Harry Potter RPG
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Reporter en herbe

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Deb
Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

Renvoyé. Merde. Cette fois c'est clair que Papa va faire la gueule. Ça craint un max. Pire ça veut dire qu'il peut s'assoir sur sa paye, et sa paye il en a vachement besoin. Hatkins a arrêté d'être sur son dos quand il a capté que Leo avait retrouvé un job, mais suffira d'un seul jour de retard pour qu'il réalise que c'est déjà fini. Il a le flair pour ça. Délire. Supplier Ingram est hors de question. Le chef Ingram c'est pas un type qu'on supplie. C'est un type il ordonne et on fait. Alors s'il vous ordonne de vous tirer fissa, on se tire fissa. Leo aimerait se dire que Papa l'apprendra pas. Pas tout de suite en tous cas. Sauf que voilà, c'est grace à Papa qu'il a le job, alors c'est sûr Ingram va le prévenir fissa aussi. Même que c'est peut-être pour ça que Leo a pris la tangente aussi rapidement du ministère.

Il a fait mieux que ça.

Non parce que y a pas dix mille manières d'arranger les choses, voyez, et si y a un truc dans lequel il est bon, c'est d'arranger les choses dans l'urgence. L'urgence étant de pas éveiller les soupçons d'Hatkins pour pas se fairer virer de son appartement comme un malpropre, et aussi de trouver de quoi apaiser le cou roux de Papa. Si, quand Papa s'énerve, il a le cou roux. C'est même de là qu'elle vient l'expression en fait. Sans doute. Pas que Leo soit bien sûr, il l'a jamais cherché dans le dictionnaire, mais il en a suffisamment feuilleté pour savoir comment ça marche. Enfin les dictionnaires marchent pas, ils ont pas de jambes. À part entre les mots jamais et jambon. Mais ça n'a vraiment rien à voir.

Bref, Leo a pris les choses en main dès sa sortie du ministère. Il a épluché toutes les gazettes du kioske en bas de la rue, pas comme des pommes de terre hein, pis il a entouré toutes les annonces de job disponibles dans les environs. Comme ils font dans les films, voyez. Pis après ça il a fait ce qu'on fait ensuite dans les films : il a pris son téléphone et il a appelé partout. Alors il était un peu tard alors y a plein d'endroits ou vraiment personne a répondu, mais parfois ça a répondu quand même, et attention attachez-vous parce qu'il a obtenu rien moins que quatre rendez-vous différents pour le lendemain matin. Comme quoi. Ça paye de regarder des films. Enfin non ça paye pas, sinon il en serait pas là à essayer de trouver un job pour régler son prochain loyer, il serait affalé dans son canapé à regarder le dernier Fast & Furious.

Apparemment ils ont le dernier OCQ dedans, et y a des feudeymons et tout, et aussi des licornes doppées.

Sûr que Leo préfèrerait mater ça que chercher un job.

N'empêche qu'à force de chercher, on finit par trouver. Alors il y croit dur comme fer. Le premier entretien, a neuf heures pétante, est un sombre échec. Littéralement. C'est-ce qui se passe quand on confond la poudre de cheminette, et de la poudre d'obscurité. Le second entretien ne se déroule pas beaucoup mieux, pas plus que le troisième, ou même le quatrième. Leo, pourtant, continue d'y croire dur comme fer. Sa gazette ornée de cercles rouges entre les mains, il est saisit d'une brillante idée alors que son regard se pose sur les lettres dorées indiquand le siège de la Gazette, à quelques mètres seulement. Pourquoi il n'y a pas pensé plus tôt ? Le journal est enfoncé dans la poche de son costume - un smoking simple au coût frisant le ridicule, et dont les manches présentes une usure certaine mais peu perceptible pour celui qui n'y jetterait pas un œil averti.

- Bonjour ! J'ai un entretien pour une embauche, il annonce brutalement dès son arrivée au comptoir, un large sourire sur les lèvres.

Attention, Leo n'est pas un mythomane, mais il est bien conscient que par moment, le mensonge le plus inoffensif peut mener aux plus grands succès. Son regard parcourt d'ailleurs la liste que semble chercher la réceptionniste des yeux, et il pointe du doigt un nom au hasard.

- Juste là. Jonathan Berkins. C'est moi. Je suis un peu en avance...
- Ah oui, d'une heure même Monsieur Berkins, ça ne vous dérange pas d'attendre j'espère.
- Aucun problème !

Il frappe le comptoir avec empressement, comme il a tant vu certains hommes le faire avant lui, et se dirige naturellement vers les larges canapés du hall.

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Idrisse Rose Adler

Journaliste - Gazette du Sorcier 24 ans Sang Inconnu Britannique Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Bureaux de la Gazette du sorcier, Vendredi 29 Septembre 2124

Aujourd’hui, c’est la journée où même mon encre semble déprimée. J’écris vraiment avec l’enthousiasme d’une moule échouée sur un rocher. Mon article en cours ? Une analyse approfondie sur la réglementation des importations de peaux de dragon dans l’industrie textile sorcière.

Oui. Vous avez bien lu.

Rien qu’en relisant cette phrase, j’ai envie de me noyer dans mon encre. Basculant ma chaise en arrière, plume en main, les yeux rivés sur le plafond, je ferme les yeux et manque de tomber. Je me rattrape de justesse, le cœur battant. Il faut vraiment que je trouve quelque chose à faire, n’importe quoi, avant que l’ennui ne m’achève. Parce qu’à défaut d’une distraction, je suis en train de me demander pour la cinquième fois de la journée, pourquoi je fais ce métier. Et ce n'est pas bon, du tout, comme mentalité. Il faut que je me rappelle pourquoi je suis là, pourquoi j’ai choisi ça. 

Ah oui. 

Parce que j’aime enquêter, poser des questions dérangeantes et balancer des articles qui font enrager des politiciens corrompus. C’est vrai…

Pas pour compter combien de putain de Merlin de créatures magiques on peut légalement tondre par an.

Je soupire et me redresse comme une anguille réveillée en sursaut. Abandonnant ma plume, je quitte finalement mon bureau avec l’énergie d’un fantôme en fin de vie. Une pause mentale s’impose. Direction le réfectoire, ce sanctuaire de la procrastination journalistique.

L’odeur du café brûlé me frappe en arrivant, et j’attrape une tasse sans conviction. Le liquide noir a la consistance d’une potion suspecte. Je me demande vaguement si cette mixture douteuse n’est pas en réalité une tentative officieuse d’éradication du personnel par intoxication lente. Sans plus y réfléchir, je me pose sur une table et tourne la tête. C’est à cet instant que mes deux trois neurones en batailles grillent les dernières connexions -que je n’avais pas vraiment de base, de mon cerveau.

Sans dire un mot, j’observe les deux personnes présentes. Il y a la vieille collègue hideuse que je déteste et qui parle trop fort. Il est arrivé ? Jamais là où il faut, mais toujours là où j’ai pas envie de la voir. Oui, il attend en bas. Il a l'entretien d’embauche avec Abbott, mais elle n’est pas encore revenue de sa pause. Elle avait des courses à faire. Et ça, c’est la nouvelle réceptionniste qui sait pas foutre un pied devant, même si elle est très sympa. Et… Attends. Quoi ?! Il a un entretien d’embauche avec Abbott ? Madame Abbott…? La meuf de la rubrique politique ? Celle qui a le charisme d’un Scroutt à pétard et la patience d’un troll fatigué ? Celle qui prend des pauses longues comme ma… baguette -oui c'est ce que j'allais dire. Cette Abbott là ? 

Hum.

Un entretient d’embauche. Un candidat en attente et une collègue absente.

Une collègue absente 

Je me fige, tasse à la main. Plisse les yeux. Je porte lentement mon café à mes lèvres, sans boire, le regard dans le vide. Une opportunité se dessine. La petite voix raisonnable dans ma tête hurle de ne pas y aller.

Mais la petite voix raisonnable ne gagne jamais. 

Ah mais oui ! C’est ça que je devais faire Valentine ! Je me tourne vers la réceptionniste. Abbott est passée me voir il y a une minute. Elle ne te trouvait pas. Elle m’a dit que si je te croisais, je devais te prévenir. Je fais une grosse voix et commence à mimer des guillemets avec mes doigts. Si le candidat est déjà arrivé, dis-lui de me l’envoyer directement dans mon bureau. Je lui fais un grand sourire. Je l’imite très bien je trouve. Elle est revenue plus tôt de sa pause, histoire de pouvoir se tirer plus tôt ensuite. De toute manière, quand on est la fille de l’éditeur, on est rarement remise en question. Vous croyez pas ? Malgré tout, elle a l’air un peu étonnée, mais me remercie quand même. Elle tourne la tête vers la vieille mégère qui hausse les épaules. La fille s’excuse et se dirige vers les escaliers qui descendent au hall. Sans attendre, je repose ma tasse sans la toucher -parce que, franchement, la vie est déjà assez dangereuse comme ça, et quitte discrètement la salle. 

Direction le bureau d'Abbott !

En chemin, je ralentis à hauteur d’un espace de travail vide. Il a l’air abandonné à son sort depuis ce matin. Parfait. Je jette un regard rapide autour de moi, et attrape un dossier vierge -parce que le style, c’est important, posé sur la pile de papiers en attente. Pas trop en haut, pas trop en bas. Histoire de ne pas perturber l’équilibre du désordre organisé. Et surtout pour pas se faire griller. Puis l’air de rien, je le plaque contre moi comme s’il m’appartenait depuis toujours, avant de reprendre mon chemin avec toute la confiance du monde. Règle numéro un pour s’infiltrer quelque part où tu n’as rien à faire : Ne pas donner aux gens l’impression que tu doutes.

Je traverse l’open-space en toute tranquillité. Rien d’inhabituel, tout va bien, Idrisse a totalement quelque chose à faire ailleurs, voyons. Mais c’est précisément à ce moment-là que je croise la seule personne qui sait quand je risque de faire de la merde. Ma collègue pas préférée du tout : la spécialiste en levée de sourcils accusateurs. Je lui souris. Beaucoup trop innocemment. Idrisse… Elle prononce mon nom avec une méfiance évidente. C’est toi… Tu tombes bien, mais… je dois y aller ! Elle me scrute. Son regard se pose sur le dossier que je tiens dans les bras, puis revient à mon visage. Je vois le moment précis où elle comprend que je vais faire une connerie. Elle ne sait pas encore laquelle. Mais elle sait qu’elle est là, tapie dans l’ombre. Telle une demiguise. Elle inspire profondément, prenant une seconde pour formuler sa phrase avec soin. Ne fais pas… trop de vagues. Elle n’a pas besoin d’en dire plus.

Elle sait.

Je sais qu’elle sait.

Et elle sait que je sais qu’elle sait.

Elle me fusille du regard et disparaît. Je respire profondément, reprends mon chemin et me dirige vers mon objectif : au fond du couloir, le bureau d’Abbott. L’objectif est simple, il faut arriver avant le candidat, mais de manière nonchalante. Je ne cours pas. Je ne me précipite pas. J’arrive en douceur comme si j’étais attendue quelque part, et pousse la porte. Il y a des chances pour qu’il se perde de toute manière. J’entre, referme aussitôt, et m’installe avec un naturel effrayant. Un rapide coup d’œil autour de moi. Ça sent la paperasse mal classée et le café froid. Sur le coin du bureau, un agenda fermé. Peut-être que ça aurait été utile de le lire avant de m’asseoir ici, mais je ne peux pas. Règle numéro deux pour une usurpation d’identité réussie : Agir comme si on savait déjà tout.

Je pose mon faux dossier devant moi. Ajuste un air faussement sérieux. Croise les jambes avec élégance et attrape une plume pour la faire tourner distraitement entre mes doigts. Dans quelques minutes, quelqu’un va frapper. Donc, n’oubliez pas :

Je suis Abbott.

Et est-ce que je suis légitime dans ce rôle ?

 Non.

Et est-ce que j’ai la moindre idée de comment mener un entretien ?

Pas du tout.

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Leo Bloodworth

Stagiaire au Département de la Justice Magique 25 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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- Monsieur Berkins ?

Les doigts pianotent distraitement l'accoudoir tandis que les yeux de Leo parcourt la pièce ; le va-et-vient de personnages empressés, dont les paroles n'ont aucune peine à parvenir à ses oreilles ; la souplesse de papiers plissés en minuscules aéronefs qui s'élancent au travers de longs couloirs débouchant sur près d'une centaine de bureaux qu'il imagine agencés à l'identique ; le fracas répétés de vieilles machines à écrire, ensorcelées pour abattre le travail avec lequel le poignet d'un seul homme n'aurait jamais rivalisé ; le grattement de quelques plumes révolutionnaires, ici et là.

- Monsieur Berkins ?

Un visage rond se présente à lui, et ce n'est qu'alors que Leo se remémore le subterfuge. Les yeux écarquillés, il s'élève d'un seul mouvement, emportant avec lui la sacoche en cuir usé qui ne le quitte jamais. Elle comprend la totalité d'un document sur lequel il a rédigé son nom, son prénom, ainsi que les multiples emplois des sept dernières années dont il s'est fait licencié. Un sourire brusque lui étire la face alors que la jeune femme l'ayant appelé a un mouvement de recul, désireuse sans doute de récupérer son espace personnel.

- Monsieur Berkins, Miss Abbott va vous recevoir.
- Oh, super.

Avait-il véritablement attendu une heure dans ce hall ? Sans doute pas. Ou peut-être que si, s'il avait oublié se nommer pour l'heure Jonathan Berkins. Jonathan Berkins. De nouveau ce sourire, brusque, à la limite de l'absurde, alors que la sorcière lui indique un couloir, cinquième porte à gauche une fois que vous avez dépassé la cafétéria. Rien de bien complexe, en somme. C'est sans la moindre hésitation que Leo se met en branle dans la direction indiquée, non sans remercier aimablement la secrétaire. Les mains moites, le cœur battant la chamade, il se répète son nom d'empreint avec rigueur alors que son pas le voit dépasser porte après porte, après porte.

Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Non. Non, ça ne ressemble pas à une Miss Abbott. Ça ressemble à Francesco de l'épicerie du quartier. Un bon Francesco bien barbu, à la moustache grassouillette, et aux cheveux blanchis et fatigués. Les yeux froncés, Leo se détourne avec brutalité pour observer les alentours, l'air subitement perdu. Sa sacoche manque entrer en collision avec une femme menue qui lui jette une œillade aussi courroucée qu'intriguée, mais il ne lui prête pas la moindre attention. Ça commence mal pour Jonathan Berkins.

- Vous cherchez quelqu'un... énonce simplement la sorcière en s'arrêtant complètement pour lui prêter toute son attention.
- Miss Abbott ? Il annonce de but en blanc, s'humectant la lèvre avec empressement.
- Oh, vous êtes Monsieur Berkins ! Enchanté. Je suis Pandora. Vous êtes là pour le poste !
 

Leo acquiesce, tente un sourire qui semble immédiatement se refléter sur le visage de son interlocutrice. Mission Jonathan Berkins : en redressement.

- Vous voyez la machine là-bas ? C'est la deuxième porte à droite juste après.
- Là-bas ?

Ça lui prend peu de temps, finalement, d'arriver à destination, davantage cependant de rester fixer la porte devant ses yeux avec une appréhension certaine. C'est sa dernière chance de la journée. Une chance pour Jonathan Berkins, mais une chance tout de même. Après tout, il pourrait se faire à devenir un Jonathan Berkins. Les collègues l'appelleraient Jo, et il boirait du café avec Pandora, qui avait l'air d'apprécier Jonathan Berkins, sans même avoir à le connaitre. Qu'aurait-il à faire après tout ? Trier des dossiers ? Chercher des mots dans le dictionnaire ? Leo était très doué pour chercher des mots dans le dictionnaire, même si les y se substituaient aux i.

Jonathan Berkins serait meilleur encore.

Inspirant profondément, Leo lève un poing serré pour frapper à la porte, trois coups secs, francs. Infiniment plus que lui en tous cas, mais ce n'était pas si grave de devenir un Jonathan Berkins pour une journée, n'est-ce pas ? Papa n'aurait rien à y redire. Notamment parce que Papa n'aurait pas besoin de savoir. Quoiqu'il serait peut-être heureux d'avoir plutôt un Jonathan Berkins qui faisait sourire les Pandora, plutôt qu'un Leo qui se fait licencié du département de la justice magique. S'éclaircissant la gorge, Leo entre dès qu'il y ait invité, un sourire plastronné sur la figure, ses yeux se posant sur Miss Abbott.

- Bonjour ! Il déclare joyeusement. Trop joyeusement ? Y avait-il finalement un degré de joie dont on se devait de convenir avant d'entrer dans un entretien d'embauche ? Vous êtes donc Miss Abbott, enchanté ! Il se présente en tendant une main professionnelle. Plus professionnelle qu'il ne le serait jamais sans doute. C'est un plaisir de vous rencontrer enfin ! Il insiste en se révoltant intérieurement d'un tel mensonge.

La vérité, au sujet du mensonge, c'est qu'il se doit d'être absolument certain. D'une assurance telle que personne n'oserait jamais le remettre en question. Il prend place comme s'il était attendu. Il l'était, n'est-ce pas ? Jonathan Berkins l'était, en tous cas, et Leo se trouvait être Jonathan Berkins. N'est-ce pas. Miss Abbott était une femme extrêmement jolie, avec des yeux clairs et gris dans lesquels il pourrait aisément se perdre. Il ne devait pas, bien sûr, s'y perdre. Concentré à sa tâche, il fit mine d'observer les décorations du bureau décidément sobre et triste, à l'opposé peut-être de ce que pouvait dégager Miss Abbott.

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Idrisse Rose Adler

Journaliste - Gazette du Sorcier 24 ans Sang Inconnu Britannique Notoriété

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Je le regarde s’asseoir et, déjà, c’est un drame.

Non, vraiment. Il a une bonne tête, hein, je ne dis pas le contraire, mais pas la tête. Pas la flamme journalistique dans les yeux. Pas ce petit éclat inquiétant qui dit : je vais fouiller dans ta vie, retourner chaque parchemin de ton existence et peut-être découvrir que ton arrière-grand-père trempait dans un trafic illégal de licornes. Juste pour le plaisir de l’écrire en première page -évidemment.

Non, lui, il a l’air… “gentil.”

Oui, oui. Cet adjectif même qu’on utilise pour qualifier quelqu’un qui ne nous plaît pas après un date aussi insipide qu’un jus de citrouille éventé et aussi excitant qu’une démonstration de tricotage de tapis volants par un gobelin myope -non ce n’est pas du vécu ! Occupez-vous de vos affaires ! 

Je bats des paupières, prise d’un doute profond sur ma propre existence. Bonjour… Peut-être que c’est moi qui ai un problème. Peut-être que je suis trop exigeante. Peut-être que mon seuil de tolérance pour les gens normaux est aussi bas que la crédibilité de la rubrique astrologie de la Gazette. Mais là, tout de suite, en le regardant, je ressens une immense détresse intérieure.

Mais bon. On ne va pas se laisser abattre.

Je me redresse légèrement avec la prestance d’un veracrasse persuadé d’être un phénix, ajustant mon air de journaliste sérieuse -rires enregistrés en fond sonore. Je lève la main avec un geste noble, façon ministre qui s’apprête à annoncer une taxe sur l’air. Dites moi… je m’enfonce dans le dossier de la chaise avec l’élégance d’un chat qui vient de renverser un verre d’eau, et fait semblant de ne pas l’avoir vu. Dans un duel à mort entre un troll en colère et un gobelin armé d’une cuillère, sur qui pariez-vous ? Pause dramatique. Je tapote le bout de ma plume contre le parchemin devant moi. Comme si j’allais noter quelque chose d’important -alors qu’en vrai, j’ai juste dessiné un petit hibou avec un monocle. Et deuxième question, quel est votre plat préféré ?

Deux questions, et pas des moindres. Je laisse flotter le suspense, guettant sa réaction. C’est important, je l’observe, les yeux mi-clos comme si j’étais sur le point de lui révéler le secret de la tarte de ma grand-mère. Je sais, ça semble anodin, mais ça en dit long sur un homme. Les journalistes, vous savez, sont comme des plats. Certains sont épicés et mordants, d’autres sont fades et décevants. Vous, vous seriez quoi ? Je hoche la tête lentement, comme si cette affirmation faisait sens. Elle ne fait aucun sens.

Mais la crédibilité, c’est avant tout une question d’attitude.

Je fais tourner ma plume -enfin celle d’Abbott- entre mes doigts . Hochant la tête d’un air inspiré, comme si je venais de dire quelque chose d’absolument révolutionnaire. Et avant même qu’il ne puisse répondre, je frappe de nouveau. D’ailleurs, troisième question : vous êtes coincé dans une pièce avec un rédacteur en chef grognon. Une machine à café qui ne fait que des expressos brûlés. Et une secrétaire qui vous méprise ouvertement. Vous n’avez le droit qu’à un seul outil pour survivre à cette journée infernale. Qu’est-ce que vous prenez ? Attention, n’oubliez pas, toutes vos réponses seront analysées psychologiquement par une experte en sciences comportementales. Bien évidemment. Je ne précise pas que l’experte en question, c’est moi. Et que je n’ai absolument aucun diplôme en sciences comportementales. Mais ça, il n’a pas besoin de le savoir.

Tout sourire, je laisse tomber ma plume avec l’énergie de quelqu’un qui vient de mettre en échec un roi. Le suspense est à son comble. Je m’enfonce encore plus dans le fauteuil d’Abbott, en posant mes mains sur l’accoudoir. L’air faussement impassible alors qu’en vrai, j’attends ses paroles avec une excitation démesurée, telle une baleine morte échouée sur une plage du Connemara. Puis, dans un élan de générosité, je lui donne un indice. Il y a une bonne réponse, Et ensuite un bon coup de pression aussi. Et je la veux. Est-ce que moi-même je sais quelle est la bonne réponse ? Absolument pas. Mais ce n’est pas la question. L’important, c’est qu’il le croit.

Je tapote mes doigts sur la table, le laissant mijoter quelques secondes. Puis, histoire d’équilibrer les choses, sans changer de ton, je lâche avec désinvolture : Ah, et tant qu’on y est… pourquoi voulez-vous travailler à la Gazette ? Parce que bon, faut bien que je glisse une vraie question dans le tas. Histoire de faire illusion. Pas cruche la goule !

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Il est désarçonné, Leo. Enfin. Désarçonné. S'entend. Pas que Leo chevauche le moindre destrier jusque là, en dehors d'une chaise rigide au bois un peu écaillé. M'enfin, on peut être désarçonné sans même monter sur l'ombre d'un cheval. Ni sur un cheval d'ailleurs. Bien que ce soit plus facile de monter sur un cheval que sur son ombre. Bref. L'a pas vu venir la question le gars, alors il reste regarder bêtement Miss Abbott avec les méninges qui galopent - et c'est vachement compliquer de galoper quand on est désarçonné, voyez. Il garde le pied à l'étrier, quand même, et ça fait qu'il se fait un peu trainer au sol sur des dizaines de mètres. Mentalement quoi. Ça fait un mal de chien. 

Focalisé sur la question qu'il se répète en boucle, il réalise que faut pas tomber à côté.

Nan parce que c'est tellement spécifique qu'il peut pas s'empêcher de se dire que Miss Abbott, quelque part, sait. Que c'est un test. Évidemment que c'est un test. Seul le vrai connaitrait la bonne réponse. C'est un code secret journalistique, nan ?  Sans doute que tous les grands reporters de la Gazette passent par là avant de décrocher un poste. Et Leo, lui, il doit prouver qu’il est Jonathan Berkins, journaliste de terrain. Il serre les dents. Il serre les genoux. Il serre tout ce qu’il peut serrer. Un troll en colère et un gobelin armé d’une cuillère. Merde.

- Le gobelin.

Il balance ça du tac au tac, parce que Jonathan Berkins aurait répondu du tac au tac. S'entend, il répond dès qu'il a réussi à remonter sur le cheval, soit ça fait bien dix secondes qu'il ouvre et ferme la bouche comme un crétin à se visualiser trainé au sol par l'étrier d'un canasson lancé pleine balle dans un hippodrome. N'empêche que quand il balance ça, ça sonne sérieux. Grave. Décisif. Il cligne lentement des yeux, laissant le poids de sa réponse s’installer dans la pièce. Puis il ajoute en chuchotant, comme si des espions les écoutaient :

- Les cuillères sont les armes les plus redoutables qu'il soit, ensorcelées par les mauvaises mains. Vous le savez très bien. Clin d'œil.

Sur un malentendu, c'est un référence au sombre article d'une gazette d'il y a quelques années, n'est-ce pas ? Est-ce qu'il n'a pas déjà lu un article au sujet de cuillères ensorcelées et de gobelins sanguinaires ? Bon. Au pire, il prétendra. Il est bon pour prétendre. Il est Jonathan Berkins, bordel. Il se cale dans son siège, fièrement, comme un gars qui vient de balancer un scoop de première page. Nouvelle question. Son plat préféré. Leo se fige, brusquement pris de sueurs froides. Il y a une bonne réponse, elle l’a dit. Une bonne. Pas des. C’est terrible.

- Heu... alors moi j’suis quelqu’un de très… adaptable.

Insuffisant. C'est évident. Maintes fois en classe on lui avait dit qu'il esquivait les questions en offrant des non-réponses. Il avait mis longtemps à comprendre ce qu'étaient les non-réponses. En gros, ça voulait dire que fallait faire un choix. Trancher entre un oui et un non, au lieu de balancer pourquoi on pourrait vouloir dire les deux à la fois. Alors, il fallait bel et bien que Leo choisisse un plat. Un qui donne envie, finalement, à Miss Abbott, de déjeuner avec lui tous les jours de la semaine au moins. Pas parce qu'elle est jolie attention, mais parce que s'il est employé à la Gazette du sorcier, il se retrouvera sans doute à la table d'autres employés de la Gazette du sorcier comme Miss Abbott. 

Qu'est-ce qui pourrait bien mettre Miss Abbott en appétit cependant ? Aime-t-elle les pâtes fantômes ? Personne ne connait jamais les pâtes fantômes. Parfois il s'imagine que c'est Papa qui a inventé les pâtes fantômes, et qu'il pourrait gagner des tonnes d'argent à proposer sa recette à de grands restaurants de la région. Alors, parce que c'est tout à fait exceptionnel finalement, il se décide à intriguer Miss Abbott, plutôt que de la mettre en appétit. Peut-être qu'elle serait tellement intriguée qu'elle voudrait elle aussi goûter les pâtes fantômes et déjeuner avec lui tous les jours de la semaine à la table des employés.

- J'ai quand même ma petite préférence, comme tout le monde ! Il annonce avec l'air d'un conspirateur joyeux. Les pâtes fantômes. On pourrait croire comme ça qu'elles sont fades et décevantes, mais vous savez les fantômes ne sont ni fades ni décevants, quand on reste leur parler suffisamment longtemps. Pas que vous devriez parler à des pâtes fantômes bien sûr. Non les pâtes fantômes ça se déguste. C'est imprévisible. Plein de surprises. Bon le plus dur c'est encore de les trouver dans l'assiette en réalité, mais ça reste une belle aventure.

Il a sauvé la mise. Il le sait. Ça, c’est du journalisme de qualité. Troisième question. Le dilemme ultime. Un seul outil pour survivre à une journée infernale. Leo fronce les sourcils comme un stratège en pleine bataille décisive. Il passe en revue toutes les options dans son cerveau en ébullition. Il ouvre la bouche. Il la referme. Puis il claque des doigts, et se redresse d’un coup, frappé par le génie absolu :

- Une fiole de Véritaserum, Miss Abbott.


Il balance ça comme un détective vétéran qui vient de résoudre l’affaire du siècle. Il laisse un blanc dramatique, fixe Miss Abbott, puis, d’une voix presque solennelle, il explique :


- Parce que si le rédac’ chef est grognon, on saura enfin pourquoi. S’il a pas dormi, s’il a perdu au poker contre un gobelin armé d’une cuillère. Si la secrétaire me méprise, je saurai si c’est à cause de mon parfum ou de mon nom de famille. Et si la machine à café fait que des expressos brûlés… Il marque une pause pleine de gravité, avant de poser ses deux coudes sur le bureau, comme s’il livrait un secret d’État : … on saura qui est derrière tout ça. Son regard se perd au loin, façon héros tragique face à une conspiration mondiale. Parce que c’est pas une erreur, Miss Abbott. Une machine à café qui brûle systématiquement le café, c’est un sabotage. Un acte prémédité. Une rébellion silencieuse contre la société. Et moi, en tant que futur journaliste de terrain, je me dois de dénoncer ces dérives. D’alerter les consciences. D’exiger justice.


Il tape sur le bureau, comme un orateur enflammé au cœur d’une révolution historique. Puis, réalisant qu’il s’est peut-être un peu emballé, il se racle la gorge et ajoute plus posément :
 

- Ou alors un trombone. Un trombone c’est bien aussi. Un trombone ça passe partout. Ça peut réparer une machine à café et sceller les plus beaux dossiers réclamés par le rédac' en chef, pis si on veut rendre coup pour coup à la secrétaire méprisante, il suffit d'entamer une guerre et de les enchanter pour qu'ils aillent lui trouillotter tout son agenda ou s'emmêler pêle-mêle dans les interstices de sa machine à écrire. Voyez.

Silence pesant. Puis la vraie question tombe. Pourquoi travailler à la Gazette ? Là, c’est le moment décisif. Leo se redresse. Il prend une grande inspiration. Il réfléchit à tout ce qu’il pourrait dire. Aux grandes raisons. À la noblesse du journalisme. À l’impact des mots. À la passion de l’investigation.

- J’aime bien les histoires. J’aime bien les écrire aussi, parfois. Et les lire. Et les raconter. J’suis bon pour ça. Même que parfois j’arrange la vérité, mais juste un peu, pas pour mentir, juste pour que ce soit plus intéressant, voyez. Comme un bon article. En plus j'super fort pour trouver des mots dans le dictionnaire, et même en inventer. Alors.

Il croise les bras fièrement, défie Miss Abbott du regard.