Harry Potter RPG

[En Cours]
Une baguette sans sel, s'il-vous-plaît ! Chez Ollivanders, samedi 22 septembre 2125

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Kalina Shevchen

Femme

11 ans

Sang-mêlé

Ukrainienne

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Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 07/01/2026 à 15:11

Les rues de Londres étaient effrayantes : au-delà des nombreux véhicules et du bruit constant, il y avait les immeubles qui vous écrasaient de leur hauteur comme des falaises insurmontables, l'air suffocant des pots d'échappement, et ces passages piétons bondés parmi lesquels Kalina devait essayer de se frayer un chemin - ou plutôt, réussir à suivre dans le sillon que son grand-frère traçait pour eux deux, avec ses épaules carrés et sa main qui tenait celle de sa petite soeur à presque lui en écraser les phalanges.

 

  • - Harazd, ya ne zablukayu, avait-elle dit quand ils étaient arrivés par une cheminée d'un commerce voisin qui reliait Pré-au-Lard à la capitale. (Ca va, je vais pas me perdre.)

 

Mais maintenant qu'ils cheminaient dans la capitale, elle ne bronchait plus. Mieux valait avoir un peu mal à la main que de se retrouver perdue au milieu de cette jungle urbaine.

 

  • - My mayzhe na mistsi, dit Sasha pour l'encourager. (On y est presque.)

 

Kalina ne répondit rien. Ses petites chaussures lui faisaient mal aux pieds. Elle avait l'impression d'avoir marché des kilomètres pour qu'ils pussent se signaler à l'Ambassade d'Ukraine à Londres - Sasha devait signer des papiers auxquels elle ne saisissait guère grand-chose - et désormais ils prenaient la direction du Chemin de Travers (ou quelque chose comme ça).

Lorsqu'ils déboulèrent dans un petit café à l'apparence morne, en apparence à peine fréquenté, elle put enfin avoir l'impression de respirer. Elle s'arrêta devant un grand panneau où elle reconnaissait les mots anglais suivants : Hot Chocolate.

 

  • - Sasha, chy nam varto... (Sasha, est-ce qu'on...)

  • - U nas nemaye chasu, Kalina, trancha-t-il comme s'il avait lu dans ses pensées sans même avoir aperçu son regard. (On n'a pas le temps, Kalina.)

 

La petite fille se renfrogna, ses lèvres fines s'avachissant en une moue boudeuse. Ils avaient littéralement tout le week-end. De quoi parlait-il à la fin ? Sasha était toujours pressé de lui faire regagner la salle commune des Gryffondors, voire son dortoir, sans qu'elle comprît pourquoi. Quand elle posait des questions, il débitait invariablement les mêmes propos concernant des dangers invisibles ou des gens qu'il ne fallait pas fréquenter. Mais ne l'avait-on pas envoyée à Poudlard justement parce qu'elle était censée y être en sécurité ?

 

Et pouf, voilà qu'ils étaient de nouveau dans une rue. Les passants étaient moins nombreux, mais bien plus visiblement sorciers : ils assumaient leurs capes et certains usaient même de sortilèges permanents comme cette femme qui avait un parapluie magique au-dessus de sa coiffure élaborée. Mais Kalina arrondit bientôt sa bouche en un O de surprise.

 

  • - Woha ! Ya nikoly ne bachyv stilʹky kramnytsʹ charivnykiv ! (Woha ! J'ai jamais vu autant de magasins sorciers !)

 

Sasha ne répondit rien. Il l'emmenait un peu plus loin, tirant Kalina qui marchait en crabe pour ne rien perdre des vitrines devant lesquelles ils passaient. Elle ne se fatigua pas à demander s'il pouvait entrer dans cette boutique d'animaux magiques ni ce magasin de matériel de potions : la réponse serait non. A la place, elle engloutissait de ses yeux grands ouverts les possibilités folles que la rue offrait, indifférente à la pluie légère qui humidifiait ses cheveux noirs ramenés en une queue de cheval maladroite - c'était son frère qui lui faisait et elle était toujours un peu de travers, ou bien ses cheveux n'étaient pas bien lissés, bref, il n'avait pas la fibre esthétique mais Kalina s'en fichait.

 

  • - My ydemo tudy, annonça Sasha, et Kalina le suivit par une porte étroite. (On va là.)

 

A l'intérieur, ils furent accueillis par des rangées de boites qui montaient jusqu'au plafond, des bougies chaudes réchauffant l'atmosphère flottant ici et là. Les clients étaient plutôt rares : une vieille dame consultait les articles d'entretien de baguette en marmonnant dans sa barbe - qu'elle avait fine comme un duvet mais piquante comme un cactus, tel que le savait bien le petit-fils qui bénéficierait du cadeau qu'elle souhaitait acheter et qui tolèrerait le gros bisou qui accompagnerait l'offrande - ainsi qu'un homme d'une cinquantaine d'années qui échangeait avec une personne au comptoir au sujet de la rigidité de sa baguette, qui perdait en vigueur au fil des années malgré ses astications minutieuses.

En moins de temps qu'il n'en fallait pour dire ouf, Kalina sentit la main de son frère dans son dos qui la poussait vers le comptoir, à côté du monsieur, pour qu'elle put s'adresser à l'autre personne qui travaillait ici : une femme à l'air sévère qui se tenait près d'un bouquet de lys.

 

  • - Davay, rozmovlyay z neyu anhliysʹkoyu, précisa Sasha. (Vas-y, adresse-toi à elle en anglais.)

 

Kalina lui adressa un regard en coin. Voilà un autre cheval de bataille de son grand-frère : il voulait qu'elle parlât elle-même aux adultes, alors que les autres auraient eu leurs parents pour s'occuper des tractations, il fallait qu'elle affrontât la double difficulté de sa timidité et de parler une langue étrangère. Elle souffla du nez, mais s'exécuta pourtant. Elle s'avança jusqu'au comptoir - son crâne chevelu dépassait à peine, et la dame de l'autre côté devrait sûrement se pencher pour apercevoir son front et ses prunelles volontaires.

 

  • - Je veux réparation de...

  • - Bonjour Madame, la reprit Sasha derrière elle.

  • - Ah, da. Bonjour Madame. Je veux réparation de la baguette, annonça Kalina avec un accent slave enfantin.

 

Elle sortit de l'intérieur de sa robe de sorcière une petite baguette d'un bois sombre, dont elle ne connaissait pas le bois. C'était une baguette ancienne, qui avait sûrement servi à plusieurs générations. Bien que de bonne qualité à l'origine, l'objet arborait désormais un gonflement qui lui donnait une apparence boursoufflée. De plus des traces blanches indiquaient un dépôt de sel qui n'avait pas été effacé par la main qui l'utilisait. Kalina la déposa à plat sur le comptoir de sa paume blanche - et glacée, aussi se dépêcha-t-elle ensuite d'ourler ses doigts près de sa bouche pour profiter d'une expiration chaude pour les réchauffer.

 

  • - En fait, on veut savoir le prix de la réparation, entendit-elle au-dessus de sa tête. Elle a pris l'eau.

 

Prendre l'eau ? Voilà une drôle de formule. Pour Kalina, la baguette n'avait pas fait que boire la tasse. Elle aurait sûrement dit que sa baguette avait nagé comme dans les compétitions officielles, les médailles en moins.

Vespera Grimshaw

Femme

41 ans

Sang pur

Britannique

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Misterminutes

Maître du Jeu

Vif de Cœur 2025

Message publié le 08/01/2026 à 23:10

- Je vous laisse un instant, Vespera ! Une livraison et une expertise pour Gringotts ! Je vous rapporte quelque chose ? 

- Oh, j'ai une tenue à la retouche chez Tissard. Vous pourriez la récupérer pour moi, Humphrey ? 

- Bien sûr, à plus tard ! 

 

Ainsi se déroula cette nouvelle journée au service des sorcières et des sorciers de Grande-Bretagne. Ou plus exactement, au service de leurs alliées les plus fidèles : les baguettes. La rentrée scolaire Poudlardienne était passée et, déjà, le flux de clients retrouvait sa mesure habituelle. Quelques boîtes manquaient ci et là, marque que les jeunes sorciers en âge s'étaient vus remettre l'accessoire de leur pouvoir naissant. 

 

J'ajustais le bouquet de lys présent sur le comptoir de la boutique - une habitude prise depuis mon arrivée - lorsque la porte s'activa. Un étrange - et étranger - duo pénétra les lieux. Mon regard se posa sur eux, naturellement suspicieux avant de se radoucir quelque peu.

 

  • - Je veux réparation de...

  • - Bonjour Madame.

  • - Ah, da. Bonjour Madame. Je veux réparation de la baguette,

- Soyez les bienvenus chez Ollivanders. Je suis Vespera Grimshaw, maître baguettière. Une réparation, donc ? Puis-je voir la baguette concernée ? 

 

L'innocente petite chose et son chaperon mal dégrossi. Le tableau m'arracha imperceptiblement un sourire amusé. Puis vint le drame. La baguette qui m'était présentée était dans un état déplorable. Mes sourcils se dressèrent dès que l'interrogation fut formulée.

 

  • - En fait, on veut savoir le prix de la réparation. Elle a pris l'eau.

- L'eau, et tout le reste pourrait-on dire. 

 

D'un geste souple et ascendant du poignet, je fis léviter Pomsta, la baguette de Kalina, devant mes yeux. L'observant sous toutes les coutures, j'appréciais ses déformations et les dépôts alcalins se dessinant sur son bois de pin. Aucune réparation n'était envisageable. Son coeur même avait dû être altéré dans le supplice. Quel gâchis. 

 

- J'ai bien peur ... qu'aucune réparation ne soit possible, soufflais-je en laissant lentement retomber Pomsta jusqu'à son emplacement d'origine.

 

Un nouveau geste du poignet et voici qu'un Consectetuer Dryer vint sécher les tenues de nos deux jeunes invités, récemment imbibées par la pluie londonienne. Passant de l'autre côté du comptoir, adossée à un pilier, j'observais, bras croisés, la jeune Kalina Shevchen.

 

- Cette baguette, était-elle à toi, jeune fille ? Ce qui est sûr, c'est que tu vas avoir besoin d'une nouvelle amie, pour te garder en sécurité. Je peux vous en vendre une nouvelle, bien entendu.

 

L'heure des affaires avait sonné. Pour ma plus grande joie.

Vespera Grimshaw a lancé un sortilège en utilisant la manumagie !

Sortilège
Sortilège de Lévitation
Difficulté
4
Résultat D20
5
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

D'un geste souple et ascendant du poignet, je fis léviter Pomsta, la baguette de Kalina, devant mes yeux. L'observant sous toutes les coutures, j'appréciais ses déformations et les dépôts alcalins se dessinant sur son bois de pin. Aucune réparation n'était envisageable. Son coeur même avait dû être altéré dans le supplice. Quel gâchis. 

Autres résultats possibles

D'un geste souple et ascendant du poignet, je fis léviter Pomsta, la baguette de Kalina, devant mes yeux. L'observant sous toutes les coutures, j'appréciais ses déformations et les dépôts alcalins se dessinant sur son bois de pin. Aucune réparation n'était envisageable. Son coeur même avait dû être altéré dans le supplice. Quel gâchis. 

D'un geste souple et ascendant du poignet, au second essai, je fis léviter Pomsta, la baguette de Kalina, devant mes yeux. L'observant sous toutes les coutures, j'appréciais ses déformations et les dépôts alcalins se dessinant sur son bois de pin. Aucune réparation n'était envisageable. Son coeur même avait dû être altéré dans le supplice. Quel gâchis. 

D'un geste souple et ascendant du poignet, au second essai, je fis léviter Pomsta, la baguette de Kalina, devant mes yeux. L'observant sous toutes les coutures, j'appréciais ses déformations et les dépôts alcalins se dessinant sur son bois de pin. Aucune réparation n'était envisageable. Son coeur même avait dû être altéré dans le supplice. Quel gâchis. 

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

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Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 17/01/2026 à 07:41

Sasha n'avait pas besoin d'observer sa soeur pour deviner la déception qui devait se peindre sur ses traits. Son propre visage accusait la nouvelle avec une certaine amertume, et il pinça les lèvres un instant, les yeux posés sur la baguette qui, il était vrai, était plus qu'en pitoyable état. Le client à côté d'eux avait même jeté un coup d'oeil et eut une expression d'horreur devant pareil carnage. Kalina ne s'en était pas rendue compte et Sasha adressa donc un regard noir au client pour le dissuader de faire un commentaire à haute voix - l'homme en question parut offusqué de cette réaction et s'en alla vaquer à ses occupations. La petite grand-mère à quelques pas de là, elle, continuait à observer les articles disponibles tout en laissant traîner une oreille, captant ces accents étrangers qui détonaient dans une boutique aux allures si britanniques.

 

Pendant ce temps, Kalina secouait vigoureusement la tête de haut en bas, et se jeta presque sur la baguette pour la récupérer. Elle adressa à son frère un regard implorant chargé de larmes aussi salées que l'eau qui avait agressé la baguette. Sasha soupira.

 

  • - My zberezhemo tse, convint-il pour la rassurer. Ale my takozh kupymo tobi shche odyn, dobre ? Novyy pratsyuvatyme krashche. (On va la garder. Mais on va aussi t'en acheter une autre, ok ? Une nouvelle marchera mieux.)

 

Il s'éclaircit la gorge pour s'adresser de nouveau à la dame au regard sévère, préférant reprendre le fil de la conversation : celle-ci devenait trop compliquée pour Kalina, qui ne s'exerçait à l'anglais que depuis récemment.

 

  • - Hum, merci. On s'en doutait un peu, en fait, dit-il, un peu bravache, comme pour excuser la naïveté de leur première demande. Et alors hum est-ce que vous vendriez pas des...

 

Il hésita, baissa la voix parce que la grand-mère fureteuse avait fait deux pas vers eux, subtilement, tout en continuant ses recherches, et cela lui semblait suspect.

 

  • - Des baguettes d'occasion, il murmura en soutenant le regard de la maître baguetière.

 

Aussitôt, il capta une expression sur son visage, à laquelle il préféra riposter immédiatement, l'interprétant comme de la désapprobation.

 

  • - Je sais que ça ne se fait pas vraiment, mais que ça se fait quand même, grogna-t-il, sur la défense.

 

On disait que la baguette choisissait son sorcier, que cette alchimie était très importante. C'était la théorie. En pratique, dans les villages comme celui d'où il venait, on récupérait les baguettes des défunts, on les stockait dans une grande boîte et quand un enfant était en âge d'avoir sa propre baguette, on lui faisait essayer ce qu'on avait pu conserver dans la famille, et on faisait aller. Par conséquent, Sasha en avait déduit qu'on pouvait forcément acheter des baguettes d'occasion. Et si ce n'était pas chez Ollivanders, ils iraient ailleurs.

Kalina, elle, avait rangé la baguette dans sa besace qu'elle serrait contre sa poitrine en regardant la pointe des pieds de leur interlocutrice. Elle avait des jolies chaussures, trouvait-elle, tâchant de se concentrer sur les belles boucles de métal de celle-ci plutôt que sur les larmes qui voulaient déborder de ses yeux ou le ton dur de Sasha quand il s'adressait à la femme. Pourquoi aboyait-il toujours ainsi ?

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