Harry Potter RPG

[En Cours]
Première étape : établir les règles du jeu Pied à terre londonnien de Quintus, samedi 08 décembre 2125

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Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 10:33

Sa tournée d'inspection arrivait à son terme avec une conclusion satisfaisante : les lieux étaient d'une netteté impeccable. Puisqu'il n'avait plus mis les pieds ici depuis des lustres, l'état de sa résidence londonienne préoccupait quelque peu Bulstrode. Sur place demeuraient une poignée de gens de maison qui logeaient dans une annexe du luxueux manoir de style Tudor, l'excellence britannique avec une touche d'originalité par rapport au classique victorien estimait-il. S'il les payait honnêtement pour entretenir l'endroit, son absence prolongée avait pu être prétexte au laxisme mais il n'en était rien. Bulstrode savait s'entourer de gens efficaces.

 

Le maître de maison rassembla son personnel et leur fit don d'un cadeau intéressé. Il leur donna congé pour le week-end en leur faisant bien comprendre que leur présence dans le domaine n'était pas souhaitée. Aucune autre oreille que celles de son invitée ne devait entendre ce qu'il avait à dire. Et là encore, un risque perdurait. Bien qu'il envisageât une certaine franchise, il ne devait pas négliger le tact. Si tout se passait bien ce soir, non seulement son fardeau s'allègerait mais il comblerait peut-être aussi une femme dont le bonheur ne lui importait guère mais pouvait substantiellement influencer son quotidien. 

 

Tout était prêt. Le manoir désert était chauffé d'un feu nourri dans chaque âtre de la demeure, le dîner conservé par enchantement n'avait plus qu'à être servi — l'ambassadeur devrait s'accommoder de le faire lui-même mais soit — et Monsieur Bulstrode paré de ses plus beaux atours. Sa fiancée ne tarderait plus, aussi s'installa-t-il dans le petit salon des invités près de l'entrée afin de ne pas la laisser attendre sur le pas de la porte. Il avait pour s'occuper des documents rapatriés de son bureau du Caire mais ne travaillait pas pour autant, malgré son intention de le faire au moment où il les avait déposés devant lui.

 

D'être là, en Grande-Bretagne, influençait le cours de ses préoccupations. La dernière fois qu'il avait séjourné dans son pays natal, il avait passé la soirée avec son ami Scott qui l'avait hébergé. Bien sûr, Prisca avait décliné l'invitation. Quant à elle, Caecilia n'avait pas pu se libérer de ses obligations pour se joindre à eux. Elle lui avait manqué. S'il avait su où la trouver en dehors de son domicile, il eût profité de son séjour sur le sol britannique pour aller la voir. Hélas, elle était tireuse d'élite dans les forces de l'ordre magique, pas le genre de fonction qui s'exerce dans un bureau où on pouvait la rejoindre.

 

Après un long soupir, Bulstrode rangea la paperasse sortie en vain et se servit un whisky pur feu. Autant prendre son mal en patience, Neith Ptahchepsès allait arriver d'un instant à l'autre.

 

tl;dr : Quintus s'assure d'être prêt à recevoir Neith dans les meilleures conditions puis s'installe à proximité de la porte pour patienter jusqu'à son arrivée.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 15/01/2026 à 13:17

Les températures avaient brutalement chuté ces derniers jours, ce qui ne se reflétait pas dans le cœur des Londoniens, qui semblaient attendre les fêtes de fin d’année comme le messie. Constat qui, après réflexion, n’était pas forcément contradictoire. Pour Neith, cette effervescence incarnée en guirlandes lumineuses ne parvenait cependant pas à inhiber le douloureux mal du pays qui la prenait à la gorge lorsque les températures glissaient sous la barre des zéros. Quel pays cauchemardesque ! Elle peinait toujours à comprendre ce qui avait attiré Nephtys sur ce continent froid et humide.

 

La jeune Serpentard s’était tout juste remise de sa récente transformation et de la réception qui avait été donnée en l’honneur de ses fiançailles qu’elle se trouvait déjà à affronter un nouveau défi en la personne de son fiancé : Quintus Bulstrode. Le cinquième, comme sa place dans la fratrie, si elle avait bien suivi les indications de sa cousine. Neith avait du mal à comprendre le choix de Sethi. Était-ce un moyen de garder de bonnes relations diplomatiques entre l’Égypte et la Grande-Bretagne ? Il lui semblait en effet que le jeune homme était d’une extraction tout à fait inférieure à la sienne. À moins qu’il ne s’agisse tout bonnement d’une nouvelle punition à destination de celle qui n’avait jamais caché son admiration pour l’héritière légitime. Des erreurs, sa naïveté en avait commis assez.

 

Cinq enfants, ces nobles occidentaux avaient une drôle de conception de l’élite. Islem n’aurait jamais reconnu autant de mioches, c’était évident. Les talons de Neith claquaient sur le sol pavé qui menait de la voiture qui l’avait conduite en ces lieux jusqu’à la demeure de son promis. Discrétion, mesure, absence de magie. Elle voulait à tout prix éviter de se faire repérer en train de braver toutes les convenances. Peut-être s’agissait-il d’un piège tendu par Bulstrode, – quel nom affreux ! – qu’elle regretterait bientôt amèrement, mais Neith avait pris sa décision. Nephtys voulait une femme indépendante, capable de faire des choix, de se montrer actrice de son destin ? Elle allait être servie.

 

Comme tous les membres du clan Ptahchepsès, Neith avait hérité d’un don certain pour la diplomatie. Ce soir, elle affrontait néanmoins un homme dont c’était véritablement le métier. L’idée l’amusait beaucoup. Après tout, ce mariage aussi pouvait avoir l’air d’une affaire d’État. La jeune sang pur n’avait pas encore véritablement eu l’occasion de discuter franchement avec le Bulstrode. Les fêtes de fiançailles semblaient servir à tout, sauf à permettre aux deux futurs époux d’échanger. Elle avait donc répondu favorablement à sa proposition qui défiait l’étiquette. Neith avait besoin de savoir si l’homme qui allait partager sa vie serait pour elle un allié ou un ennemi.

 

La jeune femme vérifia un instant l’état de ses cheveux coiffés en une longue tresse et défroissa sa longue robe dorée d’un geste de la main. Devoir de représentation obligeait, elle s’était correctement apprêtée pour le rendez-vous. Elle respira un grand coup avant de diriger ses doigts vers la sonnette de la demeure. À présent, elle n’avait plus droit à l’erreur.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 14:53

Le signal attendu retentit. Le son de la cloche était celui qui annonçait le moment fatidique. Alors qu'ils s'étaient rencontrés plusieurs fois au cours de leur vie, c'était la première où les deux fiancés allaient pouvoir se dévoiler en toute franchise l'une à l'autre. Ou au contraire devraient-ils se parer d'un masque supplémentaires pour tolérer la vie commune qui les attendait et préserver les apparences ? La jeune dame qui se tenait actuellement devant sa porte d'entrée était-elle une nundu sauvage qu'il lui faudrait apprivoiser patiemment ou une croup docile qui accepterait sagement ses exigences ?

 

Bulstrode se leva, vérifia qu'aucun pli ne déformât son costume et alla ouvrir la porte muni de son arme la plus dangereuse : son sourire chaleureux. Devant lui se dressait dignement Neith Ptahchepsès, sa présentation soignée. À partir de là, tout devenait une savante mise en scène où le moindre geste cachait un message et où les mots étaient à double sens. L'ambassadeur envoya le premier signal : sa main tendue vers la demoiselle. Il instaurait de la distance. Qu'elle la serre ou pas en dirait long sur ce qu'elle pensait de lui, de ces fiançailles, de tout.

 

Bonjour, prononça-t-il en arabe avant de passer à l'anglais. C'était courtoisie que de la saluer dans sa langue natale mais ils étaient sur la terre de ses ancêtres à lui. Je vous suis reconnaissant d'avoir accepté mon invitation (une convocation en réalité) et très honoré de vous accueillir chez vous et moi. J'espère que vous avez fait bon voyage.

 

S'il n'avait pas tout simplement employé le "nous", c'était pour ne laisser planer aucun doute quand au fait qu'elle était concernée. Qu'ils le veuillent ou non, ils partageraient beaucoup de choses et constitueraient une équipe. Il s'écarta pour permettre à sa noble compagnie d'entrer avant de refermer la porte derrière elle.

 

— Préférez-vous dîner ou visiter pour commencer ? Veuillez excuser l'absence de personnel, je serai exceptionnellement votre serviteur ce soir. J'ai à vous entretenir de propos qui ne doivent sous aucun prétexte avoir de témoin. D'ailleurs, je n'ai pas pour habitude de tergiverser dans mes affaires alors permettez-moi d'annoncer la couleur en toute transparence. Vous ne devez attendre aucune affection de ma part. L'arrangement qui nous lie est purement politique et je n'entretiendrai aucune ambiguïté dans mon attitude envers vous. Cela étant...

 

La pause marquée était tout à fait théâtrale. Bulstrode la mit tout de même à profit pour tenter de percer le ressenti immédiat de Ptahchepsès. Son regard fouillait celui de son interlocutrice sans chercher à s'en dissimuler. Il la jaugeait et elle en ferait de même dans l'autre sens, rien de plus normal.

 

— Je n'ai aucune raison de vous rendre la vie plus difficile. Vous et moi portons déjà bien assez de chaînes ainsi, je ne serai pas celui qui vous en imposera plus que le strict nécessaire. C'est la raison pour laquelle je vous ai demandé de me rejoindre ici. J'entends que nous établissions, ensemble, les règles qui régiront notre relation en privé. Nous connaissons déjà tous deux celles qui nous sont imposées en public. Je me disais que nous pourrions être un peu plus... détendus entre nous. Sans faire preuve d'imprudence cependant, il va de soi.

 

Le sang-pur s'interrompit là. Il cédait la tribune à l'Égyptienne et attendait impatiemment de savoir quelle serait sa réaction, ce qu'elle avait à dire. Et, bien sûr, il l'observait toujours attentivement. Maintenant que les partenaires, quelle que soit la signification qu'ils donneraient à ce mot, étaient en tête à tête, la partie pouvait commencer.

 

tl;dr : Quintus accueille Neith avec une politesse réservée et lui annonce de but en blanc l'objet de leur entrevue. Puis il attend de voir comment réagit la jeune femme.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 15/01/2026 à 18:33

Neith ne savait pas réellement à quoi s’attendre de la part de son fiancé. S’il l’avait invitée ce soir, c’était sans doute que leurs premières entrevues, et particulièrement la fête qui avait eu lieu il y a quelques semaines de cela, ne l’avaient pas réellement satisfait. Elle gardait le souvenir d’un homme élégant et distant tel qu’elle aurait pu se l’inventer elle-même. Tout le monde jouait son rôle à la perfection et c’était bien ainsi. Ce soir encore, l’Égyptienne avait revêtu son masque de princesse fiancée. Elle ne pouvait en effet décemment pas se présenter sous les traits d’une jeune fille encore mineure et terrifiée à l’idée de passer l’intégralité de ses jours mariée à un homme de six ans son aîné, qui ne semblait éprouver à son égard que de lointains sentiments cordiaux.

 

Un sourire, une poignée de main que la jeune femme s’empressa de serrer assez fermement pour montrer sa franchise, pas trop pour éviter la douleur. Neith avait beau être jeune, elle n’aurait pas obtenu le statut d’héritière d'Islem si elle avait pris l’habitude de se comporter en rebelle farouche. Chez les Ptahchepsès, être bien né ne suffisait pas, encore fallait-il mériter sa place et la sorcière n’était clairement pas arrivée jusque-là pour tout gâcher face au Britannique. Bonjour. Merci pour votre accueil, répondit la jeune fille aux salutations cordiales de son aîné. L’absence d’un compliment quelconque sur sa toilette l’étonna quelque peu et annonça la couleur de l’entrevue. Il n’était pas question de se perdre dans les futilités mondaines. Neith épargna donc sa salive. L’homme devait certainement se moquer du déroulement de son voyage.

 

La suite de la soirée sembla lui donner raison, puisqu’après une petite question sur sa préférence quant au déroulé des évènements, Quintus Bulstrode se lança soudainement et d’entrée de jeu dans deux longues tirades. Neith, plus qu’attentive, le regard dur, l’écouta patiemment tout en enlevant son manteau, largement superflus au vu de la chaleur de la pièce. Aucune affection. La jeune Égyptienne ne cilla pas. Elle cherchait à comprendre pour quelle raison son fiancé avait jugé bon de s’épancher de la sorte d’entrée de jeu. Comme si la jeune Égyptienne allait subitement tourner les talons au milieu du repas en apprenant que, oh malheur, l’homme à qui elle était promise depuis qu’elle avait huit ans n’était pas disposé à développer des sentiments affectueux à son égard. De quoi avait-il peur ?

 

Neith laissa son futur époux continuer à déblatérer, attendant qu’il finisse de lui exprimer le fond de sa pensée. Détendus. Cela semblait être un terme qu’il ne connaissait pas. Une fois certaine que Bulstrode n’allait pas se remettre à parler, elle hocha légèrement la tête. Entendu, articula-t-elle avec un sourire avant de lui tendre son manteau. C’est qu’il avait de drôles de manières ce Britannique. Je pense qu’il est en effet important de mettre les choses au clair, mais si cela ne vous ennuie pas, je préfère en discuter autour d’un repas, ajouta-t-elle en se laissant guider. La Serpentard n’était pas capricieuse, elle savait se plier aux règles les plus stupides. Qu’on lui permette d’en définir quelques-unes relevait du privilège, mais elle devait reconnaitre qu’une vie sans affection à son égard semblait être une bien sombre perspective pour une jeune femme de son âge. C’est donc sur ce point qu’elle prit le parti de l’interroger, après tout, c’était par là qu’il avait commencé. Vous choisissez de me mettre en garde parce que vous n’éprouvez nulle tendresse à mon égard ? Ou parce que vous envisagez de faire de cette absence de sentiment une règle morale entre vous et moi ?, interrogea-t-elle en reprenant la formule du sorcier.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 15/01/2026 à 23:42

Nundu. Encore juvénile, certes, mais doté de crocs mortels dont la jeune fille apprendrait tôt ou tard à se servir efficacement. La première impression qu'elle lui fit adoucit le sourire dès lors un peu plus sincère de Bulstrode. Son entrée en matière quelque peu agressive avait principalement pour objectif d'évaluer l'instinct de sa fiancée, de voir si son premier réflexe était la fuite ou la lutte. Une faible chose effrayée ne lui serait d'aucune utilité pour ses projets. Son impatience de s'y atteler fut accrue par le potentiel qu'il décelait chez celle qui serait sa complice à conditions qu'elle réponde à ses critères. Et qu'elle s'y prête consensuellement bien sûr. D'où la nécessité d'amadouer un peu la fauve. 

 

À ce sujet, elle semblait hermétique à la prévenance qu'il tentait de lui témoigner. Le diplomate allait devoir essayer une autre approche pour s'assurer de la coopération de Ptahchepsès. Quel pouvait bien être son point faible, l'élément exploitable afin de la manipuler ? Qu'avait-il à proposer dont elle ne pût résister à la tentation ? Un frisson d'excitation le parcouru. Ce jeu-là promettait d'être très divertissant.

 

Il saisit le manteau qu'elle lui tendit pour le suspendre à une patère du hall et inclina la tête en guise d'acquiescement quand elle demanda à ce qui le dîner fût servi.

 

— Comme il vous plaira, Mademoiselle Ptahchepsès.

 

D'un geste, il l'invita à le suivre jusque dans la fastueuse salle à manger où il lui tira la chaise à la place qui lui revenait, aussi bien figurativement que d'après l'étiquette : à la droite du haut bout de la table où lui-même s'installerait une fois qu'il lui aurait révélé l'entrée soigneusement préparée par son compétent cuisinier et qui n'attendait plus que d'être consommée. Pour le repas, Bulstrode avait réclamé un terrain neutre : la gastronomie française.

 

Cet interlude fut l'occasion de considérer un peu plus les dispositions de Ptahchepsès. Elle avait fait montre d'observation durant son monologue. Tapie comme un prédateur, elle avait détecté la faille dans les propos tenus et bondit directement à la gorge. La clef pour se servir de l'Égyptienne résidait-elle dans la stratégie de lui laisser croire qu'elle contrôlait la situation ? Si, comme pour lui, on lui avait toujours dicté quoi faire, la sensation de prendre en main sa destinée pouvait bien être celle qui lui ferait baisser sa garde.

 

— Je n'éprouve rien à votre égard. Nous n'avons montré jusqu'à présent que les faux-semblants que nos familles attendaient de nous. Je vous ai adressé cet avertissement pour deux raisons. Par principe, je n'admet pas que l'on me force la main. Fût-ce ma propre famille. Je veux bien leur faire croire qu'ils me contrôlent mais pas les laisser interférer dans mon libre arbitre. Je suis sincèrement navré que vous soyez prise entre le marteau et l'enclume. Ce qui nous amène à la seconde raison. Je tiens à vous épargner d'être la spectatrice ou même la victime de ces exercices de pouvoir. Mais pour cela, il vous faudra me convaincre que je peux vous faire confiance.

 

Parmi ses défauts, Bulstrode devait admettre celui d'aimer s'écouter parler. De plus, il fallait bien donner quelque chose à se mettre sous la dent à sa fiancée. Sans appât, aucune chance de la hameçonner. Mais dans les minutes à venir, il se contenterait d'écouter. Il espérait que Ptahchepsès aurait la courtoisie de lui rendre la tâche plus aisée en s'ouvrant. Lui aussi avait besoin d'observer, de calculer. De trouver son angle d'attaque. Il allait donc la laisser parler, la relancer sobrement si nécessaire mais de rester suffisamment taciturne pour l'inciter à devoir se lancer à la recherche des réponses qu'elle pouvait désirer. Soit elle s'élançait dans cette acrobatie aérienne sans filet de sécurité soit elle n'était pas digne d'entrer dans ses confidences. En l'invitant à le convaincre, il lui lançait un défi. Bulstrode avait placé ses pièces sur l'échiquier. Restait à voir de laquelle sa partenaire allait s'emparer.

 

Attentif, il servit le vin à son invitée en retenant un soupir. Il détestait le vin.

 

tl;dr : Quintus suspend le manteau de Neith et l'emmène à la salle à manger où il l'installe. Puis il lui dévoile quelque peu ses intentions en préparant son prochain déplacement sur l'échiquier de leur entrevue.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 16/01/2026 à 21:58

Les nuits de décembre possédaient pour beaucoup un côté chaleureux qui semblaient avoir aussi peu atteint le cœur de Neith que la demeure de son promis. Tout dans le faste de la salle à manger où l’avait conduit le jeune homme lui donnait la nausée. L’Égyptienne n’était clairement pas une adepte du mode de vie britannique et se réjouissait de rentrer vers les parfums délicats de sa terre natale. En cela, le poste qu’occupait Bulstrode était un avantage certain. Il ne rechignerait probablement pas à faire une croix sur son continent pour s’établir ailleurs, du moins, c’était l’un des espoirs que nourrissait la jeune femme.

 

La sorcière s’assit à la place que lui avait élégamment désignée son fiancé. Cet homme n’était donc pas totalement dépourvu de manières. Elle attendait qu’il réponde à ses questions, ce qu’il ne manqua pas de faire en empruntant des chemins plus tortueux que tous ceux que Neith aurait été capable d’imaginer. Un frisson de dégoût la parcourut quand elle comprit les raisons qui rebutaient son futur époux à se satisfaire de l’union qui lui avait été accordée. Ou plutôt, comment avait-il dit déjà ? Les principes.

 

C’était donc lui, Bulstrode, l’enfant gâté, rebelle, le benjamin avide de liberté, capable de mépriser ce qu’il possédait, ce qui lui avait été offert par caprice. Neith eut à cet instant besoin de mobiliser l’ensemble de ses capacités de contrôle d’elle-même pour garder un visage apathique face à son hôte. Il était le maillon faible de son clan. Cette vérité cinglante claqua dans l’esprit de l’Égyptienne comme une insulte. Du mépris, voilà ce que lui inspirait l’homme occupé à se servir un verre de vin. Sethi savait très bien ce qu’il faisait. Neith imaginait sans peine le patriarche se gausser sur ses terres brûlantes en pensant à cette union. Que l’on me donne la force de ne pas craquer, suppliait-elle intérieurement.

 

L’Égyptienne ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur l’identité de l’adolescent dans cette pièce. L’esprit de contradiction, pitié. Elle ne pouvait pas y croire. À quel âge cessaient donc les jérémiades chez les Britanniques ? Jamais son fiancé n’aurait été reconnu par le clan Ptahchepsès. La seule chose qui séparait Bulstrode du reste des manants en définitive, c’était la chance d’être bien né. Cette pensée lui retournait le cœur. Monsieur Bulstrode, commença-t-elle calmement, savez-vous ce qui vous attend si, vous et moi, menons ces fiançailles à terme ? La sorcière laissa s’échapper quelques secondes de silence. Elle avait beau connaître le penchant individualiste des Occidentaux, il lui semblait rencontrer en la personne de Quintus Bulstrode un égoïsme tel qu’elle n’en avait jamais imaginé. Vous deviendrez un Ptahchepsès. Nos enfants pourraient bien, selon la conjoncture actuelle, devenir les héritiers d’une lignée de sang royal, de l’une des plus anciennes familles de sorciers que la terre ait portées, continua une Neith placide.

 

Peu m’importe ce que vous pensez de vos parents ou de moi, ajouta-t-elle, j’ai seulement besoin de savoir si vous êtes en mesure d’œuvrer à quelque chose qui dépasserait votre individualité. L’Égyptienne en doutait sérieusement, mais après tout, son promis avait laissé miroiter l’idée que Neith avait également le droit de poser ses conditions. Si tel est le cas, conclut-elle néanmoins, je m’engagerai avec sérieux à… mériter votre confiance. Neith leva son verre de vin en direction de Bulstrode avant de planter son regard déterminé dans le sien. Serait-il prêt à accepter cet accord ?

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 17/01/2026 à 03:49

Neith Ptahchepsès accomplit très vite un exploit, et ce à peine assise. Elle inculqua une leçon d'humilité à son hôte. Comme quoi, même Quintus Bulstrode pouvait se tromper. Le nundu n'était que le masque sous lequel se dissimulait un de ces insupportables roquets qui ne font qu'aboyer en se cachant dans les robes de leur maître. Et il devait épouser ça. Cette fiancée qui le toisait lui inspirait finalement quelque chose de concret : du dégoût.

 

Un soupir exaspéré fut tout ce que le Britannique exprima de sa déconvenue. Il aurait pu remettre cette môme à sa place, l'incendier de propos qui lui auraient fait regretter de ne pas être sourde. Mais il avait prévu de la laisser parler et s'en tiendrait au plan, quoi qu'il pensât d'elle. Avec moins de considération pour la demoiselle cependant. Elle ne méritait pas son respect. Elle remplirait le rôle qu'il lui imposerait et ensuite il se débarrasserait d'elle comme d'un outil usé.

 

Lui, un Ptahchepsès ? Plutôt crever. Le sort d'un esclave était plus enviable que cela. Des enfants ? Elle en était un elle-même, l'idée de la toucher lui donnait la nausée. Elle sortait à peine du berceau et se permettait de parler d'ancienneté, l'insolente. Et elle s'octroya le droit de le taxer d'égoïsme. Bulstrode se targuait d'être égoïste. Elle ferait bien de l'être un peu au lieu de se complaire dans la cage dorée qui ne ferait que resserrer ses barreaux jusqu'à la broyer si elle n'avait pas la vision de saisir sa liberté tant que la geôle était entrouverte.

 

Vous et moi. Elle répétait l'expression comme un ennemi vaincu tend les bras devant lui avant d'être achevé. Le "nous" que le sang-pur avait envisagé possible dans cette histoire n'existerait jamais à ce rythme. Il connaîtrait l'ascension en la laissant derrière lui si elle refusait sa main tendue. Et quand il aurait placé le monde sous son joug, les Ptahchepsès ne seraient pas épargnés, la faute à leur émissaire incompétente. Il les mettrait à genoux, suppliants, et les libérerait de leur humiliation en les écimant. Ainsi, la plus ancienne famille de sorciers de la terre disparaîtrait tandis que Bulstrode demeurerait. Il ne manquerait pas de rappeler cela à celle qui serait alors son épouse quand en guise de cadeau d'anniversaire de mariage elle recevrait la tête de ses ancêtres. 

 

Posément, Bulstrode entama l'entrée. De fichus escargots. Qu'ils aillent à Raczidian ces maudits Français et leur exécrable conviction que n'importe quoi pouvait faire office de nourriture. Le chef serait congédié dès son retour au manoir. Sa consigne du jour était de cuisiner de la gastronomie française, pas de s'affranchir des critères de comestibilité. Entre deux bouchées gluantes qu'il mâchait sans trahir sa répugnance, il adressa un sourire froid à Ptahchepsès.

 

— Je suis un égoïste, c'est vrai. Je prends ce que je veux au détriment des autres si nécessaire.

 

Bulstrode laissa le sous-entendu s'imprimer dans l'esprit de son interlocutrice avant de poursuivre.

 

— Mais je vous promets que j'aspire à de bien plus vastes et nobles fins. Et vous, qu'est ce que vous désirez ? Qu'attendez-vous de moi, de nos fiançailles et de votre lignée ?

 

Comme pour se livrer à une confidence, il se pencha légèrement vers elle et mua son sourire en une expression plus chaleureuse, plus sincère. Plus intrigante. Si elle ne mordait pas à l'hameçon, il lui faudrait la harponner. Il espérait ouvrir l'esprit de l'ingénue à un monde de possibilités qu'elle n'avait apparemment jamais envisagé. Ce serait peut-être fastidieux. Les bêtes captives craignaient la liberté.

 

— Qu'attendez-vous de la vie ?

 

L'héritière avait encore le temps de rattraper le rythme de la valse. Si elle y parvenait, elle danserait dans les bras froids mais protecteurs de Quintus. Sinon, elle danserait au bout des doigts manipulateurs de Bulstrode.

 

tl;dr : Quintus est désabusé quant à Neith. Il admet un défaut avant de promettre qu'il a des ambitions plus seyantes que son propre plaisir et de demander à sa fiancée ce qu'elle souhaite tirer de sa vie et des cartes qui constituent sa main.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 17/01/2026 à 09:40

Gastéropodes dans son assiette, mollusque face à elle : la jeune Ptahchepsès était cernée. Elle avait l’impression que jamais auparavant ses pas n’avaient encore croisé ceux d’un tel énergumène. Évidemment, fallait-il que cet homme fût son fiancé. La Serpentard retenait donc ce soir les haut-le-cœur qui l’agressaient de toute part. Dans sa bouche, le terme égoïste semblait prendre des lettres de noblesse. Encore un mot gluant qui, malgré un savant enrobage, ne pouvait définitivement pas passer pour raffiné.

 

Neith laissait le jeune homme s’exprimer. Après tout, elle ne l’avait elle-même pas ménagé. Par péché d’orgueil, sans doute, ou peut-être à cause de sa naïveté, elle avait cru que son raisonnement implacable suffirait à faire comprendre au sorcier que ce qu’il entrevoyait avec mépris était peut-être la plus grande des opportunités qui ne lui seraient jamais offertes au cours de sa misérable existence de rampant. Elle s’était manifestement trompée : la sagesse et la tempérance ne semblaient pas encore avoir béni le Bulstrode, pourtant majeur et vacciné, de leurs nombreuses vertus.

 

Le grand enfant, fier de ses provocations de bas étage, continua sur de multiples questions. De plus vastes et nobles fins qu’intégrer l’élite de son pays, cet homme était-il fou ou simplement stupide ? Neith cherchait désespérément un terrain d’entente, quelque chose qui lui permette de survivre aux longues années de mariage qui l’attendaient avec ce noble inconséquent et vaniteux. Elle aurait aimé connaitre l’identité de ses pitoyables fins. Bulstrode ne semblait par ailleurs pas se rendre compte que la jeune Égyptienne venait tout bonnement de répondre aux questions qu’il s’acharnait à poser comme s’il était persuadé que la jeune fille s’obstinait à le mener en bateau à travers de creuses paroles.

 

Or, sa fiancée ne cachait aucun jeu et avait à l’inverse déjà tenté de lui faire part le plus sincèrement possible de ses attentes. Il était évident que le clan Ptahchepsès était loin du paradis idyllique que l’on pouvait attendre de sa belle-famille, mais il avait pour lui la noblesse et la puissance que le sorcier semblait rechercher. Neith n’avait quant à elle aucune envie de tracer sa route seule, à vrai dire, l’idée même de l’indépendance lui apparaissait d’une vulnérabilité mortelle. Il n’était pas possible de survivre sans clan, et, aussi fougueux qu’il fût, Bulstrode ne tiendrait pas plus d’une poignée d’années sans de solides alliés.

 

Très bien, commença l’Égyptienne avec la sensation de marcher sur des œufs, j’entends notre divergence d’opinions. Pour cette déclaration, après tout, il était facile de relier les deux promis par une première personne du pluriel. Mes déclarations ne sont pas que des mots, monsieur Bulstrode : la force du clan est ma force, et pourrait être la vôtre aussi. L’homme n’est pas fait pour avancer seul, peu importe les… fins que vous poursuivez. C’est une question de survie. Et de survie élémentaire si son fiancé voulait l’avis de Neith. Si vous ne souhaitez pas puiser dans ce que notre union pourrait vous apporter, soit, mais n’oubliez pas de considérer ce que ma main pourrait vous apporter. Peut-être que cela lui permettrait d'avaler la pilule plus facilement.

 

Neith s’était définitivement désintéressée de son assiette. Son regard ne quittait plus celui du sorcier. Elle avait compris qu’il ne serait pas un pilier, mais même un idiot saisirait l’opportunité d’intégrer une famille bien plus influente que la sienne à un poste plus que stratégique. Il remportait, en outre, d’une certaine façon, le corps de la charmante Égyptienne. Présent qui, à lui seul, aurait fait des envieux. Mais Bulstrode préférait pleurer sur sa liberté perdue dans la contrainte, quel gâchis. Je ne souhaite que perpétuer ma lignée et en rester digne, répondit la sorcière, peut-être que cette ambition, pour vous, n’en est pas une, mais les liens familiaux ne fonctionnent pas comme ici dans mon monde. Il ne m’a pas suffi de naître pour intégrer mon clan. Bulstrode voulait de la confidence, qu’elle s’ouvre, qu’elle se dévoile ? Il allait être servi.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 17/01/2026 à 11:24

Le clan. Elle n'avait que ce mot à la bouche. Bulstrode espérait qu'à son contact, fût-il forcé, l'Égyptienne apprendrait qu'il était possible d'élargir les horizons. Le fier homme connaissait des blaireaux qui mangeaient du serpent au petit-déjeuner, terrassaient les lions au zénith et planaient par-dessus les aigles au soir. Il lui restait au moins un ami de basse extraction, la plus basse qui soit aux yeux de ses pairs, qui à lui seul valait mieux que tout l'empire Bulstrode, Quintus compris. Neith n'était pas prête pour cela apparemment. Peut-être qu'avec le temps...

 

Une lueur d'espoir lui apparut pourtant. La naissance ne faisait pas tout et elle avait manifestement durement appris cette leçon. La fissure par laquelle pourrait s’immiscer la sincérité de Bulstrode venait de se dévoiler à lui. Une dernière chance pour que Neith rencontre Quintus. Du reste, Ptahchepsès aurait affaire à l'ambassadeur.

 

— Je regrette que nous n'ayons pas davantage en commun. Vous pouvez néanmoins avoir l'assurance de ma pleine et entière collaboration avec vous et les intérêts de votre clan.

 

Avec toute la dignité possible pour un maître de maison qui se retrouvait contraint au service, Bulstrode débarrassa les assiettes qu'il remplaça par la soupe après s'être assuré que sa fiancée en avait terminé avec l'entrée. Quand il découvrit la rouille, il changea d'avis concernant son chef qu'il ne congédierait finalement pas. Il allait l'étriper.

 

— Vous avez raison de vous appuyer sur votre clan. J'aurais dû voir la sincérité de la solidarité qui vous unit. Il n'en est pas de même ici. J'ai dû trouver mes alliés hors des liens du sang. Je vous envie en vérité.

 

Un sourire sincère, une déclaration à cœur ouvert. Quintus estima pouvoir se risquer à entrouvrir la porte du monde qu'il voyait au vu et au su de Ptahchepsès.

 

— Il me semble que nous pouvons nous accorder sur le fait que la naissance seule ne suffit pas à définir la valeur d'une personne. Puissent ces fondations porter l'entente cordiale que je souhaite possible entre nous.

 

Bulstrode remonta le pont de ses lunettes sur son nez avec le même geste que s'il s'était paré d'un masque.

 

— Je ferai de vos intérêts et de ceux du clan Ptahchepsès ma priorité. En toute humilité, j'espère m'en montrer digne. En gage de bonne foi, je reconnais avoir laissé s'exprimer mon amertume. Elle ne vous était pas destinée aussi vous prierai-je de bien vouloir me pardonner de m'être conduit en goujat. Si je ne puis vous être agréable, je vous demande de me guider afin de ne pas être l'inverse au moins.

 

Malgré la répugnance qu'il avait pour la flagornerie, Bulstrode s'y essaya en espérant apaiser la tension devenue palpable dans la salle à manger. Il vérifia que le verre de vin de sa fiancée lui permettait de porter un toast et lui leva le sien.

— Au fait, félicitations d'avoir intégré la maison Serpentard. Seule l'élite possède le talent pour y parvenir, cela démontre bien que vous êtes une personne d'exception.

 

Las des élucubrations politique, Bulstrode s'abandonna à la curiosité de mieux connaître la femme vouée à partager sa vie. Ce serait utile en plus de s'avérer, il en avait bon espoir, une discussion plus détendue.

 

— Et si nous faisions mieux connaissances ? Neith, si vous me permettez, et Quintus, j'entends. Je serais délecté que vous m'en disiez plus sur l'exquise dame que j'ai l'honneur d'avoir pour fiancée.

 

tl;dr : Quintus entrevoit un terrain d'entente avec Neith, tente de concilier leurs points de vue divergents et présente des excuses à sa fiancée. Puis il la félicite pour son entrée à Serpentard et lui propose de faire connaissance.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 18/01/2026 à 22:31

Neith Ptahchepsès, déesse à la couronne rouge, jeune femme, jeune fille, encore une enfant, déjà une épouse, ou presque. La situation était délicate, insécurisante : il n’y avait pas de filet, pas de Nephtys pour vérifier, avec ses yeux d’aiglonne, ce qu’il se tramait dans la demeure, un peu sombre, labyrinthique tout comme les tortueux méandres du cerveau de Bulstrode qui dit la pluie, puis fit le beau temps. Et la jeune Égyptienne ne savait alors plus sur quel pied il était en réalité le plus sûr de danser : honnêteté… mensonge. Droite, gauche, demi-tour, c’est qu’il faisait des cabrioles, entrechats, un, deux puis trois.

 

Qui était-il ? Ce drôle d’homme. À peine majeur, rempli d’aigreur. Lui ressemblait-il ? Comme le pile au face. Masque neutre, sourcils à peine froncés, pour ne pas monter mille et une insécurités, alors qu’il parlait. Neith évitait de boire, elle avait peur de manquer une nuance, de poser le pied dans un piège si savamment tendu. Il en était capable, il avait dit ne rien ressentir. La jeune femme gardait des yeux attentifs, mais non suspicieux. Le regard sombre sur la peau claire d’un interlocuteur aux belles manières. Il fallait qu’elle puisse lui faire croire, au moins un peu, qu’elle n’était pas que passagère, dans ce train à toute vitesse qu’il leur fallait conduire à deux, au risque de s’écraser, pour de bon. Car s’ils n’étaient pas à la hauteur, c’était bien ensemble qu’ils risquaient tout bonnement de se faire déshériter. Neith avait peu de choses, mais beaucoup d’honneur.

 

Suspect, pourquoi retournait-il ainsi sa veste ? Et ses promesses d’allégeances, que faisaient-elles dans cette bouche ouvertement égoïste quelques secondes plus tôt ? Était-il simplement à mille lieues d’imaginer la dévotion de Neith pour son clan possible ? Ou ne parlait-il, en réalité, que pour lui faire plaisir, pour la séduire, aurait-elle pu penser s’il avait semblé y être disposé. Mais non, en rien et Neith se demandait si cela n’aurait pas finalement été plus facile. Un atout sans doute perdu, au fond de sa propre manche, tout au fond. Son corps sculpté, brûlé par le soleil, le port altier, un regard de chatte sauvage, non. Il était impassible, froid, calculateur. Quelle déception d’avoir perdu ces quelques minutes de vie face à un miroir trop grand pour un si jeune visage encore. Il la manipulait, mais la bienséance ne lui permettait pas de le lui crier au visage comme le roublard l’aurait mérité.

 

Ne m’en veuillez pas, Monsieur Bulstrode, mais votre changement soudain de discours me trouble un peu : ce mariage vous blesse-t-il ?, interrogea la jeune Égyptienne. Pari risqué, mais avant d’échanger leurs vœux, peut-être était-il bon de mettre d’abord leur cœur sur la table. Nous sommes fiancés depuis mes huit ans, je puis tout à fait comprendre que l’annonce ait été plus difficile à entendre pour vous que pour moi qui me suis construite dans cette perspective. Bulstrode avait fait des bonds en avant, Neith ne pouvait sciemment pas rester en arrière, aussi faux puisse-t-il sembler.

 

Il est vrai que Serpentard possède une histoire d’une grandeur assez… particulière, rebondit Neith, qui n’éprouvait qu’un vague mépris pour une grande partie de ses membres, donc le principal intéressé. Ne tentez pas de me flatter Monsi… Quintus, je ne pourrais pas y croire, sourit-elle néanmoins faiblement. L’Égyptienne, troublée par la question, eut un moment d’égarement, le visage dans le vide, le cœur trop petit pour une poitrine trop large. Qui était-elle  ? Question sournoise : elle ne savait pas, ne s’était jamais pensée, en dehors du clan, de l’Égypte ou de la Lignée. Elle naviguait entre des informations politiques trop connues et d’autres trop privées, qu’elle ne pouvait pour le moment pas divulguer. Quels étaient donc ses propres désirs, hors de ceux du clan, des siens, du lien ?

 

Il me semble être une personne plutôt persévérante et loyale. J’ai besoin de peu de compagnie bien que celle des miens me manque en ce moment. Celle d’Ahmès, aurait-elle voulu dire, mais elle se retint d’exposer ainsi une faiblesse trop évidente. Mes aspirations sont celles de mon clan et si, comme vous le dites, vous choisissez de vous engager à en faire votre priorité, elles seront aussi les vôtres, expliqua-t-elle. Je ne cherche pas le conflit Quintus, seulement un allié.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 19/01/2026 à 01:25

Surpris, Bulstrode se figea avec sa cuiller à mi-chemin entre le bol et sa bouche puis la reposa lentement. L'attitude de Ptahchepsès oscillait sans qu'il soit sûr d'en connaître la raison. Se détendait-elle ? Était-elle tombée dans le panneau du jeu de la diplomatie ou bien tissait-elle tranquillement sa toile sous les yeux de l'ambassadeur ? Elle redevint intéressante. Mais... elle ne lui accorda pas ses excuses, ce dont il prit bonne note dans le registre de ses rancunes.

 

Jusqu'au bout, il écouta attentivement sa fiancée. Elle savait manier les mots et l'esprit et les manières. Elle n'était pas dénuée de talents et, sans doute, d'armes mortelles figurées qu'elle dissimulait là quelque part. Amusé, il sourit. Elle n'était peut-être pas encore l'alliée qu'il espérait mais elle était là comme il l'avait demandé et elle faisait, tout comme lui, de son mieux. Sauf qu'elle avait un peu plus l'air que lui de savoir pour quoi elle se donnait cette peine. Parce que faire de son mieux, c'était forcément insuffisant quand on essayait de concilier des intérêts divergents pour soi-même. L'urgence de montrer à Ptahchepsès la raison pour laquelle il l'avait mandée le pressa et il posa sa main gauche à droite de sa soupe.

 

— J'apprécie de voir que vous ne goûtez pas la flatterie. Je suis convaincu qu'elle n'a prise que sur les faibles d'esprits. Je vais vous soumettre au supplice, Neith. Je me permets. Je vais vous raconter une histoire. La mienne. Car j'aime m'entendre parler. Je m'aime, moi, plus que quiconque. Et je suis un égoïste immature et irrévérencieux indigne de votre rang. Mais vous savez quoi ? J'en ai rien à foutre. 

 

Cette réplique, il l'avait éhontément dérobée à son ancienne amie Prisca. Il prenait exemple sur le ratel. Ses prédateurs étaient plus gros que lui. Mais rien à perdre, tout à gagner. Et survivre. Le ratel survivait justement parce qu'il n'en avait rien à foutre. Et d'un revers de la main, sans violence toutefois, la vaisselle devant lui vola par terre et contre le buffet. Bris de porcelaine et de conventions. Rien à foutre. Si ça ce n'était pas une philosophie de vie !

 

— Pour commencer, je déteste la cuisine française. Ensuite, notre maison, Serpentard, j'ai menti à son sujet. Elle n'accueille pas que l'élite. Elle accueille aussi la lie du monde sorcier. L'un ou l'autre, rarement l'entre-deux. Et franchement, je ne suis pas certain de pouvoir prétendre me situer du bon côté de la frontière.

 

Il desserra sa cravate, recula sa chaise en la raclant et la pencha sur ses pieds arrière pour poser ses chaussures sur la table. Un peu de mise en scène théâtrale, il en faisait des caisses. Ça, c'était une leçon apprise auprès de Scott. Les lions ne se soucient pas de manger proprement. Ce sont des rois.

 

— J'avais à peu près votre âge actuel quand j'ai appris nos fiançailles. Et vous savez dans quelles circonstances ? Je les ai apprises en me voyant refuser la main de la femme que j'aimais. Vous dire que j'étais furieux serait un euphémisme. Notre mariage ne me blesse pas : il me meurtri. Mais je réitère que ce n'est pas à vous que je dois en faire le reproche. Quoi qu'il en soit, si je n'avais pas été bien entouré à l'époque, j'aurais étranglé chacun des Bulstrode que je connais avec une immense satisfaction.

 

Le regard marron de Quintus détailla Neith de haut en bas, ostensiblement. Il ne méritait pas de se l'être vue imposer. Ni pour le meilleur ni pour le pire.

— Mon rang dans la société sorcière équivaut chez les moldus à celui d'un baron, un comte tout au plus si je mets de côté l'humilité. Je vous le dis par acquis de conscience bien que je ne doute pas de votre instruction et de votre culture sur de nombreux sujets : c'est le bas de l'échelle de la noblesse. Dès lors, que nous vaut d'être fiancés, tous les deux alors que je ne vous mérite pas ? Le savez-vous ? Moi je l'ignore. Mais ce que je sais, c'est que cela ne peut être anodin. Cela cache forcément quelque chose. Cela sert un intérêt et ce n'est certainement pas le nôtre. Mais peu m'importe. Je me rendrai utile à vous et au clan Ptahchepsès.

 

Quintus se releva et s'approcha doucement de Neith.

 

— Je serai votre allié, Neith. Certainement pas celui que vous attendiez. Mais peut-être mieux ou alors bien pire encore. Qui sait ? Souhaiteriez-vous découvrir la réponse ? Si non, je vous souhaite "bon appétit", formula-t-il en français. Si oui...

 

Il remit en place sa cravate et tendit la main vers la jeune femme, un sourire aussi sincère que ses épanchements accroché aux lèvres.

 

— Le prochain Ministre de la magie vous invite à dîner. Quelque chose de bon. Quelque chose d'inconvenant.

 

tl;dr : Quintus change une nouvelle fois d'attitude. Il envoie voler la vaisselle et les conventions. Il confie à Neith dans quelles circonstance il a découvert leurs fiançailles. Finalement, il lui tend la main et la réinvite à dîner en assurant être le prochain Ministre de la magie.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 19/01/2026 à 21:40

Un pas en avant, trois pas en arrière. C’était bien résumer le déroulé des évènements. Un mot pour caractériser Quintus Bulstrode : instable. Le sorcier était en roue libre, une girouette en pleine tempête n’aurait pas changé plus rapidement d’attitude. Désespérée, Neith contemplait le triste spectacle que semblait donner son fou à lier de fiancé. Il n’en avait rien à foutre, comme c’était charmant. L’Égyptienne ne put retenir un mouvement de recul en voyant la vaisselle se briser. Que faisait-elle là ? Pourquoi s’était-elle déplacée jusqu’ici, seule ? Une sombre inquiétude commença lentement à se déployer dans son cœur. Il faudrait qu’elle en parle à Nephtys, à présent, elle n’avait plus d’autre choix que de paraître devant elle honteuse et coupable de son geste qui l’avait conduite auprès de ce forcené.

 

L’homme ne s’arrêta pas là, ses gestes d’enfant mal élevé se multiplièrent face à une Neith de marbre, figée, un peu trop raidie en réalité pour feindre l’indolence. Elle ne comprenait pas ce qui se jouait sous ses yeux, ce Bulstrode qui, brutalement se muait, se mouvait, amer, indigeste même. Il revenait sur ses paroles, bougeait, s’exprimait trop rapidement trop brutalement pour que la jeune femme se rendît compte de ce qui se jouait sous ses yeux. La folie brute.

 

Alors c’était… l’amour ? Son explication, une passion d’enfance, d’adolescence qui le retenait prisonnier dans des gamineries déplacées ? Neith ne connaissait pas ce sentiment, mais, face à son futur époux ravagé, elle se fit peut-être la promesse de ne jamais y goûter, pas même une bouchée au risque de ressembler à ce déchet humain qui se pavanait devant elle, étalait sa réalité, mensonge poisseux sur tout ce qu’il touchait. Il déformait, s’acharnait et s’appliquait à détruire consciencieusement le peu de sympathie que la sorcière avait jusque-là pu éprouver pour lui.

 

La jeune femme ne voulait pas entendre parler de ce type qui lui promettait à nouveau d’être son allié. Elle n’avait pas le recul nécessaire pour en rire, tant il lui aurait inspiré de la pitié. Non : elle était tout bonnement effrayée, tétanisée, parce qu’autour d’elle, il n’y avait plus de normes, plus de règles, plus de cadres. Elle ne savait pas s’il allait se lever pour la frapper, l’étrangler en voyant en elle le présent de ses parents. Elle ne pouvait pas prévoir s’il retrouverait un ton calme, s’il s’énerverait à nouveau contre ses paroles, lui promettrait elle ne savait quoi et elle s’en fichait. Neith voulait pouvoir s’enfuir, avoir son permis de transplanage et repartir sans demander son reste. Elle ne savait plus pourquoi elle avait un instant pensé qu’ils pourraient former une équipe, non, elle se sentait seule, perdue, esseulée, une si jeune femme avec déjà un si gros fardeau sur les épaules. Pour survivre, il lui fallait éprouver quelque chose d’un tant soit peu positif, une émotion qu’elle pourrait gérer pour excuser le comportement de celui qui allait partager sa vie, son lit, sa famille et elle ne trouvait pas, puis soudain : la pitié, mordante et douloureuse.

 

La fiancée releva la tête, serra dans ses deux mains la paume que le sorcier lui tendait et plongea ses yeux sombres dans les siens. Quintus, vous êtes fou, articula l’Égyptienne, de chagrin ou de colère, peu m’importe : vous n’allez pas bien. Leurs enfants seraient-ils aussi perturbés ? La vision de Neith se mit à tanguer, elle porta une main à son front en grimaçant. Qu’allait-elle faire à présent ? Comment concilier ce qui était attendu d’elle avec l’énergumène auquel Sethi avait décidé de la confier ? Il faut… vous maitriser, dit-elle en serrant de plus belle la main de Bulstrode dans celle qu’elle lui avait laissée. Neith était encore jeune, elle n’avait pas fini de faire ses preuves, elle devait encore montrer tellement, il ne pouvait pas tout gâcher. Autrement, vous ne serez pas un allié, seulement… un danger. Les couleurs étaient floues autour de la jeune femme, plus rien n’avait de consistance, plus rien n’avait de sens. E-excusez-moi, murmura-t-elle en se rasseyant, le visage dans ses mains. Sethi avait voulu l’éloigner, en faire une petite chatte domestique et, sans le savoir, Bulstrode remplissait pour lui le rôle du parfait toutou. Tout était noir, elle avait la nausée.

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 19/01/2026 à 23:25

La main toujours tendue, Bulstrode digéra les paroles de Ptahchepsès en silence, impassible. Était-elle trop effrontée ou pas assez ? Ce qu'elle n'était pas, manifestement, c'était curieuse. Un instant, il se demanda ce que c'était que de voir le monde à travers le voile des yeux de Ptahchepsès. Triste, probablement. Dénué de magie dans un monde de sorcellerie.

 

— Je vois.

 

Avec des gestes mesurés, Bulstrode retourna vers sa place et extirpa sa baguette. Son souvenir le plus précieux avec celle-ci était aussi un souvenir d'amitié. Quand les quatre inséparables avaient décidé de trouver ensemble un nom pour elles. Un nom porteur de rêves et de promesses. L'avenir qu'il voyaient. Pax avait décidé Quintus sous les yeux admiratifs de ses amis, de Caecilia. Ils auraient honte de lui s'ils le connaissaient comme il se connaissait lui-même.

 

— Evanesco.

 

La vaisselle brisée disparut.

 

Sans dire un mot, il entreprit de servir la salade, amer. Il se serait damné pour un shawarma. Au lieu de quoi il allait ruminer de l'herbe en même temps que ses sentiments, ses pensées et les paroles de sa fiancée. Il lui fallut de temps pour retrouver la parole. Pas l'envie de lui parler. Mais il fallait bien dire quelque chose. Ne pas laisser cette princesse avoir le dernier mot.

 

— J'ai de la peine pour vous.

 

Son regard se perdait à l'horizon de la table, absent. Ses gestes étaient lents et las, comme lui. Les sang-purs étaient foutus. Condamnés. Aveugles. Ptahchepsès ne faisait pas exception. C'était à lui de changer les choses mais il lui fallait revoir ses ambitions ou du moins la vitesse d'exécution de celles-ci. Cela ne se ferait pas du jour au lendemain, ce serait une œuvre dont il ne serait peut-être même pas témoin de son vivant. Elle était là, la tragédie des révolutionnaires.

 

— Alors nous y voilà. Vous ne goûtez rien. Pas la liberté ni l'honnêteté ni l'originalité. Je vous demande de me parler de vous et vous me répondez "Ptahchepsès". Je vous ouvre mon âme, vous m'insultez. Je vous présente mes excuses, vous me dédaignez. Alors : non. Je ne vous excuse pas non plus, Ptahchepsès.

 

C'était la règle chez Bulstrode. La loi qu'il avait toujours appliquée. Œil pour œil. Il la toisa. Sans hostilité, juste pour qu'elle sache qu'il n'avait pas honte.

 

— Un danger, moi, pour vous ? Pour le clan ? Si cela vous fait trembler, c'est que votre colosse d'empire a des pieds d'argile. Mais coupons court aux élucubrations, voulez-vous ? Si je vous ai fait venir ici, c'était pour déterminer les règles de notre vie commune. Les voici.

 

Froidement, comme des vérités inaltérables, il énonça ce qu'il imposerait. Elle avait refusé la part de lui en laquelle il souhaitait encore croire, la meilleure. Pas une bonne part pour autant, cela dit. Ne demeurait que le serpent, armé de venin.

 

— Nous ne nous verrons que lorsque cela sera strictement nécessaire. Et, à votre soulagement je présume, vous ne verrez jamais plus mon visage dénué de masque. Je pourvoirai à vos besoins dans la mesure de mes moyens. Vous n'aurez rien à apporter en contrepartie. Votre image sera en toute circonstance rien moins que parfaite. Je ne tolérerai pas les éclaboussures qui me parviendraient dans le cas contraire. Si quelqu'un vous manque de respect, vous blesse ou que sais-je, vous m'en informerez afin que je répare l'affront.

 

Inlassablement, jusqu'au bout. Sans donner à Ptahchepsès l'illusion de croire qu'elle pouvait dire "non". Et pour s'assurer que son adversaire — que pouvait-elle être d'autre ? — ne se relève jamais avec l'idée de répliquer ; le coup de grâce.

— Et je ne vous connaîtrai pas, jamais. Votre branche de la lignée s'arrête ici. Je refuse de vous toucher. Allez vous plaindre auprès des vôtres si cela vous chante, je nierai. Il n'y a rien, aucun témoin, aucune preuve de ce que je vous affirme maintenant. Vous êtes acculée. Si vous faites annuler nos fiançailles, cela m'arrange. Mais c'est vous qui porterez le déshonneur.

 

Un regard. Un sourire. Perfide. Celui de l'homme qu'il eut aimé ne jamais être. Celui qui poignardait sans une once de remord jusqu'à ses propres amis. Indifférent.

 

— Reprendrez-vous un peu de salade ou souhaitez-vous passez au plat principal ?

 

tl;dr : Quintus reste interdit devant la réaction de Neith. Il se rassied et ressasse. Enfin, il mord et déverse son venin.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Sortilège de Disparition
Difficulté
4
Résultat D20
4
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

La vaisselle brisée disparut.

Autres résultats possibles

La vaisselle brisée disparut.

Rien. Ce devait être la lassitude.

Rien. Ce devait être la lassitude.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 21/01/2026 à 14:10

En passant la porte de sa demeure ce soir-là, Neith ne savait pas encore que le nom de Bulstrode lui donnerait la nausée près d’un mois encore après leur première véritable rencontre. Était-ce la naïveté de son jeune âge ou son esprit d’enfant sage qui l’avait conduite à espérer voir en son fiancé le gentleman que son rang aurait mérité ? Quintus en était loin et Neith n’avait plus de raison de continuer à sourire, mener une conversation qui continueraient probablement de se balancer de droite à gauche selon un mouvement dévastateur qui frappait la jeune Égyptienne en plein fouet à chaque retournement de veste. Elle aurait aimé être lasse, indifférente, amusée même de l’attitude de l’ancien Serpentard, mais sa faiblesse était désormais leur lot commun. Contrairement à Bulstrode : Neith était incapable de penser individualité. Ses problèmes de déséquilibré mental étaient désormais son problème, une affreuse complication qu’elle devrait résoudre avec ou plutôt malgré ce fiancé de malheur.

 

L’heure n’était cependant pas à la réflexion. Le corps tout entier de la jeune Égyptienne criait grâce comme si cette rencontre n’avait été que la goutte de trop dans sa coupe d’amertume bien trop remplie par les derniers évènements. Ses nombreux reproches filaient droit vers Neith comme autant de flèches prêtes à la blesser. Elle n’écoutait plus qu’à moitié, une demi-oreille ouverte, tous ses sens occupés à tenter de se raccrocher au réel pour survivre à la folie imaginaire de son promis. Elle releva la tête au mot honnêteté alors que le mobilier cessait tout juste de tanguer autour d’elle. Regard fixe, moitié surpris, moitié outré. Qu’il ne veuille pas croire à sa vérité n’en faisait pas un mensonge. Pour qui se prenait donc ce manant qui, d’aussi bas qu’il prétendait venir, ne parvenait à se satisfaire de son sort. Quel drame que d’épouser une future princesse ! Elle le plaignait, qu’il devait être dur d’être à sa place, de devoir renoncer à un béguin d’adolescent. Nulle femme n’aurait pu être séduite par ses élucubrations de fou. Il fallait qu’il se soigne et Neith n’était pas l’infirmière dont il avait besoin.

 

L’Égyptienne se leva lentement, toisant celui auquel elle avait semblé être prête à s’ouvrir quelques instants plus tôt. Ne plus le voir sans masque ? Elle aurait aimé le croire. Cet homme était tout bonnement incapable de se maîtriser et il venait encore de lui en faire la démonstration à l’instant. Non, articula-t-elle lentement, vous n’êtes un danger que pour vous, mais voix glaciale, vague de haine pure à présent que la pitié s’en était envolée, vous pourriez m’entraîner dans votre chute. Je ne le permettrai pas. Qu’il s’étouffe avec sa verdure, Neith avait autre chose à faire. Il ne servait à rien de converser avec ce serpent qui n’avait aucune idée de ce à quoi il s’exposait. L’homme allait exploser en vol tôt ou tard et ce ne serait pas l’Égyptienne qui prendrait le rôle de dommage collatéral. C’était hors de question. Je pense que ma présence ne vous est donc plus strictement nécessaire, ajouta-t-elle en quittant la table, puisqu'il faisait fi des convenances, elle ne voyait pas de raison de rester plus longtemps, j’éprouve bien de la pitié pour vous Quintus, mais pas assez pour vous laisser me manquer ouvertement de respect. Elle tourna les talons, repartant comme elle était venue. Nous nous reverrons quand vous serrez prêt à honorer vos droits et vos devoirs, d’ici là… Bonne soirée. La Serpentard récupéra son manteau dans l’entrée avant de faire claquer la porte derrière elle. Dehors, le froid de l’hiver la fit frissonner sous sa robe dorée trop légère pour la saison. La claque fraiche de la météo lui permit de retrouver tout à fait ses esprits. Comment allait-elle rentrer à présent ?

Quintus Bulstrode

Homme

23 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 22/01/2026 à 02:21

Parfait. La haine dans le regard condescendant qui ferait office de dessert pour le repas était la meilleure façon pour Ptahchepsès de l'aider à accomplir ses objectifs. Il avait souhaité le faire avec ou sans elle. Mais contre elle, c'était sans aucun doute plus simple. Tant mieux si elle essayait de mordre aussi fort qu'elle aboyait. Dans les prochains jours, Bulstrode aurait besoin d'opposants. Car un héro qui ne rencontrait aucune adversité ne jouissait d'aucune crédibilité. Il lui fallait des ennemis, des tyrans à occire. Si sa fiancée montait ostensiblement au créneau, cette soirée compterait comme une victoire. Amère. Solitaire. Nécessaire.

 

Quand le fracas des mots, des talons et de la porte claquée se tut pourtant, Bulstrode n'éprouva aucune satisfaction. Dans le silence et le vide de sa demeure, il se retrouvait face-à-face avec un épouvantard dont il ne pouvait se défaire. L'homme qu'il eût souhaité ne jamais être. Pas la peine de l'affronter, ce dernier l'emportait toujours. Dans un soupir, Bulstrode enleva sa chevalière et pointa sa baguette dessus. Tant pis pour les autorisations ministérielles. Il pourrait toujours fabriquer un prétexte pour obtenir une autorisation a posteriori ou pour justifier l'urgence de la nécessité même s'il écopait à tout le moins d'une amende.

 

— Portus.

 

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

 

Quoi que lui inspirât la jeune femme, il ne pouvait pas la laisser errer dans la rue comme une mendiante. Peut-être qu'il la haïssait davantage qu'il ne voulait bien le croire mais sa hargne connaissait tout de même quelques limites. Bulstrode se dirigea vers l'entrée en espérant que l'Égyptienne n'ait pas eu le temps de disparaître.

 

Ce fut en la trouvant sur le pas de la porte qu'il réalisa à quel point il avait été dur avec elle. Elle était perdue sur ces terres qui lui étaient étrangères et s'il ne l'avait pas mise à la porte directement, il avait cependant fait plus que la forcer à s'enfuir. Il se planta à côté d'elle en présentant la chevalière dans sa paume ouverte.

 

— Ne passez pas la nuit dehors. Je ne m'attends pas à vous convaincre de rentrer alors tenez. Je vous envoie chez une Dame qui saura vous accueillir comme il se doit, surtout si vous lui présentez ceci. Son mari est en déplacement, vous serez seules. Vous verrez, c'est magnifique le Pays de Galles. Et loin de moi.

Quintus Bulstrode a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Pax !

Sortilège
Enchantement du Portoloin
Difficulté
15
Résultat D20
19
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

Autres résultats possibles

Cela ferait l'affaire. Les problèmes à régler seraient ceux du Bulstrode de demain.

Rien. Du moins le ministère n'aurait pas vent de cette tentative ratée a priori. Et tant pis pour Ptahchepsès qui risquait de trouver mauvaise la farce de lui faire prendre le Magicobus.

Rien. Du moins le ministère n'aurait pas vent de cette tentative ratée a priori. Et tant pis pour Ptahchepsès qui risquait de trouver mauvaise la farce de lui faire prendre le Magicobus.

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