Harry Potter RPG
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Le banc des preuves Parc du château, mardi 08 mai 2125

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Accueil Poudlard L'extérieur Le banc des preuves
Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 11/08/2025 à 22:21

Le mois de mai apportait son lot d'éclaircies. Le soleil jouait à cache-cache, plusieurs fois chassé par la pluie dans une même journée, mais il réapparaissait régulièrement, inondant les étendues vertes brillantes de gouttelettes que formait l'herbe du parc de Poudlard. Comme un miroir loyal, le lac s'efforçait de renvoyer toutes ces humeurs changeantes, tour à tour gris puis étincelant, jusqu'à éblouir les élèves qui se promenaient sous les arches. Les matinées en particulier offraient des bouquets de senteur printanières, et les nuits se chargeaient de mille petits animaux que Sasha ne pouvait s'empêcher de traquer lors de ses escapades - mais par respect pour Charlie, il les laissait s'enfuir indemnes après avoir réussi à mettre la patte dessus, dans un mélange de regret et de soumission loyale.

 

Charlie.

 

Trois nuits s'étaient écoulées depuis qu'il l'avait vue le visage enfoui contre Fenella ; et il avait beau se réjouir d'avoir pu enfin obtenir une réponse positive d'Alison, comme le soleil d'Ecosse, cet enthousiasme disparaissait plusieurs fois dans la journée et dans la nuit, éclipsé par la peine de l'avoir peut-être trahie sans le vouloir. En fin d'après-midi, après le dîner, lorsqu'il attendait, étendu sur son lit à baldaquin, que le jour déclinât enfin pour qu'il pût s'enfuir, il faisait parfois glisser ses doigts sur le bracelet, comme s'il en comptait les perles. A la manière d'un chapelet, peut-être - et chaque perle disait la même chose.

 

 

 

 

 

- Charlie.

 

Sur un banc, trois gamins s'ébrouèrent brusquement, comme des niffleurs surpris par un détraqueur. Au pied d'un grand arbre du parc, ces élèves s'échangeaient bruyamment des cartes aux côtés d'une petite rousse qui semblait à peine participer à l'échange. Sasha était arrivé par derrière, les mains dans les poches, mais silencieux comme une ombre. Surpris, les gosses se dépêchèrent de faire disparaître leurs cartes de Chocogrenouilles dans leurs poches, comme si un grand comme lui aurait pu les lui piquer, avant de lui jeter des regards mi-figue mi-raisin.

 

Pof.

 

Quand Sasha s'assit à côté de Charlie en se laissant tomber, le banc trembla si fort que les élèves s'éparpillèrent subitement, les laissant tous les deux. Sasha les regarda déguerpir.

 

- Hum. Désolé, j'ai fait fuir tes amis, constata-t-il, un peu pataud.

 

C'était peut-être la première fois qu'il approchait Charlie quand elle n'était pas seule. Habituellement, leur complicité ne trouvait leur place qu'au magasin, ou alors quand ils se croisaient à Poudlard à l'abri des regards - peut-être un peu à cause du souvenir de ce à quoi Alison avait conclu quand elle les avait trouvés tous les deux. Il était vrai que leur différence d'âge, de maison, de carrure aussi, tout semblait indiquer qu'ils n'étaient pas censés être amis.

Mais ils l'étaient, c'était comme ça. Aujourd'hui, les autres élèves de Poudlard et le personnel penseraient bien ce qu'ils voudraient du fait qu'il parlait à une fille beaucoup plus jeune que lui.

 

- Je suis venu m'excuser, il dit simplement au bout d'un long silence.

 

Sasha laissa glisser ses yeux vers la surface du lac. Un coup de vent y frippa l'image d'une nuage sombre qui se profilait au-dessus de la cime des arbres, de l'autre côté du paysage.

 

- Au mois d'août, je serai majeur. Et il faudra que je retourne en Ukraine. J'aurais dû te le dire avant, mais je voulais pas t'inquiéter.

 

Il baissa le regard et la pointe de ses pieds joua un instant avec la terre en-dessous de lui. Sasha s'humecta les lèvres, pesant le pour et le contre longuement. Freya n'approuverait pas. Tant pis. A elle au moins, il lui devait la stricte vérité : il ne rentrait pas juste pour peindre de la porcelaine avec Kalina cet été.

 

- Mon... Mon village va bientôt être directement menacé.

 

Il fronça les sourcils, serra les dents. Il s'appuya des deux mains, de part et d'autre de ses cuisses, pour s'accrocher au banc.

 

- J'peux pas laisser ma famille faire face à ça tout seuls. C'est juste des fermiers, mes parents. Il faut que j'aille faire ce que j'peux.

 

Et ce qu'il pouvait ne serait peut-être pas très Charlie-approved, mais ça, il la savait bien assez intelligente pour le deviner. Sasha déglutit.

 

- Si personne y va, ils vont... Ils vont juste essayer de se cacher, mais ça sert à rien, ils seront trouvés. Il faut que j'aille les prévenir, ils savent pas ce qui les attendent.

 

Sasha releva le nez, mais pour diriger son regard à ses côtés, vers Charlie : elle lui paraissait si jeune ; et en même temps, il lui semblait qu'elle comprendrait mieux que Freya, qu'Alison, que Fenella, que n'importe quel adulte de Poudlard. Il lui sourit tristement.

 

- Ca va être dur, mais j'ai un porte-bonheur - il leva son poignet pour lui montrer qu'il portait toujours son bracelet, qui ne l'avait pas quitté depuis le week-end - alors il m'arrivera rien. Sauf que j'serai triste à chaque fois que je le regarderai si tu m'as pas pardonné.

Charlie Carter

Femme

14 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 12/08/2025 à 09:27

Elle a quatorze ans depuis 12 jours maintenant, mais rien n'y fait pour Charlie ; elle se sent rétrécir de jour en jour. Petite, puis minuscule, elle s'efface. Moins vive qu'au début de l'année, moins pétillante, la benjamine cède progressivement au monstre de morosité qui tente de l'envahir depuis l'été dernier et le départ de son père. Les pages de ses journaux noircissent, jonchées de réflexions sur l'absence, l'attachement, l'intérêt des relations, le temps qui s'écoule- fatalement. La psychomage dit que c'est normal. De droite à gauche, et ensuite de gauche à droite, façon boustrophédon, elle sillonne le carnet de la rouquine en silence, note quelques mots, et conseille à Charlie de se reposer.

 

La Serdaigle ne veut pas dormir, la Serdaigle veut retrouver son innocence. La simplicité de l'enfance lui manque. Aujourd'hui, comme parfois, elle s'assoit à côté d'un groupe d'élèves en première année pour les observer échanger des cartes de chocogrenouilles et rêvasser d'une époque si proche mais tellement éloignée. C'est pas mes amis, se contente-t-elle de répondre d'un haussement d'épaules lorsque Sasha arrive et que les gosses partent. Elle sait déjà ce qu'il est venu dire. Probablement la même chose que Freya : qu'il doit s'occuper de sa famille. Les adultes ont toujours de bonnes excuses, et Sasha aussi.

 

— Salut Sasha. Un léger sourire soulève quelques unes de ses tâches de rousseur. La sorcière s'enroule mieux dans les pans de sa cape, les pieds remontés sur le banc, ses jambes cachées derrière le tissu sombre. Elle écoute le Gryffondor parler de l'Ukraine, de la guerre, de son village. Une boule au ventre, Charlie imagine Kalina et ses parents cachés au fond d'une cave, apeurés, affamés.

 

Elle voit l'inquiétude déformer le profil de Sasha tandis qu'il se justifie, encore et encore, et cherche à obtenir son adhésion. Je sais qu'tu dois y'aller, répond-elle, consciente de la situation. Ses cheveux voltigent autour de son visage, et ses prunelles bleues fixent le bracelet, puis l'adolescent. Elle retient la peine qui tambourine à son coeur d'arriver jusqu'à ses yeux en inspirant du mieux possible. Ça me fait peur quand même qu'il t'arrive quelque-chose, confie la jeune fille, déjà mille scénarios catastrophe en tête. Peut-être ne se reverront-ils plus jamais

 

Son menton se pose sur son genou, le nez en direction du lac où elle perd un regard songeur. C'est moi qui dois arrêter d'être triste pour les gens qui partent. S'ils partent, c'est qu'ils ont une bonne raison. Y'a toujours une bonne raison. Et lorsqu'elle est mauvaise, alors c'est une raison encore meilleure pour partir, n'est-ce pas ? Freya l'a dit, que la vie était faite de rencontres, de départs, de retrouvailles, de pertes, et que tout le monde finit par s'y faire en grandissant. Le paysage se floute devant Charlie. Triste, elle ferme ses paupières marbrées de vaisseaux bleutés et écrase une larme qui roule jusqu'à sa mâchoire. T'inquiètes pas, souffle-t-elle en rouvrant les yeux. Après ça va aller.

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 12/08/2025 à 10:45

Sasha avait gardé les yeux posés sur Charlie - précautionneux. La petite boule de fille rousse qu'elle formait était mélancolique, et il savait qu'il contribuait à cela. Pourtant, un soulagement faisait tonner son coeur dans sa propre poitrine.

 

- Merci, il s'entendit dire, d'une voix presque absente.

 

Devant eux, un groupe de Serpentards de l'âge de Charlie se pressèrent, probablement pour rejoindre un entraînement de Quidditch ou une autre activité quelconque. Sasha les regarda passer, alerte, mais ceux-ci ne leur prêtèrent aucune attention. Alors, il reporta la sienne sur la petite boule au col Serdaigle.

 

- J't'écrirai, il dit. C'est promis.

 

Il s'engageait à quelque chose de difficile. A ses parents, à Kalina, il aurait dû écrire cent fois plus souvent. Mais rarement ses mains ne trouvaient le chemin du parchemin et de la plume. Rarement il avait l'impression d'avoir le temps. Et quand parfois il s'était fait violence, pris d'une soudaine urgence nocturne, il s'était retrouvé à faire goutter l'encre après avoir écrit six pauvres mots : Дорогі тату й мамо, люба Калина.

 

Chers papa et maman, chère Kalina.

 

Et après quoi ? Rien ne venait jamais. Rien de cohérent. Il écrivait qu'il faisait beau ici même si ce n'était pas vrai. Qu'il allait bien, qu'il reviendrait bientôt. Tissu de mensonges. Il finissait par déchirer la lettre, et envoyer seulement quelques objets et quelques mornilles en guise de preuve qu'il était bien vivant. Sa mère était sûrement furieuse. Son père avait sûrement haussé les épaules, et Kalina sûrement était déçue.

Sasha s'humecta les lèvres, la mine un peu amère, mais il se déplaça un peu sur le banc pour se rapprocher de Charlie, et il lui passa un bras autour des épaules.

 

- Je ferai attention, il dit à voix basse.

 

A ce sujet, il ne pouvait pas promettre de faire beaucoup mieux que cela. Ce qui ne serait pas très rassurant. Il resserra brièvement son étreinte, avec une force un peu bourrue, maladroite.

 

- Les gens peuvent avoir une bonne raison et on peut être triste quand même, ça change rien. Et j'ai beau avoir une bonne raison, j'm'inquiète quand même qu'il y aura plus une panthère pour surveiller la boutique.

 

Il avait dit ça en souriant. Certes, il ne surveillait pas réellement la boutique. Mais il aimait bien s'imaginer qu'il était là un peu pour ça aussi, et pas seulement pour ranger des cartons. Il savait bien qu'il était le seul à penser ça de son rôle, mais ça l'aidait à s'imaginer avoir droit à sa place temporaire en Angleterre. Comme s'il repayait une dette, en quelques sortes, même s'il n'avait jamais demandé à être ici. Peut-être parce que les Carter l'avaient un peu pris dans leur famille, à la manière d'un molosse boiteux adopté par charité, alors il s'y improvisait chien de garde. Défaillant certes, mais loyal.

Sa main frotta l'épaule de Charlie à travers la cape, et il eut un soupir. Après ça va aller. Charlie répétait ce qu'on lui disait, fidèle. Comme une bonne élève qui apprenait par coeur ses leçons, et les restituait scrupuleusement. Sasha secoua la tête. Il n'était pas sûr du tout, lui, que ça irait. Il chuchota.

 

- Même si ça va pas après, Charlie. Sache que t'as été ma meilleure amie ici.

 

Il pinça les lèvres.

 

- Et quand on est loin de chez soi, ça compte beaucoup. Beaucoup beaucoup. Ok ?

 

Il la berça un bref instant, d'un mouvement latéral.

 

- Et j'suis pas encore parti alors j'espère bien qu'on pourra faire quelques escapades pour que tu me montres un peu l'Ecosse en juillet, ok ?!

Charlie Carter

Femme

14 ans

Sang-mêlé

Britannique

Maître du Pactole

Message publié le 14/08/2025 à 13:48

À la promesse des lettres, Charlie secoue négativement sa tête. C'est trop dangereux pour les hiboux, décide-t-elle, résignée à rester sans nouvelles plutôt que de sacrifier la vie d'un animal pour garder contact avec Sasha. Il existe sûrement d'autres moyens ; ils vendent un tas de petits objets de communication à Pré-Au-Lard... son esprit y reviendra plus tard, soudain happé par l'énergie protectrice de l'animagus qui la prend sous son bras. 

 

— MacDuff surveille la boutique, toi t'es indispensable là-bas. Outre MicMac et ses gros yeux ronds, Sasha a pu croiser souvent la silhouette du grand-duc européen perché sur les cheminées du 76 Grand-Rue. La rouquine se laisse fondre contre le flanc bourru du Gryffondor. Elle s'y sent bien, en manque des étreintes d'un certain demi-géant. À lui aussi, elle avait trouvé des excuses, confrontée aux paroles amères d'Alison qu'elle ne voulait pas entendre. D'un revers de main, la benjamine essuie ses larmes, et sourit quand Sasha se confie au creux de son oreille, révélant l'importance de leur rencontre cette année. Elle acquiesce, et prend le temps d'inverser la situation avant de répondre. Si j'étais tombé sur toi en Ukraine, j'aurais sûrement pensé pareil, explique-elle, persuadée qu'ils auraient recréé la même alchimie de l'autre côté de l'Europe.

 

La conclusion, c'est qu'encore aujourd'hui, Charlie a un peu grandi. 

 

Grandir, ça force à voir au-delà du cocon familial, au-delà de notre propre petit confort. Grandir, c'est savoir que se morfondre est moins efficace que d'agir. Elle montrera l'Écosse à Sasha, ils se feront des souvenirs si solides qu'ils résisterons à l'éloignement. Promis, affirme la Serdaigle à son ami. 

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