Femme
16 ans
Hybride
Française
Identité
-
- Sixième année
- Surnoms : --
- Nationalité : Française
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 09/01/2026 à 22:29
W/ Athénaïs Ravental
Il était tard, ce soir, dans la salle commune des serdaigles, pas un bruit de pas, pas un chat. Nellie, petit oiseau nocturne, attendait ces moments précieux, suspendus entre chien et loup pour quitter silencieusement son dortoir. Les mains tremblantes, le cœur cognant trop fort dans sa frêle poitrine, elle saisissait le léger clavier de piano que son père lui avait offert avant sa rentrée dans l’école de sorcellerie britannique. Le clair de lune nimbait la pièce d’une douceur presque féérique et la jeune sorcière se sentait enfin vivante. Dans l’âtre, les braises d’un ancien feu de bois rougeoyaient encore quand Nellie décida de se caller entre quelques coussins, le clavier posé sur une table basse. Installation de fortune pour un concert nocturne. Le clavier magique fonctionnait sans autre source d’énergie que lui-même et peut-être un peu celle de la sorcière, c’est en tout cas ce que son père lui avait dit : « tu vois bien que tu as suffisamment de magie en toi, sinon il ne résonnerait pas », avait-il soufflé de sa voix chaleureuse. Elle se fichait de savoir si ce n’était qu’un mensonge de plus pour la rassurer. Nellie était peut-être une sorcière cassée, mais comme musicienne, elle se sentait sûre d’elle.
La jeune fille régla le volume au minimum. Certains soirs, elle l’éteignait tout à fait, se contentant du bruit sourd des touches sous ses maigres doigts, mais aujourd’hui, un je ne sais quoi la poussa à oser écouter sa propre mélodie. Très doucement, Nellie s’exerça à faire ses gammes, les unes après les autres. C’était un petit rituel qui ne manquait jamais de l’apaiser, elle en venait parfois à y penser toute la journée. Elle oubliait alors, la petit voix de sa génitrice, sa solitude affligeante et la nervosité qui la poursuivaient tout le jour. La jeune sorcière ne se sentait plus pitoyable, elle était bien. Quel dommage qu’il n’existe pas de cours de musicomagie, songeait-elle tristement.
Du blanc, du noir, comme les étoiles sur le ciel sombre. Nellie cessa de regarder ses mains pour se laisser charmer par la beauté de cette douce nuit. À travers les fenêtres de la tour de Serdaigle, toute la voie lactée semblait entrer dans ses yeux. D’un accord à l’autre, la sorcière laissa la mélodie la guider vers une symphonie envoutante, complexe, touchante. La jeune femme irradiait. Sans qu’elle ne s’en rende compte, tout son charme de demi-vélane se déployait alors que, concentrée sur son instrument, nourrie par la nuit sans voile, la petite Nellie cessait de se tourmenter.