Harry Potter RPG

[En Cours]
Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère Grand-Rue de Pré-au-Lard, mardi 10 juillet 2125

Accueil En dehors du Château Pré-au-Lard Bouquet de Nerfs et Pelote de Bruyère
Alison Carter

Femme

17 ans

Sang-mêlé

Britannique

Garde-Grains

Message publié le 18/12/2025 à 08:13

Lorsqu'il retire sa main et s'éloigne, Alison s'attend à être soulagée, sauf qu'un tout autre sentiment l'envahit ; une culpabilité étrange, teintée de honte - insupportable. Collée à la rambarde, elle fixe ses chaussures serrées l'une contre l'autre, idiote. Le sang pulse vers son cœur de fillette immature. Elle se déteste, bien sûr. Avec Sasha, la sorcière trébuche à chaque virage. Pourquoi a-t-il fallu qu'il la menace soudain ? Un œil en direction de l'Ukrainien suffit à réveiller sa mémoire, son sourire presque carnassier, le sérieux de ses avertissements, le language explicite de ses gestes, l'absence d’hésitations. Elle revoit son regard prédateur. Elle s'est sentie proie - un rôle insoutenable aux yeux d'Alison. Elle refuse qu'on lui ôte le contrôle. Elle refuse, alors comment se fait-il qu'elle ait l'impression de regretter maintenant ? 

 

Elle n'a pratiquement pas bougé d'un millimètre depuis qu'il l'a embrassée. Elle réalise qu'il gardera cette image d'elle, celle d'une gamine capricieuse, aguicheuse, et imbécile, loin, très loin, de la femme fatale des magazines dont elle s'inspire, ou du charisme de sa directrice de Maison, Miss Aisling. 

 

Alors sûrement, le myosotis fanera vite. 

Il finira par l'oublier, tout le monde l'oublie

 

Le grincement du bois fait relever sa tête à Alison. Les paroles de Sasha sonnent creux. Il est déçu. Évidemment, qu'il est déçu. Quel genre d'andouille perd ses moyens aussi vite ? Peut-être qu'il jouait simplement et qu'elle s'est braquée pour rien ? Elle hausse les épaules, confuse, la mine froissée. "C'est pas grave, on est cool", dit-il, et badaboum, elle retombe, seule, au milieu de sa chambre d'enfant, gosse invisible, sans une place dans l'histoire de sa famille. 

 

Une luciole éclaire ses airs pantins. 

 

L'Ukrainien recommence à agir comme s'il n'avait pas à jamais remplacé le souvenir de l'étang d'Alison par un autre, désastreux. Il s'excuse, elle serre ses lèvres. J'ai pas froid. J'ai pas peur de toi, ment-elle en s'éloignant de la rambarde tandis qu'elle rajuste sa veste sur ses épaules, le nez éhonté et les joues rouges. La petite pochette de soirée se balance contre ses hanches. Mal à l'aise, Alison tire un peu sa jupe vers le bas et remonte ses chaussettes. T'es pas obligé d'me raccompagner, j'suis assez grande, annonce-t-elle, vexée. 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

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Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 31/12/2025 à 10:07

Sasha laissa retomber son bras le long de son corps, la mine fermée, mais ses prunelles restèrent un moment accrochées à la silhouette d'Alison qui semblait tirer sur ses vêtements pour couvrir toute la peau qu'elle avait pourtant décidé de laisser à l'air libre pour leur soirée spéciale - un dîner qui aurait dû être des adieux de fête et non une énième de leurs disputes.

Sasha soupira. Mais quand bien même Alison annonçait pouvoir rentrer seule, elle n'avait pas encore pris le chemin de Pré-au-Lard.

 

  • - Je sais qu'tu peux, mais j'ai promis à ta soeur que je veillerai sur toi, rétorqua-t-il avec un haussement d'épaules nonchalant.

 

Ses mains disgracieuses s'étaient rangées là où elles étaient habituellement : dans ses poches. Qu'avait-il pu croire exactement ? Evidemment qu'il n'était pas Spike Ryder ou un autre de ces mecs cools dont les mains baladeuses semblaient bien plus innocentes que les siennes.

La silhouette de Sasha se détachait dans l'océan de lucioles, comme une masse sombre occultant les étoiles d'un ciel devenu noir avec le soleil qui avait cette fois complètement décliné. Ils ne distinguaient presque plus les visages l'un de l'autre, et Sasha détacha donc son regard de la jeune fille.

 

  • - On dirait un vieux couple, grommela-t-il à voix basse, en songeant qu'ils passaient plus de temps à se disputer qu'à apprécier la présence l'un de l'autre.

 

La silhouette de Sasha s'écarta de l'étang. L'étang. Il s'agissait de le laisser derrière lui pour prendre la direction du retour. L'étang et Alison et Poudlard et OCQ et la ferme et les escapades dans la forêt interdite et Charlie et les cours de danse et la nourriture en abondance de la Grande Salle et Freya.

 

Il s'arrêta après quelques pas pour se retourner un instant.

 

  • - Tu viens ? il dit platement.

Alison Carter

Femme

17 ans

Sang-mêlé

Britannique

Garde-Grains

Message publié le 02/01/2026 à 22:03

Bien obligée de prendre la route du retour, Alison obéit à Sasha, une moue boudeuse déformant ses lèvres. Ensemble, ils commencent à s'éloigner de l'étang qui scintille en arrière-plan tandis que la musique du village semble plus forte et que certaines voix se détachent à mesure qu'ils approchent des maisonnettes. J'connais un raccourci, annonce soudain la sorcière muette jusqu'ici. Elle ouvre le portillon grinçant d'un jardin sans attendre l'avis du Gryffondor. Ses doigts glissent en direction de l'une de ses chaussettes dont elle extirpe Lily Lovedoll. Avant-même qu'ils aient pu voir l'ombre d'un habitant, voici qu'ils rejoignent un sentier bordés d'herbes hautes, de grands résineux, et de rochers couverts de mousse, la baguette de la rouquine en guise de lanterne. Ses Derbies évitent soigneusement la boue, et au bout d'un certain temps, sa langue se délie.

 

— T'as essayé d'me faire peur ? demande-t-elle, en jetant un œil de biais au Slave à travers ses longs cils maquillés. Quand t'as dit qu'personne viendrait m'aider ici, t'as voulu m'faire peur, répète la cadette Carter alors que les parois rocheuses deviennent plus hautes et plus étroites autour d'eux. Sa voix résonne après le hululement lointain d'un hibou. J'comprends pas pourquoi tu fais ça. Franchement, c'est sûrement l'une des dernières fois d'notre vie qu'on s'parle, on va pas s'mentir, donc j'te le dis ; le numéro du gars dominant et tout là, c'est p't'être sexy dans les magazines pour mecs, mais dans la vraie vie c'est juste un red flag, j'ai cru qu't'allais m'violer, lâche-t-elle en descendant les premières marches d'un escalier de pierres qui semble s'enfoncer en plein cœur de la colline. L'odeur d'humidité gagne les narines des adolescents et un frisson hérisse la nuque d'Alison. Putain ça caille. Le halo lumineux de Lily Lovedoll dévoile des runes gravées à même la roche où serpentent de longues racines sûrement aussi vieilles que la colline. Ça et là, quelques insectes luisent, et de temps en temps, une chauve-souris fait claquer ses ailes, dérangée par les deux intrus. 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

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Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 03/01/2026 à 08:36

Ils avaient débuté le chemin du retour en silence. Sasha était travaillé par la pulsion de se transformer pour prendre les devants sur le chemin sous sa forme animale, comme si cela lui aurait permis d'anticiper tout danger, mais il se concentra sur les cailloux qui crissaient sous leurs pieds pour mieux résister à cette envie et sagement marcher comme un être humain normal.

Quand Alison annonça un raccourci, il fronça les sourcils. Hésita à lui dire qu'il n'était pas vraiment sûr que la direction leur ferait gagner du temps - mais si ça prolongeait de quelques instants cette soirée, Sasha était bien capable de marcher un peu plus longtemps. Et puis, son séjour en Angleterre était bientôt fini. Il en avait fini de se battre avec Alison. Qu'elle prît le chemin qui lui chantât, pour que ce que ça faisait.

 

Mais quand la jeune fille reprit la parole, sur un sentier autour duquel se refermait la roche comme un couloir secret, Sasha releva la tête pour essayer d'apercevoir les traits de la cadette. Lui-même affichait un air ahuri.

 

  • - Quoi ?! Mais non Alison c'était une blague, répliqua-t-il avec plus de véhémence qu'il ne l'aurait voulu.

 

Sasha n'interrompit pas sa marche lorsqu'elle poursuivit ses explications et la dépassa sur le chemin. Ses mains toujours enfoncées dans ses poches, sa bouche se tordait légèrement, peignant une amertume qu'il cacha en passant devant elle, continuant à mettre obstinément un pas devant l'autre.

 

  • - Le numéro du gars dominant ? répéta-t-il, excédé. Je lis pas de magazines pour mecs !

 

Ca existait, d'abord ? Sûrement. Tout existait en Angleterre. Et c'était quoi ces drapeaux rouges ? Des drapeaux russes ? L'insulte !

Sasha carra les épaules, serrant les poings dans ses poches.

 

  • - C'est toi qui me prend pour un violeur, gronda-t-il, se retournant subitement pour adresser à Alison un regard offensé que la Lune éclaira d'une lueur froide. Tout le monde me prend pour un sauvage meurtrier ici ! J'croyais qu't'étais différente, qu'avec toi j'pouvais dédramatiser cette image-là, alors j'ai fait une putain de blague !

 

Sa voix s'éraillait d'une manière qu'il détestait alors il se tut, enfonçant sa colère au fond de ses entrailles - parce que cette colère était celle-là même qui faisait peur aux Anglais. En Ecosse, un garçon qui venait de la guerre n'avait pas le droit d'être en colère. Sasha se mordit la lèvre inférieure avec violence avant de se retourner vers le chemin, mais il n'avança plus. De toute façon, il ne connaissait pas cet endroit. Sans ses sens félins, il serait vite perdu. Et ce n'était sûrement toujours pas le bon moment de se montrer avec des griffes et des crocs.

Le silence s'étira pendant que Sasha s'efforçait de faire taire toute sa rancune, le visage fermé et les yeux braqués sur des runes qui s'alignaient sur la pierre, mystérieuses. Il aurait aimé qu'Alison lui fît découvrir les secrets de cette forêt, mais qu'importait maintenant ? L'humidité était le cadet de ses soucis. Il la sentait à peine, son corps s'échauffait de tout ce qui bouillonnait à l'intérieur, et qu'il était interdit d'exprimer.

Il ne fit que relever le regard vers Alison au bout d'un moment, parce qu'elle avait froid. Le silence s'égrena en quelques secondes supplémentaires, tandis qu'il l'observait.

Sasha finit par prendre une inspiration, pour s'efforcer d'articuler avec un ton calme, les mâchoires serrées.

 

  • - Est-ce que. Tu veux. Que je fasse. Quelque chose. Quand tu dis que tu as froid.

 

C'était une question sans animosité, empreinte d'un effort évident de ne plus franchir les fameuses lignes qui l'affublaient visiblement de drapeaux ennemis.

Alison Carter

Femme

17 ans

Sang-mêlé

Britannique

Garde-Grains

Message publié le 03/01/2026 à 10:53

"une putain de blague", répète-t-il avec son accent ukrainien. Ce même accent qui permettrait à la rouquine de reconnaître Sasha parmi tous les élèves du chateau les yeux fermés, elle en est sûre, et c'est à peu près tout ce dont elle est sûre, avec Sasha. À l'image des racines entremêlées aux rochers, les pensées d'Alison s'entortillent, perdues derrière le brouillard de ce qu'elle ressent, de ce qu'elle se retient de ressentir en permanence, et de ce qu'elle aimerait qu'on ressente à ses côtés. Une blague, souffle-t-elle, le sortilège éclairant ses sourcils dubitatifs tandis qu'elle repasse devant Sasha dans un froissement de vêtements amplifié par l'exiguïté du vieil escalier aux marches tordues. Tu rapportes toujours tout à toi et à c'que les gens disent, mais ta blague, n'importe qui d'autre l'aurait faite, que j'l'aurais envoyé chier en fait. C'est pas une blague ça, ça a rien de drôle, rien d'excitant, et j'sais qu'tu vas pas m'croire - tu m'crois jamais quand j'parle, sauf qu'encore une fois, j'te jure que si c'était pas toi, ça m'aurait pas fait rire non plus, j'crois qu'tu t'rends pas compte en fait, mais on rigole pas avec ça, Sasha, explique la sorcière sur un ton presque militant, débité à la vitesse d'une beuglante. Un instant, elle oublie sa peur, elle oublie le froid, elle oublie le rendez-vous foiré, et avale quinze ou vingt marches supplémentaires, sans arrêter son discours. Faudrait qu'une fille soit vraiment tordue pour trouver ça drôle, ça m'a juste donné l'impression qu't'avais vrillé quoi. À travers les roches et les branches de résineux, la lune apparaît parfois, et soudain, la cadette Carter entend le cri distinctif du grand-duc européen familial, Macduff, qui avait probablement continué de surveiller le couple depuis le début de leur soirée. 

 

Elle se rend compte qu'elle n'a pas répondu à la demande de Sasha, bien trop emportée par leur quiproquo, et s'arrête près de ce qui ressemble à une fenêtre découpée entre deux lourdes pierres moussues, pour l'observer, et observer ses airs un peu contrits, un peu boudeurs, un peu râleurs. T'as pas d'veste à m'prêter, alors nan.. tu peux pas faire grand chose, annonce-t-elle en fixant un éclat de paillette perdu sur la pommette du Slave. Elle resserre son propre gilet en croisant les bras.

 

La scène lui traverse l'esprit, de ce qu'elle avait prévu ce soir, de ce qu'elle avait imaginé en se décidant à passer le cap avec lui. Tant pis, commente-t-elle à voix haute, confuse d'entendre ses propres mots résonner contre la paroi humide. Doucement, elle se résigne à tourner la page, puisqu'il va partir, et qu'ils ne se reverront plus jamais, et que la fleur fanera bien vite, elle en est persuadée. Y'a plein d'autres filles en Ukraine, t'auras qu'à juste éviter d'leur faire ta blague, dit-elle en détournant son regard vers le goutte-à-goutte de l'extrémité d'une racine mouillée sous laquelle elle presse son doigt. 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

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Saï Don

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Maître du Pactole

Message publié le 10/01/2026 à 14:12

Sasha dévisagea Alison, un moment hébété. Il n'avait jamais vraiment compris pourquoi Alison et lui ne parvenaient jamais à s'entendre. Elle semblait toujours lire et comprendre des choses sous un autre angle que le sien. S'il faisait un compliment, elle entendait un reproche. S'il faisait une blague, elle entendait une menace. S'il prononçait une excuse, elle entendait un abandon. S'il avançait une explication, elle entendait des excuses.

Alison repassa devant lui et Sasha se passa une main sur le visage. Il serra les mâchoires lors de sa dernière remarque, se faisant violence pour ne pas lui rétorquer sur le même ton.

 

Mais à quoi bon ?

 

La soirée était fichue de toute façon. Il aurait dû s'en tenir à ce qu'il avait prévu : un dîner pour dire au revoir et au lit tout seul pour mieux s'occuper des veaudelunes à l'aube, qui, eux, ne voyaient pas dans tous ses mots des maux à combattre. Il soupira en la toisant.

 

Impossible ne pas penser à leur précédente altercation, quand elle avait défendu Anya, croyant encore et toujours entendre de sa part son manque de respect pour les femmes. Il avait pourtant essayé d'écouter vraiment.

 

Le silence s'égrena au fil des gouttes qui s'écoulent de la racine qu'Alison pressait. Quand Sasha reprit la parole, il avait détourné le regard lui aussi, dans le feuillage et les troncs qui se dupliquaient au loin comme une illusion. L'illusion qu'ils étaient seuls au monde, que le temps était suspendu.

 

- Y'aura pas d'autres filles en Ukraine.

 

Il n'y aurait peut-être jamais d'autres filles tout court, mais il se garda de révéler le fond de sa pensée : elle ne pouvait qu'être mal interprétée par Alison. Sasha avait remis ses mains dans ses poches. Il réfléchissait à ce qu'il pourrait ajouter, mais rien n'allait. Finalement, tout pouvait être déformé sous le prisme critique de la Serpentard. Et comme il n'avait pas de veste, il avait l'impression d'être de trop : inutile.

 

- C'est peut-être vrai, il dit finalement, le regard dans le vague, et il haussa les épaules. Que je ramène tout à moi.

 

Il avait fait de gros efforts depuis l'hiver pour cesser de tout ramener au conflit avec les Russes, pour se muer en élève normal comme un caméléon tenterait de ressembler à une cafetière, inconscient de la limite de ses capacités. Mais n'était-ce pas encore penser à soi ? Se soucier de paraître suffisamment fréquentable ? Alison avait peut-être raison : c'était son ego qui parlait encore, même lorsqu'il essayait de changer.

Pourtant, c'était aussi vrai que parfois il pensait aux autres, et pas juste pour lui-même ou pour ce que ces autres lui apportaient. Mais puisque c'était un adieu, il pouvait être sincère. Un drôle de calme s'ancra en lui lorsqu'il parla de nouveau.

 

- J'pensais à moi, parce que j'voulais que tu m'aimes.

 

Il détacha ses yeux de ses chimères invisibles qui paraissaient danser au fond de la forêt, pour regarder Alison qui était dos à lui, désormais. Sa silhouette frêle détonnait en couleurs dans cet univers gris et marron de roche et de végétal.

 

- J'voulais te protéger pour être important pour toi. Et j'voulais faire des blagues pour que tu te sentes bien avec moi. Mais on peut pas forcer quelqu'un qu'on aime à nous aimer en retour, je suppose.

 

Alors il aimerait de loin. Après tout, c'était déjà comme ça qu'il devait aimer sa famille : en chérissant des souvenirs fugaces, en chuchotant pour eux des voeux qu'ils n'entendraient pas. En se disant que ce qu'il avait vécu, c'était déjà bien.

Alison Carter

Femme

17 ans

Sang-mêlé

Britannique

Garde-Grains

Message publié le 13/01/2026 à 01:13

Pas d'autres filles en Ukraine ? Elle reste muette, à se demander intérieurement ce qu'il veut dire, et comment il peut avoir l'air si sûr qu'il n'y aura pas d'autres filles. Sont-elles toutes mortes, les Ukrainiennes de seize ou dix-sept ans ? Alison frissonne encore. Sasha pense-t-il que la guerre ne s'arrêtera jamais ? Qu'il est voué à une vie de combat ? Est-ce possible que le conflit dure jusqu'à ce qu'ils ne vieillissent ? Elle se trouve ignare, bien naïve face à l'enfant-soldat. L'espace d'un instant, elle regrette d'avoir dit cette dernière phrase, et de passer toujours pour la Britannique indifférente au sort des Slaves, chanceuse d'être née au bon endroit.

 

Honteuse, elle fuit le regard de Sasha, lui-même qui soudain commence à admettre l'égocentrisme de sa réaction. L'eau coule le long des doigts d'Alison, vers sa paume et son poignet. Elle devrait ôter sa main, mais l'aveu du Gryffondor la fige sur place.

 

Il voulait qu'elle l'aime.

 

Sa manche de gilet s'imbibe lentement, le bleu clair devenant bleu foncé par le bord, et le tissu collant à sa peau froide. Peu importe.

 

Il voulait la protéger. Être important pour elle. 

Qu'elle se sente bien avec lui.

Il voulait qu'elle l'aime, en retour.

 

Du plus loin qu'elle se souvienne, personne n'a jamais dit des mots aussi forts à la cadette Carter. Elle sent l'eau mouiller son coude, et sa poitrine qui palpite. Pour essayer de retrouver contenance, Alison, d'un geste vif, éloigne son bras de la racine, et tire sur sa manche. On peut, dit-elle, la voix étrangement nerveuse. On peut, forcer quelqu'un à- nous trouver important. Les paroles sont corrigées immédiatement, car bien sûr, elle connaît les particularités de l'Amortentia, ce philtre aux effets parmi les plus fascinants du monde sorcier. Mais il est impossible de fabriquer l'amour ; Sasha a raison. 

 

Dos au garçon, elle ne peut s'empêcher de penser qu'il a été terriblement maladroit, au point même, qu'on dirait qu'il ment. Elle ravale sa salive, incapable de prendre une décision, d'accepter ou non, de croire la confidence de Sasha. J'ai pas compris qu'c'était ça, avoue à son tour l'Écossaise en tordant sa manche qu'elle espère égoutter un minimum avant d'avoir trop froid. Et comme ça devient ridicule de lui parler sans le regarder, elle se tourne et fait face à ses airs bizarrement placides. 

 

— J'sais qu'tu m'as protégée, des fois. En présence de certains élèves, par exemple, dont elle n'avait jamais su que Sasha avait développé l'avidité perverse pour Alison, en alimentant lui-même la rumeur plus que de raison car il voulait d'abord se venger d'elle. T'as voulu qu'il m'arrive rien de grave, c'est gentil, mais. Mais ? 

 

La sorcière se rapproche de l'Ukrainien. Les blagues, le reste, j'ai pas compris. Moi j'croyais qu'tu voulais en profiter, comme tout l'monde, comme les autres quoi, qu'tu voulais ton souvenir - pour là-bas. Parce que ça semble tellement impossible, au final, qu'on s'attache à elle, vraiment. Il suffit de voir Spike pour comprendre ; et c'est mieux, s'illusionne Alison. Elle sonde cependant le regard de Sasha, incertaine de l'issue de leur conversation. D'façon tu vas partir, se résigne-t-elle, refermant l'une des épaisseurs de carapace qu'il avait réussi à ouvrir. 

 

— Pis tu peux pas m'aimer. Deuxième couche de carapace, épaisse. T'as juste trouvé qu'j'étais généreuse d'avoir fait un binôme avec toi, mais ça suffit pas ça, tu l'as dit toi-même, j'me suis servi d'toi comme un accessoire. 

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