Harry Potter RPG

[Terminé]
Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante Devant les portes du château, samedi 12 janvier 2126

Accueil Poudlard L'extérieur Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante
Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 12/01/2026 à 22:27

W/ Mellitus Cavell

 

Nellie et Mellitus s’étaient donné rendez-vous devant le château en fin d’après-midi, alors que le soleil d’hiver quittait déjà l’école de sorcellerie. Le ciel était voilé et il ne faisait pas très chaud, l’on pouvait même dire froid, oui, voilà : l’air du dehors était glacé. Nellie grelotait sous un épais manteau, le cerveau encore emmêlé de toutes les angoisses de la journée qu’elle n’avait pas pu tranquillement digérer. Cela faisait plusieurs fois qu’elle croisait le jeune Serdaigle, au détour d’une sortie scolaire ou d’un cours, dans des cadres qui ne prêtaient qu’à moitié à la discussion et les deux élèves avaient fini par exprimer de manière plus ou moins tacite qu’il pourrait être chouette de se retrouver, dans un autre cadre. Sur le moment, Nellie avait paniqué et proposé un point de rendez-vous dehors malgré le temps gelé. Les deux élèves auraient pu tout simplement se retrouver dans leur salle commune, mais, à cette heure-ci, elle devait être remplie par les serdaigles dans une ambiance studieuse plutôt proche de celle de la bibliothèque, compliqué donc d’y discuter librement.

 

La jeune sorcière avait les joues et le nez rougis par la fraicheur hivernale. Si son camarade ne se dépêchait pas, elle risquait bien de finir en petite statue de glace pour l’éternité. Du moins, c’était ce que son cerveau paniqué avait envisagé comme possibilité plausible à sa situation. Quoi qu’il en soit, elle se demandait si elle ne préférerait pas mourir ici d’hypothermie que de remonter penaude dans la salle commune en prenant le risque de recroiser le garçon si celui-ci finissait par se dire qu’il avait mieux à faire que de retrouver une demi-vélane en échec scolaire devant les portes du château. Plus les secondes défilaient, plus Nellie en était sûre : Mellitus ne viendrait pas. La jeune fille jeta un coup d’œil à sa monte et soupira à moitié de soulagement en se rendant compte que l’heure du rendez-vous n’était pas même encore arrivée. Nellie 1 – angoisse 0, pensa-t-elle en notant soigneusement le score dans son esprit. Soulagée par cette information, elle pointa sa baguette contre un pan de son manteau pour tenter de se réchauffer : Calidum, articula-t-elle consciencieusement, une douce chaleur se répandit délicatement dans le vêtement, arrêtant du même coup les grelottements de la sorcière tandis qu’au-dessus d’elle commencèrent à tomber de délicats petits flocons. Une première neige à Poudlard, pensa la sorcière en fermant les yeux un instant. Elle était bien.

 

 

Nellie Butler a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Mélodie !

Sortilège
Enchantement Réchauffant
Difficulté
4
Résultat D20
18
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

 une douce chaleur se répandit délicatement dans le vêtement, arrêtant du même coup les grelottements de la sorcière 

Autres résultats possibles

 une vive chaleur se répandit rapidement dans le vêtement, arrêtant du même coup les grelottements de la sorcière 

 mais il ne se passa rien

 mais il ne se passa rien du tout

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 13/01/2026 à 00:30

Le problème avec les rendez-vous, c'était l'étiquette ambiguë qui en régissait les convenances. Bien sûr, interdiction formelle d'être en retard. Jusque là c'était facile ; pas de quoi s'interroger. Mais se pointer à l'avance pouvait, paraissait-il, avoir des implications tacites plus ou moins négatives. Trop tôt ? Potentiellement malpoli voire pire. Pile à l'heure, cela demandait une organisation méticuleuse et ne laissait aucune marge à l'imprévu. Et puis Mellitus trouvait cela un peu rigide. Pour ne pas dire psychopathique. Mais quand y aller alors ?

 

L'esprit vagabond revint à l'objet de la réflexion qui avait dérivée. Il fallait opter pour le manteau dont il se couvrirait pour braver la rudesse de l'hiver écossais. La cape en laine jurait avec sa tenue mais avec la veste rembourrée... "avoue, t'as l'air d'une dinde de Noël mal farcie là-dedans". À quoi bon tergiverser, il n'y avait rien de formel à aller prendre l'air avec une camarade de classe alors autant couper court aux élucubrations stylistiques et se rendre service en optant pour la praticité. La dinde allait être servie.

Emmitouflé en bon moldu, le jeune homme emporta deux petites gourdes isothermes avant de gagner les portes du château d'un pas décidé en consultant sa montre. Il aurait un peu d'avance. Bien. Et quand il parvint à celles-ci, soudainement tout n'allait plus bien. Nellie était déjà là à faire le piquet et alors que Mellitus commençait à distinguer la morsure rougeâtre du froid sur le bout de son nez, il se demanda depuis combien de temps elle l'attendait et quelle était l'ampleur du retard qu'il avait pris. Sa montre était-elle déréglée ? Paniqué, il pressa le pas et héla la demoiselle autour de laquelle dansaient les premiers flocons de cet hiver.

 

— Hey, Nellie ! Ça fait longtemps que tu attends ? Je te prie d'accepter mes excuses, je croyais être à l'heure. T'as l'air frigorifiée. Attends...

 

Ce qui lui avait plus tôt semblé être superflu allait finalement peut-être se révéler une prévoyance providentielle. Mel extirpa de ses profondes poches les deux gourdes qu'il tendit à sa congénère avec un sourire contrit et des yeux de biche qui suppliaient l'absolution.

 

— Chocolat chaud. Bien sucré, pas trop sucré, précisa-t-il en soulevant légèrement les contenants respectifs l'un après l'autre.

 

tl;dr : Mellitus se pose trop de questions inutiles avant de rejoindre Nellie, croit être en retard et profère des excuses maladroites avant de lui proposer du chocolat chaud.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 13/01/2026 à 14:56

Grâce au petit enchantement, Nellie se réchauffait quelque peu. Elle expira d’aise en frottant doucement ses paumes gantées l’une contre l’autre. Elle regrettait la grosse cape de laine qu’elle avait hésité à emporter avant de la laisser dans son dortoir. Peu importait, à présent, son… ami ? ne devrait plus tarder. Ami, c’était un joli mot, quelque chose de doux, de chaleureux, une petite flamme de tendresse dans cet univers glacé. Nellie ne savait pas si le terme était approprié : à quoi reconnaissait-on les amis ? Assurément, réfléchissait-elle, prévoir de se voir en dehors des cours, c’était un pas en dehors du cercle des simples connaissances, non ? La jeune fille haussa les épaules en essayant d’arrêter de réfléchir. Encore quelques secondes de plus et son cerveau parviendrait à la convaincre que tout n’était que le fruit de son imagination et que rendez-vous ou amitié n’avaient jamais existé que dans ses rêves les plus fous.

 

Les quelques flocons que le ciel offrait en cette fin d’après-midi s’écrasaient sur ses joues en gouttelettes, fondant instantanément au contact de sa peau d’humaine. La sorcière avait l’habitude d’avoir le visage humide au vu des nombreuses larmes que le quotidien semblait tenir à lui faire verser chaque jour. La sensation ne la dérangeait pas, ou plus, c’était selon. Ces pleurs célestes avaient cependant la faculté de la ramener de temps à autre à son corps, la sortant ainsi du même coup du rouage détestable de ses pensées. En effet, l’attente, qui n’avait en réalité duré qu’une poignée de secondes, lui semblait bien longue au regard de l’impatience-angoisse qu’elle ressentait à l’idée de revoir le serdaigle.

 

Hey, Nellie ! Même si elle s’y était mentalement préparée, la jeune fille sursauta en entendant la voix de Mellitus résonner à travers la météo hivernale. Ça fait longtemps que tu attends ? Je te prie d'accepter mes excuses, je croyais être à l'heure. T'as l'air frigorifiée. Attends… Le sorcier approchait à grands pas et Nellie se tourna vers lui. Un grand sourire illuminait son visage, répandant dans tous ses membres une sensation de chaleur peut-être encore plus agréable que celle du sortilège. Il y avait beaucoup de choses qu’elle appréciait particulièrement chez lui, son enthousiasme, ses précautions pour éviter de la froisser, sa prévenance et… Le jeune garçon sortit de ses poches deux gourdes. Chocolat chaud. Bien sucré, pas trop sucré. Nellie laissa échapper un petit rire. Bonjour Mellitus, sourit-elle. Et peut-être par-dessus tout cette douce spontanéité qui arrivait toujours à propos.

 

Je… je peux ?, interrogea de manière rhétorique la sorcière avant de saisir délicatement l’une des deux gourdes que lui tendait le garçon, celle qu’il avait désignée comme « bien sucrée » : il allait lui falloir de l’énergie pour affronter les basses températures. Elle colla ses mains puis sa joue à la gourde chaude avant de souffler, merci, merci, quelle excellente idée ! Nellie ferma les yeux un instant, se mordit discrètement l’intérieur de la lèvre et les rouvrit comme pour vérifier qu’elle ne rêvait pas. Je suis contente de te voir, ajouta-t-elle au garçon qui se trouvait bel et bien être là, en chair et en os. Tu n’es pas du tout en retard, en vérité, c’est moi qui avais peur de Nellie avait la fâcheuse habitude d’abandonner ses phrases en cours de route, les trouvant soudainement stupides, trop longues ou hors de propos. Tu vas bien depuis le cours de bota ? Banalité. Ça te, ça te va si on marche un peu ? Le paysage commençait petit à petit à blanchir et Nellie mourait d’envie de gouter au chocolat chaud que Mellitus avait apporté et guettait le moment où celui-ci en gouterait une gorgée pour l’imiter sans avoir l’air impolie.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 13/01/2026 à 18:13

Un sourire. Il semblait à Mellitus que le dernier qui lui avait été adressé avec sincérité remontait à si longtemps qu'il échappait à sa mémoire. Et bon sang ce que cela lui fit plaisir. Il croyait fermement que les sourires étaient contagieux et qu'en offrir un était la plus belle façon de dire aux gens qu'ils comptaient. Alors, tout naturellement et sans qu'il s'en rende compte, la contrition fit place à la joie sur le visage du garçon.

 

Cela n'empêchait pas ses méninges hyperactives d'analyser les gestes et les paroles de Nellie, comme il ne pouvait généralement pas s'en empêcher quel que fût le contexte. "Trop familier, mec," se tança-t-il dans le tumulte de ses pensées tandis qu'elle répondait par un cordial bonjour à son approche beaucoup moins formelle. Heureusement, la gourde de chocolat sembla lui faire plaisir et c'était tant mieux. L'expressivité de sa condisciple était plus que bienvenue pour Mellitus qui avait trop tendance à se faire des idées sur l'écart entre ce que les autres pensaient et ce qu'ils partageaient ouvertement. La citation d'un auteur qui disait qu'il y avait une chance sur dix que deux personnes se comprennent mais que cela valait la peine d'essayer traversa le fil de sa réflexion. Si seulement les individus étaient aussi simple à comprendre que les livres...

 

Elle affirma être contente de le revoir, sentiment qu'il partageait et glissa rapidement dans l'échange pour ne pas interrompre son vis-à-vis. Puis elle dit avoir peur de... de quoi ? D'arriver en retard ? Ce qu'il ne pouvait que comprendre car lui-même angoissait concernant la ponctualité. Être en retard, c'était un manque de respect. Encore un enseignement patriarcal qui avait été déterminant dans la personnalité du jeune homme.

Est-ce qu'il allait bien depuis le cours de Monsieur Ravental ? Ni plus ni moins qu'avant supposait-il tout en répondant sobrement par l'affirmative avant de retourner la question avec un véritable intérêt pour la réponse. La convention sociale voulait généralement que la réaction polie soit "oui" et que le sujet fût ainsi clos. Mais Mellitus ne posait pas cette question par simple étiquette : il espérait obtenir une confirmation sincère ou, à défaut, se voir confier un peu du fardeau qu'on portait en silence et dans la solitude. Prêter une épaule pour partager celui-ci avec son prochain, c'était ce à quoi il aspirait. Ce qui le définissait en tant que personne honorable à son sens, l'une de ses rares certitudes.

Finalement, Nellie suggéra de marcher. Il approuva tout en amorçant le mouvement. Une promenade accompagnée sous la neige, c'était une bonne façon de passer un agréable moment. Hélas, comme le sorcier ne lisait pas dans les pensées, il rangea la gourde qu'il avait conservée sans se douter de la retenue dont faisait preuve sa camarade. Il n'avait pas encore eu le temps de se préoccuper du froid.

— Bonne idée la marche. En restant sur place on pourrait bien finir en décoration cryogénisée du parc. Tu nous imagines à la place des sangliers ailés qui surplombent les grilles du château ?

 

Mellitus prit brièvement une posture rigide qu'il voulait comique, aussitôt abandonnée pour ne pas couper l'élan de la marche. Mais sa conscience de soi en profita pour le rattraper et il s'excusa au sujet de sa manière de parler.

 

— Désolé, on me dit tout le temps que je m'exprime comme un vieux livre. Oncques ne puis-je néanmoins m'en préserver, loin s'en faut ! surjoua-t-il comme pour souligner son propos et faire preuve d'auto-dérision. Au fait, j'espère que tu voudras bien pardonner ma curiosité si elle est déplacée. Mais j'ai l'impression de ne jamais t'avoir croisée avant récemment au château. C'est... tellement indiscret, je n'aurais pas dû demander.

 

Depuis qu'il l'avait rencontrée, vraiment rencontrée, l'attention de Mellitus s'arrêta pour la première fois sur la personne de Nellie sans distraction et sans qu'autre chose ne l'accapare. Là, dans un tourbillon immaculé provoqué par un coup de vent, le temps lui-même parut suspendu un instant. Une atmosphère féerique plana subrepticement dans l'expression d'une magie toute autre que celle enseignée à Poudlard. L'indomptable beauté des Highlands épousa la silhouette qu'on eût dit dessinée du plus délicat pinceau de la Création. Les traits ineffables de Nellie quant à eux se détachaient des environs avec une netteté impromptue. Dans cet instant propice, il sembla à Mellitus que cette dernière avait quelque chose de surnaturel sans qu'il parvienne à mettre un mot dessus. Le trouble s'empara de lui. Une question sans réponse. Une question qui ne pouvait être posée. C'était à la fois déstabilisant et amusant. Quels secrets cachaient la sorcière ? Peut-être qu'un jour, s'il ne la décevait pas elle aussi comme tous les autres jusqu'à présent, lui ferait-elle suffisamment confiance pour envisager de converser de choses aussi profondes.

Le cisaillement du vent suivant ramena avec lui la réalité. Ils avaient convenu ensemble de cette entrevue amicale. Mellitus avait donc le devoir de se révéler d'agréable compagnie afin que Nellie ne se soit pas extirpée du doux confort qu'elle eût pu préféré à lui en vain. Plus facile à dire qu'à faire, la conversation mondaine n'était pas vraiment son point fort.

— Et donc, heu, c'est quoi tes hobbies ? La légende raconte qu'il existerait quelque part une ou un élève de Serdaigle qui ne dégaine pas un bouquin à la moindre occasion. Pourrais-tu être la fascinante personne de ce mythe ? tenta-t-il avec une maladresse évidente.

"Et si elle aime lire, ce qui ne serait pas étonnant, ça sous-entendrait qu'elle n'est pas intéressante. Bien joué, génie. Du grand art," se martela le Serdaigle en regrettant aussitôt sa plaisanterie. Mieux valait sans doute éviter de s'exercer à l'humour avant de connaître davantage la jeune femme. C'était risqué sans rien savoir de sa sensibilité et la dernière chose qu'il souhaitait était de heurter Nellie.

tl;dr : Mellitus répond à Nellie et entame la promenade. Il tente ensuite de s'intéresser à elle avec des questions maladroites sur son passé et ses centres d'intérêts.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 13/01/2026 à 19:47

Nellie avait tendance à s’attacher avec une facilité démesurée à de parfaits inconnus. Cependant, l’expérience de la vie et la confrontation avec quelques sorciers mal intentionnés dans les différents établissements qu’elle avait pu rejoindre avaient mis à mal ce trait de caractère, laissant là une jeune adolescente un peu perdue qui tentait méticuleusement de calculer la moindre de ses interactions pour vérifier que son comportement n’allait pas causer un quelconque tord dont l’issue fatale ne pourrait être que la rupture amicale. Il paraissait que les personnes méchantes souffraient en fait atrocement, en réalité, c’était aussi et peut-être même surtout le cas de celles qui se montraient bien trop gentilles de peur de froisser en provoquant dans le même temps le rejet. Dans ce domaine, Nellie en connaissait un rayon, il suffisait de voir la relation qu’elle entretenait avec sa Vélane de mère et comment, de l’autre côté de la mer, cette dernière continuait de lui porter atteinte sans avoir à lever le petit doigt.

 

Ainsi, la bienveillance de Mellitus lui semblait presque suspecte, presque, mais la jeune fille ne pouvait s’empêcher d’être touchée de plein fouet par la douceur et la prévenance de ses paroles qui coulaient directement dans son corps tel un sirop contre le mal de vivre. À ses côtés, Nellie se sentait étrangement plus légère, mais pour combien de temps ? Parviendrait-elle à ne pas tout faire foirer cette fois ? Il arrivait que, devant l’ampleur du bonheur qu’elle s’imaginait ressentir si toutes les interactions se déroulaient correctement, la jeune sorcière choisisse finalement de ne pas s’engager dans un lien dont elle ne pourrait pas se remettre si elle venait à tout gâcher. La question était peut-être donc plutôt : allait-elle prendre le risque de s’attacher une nouvelle fois ?

 

Face à la réponse brève du sorcier à son interrogation sur le cours de botanique, Nellie hocha un peu la tête en s’entendant renvoyer la question. Peut-être aurait-elle pu parler du profond malaise qui ne la quittait pas lorsqu’elle se rendait en cours sous les couleurs de sa maison, mais, peu importe, son camarde avait dû trouver cette banalité inintéressante. Voilà encore une pensée qui réapparaitrait probablement ce soir au milieu de ses tourments nocturnes, dans la flopée de situations déstabilisantes que son cerveau choisissait de lui faire revivre comme s’il s’agissait de son feuilleton préféré. Heureusement, les deux serdaigles se mirent à marcher, permettant à Nellie, qui ne savait pas quoi faire de son corps et tenait la gourde de Mellitus telle une bouée de sauvetage pour se donner contenance, de sortir de son malaise statique. Demi-vélane, tu parles.

 

Il n’y avait pas à dire, le garçon avait de la conversation et c’était peut-être la meilleure stratégie à adopter face à une Nellie mi-frigorifiée par la neige, mi-tétanisée par la peur de décevoir. L’attitude de Mellitus parvenait à réchauffer son corps en même temps que son esprit et la jeune fille ne put retenir un rire spontané face à son imitation d’eux-mêmes version cryo… cryoquoi déjà ? Finalement, cette imitation était bienvenue. Oui, je ne m’attendais pas à ce qu’il fasse si froid, mais que c’est beau, souffla-t-elle, les yeux brillants tournés vers le ciel. Tu ferais une super statue !, ajouta-t-elle en espérant ainsi se glisser dans le ton de la conversation. Un deuxième petit rire de la jeune fille vint accompagner la suite des propos du jeune homme. Depuis combien de temps n’avait-elle plus ri comme ça ? Il lui sembla que ses barrières de méfiance mentale cédaient tout à coup. J’aime bien la façon dont tu parles, répondit-elle, moi je ne dis pas très bien les choses. Je m’exprime mieux en français. La jeune fille avait beau avoir un père d’origine britannique, il était vrai qu’avoir passé quasi seize ans de sa vie en France avait laissé des lacunes dans son vocabulaire anglais.

 

Nellie essuya l’excuse de Mellitus avec un sourire. Elle avait parfois la nette impression que lui aussi possédait un cerveau un peu étrange qui le faisait croire à des chimères. Oh non, tu sais, on me le demande beaucoup ces derniers temps, je ne suis à Poudlard que depuis septembre, avoua-t-elle. J’étais à Beauxbâtons avant, ma… ma mère est française. Nellie n’en dit pas plus, en un éclair, le monde sembla lui retomber sur les épaules. Heureusement, le serdaigle enchaîna, arrachant un nouveau sourire à la demi-vélane, décidément. À vrai dire, je ne sais pas pourquoi on m’a envoyée chez les serdaigles, soupira Nellie. Ma… punaise, allait-elle y arriver à la fin ? ma maman m’a toujours dit que j’étais une vraie petite cracmolle. De ce que j’ai cru comprendre pourtant, cette maison regroupe des élèves intelligents, mais… Encore une phrase qui n’aurait jamais de fin.

 

La sorcière se décida finalement à boire une gorgée de chocolat chaud. Le liquide lui brûla un peu la gorge, mais cette sensation lui fit étrangement du bien. Il est délicieux !, énonça-t-elle en luttant pour retenir les quelques larmes qui déjà lui montaient aux yeux. En fait, j’adore la musique. Je… je fais du piano, mais tous les instruments me plaisent en réalité. En terrain connu, Nellie devint soudainement loquace, comme pour échapper à la discussion précédente, elle continua : souvent j’attends que la nuit tombe et, quand tout le monde dort, je redescends dans la salle commune pour m’entraîner, avoua-t-elle. C’était une confidence qu’elle n’avait jamais faite à personne, si l’on exceptait Athénaïs évidemment, mais c’était bien malgré elle que le secret lui avait été révélé. Et toi alors ? D’où tu viens ? J’imagine que tu aimes les livres puisque tu parles comme eux, interrogea Nellie en renvoyant la balle à son interlocuteur.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 14/01/2026 à 01:52

Le rire de Nellie avait tout l'air d'être franc et rassurait Mellitus. Cela devait être le signe qu'il n'avait jusqu'alors pas encore commis d'impair rédhibitoire. Lorsqu'elle évoqua la beauté du ballet minutieusement chaotique des flocons virevoltant dans les cieux, il prit le temps de savourer le spectacle également.

— J'ai toujours adoré la neige. Elle a ce don d'être belle tout en soulignant les qualités esthétique de ce qu'elle recouvre. Elle n'éclipse pas, elle met en valeur. Et le monde se transforme brièvement, on découvre les choses différemment. C'est d'autant plus poétique que c'est éphémère.

Voilà que maintenant il parlait trop en s'épanchant sur son opinion non sollicitée de la neige. La neige. Qui avait envie de philosopher sur un phénomène météorologique, franchement ? Ce n'était pas sans raison qu'il s'agissait du sujet banal abordé dans toutes les discussions creuses qu'on échange juste pour meubler le silence. Tout le monde s'en fichait royalement de la météo. Heureusement, Nellie aborda d'autres sujets. Ça en faisait au moins une des deux qui savait entretenir la discussion. Et elle se montrait bon public, se prêtant gracieusement au jeu de l'humour. S'il parvenait à se contenter de répondre avec plus de concision, elle ne remarquerait peut-être pas à quel point il était ennuyeux.

Il fallut qu'elle le dise explicitement pour que Mellitus comprenne qu'elle était française, au moins partiellement. La culture d'outre-Manche lui était quasiment inconnue. En tout cas ne l'avait-il pas expérimentée puisque qu'il n'avait jamais traîné ses boucles blondes jusqu'au continent.

 

— Je trouve ton anglais impeccable, l'encouragea-t-il. Tu dois être une véritable Shakespeare en français alors. Non, plutôt une artiste de là-bas. Je ne sais pas qui est la référence littéraire en France, admit-il en se jurant de remédier au plus vite à cette lacune de culture.
 

Ainsi avait-elle étudié à la fameuse académie de Beauxbâtons. Son parcours était surprenant. Quel courage cela avait dû lui demander de venir étudier à Poudlard ! Cependant, l'épatement céda le terrain à la compassion quand son interlocutrice évoqua les propos affreusement durs proférés par sa maman à son encontre. Et c'est la sollicitude qui s'invita au moment où elle laissa en suspens sa phrase concernant la maison qu'elle avait rejoint. Mellitus interpréta cette interruption comme un manque de confiance en soi, sentiment horriblement dévorant, et un doute quant à la décision du Choixpeau. Il voulu faire son possible pour la rassurer.

 

— Le Choixpeau ne se trompe jamais. Il n'y a pas que des intellos dans notre maison. Et les meilleurs d'entre nous ne sont pas les plus intelligents non plus. Il y a d'autres qualités qui définissent Serdaigle et surtout... on pourrait dire que ce n'est qu'une étiquette. Ce n'est pas parce qu'on l'a collée sur toi qu'elle définit ta valeur. Moi je pense que tu as de l'intelligence et aussi un sacré courage. Un peu aigle et un peu lionne ; t'es une griffonne. Si ça c'est pas la grande classe, tu vas faire des envieuses.

 

"Mais oui, bombarde-là de ton avis. Elle te connaît à peine, ce qu'elle peut s'en cogner de ce que tu penses d'elle." Mellitus soupira. Si seulement il connaissait un moyen sain de mettre en sourdine le petit diable qui susurrait au creux de son oreille, quel répit ce serait. Nellie était probablement dans une période compliquée, bouleversée par le changement et le doute. Elle n'avait pas besoin d'ondes négatives autour d'elle. 
 

Si le chocolat chaud lui parut délicieux, cela semblait naturel au Serdaigle qui en connaissait la provenance. Pas tout à fait sans reproche, il lui était arrivé, lui arrivait encore, de visiter les cuisines de l'école où il avait fait la rencontre de Nap, le plus curieux des elfes. Celui-ci avait la particularité d'être quelque peu fainéant, un trait rare parmi ses congénère, et d'être très friand de boissons sucrées. Sa recette du breuvage le plus réconfortant qui soit était incomparable. Mel avoua son secret à Nellie. Pas question de s'approprier le mérite d'autrui.

Au fil du dialogue, la demoiselle vint à parler de son intérêt pour la musique et sa pratique du piano. Dans cet instant délié, elle exulta soudainement en ne tarissant plus sur ce qui devait être son sujet de prédilection. Mellitus s'étonna de n'avoir jamais entendu la mélomanie nocturne de Nellie s'exprimer. Pourtant, il lui arrivait de veiller tard, absorbé par un chapitre croustillant qui débouchait sur un autre et ainsi de suite. Était-il si distrait pendant la lecture qu'il en devenait sourd ? Il ne jugea pas pertinent d'interrompre le discours passionné de la musicienne pour lui dire qu'il aimerait l'écouter jouer. Si elle attendait l'assoupissement du château pour cela, c'est qu'elle ne désirait pas avoir de public.

Vint le moment fatidique où sa curiosité lui rebondit dans les jambes. S'il eut préféré que Nellie continuât à parler d'elle, il ne se voyait pas esquiver son tour. C'était l'occasion de manifester implicitement son soutien et sa compréhension à propos de la relation parentale apparemment compliquée qu'elle entretenait avec sa maman. En essayant de ne pas avoir l'air de la prendre en pitié pour autant, personne ne voulait de la pitié.

— Mon parcours n'est pas aussi impressionnant que le tien. Je viens de Cambridge et... disons que je n'y suis plus le bienvenu. Le type qui m'a donné la vie m'a excommunié quand j'ai été admis ici. Il s'est contenté d'être déçu et m'a au moins épargné les insultes. Donc j'ai construit mon identité ici, sur le fait d'être un sorcier. Mais je suis un naze en magie. Peut-être qu'à la fin de l'année je laisserai tout ça derrière moi pour de bon et que je reprendrai ma vie de moldu, confia Mellitus en embrassant d'un geste ample le château tout en s'efforçant de ne pas laisser transparaître la lamentation. Bah ! j'ai encore quelques mois pour étudier la question. À part ça...

 

Il bruita un roulement de tambour suivit du tintement victorieux d'une cloche pour changer de sujet.

 

— T'as vu juste, j'adore la lecture. Original pour un Serdaigle, ouais je sais. Je crois que l'essence de la nature humaine réside dans l'écriture.  La faculté de perpétuer notre histoire et nos connaissances, c'est un miracle quand on y pense. Sans ça, peu ou prou de progrès. Voilà, t'as devant toi un gars qui rentre parfaitement dans le moule de la maison. Alors tu vois, c'est pas plus reluisant que ça.

 

Que dire d'autre ? Il faisait pâle figure à côté de l'aventurière qui pratiquait un art aussi beau et exigeant que la musique. Lui, c'était quoi son talent ? Le vol. Et on lui avait arraché ses ailes sans une arrière-pensée. Nul autre que la personne en laquelle il avait le plus confiance. Qu'il aimait. Une idole, un ami, un frère. "Jadis."

 

Non. Ce n'était pas juste. Mellitus ne pouvait indéfiniment rejeter la faute. Le temps de se remettre en question était venu. Il devait reconnaître que c'est sa seule médiocrité qui l'avait ramené sur terre. Passer aux aveux.

— J'aime bien voler sinon. C'est ce que j'ai préféré en arrivant à Poudlard. Fendre les cieux sur un balai, cette sensation de liberté, c'était ça pour moi la magie. J'ai fait partie de notre équipe de Quidditch pendant un court moment. Mais... j'avais pas le niveau. J'ai pas été sélectionné l'année passée. C'est pas plus mal. Ma remplaçante est vraiment douée.

 

"Ok, ça devient gênant. Rideau." Un amas d'amertume s'était lové en boule dans la gorge du blondinet, menaçant d'altérer sa voix en cri étouffé de chevreau malade. Aucune diversion ne rattraperait cet élan pathétique mais ça n'allait pas l'empêcher d'essayer de donner le change et d'inciter Nellie à parler d'elle. Ou d'autre chose, n'importe quoi. Il délogea d'un geste rendu habile par l'habitude sa veste de ses épaules et la proposa à son amie. Pas sûr qu'elle le soit de son point de vue à elle mais Mellitus avait envie d'y croire. Un animal errant tel que lui ne pouvait que vouloir manger dans la première main tendue dans sa direction.

— Tu veux ? Si tu viens de France tu trouves peut-être le climat écossais un peu froid alors... 'Fin, je crois que c'est les français qui ont créé la galanterie alors je peux toujours essayer de faire amende honorable au nom des britanniques. Et donc tu joues quel style de musique ? Tu composes toi-même ? 

Le regard du sorcier était devenu fuyant. Cela prendrait quelque instant avant qu'il n'assume la honte d'avoir subitement étalé ses déboires sans intérêt. Là si Nellie ne s'enfuyait pas... non, inutile de conjecturer sur une possibilité inexistante. Elle trouverait un prétexte plus au moins bien élaboré en fonction de sa gentillesse pour prendre congé et retourner au chaud, débarrassée du pleurnichard.

tl;dr : Mellitus essaie de réagir avec empathie aux paroles de Nellie et de positiver. Il fait tout son possible pour l'encourager, la soutenir à demi-mots et qu'elle se sente perçue à sa juste valeur. Puis il lui parle de ses origines moldues, de l'écriture et enfin de son amour du vol. Gêné, il tente une diversion et propose sa veste à prêter en relançant le sujet de la musique.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 14/01/2026 à 10:29

Nellie commençait véritablement à boire les paroles de son interlocuteur. Mellitus maniait les mots avec une aisance qui l’impressionnait même si elle avait chaque fois besoin de  quelques secondes de réflexion après ses tirades pour vérifier qu’elle en avait bien compris le sens. Le garçon débitait et les inflexions de sa voix dessinaient une drôle de mélodie dans l’esprit de la jeune sorcière. Il lui tardait de retrouver son piano ce soir pour y déverser toutes les émotions de cette surprenante journée, mais, pour l’heure, elle tâchait de profiter de l’instant présent, chose peu aisée pour une gamine qu’un rien pouvait angoisser.

 

Elle hochait la tête aux propos du serdaigle sur la neige. Oui, le monde semblait plus doux une fois enneigé, bien qu’en réalité, il se trouvait aussi être plus dangereux. Nellie observait le jeune garçon animé par ses contemplations esthétiques. Lui aussi se faisait progressivement la cible des quelques flocons qui atterrissaient dans ses mèches blondes. Petit à petit, le château s’éloignait derrière eux, mais Nellie avait depuis longtemps la sensation de vivre un moment hors du temps. Mellitus semblait catégoriquement refuser de la laisser croire à sa médiocrité, pourtant, Nellie se sentait plutôt réaliste quant au regard qu’elle pouvait porter sur ses propres capacités. Sa mère aurait probablement incendié le garçon pour avoir osé tenter de mettre dans la tête de sa fille des certitudes pareilles. Mais sa maman n’était pas là, alors Nellie prit les compliments que lui tendait chaleureusement son camarade.

 

Oui, chez nous, on parle de la langue de Molière, indiqua-t-elle en prononçant l’expression en français, mais à vrai dire, je ne suis pas une grande fan de ses œuvres. Il était vrai que la référence littéraire aurait pu être actualisée depuis, par ailleurs, au-delà de l’expression, elle doutait fort qu’il s’agisse réellement du plus grand ponte de la littérature : il y avait tellement eu d’auteurs et d’autrices en France, ce devait plutôt être une expression qu’une réelle vérité. Et toi, tu écris ?

 

Nellie ne savait pas bien à quoi rimaient ces histoires de maison. Il n’y avait pas de répartition à Beauxbâtons et elle ne s’attendait pas à en trouver une dans cette nouvelle école. Même s’il ne fallait pas sacrifier la nuance, les stéréotypes avaient la vie dure au château, elle l’avait rapidement compris. Son interlocuteur semblait par ailleurs serdaigle jusqu’au bout des ongles. Si ce n’était pas encore une preuve de l’inadaptation de Nellie au système… La jeune sorcière rit à nouveau en entendant les propos de Mellitus sur son potentiel caractère de griffonne. Elle ne savait pas toujours bien où se situait le ton de la conversation. Le garçon semblait les faire naviguer entre le sérieux et l’humour. Il avait sans doute raison d’agir ainsi : sur ces sujets, la discussion pouvait vite devenir un peu trop intense et Nellie tentait déjà de calmer le feu qui lui montait ponctuellement aux joues, accompagné par les coups répétés de son cœur contre sa poitrine.

 

Tu as de bons contacts, affirma-t-elle alors que le garçon lui révélait l’origine de ses gourdes de chocolat chaud. À nouveau, Mellitus parvint à jongler savamment entre profondeur et légèreté pour répondre à la jeune fille qui lui retournait ses questions. Il n’y avait rien d’original à le faire parler des mêmes sujets, mais il fallait bien commencer quelque part. Cette fois, Nellie ne l’interrompit pas pour réagir. Elle l’écouta patiemment évoquer ce qui semblait être de désagréables souvenirs, ses joies et puis ses peines avant de se sentir un peu lâche d’avoir répondu aux mêmes questions avec moins de sincérité que le bleu et bronze. Sa retenue créait à présent un drôle de déséquilibre qui ne manqua pas de mettre le garçon mal à l’aise malgré sa pointe d’humour. Nellie se demanda s’il faisait toujours preuve de tant d’esprit, ou bien si son autodérision était une stratégie d’autodéfense pour cacher sa gêne. Quoiqu’il en fût, c’était un subterfuge que la demi-vélane maîtrisait très mal. Elle ouvrit la bouche pour répondre au garçon, mais n’eut pas le temps d’entamer une tirade que celui-ci changea de sujet tout en lui proposant sa veste.

 

Plongée dans les paroles de son interlocuteur, Nellie avait presque oublié le froid ambiant, mais elle n’eut pas le cœur de refuser la veste Merci, mais toi tu, rougit-elle, de quelle matière es-tu fait pour ne pas trembler ? Elle sourit en rassemblant autour d’elle les pans de la veste du jeune garçon, il était vrai que cette couche supplémentaire n’était pas superflue. Ignorant pour le moment les nouvelles questions sur sa musique, elle évita son sujet préféré pour sélectionner avec soin les mots qu’elle allait prononcer en réponse aux récits du jeune aigle. Ça ne doit pas être facile d’être né moldu. À vrai dire, Nellie n’y avait jamais vraiment réfléchi avant aujourd’hui. La découverte soudaine de tout un monde magique n’avait cependant rien d’anodin, le garçon avait été plongé dans le grand bain sans bouée de sauvetage, si, en plus, comme la jeune fille pensait le comprendre, l’élève avait auparavant évolué dans un univers religieux, elle n’osait imaginer le contraste. Tu as beaucoup de mérite d’être arrivé jusqu’ici, souffla-t-elle, certains apprennent à voler avant de savoir marcher dans le monde des sorciers. Elle se rappelait un petit balai-jouet que son père avait offert à l’un de ses neveux à l’occasion de ses deux ans. Nellie se rendit compte qu’au vu de son âge, le garçon était destiné à quitter l’école à la fin de l’année scolaire. Elle retint une grimace. Le piège était donc là : peu importait la relation qu’ils pourraient tisser ensemble, la sorcière était destinée à errer à nouveau seule dans les couloirs l’année prochaine. Ton départ serait une grande perte pour ce monde, énonça-t-elle en pensant pour moi, ta vision des choses est précieuse, voilà, bon argument pour se donner contenance, tu ne t’en rends sans doute pas compte puisqu’elle t’est naturelle, mais… Nellie chercha le regard du serdaigle, moi je le vois.

 

La jeune fille ne savait pas si ses paroles suffiraient à mettre du baume au cœur de son compagnon de marche. Elle était déçue de ne pas être capable de manier les mots comme lui pour lui rendre la pareille avec force encouragements. Elle ne pouvait que faire ce qu’elle maîtrisait le mieux : du grand Nellie. J’ai un peu appris le piano toute seule, avoua-t-elle, je jouais comme ça me venait. J’essaie d’apprendre avec un peu plus de rigueur maintenant, la musique, ça passe aussi par le solfège, mais… La jeune sorcière avait mis longtemps à comprendre l’intérêt que pouvait représenter le fait de déchiffrer une partition ou de pratiquer régulièrement ses gammes. Le piano lui servait d’exutoire et elle n’envisageait pas de faire du seul don qu’elle semblait avoir une sorte d’exercice scolaire fastidieux, on va dire que, le plus souvent, j’improvise pour m’apaiser. La neige commençait à tomber sévèrement et Nellie tourna sur elle-même pour reprendre la direction du château : ça te dirait qu’on aille dîner ?, interrogea-t-elle. Si le garçon tombait malade par sa faute, elle risquait de s’en vouloir pour l’éternité. Mue par une soudaine poussée de courage, elle déclara : si tu m’apprends à voler, je te jouerai quelques mélodies. Elle tendit sa main droite gantée vers celle du serdaigle, paume ouverte vers le haut comme pour sceller un pacte. Si le garçon lui tendait sa main droite, elle la lui serrerait simplement, s’il lui tendait la gauche, Nellie prit le parti de ne pas la lâcher jusqu’au château, s’il ne lui tendait rien, hé bien, elle s’enfuirait probablement jusqu’à son dortoir pour en plus jamais en sortir.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 07:01

La surprise lui fit rater un battement de cœur quand Nellie prononça quelques mots dans sa langue maternelle sans qu'il s'y attende. Ça sonnait bien. La prononciation de la langue latine, une noble racine, était chantante et l'accent séduisant. Hélas, Mellitus n'entendait rien au français. Il reconnu simplement le nom de l'auteur car il avait déjà lu certaines de ses pièces. La comédie, l'un des deux grand aspects du théâtre. Complémentaire à Shakespeare. Une lecture qu'il avait appréciée contrairement à Nellie. Pas de quoi la blâmer, le style était quelque peu éculé. Cela étant, le Britannique se demanda quelles subtilités du langage avaient été perdues dans la traduction et éprouva l'envie de lire Molière dans sa langue originelle. Apprendre une nouvelle langue ne pouvait pas être du temps perdu.

 

— L'hang dé Mowlear ? risqua-t-il avec une prononciation plus britannique encore que lorsqu'il parlait sa propre langue.

 

Une question épineuse malgré elle suivit. Elle s'inscrivait logiquement dans la conversation puisqu'ils parlaient de leurs centres d'intérêt et que Nellie pratiquait le sien. Pas étonnant dès lors qu'elle s'interroge sur une éventuelle expression artistique de sa part à lui. Et elle avait visé juste sauf que la réponse était embarrassante. Dans le sens où il employait une plume pour coucher des mots d'encre sur le parchemin, oui il écrivait. Ce qu'il eût aimé considérer comme de la poésie. Mellitus n'en tirait aucune fierté, il en avait même plutôt honte.

 

— Je me suis déjà essayé à l'exercice, c'est vrai. Je crois que j'ai juste massacré quelques pauvres parchemins qui n'avaient rien demandé.

 

Heureusement, le sujet changea assez rapidement pour lui épargner d'en arriver à livrer davantage de détails. Elle accepta gracieusement son geste altruiste et s'enveloppa dans la veste qui ne tarda pas à manquer à Mellitus. Ce dont elle s'inquiéta d'ailleurs. Dire qu'il n'avait pas froid eût été un mensonge mais son acclimatation rendait cela tolérable tout de même.

 

— Ne le répète à personne mais je suis secrètement un cyborg. Mon corps est d'acier. Le froid n'est qu'une information traitée par mon processeur. Conclusion après analyse : ça caille.

 

Étrangement, la voix interne ne reprocha pas de se donner en spectacle. Après tout, Nellie était restée. Elle n'avait pas pris la fuite en courant après qu'il eût fait le pitre, étalé sa science et ses opinions non sollicitées et qu'il se fût apitoyé sur son sort. La sorcière qui marchait à ses côtés à travers tout cela était vraiment d'une gentillesse et d'une patience de sainte à son égard. Mellitus lui en était reconnaissant. Pour une fois, il pouvait tomber le masque du bon élève intelligent qu'il arborait afin de se sentir valide. Il pouvait se permettre d'être idiot. C'était libérateur.

 

Est-ce que c'était difficile d'être né-moldu ? Probablement. Cela avait surtout créé un irrémédiable bouleversement et la magie n'était certainement pas son point fort. Et puis il ne se faisait pas d'illusion quand à son intégration à Poudlard : il demeurait un intrus. Un plongeur parmi les poissons. D'accord, il avait appris à nager mais il n'était pas né pour. Simple et implacable darwinisme. Quand elle l'encouragea sur son parcours, il lui sourit avec gratitude sans toutefois l'interrompre. Et il fit bien. Les mots suivants de Nellie l'atteignirent à la fois en plein cœur mais surtout résonnèrent dans son esprit, ce qu'il pouvait bien plus facilement assimiler. Son existence pouvait importer. La sagesse avec laquelle elle s'exprima était bien la preuve que Nellie était digne de la fondatrice de leur maison. Il suffisait de prendre un peu de recul, de changer de point de vue et tout ce qu'il croyait sur lui-même pouvait se montrer sous un jour nouveau. Mellitus chercha les mots pour répondre et n'en trouva qu'un, lourd de sens, dans lequel il tenta d'insuffler tout ce qu'il ressentait grâce à elle.

 

— Merci.

 

Il profita qu'elle enchaîne avec son approche de la musique pour l'écouter en absorbant ces émotions qu'elle avait suscitées en lui. Ainsi, elle était autodidacte en la matière. Cela le renvoyait à sa propre approche des techniques de vol mais il s'abstint de lui en faire part. Ce moment de leur dialogue était à propos de Nellie et sa volubilité quand elle parlait avec une passion évidente de son domaine de prédilection enchantait son auditeur.

 

Puis la météo impitoyable finit par convaincre la sorcière de revenir sur ses pas. À moins que ce ne fut la faim puisqu'elle lui suggéra d'aller dîner. Mellitus acquiesça et lui emboîta le pas mais ils ne tardèrent pas à s'immobiliser. Tournée vers lui, Nellie lui proposa un accord avec la main tendue. Celui-ci ne comprenait que des avantages pour lui : il aurait le droit de découvrir le talent musical de son amie et ils seraient donc amenés à se fréquenter de nouveau. Il profiterait alors encore de la conversation agréable dont elle faisait preuve et la seule contribution qu'elle attendait en retour était un cours particulier de vol. La neige qui l'avait poudrée à frimas donnait au contour de la silhouette de la sorcière un aspect éthéré. Le sourire qui n'avait brièvement quitté Mellitus qu'à l'évocation de ses déboires depuis le début de leur promenade s'élargit alors qu'il tendait la main droite vers Nellie afin de sceller le pacte d'une poignée solennelle.

 

— Marché conclu ! Mais je te préviens...

 

Son sourire se mua pour se faire plus malicieux alors que son regard s'appuyait intensément dans les yeux clairs qui l'observaient.

 

— Ça va décoiffer.

 

tl;dr : Mellitus s'essaie à répéter la locution française et poursuit la conversation en contournant tant bien que mal les sujets de ses exercices littéraires et du froid qui le harcèle après avoir cédé sa veste. Il remercie du fond du cœur Nellie pour ses douces paroles et accepte le marché qu'elle propose avec enthousiasme. 

Accueil Poudlard L'extérieur Rendez-vous chaleureux sous la neige fondante