Homme
17 ans
Sang-mêlé
Ukrainien
Modération
Identité
-
- Septième année
- Surnoms : Sashou
- Nationalité : Ukrainien
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 23/01/2026 à 22:16
- Chomu ty tse zrobyv ? (Pourquoi t'as fait ça ?)
- Ya ne znayu, ya pro tse ne dumav. (J'sais pas, j'ai pas réfléchi.)
Kalina et Sasha remontaient les escaliers, la petite soeur suivant son aîné en devant presque sauter sur les marches pour essayer de suivre les grandes enjambées agacées du Gryffondor. Mais, tenace, même le souffle court, elle n'abandonnait pas.
- Na shchastya, vsi dyvylysya na ekrany, a potim yiyi tato tezh zakrychav, inakshe b usi tebe pobachyly. Krim toho, ya vpevnenyy, shcho deyaki lyudy tebe bachyly, khocha ty y kazhesh, shcho my povynni trymatysya v tini, shchob vpysatysya, to chomu ty... (Heureusement tout l'monde regardait sur les écrans, puis y'a eu son papa qui a crié aussi, sinon tout le monde t'aurait vu toi. D'ailleurs je suis sûre qu'il y a des gens qui t'ont vu, alors que tu dis qu'il faut qu'on fasse profil bas pour s'intégrer, alors pourquoi toi tu...)
- YA ZH KAZHAV, SHCHO NE ZNAYU, BLYN ! (JE T'AI DIT JE SAIS PAS PUTAIN !)
Kalina bondit sur une marche inférieure, s'écartant de son frère qui venait de faire volte-face en criant - le visage rouge et les poings serrés.
- ZALYSHTE MENE Z TSYM NA SAMOMU ! (FOUS MOI LA PAIX AVEC CA A LA FIN !)
Sasha la fusilla du regard avant de se détourner brusquement pour repartir vers la salle commune des Gryffondors. Après un temps d'arrêt, le coeur battant, Kalina se remit en marche pour le rattraper, silencieuse.
Trop silencieuse.
Plusieurs minutes plus tard, quand ils passèrent la porte de la salle commune des Gryffondors, il l'entendit renifler. Ils traversèrent la pièce principale, où quelques élèves étudiaient tranquillement, et se dirigèrent vers l'entrée des dortoirs : deux escaliers différents séparaient ceux des filles et ceux des garçons. C'était la frontière où leurs vies se séparaient chaque soir, où il acceptait de faire confiance à Poudlard pour ce qui se passait pour elle au-delà de ces quelques marches. De façon inhabituelle, Kalina s'engagea dans les escaliers en lui tournant le dos - mais il la rattrapa au dernier moment par le bras.
- Zachekayte. (Attends.)
Kalina ne résista pas. Elle se retourna vers lui, les yeux plein de larmes et la bouche déformée par la peine, alors Sasha soupira, dévoré par une culpabilité soudaine. Il s'accroupit pour lui parler à sa hauteur - elle avait grandi, mais pas encore autant que lui - et saisir ses deux épaules pour être sûr qu'elle l'écoutait bien. D'autres élèves prêtaient peut-être l'oreille - mais ils ne parlaient sûrement pas ukrainien.
- Vybach. Ya ne khotiv zasmuchuvatysya. (J'suis désolé. J'voulais pas m'énerver.)
- Ty teper vesʹ chas zlyshsya, renifla Kalina en l'accusant du regard. (Tu t'énerves tout le temps maintenant.)
- Tak, ya... meni shkoda, il répéta. (Ouais, je ... J'suis désolé.)
Elle haussa les épaules, et il la prit dans ses bras. Kalina accepta l'étreinte, non sans une moue boudeuse.
- U tebe domashnye zavdannya sʹohodni vvecheri ? demanda-t-il en la relâchant. (T'as des devoirs ce soir ?)
- Prosto chytayu, ya vporayusya sam, grommela-t-elle, toujours boudeuse, mais ses larmes ne coulaient plus, et Sasha décida de lui faire confiance. (Que de la lecture, je vais y arriver toute seule.)
- Dobre, todi na dobranich. (Ok, bonne nuit, alors.)
- Na dobranich. (Bonne nuit.)
Kalina lui échappa. Sasha la regarda disparaître avant de se passer les mains sur le visage, comme pour essuyer une fatigue qui lui collait aux traits.
Maître Panthère, sur un arbre perché, tenait en sa gueule un branchage, histoire de ruminer ses problèmes tout en satisfaisant son envie perpétuelle de se mettre quelque chose sous la dent. La Lune brillait au trois-quart dans un ciel parsemé de nuages clairs, mais le temps était humide. L'herbe mouillée répandait son odeur verte et l'écorce sous ses griffes s'amollissait lorsqu'il les enfonçait de façon régulière, assouvissant ce besoin d'étirer ses phalanges félines.
De là où il était perché - quelques mètres au-dessus du sol - il pouvait contempler à loisir le parc et ses ombres, parfois même repérer aux fenêtres de Poudlard des silhouettes d'habitants nocturnes du château, dont il n'essayait guère de savoir à qui elles appartenaient.
Il s'en fichait.
Sous sa forme animale, il se fichait beaucoup plus de tout, d'ailleurs. C'était juste plus simple, quand on était une panthère, d'apprécier la brise claire et les odeurs riches, de ne penser qu'aux jolies motifs que formaient les herbes hautes du fond du parc quand elles se pliaient au vent.
Finies les longues escapades dans la Forêt Interdite et les explorations qui avaient occupé ses nuits l'année précédente. Désormais Sasha mâchonnait, morne, sur sa branche favorite, en contemplant un monde dont il se sentait toujours étranger.