Harry Potter RPG

[En Cours]
Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour. Musée de Godric’s Hollow, jeudi 31 janvier 2126

Accueil En dehors du Château Royaume Uni Doutez de tout au monde, et jamais de l'amour.
Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 31/01/2026 à 17:41

Ophelia, Ophelia.

Le prénom tourne en boucle dans sa tête depuis quelques jours, semaines ? L’étreinte avec Manius et puis cette fameuse collègue au mal de dos persistant qui l’a fait disjoncter.

Si elle reste polie.

 

Ophelia. Il a fallu attendre le prochain jour de repos, mais aussi que Fawley choisisse un autre lieu dans lequel traîner sa peine pour la journée. Pas évident. Les dents qui grincent. Caecilia est fourbue de ces derniers jours de travail dans lesquels elle a bien cru laisser sa peau. Trop distraite, erreur fatale. Heureusement, Marid veille, l’arrête quelques fois, ne la laisse pas sombrer, pas trop.

 

La sorcière a pris ses renseignements, pas bien compliqués en réalité : une certaine Ophelia Frost travaille au musée de Godric’s Hollow. Alors il lui suffit d’un geste, elle transplane et à présent il ne reste plus que son bon sens pour la retenir devant les portes de l’édifice. La jeune femme ne sait pas si elle doit entrer.

 

Elle en meurt d’envie.

 

Observer discrètement – ou peut-être pas – cette femme qu’elle s’est érigée toute seule comme rivale. Mais Caecilia ne sera plus jamais celle qu’on trompe, elle le refuse, quoi que cela doive lui coûter : c’est elle qui frappera la première et vite.

 

Eleftheria glissée dans la cape qui lui sert de manteau la rassure. Elle l’effleure du bout des doigts pour calmer sa nervosité. Mais, à part quelques vieilleries immondes, rien ne devrait l’inquiéter à l’intérieur de ce musée. La sorcière sait pourtant qu’elle s’engage sur un terrain ennemi, un lieu qui ne l’inspire pas : le domaine de son mari. Elle est maladroite avec ce type de connaissances, capable de se couvrir de ridicule. Son arène de jeu à elle se situe au grand air.

 

Peu importe, fin de la réflexion, elle agit, entre dans le bâtiment sans savoir si elle vient y chercher des réponses ou une série de souffrances supplémentaires. Caecilia enlève sa cape, glisse sa baguette à sa ceinture et croise les bras en jaugeant l’aspect des lieux. Gestes familiers, maitrisés pour se donner une contenance qu’elle n’a pas. La sorcière retrousse les manches de sa chemise sur ses avant-bras comme pour se préparer à l’affrontement. Elle espère que Manius ne saura jamais qu’elle a remis, pour l’occasion, l’alliance dorée à son annulaire gauche.

 

Scan, check, inspecte.

Une silhouette féminine, Caecilia s’approche.

 

Bonjour, avec toute la douceur dont elle est capable aujourd’hui, excusez-moi, je peux vous déranger quelques petites minutes ? Un demi-sourire sincère, après tout, rien ne dit que cette femme est la fameuse O-phé-li-a.

Ophelia Frost

Femme

24 ans

Sang-mêlé

Britannique

Conservatrice du Musée de Godric's Hollow
Moissonneur en herbe

Message publié le 03/02/2026 à 17:46

L’endroit n’est pas rempli. Il ne l’est, en vérité, jamais vraiment. Seules les vacances scolaires amènent un plus large public désœuvré entre ces murs. Cela n’empêche pas Ophelia de s’efforcer de donner le meilleur d’elle pour que, quel que soit le visiteur, il en ressorte, si pas satisfait, avec au moins la certitude de se coucher moins bête le soir venu. Ce jeudi ne fait pas exception à la règle. C’est avec une attention toute particulière qu’elle refait le parcours de l’exposition, qu’elle vérifie que chaque chose est à sa place. Car même s’il n’y a pas encore grand monde aujourd’hui pour venir apprendre, elle se fait un devoir d’honorer le savoir en ces lieux.

 

Elle aurait probablement davantage sa place dans un musée sur les guerres gobelines, mais ce n’est pas ce qui intéresse les sorciers britanniques. Alors ce genre de lieu n’existe pas, malheureusement. Enfin, pas encore. L’idée germe déjà quelque part en elle, d’arriver un jour à intéresser les autres sur le sujet, dans un lieu semblable à celui-ci et qu’elle aurait conçu de toutes pièces. Mais ce n’est pas la priorité, pour l’instant. En attendant de voir ses ambitions se réaliser, elle prend soin de cet écrin de savoir qu’on lui a confié. Elle se console en pensant à Godric Gryffondor qui a su reconnaître le talent gobelin en confiant la création de sa célèbre épée à  l’un d’entre eux.

 

Il n’est pas rare qu’elle s’abandonne à la contemplation de la réplique de l’artefact dont ils disposent. Précieusement protégée sous une cloche en verre, comme si l’objet avait seulement une once de la valeur de son modèle original. Au moins, elle lui ressemble et permet à la jeune femme de se perdre dans ses pensées. D’un geste mécanique, elle s’efforce d’effacer les traces de doigts sur une vitrine, de faire disparaître les grains de poussières sur un tableau… C’est son quotidien, et elle s’y plait bien malgré tout.

 

Lorsque son petit tour d’inspection est terminé, elle revient vers l’entrée du bâtiment. En milieu de semaine, elle sait qu’il n’y aura pas grand monde, alors elle a déjà prévu de poursuivre sa lecture. Là, derrière son petit guichet, personne ne la remarque généralement. Mais pas avant de remettre un peu d’ordre dans les brochures d’exposition. C’est pendant qu’elle remet les livrets en place qu’une voix féminine la surprend. Une visiteuse ! Quelqu’un qui lui demande de l’aide.

 

La jeune femme délaisse son rangement et se tourne avec un sourire sincère vers la nouvelle venue.

 

- Bonjour. Vous ne me dérangez pas du tout. Comment puis-je vous aider ? lui demande-t-elle doucement.

 

Que cela soit une visite guidée, un renseignement, ou tout autre chose, Ophelia est prête à se rendre utile.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 06/02/2026 à 20:43

La situation est délicate et Caecilia ne sait pas bien quelle attitude adopter lorsqu’elle se trouvera face à la fameuse Ophelia. Elle aurait peut-être dû y penser à l’avance, mais l’occasion était si belle et si soudaine qu’elle ne lui a pas laissé le temps de planifier quoi que ce soit. Puis au fond, ce n’est tout bonnement pas trop son genre à elle. Action, réflexion.

 

Elle décidera quand l’occasion le lui demandera.

Peut-être en découvrant le minois de la femme qu’elle vient de déranger.

 

Mais la demoiselle qui se retourne vers elle avec un sourire ne peut pas être la fameuse Ophelia, la sorcière en est persuadée. Cette drôle de chouette effacée n’aurait jamais pu faire chavirer le cœur de son mari. Alors, Caecilia lui rend son sourire. Peut-être que sa rivale n’est pas là ? Ça la fait chier. Il faudra donc qu’elle revienne un autre jour.

 

La figure de la jeune femme semble néanmoins assez l’inspirer que pour qu’elle ne coupe pas directement court à la conversation. Et puis le lieu l’intrigue : c’est donc ici que Manius a passé tant de temps ces dernières années ?

 

Caecilia caresse du bout des doigts la baguette à sa ceinture pour cacher son malaise. Cet endroit ne l’inspire pas : tout y semble trop fragile. Trop important. Elle décide de gagner un peu de temps avant de rentrer, la fameuse Ophelia pourrait bien finir par se pointer : merci, répond-elle à la légère distraction qui l’empêche de se tourner les pouces en attendant. Organisez-vous des visites ? Un regard peu curieux qui caresse les objets exposés.

 

Que ne ferait-elle pas par pure jalousie ?

 

Deux jambes assurées plantées au sol, mais des yeux qui glissent presque effrayés. Son corps souple et solide cherche une prise à laquelle s’accrocher, comme si à l’intérieur du musée, Caecilia aussi redevenait poupée. L’éclat d’une lame lui fait tourner la tête : ah ! une arme. Voilà qui était plus de son ressort. Belle épée, indique-t-elle à son interlocutrice. Peut-être qu’Ophelia apprécierait un petit duel à son arrivée ?

Ophelia Frost

Femme

24 ans

Sang-mêlé

Britannique

Conservatrice du Musée de Godric's Hollow
Moissonneur en herbe

Message publié le 11/02/2026 à 11:14

La visiteuse laisse son regard balayer l’endroit où elles se trouvent avant de lui demander si des visites sont organisées. Elle pourrait lui dire que c’est indiqué dans l’entrée, mais ce serait d’une condescendance qui ne lui correspond pas le moins du monde. À la place, un sourire sincère prend place sur son visage qui s’éclaire à l’idée de pouvoir partager un peu de ce savoir dont elle prend soin au quotidien.

 

- Des visites ? Absolument, nous en faisons.

 

D’un pas, Ophelia se décale du présentoir devant lequel elle se tient puis fait quelques pas dans la salle, invitant la nouvelle venue à la suivre. Elle ne peut cacher son entrain à l’idée d’avoir quelqu’un à éclairer de la sagesse ambiante.

 

- La plupart des gens voient un petit musée de village. Mais en réalité, chaque objet ici est relié à une personne réelle, à une vie, à des choix qui ont laissé une trace. Même les plus petites histoires méritent d’être transmises.

 

En parlant, ses mains s’animent doucement, désignant une vitrine, puis une autre, comme si elle reliait des fils invisibles.

 

- Cette vitrine par exemple, la théière semble banale n’est-ce pas ?

 

Son visage s’anime d’une expression exaltée alors qu’elle désigne un présentoir non loin.

 

- Pourtant elle était déjà ancienne quand la famille Dumbledore vivait encore ici. Imaginez le nombre de conversations, de décisions, de drames qu’elle a « entendus ». Godric’s Hollow est un village passionnant. On marche littéralement sur des siècles d’histoire. Parfois, je me demande si les gens le sentent sous leurs pieds et…

 

Elle s’interrompt alors en réalisant le tunnel d’informations dans lequel elle plonge la jeune femme qui ne lui avait posé qu’une simple question. Une question fermée qui n’attendait probablement qu’un oui ou un non. Ophelia se sent alors gênée et vient ramener une mèche de cheveux derrière son oreille. Son calme soudain tranche avec l’exaltation dont elle a fait preuve, et elle sent ses joues commencer à chauffer… Voilà ce qui arrive quand on passe plus de temps à bouquiner qu'à sociabiliser.

 

- Pardon. Je m’emballe facilement… Hum, oui, nous faisons des visites.

 

Le commentaire sur l’épée réveille à nouveau son envie de lâcher une bombe d’informations sur la sorcière en face. D’autant qu’il s’agit de son domaine. Les armes, en particulier celles gobelines. Mais ce serait un coup à la faire fuir, alors la jeune femme se tempère, compte jusqu’à trois dans sa tête avant de demander d’une voix qu’elle force à être calme :

 

- C’est une réplique de celle de Godric Gryffondor. Vous êtes connaisseuse ?

 

Une lueur dans son regard traduit l’espoir de trouver en cette femme une passionnée comme elle.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 15/02/2026 à 19:55

À l’instant où la dame du musée dont elle ne connait toujours pas l’identité ouvre la bouche, Caecilia comprend qu’elle vient de commettre une terrible erreur. La sorcière retient un mouvement de recul alors que la jeune femme s’emballe à propos d’objets totalement dénués du moindre intérêt. Un regard d’incompréhension vers la théière, demi-sourire pour feindre l’écoute attentive. Dépitée.

 

Quelque chose dans sa posture et sa manière soudaine de s’animer la trouble.

Lui rappelle l’extase un peu gauche d’un autre historien.

 

Caecilia plisse les yeux, détaille à nouveau son interlocutrice. Nouvel angle de vue. Scan. La lumière dans ses yeux. Check. La sorcière s’interrompt. Je vous en prie, rassure la tireuse, c’est vrai que c’est particulièrement… intéressant. Inspecte. Oui. Elle en apprend beaucoup, engrange les informations avec minutie. Ton mari a un côté séduisant. Est-ce que cette femme-là aussi ? Des bouts de charme éparpillés dans un timbre passionné, un regard vif, des mots délicatement choisis.

 

La tireuse a mal à force de serrer les dents.

Impossible de fumer ici.

 

L’image de Prisca dans son esprit. Deux yeux inquisiteurs l’empêchent de commettre le moindre faux pas. Sur ses lèvres, l’interrogation la brûle : Ophelia ? Derrière les humbles apparences, des paires de griffes acérées prêtes à briser un ménage dont il n’y a de toute façon plus rien à sauver. La faille est trop grande, le trou béant.

Une fissure qui ne peut être comblée par une pluie de baisers. 

Elle semble le comprendre à présent. La violence de la réalisation pourrait bien la faire tituber.

 

Caecilia Fawley est impuissante.

Mais elle ne peut s’empêcher d’essayer. L’idée de la tromperie lui tord le ventre, lui serre la gorge, plante adroitement des épines dans son cœur. Ces femmes de rien, collègues de bureau, compatriotes d’un quotidien morne n’ont pas le droit de lui voler les hommes de sa vie. Elle ne laissera pas faire cette Ophelia, pas après Vanessa. L’idée de l’humiliation transperce la jeune femme un peu trop fière.

Elle doit savoir.

 

Merci, la voix posée pour ne pas inquiéter, ne pas faire tomber son jeu de cartes par maladresse et puis devoir se pencher, ramasser des rois et des reines mal assortis qui préfèreraient se perdre dans les bras des valets. Très peu, avoue-t-elle avec un regard vers l’épée, ce n’était pas le genre d’armes qu’on leur apprend à manier, mais Caecilia se souvient de vagues notions entendues d’une demi-oreille lors qu’une énième formation. Je suis tireuse d’élite, ajoute-t-elle avec la pointe de fierté qu’elle n’arrive pas encore à quitter depuis qu’elle est parvenue à atteindre ce prestigieux poste au sein des forces de l’ordre, donc le corps à corps, c’est moins mon domaine. Elle sourit sincèrement, tend sa main gauche à la jeune femme, juste pour vérifier, Caecilia Fawley.

Ophelia Frost

Femme

24 ans

Sang-mêlé

Britannique

Conservatrice du Musée de Godric's Hollow
Moissonneur en herbe

Message publié le 18/02/2026 à 09:53

Ophelia n’est pas étonnée d’apprendre que la visiteuse n’est pas connaisseuse en matière d’épée. Ils se font rares de nos jours, et encore plus à mettre les pieds dans son petit musée de Godric’s Hollow. C’est bien dommage. En revanche, les deux informations suivantes ne manquent pas de l’étonner et d’éveiller son attention. D’abord, elle a affaire à une tireuse d’élite. Un métier qui ne manque pas de l’impressionner, quand on devine la précision et le talent en magie qu’il requiert. Ce n’est pas rien. Ce serait en tout cas parfaitement hors de sa portée. Ensuite, cette inconnue n’en est pas vraiment une.

 

Quand le nom franchit enfin les lèvres de la brune, Caecilia Fawley, ce n’est pas un simple son qui parvient à la conservatrice, mais une clé qu’on tourne dans une serrure longtemps restée close. La femme en face d’elle cesse alors de n’être qu’un personnage important dans les anecdotes de son ami et collègue homonyme. C’est aussi une Fawley, et plus encore : c’est Caecilia. L’épouse de Manius dont il parle… souvent ? Parfois ? De temps en temps. Peu importe… C’est comme si dans la bibliothèque de son esprit curieux, une lampe s’allumait dans une aile jusqu’alors plongée dans la pénombre.

 

C’est ainsi que sa mémoire fonctionne, en étiquetant les gens, en les associant à des livres qu’elle peut ranger dans les étagères de sa mémoire. Quant à décider lesquels de ces bouquins elle laisse prendre la poussière, rien n’est jamais préétabli. Celui-ci est un joli livre, un peu différent de ce à quoi elle avait pensé. Cela ne l’empêche pas une seconde d’afficher un sourire sincèrement chaleureux, alors qu’elle vient saisir avec enthousiasme la main qui lui est tendue.

 

- Enchantée de faire votre connaissance !

 

Jusqu’à cet instant, Caecilia n’a été pour Ophelia qu’une histoire rapportée à demi-mot. La jeune femme qu’on avait voulu sauver d’un sort trop dur en l’attachant à un sort seulement moins cruel. Elle savait les intentions de son ami louables, mais son cœur se serrait toujours à l’idée qu’on puisse lier deux vie sans les consulter. Alors faute de mieux, elle avait laissé Caecilia devenir une figure floue dans son esprit, une présence faite de principes et de suppositions plutôt que de traits réels. Mais la sorcière qui se tient devant elle n’a rien d’une idée.

 

La lumière douce du musée accroche ses contours avec une générosité presque insolente. Ophelia le remarque malgré elle, l’épouse est aussi ravissante que son mari n’est beau. Comme si le destin, après avoir imposé ses chaînes, avait tenté une réparation maladroite. Une réparation bien pauvre. La beauté ne remplaçait pas l’amour. Cette pensée lui tire une douceur triste. Ils étaient, tous les deux, favorisés et lésés dans le même souffle.

 

- Ophelia Frost, se présente-elle à son tour.

 

Puis, comme un fil tiré ailleurs, son attention dérive dans le tumulte de ses réflexions. Ses yeux cherchent spontanément la porte de la salle d’étude qui n’est pas loin d’elles. L’endroit où elle travaille, et où lui se trouve quand il est là. Car si Caecilia Fawley est venue, cela ne peut être que pour Manius. Or, elle sait que la place qu’il occupe d’ordinaire est vide, depuis un moment. Et pour cause, il est parti, a démissionné pour le bien de son couple… Pour le bien de la tireuse d’élite en face d’elle. Quelque chose dans cette absence résonne doucement comme une note manquante dans une mélodie qu’Ophelia commençait à peine à entendre.

 

Sa joie ouverte se replie sur elle-même, son sourire perd un peu de sa lumière, remplacé par cette raideur discrète de ceux qui réfléchissent trop vite et trop loin. La chercheuse sent le malaise lui grimper le long de la nuque : les interactions sociales ont toujours été pour elle un exercice d’équilibriste, et voilà que la corde se met à trembler. Dire ou ne pas dire. Poser des questions ou se taire. Expliquer ou feindre l’ignorance. Chaque option lui semble mauvaise. Alors par pur réflexe de survie conversationnelle, son esprit saisit la première diversion venue.

 

- Vous saviez que… commence-t-elle un peu trop vite, avant même d’avoir totalement choisi sa phrase, que l’épée de Gryffondor est censée n’absorber que ce qui la rend plus forte ?

 

Elle s’entend parler, elle sent ses joues chauffer mais poursuit, lancée malgré elle :

 

- Dans certaines légendes, ça veut dire qu’elle ne retient que les substances qui peuvent l’améliorer, comme si elle avait une forme de… discernement. Je trouve l’idée fascinante, un objet incapable de garder ce qui l’affaiblit. De la grande orfèvrerie gobeline…

 

Elle réalise seulement après coup à quel point la transition est abrupte. Son regard trahit maintenant une gêne sincère, presque douloureuse, mais aussi cette lueur d’enthousiasme intellectuel qui prend toujours le relai quand ses émotions s’emmêlent. C’est sa manière à elle de colmater les silences : avec du savoir, des anecdotes, des curiosités. Comme on jette des livres pour traverser un gouffre. Et dans le petit flottement qui suit, Ophelia prie intérieurement pour que la légende de l’épée soit assez intéressante pour détourner l’attention de tout le reste. Ou, à défaut, pour que son trouble passe pour de l’excentricité plutôt que pour un secret mal gardé.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 22/02/2026 à 19:52

La jeune femme lui offre une poignée de main chaleureuse qui tranche avec son attitude réservée, Caecilia lui laisse ses doigts, sourire figé qui tente de masquer son caractère feint. Elle s’interroge encore une fois sur sa propre présence en ces lieux qui la mettent mal à l’aise, la rendent maladroite. Tout transpire le Manius Fawley : ça l’écœure.

 

Et puis le verdict.

Une balle dans le cœur.

 

Caecilia ne peut empêcher un mouvement de recul, les doigts qui se dégagent presque trop brusquement, de grands yeux qui dévisagent, regardent différemment celle qui est L’Ophélie d’une pièce tragique : antagoniste de sa propre vie. Trop autocentrée sans doute pour remarquer que tous ces gens autour d’elle ont une âme, un corps charnel, bien réel. Celle qui n’était jusque-là qu’une chimère facile à détester se dote d’un visage qu’il est soudainement bien moins évident d’insulter.

 

Face à l’inéluctable incarnation de ses angoisses dans une enveloppe de jeune femme, la tireuse tente de rester de marbre, ne pas vaciller, ne pas flancher, pas maintenant. Elle ne comprend pas. Ses yeux glissent et re-glissent sur ce visage qu’elle trouve un instant fade, l’autre charmant. Elle cherche, scrute, détaille ce qui pourrait lui plaire.

 

L’angoisse lui retourne brusquement l’estomac. Elle ne s’est pas assez méfiée. Le danger peut survenir de partout, elle devrait le savoir après tout : c’est son métier. La douceur de la conservatrice lui transperce l’âme. Elle l’écoute débiter ses connaissances en un flot continu qu’elle arrive difficilement à comprendre. Les mots glissent contre ses oreilles sans y pénétrer. L’épée, oui, il est question d’épée. Et après ? Des mots trop bien ficelés, les phrases s’enchaînent comme si Ophelia lui offrait un cours particulier. Après tout, n’a-t-elle pas demandé une visite guidée ?

 

Est-ce cette mélodie d’un verbe passionné qui maintient son sorcier dans ce musée ? Oui, sans doute ; elle a l’impression d’observer la réincarnation de son mari sous les traits de la jeune femme brusquement animée. Le brouhaha l’érafle à moitié. À présent qu’elle sait, devrait-elle plier bagage ? Partir sans se retourner puisqu’elle a vu, compris, ou peut-être pas tout à fait. Une simple idée et tant de suppositions à confirmer.

 

Caecilia cherche le contact d’Eleftheria pour revenir sur terre. Elle a brusquement chaud, ses joues la brûlent, le manque d’air frais, l’odeur de vieux papier, ce n’est pas son univers, elle s’y sent comme un corps étranger : pardonnez-moi, soupir las, un regard vers l’arme, l’épée oui, il faudrait sans doute, phalanges blanches à force de serrer la baguette, s’en inspirer un peu.

Ouf, le sourire retrouvé, situation sous contrôle, elle déterre sans trop savoir comment la force de soutenir le regard d’Ophelia. Ne plus fuir, se battre puisque c’est ce qu’elle est venue chercher : des réponses.

 

Vous me faites penser à mon mari, tente-t-elle d’articuler pour ne pas perdre totalement le fil, rester ancrée malgré ces lumières qui l’agressent. Mais, comme vous le voyez, moue dépitée, elle ne peut plus sourire pour cacher son trouble, non, trop tard : nous sommes bien mal assortis. Et peut-être une façon de lui faire comprendre qu’il ne sert à rien de manier des mots trop compliqués en sa présence, que, même si elle les comprend, elle ne pourra pas s’y intéresser. Caecilia ne sait plus s’exprimer, a oublié ses jolies phrases dans les bras d’un amant raté.

 

Aujourd’hui, elle semble se présenter avec l’ombre de monsieur Fawley dans son dos. Le sorcier qui, entre ces murs, doit avoir la bonne réputation qu’elle connaît au sein de son propre département. Deux âmes égarées, emboitées de force dans un ensemble désastreux. Le raccourci de son esprit est efficace : qui se ressemble s’assemble et les opposés ne s’attirent pas, il n’y a qu’à voir comment les deux époux sont si doués pour dysfonctionner.

 

C’est étrange, mais la colère ne la prend pas, seul reste le dépit, la sensation d’avoir déjà perdu, de s’être fait devancer par un charme érudit qu’elle ne possédera jamais. La sorcière semble soudain porter le poids du monde sur ses épaules. Elle aimerait s’en foutre royalement, briser le nœud qui l’enchaîne à un mari qui a soudainement tant de raisons de s’éclipser d’un chez eux qui n’a de toute façon jamais réellement existé. Oui, ils ont fait l’amour et après ? Rien, pas un soupçon de complicité. La violence finira par réduire en cendres ce qu’ils ont pu entrapercevoir. Laissant dans le noir, une jeune femme accablée qui tente de survivre à un cœur brisé.

Enfin, pardonnez-moi de m’étaler, sourire presque véritablement contrit, j’essaie de oui quoi ? comprendre ce qu’il apprécie. À commencer par ce joli minois, façade d’un bel esprit. A priori.

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