Harry Potter RPG

[En Cours]
Histoire de famille Salle de colloque, lundi 28 janvier 2126

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 28/01/2026 à 19:20

L'ambiance au Ventre de Bacchus est, comme toujours, pour le moins excentrique. L'historien n'est pas exactement à son aise dans ces lieux trop exubérants pour quelqu'un d'aussi réservé mais il apprécie chacune des invitations de Valentina De Luca, une femme qui l'impressionne par sa faculté à attirer et réunir des personnalités parmi les plus fascinantes du monde. Et que dire de sa collection d'art qui recèle de véritables trésors souvent chargés d'intérêt archéologique également. Alors Manius prend sur lui, essaie d'ignorer ces femmes et ces hommes aux manières séductrices qui déambulent dans l'établissement en invitant ses visiteurs à toutes sortes de tentations.

 

Malgré la sensation de chaleur qui l'étoufferait presque, il s'efforce de terminer son monologue aussi magistralement qu'il en est capable sans céder à la tentation de défaire sa cravate et déboutonner sa chemise. Les interventions en public ne sont généralement pas son point fort mais l'incommensurable intérêt que soulève son sujet de ce soir le rend volubile et la passion qui l'anime lui confère une certaine éloquence dont il ne se rend pas compte. Dans ses mains moites, une lampe à huile à moitié carbonisée et respectueusement manipulée dans un linge pour la protéger lui sert de pièce à conviction pour appuyer ses dire.

 

— [...] Ainsi, Heqaib Ptahchepsès est le sorcier à qui l'on peut attribuer la croyance persistante que les Djinns peuvent être emprisonnés dans ce genre d'instruments. Vous constaterez que l'or qui compose cette lampe a manifestement fondu en partie, ce qui témoigne de son exposition à une température supérieure à mille degrés Celsius et contribue à accepter l'hypothèse qu'un Éfrit s'en serait échappé. Mais cela ne constitue pas une preuve, il est tout à fait possible que cette lampe ne soit qu'un savant bluff destiné à dissuader les ennemis de Ptahchepsès à l'époque. Cependant, si la lampe était fonctionnelle, cela nous amène à envisager des questions absolument terrifiantes. De quelle puissance phénoménale peut être doté la Djinn évadée de cette geôle et ourdit-elle depuis des siècles une vengeance inconcevable à l'encontre du clan d'Heqaib ? Et quelles sont les restrictions qui s'appliquent au pouvoir de la lampe ? Peut-elle capturer d'autres créatures ? Des... êtres humains ? Mesdames et messieurs, je vous remercie infiniment de votre attention et vous souhaite une excellente soirée en la demeure de notre estimée hôtesse Valentina de Luca ! 

 

L'orateur est à bout de force, le souffle court d'avoir tant parlé. Sa gorge desséchée requiert l'eau de toute une oasis pour étancher sa soif mais il n'est pas encore temps de s'éclipser au bar pour cela. Tâchant de faire bonne figure, il se tient à disposition de l'assemblée pour répondre aux éventuelles questions qu'il prie Gormlaith Gaunt d'être peu nombreuses. La tête qui lui tourne légèrement permet à ses pensées de divaguer un court instant vers Caecilia et il se demande ce qu'elle penserait de le trouver dans un tel endroit. Distraitement, il repose la lampe et caresse son annulaire à l'endroit où la trace de son alliance absente demeure. Puis une voix rappelle son attention à l'ordre.

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Ambassadrice Égyptienne
Lutins Crétins de Noël

Message publié le 28/01/2026 à 20:17

L'ambiance feutrée, le velours luxueux des chaises et ce reste d'odeur capiteux de vin rouge qui flottait dans l'air changeait des lieux de réception que j'avais l'habitude de fréquenter. Toutefois, les rares invitation de la chère et mystérieuse Duchesse du Bacchus étaient toujours les bienvenus. Il y avait en cette femme quelque chose de fascinant et dangereux. Sa magie était dans tout les murs de ce domaine. Elle sortait très rarement, par choix ou obligation, je ne saurais le dire. Mais, ferrue d'art et d'histoire, elle attirait la culture et l'intelligence à elle. Tout comme elle avait mis le grappin sur Monsieur Manius Fawley, que je rencontrais enfin après une correspondance riche et intéressante. L'homme avait eu besoin de quelqu'un de nos archives familiales pour ses recherches aussi obscures qu'étonnemment intrigantes. Pourquoi avoir choisi un membre aussi influent de la magie égyptienne ? Ce n'était pas si commun. Bien que le clan Ptahchepsès était l'une des familles les plus anciennes au monde, si ce n'est  la seule.

 

- Manéthon de Sebennytos avait une interrogation assez similaire sur l'utilisation de cet artefact sur d'autres créatures. Il s'avère que le descendant direct d'Hequaib aurait pu utiliser, non pas d'or, mais du cuivre pour enfermer des moldus renégats. Son Ægyptiaca en trois volumes discuterai même de "cuivre gobelin" dont la création à été perdue et effacée de l'histoire avec l'incendie du Mouseîon d'Alexandrie. Officiellement. Officieusement, ma famille avait mis la main dessus il y a des siècles et les tomes, en mauvais état cependant, étaient enfermés en lieu sûrs. Mais, la aussi nous pouvons supposer qu'une propagande politique grecque après la chute pharaonique, accusant les moldus d'avoir "tuer" les divinités qu'étaient les membres de la royauté égyptienne de l'époque. Discuter avec cet homme épistolairement avait été un plaisir, mais j'appréciais plus encore quand nous pouvions parler enfin face à face. Même s'il ne savait pas encore qui se cachait derrière ce port altier, ce regard chiastolite sombre, et cette peau magnifiquement cuivrée. J'avais hâte que le colloque se termine. Nous avions beaucoup à nous dire il semblerait. 

 

 

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 29/01/2026 à 11:34

Un court instant de silence suit l'intervention de la Dame. Non seulement parce que Manius Fawley a une sensation étrangement familière en étant pourtant certain de ne l'avoir jamais rencontrée mais aussi mais parce qu'il prend la peine de considérer sa réponse avant de la livrer. Une lueur vive, éclat d'intérêt autant que d'intelligence, brille dans le regard intense de l'intervenante qui manifeste les qualités physionomiques de la gent méditerranéenne. Pas si étonnant qu'elle semble la seule véritablement passionnée par le sujet au milieu des yeux certes curieux mais pas tant engagés du reste des invités de ce colloque. Où qu'il aille, les recherches de l'historien orientées vers la magie noire se heurtent à une sorte de tabou qui met mal à l'aise les moins initiés.

 

— Ma très chère Dame, vous mettez élégamment en évidence l'aspect le plus compliqué du travail archéologique. On ne peut en effet apercevoir l'Histoire qu'au travers du prisme de ceux qui l'ont écrite et du message qu'ils ont souhaité transmettre en leur temps et pour la postérité. Et les drames tels que la disparition des archives alexandrines nous privent hélas de tant de connaissances.

 

Officiellement, a-t-elle prit la peine de préciser. Ce terme tourne dans l'esprit de Manius, convaincu que son emploi s'accompagne implicitement de sa contrepartie, de l'existence d'une autre vérité dissimulée aux yeux de l'information publique. Une personne telle que celle qui s'adresse à lui ne peut l'avoir employé sans dessein. L'urgence de s'entretenir plus longuement, et peut-être ouvertement, avec cette femme presse son instinct curieux.

 

— Je paierais volontiers de mon temps et ma loyauté pour avoir un aperçu des précieux ouvrages de Manéthon. Une telle sommité dans son domaine ! Ne serait-ce que pour vérifier si cette édifiante hypothèse selon laquelle le "cuivre gobelin" ne serait en réalité pas un mystérieux matériau égaré dans les méandres du passé mais une métaphore de la couleur de peau de ces renégats a quelque source tangible. Ce ne sont que des élucubrations en l'état mais, personnellement, je trouve qu'il y a au moins une sorte de poésie un rien séduisante à l'idée que ces moldus n'aient jamais été enfermés par le descendant d'Heqaib mais tout simplement dans leur condition mortelle et dépourvue de magie. Prisonniers de leur propre peau, leur être tout entier. De là, il n'y a qu'un pas pour amener la réflexion philosophique : sommes-nous libres ?

 

Pour en arriver à ce genre de considérations existentielles, c'est que la discussion a profondément enflammé le sang-pur qui ressent en lui le feu de la passion alimenté par les paroles cultivées de son interlocutrice. Elle lui rappelle quelque peu Ophelia Frost, sa consœur, qui n'a pas tout à fait la posture digne de cette Dame mais rivalise avec les plus grands esprits qu'il eût rencontrés. Elle lui rappelle même autre chose sur laquelle Manius n'arrive pas à mettre le doigt.

 

— Je vous prie d'excuser mon indélicatesse mais votre verbe me paraît singulièrement familier et je crois pourtant ne pas encore avoir eu la chance de vous rencontrer. Permettez-moi de vous dire que votre présence ici honore la haute réputation des invités de Sa Grâce De Luca. Auriez-vous l'obligeance de m'autoriser à vous inviter autour d'un verre afin de poursuivre cet échange ?

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Ambassadrice Égyptienne
Lutins Crétins de Noël

Message publié le 30/01/2026 à 06:16

Je sens immédiatement ce frisson particulier qui traverse l’air lorsqu’un esprit vient de reconnaître un autre esprit. Fawley venait de démontrer que c'était homme à voir au-delà de chaque apparence et chaque mot. Un homme de vérité, d'hypothèses et de recherche. Un homme dangereux sans en avoir conscience. Bousculer l'histoire écrite, recréer, remodeler la vérité comme elle devait être au départ, c'est remuer des siècles de construction bancales et solides. Si on retire une pierre en plein milieu, soit ça passe, soit tout s'effondre. Mais, la déconstruction c'était mon plaisir. Et je comptais bien aussi remodeler une petite partie infime du monde. 

 

- En effet, cher Monsieur Fawley, nous nous connaissons. Je croise mes jambes, face a lui, et dégage une mèche de mes cheveux souples derrière l'oreille sans plus de cérémonie. La plupart des personnes de ce colloque savaient parfaitement qui était parmi eux au vu des regards indiscrets. Je reconnaissais quelques visages que j'avais dû croiser dans d'autres colloque ou au Ministère sûrement, mais aucun visage reconnu ne portait véritablement de nom. Je n'avais déjà discuté avec aucun d'entre eux. Je n'étais pas intéressée par la banalité. 

 

- Vous oubliez un point important de votre hypothèse cher Monsieur Fawley. Si vous parlez d'enveloppe corporelle qui sert de prison et réceptacle de simple mortel dépourvu de magie, cela concernerait tous ceux dont le sang ne fait partie de la famille royale, peut importe la magie, c'est la divinité symbolique qui doit être pointé du doigt. Le cuivre gobelin ne toucherai pas le matin et le soir, les étoiles et les crues qui sont à la volonté du suzerain.  

 

Plusieurs pharaons d'autres dynasties qui avaient usurper le titre s'étaient octroyés eux-mêmes divinité parmi les divinités. Hequaib lui-même en faisait partie. J'accepte de parler plus longuement avec vous à la fin de votre intervention. J'hoche doucement la tête, et observe de nouveau les spectateurs de ce débat. Si nous ne dirons pas avec le corps, c'est nos deux intellects qui avaient commencer une valse de passion que nous étions pas encore prêt à rompre. Les questions, cependant, ne vinrent finalement jamais. Avaient-ils eu trop peurs de dire et clamer haut et fort des banalités devant la Princesse Égyptienne ? Probable. Aucun, finalement, n'avaient leur place dans cette ronde culturelle, entre deux prédateurs de savoir, deux questeurs de vérité. Deux prêtres passionnés des vieilles pierres et des musiques anciennes. Un égal intellectuel qui était très plaisant. 

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 31/01/2026 à 01:58

Cher Monsieur Fawley... La formule, comme extraite de son contexte épistolaire et associée au charme moyen-oriental de l'intervenante, provoque le déclic qu'il manquait à Manius ; trop exalté par le sujet de la conversation pour concentrer sa réflexion sur l'identité de son interlocutrice. Et le terrasse. Tant bien que mal, il tente de maîtriser sa sortie alors que les regards curieux s'égarent autour d'eux. Aussi gracieusement que possible et avec une sincère humilité, il s'avance tranquillement, à pas mesurés, vers Nephtys Ptahchepsès en personne.

 

— Par Raczidian, il me faut abdiquer devant votre maîtrise du sujet. Car j'aurai beau l'étudier toute ma vie durant, jamais je ne pourrai prétendre rivaliser avec la vôtre et c'est tout simplement logique.

 

Arrivé à une distance proche mais toujours respectable d'elle, l'historien pose un genou au sol et baisse la tête avec respect.

 

— Votre Altesse, je suis votre dévoué serviteur.

 

Il se redresse dignement. Ce n'est pas tous les soirs que Manius se retrouve à débattre d'Histoire avec les descendants directs des personnalités qu'il passe son existence à analyser. Après tant de lettres échangées, voici qu'elle se tenait devant lui, altière. Et lui octroyait le privilège d'une leçon dispensée en personne.

 

— Vous me voyez fort aise d'avoir bénéficié de votre sagesse. Je le serai davantage encore en partageant avec vous mes dernières observations sur l'objet de nos courriers. Et si vous m'accordez le temps, nous pourrions dévier vers l'utilisation du sceptre héqa en magie. Un domaine qui est aussi indissociable de votre prestigieux héritage. J'ai récemment appris qu'il en existerait d'authentiques datés de notre siècle. Ce qui remet en cause la supposée obsolescence de son utilisation et le droit exclusivement pharaonique de celle-ci. Dût cette rumeur s'avérer fondée.

 

Manius Fawley a du mal à ne pas sentir les regards qui coulent sur lui. Envieux de son dialogue avec l'héritière Ptahchepsès ou le jugeant de s'être si promptement rendu devant l'évidence de son incapacité à poursuivre la réflexion amenée par la Princesse. Mais la modestie est une valeur chère au Poufsouffle et il ne doute pas que la noble Dame comprenne qu'accepter cet état de fait tenait moins de l'aveu de faiblesse que d'une faculté à se remettre en question et à conserver l'esprit critique sur les limites de son propre savoir.

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Ambassadrice Égyptienne
Lutins Crétins de Noël

Message publié le 01/02/2026 à 19:09

Reconnaître que nous ne connaissions finalement que peu d’un sujet sur lequel nos collègues, patriotes ou lecteurs nous considéraient comme spécialistes était un aveu fascinant. Une philosophie socratique que j’appréciais profondément et que je partageais humblement. J’avais simplement la chance de posséder des sources rares, à la portée de très peu de gens, ce qui me donnait un net avantage dans les frontières de la réflexion. Chez Socrate, l’homme vraiment cultivé n’est pas celui qui accumule des certitudes, mais celui qui prend conscience de l’étendue de son ignorance. Plus nous nous cultivions, plus nous nous interrogions, et plus nous comprenions cet abîme d’ignorance dont nous ne percerions peut-être jamais les secrets. Pourtant, l’orgueil de mon cœur et de mon âme me poussait à vouloir en savoir plus que quiconque. Si l’homme en face de moi suivait l’humilité de la modestie, j’obéissais à cette loi irrésistible qui fait ma force et ma faiblesse : mon rang. Pourquoi est-il si difficile de résister à cette forme féminine de l’ambition qu’on nomme curiosité ? Savoir est puissance, et toute puissance est la quête éternelle des hommes. Pour ma famille, pour mon clan, la puissance était le pouvoir, car ils étaient dénués de curiosité, craignant l’ignorance.

 

- Détrompez-vous, Docteur, Professeur…? Fawley. Le titre comptait pour moi. Parce que j’avais lutté pour obtenir le mien. Ici, je l’aurais eu de naissance. Mais chez moi, en Égypte, être le fruit d’un arbre bien portant ne signifiait pas être choisi par la main du cultivateur. Il fallait grandir, se faire valoir, devenir et s’imposer. Le sang ne crée pas la curiosité ; seul le désir de savoir le fait. Vous êtes bien plus instruit que la plupart des membres de ma famille. Et c’était bien malheureux. Non pas parce qu’il n’était pas digne de telles connaissances, mais parce que notre héritage se perdait au fil des siècles et des millénaires. Trop de mensonges avaient masqué la vérité au profit des légendes. Les dieux seuls savaient combien les Ptahchepsès appréciaient les genoux inclinés. D’un signe de la main, je l’implorai de se relever. Il était le prince de ce colloque, et moi, je n’en étais que spectatrice, je le reconnaissais sans honte. 

 

- Je ne peux refuser une telle demande devant un homme si instruit et riche de savoir. Après tout, vous pourriez apporter des réflexions que je n’ai pas eu l’intelligence de formuler. J’inclinai lentement la tête, sans quitter son regard qui brûlait d’une passion que je connaissais trop bien. C’était un homme qui avait gagné tout mon intérêt, et surtout, toute mon admiration. Un léger sourire écartait la commissure de mes lèvres, illuminant de grâce un visage trop sérieux et impassible pour le commun des hommes. Manius Fawley s’était sûrement déjà attiré les foudres de ceux qui se croyaient géants de naissance, sans que mon regard ne daigne les calculer. Et la jalousie de ses femmes, qui auraient aimé avoir les faveurs d’un tel être à la place de la princesse égyptienne que j’étais, ne me touchait guère. Elles ne se croyaient que moins légitimes. J'attendais la fin de ce colloque, avec une légère impatience contenue. 

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 02/02/2026 à 18:20

Elle veut savoir son titre, cela à son importance pour certaines gens. Pas pour Manius, qui avait obtenu le sien grâce à sa thèse sur Azkaban et la création des détraqueurs, sujet qui demeure la prédilection de l'historien et dont les secrets encore non dévoilés constituent l'objectif ultime de sa carrière. Mais Manius n'avait pas rédigé cette thèse pour obtenir son statut, il avait eu celui-ci parce qu'il avait élaboré une théorie animé par la flamme dévorante de sa curiosité.

 

— Docteur, Votre Altesse. S'il vous agrée, mon prénom est amplement suffisant pour vous adresser à moi. Vos paroles me flattent grandement, merci.

 

Avec une impatience croissante, Manius attend que le colloque prenne lentement fin. Son attention dérive plusieurs fois durant ce temps, plus préoccupé par son anticipation de poursuivre un échange stimulant qui s'annonçait des plus instructif avec Nephtys Ptahchepsès que par l'opinion d'une vieille guenaude qui s'étale longuement sur la culture gobeline dont elle est manifestement bien moins instruite qu'Ophelia Frost. Tout ce qu'il manque à l'aimable sorcière courbée sur une table d'étude du musée de Godric's Hollow, c'est une occasion de faire ses preuves. À moins qu'elle ne soit tout simplement bien trop modeste. Manius se laisse surprendre par l'inattendue envie de lui rendre visite.

 

Quand au terme de ce qui lui parut une éternité la réunion de ces gens au cursus académique prestigieux atteint sa fin, Manius accompagne avec galanterie sa cavalière pour une valse prometteuse au rythme de la grande horloge du temps. Au bar, il s'installe avec un peu de lassitude, fourbu par l'effort fourni. L'Histoire a beau être de son ressort, l'explorer au milieu de la bonne société est un exercice qui lui demande de l'énergie. Il attire poliment l'attention de la barmaid.

 

— Pourriez-vous servir ce qu'il plaira à Son Altesse ainsi qu'un verre d'eau et un thé à la menthe pour moi s'il-vous-plaît.

 

La verre d'eau pour se désaltérer une bonne fois pour toutes, le thé pour le savourer. Il sait qu'il sera servi au goût oriental, sucré, alors que Manius préfère la saveur brute et les arômes naturels de sa boisson favorite en bon petit Britannique qu'il est mais peu lui importe. C'est pas égard qu'il manifeste son appréciation de la culture de la Princesse. Puis, n'y tenant plus depuis longtemps déjà, il entre sans détour dans le vif du sujet qui l'intéresse avec celle-ci.

 

— J'ai d'excellentes raisons de croire que votre ancêtre Thutmose Ptahchepsès était le premier sorcier fourchelangue dont nous ayons des traces. Non seulement cela ferait sens puisqu'on considère à l'heure actuelle que c'est Herpo l'Infâme qui l'était et vous savez mieux que moi à quel point les cultures grecques et égyptiennes ont pu se mélanger dans l'antiquité mais en plus cela apporterait un regard neuf sur la langue si je parvenais à prouver mon hypothèse. Il se peut que le fourchelangue ne soit pas qu'un don inné mais aussi un langage transmissible. Imaginez que l'on puisse enseigner cette faculté ! Je suis persuadé que c'est ce que faisait Thutmose. Seulement... La tablette qui pourrait en attester a disparu. Je déploie toutes mes ressources à la retrouver, j'ai suivi d'innombrables fausses pistes. Je vous avoue commencer à perdre espoir. À moins qu'on ne mette à jour une autre preuve.

 

Manius soupire en serrant le poing devant sa bouche. Il réalise l'inconvenance de perdre son sang-froid devant une Dame telle que Nephtys mais la perte de connaissances et de preuves historiques est l'une des rares choses qui suscitent en lui une colère difficile à réprimer.