Harry Potter RPG

[En Cours]
Réunion de crise Dans le salon, jeudi 24 janvier 2126

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 31/01/2026 à 03:00

À quoi sert-il à Prisca de faire des blagues si Caecilia les gâche avant même qu'elles soient prononcées ? Mais le fait que celle-ci n'avait pas tardé à réitérer si vite l'expérience avec son mari si peu de temps après leur première fois arrache un sourire satisfait à l'athlète. Son amie est bien mieux capable d'emprisonner les hommes dans sa toile que l'inverse ne serait jamais possible. Ce qui la soulage d'une inquiétude au moins.

 

— Très bien, tu marque ce point-là, Nem-nem. Si deux coucheries étaient suffisantes pour former un couple, je m'appellerais Madame Bulstrode.

 

Même sans sa présence, la pensée seule de Quintus suffit à invoquer une nausée aussi sûrement qu'un gallion attire un niffleur. Et comme de bien entendu, Nem-nem a fermement décidé que ce serait son sujet préféré dans les minutes à venir. Faire bonne figure, sourire, contredire et en admettre juste assez. Complexe opération que de mentir à la meilleure amie d'une vie. Pas le choix de faire autrement.

 

— Je serais vexée que Quintus n'ait jamais été un peu piqué de moi, d'accord. Mais de là à demander ma main à ma famille ? Nem-nem, je suis née-moldue je te rappelle. Quintus n'aurait jamais fait ni eu à faire ça. Laisse tomber cette histoire, tu te fais des illusions.

 

Et il valait mieux. Ce qui n'empêche pas Prisca d'être plus sèche et catégorique que souhaité en prononçant ces paroles. Caecilia reste fidèle à elle-même et s'engonce dans ses introspections dévastatrices dans lesquelles elle sait si bien manœuvrer pour s'écorcher partout sans jamais totalement se crasher ni arriver à destination. Prisca n'est pas la mieux placée pour répondre à la question de la maturité, elle qui feint la sienne chaque jour pour cacher aux yeux du monde une gamine trop rêveuse tellement effrayée par l'inexorable avancée du temps qu'elle met régulièrement sa vie en pause en croyant que ça suffisait à ne pas vieillir. Elle se lève et enlace Caecilia par derrière. Commence à la bercer doucement entre ses bras.

 

— C'est normal d'avoir peur de grandir. Mais tu vas pas me dire que tu veux rester Caecilia Rowle, une petite fille ballottée par les aléas de la vie jusqu'à la fin de tes jours ? Il faut être adulte pour faire ce qu'on veux. Et toi tu es capable de tellement de choses ! Si tu gâches ce potentiel, je te mords.

 

Pour illustrer son propos, elle plante ses lèvres dans la nuque de Nem-nem. Un sourire malicieux plus tard, elle a une nouvelle idée pour la charrier.

 

— Dis-donc. Tu sens le Fawley à plein nez ma grande. C'est de t'être vautrée dans ses bras, ça. J'espère que ça remplacera l'odeur de clope.

 

Pendant quelques instants, Prisca revoit les bouilles enfantines de ses amis lors de leurs débuts à Poudlard. Quintus, déjà tout mielleux et langue de velours. Scott, téméraire et fédérateur, le noyau de la bande. Caecilia... si pure et innocente. Une Caecilia immaculée qui ne s'est pas encore faite broyer par les mauvais choix, les mauvaises personnes. Caecilia qui allait chercher le ballon perdu par une Prisca gourde et gauche qui pleurait. Quand est-ce que tout avait changé ? Fiançailles foireuses d'un politicard. Gosse et femme trophée de fonctionnaire. Mélodrame d'une sorcière d'élite. Pas la vie débridée d'une athlète mais plutôt le cauchemar éveillé d'une amie. Comment Prisca pouvait sortir Nem-nem d'un tourment dans lequel elle se noyait elle-même après avoir plongé à son secours ? Une seule solution : la sauver au détriment de soi, lui sacrifier la bouée de sauvetage.

 

— Va falloir grandir quoi qu'il arrive. Je te montrerai comment on fait. C'est con mais on commence par faire semblant. On fait comme si on pouvait expliquer la vie à sa meilleure amie. On l'emmène bouffer des nems. Et un jour on se réveille et on est adulte. Tu verras, ça fout la trouille mais c'est facile. Faut juste suivre le chemin et regarder où on met les pieds pour pas se tordre la cheville. Mais si ça t'arrive, supergirl viendra te secourir en balai volant. Alors, t'as vraiment peur de m'avoir dans les pattes pour te sortir du pétrin quand tu te casseras la gueule ? Parce que ça arrivera. Mais je serai là. 

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 31/01/2026 à 21:12

Prisca tente d’amener de la légèreté dans la conversation, elle gronde puis câline avec la même intensité son amie démunie qui la regarde avec ses yeux admiratifs de toujours. Présence maternelle aux dents acérées, la louve cajole sa petite à coup de museau, petit tacle bien placé, tendresse bien étalée. Caecilia reçoit, accepte, profite.

 

Aujourd’hui, c’est elle qui est vulnérable.

Mais demain ?

 

La joueuse s’occupe de sa môme, elle le lui rendra. Échanger les rôles, serrer les coudes, c’était tacite, peut-être qu’il lui manquera le panache, mais pas l’intention. Prisca, Quintus, oui, c’est pour toujours et tous les chagrins d’amour semblent bien pâles à côté de la solidité de ce lien-là.

 

Pas très à l’aise avec la vision de Prisca dans les bras de Quintus, ou peut-être de Quintus dans ceux de Prisca. Caecilia apprend quelques commérages, mais il y a déjà prescription et elle ne peut s’empêcher de laisser échapper un petit rire.

 

Son amie coupe cependant rapidement cours à son imagination de chipie. La sorcière lève un sourcil curieux en l’entendant lui répondre un peu plus froidement qu’à l’accoutumée. Cette fois, elle en est sûre, cela cache quelque chose. Le Bulstrode se fiche bien de respecter les vieilles traditions familiales : il y a un mystère sur lequel elle ne parvient pas à mettre le doigt. Ou alors… Caecilia réfléchit un instant à la possibilité que son ami d’enfant ait pu demander sa main à elle. La tireuse chasse cette idée d’un haussement d’épaules, mais la pernicieuse revient aussi vite qu'elle est partie. Elle fronce les sourcils.

 

C’est une nouvelle fois la blonde qui lui permet de sortir de ses tristes pensées en l’entourant de ses bras. Caecilia ferme les yeux, porte ses mains contre celle de son amie pour prolonger un peu l’étreinte qui lui fait du bien. Prisca accompagne son câlin des douces paroles sensées dont elle a le secret. Rowle, depuis combien de temps n’a-elle plus entendu prononcer ce nom ? Le souvenir de son père lui soulève un instant le cœur, et cette fichue acidité dans le fond de son palais qui ne disparait pas. La sorcière a quitté une certaine idée de l’enfer pour rentrer dans une prison certes plus confortable, mais qui garde néanmoins des barreaux.

 

Elle ne comprend pas pourquoi Manius et Prisca semblent vouloir lui faire croire qu’elle est libre malgré tout. Libre de se cacher pour laisser son corps épouser celui de Scott, libre de se sentir coupable à chaque regard impuissant de Manius, libre de laisser filer celui qu’elle aime dans les bras d’une autre, de se marier, de faire un gosse. Non, ce n'est pas parce qu’elle n'est plus physiquement attachée qu’elle est libre, ses amis devraient le savoir.

 

Et Manius. Manius, qui est amoureux, pas juste insulté dans son honneur comme elle aurait pu le penser, mais profondément blessé parce que son cœur, quelque part, bat pour elle.

Alors, comment grandir, comment se sentir libre ?

Avec cette drôle de pression, d’impression : celle d’être trop et pas assez.

De décevoir, toujours, tout le temps, quoiqu’il arrive d’être déplacée.

 

La sourde jalousie qui l’a prise le matin même, ce nom Ophelia qui l’a transpercée de part en part. 

Est-ce que Fawley l’a trop attendue ?

 

Caecilia frémit au contact des lèvres de son amie qui lui rappelle d’autres baisers. La pique fait mouche, la sorcière se retourne la mine outrée, pose une main à l’endroit où Prisca vient de planter sa bouche. Arrête, tu mens. Les yeux écarquillés, le cœur soudainement emballé. Elle lui envoie un petit coup de baguette dans les côtes. Et non, ma grande, y a pas que toi qui peut frapper.

 

Merci Pri, et son sourire qui vient chasser de son visage toutes les nuances de souffrance, j’essayerai de me montrer à la hauteur de tes attentes. Caecilia enlace à nouveau son amie, voudrait ne plus jamais la quitter, ce pilier au centre de sa vie qui la soutient dans toute sa fragilité. T’es mon héroïne. Elle sait aussi que c’est parce qu’elle est là que la sorcière peut se laisser aller comme ça. Toujours plus ingrate avec ceux dont elle sait qu’elle ne sera jamais abandonnée. Prisca Thompson vaut bien douze Emfield à elle seule. Et je… j’essaie avec Manius, je te jure que j’essaie.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 01/02/2026 à 02:59

— Il suffit pas d'essayer. Trouve les bonnes raisons de le faire, conclut Prisca.

 

La peine de son amie un peu plus légère, pour l'heure, la conversation finit par dévier sur des sujets qui pèsent moins lourd sur les épaules mais qui n'en sont pas forcément moins importants pour autant. Prisca raconte les paysages magnifiques de ses voyages, les meilleurs restaurants de Grande-Bretagne, les performances d'un nouveau modèle de balai, les rencontres fortuites avec des anciens condisciples. Les deux amies-sœurs se disent tellement de chose que, de temps en temps, Prisca arrive presque à oublier que Quintus git dans son lit à l'hôtel et que Caecilia n'en sait rien parce que, elle, a oublié.

 

— [...] Une croisière sur le lac de Bled que la capitaine avait dit. Tu parles ! Ha c'était beau : imagine une grande étendue d'eau turquoise qui reflète les Alpes juliennes, une vue imprenable sur l'église médiévale... 'fin bref. Sauf qu'on était sur des barques à ramer pendant des heures parce que c'était dans son programme d'entraînement. Je te raconte pas comment Malya était vénère. [...] Faut que tu testes leur haggis. C'est une recette transmise dans la famille depuis des générations, un bon petit plat grand-mère. Sauf que Malya se rend compte que son couteau est tordu et essaie de le redresser. La lame est partie comme une flèche sur la table d'à côté ! Y a pas eu de blessé mais on a quand même dû se barrer. Mais qu'est-ce qu'on a ri ! [...] Malya a un nouveau balai, tu verras comme elle déchire avec. Tellement qu'on dirait une pluie de météorites sur l'équipe adverse. [...] Tu devineras jamais qui a voulu rejoindre l'équipe ? Sina Ganders, t'sais la peste qui piquait tout le temps les lunettes de Quintus. J'ai eu besoin que d'un regard pour que Malya capte le message. On aurait dit que Sina s'était transformée en aimant à cognards. L'est pas prête de remonter sur un balai. On y est peut-être allé un peu fort j'avoue.

 

Elles papotent aussi d'actualité et de ragots people. Les emmerdes c'est franchement moins pénibles quand c'est aux autres que ça arrive. Les histoires d'athlètes qui font éclater leur réputation à cause d'un petit scandale, l'affaire de la fiole de Felix Felicis achetée au marché noir par Seth Spindle pour booster les performances de son équipe. Prisca évite les racontars sur les couples de sportifs en se disant que c'est pas le moment pour Caecilia. Dommage, rien ne vaut l'anecdote de deux équipes qui se font sabotées par leurs propres joueurs parce que certains d'entre eux entretiennent une liaison avec quelqu'un de chez l'adversaire. C'est pas Prisca qui se ferait prendre à empiéter sur les résultats des Harpies pour des histoires aussi triviales, Malya pouvait en attester. 

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 01/02/2026 à 21:43

À présent que le plus lourd est dit, Caecilia savoure la compagnie de sa meilleure amie. Il faut donc que Scott Emfield décide de la larguer pour qu’elle récupère un peu de la présence de la blonde. La vie est définitivement bien mal faite ces derniers temps.

 

Caecilia se laisse bercer par les anecdotes de la joueuse, essaie de répondre avec entrain malgré la fatigue d’une nuit agitée et les multiples questions qui l’assaillent depuis le matin. Elle joue négligemment avec une mèche de ses cheveux, hoche la tête, sourit avec douceur, rit un peu trop fort parfois. Mayla, Mayla, Mayla, il y a un point commun à toutes tes histoires Pripri. Sourire malicieux : dis-moi t’aurais pas couché un peu plus que deux fois avec ta chère coéquipière ?

 

La sorcière se souvenait assez bien de la joueuse, trois ou quatre ans plus âgée qu’elles, qui avait infligé des défaites plutôt moches à leur équipe. À cette époque, il était clair que les sentiments de Prisca étaient quelque peu plus mitigés face à la batteuse rouge et or. Sans doute l’admiration ne s’était-elle néanmoins jamais véritablement envolée des yeux de la jeune attrapeuse.

 

Cette idée la ramène étrangement à elle-même et l’ancienne Poufsouffle se demande ce qu’elle ferait de sa vie à présent, de son cœur brisé, sans Manius pour lui coller un pansement. Sans doute irait-elle, l’âme en peine, purger sans douleur dans quelques bars. Une jolie petite sorcière célibataire. Vingt-deux ans, n’était-ce pas un bel âge pour s’amuser ? Elle se promet d’aller au bout de cette excellente idée : après tout, puisque tout le monde s’efforce de lui répéter que sa cage n’a pas de geôlier, autant en profiter.

 

C’est qu’elle a envie, elle aussi, de flirter, de rencontrer, de sentir d’autres parfums, d’autres lèvres. L’amour, dans la bouche de Prisca, lui semble être une terrible plaie de laquelle il faut à tout prix se garder. Alors, elle lui pose directement la question avant de tenter, de se forcer, de faire plier son cœur pour qu’il batte au rythme de celui de son mari : Pri, si tu avais été mariée de force à quinze ans, est-ce que tu serais fidèle à ton mari ? Puisqu’après tout, on se permettait un peu trop de la juger sans se mettre à sa place.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 02/02/2026 à 02:35

Des fois Prisca se demande ce que c'est d'être dans la tête de Caecilia Fawley. Une pure cinéaste qui se fait chaque jour sa propre fournée de films dramatico-romantiques. Oui, Malya est en quelque sorte au cœur de la vie de sa coéquipière. Normal, elles passent la plupart du temps ensemble et s'entendent comme larrons en foire. Elles partagent l'objectif d'intégrer l'équipe nationale, un goût pour les relations libres et sans accroche, un vestiaire embué...

 

C'est vrai, elles sont faites l'une pour l'autre. À leur façon. Pas question d'ajouter cet ingrédient empoisonné qu'est l'amour dans une si belle histoire.

 

— Disons qu'on a pris certaines habitudes avant les matchs. Mais je sais ce que je fais : je ne laisserai pas la moindre étincelle de sentiment romantique s'immiscer entre moi et mon plan cul préféré.

 

Oui, Caecilia est définitivement une foutue cinéaste. La spécialiste du mélodrame. Incapable de se contenter des petits moments tranquilles et paisibles. Non, s'il n'y a pas de douleur en permanence dans l'existence de Caecilia, c'est à croire qu'elle ne se sent pas vivre. Pourquoi faut-il qu'elle ramène son enfer sur le tapis et qu'est-ce que c'est que cette question sordide ? Est-ce qu'elle se rend compte de la personne à laquelle elle s'adresse pour demander une chose pareille ? Qu'est-ce que Prisca y entend à la fidélité ? Celle-ci pousse un gros soupir désemparé.

 

— Comment veux-tu que je te réponde, Nem-nem ? J'ai pas le malheur d'être à ta place et la fidélité c'est une question que je n'ai jamais eue à me poser. À la limite, tu sais quoi ? Je pense que tu te trompes de question en fait. Parce que t'as déjà répondu à celle-là. Tu l'as trompé pendant sept ans ton mari, avec ton petit-ami. Et je crois bien que c'est précisément pour que tu le fasses qu'il t'a passé la bague au doigt. Sinon il aurait étranglé Scott en vous tombant dessus. 'Fin, il aurait essayé.

 

Prisca essaie de réfléchir, de trouver quelque chose de satisfaisant à dire à Caecilia mais elle n'a pas toutes les réponses. Peut-être qu'elle s'épanouirait en variant les plaisirs, peut-être qu'elle se consumerait. Cela lui semble profondément intime, propre à chacun. Elle n'est certainement pas du genre à se dévouer pour la vie. Caecilia n'a connu que Scott et découvert récemment Manius. C'est normal d'être curieuse. Mais est-ce sain pour son amie ? Et qu'en est-il de Manius ? Est-ce qu'il a passé ces sept dernières années à fuir son épouse pour rejoindre d'autres personnes en toute quiétude, l'air de rien ? Elle déteste devoir réfléchir à ça et encore plus devoir répondre à Caecilia.

 

— Tu pourrais... je veux dire... c'est une drôle d'idée. Mais Manius s'est montré compréhensif pour Scott. Peut-être que vous pourriez envisager de vous mettre d'accord pour ne pas être exclusifs. Mais comment tu peux lui présenter l'idée ? S'il est contre, le simple fait d'avoir émis cette possibilité lui filera un doute permanent et tu peux faire une croix sur sa confiance. 

 

Non, décidément rien ne sonne juste. Il n'y a pas de réponse à ça. Ou il y en a trop. C'est le genre de question qu'on n'est pas censé avoir à se poser. Sauf que voilà, Caecilia est une putain de cinéaste qui puise une inspiration sans fin de sa propre vie bien pourrie. Et ça énerve Prisca autant que ça lui fait de la peine. 

 

— C'est peut-être moins une question de ce qu'il s'est passé jusque maintenant que de quel genre de personne tu veux devenir. Ho ! et puis tu m'emmerdes avec ta question.

 

Excédée autant que perdue, Prisca se dirige vers le bar et prend une bouteille de scotch qu'elle envisage d'entamer généreusement. Mais à la réflexion, l'odeur l'écœure et elle renonce. Comme si tout allait bien. Mon cul !

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 05/02/2026 à 17:34

Il y a quelque chose, un petit bout d’histoire peut-être, coincé on ne sait où, perdu dans un tiroir sans doute qui empêche la sorcière de fonctionner normalement, d’être là, seulement . Dans un demi-instant présent, non, impossible de profiter. Caecilia ne sait pas si c’est parce que son cœur est toujours trop douloureux, si elle a besoin que Prisca change encore et encore ses pansements. C’est toujours peu agréable, d’avoir quelques plaies, mais ça resserre aussi les liens, ça entretient la relation, ça donne une bonne raison d’évoquer des sujets compliqués et puis ça lui fait du bien : une petite thérapie pour la sorcière.

 

Prisca refuse de goûter à l’amour, non, la joueuse ne veut pas et son amie ne comprend pas trop bien pourquoi. Refuser de souffrir, oui ? Mais alors, pourquoi vivre ? À quoi goûter ? Sa bouche doit être anesthésiée à forcer d’avoir tout savouré.

C’est peut-être ce qui les différencie fondamentalement.

 

Caecilia peut, pourrait, peut-être pas d’ailleurs, il est vrai qu’elle ne sait pas, n’a pas testé, oublie un peu quoi faire de sa liberté un peu – mais pas trop – retrouvée.

 

Elle a l’impression qu’elle laisserait son cœur dans les bras d’inconnus, même avec Manius, elle n’y arrive pas. C’est comme si elle ne pouvait pas simplement offrir ses bras, non, il lui faut plus, elle a besoin de sentir sa prise – son emprise ? – sur l’autre, de le savoir à elle. Ophelia. Est-ce qu’elle devrait l’avouer à la joueuse ? Lui raconter que ce n’est pas vraiment l’amour qui l’a poussée dans les bras de Fawley une deuxième fois, mais plutôt… et comment le décrire ?

 

Un instant de survie ? Un réflexe ? Une frayeur ?

 

La crainte de le voir s’envoler, de perdre un cœur qu’elle a pourtant eu sans le désirer un seul instant pendant sept ans ? Je capte pas pourquoi t’aimes pas l’amour Pripri, elle grimace, c’est le concept de l’existence en fait d’aimer, sinon à quoi bon vivre franchement. En fait, peut-être que ça l’énerve juste, elle, de ne pas arriver à s’en détacher.

 

La sorcière écoute son amie avec une mine un peu boudeuse. Quand elle évoque Scott, la blessure s’ouvre à nouveau violemment : je l’ai pas trompé ! Elle ne peut pas s’empêcher de réagir. Parce que, dans sa tête, ce n’est pas vrai. Caecilia a toujours été fidèle. La tireuse essaie de s’imaginer proposer à son mari de la laisser le tromper, mais curieusement

une réticence.

Pointe étrange dans l’estomac, qui donne la nausée.

 

La jeune femme se mord la lèvre en comprenant qu’elle ne pourra jamais le lui proposer. Ophelia. Elle en serait malade. Un vague dégoût d’elle-même la prend soudain. Caecilia Fawley serait donc jalouse ? Ce n’est pas l’idée qu’elle se faisait d’elle-même, mais Vanessa, oui, elle ne peut pas le nier, il y avait des signes.

 

Quel genre de personne elle veut devenir.

 

La formule frappe aux oreilles de la jeune femme qui sent soudainement sur elle tout le poids de la sagesse de Prisca. Quel genre de personne. Caecilia soupire longuement. Des formules comme ça, c’est certain, on ne s’en débarrasse pas, jamais. Elle triture sa baguette, la fait glisser entre ses doigts, passe nerveusement l'arme d’une main à l’autre. Est-ce qu’elle peut vraiment continuer d’être infidèle à Manius en partant du principe qu’il la trompe aussi ? Ophelia. Peut-être. O-phe-li-a. Peut-être pas.

 

J’crois qu’il y a une autre femme dans sa vie. Mais pire encore. J’crois que ça me plait pas. Et quel doux euphémisme.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 05/02/2026 à 18:44

Est-ce qu'une vie sans amour vaut la peine d'être vécue ? La réponse a toujours semblé tellement évidente pour Prisca. Liberté, Quidditch, insouciance, ambition... oui, il y a plein d'autres raisons de vivre. Alors pourquoi la remarque de Caecilia l'oblige à y réfléchir ? Aimer, c'est se rendre vulnérable, donner un pistolet chargé à quelqu'un en lui faisant confiance pour ne pas vous tirer dessus. Très peu pour Prisca. Surtout que, malgré tout l'amour et le respect qu'elle a pour sa meilleure amie, cette dernière est la preuve vivante que parfois la personne à qui on file ledit pistolet s'empresse de vider le chargeur dans la poitrine. Et de remettre des munitions derrière.

 

— Je dis pas que ça fonctionne pour tout le monde. Ma vie me convient comme ça. Toi, t'es trop romantique pour t'en passer.

 

Au vu du culot que ça a dû demander à Nem-nem pour protester à la suggestion qu'elle ait trompé Manius pendant des années, Prisca ne peut se retenir de pouffer allègrement en se demandant par quelle gymnastique mentale la sorcière est arrivée à la conclusion qu'elle était restée fidèle. Sans méchanceté aucune, c'est juste tellement inattendu même pour elle. Quoiqu'elle comprend un peu le raisonnement quand même.

 

— Ma belle, d'accord t'as peut-être pas trompé Manius sentimentalement vu que tu l'aimes pas. Mais techniquement... je veux dire, j'étais là quand tu lui as juré fidélité. Je te reproche rien. Même lui ne te le reproche pas apparemment. T'es clean va.

 

La promesse faite par Nem-nem le jour de ses foutues noces. Bien sûr, c'était une vaste blague, une mise en scène pour contenter ces connards de patriarches au sang-pur. Sauf qu'elle avait prononcé les mots. Prisca revoit encore Quintus, ivre, qui lui confie son sentiment que leur amie commune lui appartient de droit parce que, toute petite, elle lui avait promis qu'ils se marieraient. La douleur tord l'estomac de l'athlète rien que d'y penser. Ce genre de propos a du poids aux yeux des imbéciles qui croient que tout leur revient. Son amie s'en rend-t-elle compte ?

 

Et comme on peut s'y attendre un peu, mais juste un peu parce qu'elle reste imprévisible, quand on a l'habitude de Caecilia ; celle-ci trouve encore le moyen de lâcher une énorme bombe comme si de rien n'était. Qui amène une certaine réflexion tout de même car Prisca doit bien admettre qu'elle ne s'était jamais posée la question. Pour ce qu'elle en sait, Manius foutait la paix à sa Nem-nem qui en profitait pour se taper son petit-ami et pas besoin de chercher plus loin. Mais c'était loin d'être stupide de considérer que l'homme, tout galant qu'il paraisse, puisse avoir également profité de la liberté accordée à son épouse. Par contre, ce qui désarçonne profondément la blonde, c'est que manifestement Caecilia n'est pas tolérante du tout à cette idée. Un toupet d'autant plus étonnant qu'elle n'a jamais éprouvé la moindre affection pour son mari, a priori. Peut-être que finalement, coucher deux fois avec la même personne provoquait bel et bien le risque de tomber amoureuse. Prisca lève la main devant sa bouche, l'expression théâtralement choquée pour dissimuler son véritable étonnement.

 

— J'y avais jamais songé ! C'est clair que ça m'étonnerait qu'il ait gardé toutes les femmes qu'il a pu croiser à distance pendant sept ans. Aucun mec ne s'infligerait volontairement autant d'abstinence et faut voir les choses en face : ton mari a un côté séduisant. Pour les gens qui aiment les boy-scouts. Mais pourquoi une autre femme ?

 

Question un peu stupide à la réflexion. Si Caecilia était romantique, Manius avait tout l'air d'être le romantisme.

 

— T'es au courant d'un truc, d'office. T'as trouvé une lettre un peu trop ambigüe ou quelque chose comme ça ? T'sais ce qui me choque dans tout ça, c'est que ça t'emmerde. Je te trouve un peu gonflée mais t'as qu'à me dire : Manius ou l'autre gonzesse ? Je défonce qui tu veux.

 

Ou pas en réalité. Rien ne dit que l'homme marié n'a pas tout simplement soigneusement planqué son alliance pour courtiser des sapiosexuelles prêtent à s'abandonner dans les bras d'un gars en se récitant des dates historiques en guise de mots salaces. Si la vision amuse Prisca, elle n'irait pas jusqu'à venger la jalousie de sa meilleure amie sur une innocente qui pouvait très bien ne pas savoir qu'elle s'était faite avoir par un bonimenteur déjà pris. La solidarité féminine, ça compte.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 06/02/2026 à 19:55

Trop romantique ? Dans la bouche de son amie, le mot semble sonner comme une tare. Caecilia croise les bras. Peut-être bien qu’elle est trop dramatique dans ses envolées d’émotions, mais elle ne peut pas concevoir que ce n’est pas le cas de Prisca. Sa propre sensibilité lui semble uniquement être la norme, celle à travers le prisme duquel se construit sans doute l’intégralité des autres êtres humains. Une autre réalité lui est inaccessible, inenvisageable, ou alors son amie est cassée. Le cœur, forcément, s’érafle sous les caresses des amants. Elle vient encore d’en faire l’expérience, pourrait le lui prouver par a + b. C’est ce qu’elle croit.

 

J’suis pas romantique, c’est toi qui fonctionnes de manière étrange. Et elle aurait bien besoin de connaître son secret. J’étais fidèle à Scott, déclare-t-elle en haussant les épaules, Manius, je l’ai pas touché, je l’ai même pas un peu aimé, ça veut rien dire la fidélité dans ce cas. Eleftheria glisse entre ses mains, elle refumerait bien une clope, la présence de la blonde la retient, pas de provocation inutile. La sorcière s’étire un peu, les idées encore embrouillées par l’alcool. C’est comme Emfield, lui me trompait avec Vanessa tu vois, c’est la même chose. Elle triture une mèche de ses cheveux, un gros soupir et la douleur dans sa poitrine qui ne semble pas se faire à l’idée du chagrin d’amour.

 

La réaction de Prisca lui fait froncer les sourcils. La tireuse prend dans sa main les doigts que son amie vient de porter à ses lèvres, comme si elle essayait de lire, derrière, le secret que la blonde tenterait de lui cacher. Elle ne sait pas pourquoi, mais, en entendant les termes prononcés dans la bouche de Prisca – ton mari a un côté séduisant – une vague mêlée d’orgueil et de jalousie brute la submerge brusquement. T’as couché avec lui ?

 

Regard accusateur.

Une sorte de « on avait dit pas les maris ».

 

Manius Fawley est amoureux de moi, ça veut dire que lui me trompe vraiment. Elle vomit sa mauvaise fois en insistant de manière presque pédagogique sur les termes de l’énoncé. Il m’a épousée il y a sept ans parce qu’il m’aimait. En fait, ça la fait chier que personne ne comprenne ce qu’elle veut dire. Caecilia Fawley est la poupée de tout le monde : on la prend, l’habille d’une robe blanche et paf on décide qu’elle est mariée. Bah non, en fait, mais si un homme se le permet, alors il peut bien lui rester fidèle jusqu’à la fin de l’éternité. Il a choisi, elle ne peut s’empêcher de continuer de s’offusquer : en fait, si c’est pour se taper des bibliothécaires à la con, bah faut pas se marier putain.

 

Elle voit rouge, une sourde chaleur dans la gorge, à ses tempes. La prise qui se resserre sur la baguette, regard noir. Elle ne sait pas exactement ce que fait O-phe-li-a et à vrai dire, elle s’en contrefiche, l’idée même de la trahison lui file des haut-le-cœur et c’est suffisant pour qu’elle doive retenir ses larmes. Elle avait rien demandé. Moi j’suis là, on me veut, on me veut plus, on me marie, on me trompe les dents trop serrées putain. Ça y est, la sorcière recommence à trembler, ça lui donne la nausée ces histoires à la con, son mari pas fichu de rester fidèle, une petite merde d’humanité, qui lui avoue ses tromperies après qu’elle vienne de se donner à lui. Elle s’appelle O-phe-li-a, belle insistance sur chacune des syllabes, j’vais la dégommer moi-même t’inquiète. Tant d’amertume dans une si jolie bouche.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 07/02/2026 à 02:32

Caecilia n'a pas l'air de se rendre compte que plusieurs vérités peuvent coexister selon l'angle sous lequel on voit les choses. Comme la tromperie de Scott qui concerne les deux femmes et pas seulement son amante. C'est même objectivement un peu déplacé de dire que Scott avait trompé Caecilia mais Prisca n'est pas objective concernant sa meilleure amie et approuve totalement cette perspective. Ce qu'elle ne comprend par contre pas et qu'elle a envie de dire à Nem-nem, c'est que cette dernière a accepté sans broncher que son amant la trompe pour finalement se plaindre d'avoir dormi dans le lit qu'elle avait fait elle-même. Mais elle n'a pas le temps de partager le fond de sa pensée que la brune est sur elle, tenant sa main et se permettant l'outrecuidance de lui demander si elle avait couché avec son mari. Prisca a envie d'éclater de rire face au ridicule de l'accusation mais voit bien que ce n'est pas une réaction appropriée. Alors elle se contente de lever les yeux au ciel en entremêlant ses doigts entre ceux de son amie.

 

— Bien sûr que non, Nem-nem.

 

Elle se retient d'ajouter quoi que ce soit, de dire à Caecilia qu'elle est outrée qu'elle puisse penser ça. Mais ce n'est pas le moment de monter au créneau avec sa précieuse sorcière bien-aimée. En d'autres circonstances, Manius aurait pu être le genre de mec que la joueuse ne se refuse pas. Mais en l'occurrence, il est à la fois le mari et le geôlier de sa meilleure amie, chacune de ces raisons suffisante à elle seule pour dissuader Prisca.

 

Le discours de Nem-nem a beau être biaisé, les deux amies partagent le même point de vue. L'infidélité de Manius peu bien sembler logique à Prisca, elle n'en est pas légitime pour autant. Un homme marié se doit d'être fidèle. Pour ça qu'elle avait déjà commencé à éprouver de la rancœur pour Scott et à s'éloigner de lui depuis, quoi, deux ans ? La blonde approuve tacitement les paroles de Caecilia, enregistre l'information : la maîtresse est une bibliothécaire. Ça ressemble bien à l'idée qu'elle se fait du Manius adultère. Puis un nom tandis que Caecilia s'enfonce ostensiblement dans une colère dévorante. Ophelia. Ophelia la bibliothécaire. Mais il y a un point sur lequel Prisca se sent obligée de contredire son amie en rage. L'amante peut tout aussi bien être une complice qu'une victime.

 

— Tu vas pas dégommer cette Ophelia. Pas tout de suite, ma belle. C'est pas parce que Manius se l'est tapée qu'il lui a dit la vérité. Il est même très probable qu'il lui ait menti en lui cachant qu'il est marié. Si elle n'est pas au courant, elle n'y peut rien. Dans le cas contraire je viens la dégommer avec toi. Mais il faut d'abord être sûres.

 

Aucune raison de douter de ce qu'avance Caecilia. Elle est si convaincue de ce qu'elle affirme avec aplomb que ça ne fait aucun doute. Manius a une maîtresse bibliothécaire qui s'appelle Ophelia. Indubitable vérité. Prisca est ralliée à la cause de sa meilleure amie, l'a toujours été. Sa seule retenue est de ne pas vouloir s'en prendre à une innocente. Elle lâche la main et se met à faire les cent pas en réfléchissant. Venger Caecilia est une évidence mais encore faut-il le faire de façon sensée.

 

— On a besoin d'un plan. Pour déterminer si Ophelia est la complice ou la victime de Manius. Déjà, comment tu as appris que c'est sa maîtresse ? Ça peut nous donner une idée de ce qu'elle sait ou pas. On a besoin de preuves. Je te soutiens à cent pour cent, Nem-nem, mais ça rime à rien de s'en prendre à Ophelia si elle sait pas.

 

Prisca se mord la langue pour ne pas comparer la situation avec Vanessa. Celle-ci ne connaît même pas l'existence de sa rivale amoureuse, comment la blâmer dans pareilles conditions ? Il faut rester concentrée sur le problème actuel.

 

— Faut qu'on sache avant de l'approcher. Si c'est possible. Sinon on pourra toujours la confronter et voir si elle se trahit.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 07/02/2026 à 23:26

Prisca a un peu trop souvent le monopole de la sagesse au goût de son amie. Elle tempère Caecilia alors qu’Eleftheria tourne déjà entre ses doigts, baguette aussi souple que le corps entraîné de sa propriétaire. Tant d’effort physique gâché par les clopes en série et les boissons alcoolisées. La sorcière se dégoute, là, assise à comploter contre une pauvre fille que son mari a choisi de se taper. Ophelia et puis quoi ? Il a peut-être bien raison de se trouver une nouvelle fleur face à l'état dans lequel sa femme finira par sombrer. Elle ne se reconnaît plus. C'est donc ça que font deux ans à attendre un homme marié à une autre, se l'approprier pour une soirée avant de le laisser fuir au milieu de la nuit, les draps désespérément vides au petit matin, une plaie ouverte dans le coeur. Le revoir, s'engueuler, faire l'amour, se quitter, recommencer.

 

Sourcils froncés. Tu penses Manius sait mentir toi ? Presque du dédain dans la voix. Impossible pour elle d’imaginer le sorcier manipuler une femme pour se l’approprier. Quoique s’octroyer une femme, il l’avait déjà fait, mais au vu du prix à payer : aurait-il vraiment recommencé ? Pas sûre, non, il y avait une autre raison, seconde impulsion. Ce ne pouvait être qu’elle, cette bibliothécaire avait-elle dit, ou quelque chose comme ça, un boulot bien ennuyant en tout cas.

 

C’est lui qui me l’a dit à demi-mot. Prisca a besoin d’enquêter, de réunir des preuves, de tâter le terrain avant d’agir, comme une être humaine tout à fait normale en somme. Caecilia hausse les épaules et soupire avec dépit, elle n’a pas réfléchi si loin quand elle a plaqué sa baguette contre le cou de Manius avec assez de haine pour toute une vie. J’mènerai mon enquête tranquille t’inquiète et la joueuse a bien de quoi s’inquiéter quand son amie lui formule les choses de cette manière. En fait, ça la saoule qu’elle ait l’air de trouver ça amusant, de vouloir trouver des indices, d’interroger des suspects, ça se voit que la sorcière n’a jamais été trompée. C’est toujours elle qui frappe en premier.

 

Viens te rasseoir, Pripri, on s’en fiche de cette fille, elle le dit surtout pour éviter que la blonde commence à trop s’en mêler, voir qu’elle décide de lui couper l’herbe sous le pied. Elle en serait bien capable. La sorcière réglera son différend en temps voulu, pour le moment, elle veut juste profiter du réconfort de son amie-sœur.

 

Caecilia ne peut pas s’empêcher de se demander pourquoi ça lui retourne le cœur aussi violemment, pourquoi sa réaction a été si soudaine ce matin même, lorsqu’il a mentionné le prénom de la jeune femme ? Ophelia, un vrai nom de Troll. Au fond d’elle, elle sent bien que sa jalousie n’est en réalité qu’à demi justifiée. Et pourtant, cette main qui serre et serre l’organe dans sa poitrine, elle, est pleinement réelle.

 

Les doigts qui glissent sur le bois de tremble, un regard accroché dans le vide. Comme elle. Ce lendemain de veille un peu trop bousculé qui a décidé de tester les limites de sa raison. En fait j’arrive plus à m’en foutre perdue dans ses pensées de Manius j’veux dire, un nouveau soupire pour rejoindre les précédents. Tu vas te moquer de moi, mais Eleftheria qui tapote un peu trop rapidement contre ses phalanges, nerveusement j’crois j’peux pas coucher sans aimer un peu. Elle lui fait offrande de ce drôle d’aveu. On va courir demain ? C’est qu’il faut qu’elle se décrasse avant de se faire descendre pour cause d’hygiène de vie déplorable.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 08/02/2026 à 20:06

Tout le monde sait mentir. Pas forcément bien cela dit. Et c'est vrai que Manius Fawley n'a pas le profil d'un bon menteur. Il pourrait prendre des leçons dans ce domaine de la part de Quintus qui est un maître en la matière. La douleur lacérante dans son ventre oblige Prisca à redescendre sur terre. Et ses émotions se posent quelque peu avec elle, l'ire partagée avec Caecilia lève un peu son voile sur l'esprit de l'athlète. Manius aurait avoué à demi-mot son adultère à sa femme dans les douze heures après l'avoir surprise avec son amant. Cet homme dont la maladresse sabotait toute la prudence en est bien capable. Pourtant quelque chose cloche.

 

C'est sans doute le changement d'attitude soudain de son amie. Un instant elle paraît prête à tuer et celui d'après elle veut mener une enquête tranquillement, seule. Parce qu'on s'en fiche de cette fille. O-phe-li-a. Cette manière maniaque qu'elle avait eu de prononcer son nom. Caecilia ne s'en fiche pas le moins du monde. Elle a l'intention de régler ça toute seule et Prisca sait qu'elle ne l'en empêchera pas. Très bien, elle n'agiront pas de concert dans ce cas. La blonde retourne s'asseoir près de son amie et lui souffle avec douceur le seul conseil qu'elle puisse lui prodiguer.

 

— Ne fais pas de bêtise, d'accord ?

 

La nécessité d'en arriver là lui tord les entrailles de plus belle mais Prisca va avoir besoin de Quintus. C'est lui qui grâce à son réseau et son aisance sociale avait le plus de chances de trouver cette bibliothécaire nommée Ophelia. S'il la trouvait, Prisca pourrait aller se faire sa propre opinion sur la maîtresse de Manius.

 

Les confidences de Caecilia l'attendrissent. Comment a-t-elle fait son compte pour s'attacher si vite à ce mari avec lequel aucun mot n'a été échangé en sept ans ? Comme si Prisca pouvait se moquer d'elle. Au contraire. Elle tend sa main pour prendre la joue de sa sorcière préférée et dépose un baiser sur le bout de son nez.

 

— Tu es juste pleine d'amour à ne savoir qu'en faire.

 

Le brusque changement de sujet ramène avec lui toute la malice de la joueuse de Quidditch qui compte bien abuser de sa forme physique impeccable pour secouer Nem-nem. 

 

— À la première heure. Et t'auras intérêt à suivre, je ne te ménagerai pas. Tu vas regretter toutes les saloperies que tu t'enfiles, tu peux me croire.

 

Le programme allait être chargé pour la tireuse d'élite. L'entraînement exigeant des Harpies n'était pas à la portée de tout le monde et Prisca comptait bien le lui dispenser sans concession. Mais il ne suffit pas d'une séance de sport pour remettre en forme quelqu'un qui se sabote sciemment la santé. Une moue inquiète qui ne lui est pas coutumière  inscrite sur ses traits, elle prend la main de Caecilia.

 

— J'aimerais vraiment que tu fasses plus attention à toi. J'ai peur de perdre la personne que j'aime le plus au monde. S'il-te-plaît, ma Nem-nem.

 

La supplication se conclut dans une étreinte sororale prodiguée comme si celle-ci pouvait être la dernière.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite de la baguette magique

Message publié le 10/02/2026 à 13:18

Paroles lancées en l’air, provocations, aveux de faiblesse : Prisca accueille tout avec la même absence de jugement. Caecilia sent derrière le regard de son amie une profonde bienveillance et un souci de sa personne qu’elle continue à avoir du mal à accepter malgré toutes ces années.

Une confiance un peu déplacée qui lui donne des responsabilités.

La nécessité d'atteindre ce qu’elle attend d’elle, de devenir la Caecilia que son amie voit : une sorcière calme et posée qui ne défonce pas une jeune bibliothécaire qui n’a rien demandé. À part peut-être le corps, le cœur de son mari ou du moins son estime et son admiration. Est-ce déjà trop pour elle ? De se sentir à ce point devancée par quelqu’un de probablement brillant qu’elle n’égalera jamais. Et elle, que suscite-t-elle en Manius si ce n’est de la confusion ?

 

La tireuse se sent soudain découragée, abattue par la vie qui semble un peu trop lui faire des croche-pieds. Il n’y a même pas vingt-quatre heures que Scott s’en est allé avec son cœur. Sait-elle vraiment où elle en est ? Ce qu’elle pense ressentir pour Manius est-il un tant soit peu positif ? Ou ne s’agit-il que d’un brin de colère saupoudré de désespoir, le tout probablement aromatisé à la possessivité ?

 

Promis, j’serai sage, soupire-t-elle. Elle lui doit bien ça et puis, il faut avouer qu’elle ne sait pas encore bien quoi penser de cette Ophelia. Tout se brouille un peu dans son esprit, elle agira après avoir fait un grand tri.

Pas folle non plus la tireuse.

 

Elle accueille le baiser de Prisca avec un petit sourire : tout mon amour est pour toi. Ses lèvres brièvement pressées contre celle de la joueuse. Elle repense à leur conversation. Heureusement qu’elle n’a jamais accepté une partie de jambes en l’air avec son amie, il faut croire que c’est sa spécialité de toujours rendre les choses un peu plus compliquées. Elle n'est plutôt pas douée pour faire la distinction entre les émotions et la raison.

 

La perspective d’un entraînement violent avec son amie lui réchauffe paradoxalement le cœur. Caecilia, tel un petit poussin, a besoin qu’on la gronde quand elle s’égare du chemin tracé par sa mère-louve. Les paroles tantôt provocantes, tantôt rassurantes de Prisca finissent par faire leur effet, berçant la jeune sorcière dans la sécurité d’une amitié inconditionnelle. Elle se laisse glisser dans l’étreinte de sa sœur comme une petite enfant qui a trop pleuré après avoir fait une bêtise.

 

Ses bras à elle sont solides, capables de la préserver de tous les dangers, de lui dire non et je t’aime dans la même phrase. Sans elle, la tireuse n’est pratiquement rien. Un léger sourire sur les lèvres, les yeux qui se ferment doucement, son corps soudainement apaisé rend les armes. Je t’aime Pri, murmure-t-elle en se laissant tomber dans un rêve léger. Peut-être est-ce là que Manius la retrouvera ? Endormie dans les bras de son amie pour récupérer des émotions et du manque de sommeil de la veille.