Harry Potter RPG

[Libre]
En chute libre Holyhead, stade des Harpies, lundi 04 février 2126

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 04/02/2026 à 17:23

Ne me regarde pas comme ça. 

 

La mine contrite de Malya qui la dévisage, les joues rouges, ahanant de l'intense échauffement auquel les coéquipières viennent de se livrer à l'écart, rituel indispensable avant chaque match. Ses yeux de biche soucieuse ne font qu'accentuer la nausée.

 

— Tu es sûre que ça va ?

 

Mais tu vas la fermer, oui ?

 

— Parfaitement bien. Lâche-moi les basques, babe.

 

— C'est un match gagné d'avance, tu pourrais...

 

— Rester sur la touche ? Va te faire mettre. 

 

D'un geste brusque, Prisca s'écarte de sa partenaire et lui jette rageusement une serviette. Puis elle s'efforce d'ignorer le regard mi-inquiet mi-furieux de la batteuse tandis qu'elle enfile son maillot. Quand elles rejoignent le reste de l'équipe pour le briefing, la voix de leur capitaine résonne comme si Prisca avait la tête sous l'eau. Elle ne capte pas, n'a pas envie d'écouter. Peu importe, elle sait ce qu'elle a à faire. Ne pas vomir, pour commencer. Son estomac proteste. Elle aurait dû se forcer à avaler son porridge du matin. Les Harpies s'apprêtent à sortir sur le terrain, elle tarde à suivre la marche. Malya ne la devance que de peu, à la traîne elle aussi.

 

— Hey. Désolée.

 

— Moi aussi je t'adore, pintade mal lunée, répond l'amante avec un sourire malicieux.

 

Le couloir, le soleil pâle d'hiver qui caresse l'herbe tondue, les acclamations de la foule. Prisca s'arrête, ferme les yeux en levant la tête pendant qu'elle enfourche son balai. Elle profite du moment, nourrit son âme. Elle vit. 

 

Envol. En face, les Catapultes de Caerphilly pour un affrontement cent pour cent gallois. Prisca n'a aucune idée du plan exact de la capitaine mais les bases sont toujours les mêmes. Il suffit de laisser les poursuiveuses marquer quelques buts pour faire monter le score global et puis de clore le match, le tour est joué.

 

Envoi. Prisca pourchasse son homologue, le harcèle. Marqué, de sorte que les Catapultes hésitent à la viser elle avec les cognards de peur de toucher leur propre attrapeur. Il ne faut pas le laisser se concentrer, elle zigzague devant lui, danse autour, le distrait.

 

— Alors beau mâle, tu veux pas voir après le match ce que je sais faire d'autre avec un manche ?

 

Score. Le palier est atteint, fini de jouer. L'objectif de Prisca est clair : attraper le vif d'or, fermer le rideau et descendre de ce maudit balai qui exacerbe son envie de cracher de la bile. Elle se sépare de son cavalier du match et fait trois tours de terrain jusqu'à repérer l'éclat brillant de la balle convoitée. Couchée sur son bolide, elle fonce tout droit, tend le bras.

 

— PRIPRI !

 

Elle ne l'aurait pas vu sans l'avertissement de Malya, trop focalisée sur son objectif et la nécessité urgente d'en finir pour aller remettre ses tripes à l'abri des regards. L'attrapeuse tire sur le manche de toutes ses forces, halte presque nette alors que le cognard la frôle. Mais son estomac, lui, n'apprécie pas du tout la manœuvre et décide de la trahir. Vomissures jaune, ses doigts crispés blanchissent et ses jambes lâchent la prise qui la maintient sur ses ailes de brindilles et de bois vernis. Soudain, son balai et au-dessus d'elle et le sol en dessous se rapproche beaucoup trop vite. Ses yeux se ferment avant l'inéluctable impact. Le bruit sourd est couvert par un cri affolé.

 

BABE !

 

Ne me regarde pas comme ça.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 15/02/2026 à 22:02

Laissez-moi passer, putain ! Elle hurle, pousse ces crevards d’agents de sécurité en brandissant son insigne comme un passe-droit sous leurs visages fermés.

Caecilia est prête à exploser quelques nez pour retrouver Prisca.

Prisca, qui vient de faire une chute assez impressionnante pour soulever son cœur pourtant d’habitude plutôt accroché face aux risques pris par son amie une fois montée sur un balai.

 

La sorcière peut bien se prendre un avertissement des forces de l’ordre magiques, en cet instant, une seule personne compte : son amie évacuée d’urgence par l’équipe médicale des Harpies. Madame. Lâchez-moi ! La tireuse se débat face aux trois paires de mains qui tentent de la canaliser. Le stade est en émoi, elle a laissé Manius et Quintus derrière, trop estomaqués pour réagir. Un doigt d’honneur à l’ancien Serpentard qui a tenté de la suivre. 

Prisca a besoin d’elle, rien qu’elle.

 

Un membre du staff finit par s’approcher, la reconnaitre, tempérer. Évidemment qu’elle est une amie. C’est même presque peu de le dire. Regard de défi. Elle passe, court, vole, les vestiaires – gauche ou droite ? – retourne sur ses pas, l’angoisse la fait dériver. La tireuse semble perdre tous ses moyens alors que le dernier pilier de son existence instable vient de s’effondrer. Putain, elle jure, peste, passe les portes à toute vitesse. Depuis combien de temps son amie est-elle seule ?

 

Elle tente de calculer dans sa tête les minutes qu'il lui a fallu pour bondir sur ses deux pieds, traverser les gradins, affronter les obstacles sur son chemin, perdre son corps de vue, le terrain vide, les mines désolées et puis enfin le chemin des vestiaires, Eleftheria campée dans sa main. La sorcière ouvre la porte à la volée, le cœur battant, les joues rouges, souffle saccadé. Un médecin auprès d’une Prisca vivante, mais allongée. Pas vifs, souples, fermes mais légers, Caecilia file à son chevet, prend ses mains dans les siennes sans se soucier de la présence de Mayla toute proche ni de celle du médicomage.

 

Les doigts de son amie à ses lèvres, sourcils froncés, mine tracassée. Pri, j’suis là. Une main maternelle dans les cheveux courts de son amie-sœur. Comment ça va ? Regards vers le spécialiste et l’amante : qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’elle a ? Comment elle va ? L’urgence dans sa gorge ne l’empêche pas de murmurer comme si le moindre éclat de voix pouvait faire voler le corps de son amie en mille morceaux.

 

La femme la plus solide qu’elle connaisse venait de lui démontrer qu'elle pouvait également s’écraser.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 16/02/2026 à 02:04

Un sortilège s'empare d'elle et la transporte avec douceur à l'abri des yeux de la foule dont l'effarement le dispute à une curiosité un peu morbide. Son monde est devenu douleur et elle aimerait pouvoir ouvrir ses yeux peu coopératifs pour ne plus avoir l'impression de se voir de loin, petite poupée désarticulée. Pas besoin de la vue pour savoir à qui est cette main qui serre la sienne, elle la connaît mieux qu'aucune autre. Remonte sur ton balai. 

 

Mais les doigts ne la laissent pas partir, pas avant longtemps. Pas quand une voix sèche intime à la batteuse de faire de la place, pas quand d'autres mains la palpent avec minutie pour évaluer les dégâts. Une formule indistincte qui n'apporte pas encore le soulagement mais des réponses. À quel point Prisca Thompson est-elle cassée ? Est-ce que le sortilège dévoilera à la médicomage les récentes fêlures dans le cœur de la joueuse ou ces blessures-là, plus graves sans aucun doute, sont-elles invisibles à la magie et aux yeux les plus avertis ? D'autres incantations. Toujours pour l'ausculter. Putain mais filez-moi une potion.

 

La main relâche son étreinte. Pourquoi ? Prisca n'est pas prête à ne plus sentir la chaleur de Malya. Ses protestations ne sont qu'un gémissement inaudible. La main revient pourtant. Non. Ce n'est pas la même. Des lèvres au bout de ses doigts. Une caresse dans ses cheveux. Si elle le pouvait, l'athlète sourirait. Bien sûr qu'elle est là, comment pourrait-elle ne pas l'être ? Une petite pensée compatissante pour quiconque a pu vouloir l'empêcher de la rejoindre avant de la reconnaître. T'inquiètes pas pour moi.

 

Conciliabule entre l'amie-sœur et la médicomage. Pourquoi leurs voix sont-elles des souffles à peine perceptibles ? Prisca veut savoir. Elle capte quand même l'essentiel. Fractures. Pas besoin d'être hospitalisée, ouf. Potion. Ressouder les os. La joueuse l'attend cette potion, elle s'impatiente. Elle en a assez d'avoir mal. Malgré l'effort que cela lui demande, elle réclame. Elle formule son besoin, péniblement.

 

— N... Nem. Ba... be.

 

J'ai deux mains bande de cruches. Non, ça c'est trop difficile à prononcer. Ce n'est pas nécessaire de toute façon, l'amante reprend sa juste place à ses côtés, touche son épaule. C'est un bon début. Un liquide salvateur coule enfin dans sa gorge. Ce n'est pas le miracle qu'elle voudrait sentir agir instantanément mais cela reste la promesse d'un mieux qui approche.

 

— Il y a autre chose. Mais le secret médical impose que Mademoiselle Thompson soit seule à... commence la soigneuse.

 

Comme s'il y avait quelque chose que Caecilia et Malya ne pouvaient pas savoir.

 

— Rien... à... foutre. D... dites.

 

C'est qu'elle hésite quand même. La peste soit de la déontologie ! Prisca n'a pas les forces nécessaires pour s'énerver mais heureusement la sorcière qui lui administre les premiers soins consent à cracher le morceau.

 

— Bien. Le bilan du sortilège de vision du son est rassurant. Votre bébé se porte comme un charme.

 

Si la potion n'a pas d'effet instantané, ces mots-là ont celui d'une décharge violente qui court-circuite juste assez le cerveau de la jeune femme pour qu'elle en oublie une fraction de seconde la douleur, ses difficultés à articuler et que ses paupières refusaient jusqu'alors de s'ouvrir.

 

— Putain, quoi ?

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 16/02/2026 à 15:14

Les yeux clos. Caecilia n’a pas l’habitude de voir son amie dans cet état, le corps soudain si fragile. Elle caresse d’un regard le visage en souffrance, coup d’œil inquiet en direction de Mayla qui n’a pas l’air plus rassuré, deux paires de sourcils froncés autour de l’attrapeuse. Rapidement, la médicomage lui explique l’état de Prisca. Depuis combien de temps au juste est-elle en train de souffrir ? La joueuse doit avoir de sacrées fractures pour que ses invectives naturelles paraissent si difficiles à exprimer.

 

Au son gémissant de la voix de son amie-sœur, Caecilia s’écarte pour rendre un brin de place à Mayla. Dents plantées dans ses lèvres. Ça lui file une vague d’angoisse de l’entendre se tordre de douleur comme ça : filez-lui un truc, c’est pas vrai ça. Murmure sec qui claque en direction de la médecin. Enfin, une potion pour soulager la blonde dont elle n’a toujours pas pu croiser le regard.

 

Le secret médical. Excellente blague, Caecilia s’apprête à incendier la médicomage, mais, même dans son état pitoyable, c’est Prisca qui la devance avec son habituel franc-parler. Un sourire sur le visage de la brune, petite pression contre ses doigts. Ça y est, elle la retrouve un peu.

 

Et puis

Une bombe.

 

La tireuse se tourne brutalement vers la médicomage, interdite.

A-t-elle bien entendu ? Elle échange un looong regard avec Mayla. Les deux sorcières se toisent mutuellement avec un air de tu savais toi ? Mais Prisca apporte bien vite la réponse elle-même. Cette emmerde-là n’était pas prévue.

 

Un effet d’électro-choc.

La sorcière écrase les phalanges de son amie, caresse sa joue sans trembler : repos, ordonne-t-elle, prête à repousser toute tentative de la joueuse de se lever. Elle cherche à communiquer silencieusement avec la batteuse, la fusille du regard comme pour la forcer à ravaler les questions qui défilent par millier dans leurs regards, leurs cerveaux soudainement perturbés.

 

Ne pas harceler Prisca, tenter de demander ce qui pourrait intéresser la sorcière, faire parler sa voix à travers elles pour qu’elle puisse se repose : elle n’était pas au courant. Vous savez depuis combien de temps ? demande-t-elle à la jeune médecin, probablement dans une position délicate entre la batteuse et la tireuse, sans compter Prisca, qui est peut-être la plus dangereuse de toutes en cet instant. Caecilia vérifie que sa prise sur les doigts de son amie est assez ferme pour qu’elle ne pense même pas à remuer d’un pouce son organisme fragilisé.

 

Que dit-on dans ces cas-là ? La sorcière se rend compte qu’elle est bien incapable de se prononcer sur le rapport de Prisca à la maternité. Bonne nouvelle ? Fin de carrière ? Une mère-louve, oui, pour elle seulement, peut-être pas un môme. Un petit être de rien qui n’existe même pas encore, mais emporte déjà tout sur son passage. Des rêves, des chemins qu’on imaginait emprunter. Caecilia pense à Scott, à Manius, chasse ces hommes de ses pensées. Pas maintenant. Revenir au moment présent.

 

Elle pourrait dire félicitations, mais la joueuse voudra-t-elle le garder ?

Incertitude totale, elle ne sait pas sur quel pied danser.

Tout va bien, Pri, reste allongée, laisse ton corps se réparer. Ton corps se préparer.