Harry Potter RPG
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Crashing out Département des Mystères, mercredi 08 août 2125

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Eileen Hilswood

Femme

31 ans

Sang-mêlé

Britannique

Message publié le 12/08/2025 à 00:24

Le Départment lui avait donné deux semaines. Du coup, dès le mercredi, Eileen était revenue au travail. Elle tournait en rond, et nous trouvait rien qui stimulait son esprit suffisament pour arrêter de penser à sa situation. Alors, dans son petit appartement, elle se levait, attrapait un livre, décidait d'aller faire un tour, retirait ses chaussures et allait prendre une douche. Elle ne devait parler à personne de ce qu'il s'était passé. Elle ne pouvait parler à personne de ce qu'il s'était passé. Même si on la torturait ou on lui faisait boire du Véritaserum, elle ne parlerait jamais à personne de ce qu'il s'était passé. Il était plus simple de faire semblait. D'ailleurs, elle ne faisait pas semblant. Son transpla-boulot-dodo avait à peine été chamboulé. C'était tout le monde autour d'elle qui devrait faire semblant. 

 

Après un repas prit sur le pouce - elle n'avait aucun apétit depuis quand elle ne faisait rien - Eileen décida qu'il était temps de reprendre là où elle en était. Elle avait encore du travail. Tout allait continuer à tourner. Tout le monde allait faire semblant.

 

Elle entra au Ministère par l'entrée des employés. A cette heure-là, quelques personnes sortaient pour leur pause de midi, mais personne ne la reconnu. Il fallait dire qu'elle ne passait guère de temps dans les apéros entre collègues... et aucun des nouveaux employés ne t'a encore recontré. Elle fit comme-ci de rien était, parce qu'il n'en était rien. Elle allait juste travailler. Comme d'habitude. L'ascenceur la mena droit au niveau neuf. La petite voix de l'annonce était la même qu'à l'accoutumée. Elle se dirigea vers son bureau. Les yeux de ses collègues Langue-de-Plomb la suivaient. Même ceux qui ne la connaissaient pas savait très bien qui elle était. Tout était parfaitement normal.  Elle allait s'assoir sur sa chaise, ouvrir les tiroirs de son bureau, et reprendre là où elle en était. Tout allait parfaitement bien. 

 

Quelqu'un était assis dans sa chaise. Quelqu'un utilisait son bureau. Son collègue, Whitecombe, la dévisagea.

 

- Ah. Hilswood. Euh... Je ne pensais pas que tu serais déjà de retour.

 

Déjà de retour ? Elle était à peine partie cinq jours.

 

- Je pensais reprendre ce que j'avais laisser sur place. Ah et j'aurais besoin de mon carnet de note surtout.

 

- C'est à dire que... C'est mon bureau maintenant. Depuis au moins deux ans. Tes affaires sont... euh... il faudrait voir avec McBrown. 

 

- ...Oh.

 

"Oh", effectivement. Ils n'avaient pas gardé son bureau au chaud, à quoi s'attendait-elle ? Elle fit semblant de sourire à Whitecombe, et se dirigea vers les toilettes. Son visage brûlait sous l'émotion. Elle posa ses mains sur une des vasques de lavabo, et laissa échapper un sanglot honteux. Rien n'était comme avant.

Alhena Peverell

Femme

32 ans

Sang pur

Britannique

Avatar de Carrie

Administration

Gardien des Origines

Message publié le 17/08/2025 à 02:55

Bordel. 

Fais chier. Sérieusement.

 

      Alhena se mord la lèvre inférieure. Ses yeux oscillent entre Dawn et Luth, sans parvenir à se fixer. Elle avait tout fait pour ne pas se retrouver coincée entre ces deux-là. Leur guerre froide ne la concerne pas. Elle a gardé ses distances, pris soin de ne jamais pencher d’un côté ni de l’autre. Et voilà ce que ça lui coûte : une promotion foireuse.

 

      Le Responsable des Langue-de-Plombs actuel ? Licencié. Officiellement, c’est une décision stratégique. Officieusement, c’est un fusible. Un pion sacrifié pour étouffer les conséquences d’expériences désastreuses. Celles-là mêmes qui avaient conduit à la mort de l’ancien directeur du département. Maintenant, il fallait nettoyer les dégâts. Il fallait garder la face et repartir sur un terrain neutre.

 

      Ils ont donc choisi quelqu’un de plus jeune. De plus ambitieux. Quelqu’un d’assez brillant pour mériter le poste, mais pas trop exposé pour qu’on lui tombe dessus au premier faux pas. Quelqu’un qu’on pourrait façonner avec des mots. Quelqu’un d’utile à McBrown et à Douglas. Quelqu'un qui n'est pas lié aux derniers fiascos du département -ce qui exclut presque tout le monde. Quelqu’un comme elle, donc.

 

Et ça lui fout une sale envie de vomir.

 

      Bien sûr, une part d’elle est flattée. Mais ce n’est que du vernis. Alhena, elle sait, elle n'est pas aveugle. Elle la voit bien la montagne de merde à trier. Le nombre de problèmes à digérer. Ce n’est pas une promotion sympa : c’est une punition déguisée. Elles l’ont désignée pour jouer les médiatrices, la diplomate de service. Celle qui va crouler sous leur guerre froide, apaiser les tensions et colmater les fuites.

 

      Alors la brune a juste étiré faussement ses lèvres. Ce sourire parfait, maîtrisé qu’on lui a appris à garder. Elle a accepté, évidemment -qui ne l'aurait pas fait... Et elle les a laissées parler. Les deux, l’une après l’autre, comme si elle n’était qu’un miroir poli pour refléter leurs discours. Le travail. Le conflit. Les perspectives d’évolution. Les responsabilités. Et elle, poupée de porcelaine, elle hoche la tête. Bien sûr. Évidemment que je serai à vos côtés pour gérer tout cela. Comme toujours. Pour ramasser les morceaux. Elle a l’habitude de repasser derrière les gens pour réparer de toute façon. 
 

      La réunion terminée, la porte refermée derrière elle, elle inspire profondément. L’envie de hurler est presque physique. Des morts, des secrets, des rivalités d’adolescentes... Franchement, difficile de savoir si elle bosse dans un département du ministère ou dans une putain de cour de récréation. Et ça se prétend être des supérieurs hiérarchiques ? C'est ridicule.

 

      Elle passe une main dans ses cheveux. Soupire. Traverse le couloir d’un pas rapide, bras croisés, serrés, comme une protection. Une barrière. Un instinct. Elle a la nausée. Elle presse le pas. Puis plus rien. C’est passé. Ses pieds l’ont menée à la bonne porte. Mais elle n’entre pas tout de suite. Elle ferme les yeux. Elle doit se laver les mains. Elle doit nettoyer ses angoisses. Elle pousse la porte.

 

      Elle ne remarque rien. Elle ne voit pas tout de suite qui c’est. Elle n'entend pas vraiment les pleurs. Il y a un flou dans ses pensées. Elle est en train de réfléchir à cent à l’heure. Elle établit une liste mentale. Ce qu’il faut réparer, classer, dissimuler. Un, deux, trois, non, attends...Quoi ? Elle frotte un peu trop, comme si sa peau allait s’irriter. Puis elle tourne la tête. 

 

Et là, elle sourit.  

 

      Un vrai sourire. Léger, un peu narquois. Qui s’efface vite, remplacé par un haussement de sourcil. Puis qui revient, plus discret, plus aiguisé. Elle s’essuie les paumes sans se presser. Moi qui pensais que tous les fantômes du secteur avaient démissionné, je suis surprise de te trouver là. Main sur la hanche, elle penche la tête. Son regard planté dans celui de la silhouette familière. Ça fait combien de temps, déjà ? Trop, pour que ça vaille encore la peine de compter, d'après Alhena. T’as une sale gueule, Eileen. Arrête de chialer, tu vas finir par faire peur aux strangulots du labo. Un petit silence, juste pour laisser planer le doute. D’ailleurs, Gérard sera ravi de te revoir. Il s’ennuie dans son bocal depuis ta disparition. Un beau sourire. Peverell a toujours de belles dents blanches à montrer. Et ça, au moins, ça ne change pas.

Eileen Hilswood

Femme

31 ans

Sang-mêlé

Britannique

Message publié le 27/08/2025 à 21:45

- Moi qui pensais que tous les fantômes du secteur avaient démissionné, je suis surprise de te trouver là.

 

Eileen avait remarqué qu'elle n'était pas seule. Elle avait espérer que, en gardant son visage entre ses mains, on ne la reconnaisse pas - ou du moins on ne l'embête pas. Cependant, elle aurait reconnu cette voix entre mille. C'était une belle voix, teintée, ou carrément trempée, d'ironie. Il n'y avait qu'une seule personne pour se payer sa tête de cette manière, et ça faisait du bien de savoir qu'elle n'avait rien perdu de son mordant.

 

- T’as une sale gueule, Eileen. Arrête de chialer, tu vas finir par faire peur aux strangulots du labo. 

 

Eileen avait déjà séché une bonne partie de ses larmes à présent, et elle ne comptait pas repartir sur un nouvel éclat. Au contraire, elle afficha un sourire tordu, préparant déjà sa réplique.

 

- D’ailleurs, Gérard sera ravi de te revoir. Il s’ennuie dans son bocal depuis ta disparition.

 

- Je savais pas que la mamie d'Alhena Peverell travaillait aussi au Ministère. C'est fou, vous lui ressemblez comme deux gouttes d'eau, mais avec vachement plus de rides.

 

Le fait qu'Alhena n'avait en réalité guère changé en cinq ans ne diminuait qu'un petit peu sa pique. La Peverell était toujours en parfaite maitrise d'elle-même, alors il aurait été étonnant qu'elle se retrouve soudain avec dix rides ou dix kilos de plus. Mais malgré toute sa maitrise, le temps s'écoulait pour tout le monde de la même façon. Sauf pour Eileen, bien entendu. 

 

- Sans blague, je crois qu'à part Gérard, personne veut de moi ici.

 

On pouvait retirer la blague d'Eileen mais on ne pouvait pas tirer Eileen de la blague. Même déprimée elle ne pouvait s'en empêcher. Surtout déprimée, elle ne pouvait s'en empêcher. Sinon, elle devait faire face à l'inutilité de son existence. Ou pire, être honnête avec elle-même.

 

- On m'a déjà retirer mon bureau...