Harry Potter RPG
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De plumes et d'encre La Chambre de Morgane, samedi 17 février 2125

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Accueil En dehors du Château Londres De plumes et d'encre
Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb

Modération

Inconscient de Service

Message publié le 31/07/2025 à 19:03

Londres est couvert d'un manteau épais, humide, qui vient rythmer le pas de centaine de badauds affairés. L'on peut parfois apercevoir l'étrange présence d'hommes et de femmes affublés d'étranges accoutrements, qui disparaissent toujours dans la même bouche de métro. Inscrit en lettres fades sur un mur de béton envahit par la végétation : Aldwych. Peu d'habitants se prennent à emprunter le tunnel qui relie pourtant le centre commercial au parking. Pas seulement parce que la station est entièrement désaffectée. On la sait mal famée. Cela ne semble pas arrêter pourtant, ce bonhomme jovial à l'écharpe violette, cette femme au chapeau large agrémenté d'une plume de rapace, ce garçon aux joues roses et légèrement potelées.

Aucun d'eux ne parait dans le parking, des dizaines de mètres plus bas.
Aucun d'eux ne ressort non plus de l'autre côté.

Pour cause. Voilà bien des années que la station réserve son vaste secret. Un antique distributeur de tickets, plus d'une fois vandalisé. Un gallion poussé dans une fente latérale. Des mécanismes enchantés pour laisser aller et venir celles et ceux qui sont capables de voir ce qu'aucun moldu ne saura jamais repérer. L'entrée étroite et poussiéreuse d'un couloir de pierre aux décors effacés par le temps, qui mène tout droit à l'intérieur d'une vaste salle évènementielle sorcière de Londres : la Chambre de Morgane.

Creusée à même la roche, soutenue par des arches noires striées de runes enchantées capables de transformer son apparence au gré des besoins, la pièce est manœuvré par un technicien hautement qualifié - un vieux type bougon nommé Borgin Tallow, toujours sur place pour activer, désactiver ou réparer les circuits magiques complexes qui animent les lieux. Aujourd’hui, l’illusion déployée n’a rien de fantaisiste. Elle a été pensée pour impressionner un public trié sur le volet : journalistes, passionnés, paparazzis - tous réunis autour d’un seul mot : révolution.

L'occasion est unique. Rien moins que le lancement de l'OCQ 500, rassemblant pour l'occasion plusieurs membres éminents du monde journalistique. Spécifiquement du monde sportif. Se retrouvent bien sûr une poignée de reporters de la Gazette du Sorcier - pour le public mainstream -, mais également des recrues du Souafle Libre, du Vol Enflammé, ou encore du controversé Gringalet Sportif. Ça et là, des intrus du monde people bien sûr, armés de Mekapteur usés aux objectifs capables de zoomer sur plusieurs centaines de mètres. Des plumes voltigent déjà au-dessus de parchemins déroulés, parées à prendre note de la moindre anecdote croustillante.

La conférence ne va pas tarder à commencer.

Les gradins, composés d'autant de reporters que de sorciers et sorcières férus de Quidditch, semble un peu en ébullition. La plupart sont présents pour l'héritage laissé par Owen Carter, ou pour un aperçu de l'égérie de la marque pour son nouveau modèle : Elliot Blackburn. Certains espèrent sans doute apercevoir le gigantesque joueur, mystérieusement disparu aux yeux du public depuis déjà de nombreux mois ; quelques sorciers chuchotent qu’il serait temps de reparler du père-fondateur qu’on ne voit plus, et qui manque cruellement à l’appel. D'autres ne sont venus que pour obtenir un cliché avec le célèbre batteur des Catapultes, peut-être même un autographe.

Une poignée s'est déplacé par simple curiosité pour ce balai que l'on dit révolutionnaire.

En coulisse, l'agitation fait écho aux murmures grandissants des sorciers et sorcières déplacés ce jour. Certains marchent avec empressement. D'autres se hèlent à voix basse. Un type particulièrement, dénote. Campé sur deux jambes solides, les cheveux blanchis par l'âge, deux yeux noirs cerclés de lunettes rondes et épaisses, il semble au maximum de son stress. Beugle des ordres dans des murmures précipités. Arrête quiconque passe devant lui pour leur demander où se trouve Blackburn bordel, il aurait du arriver y a une heure. C'est pas possible. Jarvis Burrow, soixante-huit ans, a décidément passé l'âge de toutes ces conneries.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 03/08/2025 à 22:05

Derrière l'immense rideau qui sépare la scène du public, une estrade métallique se prépare à accueillir les intervenants dont Freya Carter, l'héritière improvisée d'Owen, et son assistant : le synthétiste japonais aux compétences encore méconnues du monde sorcier. D'un calme olympien, ce dernier seconde la rouquine aux réglages des OCQ500 choisis pour l'occasion. Trois bois et trois cœurs différents témoigneront aujourd'hui de l'adaptabilité totale du nouveau balai de la gamme mythique créée par le capitaine de l'équipe d'Écosse. J'aurais dû prendre le prunellier, ils vont trouver le sapin trop banal, s'inquiète Freya, vêtue d'un inhabituel pantalon à pinces beige et d'une élégante veste sorcière aux allures sportives, décorée de tartan écossais.

 

Une main posée délicatement dans son dos, Jun la rassure. Elliot va venir avec le coeur en plume d'oiseau-tonnerre, ils trouveront rien banal, c'est impossible, affirme-t-il, arrachant une moue guère convaincue à la Poufsouffle. Elle souffle nerveusement sur une mèche sortie de sa masse rousse attachée en chignon lâche, et qui revient devant son front. Ses doigts balayent des poussières minuscules accrochées au manche du premier modèle en exposition à l'arrière de l'estrade, au centre d'un faux terrain de quidditch prévu pour mettre en valeur la démonstration d'Elliot, même s'il sera autorisé à survoler la salle entière au moment venu. 

 

À chaque fois que Jun évoque le batteur, Freya sent son coeur déraper. Cent fois depuis sa dernière visite à la boutique, la sorcière a imaginé ce qu'il aurait pu se passer entre eux, si elle avait tourné la tête et cherché les lèvres d'Elliot pendant leur câlin, si lui avait décidé d'en faire autant. Mille fois, elle a repensé aux paroles du brun, à ses regrets, à cette impression désagréable d'être passé à côté de tout, et qu'il semble partager.

 

— Miss Carter, Sir Saito, il faut sortir de scène, la conférence va bientôt commencer, annonce une élégante régisseuse en tunique noire décorée de deux grands sélénophores dorés brodés dessus. D'un geste de la main, Freya renvoie les trois OCQ500 en lévitation au milieu du terrain avant de croiser la route d'un sexagénaire qui cherche l'égérie du jour. Je suis sûr qu'il va arriver d'une seconde à l'autre Monsieur, répond poliment Jun à l'homme furibond, puis d'entraîner la rouquine plus loin en voyant son regard paniqué. Il effectue doucement quelques points de pression le long de ses épaules. Inspire, expire, on bosse depuis deux ans, tu connais ton sujet. Souviens-toi, d'abord ils vont introduire la conférence, après c'est l'ouverture du rideau avec la démonstration, et ils seront déjà convaincus, crois-moi. Je suis là pour la technique, il te restera les questions commerciales, les délais, l'avenir d'Owen Carter Quidditch, rien de bien compliqué, mh ? Elle acquiesce, fébrile. 

 

Elle déteste être au centre de l'attention. 

Elle a de mauvais souvenirs de la presse.

 

De l'autre côté du rideau, la rumeur grandit. La foule s'impatiente. 

 

Jun dépose un doux baiser d'encouragement sur les lèvres de Freya. Elle regarde autour d'eux, gênée qu'on puisse les voir. Qu'il puisse les voir. Ce 14 février a joué son rôle d'entremetteur pour les deux partenaires de travail.

 

Soudain, un tonnerre d'applaudissement retentit et résonne dans la poitrine de Freya.

La conférence commence.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb

Modération

Inconscient de Service

Message publié le 04/08/2025 à 14:52

Enfoncé dans l'fond de son canapé, le regard d'Elliot balaye les cadavres de bouteilles éparpillés dans tout l'appartement. La plupart des gens se sont tirés. Certains sont encore étalés ici et là. Il est l'seul réveillé. Il termine son verre d'une traite et le repose bruyamment contre la table basse. La nana planquée contre lui s'étire à moitié mais s'contente de se retourner sans faire mine d'ouvrir un œil. Il est pas certain d'où elle a débarqué là. Encore moins d'son nom. Juste qu'il voulait la pécho, pis que c'était bien parti avant qu'elle se décide à tomber comme une masse au milieu d'son salon.

Reste personne d'autre.

Une main s'enfonce dans le pli du canapé, et il en extirpe mollement sa baguette magique pour balancer un tempus. C'est même plus l'matin. C'est tellement plus l'matin qu'il est en retard. Putain.  Pas à un genre d'évènement qui s'annule. Pas non plus l'genre où il peut juste oublier d'se pointer. Techniquement il pourrait demander à s'faire remplacer. Ça s'fait. Ça s'est fait une fois. L'truc c'est qu'Elliot aime pas vraiment l'idée que quiconque l'incarne où qu'ce soit. L'polynectar a ses limites. Faut qu'il se bouge. Redressé du canapé d'un mouvement las, il s'étire en matant autour de lui sans trop savoir ce qu'il cherche.

Tout lui prend des plombes. Il a carrément pas décuvé, et la douche y fait rien. La nana s'est réveillée quelque part pendant qu'il faisait ses allers retours et a pris la tangente sans demander son reste. Quitte à être arraché, Elliot se ressert un verre de pur-feu qu'il s'envoie d'une traite, juste histoire de se donner un coup de fouet. Il a fait zéro effort. Un jogging de marque enfoncé dans des chaussettes noires. Une énorme veste aux couleurs des Catapultes sans rien dessous. Les cheveux à moitié en bordel. Des lunettes de soleil enfoncées sur le nez pour cacher des yeux éclatés.

C'est plus du retard à ce stade. Il a envie d's'en taper. Mais comme tous les évènements où il sait qu'il va croiser Freya, il reste incapable de s'en taper. Il a pris soin d'esquiver le centre d'entrainement chaque fois qu'il a su qu'elle risquait de s'y pointer. C'est simple, il l'a plus revu depuis l'jour où il est venu à la boutique récupéré son balai. Pas faute d'avoir envie. Mais retrouver un semblant d'proximité pour se faire recaler dans la foulée lui a suffit à s'dire qu'il valait mieux tenir ses distances. Freya Carter est pas le genre de fille avec laquelle il pourrait être juste pote. Pas l'genre de fille avec laquelle il pourrait jouer.

Nan, Freya c'est l'genre de fille qu'il a envie d'savoir heureuse sans en être forcément témoin.

Elliot croise brièvement son reflet dans l'miroir. Se recoiffe vaguement. Se foire sur la moitié de ses illusions avant d'quitter l'appartement. Sa capuche rabattue sur la tête, les mains enfoncées dans les poches, il est plutôt confiant que personne ira le reconnaitre malgré tout. Faudrait déjà que y ait des gens qui sachent où chercher, en plus de le calculer au milieu d'une foule sapée plus ou moins comme lui. Son balai est déjà sur place. Bien gardé par un Jarvis qui doit être sur le point de péter un boulon. Elliot presse pas le pas pour autant. Il traverse Londres de sa démarche un peu arquée, un peu paumée.

Ça lui prend trente minutes de rejoindre l'entrée. Trente autres de convaincre la sécurité de le laisser passer. Visiblement engagée sur le tas, aucun n'a l'moindre rapport de près ou de loin avec le monde de Quidditch, et n'ont pas la moindre foutue idée de qui il est. Quand il se pointe enfin en coulisse, il se fait immédiatement charger par son agent. Le type est rouge comme une écrevisse, les poings serrés autour du balai qu'il force contre la poitrine d'Elliot avant de commencer à lui rappeler les termes de leur contrat, et l'argent en jeu autour de sa présence ici.

 

- Ouais. Ouais. C'est bon. J'ai pas vu l'heure.

- R'tire tes lunettes.

- Quoi ?

- Tes lunettes.

- Nah. J'suis éclaté.
- Super. Elliot, j'te signale qu'on est sur un évènement d'envergure, tu fais capoter l'bordel c'est sur moi qu'ça retombe, et aussi sur ta carrière. 

- Eh, oh, ça va Jarvis. Je gère.
- Tu gères mon cul. Cinquante minutes de retard. Tout l'monde essaie d'meubler.
- J'y vais maintenant ?
- Oui ! Putain oui. Mais t'mets ton maillot. Tout est là-bas. Bouge.

La foule s'agite, là derrière. Sans doute qu'on a annoncé son arrivée. Il en sait trop rien. Y a tout un tas d'gens qui courent dans tous les sens. Pas d'trace de Freya, ou de Jun, ou même de qui que ce soit qu'il connait. Il a entendu des rumeurs. Des rumeurs comme quoi la fille Carter serait sortie pour la Saint Valentin avec ce type. Les journalistes s'en donnent autant à cœur joie que quand ils essaient d'lui inventer une vie qu'il a pas. Mais ça s'tient. Ça l'emmerde mais ça s'tient. Jun est un type bien. L'genre gentil et prévenant. Elle bosse avec. Ça s'tient parfaitement.

Il enfourche son OCQ500. L'annonce est faite. Il déboule comme un boulet de canon directement dans la foule, pour commencer la démonstration, armé de son jersey au numéro fétiche, des lunettes de vol autour de la gueule. Les clameurs s'élèvent rapidement. Des exclamations impressionnées. Le grattement intempestif de centaine de plumes qui tentent de décrire avec fidélité ce qui se déroule sous leurs yeux. Il termine par une figure qui vient le faire atterrir directement au milieu de l'estrade, entre la team d'OCQ et les animateurs au sourire crispé.

Il leur serre la main, sa propre gueule ornée par des fossettes travaillées avec le temps, pour les milliers de photographies qu'on a pu lui faire prendre pour tant d'autres évènements. Les flashes se succèdent. Le murmure des conversations évolue en véritable brouhaha, jusqu'à ce que le silence soit fait de nouveau, et qu'on l'invite à s'assoir avec les autres, pour participer à son tour au lot de questions qui, il le sait déjà, vont le gaver plus fort qu'un Oiseau Tonnerre de Thanksgiving. La paire de lunette de vol se métamorphose pour reprendre leur forme initiale, celles de lunettes de soleil qu'il a déjà porté pour maintes interviews.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 06/08/2025 à 19:56

— À vous. L'entrée en scène tétanise Freya. La fille d'Owen Carter est habituée à éviter les journalistes depuis son enfance, cachée sous une cape dès ses premières heures en sortant de l'hôpital Ste Mangouste, ou affublée de sortilèges de camouflage pour se déplacer avec son père qui refusait de lui imposer une vie médiatique aussi toxique que la sienne. Sauf que voilà, son père n'est plus là. Dans son dos, la main de Jun remplace celle du célèbre joueur de Quidditch en retraite, et l'entraîne vers l'estrade sous les acclamations chaleureuses du public et une centaine de flashs retentissants. Choquée, elle entend la voix des animateurs résonner. Le col de sa veste lui donne des sueurs froides. Les projecteurs magiques l'éblouissent. "Freya Carter, quel nom ! Quel nom monumental, n'est-ce pas ? Miss Carter, alors on vous a très peu vue jusqu'à maintenant, mais- regardez cet accueil ; l'accueil du public est fantastique, je crois que tout le monde ici est très impatient !" Baguette contre leurs gorges, les deux sorciers chargés de rythmer la conférence enchaînent quelques banalités tandis que de longues bannières se déroulent bruyamment depuis plafond, dans lesquelles défilent des images d'Elliot en vol sur l'OCQ500. 

 

— ...un léger contretemps, et je vais en profiter pour donner la parole aux journalistes. Andrew, du Souafle Libre. "On peut le faire sans lui", chuchote Jun à Freya qui jette des coups d’œil inquiets vers le fond de la scène. Elle a envisagé toutes sortes de déconvenues aujourd'hui, sauf l'absence de l'égérie. "-c’est un petit con", disait Owen Carter en parlant du jeune Gryffondor lorsqu'il voyait sa fille rentrer de Poudlard couverte d'encre indélébile, sourire bête aux lèvres. Son père se serait méfié d'Elliot ; son père a jamais aimé l'idée qu'on puisse embêter sa descendance à l'école, et même après. Quand le prodige a grandi chez les Catapultes, et que Freya collectionnait chaque actualité le concernant, Owen a continué de l'appeler "le p'tit con", sûrement car il prenait la place qu'aurait dû occuper sa fille dans le milieu du Quidditch, peut-être car Owen Carter devenait un vieux con. La Poufsouffle sait plus bien s'il y avait une once d'affection ou juste de la lucidité maintenant qu'elle se trouve face au public, seule.

 

Les premières questions des chroniqueurs estompent le trac de la rouquine et répondent aux interrogations rudimentaires à propos de l'OCQ500. Oui, l'utilisation du balai en compétition officielle entraînera une réglementation spécifique, oui, la provenance des matières premières est gérée durablement et en accord avec le respect de la faune et la flore, oui, les amateurs peuvent déjà précommander leur propre modèle, non, la taille pour enfant n'arrivera pas cette saison.

 

L'intérêt porté par la foule de professionnels au dernier né de la gamme OCQ fait prendre soudainement conscience à Freya des répercussions que cela pourrait avoir sur sa vie, sur la boutique, la réputation des balais Carter, et l'équilibre de la famille entière. Peut-être, même, que cela pourrait ramener son père. "-est-ce qu'on peut s'attendre à vous voir faire une démonstration ? Vous avez ça dans le sang." Euh- "En parlant de démonstration !"

 

Soudain, Elliot surgit et interrompt la série de questions-réponses en déclenchant une nouvelle vague d'euphorie parmi les spectateurs. L'Écossaise retient son souffle, suivant des yeux la progression du brun, surveillant les réactions des reporters sportifs. Enfin, se dit-elle, rassurée qu'il soit là. Mais quand son ex-petit ami atterrit et lui serre la main, c'est Elliot Blackburn, la star du ciel, l'insolence incarnée, qui se trouve devant elle. Il fait le show, ça paraît logique, se convainc-t-elle en voyant les lunettes de vol devenir des lunettes de soleil sombres sur le nez d'Elliot.

 

Et l'odeur d'alcool qu'il dégage, elle évite d'y penser, trop anxieuse pour s'ajouter ça.

 

En présence du célèbre batteur gallois, l'interview dérive vers l'utilisation concrète du balai. Avec un sourire digne de ses meilleurs posters, il évoque son fanatisme d'Owen, il appuie l'idée selon laquelle l'OCQ500 va révolutionner le sport volant en expliquant la relation unique qui s'est déjà créée entre lui et l'engin. Il gère, tout simplement. Les sorciers venus des Îles britanniques et plus loin boivent ses paroles sous l’œil admiratif de Freya. Elle a du mal à retenir sa propre ferveur en l'entendant chanter encore les louanges du fruit de son travail des deux dernières années. Même lorsque les statisticiens piquent l'égo d'Elliot en diminuant ses performances, il répond proprement et fait rire la foule. L'ambiance prend une tournure différente alors que se mêlent aux chroniqueurs sportifs, les rédacteurs de presse-people, venus pour obtenir des scoops privés. 

 

On vous a vu quitter la boutique OCQ tard dans la nuit il y a quelques semaines… vous êtes restés proches de la famille Carter ? [...] Avec qui avez-vous passé la Saint-Valentin, Elliot ? On murmure que ce n’était pas une inconnue… Le Gryffondor ignore l'inconfort de Freya et renvoie les interrogations à coups d'humour caustique, comme il le ferait face à un vulgaire cognard. J'sais pas qui vous a raconté ça mais z'avez du m'confondre avec quelqu'un d'autre. Tard dans la nuit j'suis aux putes -exclamations choquées, rires, grattements de plumes. Sans déconner ça r'garde personne. Mais ouais, j'connais bien Freya Carter, on a été à Poudlard ensemble, aujourd'hui on bosse ensemble. Ça s'arrête là. Le journaliste insiste. J'fête pas la Saint Valentin, j'l'ai passé en tête à tête avec ma console. Très connue. Chez les moldus. Voulez la marque ?

 

À côté de Jun, la rouquine blanchit. Les animateurs, eux, se gaussent, convaincus du succès de la conférence. Et puis les plumes se braquent sur la sorcière. "-quelles sont vos armes dans ce milieu d'hommes ?"

 

— Je n'ai pas d'armes, je ne crois pas qu'il faille se battre et- elle est redoutable, elle est vraiment brillante, s'empresse d'ajouter le Japonais à qui l'on demande s'il a trouvé plus qu'un terrain de mise en pratique de ses connaissances en Écosse, et plus qu'une collaboratrice en la personne de Freya. Je ne joue pas à la console, et je fête la Saint Valentin, si c'est votre inquiétude, répond-il sans chichis dans la voix, suscitant un grattement émoustillé de plumes pendant que la Poufsouffle tourne la tête pour "vérifier" que les balais d'exposition soient toujours là, et cacher les rougeurs de ses joues. "On va passer aux dernières questions ! Par ici, Monsieur, allez-y." D'un sujet à l'autre, arrive celui qu'elle redoute : son père, le colosse disparu, le géant silencieux, le patriarche absent. L'aînée a préparé cette intervention et racle sa gorge avant de prendre la parole. Il n'y a rien à dire sur mon père. "Est-ce qu'il va bien Miss Carter ?" "Est-ce qu'Owen Carter a disparu ?!" Ses oreilles bourdonnent. 

 

Les journalistes ont arrêté de suivre les instructions des animateurs et réclament d'en savoir plus, chacun y allant de son interrogation ou son inquiétude, dans ce qui commence à s'apparenter à une cacophonie géante. "Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?" "Est-ce qu'il a fait le deuil de votre mère ?" Arrêtez, allons, s'il-vous-plaît, laissez-la parler ! Freya semble clouée sur place, incapable de se sortir seule de cette situation. 

 

— Tu veux sortir ? murmure Jun en touchant sa main.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

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Modération

Inconscient de Service

Message publié le 14/08/2025 à 20:35

Ça lui foutrait presque la gerbe. Jun qui coupe la parole à Freya. Cause à sa place sur des sujets qui l'regardent même pas. Répond au sujet d'la Saint Valentin. Fait rougir Freya. Entendre les rumeurs et constater leur véracité en live sont deux choses complètement différentes. Y a pas à chier. Ça l'emmerde d'autant plus quand ça vire au pugilat, alors que les journalistes s'acharnent complètement sur Freya à propos de l'absence de son père. Ses yeux refusent de quitter la main de Jun, collée à celle de Freya.

Il sait pas trop c'qui lui prend quand il se lève avec brutalité, pour brandir son balai dans un one man show complètement improvisé.

 

- Owen Carter il est là les gars.

 

Sa voix porte. Un peu trop par rapport à c'qu'il voulait vraiment envoyer. Trop tard pour revenir en arrière. Son regard dévie brièvement sur Freya avant de revenir sur une foule qui s'est subitement arrêté de bombarder l'estrade de questions.

 

- C'est son héritage, ce balai, vous l'voyez pas ? Tu m'as pas dit que t'étais partie d'son idée ? Il demande à Freya sans attendre vraiment d'réponse. Il a pas b'soin d'être là pour que son héritage perdure. R'gardez l'bordel. C'est pour lui qu'on est tous là. Pour ceux qu'ont réussi à aboutir l'projet. Pour l'OCQ 500 qui déchire sa mère !

Il le brandit en l'air connement. Y a quelques rires. Des applaudissements timides qui s'font écho, et qui finissent par prendre de l'ampleur à mesure qu'il les relance :

 

- Ça va être une révolution dans l'Quidditch, alors c'est d'ça dont vous d'vez causer, il encense en applaudissant au-dessus de sa tête à son tour.

 

Mais dans la salle restent une poignée d'irréductibles. 

 

- Monsieur Blackburn, vous avez aperçu Owen Carter lors de vos visites dans ses ateliers ?

- Est-ce qu'il va revenir au devant de la scène ?

- A-t-on des nouvelles de Kate Carter ?

 

Il sait pas quand il vrille. Il sait juste qu'il vrille. C'est quelque chose dans l'regard des journalistes. Ou dans celui d'Freya, toute paumée. Dans la façon dont Jun lui libère pas la main une seule fois. Dans l'éclat d'projecteurs qu'il trouve finalement super agressifs.

 

- T'comprends vite mais faut t'expliquer longtemps. On est là pour parler du balai, pas d'Owen. T'parles pas d'Owen. T'as capté ? On sait pas où il est, personne sait, t'es pas obligé d'être un connard et d'poser des questions dont personne a les fucking réponses.

 

Flash. FLASH. Flash. Elliot s'voit pas approcher du mec. Pas plus qu'il se voit choper sa caméra. Pas plus qu'il se rappelle qui l'a entrainé vers l'arrière avec brutalité, ou même combien d'temps on a mis à tous les faire passer en coulisse pendant qu'on évacuait la salle. Il sait juste que l'interview est fini. La campagne morte dans l'œuf, ou en tous cas sérieusement amochée. Seul dans sa loge, il fait les cent pas alors que Jarvis, de l'autre côté, cause en boucle à des types de la production d'un air excité. Il sait même pas où sont Freya et Jun. Il voudrait s'en taper. Il voudrait s'taper d'tout. Il voudrait s'la mettre à l'envers.

Ce jour là aurait du être à propos d'elle putain.

Sans prévenir, il se tire, l'blouson dans une main, l'balai dans l'autre. Aucune illusion pour lui cacher la gueule.

 

- Tu vas où ?

- Prendre l'air.

- Tu peux pas, Elliot, Elliot reste là putain.

- Ta gueule faut j'sorte ok ? Il se dégage violemment et poursuit sa route.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 18/08/2025 à 12:24

Elle écarquille les yeux face à l'intervention du Gryffondor. Tous se taisent, et Freya sent son coeur cogner en rythme avec le discours qui aurait pu suffire à détourner l'attention- qui aurait suffire à détourner l'attention. Car voilà, une seconde plus tard, l'auditoire s'indigne devant la colère soudaine d'Elliot. Ils l'ont poussé à bout, une fois encore. Là où l'aînée Carter avait baissé la tête, résiliente, le batteur avait gonflé le torse, combatif. Prise d'une montée d'adrénaline, elle s'est levée pour le retenir - Elliot arrête ! Mais June a préféré laisser faire les gros bras de la Chambre Morgane et empêcher l'Écossaise de se mêler à ça. Dans un chaos sans nom, les anciens amants de Poudlard ont été séparés, attirés vers les coulisses chacun d'un côté, le public sorti, et les OCQ500 mis à l'abri.

 

— Miss Carter, Sir Saito, ça va ? demande la régisseuse aux sourcils arqués par l'inquiétude. Malgré sa prévenance et la gentillesse du Japonais, Freya ne trouve pas le calme. Vous avez vu Elliot ? - il est bien entouré, ils l'ont ramené en loge. Oui en effet, il est avec son agent. Rien n'y fait, elle connaît assez le parallèle entre les parcours médiatiques d'Elliot et de son père. Elle l'a vu vriller, elle est incapable d'ignorer ça, tout comme elle a croisé son regard harponné à sa main couverte de celle du synthétiste. J'dois le voir. Tu devr - j'dois l'voir, Jun, répète fermement la sorcière sous pression. Dans ces cas là, il capitule, car Freya peu parfois être bornée. 

 

La voici en quête de l'égérie OCQ500 parmi le brouhaha des coulisses. Certains réclament qu'on rouvre les grilles au public pour au moins conclure la présentation, d'autres s'enquièrent de l'état du journaliste brutalisé, quant à Jarvis Burrow, il fulmine, et s'excuse auprès de la cadette Carter dès qu'elle surgit aux alentours de la loge Blackburn. Je comprends, affirme-t-elle prestement en balayant le couloir d'un regard scrutateur. Il est là ? L'homme lui indique la route empruntée par Elliot quelques secondes plus tôt, celle des sorties de secours de la chambre Morgane. Freya disparaît à son tour, très vite seule l'une des nombreuses coursives de l'ancienne station de métro moldue. 

 

— Elliot ? Elle accélère le pas entre les parois couvertes de carreaux fissurés et d'alternance de néons grésillants et d'obscurité épaisse. La rouquine allume précautionneusement sa baguette.

 

L’air est froid, saturé d’odeur métallique mêlée à celle de la poussière et du béton humide. Les chaussures de la sorcière résonnent étrangement et chaque souffle venu des tunnels semble transporter des murmures indistincts. Elliot ?! Après une cinquantaine de mètres, la station s’ouvre en une carcasse béante. Les rails envahis de rouille et de gravats, les bancs de pierre vandalisés de graffitis effacés, et les panneaux indiquant des directions oubliées lui donnent un frisson. Elle interrompt le sortilège lumineux, son bras retombant contre sa cuisse. La voûte découpée d'une série de bouches d'aération amène le soleil et les bruits lointains de Londres dans le lieu désaffecté. Sur le quai vide, Elliot contient une colère sourde, invisible.

 

L'Écossaise s'approche, une boule au ventre. Eh, j'sais qu'ils sont doués pour nous faire péter la fiole, tranche-t-elle d'une voix adoucie. Ils ont fait pareil avec son père à de multiples reprises. Derrière le sportif, sa main se pose entre ses omoplates. Elle se rappelle de l'étreinte inoubliable de la fin décembre. Elle a regretté de n'avoir pas eu le courage d'affronter sa peur d'être abandonnée une deuxième fois par le Gryffondor, au profit d'une sécurité morne. Je- hésite Freya.

 

Ses lèvres se ferment. Son coeur hurle.

 

J't'ai pas trimballé, y'avait rien de réfléchi ok ?

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb

Modération

Inconscient de Service

Message publié le 18/08/2025 à 15:15

Il sait pas où il va. Suit vaguement les quelques panneaux de sortie de secours encore en service - certains clignotent, le néon crépitant à l'intérieur avec irrégularité. Le couloir qu'il arpente fait bien plusieurs dizaines de mètres. Elliot enfile son blouson d'un geste agacé. Finit par pousser une porte qui le voit déboucher sur les quais les plus désaffectés de la station. Envahis par la rouille et la végétation. Ici, les lueurs s'infiltrent aux travers de grilles d'aération qui donnent sur la ville, et par lesquelles parviennent son bourdonnement familier. Les rails disparaissent dans des tunnels larges, pour ne plus sortir avant des kilomètres.

 

- Fuck it.

 

Arrêté dans son élan, Elliot lâche brutalement le manche de son balai, qui part rouler sur le béton, s'arrête le long de fissures grossières. Il se laisse tomber à son tour, sur l'un des quelques sièges encore vissés sur les murs. Le grincement qui en résulte déchire l'air tel une plainte navrante et particulièrement dramatique. Deux mains lassent viennent lui frotter le visage, les coudes ancrés sur les genoux, puis il se redresse et se contente de planter son regard droit devant. Les parois, courbes, intégralement formées de briques, ont été martyrisées par peut-être des dizaines de bombes aérosols.

 

L'endroit est vide, plongé dans le silence, si l'on oublie les coups de klaxons des voitures qui continuent de défiler au-dessus. Alors quand la porte s'ouvre subitement, Elliot est sur le qui-vive. La tête immédiatement tournée dans sa direction, il s'imagine trouver un Jarvis au sommet de sa forme, paré à lui réclamer des excuses publiques dans les plus brefs délais. Mais ce n'est pas Jarvis qui vient de débarquer dans la station. C'est Freya. Par réflexe, Elliot détourne le visage, enfonce ses mains dans ses poches, crispe la mâchoire. Il se lève. Pas pour aller quelque part. Juste pour garder ses distances. 

Une main vient pourtant l'arrêter dans les quelques secondes suivantes. Une main qui l'effleure à peine. La main de Freya. Sa voix résonne sous le tunnel alors qu'elle lui adresse la parole. Elliot se retourne, et dans le même mouvement, involontairement, remet une distance entre eux. Il sait pas trop ce qu'elle fout là. Elle devrait être remonté. Elle devrait lui gueuler dessus pour avoir tout niqué. Il préférerait qu'elle gueule, ça serait vachement plus simple. Il fronce les yeux sans trop comprendre ce qu'elle dit, au sujet d'se faire trimballer.
 

- Quoi ?

Mais les yeux plantés dans les siens, il met pas bien longtemps à percuter. De tout ce dont elle aurait pu venir lui parler, elle vient lui parler de ça. Merde. Pourquoi ? Il voit même pas l'rapport avec ce qui vient de se passer. Pourquoi elle est pas juste venu l'engueuler ?

 

- Nan mais t'inquiète, il secoue la tête, regarde ailleurs brièvement. T'as vraiment pas b'soin d'te justifier, c'est clair et tout.

C'est pas comme s'il avait attendu quoi que ce soit. Espéré. Il avait compris l'jour même. Il avait compris à partir du moment où elle avait dit qu'elle serait pas dispo pour les prochains mois. Il avait compris quand elle avait dit qu'il verrait pour faire un truc spontané, alors même qu'il venait d'tenter un truc spontané.

 

- T'es vraiment v'nu pour m'dire ça ? J'croyais t'étais v'nu m'dire que j'avais tout niqué.

Il se sent toujours tendu. Par les journalistes. Par leurs questions d'merde. Mais surtout, il est énervé après lui-même d'avoir pété un plomb, parce qu'il le sait que c'est exactement ce qu'ils cherchent. Il le sait mais même pas il a réussi à s'contrôler. Il le sait et quand même, il a tout niqué.

- J'vais m'rattraper pour la promo, il annonce de but en blanc. Faire des excuses publiques, tout ça. Faut pas vous en faire avec Jun. Pis faut pas t'en faire pour... Il hausse les épaules, pas trop sûr de comment l'dire : vous deux. C'est cool.

L'air est carrément étouffant, il trouve. Il s'éloigne brutalement, histoire de marcher. Juste de marcher, sans aller où que ce soit. Ça va qu'le quai est long.

 

- T'peux y aller ok ? J'vais retourner voir Jarvis. Fallait juste j'prenne un moment. Ok, il voulait s'tirer mais il s'est planté de direction. Ça arrive à tout le monde. Elle a pas besoin d'le savoir. T'as qu'à lui dire que j'arrive.

Parce que maintenant qu'il y pense, c'est probablement Jarvis qui l'a envoyé. Il voudrait ajouter qu'il est désolé. Lui demander si ça va. Être sûr qu'il a pas vraiment tout niqué. Mais il a pas assez d'mots pour ça. Pis c'est pas sa place. C'est plus sa place. Ça l'a même jamais vraiment été.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 18/08/2025 à 17:21

Lorsqu'il recule, Freya enfonce les mains dans les poches de sa veste pour s'empêcher d'encore le toucher. C'est normal qu'Elliot soit distant, mais ça suffit à lui envoyer une décharge douloureuse au coeur qui froisse un instant ses sourcils. Elle a fait une connerie. Elle le voit au regard fuyant du brun. Moi-même j'voulais pas la faire cette conférence, j'savais très bien c'qu'ils demanderaient, souffle la sorcière avec honnêteté. Sauf que le monde du sport étant le monde du sport, un balai issu de la lignée OCQ doit avoir un lancement digne de ce nom, et elle a eu beau repousser en espérant voir Owen revenir, il a fallu se lancer sans lui. Au-dessus d'eux, une ambulance passe, sirène hurlante, et attire l’œil ignorant de la sorcière. Elle fréquente très peu le côté moldu du monde, souvent enfermée entre les 4 murs de la boutique, ou en pleine nature.

 

Cool, répète Freya à demi-mot quand Elliot donne sa bénédiction au couple qu'elle forme avec Jun, après avoir parlé d'excuses publiques. L'amertume remonte jusqu'à sa gorge et déforme brièvement ses lèvres. Cool, cool, cool, murmure-t-elle encore dans son dos tandis qu'il s'éloigne le long du quai. Sa chaussure heurte un morceau de carrelage rouge qu'elle envoie sur les rails et qui résonne longuement. C'est p't'être moi qu'ai tout niqué au final, se renfrogne la rousse, poitrine tambourinante. Mais c'était mieux comme ça, C'EST mieux comme ça, n'est-ce pas ? D'un geste nerveux, elle rabat ses cheveux en arrière, ignorant le klaxon des Black Cabs qu'elle n'a jamais eu l'occasion d'emprunter. J'aurais bien aimé qu'ça s'passe autrement, j't'assure. 

 

La voix serrée de l'Écossaise trahit son mouvement. Elle marche vers le balai qu'elle ramasse, pour le remettre en lévitation. J'ai essayé de- 'fin. Un soupir coupe sa phrase. L'OCQ500 d'Elliot flotte, visiblement irritable à son tour. Freya l'observe, incapable de poser les yeux sur le Gallois. J'crois que tout est pas aussi facile à réparer qu'un mug, conclue-t-elle tristement. Que leur relation ne l'est pas. Ses mains retournent dans ses poches, l'image de la station désaffectée et de cette conversation désormais en tête, qu'elle aura tout le temps de retourner dans tous les sens. 

 

— Merci d'avoir pris la parole avec les journalistes. J'sais qu'tu l'as fait pour me défendre, ajoute enfin l'aînée Carter en cherchant la silhouette d'Elliot. Il a souvent été là pour la défendre en vérité, sauf quand elle se défendait d'abord. Bon, j'vais dire à Jarvis que tu r'viens.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb

Modération

Inconscient de Service

Message publié le 18/08/2025 à 19:51

Tout l'instant est bizarre. Pas genre suspendu. Juste bizarre. Il comprend pas pourquoi elle pense avoir tout niqué. C'est lui qu'a merdé. C'est lui qu'a pété un plomb. Pas elle. S'il capte l'idée qu'elle puisse parler d'autre chose, d'eux, il la balaie aussitôt. Elle peut pas parler d'autre chose. Elle l'a recalé. Elle sort avec Jun. Elle a choisi. Alors quand elle évoque le mug, il a le visage qui se ferme presque brusquement, les lèvres serrées, et la mâchoire encore plus crispée que l'instant d'avant. Parce qu'elle laisse plus la moindre place au doute. Elle parle pas de la foutue conférence. Elle parle vraiment d'eux.

Il dit rien, Elliot. Il reste juste planté là à la regarder comme une étrangère. Elle rend tout compliqué. Elle rend tout super compliqué. Il l'a invité à sortir, elle était pas dispo, elle a trouvé un mec. C'est pas grave, c'est la vie. Il est sensé faire quoi, lui courir après ? Faire du forcing ? Il a jamais été ce genre de gars. Il sait prendre ses distances quand il sent que y en a besoin. Comme avec fucking Kelly qu'a décidé de redonner une chance à son fucking mari. Il aime pas les trucs compliqués. Elle rend tout compliqué. Pour autant il a pas envie qu'elle se tire comme elle le fait. 

 

Un merci et au revoir. C'est ridicule. Sont plus des gamins. À seize piges on peut encore foutre ça sur l'dos de problèmes de communication. À leur âge on est pas aussi con. Ça fait longtemps qu'il a appris la leçon. Les trucs qu'il a obtenu dans la vie il les doit qu'à lui. Les trucs qu'il a perdu aussi. Il s'avance. Il sait pas encore ce qu'il a envie d'dire. Il sait juste qu'il a besoin d'dire un truc pour la retenir. N'importe quoi. Parce que même si elle rend tout carrément compliqué, elle rend tout vachement plus important. 

 

- Qu'est-ce que tu dis ? Il demande, incertain. À propos du mug.

 

Parce qu'en ce qui le concerne, c'est carrément sorti de nulle part. Il a même pas eu la foutue occasion d'essayer d'relancer quoi que ce soit entre eux. Il a pas essayé d'réparer quoi que ce soit. Elle l'a recalé. Elle a commencé à date Jun. Il s'était même convaincu que c'est pour ça qu'elle lui avait rendu l'mug. Pour tourner la page, ou un délire du genre. Les filles font ça des fois. Ça l'a pas empêché d'le foutre dans ses étagères et d'le regarder avec nostalgie chaque fois qu'il est passé devant depuis. Elliot soupire, cherche un truc du regard sans le trouver avant d'en revenir à Freya.

- J'comprends pas. J'te comprends pas. J't'ai proposé un verre, t'as dit non. T'as trouvé un mec, j'te dis que j'suis content pour toi. Personne a rien essayé d'réparer. T'avais pas envie. Alors quoi... tu r'grettes ? T'aurais voulu que quoi ? J'comprends rien Freya. Rien. T'aurais aimé que quoi s'passe autrement ? C'est Jun ? Il est pas si cool ? C'est quoi ?

 

Son ton est monté sur la fin, parce qu'il a toujours de l'adrénaline qui lui coule dans les veines, et qu'il a pas vraiment fini de décuver. Il s'en branle. Il a besoin de comprendre. Ça lui parait vital. Tout pour mettre fin à cette ambiance carrément étrange qu'il a envie d'couper au couteau. Bien sûr qu'il est monté au créneau pour la défendre. Parce que savoir Freya avec un mec l'empêchera jamais d'avoir envie d'être là pour elle, même de loin. Mais vraiment de loin. Si elle commence à s'imaginer qu'ils va venir dîner chez eux et la mater se bécoter avec Jun c'est mort. C'est pas ce genre de gars.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 19/08/2025 à 09:19

— Jun est cool, j'ai rien à lui reprocher, défend l'aînée Carter aux joues plaquées de rouge et au coeur battant. Elle sent le vent qui s'engouffre par la porte que vient d'enfoncer Elliot. Comme l'autre jour à l'atelier, elle se sent terriblement vulnérable, loin de l'image qu'il a d'elle, d'une meuf qui gère. Elle gère rien. La preuve, d'ailleurs, qu'elle gère rien.

 

Leurs regards se harponnent, se jaugent, se fuient, se cherchent, reviennent, et la sorcière entrouvre ses lèvres, les referme. Elliot Blackburn lui a effectivement proposé d'aller boire un verre ensemble, et elle a refusé. Pas directement, certes, mais elle a refusé. J'sais, confie-t-elle, incapable de cacher à quel point la conversation noue ses tripes. C'est la dixième fois déjà que Freya remet ses grosses mèches rousse en arrière, et la onzième qu'elles retombent ici et là autour de son visage. J'sais qu'ça peut être dur à suivre, moi-même j'me suis pas. Son rire nerveux résonne brièvement au centre de la carcasse de métal et de pierre. L'OCQ500 dessine des lacets au-dessus des rails, impatient de retourner voler avec son maître. Le problème c'est que j'pensais avoir grandi, avoir mûri, être assez solide pour tout assumer, ...mais dans tes bras à Noël, j'ai eu l'impression de retourner en 5ème année et- c'pas d'ta faute, y'a eu le quiproquo, y'a eu ma mère, y'a eu plein de trucs pour lesquels j'peux pas t'en vouloir, mais, ça m'a fait trop mal la 5ème année Elliot, prononce l'Écossaise, la gorge serrée. Elle était pourtant persuadée d'avoir pris du recul. 

 

— Tu dis qu'j'ai le droit d'être casse-couilles, mais là en fait, j'y arrive pas, j'ai peur que ça gâche tout. J'ai l'impression que j'ai déjà tout gâché. Une pression monstre aux tempes, elle frotte ses yeux rougis et rabat encore ses cheveux vers l'arrière en soufflant. J'aurais aimé être à nouveau naïve tu vois, pas flipper de dire ou faire un truc qui va pas et qu'tu disparaisses. Au bar à Cardiff, ça allait, j'ai cru qu'on allait être potes, c'est mieux que rien. 

 

Un silence s'étire face à l'évidence. Mais en fait, on peut pas être potes, ça se voit, ça se sent. Fin, j'sais pas c'que toi t'en penses, mais moi j'peux pas être pote, j'ai envie de. Elle se coupe. Elle en a trop dit. Il va la prendre pour une folle cette fois. Ses prunelles suivent les lacets du balai le temps qu'elle reprenne ses esprits. 

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

Avatar de Deb

Modération

Inconscient de Service

Message publié le 19/08/2025 à 10:06

Putain. Si Freya elle-même sait pas ce qu'elle veut dire, ils vont carrément pas y arriver. Au moins ça la fait marrer. Lui, moins. Il reste la regarder avec un mélange d'ahurissement et de défiance. Puis, à mesure qu'elle essaye vaguement d'expliquer, les épaules d'Elliot s'affaissent. Le visage fermé, il essaie de raccorder les wagons. Des wagons vieux d'au moins dix ans. Il a l'regard qui flotte sur les rails désaffectés, la végétation qui s'infiltre au milieu des points d'rouille. Ses poings se serrent, et sa gorge aussi. Il finit par enfoncer ses mains dans les poches de son manteau, se force à la regarder de nouveau.

 

- De quoi ? Il balance un peu sèchement alors qu'elle parvient pas à terminer sa phrase. Envie de quoi Freya ?

Cette conversation va nulle part. Il commence seulement à l'voir. Elle sait ce qu'elle veut, mais elle sait pas ce qu'elle veut. C'est exactement comme quand ils avaient quinze ans. C'est compliqué en ce moment Elliot. J'y arrive pas. Il avait essayé d'y arriver pour eux deux, pis il avait abandonné. Il avait pris ses distances, parce que c'est ce qu'elle lui avait imposé. Renfermée sur elle-même, c'était devenu impossible de lui parler. Impossible pour elle d'expliquer ce qu'elle avait dans l'crâne, ce qu'elle voulait vraiment. Elle a pas mal changé, et en même temps elle a pas du tout changé. Il ressort les mains de son manteau pour les jeter en l'air :

 

- Tu sais pas c'que tu veux. Enfin si. Si. Tu sais c'que tu veux pas. Tu veux pas avoir mal. J'vais t'dire moi non plus. Pas mon grand kiff, franchement. Mais j'ai pas d'garantie à t'offrir, pas plus que toi en fait.

 

Elle croit quoi, qu'il l'a pas mal vécu sa cinquième année ? Qu'il a pas eu mal ? Qu'il a pas peur ? Il a peur. Il a peur de tout niquer pareil que la première fois, et pire que ça il a peur de même pas s'en rendre compte, parce qu'il est toujours pas sûr d'avoir compris ce qu'il avait fait de si terrible à cette époque là. D'un autre côté il sait très bien ce qu'il veut, et il est prêt à prendre un risque juste pour l'obtenir. Enfin. Il était prêt. Il a pris ce foutu risque. Il s'est fait claquer la porte au nez. Sans regret. Sans regret jusqu'à ce qu'elle se pointe pour lui balancer qu'elle a envie de sans essayer d'finir sa phrase.

 

- J'me suis éloigné. J'ai compris l'message et j't'ai laissé tranquille. Alors arrête de faire ça, il la désigne vaguement. Juste arrête. C'est chiant. Ça fait mal.

 

De la voir ouvrir et fermer des portes contre sa gueule. De s'marrer avec lui comme avant mais juste pour être potes pis de lui dire qu'ils peuvent pas être potes parce qu'elle a envie de. De battre le froid et l'chaud alors qu'son petit-ami s'tient quelques mètres plus loin, probablement en train de l'attendre et de se demander ce qu'elle est partie foutre à lui courir après dans les couloirs, alors qu'il vient de niquer toute la promotion de leur balai révolutionnaire. Agacé, Elliot se retourne brutalement et récupère son balai d'une poigne ferme, l'empêchant de continuer ses circonvolutions.

 

- On a plus quinze ans tu sais ? Alors on devrait essayer d'garder une relation pro. J'ai déjà bien niqué la conférence, j'ai pas envie que ce soit pire juste parce que j'te rappelle tes pires souvenirs.

Freya Carter

Femme

25 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 20/08/2025 à 09:32

Cette conversation ressemble à un cauchemar. L'agacement d'Elliot résonne dans la station désaffectée et ramène Freya au démon des filles Carter ; la peur de l'abandon. Elle aurait préféré qu'il soit plus compréhensif, plus patient, qu'il lise sa détresse à travers son comportement désarticulé, qu'il ne renvoie pas à coup de batte la faute sur elle, car elle le sait bien, qu'elle est fautive. Qu'elle a merdé. Grave merdé.

 

Immobile face à son ancien petit-ami, elle encaisse difficilement. Elle enfonce les émotions loin derrière son estomac, contient son envie idiote de chialer comme une gosse de quinze ans, puisqu'ils n'ont plus quinze ans, il parait

 

Ils vont garder une relation pro.

N'était-ce pas ce qu'elle comptait faire au départ ? 

 

Pourquoi son coeur se déchire alors ? Tu m'rappelles pas mes pires souvenirs, refuse d'entendre Freya. Ou peut-être, les pires et les meilleurs réunis. Elle détourne les yeux, incapable d'affronter la suite de leur discussion. C'est quoi maintenant ? La fin définitive ? L'Adieu d'une deuxième chance ? Le silence effroyable entre eux parle, et l'écho des mots d'Elliot lui martèle la tête. "Arrête de faire ça. Juste arrête. C'est chiant." Elle veut disparaître. Il est loin de réaliser à quel point l'Écossaise regrette les derniers mois. À quel point elle se retient depuis leurs retrouvailles, effrayée de tout gâcher. 

 

 

— Mais, d'accord, se contente d'articuler la rouquine sans réussir à développer tellement elle a peur de pleurer devant le Gryffondor. Ses lèvres se serrent. C'est un échec. Elle n'est pas aussi combative qu'il le pense, pas dans tous les domaines, visiblement, ou pas à cet instant.

 

Elle aimerait retourner sur l'OCQ500 avec lui, au-dessus des Highlands, laisser son dos s'enfoncer contre son torse et ses bras l'envelopper tendrement. Elle aimerait revenir au câlin, à la question du verre. Elle a envie de l'embrasser et lui dire qu'il a le droit de lui faire un peu mal, pour beaucoup de bien. Qu'ils prendront le risque. Mais elle reste muette, Freya

 

Elle recule. On reste pro alors. De le prononcer, le couteau s'enfonce dans la plaie. 

 

Une grimace douloureuse traverse le visage de l'aînée Carter qui préfère se tourner. Elle a quinze ans. Elle a quinze ans et elle se barre, sans dire au-revoir, sans donner d'autres explications. Le bruit des chaussures résonne en même temps que le sang à ses tempes. Le couloir semble interminable. Le reste de sa vie sans l'espoir de retourner un jour dans les bras d'Elliot semble déjà interminable aussi. Elle se bouche les oreilles pour ne pas entendre l'écho de sa frustration, là-bas, au milieu de la carcasse métallique. Elle accélère. Elle fuit.

Elliot Blackburn

Homme

25 ans

Né-moldu

Britannique

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Inconscient de Service

Message publié le 20/08/2025 à 13:20

- C'est pas c'que t'as l'air de dire, Elliot répond du tac au tac.

 

Il peut l'voir, qu'elle le vit mal. Genre super mal. L'truc c'est que lui aussi l'vit mal. Et il a pas envie d'marcher sur des œufs. Il a jamais été l'genre à marcher sur des œufs. Ça sert à rien. Comme toute cette conversation sert à rien. Parce qu'il a beau défoncer des portes ouvertes, Freya s'ferme encore et toujours plus. Il aurait voulu qu'elle lui donne tort. Il aurait voulu... il sait même pas trop. Qu'elle cause. Qu'elle dise vraiment c'qu'elle pense au fond. Qu'elle arrête de l'regarder avec des lèvres qui tremblent et des yeux brillants comme s'il était en train d'la pourrir.

 

Elle se retourne. Elle se tire. Il peut juste la regarder faire.

L'bide retourné, il reste con, les yeux posés sur sa silhouette qui s'éloigne, qui passe la porte, qui disparait. Il a envie d'foutre un poing dans un mur. D'gueuler. Mais il dit rien, il garde tout. Un peu comme quand il était môme et que son père lui gueulait dessus, et qu'il aurait voulu gueuler d'ssus tout pareil, mais qu'il savait qu'en le faisant il allait s'en ramasser une. Il ravale la colère, la frustration, l'amertume. Ça forme une putain d'boule qui lui donnerait presque la gerbe. Il aurait préféré qu'elle vienne pas. Qu'elle lui court pas après comme elle l'a fait.

- Putain.

 

L'mot résonne dans le tunnel, solitaire. La main fermée autour du manche de son balai, Elliot détourne les yeux de la porte pour finalement s'accroupir là, sur le quai. Les bras sur les genoux. Il tremble de l'intérieur. Il reste là plusieurs longues secondes, sans vraiment savoir quoi foutre de lui-même. Y a des moments, on a pas envie d'les affronter. Mais quand la porte valdingue de nouveau sur ses gonds, il est forcé d'se tourner pour faire face au visage cramoisie de Jarvis qui sue dans son costume trois-pièces, un index grossièrement pointé sur lui.

 

- Tu m'fous dans la merde Elliot, tu l'sais ça ?

 

Elliot se relève. Tranquille, en apparence. Sa colère a refroidie. Soufflée par le départ de Freya Carter. Il rejoint son agent avec un pas monotone et se contente d'hausser les épaules.

 

- J'ferais des excuses publiques.

- Sûr qu'tu feras des excuses publiques ! Bordel à cul d'bordel de merde.

L'type s'excite tout seul alors qu'ils prennent le chemin inverse, et Elliot se contente de lui répondre aléatoirement sans prêter la moindre attention à ce qu'il raconte vraiment. Il est aussi déçu qu'soulagé de constater que Freya s'est tirée pour de vrai, avec Jun et tout leur attirail. Il sait qu'il va forcément la revoir, parce qu'ils sont liés par un putain d'contrat. Mais l'plus tard sera l'mieux. Parce qu'il déteste l'état dans lequel elle le fout systématiquement.

- Mardi prochain.

- Huh ?

- LES EXCUSES ELLIOT !

- Ah ouais, ouais. Ça va il a rien l'gars.

- T'as niqué sa caméra. T'veux savoir son prix ?

- Bof.

- Quatre mille cent vingt gallions, Elliot.

- Mhf.

- QUATRE MILLE CENT VINGT !

- Et ? J'peux lui r'payer si c'est que ça.
- PUTAIN MAIS ÉVIDEMMENT QUE TU VAS LUI R'PAYER !

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