Harry Potter RPG

[En Cours]
La nuit, tous les chats sont gris Dans le parc du château, jeudi 31 janvier 2126

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Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 31/01/2026 à 13:41

Cela faisait plusieurs mois que Neith n’avait plus été en proie à un cauchemar si violent. La jeune sorcière rêvait peu de manière générale, les frayeurs nocturnes, en revanche, ne la quittaient pas depuis son plus jeune âge, c’était toujours le même scénario.

 

Une mini version d’elle, à peine six ans, qui s’avançait en tremblant vers Islem Ptahchepsès. Son père la toisait quelques instants avant de se détourner d’elle, reniant du même geste l’enfant comme son héritière légitime. La suite, elle ne la connaissait pas, c’était généralement à ce moment que l’horreur bousculait son inconscient pour la réveiller, tremblante et moite dans un corps de jeune adulte bien née.

 

Les années pouvaient bien passer, la crainte perdurait.

 

Même aujourd’hui, à des kilomètres de sa terre natale, la peur de ne pas se montrer à la hauteur de son clan lui glaçait le sang. D’autant plus peut-être, depuis la récente entrevue avec son fiancé, Quintus Bulstrode, son aveu à Nephtys et son incapacité générale à faire fi du sentiment de répulsion qui tentait de l’éloigner de son promis. Comme un instinct de survie, la langue qui intimait l’ordre de recracher un aliment trop amer, trop suspect.

 

Neith avait du mal à jongler entre les différentes obligations, prévoir où on l’attendait, savoir sur qui elle pouvait réellement compter. Nephtys, oui, et après ? Pas Sethi, qui l’avait envoyée au casse-pipe avec cette alliance dont le patriarche ne retirerait rien en réalité, une simple punition pour la jeune sorcière à présent loin de ses racines, loin de son frère Ahmès. Une moitié d’elle en moins qu’elle ne pouvait pas contacter au risque de trahir ses véritables pensées.

 

Jeune femme sous le poids des traditions.

Elle pliait.

 

Heure trop avancée, nuit noire. Un atout dans sa manche pour éviter les sueurs froides : changer pour un instant d’identité. Elle ne l’avait encore jamais fait dans l’enceinte du château, se demanda si l’entreprise était risquée. Mais qui pourrait remarquer un petit félin perdu comme un autre dans l’école de magie ? On la prendrait sûrement pour le compagnon de n’importe quel élève un peu distrait.

 

Trop tard pour reculer, la sorcière était convaincue. Elle sortit de la salle commune et puis

Quatre pattes, deux yeux de lumière

 

Le château comptait un animal de plus. Neith apprécia la vague d’odeurs et de bruits qui la submergèrent alors qu’elle s’enfonçait dans les couloirs. Sortir des cachots mornes, remonter à la surface pour respirer. Son enveloppe souple se glissa par une fenêtre : elle était libre.

 

L’air froid de la nuit la grisa, l’enivra. Elle se faufila, gambada, étira ses membres ankylosés. Ce soir, la lune était belle, elle s’assit au milieu du parc vide, remplit ses pupilles de l’astre argenté, y trouva la force de s’apaiser.  

Sasha Shevchen

Homme

17 ans

Sang-mêlé

Ukrainien

Avatar de Saï Don
Saï Don

Modération

Maître du Pactole

Message publié le 31/01/2026 à 15:26

L'hiver était venu en déposant sur Poudlard et ses alentours un manteau immaculé. La neige absorbait les sons, mais révélait de nouvelles odeurs, faisait éclater les contours nacrés du parc en un patchwork que la Lune s'appliquait certaines nuits à inonder de sa lumière blanche.

 

Sous sa forme animale, Sasha appréciait beaucoup l'hiver. Sa fourrure s'épaississait naturellement au contact du froid, et il préférait largement la dureté de cette fraîcheur à la pluie automnale qui transformait tout l'Ecosse en jachères boueuses. Ses pattes cheminaient aux abords de la Forêt Interdite, oubliant parfois qu'il aurait dû faire attention aux traces qu'il laissait dans la neige ; faisant confiance à la nature pour les recouvrir rapidement de nouvelles chutes blanches. Il entendait son propre coeur de panthère battre dans ses oreilles velues, bien plus que le son de son cheminement, presque parfaitement silencieux. Les insectes et animaux de la Forêt chantaient leurs habituels psaumes, mais même eux semblaient avoir décidé de respecter le silence du tableau en baissant d'un ton. D'ailleurs, lorsqu'il s'éloigna du couvert des arbres, leurs chants s'évanouirent presque aussitôt.

 

Il reprenait le chemin du château, facilement repérable aux quelques fenêtres restées illuminées. Avant d'y entrer, il en ferait un dernier tour, comme une ronde. Souvent, il repensait à ce qu'il avait dit à Charlie la première fois qu'ils s'étaient rencontrés : qu'il veillait là pour tenir les monstres à distance. Elle ne savait pas à quel point, sous un certain angle, c'était vrai. Il l'avait réalisé bien plus tard, un jour qu'il ruminait sur une branche. Ces derniers jours, cependant, la transformation du paysage par la neige lui avait donné l'envie de se dépenser davantage : il avait couru et grimpé aux arbres, chassé de petites créatures jusqu'à leur terrier, s'était même aventuré sur les rives du lac pour y plonger son regard, dans l'espoir d'apercevoir une créature qu'il aurait envie de faucher d'un coup de patte.

 

Mais il ne pouvait rester éternellement dehors. Ses escapades étaient longues, trop longues au goût de son cerveau qui refusait de s'éveiller correctement le matin, à l'heure où il devait se préparer pour les cours. Mais elles lui étaient essentielles d'une manière que personne, croyait-il, ne pourrait jamais comprendre.

 

La panthère interrompit sa marche en arrivant à l'angle d'un mur du château. Un coup d'oeil en arrière, et il revint sur ses pas. Son museau huma la pierre, suivit une trace fugace.

 

Félin. Poussière de l'intérieur du château.

 

Sasha ne s'alarmait guère de ses congénères, pour la plupart animaux de compagnie, qui laissaient derrière eux leurs phéromones et autres traces olfactives. Mais cette senteur-là était simplement nouvelle. Et traquer était un jeu qui lui injectait toujours une dose appréciable d'adrénaline. On ne renonçait pas à une opportunité pareille.

 

L'odeur le conduisit le long du mur, puis disparut. L'animal était-il monté par là ou descendu. Sasha fit demi-tour : il ne prendrait pas le risque d'être aperçu en grimpant sur les rebords des fenêtres du château. Mais avec un peu de chance, l'animal avait pris la direction de la sortie. L'odeur le conduisit dans la neige, où des traces fraîches avaient été laissées.

 

Il ralentit l'allure. Son corps entier se tapit près du sol, tandis qu'il continuait à progresser à pas parfaitement silencieux. Ses épaules roulaient sous sa fourrure tandis qu'il l'aperçut enfin : une petite silhouette dressée, les yeux tournés vers le ciel.

 

Sasha s'applatit plus encore. Ses puissantes pattes arrière frémirent, prêtes à le faire bondir sur sa proie. Cette dernière était à lui. Dans un instant.

 

Trois.

 

Deux.

 

Un.

 

 

 

 

SAUF QU'IL N'AVAIT JAMAIS VU UN CHAT CONTEMPLER LA LUNE COMME SI ON Y BRONZAIT COMME AU SOLEIL.

 

 

 

 

Sasha bloqua si subitement tous ses muscles qu'un bref gémissement jaillit de sa gorge.

Il resta là, figé comme une statue de poils, à deux mètres à peine du chat qui ne pouvait en être un.

Neith Ptahchepsès

Femme

17 ans

Sang pur

Égyptienne

Message publié le 07/02/2026 à 21:17

Manteau blanc un peu trop immaculé pour une jeune chatte qui frissonnait dans la nuit glacée. La lune comme seule compagne dans le désert nocturne, Neith était bien. Brise fraîche, apaisante, ses sens félins la protégeaient du moindre danger et quel danger pouvait-il y avoir pour un petit animal domestique ? Celui de susciter trop de caresses, trop de cris enthousiasmés ? Rien, non, rien ne pourrait venir troubler ce moment de tête à tête entre la jeune Serpentard et son deuxième cœur.

 

Son corps cachait un petit être couleur sable aux poils plus doux qu’un baiser : la clef d’une liberté retrouvée dans l’entrave d’une dynastie compliquée.

Trop difficile à assumer pour une jeune femme tout juste adulte, une môme sortie de l’enfance à grand coup de mots durs, de regards acérés.

Un bref souffle pour échapper aux convenances, tricher dans le jeu des apparences. Sous cette fourrure la sorcière pouvait cracher, bondir, faire le dos rond, ignorer la moindre des injonctions.

 

Ce soir, personne pour juger de sa conduite, l’empêcher de se perdre dans le noir du ciel, de courir à en perdre haleine. Le matin tarderait à s’annoncer pour lui offrir la permission d’exister, pleinement. La nuit la veillait, non, elle était la nuit. Ombre claire parmi les flocons tourbillonnants.

 

Ce fut cependant peut-être sa moitié humaine, perdue dans ses pensées, qui l’empêcha de sentir un drôle de danger s’annoncer. Prédateur imprévu sur le sol britannique, des yeux verts illuminés dans la nuit, une mâchoire capable de cisailler en deux le corps de sa petite cousine : une énorme panthère s’élançait droit sur la jeune sorcière. Un miaulement terrifié déchira la nuit tandis que le corps souple de la jeune féline bondit hors de la portée de son ainée.

 

Geste inutile, sans doute, réflexe usé – ou pas encore développé – la jeune Ptahchepsès serait certainement morte dévorée si l’immense panthère, encore plus grande à travers ses pupilles animales, ne s’était brusquement arrêtée. Pas un mouvement, l’Égyptienne laissa un instant s’écouler, le cœur battant, le corps figé. Petite féline sur ses gardes, prête à s’enfuir en direction du château au moindre geste suspect.

 

Puis la raison prit le dessus, elle avança doucement, suspicieuse. Une panthère ? À Poudlard ? Un animal aussi imposant qui se retenait de faire d’elle son en-cas de la nuitée ? Ni le chat du désert ni le léopard ne semblaient réels ce soir. Tant pis pour la mort, Neith en quelques sauts dans la neige rompit la distance qui les séparait, tourna autour de sa compagne, les yeux plissés, comme pour jauger la bête. Sans qu’elle ait réfléchi à trop quoi faire pour établir un contact, son instinct de félin la poussa soudainement à coller son petit museau noir contre celui du léopard. Neith se redressa de toute sa hauteur pour atteindre le visage de l’inconnu. Ami ?

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