Harry Potter RPG

[En Cours]
Trois paires d'ailes, deux aigles, un seul cœur Sur le terrain, samedi 19 janvier 2126

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Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 19/01/2026 à 03:25

Mellitus était assis en tailleur sur la pelouse, contemplant le splendide balai de compétition posé en travers de ses cuisses. Le Britannique avait peu d'ambitions : il ne savait même pas ce qu'il ferait après la fin de l'année alors comment envisager de construire quoi que ce fût de sa vie ? Néanmoins, posséder un jour — il ne savait comment mais chaque chose en son temps — un bolide pareil figurait clairement dans le haut de la liste.

 

Pour l'instant, il lui fallait se contenter de celui d'Isha. Ce n'est pas qu'il y eût de quoi se plaindre, il était tout simplement parfait pour les projets de la matinée. Le balai du batteur n'était pas le plus rapide du marché. C'étaient sa robustesse et sa maniabilité qui faisaient sa réputation. Et vu qu'aujourd'hui Nel et lui allaient voler ensemble dessus, ces qualités étaient de loin les meilleures qu'il pût avoir.

 

La presque irrépressible démangeaison de l'enfourcher et de voltiger devenait de plus en plus pressante à chaque seconde et l'aigle se refusait pourtant à y céder. Rien ne devait l'empêcher en réalité. Sauf lui-même et ses superstitions. Car s'il était ici à cet instant matinal, c'est parce qu'il avait un serment à respecter et sa part du marché à honorer. Et la dernière fois, quand c'était à Nel de s'acquitter de sa promesse, tout avait pris une tournure inattendue. La demi-vélane avait joué en attendant le jeune homme et celui-ci s'était retrouvé englué dans la toile d'une prédatrice capable de vous donner l'envie qu'elle vous dévorât. Au final, bien que mouvementée et incroyablement chargée en émotions, la soirée s'était conclue avec une douceur qui persistait sur les lèvres du garçon. Cependant, il n'y avait plus eu de musique. Et si Mellitus regrettait déjà de n'avoir pas davantage entendu Nel jouer, combien regretterait-il de gaspiller ce précieux temps dérobé à la providence afin qu'il puisse voler ?

 

Car il en était convaincu : s'il montait sur ce balai avant que Nel n'arrive, c'en serait fini des acrobaties aériennes, d'une manière ou d'une autre. Non pas que lui eût un envoûtement magique capable de se déployer alors qu'il volait, bien entendu. Seulement, il établissait un parallèle entre les deux situations et la superstition lui disait de rester au sol.

 

Mellitus avait donc trois excellentes raisons d'être impatient. La première, c'était ce rendez-vous. Tout simplement de revoir Nel et de partager ce moment privilégié à deux. La seconde était d'enfin pouvoir voler. La dernière parce que l'adolescent avait eu le temps de réfléchir posément et de remettre un tout petit peu d'ordre dans ses idées. De faire la part des choses entre raison et sentiments. Il eut été bien de mettre en commun le fruit de ces réflexions et d'aller de l'avant à partir de là. 

 

Ne tenant plus en place et sentant que l'appel des airs allait finir par prendre le dessus, le jeune homme se leva et arpenta le terrain avec intérêt. Quand il était seul, il aimait prêter sa bouche à la petite voix qui lui prodiguait tantôt conseils, tantôt remarques cyniques. Si ce n'était pas le débit habituel des insécurités et de l'auto-flagellation. De peur que s'il ne le faisait pas, celle-ci finirait par s'en arroger le droit au moment le plus inopportun. Superstitieux qu'il était.

 

— Va falloir demander à Nel si elle maîtrise bien le sortilège de coussinage. C'est pas parce que je suis sûr et certain de ne pas me planter que je peux me permettre de courir le risque. Qu'es-ce que je ferais si elle se blessait ? À cause de moi ? Mieux vaut pécher par excès de prudence que de confiance. Je trouverai forcément un moyen de saboter quelque chose, idiot que je suis. Mais au moins je l'aurai pas blessée. Je pourrais essayer de lancer le sort moi-même. Autant envoyer Nel directement à Sainte-Mangouste. C'est sûr que si je fais de la magie, ça finira mal. Concentré sur l'objectif. Faire voler Nel, lui partager cette extase de la liberté. Lui prêter mes ailes. Chevaucher ce balai, cette beauté de balai de compèt' avec elle. Elle et moi. Ensemble.

 

Ce mot, en français, ne quittait plus les pensées de Mellitus. Il était devenu comme un symbole. Le symbole de quelque chose d'important. Mais quoi ? Cela restait flou pour l'instant. Peut-être plus pour longtemps. Ensemble. Associé à l'autre mot, le nom qui importait. Nel

 

tl;dr : Mellitus attend impatiemment sur le terrain l'arrivée de Nellie. Monter sur le balai le démange mais il s'y refuse sans son amie. Pour ronger son frein, il arpente le terrain en se parlant à lui-même.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 19/01/2026 à 20:43

Loin d’elle la vague douceur d’exister qui portait auparavant ses pas en direction de Mellitus, Nellie devait l’avouer : elle était terrifiée. Cela avait du bon de jouer à la demi-vélane un jour sur deux, quand ça l’arrangeait, de se laisser comme submerger, ignorer la prise qu’elle pouvait avoir sur elle-même. Pas sa faute, elle ne maîtrisait rien, mais aujourd’hui c’était différent, elle devait se canaliser, pour ne pas risquer encore de provoquer le regard angoissé, moitié perdu, moitié énamouré. Elle voulait voir ses yeux doux pour autre chose qu’une enveloppe scintillante qui vomissait le surnaturel.

 

Nellie avait attaché ses cheveux, plaqué les mèches rebelles, que rien ne dépasse. Trois brins pour serrer les boucles en tresse et espérer qu’elles ne se parent d’aucune couleur, ne serait-ce qu’un peu suspecte. La demi-vélane était prête à relever le défi, elle ne cillerait pas d’un peu trop près, ne sourirait pas en faux semblant. Elle resterait droite, elle-même, et, peut-être, aurait alors encore le plaisir de prolonger le doux contact de ses lèvres contre celles du garçon. Leur goût, pensait-elle, serait forcément amer si jamais elle ne les attirait pas de manière sincère.

 

Le temps était encore un peu frais quand la jeune femme pointa le bout de son nez hors du château pour rejoindre son ami sur le terrain de Quidditch où les deux Serdaigles s’étaient donné rendez-vous. Nellie appréhendait la leçon de vol de Mellitus. Non pas qu’elle manquait de confiance en lui, le garçon avait su à de multiples reprises lui montrer sa fiabilité, mais elle craignait de remonter sur un balai, activité qu’elle avait soigneusement évité chaque fois que cette possibilité lui avait été présentée. Elle ne savait donc pas, par quelle folie, il lui était apparu que cela pouvait être un échange de bons procédés que de proposer quelques mélodies nocturnes au Serdaigle contre un cours de vol particulier. D’autant que, si la tournure des évènements se montrait semblable à celle de la soirée passée avec le jeune homme dans la salle commune, cette relation allait finir enterrée vivante. Même si, en réalité, tout s’était plutôt bien fini, songeait la demoiselle en caressant distraitement la natte de ses cheveux.

 

Depuis qu’ils avaient commencé à s’accorder leur confiance, le destin semblait s’acharner à séparer les deux amis. Entre la découverte de ses charmes de Vélane et la manipulation de Cassie, Nellie se demandait quel serait le prochain bâton à se glisser dans les roues de leur début de relation. Elle semblait de ce fait n’attendre de cette journée rien d’autre qu’un peu de chaleur et de douceur, peut-être était-ce déjà trop en demander ?

 

Les joues de Nellie rosissaient rapidement au contact de l’air frais, le cœur qui battait un peu trop vite dans sa poitrine, par contre, c’était autre chose. Elle repéra rapidement le garçon qui arpentait le terrain de long en large et lui fit un signe de la main de loin. Pour une fois, c’était lui qui était en avance et la jeune femme ne pouvait que comprendre les sentiments qui devaient l’animer à l’idée de présenter un fragment de lui-même à une amie. Elle se demanda soudain si le Serdaigle avait déjà croisé Isha et si son petit numéro de charme avait eu l’effet escompté. Y avait-il un réel mal à cela ? Peut-être puis non pas vraiment, un petit service, un simple merci un peu discret. Le capitaine l’oublierait, Mellitus volerait à nouveau, c’était tout. Près de son visage, celui du garçon. Elle avait fini de se rapprocher, de s’accrocher. Elle sourit, entrelaça ses doigts dans les siens, serra un peu. Coucou Mel et ses yeux pétillèrent drôlement, mais sans autre magie cette fois qu’un émoi adolescent. Tu vas bien ? J’avais hâte mais… Ne me laisse pas tomber, hein, murmura-t-elle doucement.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 19/01/2026 à 22:07

Sans s'en apercevoir, Mellitus se mit à sourire dès qu'il aperçut Nellie s'approchant depuis l'accès au terrain. Pas celui qu'il choisissait d'arborer pour être avenant mais celui du plaisir simple et pourtant si doux de voir quelqu'un qu'on... apprécie. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Des détails qui échappaient au jeune homme en toute autre circonstance lui apparaissaient avec une clarté vertigineuse. Les cheveux tressés, les joues rosées. Les yeux pâles qui l'envoûtèrent tant en s'approchant qu'un instant Mellitus se demanda si la magie de la demi-vélane opérait. Et le sourire. Quel sourire ! Celui-ci méritait qu'on se damnât pour le préserver.

 

La chaleur. Les doigts qui se mêlèrent dans les siens. L'aigle faillit en lâcher le balai. Ces doigts que, sous l'effet du charme surnaturel, il avait éprouvé le besoin de sentir sur sa peau ; qu'ils se glissassent ainsi dans sa main. C'était réel, tangible. Il n'était pas envoûté et il voulait toujours de ces longs doigts fins là où il s'étaient logés. Il avait envie de dire quelque chose. Mais Nellie le devança.

 

— Ça va. Enfin non. J'ai un de ces tracs. Ça fait un bail que je suis pas monté sur un balai et là c'est avec toi et j'ai peur d'être imprudent parce que je ne veux pas te faire mal ou même peur et que c'est le balai de compétition d'Isha que je connais pas mais ça devrait aller si on démarre en douceur pour pas risquer de te faire mal et d'un autre côté je sais que je peux m'emballer en volant ; j'ai pas déjà dit que j'avais peur de te faire mal ?

 

Le souffle un peu court, Mellitus réalisa qu'il avait légèrement négligé de respirer pendant qu'il parlait ou plutôt déversait le flot chaotique de ses pensées angoissées. Il essaya de se concentrer. De souffler. Les yeux pâles. Dut détourner le regard. Reprendre depuis le départ.

 

— Je ne te laisserai pas tomber.

 

Les yeux du Serdaigle trouvèrent la force de croiser à nouveau leurs homologues. C'était une promesse.

 

— Et toi, comment tu vas ?

 

Étrange sensation que de se sentir inconfortable dans un contexte aussi réconfortant. La présence de Nellie était précieuse, désirée. Mais comment diable devait-il se comporter avec elle ? Devait-il l'enlacer en guise d'accueil ? Observer une distance courtoise, en gentleman, au risque de paraître insensible ? Faire comme d'habitude, se contenter d'être un imbécile heureux ? Elle réaliserait bien assez vite qu'il n'y avait guère mieux que cela chez lui et se lasserait. Que faire ? Mellitus avait une réponse. Pas la réponse mais celle dont il devait se contenter car après tout, il n'avait pas offert mieux à Nellie. Apprendre.

 

Ses doigts furent les messagers des mots et gestes que l'adolescent ne parvenait pas à poser. Une petit pression sur ceux de Nellie, douce, tendre ; espérait-il.

 

— Je suis content de te voir. Tu es prête ? Je... j'aurais aimé enchanter le terrain avec un sortilège de coussinage mais la magie et moi ça fait deux. Tu crois que tu pourrais sécuriser une surface assez grande ? Je ne suis pas un débutant en vol mais quand même, je préfère pallier tout risque potentiel.

 

S'il y avait une chose avec laquelle Mellitus était à l'aise, c'était ce qu'il connaissait. Ce qu'il avait étudié. Et il avait justement préparé un résumé de ses projets pour ce petit cours de vol.

 

— On va démarrer doucement. Je dois m'habituer à manier ce balai. Puis je te montrerai quelques techniques de vol basiques que tu pourras reproduire aux commandes. Si tu sens que je m'emballe trop ou que tu as le moindre malaise, fais-moi signe et je nous poserai tout de suite, d'accord ? Et pour finir... on fera une ou deux acrobaties si le cœur t'en dit. Ça te va ?

 

Bizarrement, il était tout à coup moins pressé d'enfourcher le balai. Était-ce le trac ou la présence de Nellie qui lui suffisait ? Il enjamba le manche, résolu à faire passer un agréable moment à... Elle.

 

tl;dr : Mellitus accueille nerveusement Nellie. Essaie de retrouver sa contenance. Puis il présente ses plans à la jeune sorcière avant d'enfourcher le balai.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 21/01/2026 à 15:27

Il y avait quelque chose de doux dans l’air et Nellie se sentit soudainement sereine auprès du jeune garçon. Peut-être n’avaient-ils besoin que d’un léger contact, électricité au bout de leurs phalanges pour se lier dans une drôle de bulle qui n’appartenait qu’à eux. La demi-vélane cherchait dans les yeux de Mellitus le moindre signe qui marquerait le passage à un état second. S’il retombait sous le charme, ils seraient fichus : il était pratiquement certain que le garçon ne pourrait pas gérer correctement la trajectoire du balai sans l’entièreté de ses neurones disponibles. Rester conscient, ne pas basculer était donc primordial. Ne serait-ce que par pur instinct de survie.

 

Contrairement à ce qu’elle pouvait renvoyer, Nellie était loin d’être particulièrement à l’aise avec son corps. Se mouvoir sur ses deux jambes avait déjà pendant de nombreuses années représenté un défi quasi quotidien. Alors, dans les airs… Elle avait toujours eu peur, plus jeune, de se rompre une cheville, un poignet, si fins, si fragiles que de nombreux jeux d’enfants lui semblaient connoter le danger mortel. Éviter toute activité périlleuse lui avait paru jusque-là être une seconde nature, mais, si l’am… enfin ce drôle de sentiment ambigu qui la liait au Serdaigle donnait des ailes, elle acceptait de le vérifier de ses propres yeux.

 

C’est qu’elle l’aimait bien, beaucoup, trop ? Son petit Serdaigle qui parlait sans discontinuer avec ses beaux mots de vieux livres qui résonnaient comme une mélodie à ses oreilles de musicienne. Elle le laissait débiter, attentive à la moindre syllabe, s’immergeait sans son monde calligraphié avec le plaisir de l’esthète. J’ai confiance en toi, affirma-t-elle avec un léger sourire. Il avait su, lui, se montrer à la hauteur de ses drôles de secrets, de ses charmes empoisonnés, accepter une Nellie à moitié Vélane, à moitié monstrueuse pour mettre le doigt avec ses doux mots sur la lumière qu’il décelait en elle alors il fallait, quel qu’en soit le prix, qu’elle lui rende ce qu’il lui avait offert : sa confiance.

 

J’ai été un peu déboussolée par la nuit dernière, avoua-t-elle avant de piquer un far. Enfin, pas à cause de toi, tenta-t-elle maladroitement de se rattraper, toi tu tu es merveilleux, mais... Elle s’enfonçait lentement et décida de couper court : on en reparlera plus tard si tu veux. Petit sourire mal à l’aise. Les doigts de Mellitus contre les siens, voilà, elle pouvait respirer.

 

Le garçon lui exposa le programme de la journée. Une excellente diversion à la gêne de Nellie qui hocha consciencieusement la tête aux explications de son ami. C'est parfait. Elle était terrifiée à l’idée de remonter sur un balai, mais également certaine qu’elle ne pourrait pas trouver meilleur professeur pour se remettre en piste. La jeune femme était loin de se considérer comme douée en magie, mais elle sortit sa baguette pour rassurer Mellitus et tenta de lancer le sortilège de coussinage sur le terrain : Moliare.

Le sort fonctionna, sécurisant une grande partie de la surface d'entraînement. Nellie sourit face à cette  réussite avant de s'accrocher derrière Mellitus. Elle l'enlaça ainsi délicatement : ce cours particulier semblait définitivement en valoir la peine.

Nellie Butler a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : Mélodie !

Sortilège
Sortilège du Coussinage
Difficulté
4
Résultat D20
5
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Le sort fonctionna, sécurisant une grande partie de la surface d'entraînement. Nellie sourit face à cette  réussite avant de s'accrocher derrière Mellitus. Elle l'enlaça ainsi délicatement : ce cours particulier semblait définitivement en valoir la peine.

Autres résultats possibles

Le sort fonctionna parfaitement, sécurisant l'ensemble de la surface d'entraînement. Nellie sourit face à cette franche réussite avant de s'accrocher derrière Mellitus. Elle l'enlaça ainsi délicatement : ce cours particulier semblait définitivement en valoir la peine.

Le sort ne sembla ramollir qu'une moitié de la surface d'entraînement. Il vaut peut-être mieux que je réessaie pour être sûre, indiqua-t-elle un peu déçue. Tu veux faire un petit tour pour tester le balai pendant que je finis de sécuriser le terrain ?

Le sort ne sembla cependant produire aucun effet sur la surface d'entraînement. Il vaut peut-être mieux que je réessaie pour être sûre, indiqua-t-elle un peu déçue. Tu veux faire un petit tour pour tester le balai pendant que je finis de sécuriser le terrain ?

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 21/01/2026 à 22:03

Une drôle de montagne russe entraîna sur ses rails sinueux le cœur de Mellitus. Déboussolée, en bien ou en mal ? Pas à cause de toi. Tu es merveilleux. Tu es merveilleux. Il n'y avait, pour se raccrocher à quelque chose de palpable et réel, autour de lui que Nellie et le balai dans sa main. Ce fut ce dernier sur lequel se crispèrent les doigts du jeune garçon enivré par la chaleur de la voix et des paroles de la sorcière.

 

— Oui, en on... on en raperlera, reparlera, hum hum ! s'étrangla le Serdaigle dans la pire diversion possible pour dissimuler le feu qui lui brûlait les joues. 

 

Comment faisait-elle pour sembler si à l'aise ? Elle avait bien admis avoir été déboussolée mais elle était toujours fidèle à elle-même. Gracieuse. Souriante. Capable de lui asséner sans ciller ce "tu es merveilleux". Et lui qui ne savait pas quoi dire. Ni comment ni quand. Pourtant, il y en avait des mots qu'il souhaitait poser sur tout ça. Sur les événements de l'autre soir et sur ce qu'il ressentait. Chaque chose en son temps.

 

Mellitus observa Nellie, une véritable sorcière, enchanter le terrain avec un aisance remarquable. Le moment était venu. Elle lui avait offert sa musique, c'était désormais à lui de l'emmener dans son monde de liberté. La concentration chassa le trac, tout était clair, sous contrôle. Le vol il connaissait. Ce qu'il ne connaissait pas, c'était l'effet qu'aurait sur lui l'étreinte douce de Nellie quand elle l'enlaça. Il s'en fallut de peu pour qu'il décollât à la verticale et tourbillonne d'allégresse inattendue. Il parvint toutefois à se maîtriser.

 

Dès son décollage, le balai s'avéra incroyablement docile, comme s'il répondait à la moindre pensée de son pilote. Mellitus par contre se redécouvrit la fougue du vol et dut se faire violence pour tenir sa promesse de se lancer en douceur pour Nellie. Il fit d'abord un tour de terrain à vitesse modérée. La sensation du vide sous ses pieds le libéra et lui prodigua la force nécessaire pour approcher, en essayant de ne pas brusquer les choses, le sujet qu'il lui brûlait de mettre au clair avec Nel. Le voltigeur se gava de cette sensation jusqu'à plus soif.

 

— Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi depuis... tu sais. Il y a des choses que j'aimerais exprimer. Et d'autres qui me semblent... floues ? Attention, je vais accélérer et commencer des manœuvres.

 

Un peu plus vite. Zigzag, demi-tour, petit piqué ; pas trop piqué non plus. Pour s'éclaircir la gorge et trouver la voix calme et posée dont il avait besoin pour parler à Nellie, Mellitus l'ensevelit de conseils, de mots techniques, de ce qu'il connaissait sur le bout des doigts. Il avait besoin de pouvoir compter sur sa voix. Qu'elle ne tremble pas. Qu'elle exprime autant que les mots ce qu'il ressentait.

 

— L'autre soir, il s'est passé beaucoup de choses très vite. Je n'ai pas eu le temps de réaliser. Maintenant je sais. Quand tu jouais, j'ai comme perdu les pédales. C'était comme une ivresse. Et j'ai ressenti comme un besoin. Que tu me regardes, que tu me parles. C'est ça : j'avais besoin de toi. Et après, quand ça s'est calmé... c'était différent. Aujourd'hui je crois que je peux te donner une réponse à la question que tu m'avais posée. Sous l'effet de l'envoûtement, j'avais besoin de toi. Sans ça, j'ai envie de toi.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 22/01/2026 à 22:11

L’air glissait sur ses joues fraîches comme une caresse. Protégée par le corps de Mellitus devant elle, la jeune femme souriait : elle était bien. Subitement, il lui semblait que la passion de son ami pour le vol était on ne peut plus cohérente. À ses côtés, elle se sentait soudainement légère comme si toutes ses petites préoccupations étaient restées clouées au sol. Nellie ne ressentait cependant pas la moindre envie de prendre les commandes. Elle se laissait porter par les envies du garçon qui semblait avoir vécu dans les airs toute sa vie. Il était difficile de croire que ce balai ne lui appartenait pas réellement.

 

Puis, lentement, Nellie arrêta de penser. Poudlard lui paraissait plus beau sous cet angle. Elle admirait les alentours, la nature endormie par l’hiver, qui semblait retenir son souffle et puis lui. Quel bonheur de le voir dans son élément, l’observer prendre ce plaisir que Nellie devait sans doute elle-même dégager derrière son piano. Elle aurait voulu que ce moment ne s’arrête jamais, plonger dans l’air frais pour toujours avec Mellitus pour seule compagnie. Le sifflet du vent, la mélodie de sa voix, la chaleur de son corps sous ses bras. Délicatement, elle posa sa tête contre l’épaule du Serdaigle, observant d’un œil distrait le paysage qui défilait, le trouvant tout à coup moins morne. Ses longues mèches retenues prisonnières dans sa natte ne se perdaient pas dans le vent, permettant à la jeune femme d’éviter d’être aveuglée, ou pire, de troubler le champ de vision du joueur. Elle ne savait pas pourquoi cet Isha avait subitement décidé de virer le garçon de l’équipe, mais elle en était sûre à présent : cette décision ne devait rien avoir de rationnel.

 

Mellitus décida soudainement de reprendre la conversation là où la demi-vélane l’avait laissée, pensant naïvement qu’un tel sujet ne reviendrait sur le tapis qu’une fois que ses deux pieds auraient de leur côté retrouvés le sol. Par réflexe, elle resserra légèrement sa prise autour du jeune Serdaigle, craignant une chute à la fois physique et relationnelle. Elle ouvrit la bouche pour réagir à ses premières phrases, mais le garçon parti dans une série de manœuvres qui coupa court à toute discussion. Pour une fois, les douces explications de Mellitus ne parvinrent pas à apaiser son cœur qui cognait violemment dans sa poitrine dans l’attente de la suite de ses propos. Le sentait-il ? Cet organe vital prêt à se décrocher ? Ce drôle de trouble qui lui sucrait le bord des lèvres, ses lèvres.

 

Le garçon en revint finalement à la discussion de départ. Nellie se sentait plus faible que jamais, perdue derrière Mellitus, comme prête à recevoir le coup de grâce. Peut-être valait-il mieux que rien ne change ? Que le pas très clair reste un peu obscur pour la protéger de la déception. Ça ne l’ennuyait pas cette drôle de situation incertaine tant que le garçon pouvait de temps en temps lui prêter un baiser ou glisser ses mains chaudes dans ses boucles brunes. Peut-être qu’elle n’était pas si difficile, qu’elle préférait ne pas savoir, qu’elle n’avait demandé clarification que sur le coup de la bêtise, de la fatigue comme un petit brin de folie qui avait fini par la saisir au mauvais moment.

 

Mais Nellie n’eut pas le loisir de l’interrompre. Elle écouta, les doigts tremblants. La proximité l’empêchant de cacher toute sa fébrilité. Et puis ces mots envie de toi qui tournoyèrent dans son cerveau à toute allure. Son cœur qui rata brusquement un battement. La douceur du frisson qui la fit se sentir soudainement si vulnérable. La petite voix dans sa tête cherchait désespérément quelque chose à dire, à rétorquer, casser l’idéal avant qu’il ne la brise de l’intérieur, que la déception soit trop lourde, il lui fallait arrêter ce trop-plein par peur de tomber de si haut, de trop haut pour s’en remettre jamais. Elle rougit. Non, ça, il ne pouvait pas le voir.

 

Merci, souffla-t-elle simplement à son oreille. Comme un secret juste entre eux et les cieux. Tu sais, je…, hésita-t-elle un instant avant de se confier, tout ça est un peu nouveau pour moi. Inspiration. Je ne savais pas que je pouvais charmer qui que ce soit, mais… S’exprimer n’était définitivement pas son fort. Ce soir-là, je crois que, pour la première fois j’en avais envie : j’avais envie de te plaire. Sa peau était brûlante. Nellie jeta un coup d’œil catastrophé à ses mains pour vérifier qu’aucun scintillement suspect ne s’y était déclaré et fut soulagée de constater que son côté Vélane ne cherchait pas à lui faciliter la tâche. Mel, est-ce que tu veux bien, est-ce que tu… Ça se demandait ça ? Comme ça ? Suspendu dans les airs ? Sans pouvoir observer son visage ?

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 23/01/2026 à 00:45

Rien. Doutes et certitudes. Peur et courage. Concret et abstrait. Rien ne demeurait. Un battement frénétique contre lui, auquel répondait celui en son sein. Le poids apaisant sur son épaule. Suspendus dans les airs et le temps, les aigles se trouvèrent. À quoi bon chercher des mots pour quelque chose qui ne peut s'exprimer ? C'était une évidence. Les évidences ne s'expliquent pas.

 

Non, il ne savait pas. Ne savait plus. C'était nouveau pour lui aussi. L'était-ce vraiment ? Ces derniers jours, Mellitus avait retourné la question dans tous les sens. C'eût été facile de croire que le changement s'était produit au moment de l'envoûtement, que cette frontière claire et indiscutable avait été le début de quelque chose de nouveau. Mais non. Il y avait eu des étapes. La sortie à Pré-au-Lard. Ce qu'il avait pu être ridicule ce jour-là. Mais quelle belle rencontre. Le cours de botanique, aussi agité avait-il pu être, les avait vu s'unir pour cueillir le fruit de leurs efforts conjugués. À deux, ils pouvaient accomplir quelque chose. La promenade dans le parc. Pourquoi s'étaient-ils donnés rendez-vous ? Parce qu'il y avait une envie, une curiosité. Se revoir, se connaître. Partager quelque chose. Et puis cette soirée dans la salle commune. N'était-elle pas finalement que celle où ils avaient réalisé que tout avait commencé à basculer bien avant ?

 

Comment pouvait-elle ignorer son charme ? Pas celui que lui conférait sa nature, celui qu'elle dégageait en étant simplement Nellie. Ce n'étaient pas ses cheveux dorés ni sa peau scintillante. Pas même ses traits humains qui n'avaient aucun besoin de magie pour êtres d'une ensorcelante beauté. C'était sa voix, son sourire, sa façon de ne pas finir ses phrases. Sa sincérité et la délicatesse qu'exprimait tout son être. C'était un bonjour timide lancé à la cantonade, un encouragement discret glissé à un condisciple, sa façon de se mordiller discrètement la lèvre en fermant les yeux. Et puis surtout le don qu'elle avait de cambrioler les mots du jeune homme. Elle était le charme.

 

Même si cela était difficile à comprendre pour lui, elle avait voulu lui plaire. Mellitus se passerait volontiers d’explications pour ça. Peu importaient les raisons, seul le sentiment comptait. Quand elle avait révélé son autre nature, il avait eu envie de s'enfuir. Il l'aurait fait s'il avait pensé un seul instant que la demi-vélane avait ne serait-ce que contemplé la possibilité de l'emprisonner dans ses bras. Et voilà qu'elle admettait l'avoir voulu. Mais ce n'était plus un piège dans lequel il ne fallait pas tomber. C'était un compliment, l'aveu qu'elle avait désiré le garder de tout son être. Mellitus pouvait accepter cela.

 

L'aigle interpréta la phrase que Nellie laissa en suspens comme le signal qu'il fallait redescendre sur la terre ferme et il plongea doucement. L'atterrissage fut l'occasion d'enfin croiser leurs regards. Les sentiments, et surtout le fait de les exprimer, n'étaient pas le point fort du jeune homme. De Nel non plus à l'en croire. Une fois de plus, elle avait dérobé son éloquence. Alors il s'en passerait. Faute d'expérience, il chercha gauchement la main qui épousait si bien la sienne. Attira Nel à lui. Ce ne fut ni une question, ni une affirmation. Simplement une évidence.

 

Ensemble.

 

Cette fois il alla jusqu'au bout de ce qu'il avait commencé. Ses lèvres trouvèrent celle de Nel et lui déclarèrent sans un mot qu'il avait trouvé ce qu'elle était pour lui. Amour.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 23/01/2026 à 23:17

Mellitus semblait avoir compris la mélodie de Nellie ou peut-être vibrait-il à la même cadence ? Peu importait, même leurs faux pas semblaient concertés. Alchimie vaporeuse des débuts délicats, Nellie avait du mal à le lâcher du regard, à ne l’aimer qu’un peu, à s’ouvrir à moitié. Elle aurait aimé déverser son cœur entier dans ses bras, lui confier chacun de ses petits tracas tant le Serdaigle semblait accueillir avec facilité ses moindres troubles. Le tableau pouvait-il être plus doux ? Elle n’en croyait rien.

 

À présent elle se demandait comment elle avait fait pour survivre tant d’années sans la fraicheur de l’être aimé, sans se réveiller en pensant à ses lèvres, se coucher en imaginant sa main dans ses cheveux. Elle sentait que son existence tout entière serait à jamais bouleversée par les yeux bleus du poursuiveur, comme deux aimants auxquels elle s’offrait volontiers prisonnière. Sa magie de demi-vélane faisait pâle figure à côté de ce drôle de pouvoir profondément humain.

 

Sans savoir pourquoi, Nellie ne cherchait plus à lutter, comme si toute angoisse avait brusquement quitté son corps. Elle ne savait pas l’exprimer, mais quelque chose en elle avait basculé. Face à Mellitus, peu lui importait finalement de n’être qu’à moitié humaine, elle se sentait profondément vivante, dépendante. L’existence sans lui soudain n’avait plus de sens, mais il était là, dans son champ de vision, si proche, dos tourné et puis plus. Parce qu’elle n’avait pas réussi à le dire, à le crier, Mel est-ce que tu veux bien sortir avec moi ?, voilà qu’ils redescendaient. Le garçon maîtrisait bien son atterrissage : en quoi n’était-il finalement pas doué ? La demi-vélane l’observait de ses yeux pâles comme si elle avait pu se perdre tout entière dans cette contemplation. Il était trop modeste, elle était sûre qu’il aurait tout aussi bien pu qu’elle enchanter ce terrain pour en ôter le danger.

 

Nellie aurait pu s’attendre à une longue tirade de la part du Serdaigle, mais à la place des jolis mots savamment choisis, seul un terme jaillit des lèvres de Mellitus : ensemble. La jeune fille le savoura, le laissa résonner à ses tympans. Les mots avaient toujours eu plus de sens pour elle dans sa langue maternelle, ils touchaient son âme, celui-ci la transperça. À nouveau, il faisait un pas symbolique vers elle, puis un pas physique, une fraction de seconde et elle était contre lui, à lui.

 

Le retour de ses lèvres contre les siennes, imprévu, plus doux encore que la première fois, porté par la promesse d’un attachement réciproque, d’une drôle d’envie nouvelle, innocente, inconsciente. Nellie découvrait son corps en émoi dans l’étreinte du garçon. La chaleur, sa délicate maladresse, ses tentatives de bon élève qui lui donnaient envie de ne plus jamais au grand jamais vivre la fin de ce rêve éveillé. Elle ferma les yeux, tentant de s’oublier dans l’instant.

 

Mais le baiser prit fin, elle souriait : la tendresse ne l’avait pas quittée. Doigts entremêlés, souffle court, elle observait les traits harmonieux de son petit ami ? Ce garçon qui lui ressemblait, qui savait ce que c’était que de s’inquiéter pour une broutille, qui semblait tutoyer autant qu’elle la peur du rejet, venait de s’exposer ainsi au vertigineux danger de se voir abandonner. On s’abandonne pas, affirma-t-elle un peu plus fort que d’habitude, prise par un sentiment d’urgence de verbaliser ses émotions. Une manière performative de conjurer le sort, espérait-elle. Tu es tellement doué Mel, on dirait que tu es né sur un balai, avoua-t-elle sans le quitter des yeux. Faible diversion, le temps de calmer les battements intempestifs de son cœur. Jamais plus elle ne laisserait son côté monstrueux prendre le dessus, quelle qu’en soit la raison, c’était une certitude : à ses côtés, elle n’en aurait jamais plus besoin. Ivre de ce nouveau bonheur, elle reposa ses lèvres contre les siennes plus intensément. Pourrait-elle jamais s’en passer à présent ?

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 24/01/2026 à 05:06

Ce fut comme une éternité qui passe en un instant. Une addiction créée d'un claquement de doigt. Sitôt les lèvres aimées éloignées des siennes, elles manquèrent à Mellitus. Pour être remplacée par un autre doux miel qui le plongea dans une léthargie extatique. On s'abandonne pas.

 

— Non, jamais. Je ne veux pas me souvenir de ce qu'est la vie sans toi.

 

Le compliment, s'il était sincère et agréable dans la bouche de Nel, laissa pourtant un goût amer au jeune homme. Il se dit que ses doutes trouveraient peut-être une oreille attentive en elle. Mais allait-elle accepter de l'écouter se plaindre ? Surtout se plaindre de la chance qu'il avait, ingrat qu'il était. Où n'était-elle pas là avec lui que pour les bons moments et le frisson du plaisir, d'un désir qui avait mué l'amitié en amour ? Peu importe, il devait lui annoncer quelque chose de toute façon, autant expédier les incertitudes dans la foulée. Mais Mellitus n'eut pas le temps de retrouver l'usage des mots et de la parole. Déjà, ces lèvres si délicates revenaient le chercher, l'emmener avec ardeur. Le Serdaigle oublia qu'il ne savait pas embrasser. Il s'abandonna et rendit à... "Mon amour, mon cœur, ma vie..." ; son baiser avec passion. Elle était tout cela et tellement plus à la fois.

 

Il fit tout pour profiter de l'instant, pour prolonger ce merveilleux moment. Quelque part, tapi tout autour d'eux, le temps attendait que les amoureux daignent lui rendre son emprise. Il attendit longtemps. Pas besoin de beaux mots ni de longs discours, ensemble ils échangèrent tant et plus encore en regards et en silences. Il s'aimèrent toute une vie avant de permettre à la vie de continuer.

 

Ce n'est que quand il sembla à Mellitus que le choix ne s'offrait plus à eux, que s'ils continuaient comme cela ils finiraient par se consumer ; qu'il aborda un autre sujet. ils auraient encore tant et tant d'occasions de s'aimer, de se dire et de ne pas se dire tout ce qu'ils ressentaient. D'enrichir leur idylle naissante d'expériences et de souvenirs.

 

— Je n'ai pas ma place dans une équipe de Quidditch. Je sais voler, oui. Mais je ne t'ai pas montré comment. Tu aurais peut-être eu peur. Ou plutôt, j'aurais eu peur pour toi. Mais il y a une chose que je ne comprends pas. Isha m'a prêté son balai et m'a dit de m'entraîner pour revenir dans l'équipe. Ils font des matchs clandestins. Pourquoi me demander de revenir maintenant ?

 

Avec les pieds un peu mieux ancrés sur terre, l'inévitable redevenait une préoccupation. Le quotidien de l'école, les ASPIC et maintenant la reprise des entraînements pour lui. La vie ne pouvait hélas pas se résumer à se regarder et se toucher avec Nel, à se perdre dans la profondeur de ses yeux clairs et à s'oublier dans sa voix. Mais Mellitus avait envie de plus avec elle. De plus d'elle.

 

— J'aimerais qu'on puisse passer plus de temps ensemble. Mais on ne peut pas empêcher l'horloge de tourner. J'ai promis à Isha que je m'entraînerais avant cet après-midi. J'aimerais revenir sur ma parole et te consacrer toute la matinée, la journée même. Et celle de demain et toutes les autres à suivre. Mais on peut pas se dérober à l'ordre des choses. L'après-midi viendra quand bien même je le refuserais de toutes mes forces.

 

Les yeux plantés dans ceux de Nel, il lui reprit la main avec fébrilité. Serait-ce exagérer que de l'embrasser de nouveau ?

 

— J'ai un goût de trop peu de toi mais je suis heureux. Que nous soyons plus que des amis. Si c'est ce que tu désires aussi.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 25/01/2026 à 21:57

Douce Nellie, petite Nellie, charmante Nellie. Voilà qu’elle se perdait, dans ses yeux, sur ses lèvres, elle laissait un peu d’elle-même, des miettes d’amour à distiller en philtres plus puissants que n’importe quels cheveux dorés. Elle était là et absente à la fois, flottant sans doute à quelques centimètres au-dessus du terrain, petit ange dans le flou cotonneux des premiers émois. L’instant ne pouvait pas être plus parfait, elle le sentait, son cœur battre avec le sien, à l’unisson. Le plaisir dans tous ces sens, les caresses, le bonheur enfin, comme une explosion qui chassait tout sur son passage. Une demi-éternité à le contempler, l’enlacer, lui faire avec les yeux toutes les promesses qui ne passaient pas encore la barrière de ses lèvres.

 

Est-ce que tout le monde, vraiment tout le monde, tombait amoureux ? Ou était-ce seulement pour eux ? Cette pommade sur l’existence. La fin peut-être de toutes les souffrances. Combien d’amour échouaient-ils ? Non réciproques, mauvais timings. Mesurait-elle sa chance ? Sentait-elle son privilège ? Celui de connaître, un premier instant de plaisir, de désir où tout semble beau, même eux, deux tourtereaux, alors qu’est-ce que la vie pourrait bien inventer pour parvenir à les séparer ?

 

Elle souriait.

Pluie d’étoiles dans les yeux.

Et comme un drôle de sentiment d’invincibilité à ses côtés.

L’intime conviction – si folle – que rien ni personne ne pouvait les séparer. Même pas elle, qui, dans un élan d’aigreur, avait trouvé bon de charmer le capitaine de l’équipe pour offrir un cadeau à Mel. Mais il en semblait comme… incommodé.

 

Ses paroles tournèrent, elle peinait à suivre, l’observait, mine inquiète, attendant le verdict. Elle le dérangeait, elle aurait pu s’en douter, oui, les ASPICs, les examens et tout ce qu’elle savait si bien faire échouer. Nellie aurait voulu le rassurer : elle ne pouvait pas, n’en était pas capable, parce qu’elle-même avait lamentablement raté l’exercice. Il voulait s’appliquer, se préparer, s’entraîner et puis… aimer ? C’était trop, mais elle comprenait, Nellie comprenait toujours, n’en voulait jamais, c’était comme un réflexe, trouver que le problème venait de soi, pas des autres. Elle pouvait se flageller, c’était moins dur en quelque sorte que d’avouer avoir été déçue, trahie, trompée. Rien de tout ça ce matin, juste un peu de stress, celui qui faisait que le garçon avait tant de charme, parce qu’il savait s’inquiéter de ce qu’elle ressentait, mais aussi d’apprendre, de réussir. Et elle espérait qu’il saurait se montrer aussi brillant qu’il l’était en réalité. Que le monde entier voie en Mellitus le merveilleux sorcier qu’elle n’avait eu aucun mal à déceler.

 

Restait la question d’Isha et, avec autant de folie que de naïveté, l’insouciance de celle qui n’a pas conscience d’avoir fauté, elle lui avoua : c’est un peu à cause de moi, je… j’ai croisé Isha, je lui ai parlé de toi, je lui ai dit qu’il serait idiot de ne pas te reprendre. Elle le regardait, détaillait son expression, cherchant sur son visage le signe d’une erreur qu’elle aurait commise. Je ne savais pas si… s’il m’avait écoutée. Elle aimerait qu’il cessât de se dévaloriser, lui montrer comment elle le voyait, à travers ses yeux, le talent qu’il possédait, le plus indéniable qu’il était pour son équipe. Car qui ne rêvait pas d’un coéquipier capable de réflexion, de remise en question, de penser au collectif avant lui-même ?

 

J’aimerais que tu voies toutes les qualités qui me sautent aux yeux quand je te regarde, souffla-t-elle doucement, mais si tu n’as pas le temps ou l’envie de retourner dans l’équipe, tu peux toujours refuser. Elle serra sa main dans la sienne. Je peux t’attendre par-là, ajouta-t-elle en montrant les gradins. Le bonheur pouvait patienter, une petite pause face à l’amour éternel qu’ils auraient pu se jurer dès à présent, ce n’était rien. Puis elle se dut de prononcer, presque mine de rien : moi aussi, je suis ravie d’être plus que ton amie.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 26/01/2026 à 04:02

La voix de Nellie semblait dicter le rythme du muscle cardiaque de Mellitus. Une question incongrue surgit dans sa tête, énoncée par la voix familière. "Est-ce qu'elle chante ?" Mais ce n'était pas le moment pour ça. Au début, il souriait. Il souriait depuis le début en fait, mais peut-être un peu plus de savoir que dans sa sincérité touchante, Nel était allée à la rencontre d'Isha pour défendre sa cause. Le Serdaigle n'imaginait que trop bien son ami fondre devant les beaux yeux pâles — pour Isha c'étaient toujours les yeux — et acquiescer... n'importe. Quoi. Les engrenages du cerveau de Mellitus s'enrayèrent, grincèrent, ralentirent et finirent par bloquer sur ce qu'il ne voulait pas mal interpréter. Isha avait accepté de le réintégrer. Parce qu'il était sous le charme de Nellie. Sous son charme. Cette fois, la voix qui lui renvoyait des échos indésirables était celle du capitaine. "La femme de ma vie. Une Dame. Elle va venir me voir au prochain match."

 

C'était presque trop évident. Et par toutes les extrapolations possibles et inimaginables, Mellitus s'acharna à essayer de faire en sorte que deux et deux donnent cinq ou six ou peu importe, tout mais pas quatre. Sauf que deux et deux faisaient toujours quatre. La logique ne se préoccupait pas des émotions ni des sentiments. Elle se contrefichait éperdument de ce que ressentait un adolescent qui essayait d'échapper à la conclusion que sa petite amie avait séduit son meilleur ami. Par magie, tant qu'à faire. Il ne souriait plus.

 

Il entendait Nel parler, comprenait ses mots mais était incapable de répondre. Alors c'était tout ? Quelques rendez-vous plus ou moins impromptus, des émois qu'on ne voyait pas venir et des jours de migraine à se taper la tête contre un mur parce qu'on ne ne savait pas ce qu'il se passait ; tout ça pour finir par sentir un château construit de verre s'effondrer sous nos pieds. À cause de la jalousie. Ce laid mot que les amoureux posaient entre eux et le monde pour préserver leur relation. Parce qu'ils avaient peur que laisser l'autre vivre sa vie ne gâchât leur petit bonheur égoïste. Parce qu'ils ne partageaient pas leur amour, ils le possédaient. Cette mauvaise façon d'aimer qui rendait tout si fragile, fragile comme un château de verre. Cet amoureux-là n'avait pas envie d'être jaloux. Mais le choisissait-on ?

 

Le visage inquiet de Nel se dessina sans que Mellitus sût si c'était réel ou le fruit de son imagination. Sourcils froncés, ride ingrate, lèvres affaissées. Il avait peur de cela. De voir le sourire disparaître, de replonger Nel dans ses angoisses et la faire se sentir un monstre à nouveau. Elle n'était pas un monstre. Pas si il refusait ce cadeau empoisonné qu'elle lui présentait en toute innocence. Il n'en avait aucune envie mais c'était nécessaire. En espérant que cette fissure ne fût pas à l'avenir celle qui ferait s'effondrer leur château de pierre. Que Nel ne chercherait jamais plus loin. Il lui mentit.

 

— Nel, je... te remercie. D'avoir fait ça pour moi.

 

Il n'était pas reconnaissant.

 

— Mais je ne voulais pas rejouer au Quidditch. Pas vraiment. Je voulais juste voler. Je sais que cette chose qui t'a sauté aux yeux chez moi existe mais tu ne l'as pas encore vue. Je vais te montrer.

 

Le menteur enfourcha de nouveau le balai pour décoller seul cette fois. Il avait eu le temps, avec Nel, de le comprendre, de l'apprivoiser. N'en avait pas vraiment eu besoin. Il était si docile, ce serait presque trop facile. Mellitus avait l'impression de tricher. Le bolide démarra à toute allure en ligne droite vers le ciel et l'aigle se dévoila. Vrilles, looping, tail whip, superman. Des acrobaties empruntées à droite et à gauche dans les sports moldus. De plus en plus audacieux. Peu avant son apothéose, Mellitus se mit debout sur le balai pour effectuer un salto arrière à des dizaines de mètres d'altitude. Le sortilège de Nellie ne ferait pas une grande différence s'il chutait ainsi. Mais c'était impossible. Le balai n'était qu'un accessoire, une décoration. C'étaient les ailes de l'aigle qui le portaient. Et pour finir de très haut, sa figure préférée. Le saut de l'ange. Tête en bas, bras écartés et le balai à peine retenu entre ses chevilles. Un tour qui n'en était pas vraiment un s'il ne redressait pas au dernier moment pour repartir en rase motte avant de rejoindre Nel et se poser, non sans style, à ses côtés.

 

— On peut difficilement appeler ça du Quidditch mais qu'est-ce que c'est bon ! Et surtout, je n'ai pas besoin de m'entraîner. Ça nous laissera plus de temps ensemble.

 

Révélé dans toute sa splendeur et sa laideur. La modestie n'avait pas su le suivre, était restée quelque part là en l'air, loin. Le péché de Mellitus apparaissait avec limpidité. L'orgueil.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 27/01/2026 à 22:01

Nellie s’était trompée, elle le vit sur le visage du Serdaigle avant que celui-ci ne prenne la peine de le lui expliquer. Ses grands yeux anxieux avaient surpris comme un manque d’étincelles dans le regard de Mellitus, cette petite lumière qui y était pourtant si souvent logée lorsqu’il baissait son visage vers le sien, qu’il lui offrait un sourire, une caresse du bout des cils. La déception, amère, le goût de l’inutilité, la sienne, d’avoir perdu du temps, d’avoir dépensé un brin de charme pour aider cet ami, petit ami ? Qui n’en voulait pas, n’en avait pas besoin. Elle avait péché pour elle-même, sans doute trop gourmande, trop pressée de sentir sur elle le poids du désir à nouveau. Elle s’était trouvé une fausse excuse louable pour commettre ses monstruosités. Et si, à présent, Isha le détestait ? Qu’elle brisait cette amitié fragile avec un simple sourire ? Jusqu’où s’étendait le mal qu’elle pouvait commettre en un battement de cil ?

 

Le garçon ne lui laissa pas le temps de répondre et s’envola à nouveau dans les cieux. La demi-vélane le regarda, plus qu’angoissée, tournoyer dans les airs. Plusieurs fois, elle porta sa main à sa bouche, s’attendant à voir le Serdaigle se rompre le cou. Elle n’aimait pas cet artiste des cabrioles qui semblait pouvoir lui voler la vie de Mellitus en une fraction de seconde. Nellie l’observait avec appréhension, le regard voilé par les larmes qui lui étaient montées aux yeux suite à la réaction du garçon qui ne voulait plus jouer. Elle se sentait idiote, stupide, inutile. Ce qu’elle avait pris un instant pour un talent opportun n’avait rien de tel, ne lui servirait jamais. Sans l’impression d’avoir fait une bonne action, il ne lui restait plus que la honte, celle de s’être laissé prendre au jeu de la séduction, d’y avoir ressenti du plaisir, comme l’autre soir, dans la salle commune. Sens exacerbés, impression de calme soudainement dans sa tête, sur ses traits, la dernière des Butler, prédatrice comme ses sœurs.

 

Mellitus atterrit devant une Nellie au visage rongé par l’inquiétude. Oh Mel, elle le serra brusquement dans ses bras comme si elle avait eu un peu l’impression de le perdre, là-haut sur son balai, comme si le ciel avait pu le lui prendre trop tôt. T-tu es tellement doué et débit trop rapide, elle avait presque du mal à respirer en même temps je… j’ai eu si peur. Elle se sentait pathétique, incapable de se réjouir, trop préoccupée par les pensées incessantes de son cerveau occupées à la dénigrer. Elle ne voulait pas, ne voulait plus rien de cette moitié d’elle atrocement effrayante qui lui rendait les cascades de Mel presque insignifiantes. Qu’allait-il penser d’elle ? Serait-il déçu de ne pas la voir aussi impressionnée par ses prouesses qu’elle aurait dû ? Impressionnée en réalité, elle l’était, un peu trop, mais le garçon l’avait prévenue : tu aurais peut-être eu peur. Et elle avait peur, d’elle, de lui, de tout ce qui pourrait, en elle, en lui, mener à l’implosion de cet équilibre précaire, cette confiance délicate qu’ils avaient su faire fleurir l’espace d’un instant malgré l’océan de doutes que pourraient sans doute former à deux leurs cerveaux torturés.

 

Désolée pour… enfin d’avoir parlé à Isha, elle devait revenir sur le sujet, affronter son angoisse sans quoi elle ne s’endormirait jamais ce soir. Peut-être lui faudrait-il un peu de Mel dans son dortoir pour lui tenir la main et diffuser dans tout son être le doux apaisement que lui seul était capable de lui offrir. Je pensais vraiment que tu voulais rejouer et encore ce fichu regard anxieux je ne voulais pas te mettre dans une situation délicate j’aurais les doigts qui jouent avec la tresse entre ses mains je n’aurais pas dû m’en mêler mine implorante tu n'es pas fâché ?

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 28/01/2026 à 09:22

L'adrénaline chuta vite et fort, comme il aurait pu le faire lui-même au moindre faux pas lors de ce ballet aérien. Et en atterrissant, la chute brisa non pas ses os mais sa confiance et sa satisfaction. Nel était manifestement très inquiète, ce à quoi il pouvait s'attendre un peu car il avait compris qu'elle tenait à lui et qu'il prenait des risques insensés là-haut dans le ciel pour un frisson d'extase qui était certes jouissif mais loin de valoir d'y laisser la vie. Et puis il comprit que la racine de son inquiétude était plus profonde que cela en réalité alors qu'elle parlait d'Isha. Et cette façon qu'elle avait de lui voler ses mots. Mellitus, en guise de réponse, la serra dans ses bras avec toute la force qu'il osa déployer sans lui faire mal. Il lui fallut du temps pour lui dire quelque chose.

 

— Nel, comment pourrais-je être fâché ? Moi aussi je croyais vouloir rejouer. Mais c'est grâce à toi que j'ai compris que ce n'était pas ma vocation. J'ai besoin de voler à ma façon. Et sans toi je ne suis pas sûr que je serais jamais remonté sur un balai. Merci, Nel, c'est vraiment grâce à toi.

 

Mellitus aurait pu s'arrêter là. Peut-être même dû. Mais le mensonge qu'il avait servi à Nellie pesait déjà comme une boule de plomb dans son estomac et il avait du mal à ne pas vouloir s'expliquer, justifier la réflexion qui motivait ses gestes. Emmêlé dans le travers de son habitude de trop s'étendre, il parla parce qu'il croyait que c'était nécessaire, pour être honnête avec Nellie et pour essayer de ne pas tomber dans les malentendus.

 

— Isha va vouloir me démolir en apprenant que je sors avec "la femme de sa vie". Mais j'ai son balai en otage, ça devrait me couvrir. Et je suis désolé de t'avoir fait peur. C'est que... je ne peux pas rejoindre l'équipe. Je sais que tu es allée voir Isha pour me faire plaisir, je n'ai aucun doute à ce sujet. Mais je ne peux pas rejouer en sachant que tu t'es sacrifiée pour ça. L'autre soir, dans la salle commune, j'ai vu ton désarroi. J'ai senti que ce pouvoir t'empoisonnait l'existence depuis l'intérieur. Je ne veux pas que tu aies l'impression que ça te définit. Tu es Nel, pleine et entière. Je t'aime pour ce que tu es, pour la sorcière douce et attachante qui m'enlève les mots de la bouche. Je t'aime avec cette partie vélane en toi. Tu n'es ni juste l'une ni juste l'autre. Tu es les deux à la fois, Nel. Et tu es parfaite comme ça.

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