir, répète Owen Carter quand soudain une voix retentit dans tout le stade. Le benjamin s'exécute, assis entre son père et sa grande sœur, impressionné par la liesse puis le silence du public. Autour de lui, les adultes sont concentrés. L'homme parle de créatures avec un air grave. Trois vérités brutales, ça veut rien dire, murmure Freya, les sourcils froncés. De l'autre côté, un grognement suivi d'une inspiration lourde marque l'impatience du quasi-géant.
Brusquement, le regard de Marley est attiré par les écrans géants qui s'allument, brillants - il n'a jamais rien vu de tel. Elle va arriver, on va la voir là, confirme l'aînée en pointant l'image du doigt. Alors, comme tout le monde dans les gradins, Marley attend.
Message publié le 18/12/2025 à 09:02
Les mains sagement posées sur ses cuisses, il observe curieusement la femme qui transporte avec elle l'odeur singulière du Ministère de la Magie. Celle-ci se mêle aux flagrances de l'atelier des Carter et aux fumées des potions flottant dans l'air de Pré-Au-Lard.
Marley et son père portent une attention particulière au paquet plein de belles promesses que leur dévoile Miss Hilswood. La boîte de métal gravé plairait à Charlie. Les recommandations ont le mérite d'être intrigantes. Owen acquiesce, juste avant d'expirer un léger râle de surprise en découvrant le téléphone. L'enfant tourne la tête vers son père, et fixe encore l'objet tout plat et tout noir. Oh bah ça. Ma grande en a ramené un à la maison y'a trois semaines, s'exclame le quasi-géant en laissant tomber sa main contre sa cuisse, sa barbe effectuant un hochement d'approbation.
— Voyez, elle pense la même chose que vous, qu'on pourra montrer le monde moldu au gosse, et aussi qu'on pourra apprendre à communiquer autrement, ajoute-t-il en secouant légèrement Marley par l'épaule. Ce dernier reste imperméable à l'annonce. C'est quoi Papa ? Attends, elle va te montrer, t'vas voir. Et comme Miss Hilswood sort le téléphone de son écrin décoré de runes, et leur fait la démonstration de son démarrage d'un simple pouce sur un bouton, l'ancienne star du quidditch se remémore le souvenirs de quelques collègues. J'en ai connu qu'en avaient, mais c'est pas facile ces machins avec la magie. Enfin, ça a évolué, tout a évolué, bientôt ils amèneront l'électricité à Pré-Au-Lard. L'écran du téléphone s'allume. Oh c'est beau, réagit le rouquin, un sourire émerveillé aux lèvres en voyant les arabesques de pixel se mouvoir lentement jusqu'à afficher un quadrillage d'applications. Faudra qu'j'demande à ma belle-sœur alors, pour s'parler au téléphone, déclare Owen en évoquant la famille de sa femme aux États-Unis, sans toutefois réelle intention de les contacter.
La petite Carter et son géant de père
Message publié le 27/10/2025 à 14:31
Comme beaucoup d'enfants lorsqu'ils voient Horace pour la première fois, Marley l'interroge à plusieurs reprises d'un regard curieux, intrigué par sa gestuelle pantine et ses vêtements excentriques. Observateur avant tout, le jeune Carter fixe la réaction du concierge lorsqu'il découvre sa collection de billes et saisit l'une d'entre elles. La France ? Il connaît ; on lui a enseigné la géographie du monde à travers d'anciennes cartes écrites en Gaélique écossais. An Fhraing, traduit-il sans réussir à se retenir d'inspirer discrètement les cheveux de l'homme qui repose la sphère magique au milieu des autres. Chargé de sa boîte, il se promène un instant au salon, la cache sous un coussin épais de velours orange, et revient en direction de la table tandis que la discussion est au pot-au-feu de veau.
— Pimpiiiin, chouine faussement Charlie en tordant sa bouche dans une moue exagérément triste, ce qui inquiète son petit frère. Il tourne la tête vers Horace, incapable de savoir quoi dire, puis vers la Serdaigle au sourire rassurant. Ça va Marley, c'est pour rire, t'inquiètes pas ! dit-elle en le prenant dans ses bras. Le rouquin récupère une expression plus légère et s'installe sur l'une des chaises dépareillées pendant que son père termine de réchauffer le plat. Il reprend son auscultation de l'homme aux sourcils épais. Après vous irez jouer, ou lire, j'dois causer à Horace, mh ? marmonne le quasi-géant, immédiatement approuvé par sa benjamine, cette dernière visiblement heureuse à l'idée de passer du temps en compagnie de Marley. J'lui ai lu presque tous les journaux de Maman, annonce-t-elle au concierge alors que les assiettes arrivent l'une après l'autre devant chacune des places occupées, et devant la grosse chaise de l'ancien sportif.
— Notre Maman -oui notre Maman, à tous les quatre- Freya, Alison, Charlie ; mes trois grandes sœurs, et moi, Marley, récite-t-il en Anglais correct sous l'œil attentif de la Serdaigle. Tu sais, Horace il connaissait Maman, il sait plein de trucs sur elle, déclare la quatrième année en remuant son potage de légumes, tandis que le gosse dévisage un peu plus l'ami des Carter. Mange, Marley, le reprend Owen qui s'assoit, oubliant d'apporter de l'eau ou même des serviettes. Je connais aussi Maman, elle m'a fait naître, j'étais dans son ventre, et j'ai voyagé avec elle dans son ventre, ajoute le garçon avant d'avaler une bouchée de veau. Oui, bon.. c'est vrai mais euh, t'es pas obligé de le dire à tout le monde mon grand. J't'ai dit ça juste pour t'expliquer que ta mère a de l'importance - c'est pas tout le monde Papa, c'est Horace, appuie Charlie d'un haussement d'épaules convaincu. Le colosse se retient de répondre en prenant une grande cuillère de pot-au-feu qu'il engouffre bruyamment entre les poils de sa barbe rousse.
Un court silence traverse la table, rompu par le piaillement de MicMac, et la question de Charlie. Horace, t'as des infos sur le Tournoi des Trois Sorciers ? Les élèves de Uagadou et Beauxbâtons arrivent dans deux semaines déjà ! Tu crois que le directeur sera guéri ?
Mesures quantitative du flux magiques: cas appliqué, sujet numéro 6
Message publié le 22/08/2025 à 11:26
Marley s’assoit docilement sur la chaise du milieu, les baskets qui ne touchent pas encore tout à fait le sol. À gauche, Charlie, sa grande sœur. À droite, Owen occupe presque la largeur du bureau, son odeur familière enveloppant le jeune loup-garou comme une couverture. Puis il y a les autres senteurs de la pièce : le parfum de la femme inconnue, l’amertume piquante de l’encre magique, et surtout le goût métallique et froid du couloir des Mystères.
Depuis quelques semaines, l'enfant connaît ça, les bureaux, les médicomages, les regards scrutateurs. À Sainte-Mangouste, il s’est habitué à rester tranquille, à tendre le bras, à répondre aux questions simples. Aujourd'hui, ça semble différent. Les yeux de Miss Hilswood glissent parfois vers lui, mais elle parle en particulier à son père, avec ce langage compliqué, incompréhensible. Marley décroche. Ses narines se dilatent au moindre courant d’air, et cherchent un appui plus solide que les mots.
Charlie continue d'observer les instruments bizarres, sa main chaude sur le bras du garçon. Tiens bon, petit frère, je suis là. Lui mâche les Million's en silence. Fraise, pomme, cola ; un feu d’artifice de sucre qui recouvre l'amertume. Ça l'aide à garder un air normal. À ne pas se recroqueviller.
Car Marley devine, à l’odeur spéciale, que ces instruments sont à part. Ils vont peut-être sentir ce qui se passe dedans lui, dans ses veines, dans ses os. Ça le serre à l’intérieur, et il baisse les yeux vers ses chaussures. Il aimerait disparaître sous la chaise, devenir juste une odeur de poussière parmi d'autres. Mais le parfum d'herbes chaudes que transporte Charlie sur elle en été rappelle au rouquin la présence de sa sœur.
Alors Marley fixe les bonbons au creux de sa paume et décide de respirer ça, plutôt que le reste.
À côté, Owen prend connaissance des formulaires avec la Langue-de-Plomb. J'ai bien compris, affirme-t-il, une légère crispation tordant ses sourcils épais. Si vous m'dîtes que c'est essentiel, alors on le fait. Concentré, l'homme jette un œil aux mots étalés sur le parchemin, puis en direction de ses deux enfants, et des instruments disposés autour d'eux.
— Mais j'veux qu'il sache ce qui l'attend, pas en jargon scientifique, en phrases simples.
Message publié le 07/07/2025 à 18:05
Les odeurs de parchemins se mélangent aux parfums des nombreux employés et à l'huile utilisée pour lustrer le bois. Marley sent ses narines vibrer comme si elles avaient besoin d'attraper la moindre trace de ce monde nouveau. Il voudrait s'accroupir et coller son museau contre le bord des meubles, prendre l'empreinte olfactive du gigantesque Ministère, faire taire sa curiosité. Mais Owen n'a eu de cesse de lui répéter " On ne renifle pas. " On ne renifle pas les gens, on ne renifle pas le revêtement du siège dans le train, on ne renifle pas les rampes d'escaliers. Alors le rouquin se contente d'inspirer largement les effluves des couloirs, caché à moitié par l'ombre de son père. Celui-ci l'empêche de reculer lorsque la porte du bureau s'ouvre et qu'un homme en sort.
— Bonjour, répond le colosse en posant sa main entre les épaules du gosse. Merci, ajoute-t-il, poussant doucement l'enfant vers l'intérieur de la pièce. Entre Marley. Le coeur de Marley palpite en dépit de son apparence presque calme. Il obéit un peu vite à l'ordre et ses baskets crissent sur le parquet ciré. Dis bonjour, se contente d'exiger Owen Carter en tirant un siège pour son fils avant de s'asseoir à son tour. Leurs silhouettes paraissent encore plus opposées entre les accoudoirs, trop écartés et trop hauts d'un côté, et inexistants, avalés par la carrure du sportif de l'autre côté. Bonjour, souffle timidement Marley, le vieux sac en cuir serré dans ses bras. Ses prunelles s'élèvent en direction du chef des Aurors tant qu'il parle à son père, et s'enfuient alors que le silence revient un court instant. Il n'a jamais vu autant d'êtres humains que depuis le début de leur voyage vers Londres.
La voix désormais familière d'Owen lui rappelle l'objet de cette excursion. Marley l'écoute, un œil vissé sur ses grandes mains, l'autre dévisageant parfois le brun qui se tient en face d'eux. Comme je l'ai écrit, ma femme, Kate Carter, a disparu depuis le printemps 2113. Une enquête avait été ouverte en juillet de la même année, et refermée, contre ma volonté, en juin 2114. La voix de l'ancien poursuiveur d'équipe nationale d'Écosse avait résonné si fort dans l'atrium que les vitres ont fissuré, disaient les journaux de l'époque. Il paraît qu'on avait dû le menacer d'enfermement à Sainte Mangouste et de placer les trois filles Carter en foyer pour le dissuader d'insister plus lourdement. Bon de mon côté, j'ai continué à chercher, vous auriez sûrement fait pareil si ça avait été votre femme, se défend l'homme en frottant sa barbe rousse irrégulière, piquée de rares poils blancs. Il contracte la mâchoire, heurté par les critiques de la presse à scandale qui le désigne en mauvais père, l'accusant d'avoir tout abandonné depuis la disparition de Kate Carter. Ça a pris le temps qu'ça a pris, mais j'ai remonté des pistes jusqu'à revenir cet hiver à l'ouest en Écosse, à Puck's Gleen, ça doit vous parler ? La péninsule de Cowal est connue pour un épisode phénoménal de propagation de la lycanthropie en 2118, les autorités et les hôpitaux magiques des îles britanniques sont bien au courant, le phénomène encore loin d'être maîtrisé.
Owen retire le vieux sac en cuir des mains de Marley qui ne moufte pas. Il le pose au sol sans arrêter son récit. Ma femme est décédée, j'en ai eu la confirmation là-bas, énonce-t-il, sa tristesse avalée par les cernes sous ses yeux fatigués. Le petit rouquin fixe maintenant ses pieds sous le bord du bureau, les mains posées sur ses genoux vêtus d'un jean neuf, pour faire bonne impression. Et puis, j'l'ai trouvé lui, Marley, mon fils, apparemment. J'savais pas que Kate était enceinte quand elle est partie. À la mention de son prénom, le plus jeune jette un coup d’œil à son père. Ce dernier lui prend brièvement l'épaule, réunissant les mots suivants au sein de son esprit. Il était gardé par un couple, isolé au milieu des bois, qui avaient connu Kate, et qui s'occupaient de lui comme ils pouvaient. Des vieux sorciers, qui vivaient de pas grand-chose honnêtement. Je dis "vivaient", parce qu'ils ont dû prendre un portoloin ou je sais pas, mais ils ont disparu après m'avoir dit tout c'que je devais savoir pour récupérer le gosse. Owen retire la main de Marley, qu'il a plaquée contre son nez pour en examiner les odeurs.
— Voilà donc j'ai appris que j'ai un fils de onze ans, bientôt douze, qui n'a jamais montré de signe de magie, et qui est malade de lycanthropie depuis qu'il est tout petit. L'annonce sonne comme une bombe, lâchée au milieu du bureau, entre un Kaelen Rowle plus qu'attentif, et un Owen Carter au regard robuste. L'enfant continue de fixer ses genoux et ses doigts, remuant les jambes nerveusement. Il a presque pas connu sa mère, elle a été tuée la même nuit où il s'est fait mordre, mais a priori elle avait sûrement déjà une morsure plus ancienne. Ça reste flou. Par contre là-bas ils l'enfermaient, ils lui donnaient pas de potion, il a jamais rien pris pour le moment. Inquiet de sentir son père sécréter de l'adrénaline, Marley se voûte à mesure qu'ils arrivent au coeur de la conversation. Moi je m'occupe de lui depuis janvier, là c'est la pleine lune dans dix jours, c'est-à-dire qu'il a l'habitude d'aller à l'intérieur d'une cabane le temps que ça se fasse, mais bon, c'est pas une vie. J'aimerais bien le ramener chez nous, à Pré-Au-Lard, avec mes filles.
Le joueur de quidditch fixe un instant Marley et passe sa main sur les boucles rousses et désordonnées de ce dernier qui garde la tête baissée. Il est pas méchant, j'ai appris à le connaître, je voulais d'abord voir ce que ça donnait avant de l'emmener en ville ou près de l'école. Hein Marley, t'es pas méchant. Tu veux aller à la maison rencontrer tes sœurs ? Owen Carter répète sa question une deuxième fois en Écossais. Le gosse acquiesce du menton.
— Avec des mots, de l'Anglais Marl'.
— Oui, confirme la voix frêle du rouquin dont les traits ne laissent aucuns doutes sur ses liens du sang avec le sexagénaire. Bon, on fait comment du coup ? Dites-moi ce que je dois faire pour régulariser tout ça au plus vite.
Message publié le 17/05/2025 à 08:24
Le Monde est trop grand.
Marley écarquille les yeux. Depuis leur sortie de la gare de King’s Cross, la ville n’est qu’un vacarme de klaxons, de visages flous, de pavés brillants et de nuages de pigeons qui explosent lorsqu'ils approchent. Ça sent le goudron brûlé, la friture, l'essence, le parfum des gens. L'enfant voudrait reculer, mais c'est impossible.
La main d’Owen Carter posée entre ses omoplates l'en empêche. Large, elle le pousse doucement à chaque obstacle. Avance gamin, semble-t-elle lui dire. Et Marley avance.
Il n’a connu cette main que depuis quelques jours, mais elle parle mieux que toutes les bouches. Elle le retient d’un mouvement sec quand il manque de se faire renverser par un taxi. Elle l'encouragement quand il n’ose pas traverser une rue pleine d’inconnus. Elle l'a maintenu droit quand il tremblait de colère, ou de honte.
Owen Carter ne parle pas beaucoup. Gigantesque, il fend la foule comme un monolithe, et Marley, onze ans à peine, court presque à côté, bousculé par les sacs, les genoux des passants et les éclats de rire qui résonnent trop fort. S'il s’éloigne sans faire exprès, son père l’attrape doucement par la capuche de son sweat et le ramène d’un geste tranquille. Comme on retient un chiot. Comme on protège quelque chose qu’on ne sait pas encore aimer, mais qu’on refuse de perdre.
Les passants se retournent. Quelques regards curieux, parfois méfiants. Certains haussent les sourcils en découvrant la carrure d’Owen, d’autres sourient en voyant Marley trottiner, les bras serrés autour d’un vieux sac en cuir. Lui, il ne sourit pas. Il a les narines ouvertes comme un animal traqué. Chaque odeur est une agression. Il a envie de se boucher le nez. Et de se cacher.
Ils bifurquent à droite et la foule devient plus fine, les immeubles plus anciens. Charing Cross Road s’ouvre devant eux comme une cicatrice pleine de librairies et de boutiques étranges, dont certaines donnent l'impression d'observer les passants. Marley sent un picotement dans sa nuque. Il devine, sans savoir pourquoi, que la magie est proche. Il s’arrête une seconde devant une vitrine de disques où tourne un vinyle sans tourne-disque visible. Une mouette hurle au-dessus d’eux.
Puis Owen l'entraîne un peu plus loin.
Entre le disquaire et une librairie poussiéreuse, un bâtiment croulant de travers se dresse, invisible aux yeux des Moldus. Le bois est noirci, la façade semble grincer rien qu’à la regarder. Un écriteau pend de guingois : Le Chaudron Baveur.
— Tu te rappelles où on va ? demande le patriarche en se penchant vers le gosse pour que leurs regards se croisent. Marley acquiesce. Il resserre le sac de cuir dans ses bras. Avec des mots Marley, insiste l'ancienne célébrité du Quidditch écossais sans quitter les yeux gris de son fils.
— C'est là qu'on passe... pour l'autre côté.
— Exactement. Et on ne renifle pas les gens, ajoute-t-il avant de pousser la porte de l'auberge.
Une bouffée de parfums chauds saute au visage de Marley : bière rousse, bois ciré, vieux cuir, quelque chose d’épicé qu’il ne connaît pas. Le plafond est bas, les murs sombres, les tables bancales. Une sorcière boit du sirop de cerise avec une boule de glace et une ombrelle miniature. Un feu crépite dans l’âtre, malgré la chaleur de mai. Un homme lit le journal en buvant un hydromel mystérieux. Des sorciers discutent à voix basse au fond de la salle, et sur le comptoir, une bouteille de Gamp's Old Gregarious semble bouger légèrement quand personne ne la regarde.
Marley s’accroche à la veste de son père, le cœur battant.
Il n'ose pas respirer trop fort.