Harry Potter RPG

[Terminé]
Mélodies et douceurs nocturnes Près de la cheminée, lundi 14 janvier 2126

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Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 14/01/2026 à 15:18

w/ Mellitus 

 

La salle commune de Serdaigle était plongée dans l’obscurité d’une nuit cotonneuse. Le ciel avait cessé de cracher sa poudreuse sans pour autant se départir des lourds nuages qui continuaient de le voiler. Ce soir, la douce lumière de la lune ne projetterait pas ses reflets bleutés dans la pièce. L’atmosphère hiémale donnait à voir un autre type de féérie. Nellie avait l’impression de rejouer une scène qu’elle avait déjà vécue aux côtés de la jeune Athénaïs. Cette fois, cependant, elle avait volontairement choisi d’ouvrir à un étranger cette bulle d’apaisement qu’elle tentait de recréer tous les soirs. Un étranger qui ne l’était sans doute déjà plus tant. Mellitus. La jeune sorcière gardait un doux souvenir de leur promenade enneigée ainsi qu’un léger rhume malgré toute la prévenance dont avait cherché à l’entourer le garçon. Malgré elle, Nellie ne pouvait s’empêcher de sourire comme une enfant, partagée entre l’impatience et la peur de lui faire découvrir son jardin secret.

 

Imitant les gestes de l’autre demi-vélane qu’elle avait rencontrée, la sorcière pointa sa baguette vers l’âtre pour en raviver la flamme : incendio, murmura-t-elle. Elle allait avoir besoin d’un peu plus de lumière pour glisser ses doigts fins sur les touches blanches et noires de l’instrument. Les dernières braises s'enflammèrent, diffusant leur chaleur dans la pièce.

 

Mellitus et elle avaient convenu d’une heure plutôt tardive à laquelle se retrouver hors de leur dortoir. La jeune sorcière avait eu peur un instant malgré tout de tomber nez à nez avec un élève en quittant sa chambre sur la pointe des pieds, le léger clavier glissé sous son bras, mais pas de danger, la pièce était belle et bien déserte. Elle déposa son piano magique sur la petite table basse qu’elle avait pris l’habitude d’occuper, non sans en chasser les différents livres que ses camarades avaient pu laisser traîner sur le mobilier. Du coin de l’œil, elle aperçut un des petits origamis en forme de grue qu’elle s’était amusée à métamorphoser avec Devon. La sorcière faisait de belles rencontres en ce moment. Elle prit un instant pour apprécier le silence et la douceur de cette fin de soirée et expira lentement, essayant de chasser ce trouble qui lui asseyait le cœur à l’idée de revoir son camarade.

 

Tout était prêt pour l’arrivée du garçon et Nellie décida de pianoter rapidement une petite mélodie en l’attendant. Le volume de l’instrument était réglé proche du minimum pour ne pas risquer de réveiller d’autres élèves, ou pire, un préfet comme le lui avait mentionné Athénaïs en début d’année. La jeune fille se disait qu’elle se sentirait sans doute moins anxieuse si Mellitus arrivait pendant son morceau qu’en se trouvant forcée de commencer à jouer devant lui. Elle prit donc le parti de ne pas l’attendre et, comme chaque soir, la même magie s’empara d’elle.

 

Nellie oublia l’entièreté de son monde lorsque ses mains se posèrent sur l’instrument, les contours, les bruits, les odeurs disparaissaient autour d’elle pour que résonne le seul bruit du piano. Son cœur battait dans sa poitrine au rythme de la symphonie et, petit à petit les critiques de sa mère, son autodépréciation permanente, l’ensemble de ses petits ou grands échecs, de ses hontes plus ou moins lourdes, plus ou moins légitimes s’éloignaient pour ne laisser place qu’à une douce sérénité. Sans ces moments suspendus, la jeune sorcière ne savait pas comment elle aurait survécu à ses journées jusque-là. Elle se demandait d’ailleurs comment ceux qui ne jouaient pas de musique parvenaient à s’en sortir dans un quotidien si tourmenté. Concentrée sur le piano, perdue dans sa mélodie, Nellie cessait de réfléchir. Elle jouait instinctivement, sans se poser de question, alors qu’autour d’elle tout son charme de demi-vélane se déployait. Sa peau délicate scintillait comme un clair de lune tandis que ses longs cheveux châtains se trouvaient soudainement parés de reflets d’or. Sans en avoir conscience, elle attirait son ami dans un piège aussi dangereux que surnaturel.

Nellie Butler a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Mélodie !

Sortilège
Sortilège de Combustion
Difficulté
4
Résultat D20
7
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Les dernières braises se s'enflammèrent, diffusant leur chaleur dans la pièce.

Autres résultats possibles

Les dernières braises se s'enflammèrent instantanément, diffusant leur chaleur dans la pièce.

Malheureusement, seules quelques flammèches prirent vie dans la cheminée avant de s'éteindre lentement. Nellie soupira. Il faudrait qu'elle pense à demander un coup de main à son ami serdaigle pour ça.

Malheureusement, rien ne se produisit et Nellie soupira. Il faudrait qu'elle pense à demander un coup de main au serdaigle pour ça.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 14/01/2026 à 19:33

À pas feutrés, Mellitus se faufila hors du dortoir livré à Morphée, aussi silencieux et léger qu'une ombre. Le court trajet à parcourir jusqu'à la salle commune eut le temps de dessiner un sourire ravi sur son faciès. Le sentiment d'être privilégié gonflait son moral : tout le monde n'avait pas la chance d'être convié à un concert privé. Nellie accaparait alors ses pensées déchaînées. Le souvenir heureux de leur promenade qui avait été le théâtre de tant de choses refaisait surface. Il n'avait pas seulement appris à connaître la douce sorcière, celle-ci lui avait montré à travers ses yeux qu'il pouvait encore compter d'une certaine manière. Elle s'était conduite en véritable amie. Oui, voilà ce qui le rendait si allègre ce soir : il allait rejoindre une amie.

 

Le rendez-vous précédent s'était conclu par un pacte que Nellie honorait la première en cette belle nuit propice à l'émerveillement. Le Serdaigle appréciait ces banalités quotidiennes qu'on oubliait trop souvent d'observer. La lune dissimulée derrière les nuages, dont on ne devinait la présence que par le halo diffus, presque imperceptible, qui filtrait tout juste à travers les volutes célestes. L'ambiance lui paraissait tout à fait appropriée pour l'occasion.

D'ailleurs, sa tenue l'était aussi pour une fois. Rompant avec une véritable tradition de ne jamais arpenter la tour des aigles autrement qu'en pyjama ou en survêtement quand le choix s'offrait à lui, il avait respectueusement revêtit un pantalon de toile gris surmonté d'une élégante chemise bleu nuit aux motifs discrets. Faute d'en posséder d'autres plus adaptés, il portait visible son seul bijou : un discret pendentif arborant une croix de Canterbury. C'était un moment important pour Nellie. La bienséance lui imposait une apparence décente.

 

Quelques pas plus tard, les premières notes audibles lui parvinrent avant qu'il puisse encore voir la sorcière qui les produisait. Un irrépressible doute lui fit consulter sa montre. Non, il n'était pas en retard. Peut-être jouait-elle pour elle-même cet air qui lui donnait un premier aperçu de ce qu'était l'univers musical de Nellie. Bien que Mellitus ne chercha pas à dissimuler son irruption dans la pièce baignée d'une lueur de feu, sa présence sembla échapper à l'attention de la musicienne. Ou bien elle l'avait vu mais continuait de se dévouer entièrement à son art.

 

Bien qu'il appréciât la musique de manière générale, il n'en mesurait pas toutes les subtilités et la savourait en profane. Cela n'empêcha pas que Nellie l'emmène complètement dans sa représentation. Touché jusqu'au fond de son être par l'harmonie des notes qui se succédaient, Mellitus fit l'expérience mystique d'être transporté par la mélomane qui investissait tout son être dans la pratique de sa passion. L'impression d'avoir approché l'âme ainsi dévoilée de son amie s'empara de lui. Et ce ne fut pas son seul ni son plus grand trouble.

 

Quelques jours plus tôt, il avait vu la beauté de la jeune femme pour ce qu'elle était. Objective et irréfutable. Une apparence dénuée d'imperfection qui lui était apparue dans un tourbillon enneigé. Cette nuit, c'était différent. Tout était plus intense, irrésistible même. Était-ce par qu'elle se trouvait dans son élément ? Existait-il une forme de magie canalisée par la musique dont il ignorait tout ? Il se jouait sous ses yeux quelque chose d'infiniment plus profond que ce qu'il avait aperçu la première fois. La nature de Nellie se révélait dans toute sa splendeur à l'insu de Mellitus qui n'avait plus qu'un mot à l'esprit. Divine.

 

Il lui sembla découvrir quelque chose d'inédit en son sein. Une chose qu'il ne comprit pas tout de suite car il ne l'avait jamais connue auparavant. De l'attirance. Tout à coup, il brûlait d'envie de lui plaire. Pas simplement d'être agréable avec elle ou de la divertir en bon ami. Un puissant désir de retenir l'attention de la magnifique jeune femme l'anima. Il voulait l'impressionner, il avait besoin qu'elle le regarde. 

 

Quand l'écho de la dernière note s'évanouit, Mellitus retrouva juste assez sa lucidité pour retenir les gestes et les paroles insensées que lui avait inspirés cette étrange et déstabilisante émotion. Il voulu applaudir mais son corps lui parut trop étranger pour le mouvoir. Tout ce qu'il put exprimer dans l'immédiat fut une onomatopée admirative.

 

— Je n'ai jamais vu... ENTENDU, se reprit-il tardivement en murmurant plus fort qu'il n'aurait souhaité. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi beau. C'était... indescriptible.

 

Mellitus aurait voulu pouvoir détacher son regard de Nellie ne serait-ce qu'un instant. Pour cacher son embarras. Et sa peur. Dans sa poitrine, le muscle cardiaque se déchaînait furieusement au point de lui faire mal. Dans son esprit, plus rien ne fonctionnait. Plongé abruptement dans l'inconnu, il était tétanisé et en proie à une angoisse existentielle. Ne pas comprendre ce qu'il ressentait et le phénomène qui venait de se produire l'effrayait au plus haut point. Il lui sembla devoir faire appel au courage de dix Gryffondor réunis pour ne pas prendre ses jambes à son cou. Ou bien celles-ci refusaient tout simplement de lui obéir.

 

tl;dr : Mellitus rejoint Nellie dans la salle commune, les douces réminiscences de leur premier rendez-vous à l'esprit. Il est envoûté par le charme surnaturel de la demi-vélane et la complimente avec un lapsus trahissant son trouble.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 14/01/2026 à 21:34

Face à son instrument, Nellie semblait entrer dans une sorte d’état méditatif qui la coupait de l’extérieur. Aussi, elle ne remarqua pas directement la présence de son camarde lorsque celui-ci pénétra dans la pièce. Ses doigts virevoltaient avec délicatesse sur les touches du piano, comme mues par une intelligence propre. Tout lui semblait être en harmonie, comme si le clavier, la mélodie et elle ne formaient en réalité qu’un seul être perdu au milieu des notes. La jeune sorcière en oublia même quasiment son rendez-vous avec le Serdaigle, trop habitué qu’était son corps à se produire en solitaire. Dans l’intensité de l’instant, Nellie devenait mirage, illusion, chimère. Son corps frêle d’adolescente semblait évaporé en une myriade d’étincelles.

 

Le morceau toucha à sa fin, encore une note, puis une deuxième, c’était terminé. L’élève, apaisée, sourit avec tendresse en offrant une dernière caresse à l’instrument. Elle tourna un visage encore empreint de cet instant volé vers Mellitus dont elle sentait maintenant la présence. Sortie de son état d’ivresse mélodique, la demi-vélane piqua un far en entendant les propos de son ami. Sa réaction la toucha dans un premier temps, tandis qu’elle tentait d’y répondre par un petit Oh merci un peu gêné. Le jeune homme était très élégant ce soir. À vrai dire, Nellie ne l’avait jamais vu qu’emmitouflé de nombreuses couches et ignorait presque tout du corps que ces dernières avaient l’habitude de recouvrir à cette période de l’année. Le garçon était plutôt athlétique et la jeune fille se promit de lui demander à quel poste il jouait au Quidditch. Elle ne comprenait définitivement pas cette histoire de renvoi de l’équipe et se jura de faire tout son possible pour réintégrer le jeune aigle à la place qui devait être la sienne: dans les airs. L’heure n’était cependant pas à ce type de réflexion. La jeune fille se concentra, flattée, sur l’effort vestimentaire qu’avait fait Mellitus pour ce qu’elle imaginait être l’occasion.

 

Nellie détourna son regard quelques secondes pour fixer la nuit d’hiver que laissaient entrevoir les hautes fenêtres de la salle commune. Le garçon voulait sans doute lui faire plaisir avec son enthousiasme démesuré, mais, si Nellie avait jamais possédé un réel talent, elle était pratiquement sûre qu’Athénaïs lui en aurait fait part. À moins qu’une absence de commentaires désagréables n’ait la même signification dans le langage de la Ravental. Non, dans tous les cas, elle peinait à croire les compliments de Mellitus. Comment le jeune homme, par ailleurs si cultivé, avait-il pu considérer que ses improvisations d’écolière relevaient réellement du sublime ? Et pourquoi, par ailleurs, était-il soudainement si taiseux ce soir ? Ce n’était pas de cette façon qu’elle avait appris à le découvrir. Nellie tourna soudainement la tête vers le garçon. Ce dernier semblait figé. Le cœur de la Serdaigle rata un battement tandis qu’elle délaissait son piano pour se pencher tout à fait vers son compagnon nocturne. Mel ?, s’enquit-elle, la voix inquiète. Brusquement paniquée, la jeune fille attrapa la main de son ami. Elle pouvait sentir le cœur du jeune Serdaigle battre à tout rompre à travers sa paume. Son regard semblait tétanisé comme s’il la regardait sans la voir. Cette expression n’était pas étrangère à Nellie dans l’esprit de laquelle les différentes pièces du puzzle finissaient par s’assembler. Oh mon Dieu, murmura-t-elle en français alors que deux grosses larmes roulaient sur ses joues de stupide demi-vélane.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 08:22

Le temps semblait avoir ralenti sa course immuable pour céder du terrain à la seule personne au monde qui méritait que les lois de la physique s'articule autour d'elle. Les longs doigts fins de la musicienne s'attardèrent tendrement sur les touches de l'instrument que Mellitus se surprit à envier. Quelle grâce ce serait que de sentir la chaleur de ce contact contre sa joue. Une fierté incongrue s'empara de lui quand les pommettes délicates rosirent suite à son compliment. S'il maniait ses mots avec soin et qu'il parvenait à la flatter, peut-être qu'elle lui accorderait l'attention dont il se languissait tant. "Non, pas par-là ! Regarde-moi," vociférèrent les pensées du garçon sous le charme alors qu'elle détournait ses yeux.

 

Puis elle se pencha providentiellement vers lui avant de lui saisir la main. Si une inquiétude palpable avait marqué de son empreinte la voix transcendante de l'exquise sorcière, le transport de Mellitus le priva du loisir d'envisager de la dissiper. Ses doigts se refermèrent sur la main d'une douceur incomparable. Sans exagération mais fermement, comme pour lui signifier de ne pas le lâcher, qu'il voulait ne jamais plus ressentir l'absence de la chaleur que le contact de Nellie répandait dans ses doigts. Il voulut l'attirer vers lui. "Doucement, conduis-toi en gentleman," lui conseilla son dialogue intérieur. Inconsciemment, sa bouche s'était entrouverte en un sourire béat.

 

Un frisson d'extase le traversa quand elle prononça quelque mots en français. Ne rien comprendre lui était égal, il buvait et la voix et l'accent de l'anglo-française comme on déguste le plus fin nectar. Mais ce moment fut interrompu par la panique qui le gagna en apercevant les perles fluides s'échapper des ensorcelants yeux pâles posés sur lui.

 

— Ne pleure pas, je t'en supplie ! Quelque chose ne va pas ? J'ai... j'ai fait quelque chose de mal ?

 

Il lâcha la main à contrecœur. Peut-être qu'il l'avait serrée trop fort sans le réaliser ? Par chance, il avait des mouchoirs sur lui en cette période où il lui arrivait d'avoir le nez qui coule et il put en proposer un à son amie pour qu'elle sèche ses larmes. Ce bref instant de distraction provoqua un second éclair de lucidité chez le Serdaigle. "Quelque chose cloche," devina-t-il sans pour autant parvenir à recouvrer ses esprits. Captif du puissant envoûtement bien involontaire, sa seule préoccupation était de se faire complaisant, de rassurer Nellie — sans savoir comment car il ne comprenait pas la raison de ses pleurs — et d'établir avec elle une proximité ardemment désirée. Comment lui rendre le sourire ? Que pouvait-il dire ou faire qui puisse illuminer à nouveau le sourire radieux qu'il souhaitait revoir ?

 

 — Ce n'est pas toi qui devrait pleurer, c'est l'astre lunaire qui se lamente de ne caresser ta chevelure céleste que de ses lointains rayons. Ce sont les hommes qui ne méritent pas la chance d'être effleurés par ton regard éblouissant. Il ne faut pas que tu pleures car tes larmes sont des perles nacrées qui occultent l'éclat des diamants et fendent le cœur des étoiles. Quand tu souris, le soleil paraît blême et le chant du vent loue ta grâce. Souris-moi, s'il-te-plaît, et je serai plus heureux que jamais personne ne l'a été.

 

S'il avait été en possession de ses facultés, jamais Mellitus n'eût osé divulguer l'une de ses piètres tentatives qui n'avaient de poétique que le nom qu'il voulait leur conférer. En d'autres circonstances, avoir laissé s'exprimer de tels mots l'aurait fait mourir de honte sur place.

 

tl;dr : désinhibé par l'envoûtement, Mellitus cherche à plaire et à rendre le sourire à Nellie. Pour cela, il tente d'improviser quelques louanges.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 15/01/2026 à 10:38

Ce soir, Nellie possédait une chance inouïe que personne ne lui enviait : celle de vivre l’un de ses plus grands cauchemars en direct. Si elle n’avait dans un premier temps pas tout saisi de l’attitude du garçon, il ne faisait à présent plus doute que Mellitus s’était fait prendre dans les filets d’un charme que la jeune aigle était bien loin d’imaginer posséder, à tel point qu’elle était à deux doigts de scruter la pièce pour voir si une autre demi-vélane n’était pas à l’origine de l’enchantement. Réflexe stupide, c’était bien vers elle que son camarade fixait ses yeux béats. Oh bien entendu, Nellie ne pouvait pas le nier totalement, elle avait eu envie de lui plaire, qu’il trouve sa musique envoutante, elle avait espéré au fond d’elle ne pas paraître, trop piètre, trop quelconque. Mais jamais au grand jamais elle n’aurait pu prévoir ce qui allait se produire.

 

La jeune femme ne savait tout bonnement pas quoi faire. Courir à l’infirmerie ? Secouer son ami ? Lui envoyer un petit aguamenti bien senti ? Elle le regardait avec appréhension, craignant ce qu’il pourrait faire sous l’emprise de cette dangereuse illusion, mais aussi le moment où, le charme dissipé, sa lucidité le convaincrait qu’il avait été manipulé. Voilà, c’était donc comme ça que l’histoire de cette relation se terminerait, pensait Nellie. C’était bien elle, en définitive, qui était parvenue à tout gâcher et quelle surprise ! Elle mourrait d’envie de prendre ses jambes à son cou pour ne pas vivre ce moment où, le charme brisé, Mellitus lui en voudrait à mort. Mellitus, qui serrait sa main dans la sienne, qui lui sourirait, la rassurait. La demi-vélane savait pourquoi il agissait ainsi. Parce qu’elle était un monstre comme Astrid, comme Margaux comme… sa mère.

 

La situation lui semblait d’autant plus cruelle qu’elle avait besoin de toute sa volonté pour ne pas céder elle-même à l’illusion, alors que la chaleur du jeune garçon, ses précautions, la douceur de sa voix touchaient son cœur lucide. Elle tentait maladroitement d’effacer l’eau de ses yeux pour entraver l’inquiétude de Mellitus, qui se lançait à présent dans une des longues tirades dont il avait le secret. Malgré elle, Nellie sourit : même emporté par l’illusion de l’amour, le naturel du Serdaigle revenait au galop. Elle était certaine qu’il n’écrivait pas si mal qu’il lui avait laissé entendre lors de leur promenade sous la neige. Le sourire de la jeune fille disparu néanmoins rapidement quand elle imagina la terreur que le Britannique allait ressentir, une fois le charme brisé, de s’être ainsi dévoilé. Les sentiments étaient feints, mais la prose ? Cette fois, elle en était sûre, il ne lui pardonnerait jamais l’état dans lequel elle l’avait plongé.

 

Tu tu vois je savais que tu écrivais bien Mel, articula avec difficulté la sorcière, ça ça va aller. Ce sera bientôt fini. La magie ne pouvait pas durer éternellement, ce n’était pas possible, Nellie n’était pas assez puissante pour ça, du moins, c’est ce qu’elle tentait de se répéter. Après tout, elle pensait également n’avoir aucun don propre aux démi-vélanes. Sur ce plan, elle s’était manifestement trompée. Mais la sorcière ne pouvait s’empêcher d’apprécier ce Mellitus sous le charme et quelque chose en elle redoutait de retrouver les vraies dispositions de son ami à son égard. Ainsi, dans un élan de faiblesse, alors que tout son esprit lui hurlait qu’elle commettait une énorme erreur, elle se rapprocha du Serdaigle pour l’enlacer avec douceur. Peu importait qu’elle profite légèrement de la situation, puisque, dans quelques minutes, Mellitus ne voudrait plus jamais avoir affaire à elle. Nellie étouffa un sanglot à cette idée en se laissant apaiser par le corps chaud et solide de celui qui la détesterait sans doute bien assez vite. Pardon Mel, articula-t-elle dans un souffle.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 13:11

Un compliment de la part de Nellie ! Un brasier dévora le visage du jeune homme flatté qui prit une complexion écarlate.

 

— Mais non voyons. Tenter de poser des mots sur tes qualités est une insulte à ta perfection.

 

Qu'entendait-elle par "ce sera bientôt fini" ? Est-ce qu'elle allait le laisser là, abandonné à la nuit et désespéré dans l'attente d'un nouvel instant partagé avec elle ? Pourtant elle l'emprisonna ensuite dans une étreinte chaleureuse qu'il lui rendit sans se faire prier. L'attitude de Nellie envoyait des signaux mitigés que Mellitus ne comprenait pas. En fait, il ne comprenait plus grand chose, comme si ses neurones avaient brusquement quitté le navire. Et voilà qu'elle lui demandait pardon. "Qu'est-ce qui cloche ?"

 

C'est parce qu'il avait le visage à moitié enfoui dans la chevelure de son amie qu'il remarqua un phénomène interpellant. Les reflets dorés de ceux-ci s'assombrissaient et révélaient ce faisant leur teinte châtain naturelle. Comme si l'engrenage de son cerveau venait de repartir à toute allure après avoir broyé le grain de sable qui l'enrayait, il comprit soudainement. La révélation l'inonda en apportant dans son sillage l'horreur de la lucidité. Le sentiment qui l'avait tétanisé, les larmes de Nellie, son envolée lyrique... 

 

S'il écoutait la voix redevenue pernicieuse de son esprit, Mellitus se serait dégagé des bras qui l'enlaçaient pour aller se réfugier n'importe où tant que ce fût loin. Mais elle pleurait et implorait son pardon. S'il cédait à son instinct, qui sait quelle irréparable blessure il risquait de lui infliger ? Il dut se faire violence mais prit sur lui de ne pas plonger la situation dans un chaos encore plus destructeur.

 

— Ce... tout va bien. Ce n'est pas grave.

 

Avec toute la douceur dont il pouvait faire preuve, il s'écarta lentement de Nellie pour affronter son regard. Peu lui importait qu'elle puisse lire dans le sien la peur et la honte. Seule la sincérité avait une chance de les extraire du puits dans lequel ils venaient de chuter. Une discussion s'imposait et elle serait difficile. Mellitus tendit un nouveau mouchoir à son amie.

 

— Est-ce que j'ai vraiment fait ce que je pense avoir fait ? C'est particulièrement gênant, je te demande pardon. Tu n'aurais pas dû avoir à entendre ça. 

 

Tout affluait désormais si vite que faire le tri dans ses pensées l'épuisait. Elle avait l'air aussi désemparée que lui, elle n'avait donc manifestement pas déployé cet envoûtement sciemment. Et malgré cela, elle s'était emparée de sa faculté de réfléchir et de ses sentiments avec un facilité tellement déconcertante. Le pouvoir qu'elle possédait était légitimement terrifiant. Et fascinant en même temps. La main de Mellitus gagna l'emplacement de son cœur encore frénétique sur sa poitrine. Le seul symptôme subsistant des émotions qui l'avaient submergé. L'éphémérité de tout cela était elle due à la magie de Nellie où le cours naturel des choses ? C'était sans doute stupide et même déplacé dans l'immédiat mais le Serdaigle ne savait pas gérer les questions sans réponse, aussi posa-t-il celle qui le taraudait.

 

— Est-ce que je viens d'avoir un coup de foudre ?

 

Au diable la conversation sérieuse. Enfin, non. Mais qu'elle attende. Mellitus avait besoin de temps pour redescendre sur terre et espérait dédramatiser un tant soit peu l'incident en se réfugiant derrière son humour idiot.

 

— Si c'est ça, j'espère que t'as un peigne sur toi parce que je dois avoir les cheveux en pétard.

 

La main quitta la poitrine pour partir à la recherche de celle de Nellie. Elle avait de son propre chef effacé la barrière des échanges tactiles, il espérait pouvoir se permettre cette familiarité. Pourvu qu'elle ne se dérobât pas.

 

— Co... comment tu vas ? Tu as l'air bouleversée. Je m'inquiète pour toi.

 

tl;dr : Mellitus réalise qu'il a été envoûté alors que le charme s'estompe. Paniqué, il cherche avant tout à rassurer Nellie et éprouve de plein fouet la gêne occasionnée par sa désinhibition. Il essaie un brin d'humour pour dédramatiser mais son inquiétude pour son amie prend le pas.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 15/01/2026 à 17:45

Lovée dans les bras de son ami, Nellie attendait l’inéluctable fin de l’enchantement, comme d’autres craignent la fin du monde. Elle savait qu’il lui aurait sans doute suffi de se remettre à son piano pour entretenir l’illusion et garder le jeune Serdaigle avec elle dans un paradis doux-amer quelques instants de plus, mais elle ne s’en sentait pas la force. Et puis ses doigts tremblaient trop. Résister au charme des Vélanes était une affaire de mental et demandait un certain entraînement. Malheureusement, cela ne suffisait pas toujours. Le père de Nellie en était le parfait exemple, il n’avait jamais réellement pu tenir tête à sa femme – ou jamais voulu, c’était selon. Certains se complaisaient très bien dans cet état de demi-lucidité qui rendait la vie plus douce. Elle ne saurait sans doute jamais ce qu'il en était vraiment.

 

La jeune femme sentit le charme se dissiper lentement, ses boucles retombèrent avec plus de naturel sur ses épaules et elle soupira, entre soulagement et frayeur, attendant la réaction de Mellitus comme une sentence. Celui-ci l’écarta délicatement avant de lui tendre un mouchoir que Nellie saisit du bout des doigts pour essuyer les dernières perles de ses joues humides. Main sur le cœur, regard perdu, la Serdaigle scrutait son camarade avec appréhension. Pour l’heure, il semblait simplement sonné. Heureusement, une pointe d’humour se fraya un chemin à travers ses propos, indiquant à Nellie que tout n’était pas perdu. Ce n’est pas de ta faute, tout le monde aurait réagi comme toi, avoua la jeune femme en essayant maladroitement de le rassurer. Peut-être avec moins de lyrisme, il fallait l’admettre. Encore que

 

Nellie sourit lorsque son ami évoqua le coup de foudre. Son regard se porta sur ses cheveux qui n’avait pas subi le moindre dommage. Non, je ne crois pas que ce soit… vraiment ça, réfléchit la jeune femme. Son cerveau carburait à toute allure et elle ne parvenait pas à se calmer tant le moment où Mellitus sortirait de ses gonds lui semblait imminent. Il était pour l’instant déboussolé, mais après ? C’est plus comme un genre de philtre d’amour ? La sorcière cherchait ses mots pour ne pas brusquer le jeune homme.

 

La dernière intervention de Mellitus la fit rire jaune. Il s’inquiétait pour elle ? Décidément, cette soirée n’avait aucun sens, c’était tout bonnement le monde à l’envers. Comprenait-il qu’il n’était en réalité rien de moins que la victime ? Et que son bourreau se tenait face à lui ? Nellie voulut accélérer la discussion pour récupérer la maitrise de la situation, mais ses mots étaient comme emmêlés dans la multitude de sentiments qui tentaient de s’imposer en même temps dans son esprit : la peur de perdre son ami, le désir sourd de retourner dans ses bras, la colère contre elle-même, la haine que lui inspirait sa famille, la douleur de l’impuissance et la cruelle réalité de son identité.

 

Ma mère est une Vélane, énonça-t-elle enfin avec difficulté. Sa main dans celle de Mellitus, la chaleur de la pièce, le trou dans sa poitrine. Elle tentait de ne pas suffoquer. Le charme était-il vraiment rompu ? Pourquoi restait-il si gentil ? Pourquoi ? Elle n’avait pas dit, « je suis une demi-vélane », non, c’était plus facile de parler des autres que d’avouer directement sa propre identité, il fallait l’avouer. Lâche. Mais je… c’était la partie délicate je ne pensais pas avoir hérité de ses… capacités. C’est la première fois que… Que quoi ? Qu’elle charmait quelqu’un ? Ou qu’elle avait envie de charmer peut-être. Était-elle tout à fait innocente ? Nellie aurait aimé répondre un oui franc à la petite voix dans sa tête. Crois moi je ne m’en suis pas rendue compte, je, essaya-t-elle de développer, je ne voulais pas… je ne veux pas te faire le moindre mal. La pitoyable demi-vélane serra la main de son camarade, tournant vers lui un regard implorant. Nellie offrait là un tableau si misérable que sa mère l’aurait envoyée en enfer pour un seul écho de son attitude déplorable, c’était absolument certain.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 21:40

L'enchantement était brisé. Pour l'instant. Dans le sillage de ses débris, Nellie n'était pas plus indemne que Mellitus et cela transparaissait avec une cruelle limpidité. Le jeune homme était écartelé par une guerre inopinée entre sa raison et ce qu'il ressentait. Ce qui était certain, c'est qu'il avait besoin de temps pour faire le point et se livrer à une analyse tristement froide et détachée de ce qui venait de se produire. C'était désolant de s'en rendre compte mais Mellitus était incapable de gérer ce qu'il ne comprenait pas. Néanmoins, l'urgence se trouvait de toute évidence ailleurs. Peu lui importait de se blesser dans la manœuvre, il devait plonger ses mains nues dans les décombres et tout faire pour en extirper Nellie. Tout de suite.

 

Ho ! comme il eût aimé être ce genre d'homme capable de se retrousser les manches et d'agir promptement. Mais ses muscles étaient toujours plus lents que son cerveau et il ne parvint qu'à ouvrir la bouche et la refermer plusieurs fois sans rien articuler d'intelligible, soumettant à son amie une imitation involontaire de poisson hors de l'eau. Elle avait comparé le phénomène à un philtre d'amour. Le souvenir d'avoir lu dans un traité sur les plus dangereux poisons qu'aucun n'était pire que l'amortentia refit surface. Il avait trouvé cela amusant à l'état de théorie. Il ne comprenait maintenant que trop bien l'exactitude du propos après en avoir éprouvé l'application pratique.

 

Des fois, il se demandait s'il pouvait vraiment se targuer d'être aussi intelligent qu'il aimait le croire. Il n'avait pas davantage compris pour les origines vélanes de Nellie que pour son héritage français. Pourtant, il y avait bien eu des indices, non ? Ce qu'il avait vu quelques jours plus tôt, la beauté évidente de la jeune fille... était-ce le ballet de la neige qui l'avait sublimée ou sa nature magique ? Comment le savoir, quels indices permettaient de faire la distinction entre le vrai et le faux ?

 

Chaque questions qui s'imposait à lui, chaque pas qu'il esquissait à tâtons vers un semblant de réponse révélait un pan plus horrifiant encore que le précédent du drame qui se jouait. Le pire, c'était que lui le découvrait à peine. Quelles souffrances avaient été celles de Nellie qui vivait prisonnière de son propre piège ? "Bouge ! Dis quelque chose." Mellitus s'avança, fébrilement mais décidé. Cette fois, c'est lui qui amorça l'étreinte. Maladroitement, comme s'il craignait de briser une œuvre d'art en porcelaine.

 

— Je te crois. Je te fais confiance. Je suis moi-même cette fois, j'agis de mon plein gré.

 

Pas sûr que la demi-vélane avait besoin d'entendre des arguments rationnels dans cet instant mais c'était la seule chose que le Serdaigle pouvait lui offrir.

 

— Ça n'avait rien de douloureux. Au contraire. À part la tachycardie mais ça c'est une réaction physiologique qui... hum ! Pardon. Ce que je veux dire, c'est que je me suis senti poussé des ailes. Il n'y a rien de mal à cela. Le plus dur, c'est de t'avoir fait pleurer. Je t'avais bien dit que mes tentatives d'écriture étaient nulles alors désolé de t'avoir infligé de l'improvisation.

 

Ce n'était vraiment pas pertinent de se retrancher derrière l'auto-dérision alors que Nellie était en proie à un malaise manifeste dont la profondeur était insondable d'un point de vue extérieur. Mellitus avait l'impression de ne pas être à la hauteur pour l'insurmontable difficulté qui consistait à la réconforter alors qu'il n'était déjà pas doué pour ce genre de choses et qu'il se remettait à peine de l'envoûtement.

 

— Ce ne doit pas être simple pour toi. Combien de fois as-tu pu douter de la sympathie des autres parce que... parce que tu pourrais la provoquer malgré toi ? Alors, s'il-te-plaît, crois mes paroles. Je suis heureux d'être ici avec toi. Que tu m'aies offert un aperçu de ta belle musique. Mon seul regret s'envolera quand tes larmes sècheront. C'est dur de te voir pleurer parce que...

 

Les yeux de Mellitus cherchèrent à capter le regard de Nellie. À s'ancrer. C'était une déclaration rapide et peut-être qu'elle s'en offusquerait car ils ne se connaissaient que depuis peu et ignoraient encore tant l'une de l'autre. Mais il le pensait et il se justifierait plus tard si elle l'exigeait.

 

— Je tiens à toi.

 

tl;dr : Mellitus peine à se ressaisir. Il tâche de rassurer Nellie, lui exprime sa compassion et rassemble son courage pour lui dire l'importance précoce qu'elle a pour lui.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 16/01/2026 à 20:55

Cette soirée que la jeune Serdaigle avait envisagée comme un moment plutôt doux et apaisé passé aux côtés d’un camarade qu’elle commençait à apprécier profondément semblait sérieusement tourner au fiasco. Le cœur de Nellie menaçait de se décrocher à chaque battement tandis qu’elle scrutait la moindre réaction de son partenaire comme signe annonciateur du rejet qui ne pourrait manquer d’enterrer définitivement ce début de relation. Perdu d’avance. Elle ne savait pas pourquoi elle s’acharnait à attendre une réponse qui la réduirait tout bonnement en miettes. Mellitus avait l’air complètement perdu, ce qui n’arrangeait pas l’angoisse de la jeune femme, suspendue à ses lèvres. C’était tout juste si Nellie ne lui tendait pas ses deux bras en croix pour le laisser l’attacher au pilori de la traitrise.

 

Plusieurs fois, elle crut qu’il allait parler, plusieurs fois sa bouche se referma sans que le moindre son en sorte. L’attente relevait du supplice. La demi-vélane, tétanisée n’osait plus rien dire, tout juste, sa poitrine continuait-elle de se soulever par à-coups saccadés. Tout se brouillait autour de l’élève qui ne voyait plus que le visage de son ami au milieu d’un capharnaüm de couleurs et d’odeurs qui l’agressaient de toute part. L’angoisse à l’état pur semblait s’être emparée de chacun de ses membres tandis que, dans sa tête, une petite voix sournoise continuait de l’insulter de tous les noms.

 

Puis, subitement, le calme après la tempête. Les bras de Mellitus, sa chaleur, son parfum. Un instant délicat, rassurant… lucide. Le corps de la jeune femme se détendit subitement, coulant dans les bras du Serdaigle comme une poupée de chiffon, sans résistance. Nellie laissa ses larmes couler, longtemps, les essuyant avec les mouchoirs du garçon tandis qu’à ses oreilles résonnait la plus douce des mélodies. Lentement, elle reprit une respiration plus douce, calquée sur celle de Mellitus qui semblait étrangement en paix avec l’idée d’avoir pu être ensorcelé contre sa volonté.

 

N'importe qui aurait sans doute fui très loin de la sorcière après cette expérience désagréable, mais lui la croyais, lui faisait confiance, la rassurait. Elle ne comprenait pas. Elle l’écoutait parler, glisser sur les longues tirades qui le caractérisaient, laissant chaque phrase, chaque mot, pénétrer son âme comme autant de couches de pommades lentement appliquées sur la multitude d’inquiétudes qui traversaient son cerveau. Le garçon finit par désolidariser son corps de celui de la Serdaigle pour plonger ses yeux, ses beaux yeux, dans le regard encore empli de chagrin de Nellie. Je tiens à toi. Je tiens à toi. Les mots résonnèrent dans la tête de la demi-vélane dont le corps fut soudain parcouru d’un long frisson et puis le vide. Elle ne pensait plus, ne savait plus. Les yeux de Mellitus, le crépitement du feu, la couleur de ses yeux, ses bras chauds, ses si beaux yeux, les battements de son cœur. P-pardon Mel, ce, elle ne trouvait plus ses mots, avait arrêter de les chercher, c’est moi qui ai un coup de foudre, souffla-t-elle comme pour elle-même, comme s’il n’était pas là, comme un constat.

 

Quelque chose semblait avoir changé en elle face à la compréhension infinie dont semblait faire preuve le garçon. La certitude que c’était lui, le seul, celui qui, étrangement, la comprenait. En même temps que l’apaisement apparaissait soudain une nouvelle angoisse : il lui fallait à tout prix garder le Serdaigle à ses côtés. D-désolée, je suis... idiote, se rattrapa-t-elle maladroitement, les joues en feu face à la prise de conscience de ce qu’elle venait d’énoncer. Nellie n’avait pas pris la peine de corriger le garçon. Elle aurait peut-être dû lui avouer qu’elle était loin d’attirer la sympathie de qui que ce soit, que c’était bien la première fois que ses pouvoirs se manifestaient de la sorte, mais elle avait bien trop peur d’aggraver son cas. Tu... tu ne ressens rien pour moi sous cette forme, n’est-ce pas ?, interrogea-t-elle soudain, amère, regrettant de s’être dévoilée alors que le garçon venait manifestement de découvrir grâce à ses charmes de demi-vélane ce qu’était qu’éprouver de l’attirance. C’est bien qu’il n’éprouvait rien pour toi, stupide fille. Nellie avait a priori bel et bien hérité d’un pouvoir de séduction qui la dépassait. Elle se découvrait capable de cueillir en quelques notes le cœur de Mellitus, mais c’était elle qui, après avoir gouté aux yeux énamourés du garçon, semblait ne plus jamais pouvoir s’en passer. Victime de son propre charme, Nellie était sans doute la pire des jeunes Vélanes.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 17/01/2026 à 02:39

Désemparé comme il ne l'avait jamais été auparavant, Mellitus agrippait son amie qui ne semblait pas plus que lui maîtriser quoi que ce fût en cette nuit. Tout ce qu'il estimait pouvoir faire, c'était d'être là, de ne l'abandonner d'aucune sorte ni sous aucun prétexte. De lui faire sentir sa présence. Lui épargner de se sentir seule. Il pensait pouvoir y parvenir, il y croyait vraiment car il se fichait de s'exposer aux risques, que ce qu'il se passât ici soit plus tard une cicatrice de plus dans son existence.

 

Mais Nellie ne lui rendit pas la chose aisée. Une seule phrase, peut-être même fugitive, prononcée dans un moment d'abandon et de vulnérabilité, suffit à briser les épaules du Serdaigle. S'il était du genre long à la détente quand quelqu'un lui manifestait de l'affection implicite ou ambiguë, Nellie ne laissa aucune place à l'interprétation. Soudain, Mellitus se vit confier le cœur de la demi-vélane. Quelque chose dont la précieuse importance le disputait à la fragilité et qui volerait forcément en éclats à la moindre maladresse. Une maladresse à laquelle Mellitus était fort malheureusement disposé. Voilà qu'il était investi d'une responsabilité incommensurable qu'il ne savait pas comment gérer.

 

— Tu n'es pas idiote, voyons, la tança-t-il avec douceur.

 

Comme si cela ne suffisait pas, Nellie court-circuita complètement les facultés de raisonnement du blondinet en lui posant la pire question possible. Une question dont il ignorait la réponse tout en sachant qu'il n'avait pas le droit de se tromper en la donnant. Il ne pouvait pas l'éviter, n'y pas répondre. Elle avait besoin d'entendre quelque chose. Il savait ce qu'elle eût voulu qu'il lui dise et c'eût été facile, tellement plus facile, de simplement lui offrir ce qu'elle désirait. Mais Mellitus ne pouvait pas lui mentir.


La déclaration avait à l'insu du jeune homme produit de nombreuses réactions chez lui. Son visage irradiait d'un rubis intense et sa voix tremblait d'émotion. Il n'y avait pas été insensible, loin de là. Seulement, il ne comprenait pas. Il ne comprenait déjà pas ses propres émotions alors comment pouvait-il seulement contempler celles de Nellie qui lui ouvrait son cœur alors qu'elle avait le pouvoir de mettre le monde entier à ses pieds ? La vie l'avait-elle si profondément brisée qu'elle ne se savait pas digne de mieux que lui ? Les mots qui devaient sortir de sa bouche détermineraient s'il serait un bourreau ou un sauveur pour la jeune femme. Et Mellitus était la pire personne à qui pouvait incomber cette responsabilité. Acculé, il inspira profondément avant de se prononcer.

 

— Je ne sais pas. Je ne connais pas la réponse, Nellie. Je sais ce que tu me demandes. Je ressens beaucoup de choses pour toi, ce que je t'ai dit était sincère. Mais ça... c'est quelque chose dont j'ignore tout.

 

Son besoin d'analyser et d'expliquer les choses l'urgeait de se justifier. D'essayer de mettre des mots sur ce qu'il ressentait et faire comprendre par une longue dissertation pourquoi il n'était pas en mesure de lui donner ce qu'elle attendait. Mais c'eût été faire bien pire. C'en était déjà bien assez qu'à l'instant, il eût enfoncé la dague de la déception dans le cœur de son amie en la regardant dans les yeux. Quelque chose se brisa en lui. Sa gorge l'étrangla brutalement alors qu'il refoulait de toutes ses forces l'incongru sanglot qui menaçait de faire voler sa contenance en mille morceaux. Quelle indélicatesse c'eût été de pleurer en égorgeant l'agnelle.

 

C'est quoi l'amour ? Était-ce ce qu'il avait ressenti sous le coup de l'envoûtement ou la douleur de blesser quelqu'un qui compte pour nous ? Est-ce que cela lui faisait si mal d'infliger cette peine à Nellie parce qu'il l'aimait ? Quelle était la différence entre l'affection qu'on éprouvait pour une amie et celle qu'on éprouvait pour plus qu'une amie ?

 

Mellitus eût aimé que ce soit simple. Comme dans un film où les amoureux savent ce qu'ils ressentent, où les protagonistes sont romantiques. Le Serdaigle était tout sauf romantique. Il était analytique. Pragmatique. Curieux. Désireux d'apprendre. Voilà. C'était la réponse la plus satisfaisante dont il était capable et il se prépara à ce que Nellie le gifle pour ça, il ne l'aurait pas volé. Mais faute de mieux, peut-être que l'amour s'apprenait.

 

— Et si on le découvrait, ensemble ?

 

Le dernier mot avait été prononcé dans la langue maternelle de Nellie. Le jeune homme n'avait pas tardé à s'intéresser au français après leur entrevue et ce mot lui avait plu. Il l'avait donc mémorisé. Appris à le prononcer. C'était un joli mot "ensemble". Qu'il envisageait d'employer pour inviter son amie. Peu importe que ce fût pour dîner côte à côte, refaire une promenade dans le parc, étudier même. Tant qu'il pouvait terminer la proposition par "ensemble".

 

Ce qui ne pouvait sans l'ombre d'un doute qu'être la pire des idées lui passa par la tête mais il sembla à Mellitus qu'il devait faire quelque chose d'insensé. D'autant plus qu'il ne l'avait jamais fait et n'avait pas idée de comment s'y prendre. Doucement, avec toute la tendresse du monde, il se pencha vers elle. Les yeux de son amie l'intimidait alors que leurs regards s'approchaient. Leurs lèvres aussi.

 

"Un baiser, mais à tout prendre qu'est-ce ? Un serment fait d'un peu plus près, une promesse plus précise..." Les mots de Rostand s'imposèrent à sa mémoire. Un auteur français, c'était à propos. Toutes les réponses ne se trouvaient pas dans les livres mais il fallait bien commencer quelque part. Mellitus ne s'arrogea pas le droit de conclure le geste amorcé. Le souffle de Nellie lui effleurait les lèvres. Elle seule pouvait décider de préciser cette promesse.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 17/01/2026 à 12:09

Il fallait bien l’avouer, Nellie était perdue, larguée, elle ne savait plus quoi penser, quoi faire. Elle se cramponnait à son ami comme à une bouée de sauvetage, sans se douter de son propre trouble. Pourquoi ces soudaines déclarations étaient-elles parvenues à passer la barrière de ses lèvres pour se loger au creux des tympans du Serdaigle ? Était-ce par peur de se voir abandonner une nouvelle fois ? L’impression de jouer le tout pour le tout ? Un moyen de garder Mellitus un peu plus prisonnier de ses filets ? La jeune femme avait peu de certitudes dans sa vie, mais celle d’être différente de sa mère et de ses sœurs avait toujours été en tête de liste. Elle ne leur ressemblait pas, ne leur avait jamais ressemblé, ne leur ressemblerait jamais. Ce soir, pourtant, en proie à l’angoisse, Nellie se demandait si c’était cette impression qui enfermait le cœur d’Astrid et Margaux lorsqu’elles usaient de leurs charmes. Ses aînées agissaient-elles comme la benjamine l’avait toujours pensé ? Froides, méthodiques, cruelles ? Ou, tout comme elle, cette nuit, perdue entre ce qu’elles étaient capables d’inspirer, l’émerveillement des regards d’un homme pour leur silhouette, au point où l’ivresse devenait trop grande, l’excitation trop forte pour qu’elles puissent encore maîtriser quoi que ce soit. Et elle ? Nellie y arriverait-elle ? Serait-elle capable de renoncer à la douce sensation d’être admirée par un cœur énamouré ?

 

La demi-vélane doutait, regrettait déjà ses paroles, n’avait pas pu les retenir. Mais si les battements éplorés de son cœur, si la douceur des tremblements qui électrisaient son corps à chaque contact avec le Serdaigle n’étaient pas… réels. Alors, Nellie pouvait douter de tout, de son enveloppe, de son identité et, quelque part, c’est exactement ce qu’elle s’employait à faire. Mellitus… Elle aurait eu envie de le faire fuir, lui dire de prendre ses jambes à son coup, s’en retourner dans l’ignorance. Le prix d’une mélodie ne lui avait jamais semblé si élevé. Oublié, le clavier déposé sur le côté. L’instrument qui devait être le protagoniste principal de cette soirée, son ami nocturne, son partenaire d’apaisement était en réalité une arme redoutable. Comment pourrait-elle jamais faire entendre ses mélodies à quiconque à présent qu’elle savait ?

 

Nellie était épuisée, la tête lui tournait à force d’avoir pleuré, de se tourmenter. Elle ne savait pas pourquoi elle se forçait ainsi à se placer dans une position qui forcerait Mellitus à la rejeter. L’autosabotage n’était pas une chimère dans la vie de la jeune femme, mais, malgré l’intensité de la situation, elle se sentait idiote de provoquer sa chute de manière aussi banale. Depuis le début de leur rendez-vous, elle s’attendait à ce qu’il la repousse : qu’il déteste ses mélodies, qu’il soit furieux d’avoir été manipulé, qu’il lui en veuille de se troubler si violemment alors qu’elle était plus bourreau que victime, qu’il la déteste de lui étaler ses émotions au grand jour et de lui demander une réponse claire sur ses propres sentiments alors qu’il sortait tout juste d’un envoûtement. À chaque fois, le sorcier contournait l’épreuve, comprenait, calmait, séchait les larmes. Alors, Nellie, fourbue et effrayée, finit par déposer les armes.

 

Mellitus n’évita pas la question, il ne le faisait jamais. La sorcière but longuement ses paroles, déconnectée de son propre corps. Il ne savait pas. La petite voix qui jubilait à l’intérieur d’elle-même se vit rapidement couper le sifflet par la suite de ses déclarations et Nellie sourit. Elle aurait eu besoin qu’il la trouve belle, même avec ses boucles ternes, sa peau pâle, ses épaules frêles, pour être sûre qu’il valait mieux rester plutôt Nellie que la Vélane, plutôt la sorcière que le monstre. Il aurait été si facile de se laisser couler dans une forme surnaturelle pour le restant de ses jours. Mais s’il pouvait, s’il parvenait à la préférer dans toute sa banalité, alors, il y avait peut-être de l’espoir.

 

Le garçon employa un mot dans la langue maternelle de la jeune femme. Ensemble, Nellie souriait. Il avait raison, une longue déclaration lui aurait sans doute semblé aussi fausse qu’inutile. Contre toute attente, cependant, le sorcier se pencha vers elle. Son geste provoqua une vague de soulagement dans le corps de la jeune femme. Ainsi, il lui sembla que Mellitus éprouvait réellement quelque chose, puisqu’il désirait l’embrasser et celle pensée la calma. Les lèvres vierges de la jeune sorcière, mi-humaines, mi-vélanes, caressèrent leurs jumelles avec une tendresse infinie tandis qu’à l’intérieur de son corps, la tempête semblait s’être définitivement calmée. Nellie se détacha lentement du visage de son ami. Elle s’abandonna quelques instants à contempler son regard comme pour prolonger un peu une magie qui, cette fois, n’avait rien de surnaturel avant de murmurer : j’ai hâte de le découvrir. La sorcière entrelaça les doigts de sa main droite dans celle du garçon, sans le quitter des yeux. Il était grand temps pour les deux adolescents d’aller se coucher.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 18/01/2026 à 07:15

La caresse du souffle devint celle de la chair. Nellie avait choisi, avait scellé le serment. Mellitus ferma les yeux, se laissa guider par son amie. N'était-elle encore qu'une amie ? Le baiser fut chaste, innocent, inexpérimenté de la part du Serdaigle qui se demandait dans quelle mesure Nellie savait mieux que lui ce qu'elle faisait. Mais surtout, il était intime. Quelle était sa signification ? N'était-ce que, d'après les vers de Rostand, un secret qui prenait sa bouche pour des oreilles ; ou plutôt une question qui tâtonnait à la recherche d'une réponse ? Ou encore le début de quelque chose ? Union des lèvres ; union des êtres tout entiers, cœurs et âmes.

 

Dans les mains de Mellitus, le cœur de Nellie. Sur les lèvres de Nellie, le cœur de Mellitus. Comme prisonniers, otages d'une promesse tacite que, par un concours de circonstances impromptues, les deux jeunes gens avaient décidé de préciser. Volontairement ou non. Et au moindre faux pas dorénavant, crac. Survivait-on à un cœur brisé ? Était-ce pour ne pas avoir à découvrir la réponse à cette question que jamais Mellitus ne s'était attaché à quiconque ?

 

Les yeux clairs de la sorcière fichés dans ceux du garçon, aigus comme un diamant traversant le cristal ; leurs doigts noués... Combien de temps la nuit retint son souffle pour laisser ces adolescents qui se découvraient à la fois eux-mêmes et l'un l'autre savourer l'instant ?

 

Malgré lui, Mellitus rompit l'enchantement. Il avait beau ne pas vouloir abandonner Nellie, il n'y avait pas tant qu'il possédât la force d'encaisser, de porter. Le vertige finit par terrasser l'aigle qui avait besoin de se reposer. Trop de questions le tourmentaient et l'empêcheraient de fermer l'œil cette nuit. Faible il demeurait, aussi demeurer ne pouvait-il. Un sourire timide en guise d'excuse, ses doigts se délièrent de ceux de... "Qu'est-elle ? Que sommes-nous l'un pour l'autre à présent ?" Y avait-il un protocole, une façon adéquate de se retirer d'un moment aussi intense ? Quand bien même, Mellitus n'était plus capable d'éloquence ce soir, comme s'il avait épuisé tout ce qu'il était en mesure d'offrir.

 

— Bonne nuit, Nel. À demain.

 

Pas de conclusion, pas de justification. Seulement l'espoir que le regard perçant de la jeune fille avaient lu dans le garçon son incapacité à repousser davantage ses limites malgré sa volonté d'essayer. Simplement, il se leva, fit un pas un arrière, trébucha d'avoir continué à regarder Nellie plutôt que là où il allait et se dirigea vers son dortoir.

 

Une dernière chose, avant de partir. Le Serdaigle s'arrêta. Un désir qui devait s'exprimer et en même temps le besoin de confirmer que le lendemain ils ne seraient pas de nouveau des étrangers.

 

— Dis, est-ce que j'aurai encore la chance de t'écouter jouer ?

 

Il n'avait pas besoin de la réponse. Pas forcément tout de suite. C'était moins une question que l'affirmation que quoi qu'il advînt, entre Nellie et Mellitus, il y aurait un "ensemble".

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