Harry Potter RPG

[En Cours]
En chute libre Holyhead, stade des Harpies, lundi 04 février 2126

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 04/02/2026 à 17:23

Ne me regarde pas comme ça. 

 

La mine contrite de Malya qui la dévisage, les joues rouges, ahanant de l'intense échauffement auquel les coéquipières viennent de se livrer à l'écart, rituel indispensable avant chaque match. Ses yeux de biche soucieuse ne font qu'accentuer la nausée.

 

— Tu es sûre que ça va ?

 

Mais tu vas la fermer, oui ?

 

— Parfaitement bien. Lâche-moi les basques, babe.

 

— C'est un match gagné d'avance, tu pourrais...

 

— Rester sur la touche ? Va te faire mettre. 

 

D'un geste brusque, Prisca s'écarte de sa partenaire et lui jette rageusement une serviette. Puis elle s'efforce d'ignorer le regard mi-inquiet mi-furieux de la batteuse tandis qu'elle enfile son maillot. Quand elles rejoignent le reste de l'équipe pour le briefing, la voix de leur capitaine résonne comme si Prisca avait la tête sous l'eau. Elle ne capte pas, n'a pas envie d'écouter. Peu importe, elle sait ce qu'elle a à faire. Ne pas vomir, pour commencer. Son estomac proteste. Elle aurait dû se forcer à avaler son porridge du matin. Les Harpies s'apprêtent à sortir sur le terrain, elle tarde à suivre la marche. Malya ne la devance que de peu, à la traîne elle aussi.

 

— Hey. Désolée.

 

— Moi aussi je t'adore, pintade mal lunée, répond l'amante avec un sourire malicieux.

 

Le couloir, le soleil pâle d'hiver qui caresse l'herbe tondue, les acclamations de la foule. Prisca s'arrête, ferme les yeux en levant la tête pendant qu'elle enfourche son balai. Elle profite du moment, nourrit son âme. Elle vit. 

 

Envol. En face, les Catapultes de Caerphilly pour un affrontement cent pour cent gallois. Prisca n'a aucune idée du plan exact de la capitaine mais les bases sont toujours les mêmes. Il suffit de laisser les poursuiveuses marquer quelques buts pour faire monter le score global et puis de clore le match, le tour est joué.

 

Envoi. Prisca pourchasse son homologue, le harcèle. Marqué, de sorte que les Catapultes hésitent à la viser elle avec les cognards de peur de toucher leur propre attrapeur. Il ne faut pas le laisser se concentrer, elle zigzague devant lui, danse autour, le distrait.

 

— Alors beau mâle, tu veux pas voir après le match ce que je sais faire d'autre avec un manche ?

 

Score. Le palier est atteint, fini de jouer. L'objectif de Prisca est clair : attraper le vif d'or, fermer le rideau et descendre de ce maudit balai qui exacerbe son envie de cracher de la bile. Elle se sépare de son cavalier du match et fait trois tours de terrain jusqu'à repérer l'éclat brillant de la balle convoitée. Couchée sur son bolide, elle fonce tout droit, tend le bras.

 

— PRIPRI !

 

Elle ne l'aurait pas vu sans l'avertissement de Malya, trop focalisée sur son objectif et la nécessité urgente d'en finir pour aller remettre ses tripes à l'abri des regards. L'attrapeuse tire sur le manche de toutes ses forces, halte presque nette alors que le cognard la frôle. Mais son estomac, lui, n'apprécie pas du tout la manœuvre et décide de la trahir. Vomissures jaune, ses doigts crispés blanchissent et ses jambes lâchent la prise qui la maintient sur ses ailes de brindilles et de bois vernis. Soudain, son balai et au-dessus d'elle et le sol en dessous se rapproche beaucoup trop vite. Ses yeux se ferment avant l'inéluctable impact. Le bruit sourd est couvert par un cri affolé.

 

BABE !

 

Ne me regarde pas comme ça.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 15/02/2026 à 22:02

Laissez-moi passer, putain ! Elle hurle, pousse ces crevards d’agents de sécurité en brandissant son insigne comme un passe-droit sous leurs visages fermés.

Caecilia est prête à exploser quelques nez pour retrouver Prisca.

Prisca, qui vient de faire une chute assez impressionnante pour soulever son cœur pourtant d’habitude plutôt accroché face aux risques pris par son amie une fois montée sur un balai.

 

La sorcière peut bien se prendre un avertissement des forces de l’ordre magiques, en cet instant, une seule personne compte : son amie évacuée d’urgence par l’équipe médicale des Harpies. Madame. Lâchez-moi ! La tireuse se débat face aux trois paires de mains qui tentent de la canaliser. Le stade est en émoi, elle a laissé Manius et Quintus derrière, trop estomaqués pour réagir. Un doigt d’honneur à l’ancien Serpentard qui a tenté de la suivre. 

Prisca a besoin d’elle, rien qu’elle.

 

Un membre du staff finit par s’approcher, la reconnaitre, tempérer. Évidemment qu’elle est une amie. C’est même presque peu de le dire. Regard de défi. Elle passe, court, vole, les vestiaires – gauche ou droite ? – retourne sur ses pas, l’angoisse la fait dériver. La tireuse semble perdre tous ses moyens alors que le dernier pilier de son existence instable vient de s’effondrer. Putain, elle jure, peste, passe les portes à toute vitesse. Depuis combien de temps son amie est-elle seule ?

 

Elle tente de calculer dans sa tête les minutes qu'il lui a fallu pour bondir sur ses deux pieds, traverser les gradins, affronter les obstacles sur son chemin, perdre son corps de vue, le terrain vide, les mines désolées et puis enfin le chemin des vestiaires, Eleftheria campée dans sa main. La sorcière ouvre la porte à la volée, le cœur battant, les joues rouges, souffle saccadé. Un médecin auprès d’une Prisca vivante, mais allongée. Pas vifs, souples, fermes mais légers, Caecilia file à son chevet, prend ses mains dans les siennes sans se soucier de la présence de Mayla toute proche ni de celle du médicomage.

 

Les doigts de son amie à ses lèvres, sourcils froncés, mine tracassée. Pri, j’suis là. Une main maternelle dans les cheveux courts de son amie-sœur. Comment ça va ? Regards vers le spécialiste et l’amante : qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’elle a ? Comment elle va ? L’urgence dans sa gorge ne l’empêche pas de murmurer comme si le moindre éclat de voix pouvait faire voler le corps de son amie en mille morceaux.

 

La femme la plus solide qu’elle connaisse venait de lui démontrer qu'elle pouvait également s’écraser.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 16/02/2026 à 02:04

Un sortilège s'empare d'elle et la transporte avec douceur à l'abri des yeux de la foule dont l'effarement le dispute à une curiosité un peu morbide. Son monde est devenu douleur et elle aimerait pouvoir ouvrir ses yeux peu coopératifs pour ne plus avoir l'impression de se voir de loin, petite poupée désarticulée. Pas besoin de la vue pour savoir à qui est cette main qui serre la sienne, elle la connaît mieux qu'aucune autre. Remonte sur ton balai. 

 

Mais les doigts ne la laissent pas partir, pas avant longtemps. Pas quand une voix sèche intime à la batteuse de faire de la place, pas quand d'autres mains la palpent avec minutie pour évaluer les dégâts. Une formule indistincte qui n'apporte pas encore le soulagement mais des réponses. À quel point Prisca Thompson est-elle cassée ? Est-ce que le sortilège dévoilera à la médicomage les récentes fêlures dans le cœur de la joueuse ou ces blessures-là, plus graves sans aucun doute, sont-elles invisibles à la magie et aux yeux les plus avertis ? D'autres incantations. Toujours pour l'ausculter. Putain mais filez-moi une potion.

 

La main relâche son étreinte. Pourquoi ? Prisca n'est pas prête à ne plus sentir la chaleur de Malya. Ses protestations ne sont qu'un gémissement inaudible. La main revient pourtant. Non. Ce n'est pas la même. Des lèvres au bout de ses doigts. Une caresse dans ses cheveux. Si elle le pouvait, l'athlète sourirait. Bien sûr qu'elle est là, comment pourrait-elle ne pas l'être ? Une petite pensée compatissante pour quiconque a pu vouloir l'empêcher de la rejoindre avant de la reconnaître. T'inquiètes pas pour moi.

 

Conciliabule entre l'amie-sœur et la médicomage. Pourquoi leurs voix sont-elles des souffles à peine perceptibles ? Prisca veut savoir. Elle capte quand même l'essentiel. Fractures. Pas besoin d'être hospitalisée, ouf. Potion. Ressouder les os. La joueuse l'attend cette potion, elle s'impatiente. Elle en a assez d'avoir mal. Malgré l'effort que cela lui demande, elle réclame. Elle formule son besoin, péniblement.

 

— N... Nem. Ba... be.

 

J'ai deux mains bande de cruches. Non, ça c'est trop difficile à prononcer. Ce n'est pas nécessaire de toute façon, l'amante reprend sa juste place à ses côtés, touche son épaule. C'est un bon début. Un liquide salvateur coule enfin dans sa gorge. Ce n'est pas le miracle qu'elle voudrait sentir agir instantanément mais cela reste la promesse d'un mieux qui approche.

 

— Il y a autre chose. Mais le secret médical impose que Mademoiselle Thompson soit seule à... commence la soigneuse.

 

Comme s'il y avait quelque chose que Caecilia et Malya ne pouvaient pas savoir.

 

— Rien... à... foutre. D... dites.

 

C'est qu'elle hésite quand même. La peste soit de la déontologie ! Prisca n'a pas les forces nécessaires pour s'énerver mais heureusement la sorcière qui lui administre les premiers soins consent à cracher le morceau.

 

— Bien. Le bilan du sortilège de vision du son est rassurant. Votre bébé se porte comme un charme.

 

Si la potion n'a pas d'effet instantané, ces mots-là ont celui d'une décharge violente qui court-circuite juste assez le cerveau de la jeune femme pour qu'elle en oublie une fraction de seconde la douleur, ses difficultés à articuler et que ses paupières refusaient jusqu'alors de s'ouvrir.

 

— Putain, quoi ?

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 16/02/2026 à 15:14

Les yeux clos. Caecilia n’a pas l’habitude de voir son amie dans cet état, le corps soudain si fragile. Elle caresse d’un regard le visage en souffrance, coup d’œil inquiet en direction de Mayla qui n’a pas l’air plus rassuré, deux paires de sourcils froncés autour de l’attrapeuse. Rapidement, la médicomage lui explique l’état de Prisca. Depuis combien de temps au juste est-elle en train de souffrir ? La joueuse doit avoir de sacrées fractures pour que ses invectives naturelles paraissent si difficiles à exprimer.

 

Au son gémissant de la voix de son amie-sœur, Caecilia s’écarte pour rendre un brin de place à Mayla. Dents plantées dans ses lèvres. Ça lui file une vague d’angoisse de l’entendre se tordre de douleur comme ça : filez-lui un truc, c’est pas vrai ça. Murmure sec qui claque en direction de la médecin. Enfin, une potion pour soulager la blonde dont elle n’a toujours pas pu croiser le regard.

 

Le secret médical. Excellente blague, Caecilia s’apprête à incendier la médicomage, mais, même dans son état pitoyable, c’est Prisca qui la devance avec son habituel franc-parler. Un sourire sur le visage de la brune, petite pression contre ses doigts. Ça y est, elle la retrouve un peu.

 

Et puis

Une bombe.

 

La tireuse se tourne brutalement vers la médicomage, interdite.

A-t-elle bien entendu ? Elle échange un looong regard avec Mayla. Les deux sorcières se toisent mutuellement avec un air de tu savais toi ? Mais Prisca apporte bien vite la réponse elle-même. Cette emmerde-là n’était pas prévue.

 

Un effet d’électro-choc.

La sorcière écrase les phalanges de son amie, caresse sa joue sans trembler : repos, ordonne-t-elle, prête à repousser toute tentative de la joueuse de se lever. Elle cherche à communiquer silencieusement avec la batteuse, la fusille du regard comme pour la forcer à ravaler les questions qui défilent par millier dans leurs regards, leurs cerveaux soudainement perturbés.

 

Ne pas harceler Prisca, tenter de demander ce qui pourrait intéresser la sorcière, faire parler sa voix à travers elles pour qu’elle puisse se repose : elle n’était pas au courant. Vous savez depuis combien de temps ? demande-t-elle à la jeune médecin, probablement dans une position délicate entre la batteuse et la tireuse, sans compter Prisca, qui est peut-être la plus dangereuse de toutes en cet instant. Caecilia vérifie que sa prise sur les doigts de son amie est assez ferme pour qu’elle ne pense même pas à remuer d’un pouce son organisme fragilisé.

 

Que dit-on dans ces cas-là ? La sorcière se rend compte qu’elle est bien incapable de se prononcer sur le rapport de Prisca à la maternité. Bonne nouvelle ? Fin de carrière ? Une mère-louve, oui, pour elle seulement, peut-être pas un môme. Un petit être de rien qui n’existe même pas encore, mais emporte déjà tout sur son passage. Des rêves, des chemins qu’on imaginait emprunter. Caecilia pense à Scott, à Manius, chasse ces hommes de ses pensées. Pas maintenant. Revenir au moment présent.

 

Elle pourrait dire félicitations, mais la joueuse voudra-t-elle le garder ?

Incertitude totale, elle ne sait pas sur quel pied danser.

Tout va bien, Pri, reste allongée, laisse ton corps se réparer. Ton corps se préparer.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 19/02/2026 à 05:27

Caecilia est implacable. Son autorité contraint Prisca à refermer ses yeux aveuglés par la lumière trop vive et à serrer les dents pour qu'elles soient les gardiennes empêchant l'évasion des gémissements que provoquent à la fois la douleur de la chute et la sensation désagréable de ses os qui se ressoudent trop vite sous l'effet de la potion. Depuis combien de temps, oui, bonne question. Même si l'attrapeuse à déjà une idée un peu vague. Ce n'est pas comme si elle fréquentait la gent masculine aussi régulièrement que Malya.

 

— Si le développement du fœtus...

 

Bébé, connasse.

 

—... est normal, ce qui nécessiterait quelques examens complémentaires pour être confirmé mais ce me semble bien le cas, cela doit faire entre trois et quatre mois.

 

Évidemment. Il n'y avait pas beaucoup d'autres possibilités. Nem-nem doit forcément sentir son agitation car elle lui intime de nouveau, avec douceur cette fois, de se détendre. La voix de sa tendre amie qui sait elle aussi jouer habilement de son ton pour parler à Prisca de la manière adéquate en toutes circonstances parvient à remplacer la grimace endolorie par un sourire fragile. Je t'aime. La blonde n'oublie pas pour autant l'autre brune si présente dans son quotidien. Je vous... Non. Pas de ça avec elle.

 

— Tu sais qui est le père ? demande cette dernière, la jalousie pointant dans sa voix.

 

Forcément. Entretenir une relation libre dépourvue de sentiment c'est facile et ça fonctionnait très bien jusqu'à maintenant pour les deux jeunes femmes. Mais dans le registre des complications, un marmot ça se pose là. Bien que Prisca ne rechigne pas à révéler son identité à sa coéquipière tout en sachant qu'elle exposerait le coupable à quelques coups de batte, elle ne peut l'embarrasser devant la soigneuse. Prétextant de porter la main à son front, la joueuse ouvre les yeux pour fixer Caecilia avec intention tout en mimant brièvement un verre de lunette devant l'un d'eux. Elle comprendra.

 

— Quelques pistes, élude-t-elle verbalement.

 

— Se protéger ne vous a pas semblé être une bonne idée ?

 

Cela requiert un effort de ne pas fusiller du regard la médicomage. Prisca ne s'est jamais cachée d'être libertine et tout le staff qui entoure les Harpies est au courant. Certaines se permettent de la juger. Mais ce qui agace réellement la future mère c'est qu'on la pense assez stupide pour ne pas prendre ses précautions. Ou pour lui faire croire qu'elles n'ont pas suffit. Le papa allait devoir fournir quelques explications. Quoi qu'il en soit, Prisca s'abstient de fournir une réponse qui n'a pas la moindre importance de toute façon. Peut-être qu'elle aurait dû car la sorcière qui s'occupe d'elle décide de l'anéantir. Parce qu'elle est vexée du mutisme de sa patiente, forcément. Ce n'est pas comme si sa conclusion était logique et motivée par l'intérêt de la santé de l'athlète et de son enfant.

 

— Quoi qu'il en soit, plus de match pour vous. Jouer dans votre état tient de la folie, vous comprenez.

 

Une goutte de sel s'écoule des paupières qui se sont refermées sous la douleur de ce coup de poignard-là. Sa main toujours prise dans l'étau des doigts de Nem-nem et l'autre qui s'empare de celle de Malya se crispent, quémandent les forces qui l'abandonnent pour faire face.

 

Aidez-moi.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 20/02/2026 à 22:05

Entre trois et quatre mois, les yeux de Caecilia s’écarquillent plus qu’elle ne l’aurait voulu. Elle jette un coup d’œil suspect au ventre de sa sportive d’amie. C’est pas vrai… Dans moins de six mois, un mini gosse fera son apparition, pratiquement en même temps que celui de Scott. L’idée lui retourne l’estomac.

 

Puis voilà que Mayla la ramène. La brune fusille la joueuse du regard. De la jalousie ? Sérieusement ? Deux yeux assez noirs que pour faire passer à l’amante l’envie d’exister. La santé de son ami-sœur est en jeu, mais, oui, c’est probablement le moment de faire son intéressante. La jeune femme claque mentalement la langue : elle savait qu’on ne pouvait pas juste faire l’amour sans attaches, bienvenue dans le monde réel des cœurs troublés Pripri.

 

La coéquipière est d’ailleurs évincée de la confidence de Prisca, qui offre à son amie un indice précieux sur l’identité du géniteur. Caecilia a besoin de tout son self-control de tireuse d’élite pour ne rien laisser paraître sur ses traits. À l’intérieur pourtant, son sang ne fait qu’un tour : bordel de merde, ses meilleurs amis vont devenir parents ? Et Emfield, qui ne compte pas, mais compte beaucoup trop, parce que son gosse aurait dû être le sien, aurait pu, peut-être, il ne se protégeait pas, elle si.

Alors c’est comme ça.

 

Le jugement de la médicomage : direct, purement méchant. Les deux emmerdeuses veulent sans doute goûter à Eleftheria. Caecilia les comprend. Quel plaisir de se prendre un bon sortilège bien exécuté dans la figure. Prisca ne répond pas, la femme tire sur une soldate à terre. Et puis le verdict : évidemment que l’attrapeuse ne peut plus exercer jusqu’à nouvel ordre. La tireuse sent son cœur se serrer brutalement face à la souffrance qui marque instantanément les traits de la blonde.

 

Marrant, j’crois pas qu’on avait demandé un commentaire, crache Caecilia vers la médecin et son bon sens exécrable. Regard pour la batteuse qui va sans doute la détester bientôt, mais elle s’en fiche, c’est un risque à prendre. Mayla-chérie, désolée, mais t’es un peu trop impliquée-là. Le coup part trop rapidement – ou peut-être le mouvement est-il tout bonnement insensé ? – peu importe, la joueuse se trouve projetée en arrière par une Caecilia bien décidée à éloigner les obstacles au repos de l’amie qu’elle a cru perdre pendant de bien trop longues minutes.

La tireuse attrape le corps blessé de Prisca avant de disparaitre dans un craquement sonore.

Et une bonne chose de faite.

 

Caecilia dépose délicatement son amie sur un lit qui doit avoir accueilli un peu trop d’amants. Le corps léger aux muscles fins de Prisca lui semble brutalement fragile, trop fragile. C’est pourtant cette même enveloppe qui lui a permis de mener de front un début de grossesse et sa pratique sportive intensive. Quel qu’il soit, ce futur bébé-là sera forcément aussi bien accroché à la vie que sa jolie maman. Désolée Pripi, Caecilia remet correctement les oreillers de la joueuse, la quitte une minute et revient avec un grand verre d’eau qu’elle maintient dans la main de son amie de peur qu’elle ne le lâche par manque de force. Comment-tu te sens ? Une priorité à la fois. Pleure un coup si t’as besoin, ajoute-t-elle les yeux un peu vides, je t’aime Pripri, j’suis là

 

Ses doigts passent et repassent dans les cheveux de la sorcière comme si chaque caresse pouvait aspirer le chagrin de cette tête blonde. Quintus, le faux mariage, le regard de son ami cette nuit, cette drôle de nuit à moitié innocente. Ses amis ne sont pas amoureux. Manius. Le désir est-il suffisant pour s’occuper d’un enfant ?

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 22/02/2026 à 05:46

Abattue par son état, ses états puisqu'en plus d'être blessée la voilà enceinte maintenant. Ou est-ce l'inverse ? Trois à quatre mois, est-ce que ça comptait avant de savoir ? Soit. Abattue, Prisca ne voit pas le duel des yeux revolvers entre les deux brunes qui sont chacune furieuses pour leurs propres raisons. Cela ne l'empêche pas de savoir que ça va dégénérer dès que la voix de Caecilia lui parvient dans ces oreilles qui voudraient ne plus rien entendre, n'avoir pas déjà entendu la condamnation qui l'a terrassée. Elle connaît son amie, son timbre et ses intonations ; elle sait que ces grognements-là ne sont plus des avertissements mais le passage à l'attaque. Un fracas, la poigne de la tireuse sur le corps brisé et crac.

 

Son matelas a le mérite d'être infiniment plus confortable que le banc du vestiaire. Et heureusement, le talent de son amie surdouée en magie épargne à Prisca la brutalité d'un transplanage qui aurait pu l'achever. Non, ce qui fait tousser la joueuse dont les côtes se tordent et la torturent c'est le rire interrompu qu'elle n'a pas su retenir.

 

— Malya va vouloir te faire la peau. Et t'as viré ma soigneuse. T'as la cervelle fondue, ma Nem-nem.

 

La blonde ne sait pas bien quoi faire du verre d'eau pourtant très à propos que Caecilia l'aide à tenir. Elle est assoiffée mais ne se sent pas la force de boire, pas encore. La potion agit, bientôt ça ira mieux. Vive la magie. Une réflexion en totale opposition avec la fillette de onze ans qui en voulait à cette maudite lettre jaunie de l'avoir arrachée à sa vie d'avant, à ses amis moldus. Cette pensée la renvoie brièvement au souvenir d'elle errant dans les couloirs comme un chat sauvage et farouche, prête à griffer quiconque oserait l'approcher. Caecilia avait été une de ses premières bagarres. Et la meilleure de son existence. Alors quand celle-ci lui dit qu'elle peut pleurer, évidemment elle ne se fait pas prier pour rire. Doucement cette fois, pour pouvoir en profiter sans que ses os fissurés la rappellent à l'ordre.

 

— Je t'aime aussi, morue, la taquine-t-elle en lui rappelant à elle aussi l'époque où elles ne savaient pas qu'elles deviendraient inséparables. J'peux pas pleurer. Pas avec toi à mes côtés.

 

Il y a quand même une ombre au tableau. L'amie-sœur n'a pas la cervelle si fondue que n'aime lui répéter Prisca et elle ne tardera pas à tirer des conclusions de la situation une fois l'inquiétude suffisamment dissipée que pour recommencer à réfléchir. L'amante de Quintus doit le couvrir. Pas pour le protéger de l'ire de Caecilia mais parce que c'est un compte qu'elle à l'intention de régler elle-même. Dans un premier temps. 

 

— C'était vraiment con de me taper Quat'zyeux alors que j'avais plus de potion. T'as pas intérêt à m'envoyer bouler pour nos footings, je ferai pas une croix sur le sport tant que je tiens debout.

 

Malgré la présence de Caecilia, malgré l'idée d'une Malya jalouse à la fois de l'amie et l'amant de son amante, malgré son corps en éclats, Prisca ne peut dévier son attention bien longtemps de ce qui va prendre trop d'importance trop vite. Elle n'avait jamais envisagé d'être mère et pourtant la voilà à six mois à peine de l'échéance. Pas question de sacrifier cette vie sur l'autel de ses ambitions athlétiques. Ça c'est une question qu'elle n'a pas besoin de se poser mais qui laisse donc la place à la myriade d'autres qu'implique un bébé. La tête lui tourne rien que d'essayer d'appréhender cette vie. Elle pose une main sur son ventre comme pour établir le premier contact conscient avec son enfant.

 

— Je te présente ta marraine, la meilleure sorcière du monde. Nem-nem, je te présente... tu veux bien m'aider à choisir ? Tu trouves qu'ça sonne mieux quoi avec Thompson : Jessie, Lesley ou Val ?

 

L'autre main de Prisca se débarrasse du verre d'eau sur la table de chevet et cueille celle de sa meilleure amie pour l'amener à la rencontre du bébé. C'est un moment qu'elle a besoin de vivre avec celle qu'elle aime plus que tout. Un amour qu'il faudra bientôt partager. Ça ira, ce calcul n'est pas une division mais une multiplication.

 

— Vu que celui qu'aurait dû être son parrain est le papa, tu crois qu'Manius accepterait ? Vous feriez la paire.

 

Le sous-entendu est limpide. Les yeux d'aigle repèrent aussi bien les vifs d'or que les visages dans la foule. L'attrapeuse a vu le couple Fawley ensemble, unis pour l'encourager. Plus romantique qu'elle ne le paraît, elle aime croire aux histoires d'amour. Surtout celle-là. Celle qui se finit par un happy end pour sa Nem-nem. 

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 22/02/2026 à 10:06

Pas facile de voir Prisca, toujours si sûre d’elle, campée sur ses appuis, un équilibre parfait qui lui donne des airs d’invincibilité, à moitié inerte au fond de ce lit. Penchée vers son amie, le front plissé, de longues mèches de cheveux en bataille qu’elle dégage derrière son dos, Caecilia joue à l’infirmière.

 

Et cette crétine de médicomage qui semble ignorer qu’une série de phrases acerbes peuvent bien plus facilement blesser qu’une chute vertigineuse. Peu importe la hauteur ou la foule en délire. J’ai dégagé les gêneuses, réplique la brune avec sérieux malgré l’éclat de rire de son amie. Sa main garde fermement le verre d’eau collé aux doigts de la blonde. Elle ne sera tranquille que lorsque la joueuse aura été capable de se réhydrater.

 

Si Prisca plaisante, c’est qu’elle va mieux. C’est le chemin qui se trace dans l’esprit de la jeune tireuse. Elle se décrispe un peu. Mais certaines âmes ont le rire facile pour échapper au désespoir, masquer, éviter la vulnérabilité. Tout le monde n’est pas capable comme elle, de laisser ses larmes dévaler la pente d’un corps convulsé. T’es vraiment un homme toxique Pri, chiale si ça te chante, c’pas moi que ça va gêner. S’tu veux j’me retourne.

 

Un baiser sur le front.

Pour l’instant, c’est elle le marmot.

 

Caecilia reste perplexe face à la déclaration de son amie. Alors, t’as vraiment pris le risque genre avec Quintus ? Elle insiste tellement ça lui paraît gros. Le regard du sorcier derrière le verre de ses lunettes, un frisson de désir-dégoût ? L’ami d’enfance qu’elle aurait pu épouser et puis soudain un jeu du papa et la maman grandeur nature. La sorcière sent ses forces l’abandonner dans le tumulte de cette drôle de réalité. Elle s’assied sur le lit de son amie. Ses doigts prennent sa main, caresse un peu un bras, doucement effleurer, ne pas causer plus de douleur qu’elle n’en a déjà. Victor ou Victoria.

 

Elle n’arrive plus à sourire aux bêtises de son amie qui veut continuer le sport dans son état. La tendre provocation la touche pourtant : Prisca ne l’abandonne pas, pas tout à fait. Quintus, Scott et les enfants d’autres femmes, pas les siens. C’est drôle qu’elle ne puisse s’empêcher de se projeter.

 

La tireuse n’est pas certaine d’être tout à fait à l’aise avec l’idée du ou de la mini-Prisca dans le ventre de son amie. Elle jette un œil curieux au corps de la joueuse, à cette main maternelle qui semble si rapidement s’être faite à l’idée, comme si tout cela lui était naturel. La sorcière se sent tout à coup dysfonctionnelle. Elle a l’impression qu’elle ne pourra pas, jamais, éprouver la même tranquillité, parvenir sans débats à faire passer en priorité dans sa vie un bout d’elle-même qui ne l’aimera peut-être même pas. L’idée de son corps parasité, trop lourd, incapable de se mouvoir avec sa souplesse habituelle, la révulse brutalement.

 

Vic, répond-elle un peu absente sans comprendre pourquoi elle vient de proférer cette absurdité. Des prénoms oui, une lourde responsabilité. Caecilia, pourquoi lui avait-on choisi ce nom-là ? Les doigts de la jeune femme se retrouvent pris au piège de ceux de son amie qui les dépose contre son corps déjà transformé. La tireuse refrène un geste de recul et lui abandonne sa paume, prise dans un malaise qu’elle tente de masquer. Être là pour elle, ne pas la lâcher. Prisca a besoin d’une amie fiable, pas d’une pleureuse qui vient étaler ses états d’âme. Sinon, elle ne vaut pas mieux que Mayla.

 

M-Manius, elle s’étrangle. Elle et son sorcier de mari qui forment tout sauf une paire. Elle ferme un instant les yeux. Évidemment qu’il accepterait, quelle excellente idée, monsieur et madame Fawley unis autour d’un bébé qui n’est pas le leur, rassemblés face à leur propre incapacité à construire quoi que ce soit.

La jeune femme change de sujet pour cacher son trouble, mais Quintus, il, comment l’exprimer concrètement, tu penses que très délicat, trop délicat, qu’il voudra être un papa ? Étrangement, la tireuse repense à la jeune Égyptienne au visage défait apparue dans son salon il y a une demi-éternité. Neith n’a pas fini d’en voir de toutes les couleurs.

Prisca Thompson

Femme

22 ans

Né-moldu

Britannique

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Maren

Maître du Jeu

Joueur de Quidditch Professionnel

Message publié le 22/02/2026 à 19:10

Les gêneuses. Le point de vue de Caecilia sur la personne dont dépendait la guérison de Prisca et sur celle qui était plus importante que la blonde accepterait jamais de l'admettre amuse cette dernière. La tireuse d'élite n'a cependant pas tout à fait tort, les remontrances sèches et la jalousie déplacée n'étaient que des encombrements. La brune et son soutien indéfectible suffisent plus qu'amplement à l'attrapeuse déchue. Quoiqu'elle se serait passé tout aussi volontiers de l'insulte acide que lui crache la brune. 

 

— Me traite pas de mec. Sérieux, j'ai ni envie ni besoin de chialer.

 

Combien de temps ça prendrait pour retrouver ses facultés physiques après l'accouchement ? Trop évidemment, mais pas assez pour décourager Prisca Thompson de remonter sur son balai et de pourchasser ses rêves. Et la douleur s'amenuise lentement mais sûrement. Non, elle n'a aucune raison de pleurer. Tout ceci n'est qu'un contretemps. De plus, avec une Nem-nem inquisitrice, aucune place au loisir de flancher un tant soit peu.

 

— Quitte à baisser ma garde, mieux valait lui qu'un autre. Je l'aurais peut-être pas fait si j'avais été sobre...

 

Le souvenir terrible et douloureux de la confession inacceptable d'un Quintus ivre resurgit. Oui, l'alcool peut avoir bon dos vu l'ampleur de la désinhibition qu'il peut causer. 

 

— 'Fin tant pis, c'est fait.

 

Prisca ne parvient à s'abandonner totalement à la veille de son amie-sœur que parce qu'elle n'est pas en mesure de remarquer le trouble de cette dernière. Même si au fond elle sait que le rapport à la maternité de Caecilia est forcément un peu compliqué, pour employer un euphémisme, elle a trop besoin d'être celle qu'on choie cette fois pour couvrir sa tendre amie de sa protection lupo-maternelle. Le prénom suggéré s'insinue dans l'esprit de Prisca qui l'imagine rouler sur sa langue. Avec amour : Vic. Autoritaire : Vic ! Compatissante : Vic... Pourquoi pas. Vic qui lui en fera voir de toutes les couleurs quand maman devra soigner ses bobos, éponger ses peines, chasser ses insécurités. Qui l'élèvera dans ses succès et ses joies, la rendra fière quoi qu'il arrive. Un petit être de dichotomie qui sera en même temps sa meilleure force et sa pire faiblesse.

 

Nem-nem ne semble pas aussi convaincue qu'elle pour Manius. L'optimisme joue des tours à Prisca qui a pris la présence de ce mari indésiré pour un bon augure mais se souvient avoir quitté un homme terriblement blessé et une femme brisée derrière elle en quittant Dinefrw. Donc leur apparition conjointe au stade n'était finalement que la continuité de leur mascarade. N'y a-t-il aucun espoir de bonheur pour cette amie qu'elle aime tant ? Est-ce que tout a été irrémédiablement foutu en l'air ? Est-ce que toute la faute incombe à Quintus ? Que faire de ce père-là que Prisca n'est plus sûre ni de vouloir dans sa vie ni de vouloir vouer à l'oubli ?

 

— Je sais pas encore si je vais le dire à Quat'zyeux. Peut-être que ça l'emmerderait d'avoir un gosse. Peut-être que mon bébé a pas besoin d'une figure masculine dans sa vie.

 

Sauf que ce con de Serpentard a forcément voulu cet enfant s'il a interféré avec la potion contraceptive. Il ne peut y avoir d'autre explication. Et quel pied de nez ce serait de lui refuser la paternité. Est-ce que Malya ferait une bonne co-maman ? Est-ce qu'elle voudrait ?

 

— Dis, Nem-nem. T'en penses quoi toi ? Vic mérite l'amour de deux parents, non ? À ton avis est-ce que... 'fin j'sais pas. Je devrais peut-être, t'sais.

 

Non elle sait pas. Comment elle pourrait savoir ? Il n'a jamais été question de ça dans la vie de Prisca. Cela dit, il n'a jamais été question d'un enfant non plus. La donne a changé.

 

— Je devrais p'têt me caser.

 

Là c'est sûr, sa meilleure amie va l'emmener à Sainte Mangouste en pensant qu'elle s'est fêlée la cervelle ou qu'elle a viré maboule. Enfin, la blonde se décide à boire son verre d'eau un peu comme si ça la cachait de la réaction de Caecilia.

Caecilia Fawley

Femme

22 ans

Sang pur

Britannique

Tireur d'élite

Message publié le 23/02/2026 à 22:25

Prendre sur elle, faire passer les autres avant, c’est pas son truc, ça ne l’a jamais été. C’est drôle qu’elle ait besoin de devoir s’occuper de son amie pour se rendre compte de son propre égoïsme. À trop être mal aimée, c’est qu’elle a fini par devenir intolérante à l’ombre, ne peut supporter d’être reléguée au second rôle d’une histoire qui doit tourner autour d’elle. Mais peut-être que, seulement pour Prisca, rien que dans cette configuration-là, elle peut accepter d’être la confidente, l’infirmière qui veille et protège une jeune femme qui en a plus besoin qu'elle.

 

Déjà jalouse d’un mini bout d’humanité qui glisse dans le timbre de l’amie-sœur une tendresse qui ne lui a pas échappé.

Et puis non, pourquoi vaudrait-il mieux que ce soit Quintus ? N’aurait-il pas été plus facile que la sorcière choisisse n’importe quel inconnu plutôt qu’un homme que les deux jeunes femmes pourraient reconnaitre dans les traits du poupon ? Si la génétique de son myope de père prenait le dessus, l’excellente vision de sa mère se perdrait dans son sillage. Caecilia a comme un flash en repensant à une photo d’eux tout petit. Le garçonnet tout sourire et bien droit derrière les verres de sa monture à côté d’une jeune sorcière aux mèches plus claires qu’aujourd’hui, qui semble jeter à l’appareil quelques coups d’œil inquiets. Sans doute Cassius se tenait-il derrière l’objectif.

 

La sorcière cherche mentalement l’emplacement de la photographie, peut-être dans ce tiroir-là ? Elle a brusquement envie de revoir leurs bouilles d’enfants, pas tout à fait insouciants, mais au moins un peu plus innocents. Un masque de tristesse accable ses traits.

Quintus aimerait sans doute avoir un enfant, avoue-t-elle à demi-mot en repensant à leur discussion nocturne, une vague de culpabilité supplémentaire sur les épaules. En tous cas, avec elle, il semble y avoir réfléchi. Caecilia évite un énième soupir et s’occupe de déchausser son amie, déposer les souliers à terre, remonter les draps sur le corps endolori, chercher quelque chose à faire pour être utile, ne pas simplement assister à la souffrance de cette amie qui lui semble simplement tenter de foutre sa vie en l’air.

 

Elle ne comprend pas.

La réaction tranquille d’une Prisca qu’elle n’a pourtant jamais imaginée mère.

Faut-il qu’elle ait finalement voulu cet enfant ? Elle ne sait pas, ses idées sont un peu embrouillées. Puis, elle ne peut s’empêcher d’essayer d’imaginer à quoi pourrait bien ressembler un mini-Manius Fawley, petite tête platine aux grands yeux clairs plongée dans trop grand livre peut-être. Que ferait-elle de deux intellectuels à la table du déjeuner ?

 

Une double flèche dans la chair de Caecilia pour la replonger dans des souvenirs douloureux. Elle déconnecte un peu. Une figure masculine, mériter l’amour de deux parents. Le sel aux yeux. Si Prisca ne veut pas pleurer, c’est peut-être elle qui finira par le faire à sa place. La tireuse passe une main dans ses cheveux comme pour cacher son trouble, s’apprête à répondre, mais c’est sans compter sur la nouvelle bombe que son amie choisit de lâcher.

 

La sorcière ouvre des yeux ronds : wow Pripri, ça va pas ou quoi ? Dans d’autres circonstances, elle ne se serait sans doute pas gênée pour la secouer ; la joueuse a de la chance d’être alitée. À la place, Caecilia lui flanque une pichenette sur le front : ça y est, la grossesse te fait déjà cramer les neurones, ressaisis-toi ma vieille. Prisca casée, autant dire Prisca décédée, et puis quoi encore ? Prisca qui ne vole plus ? Prisca maman ? Grimace intérieure : depuis quand la fin du monde a-t-elle déjà commencé ?

 

Le verre se vide petit à petit entre les lèvres de son amie. Regard satisfait vers le contenant que la tireuse récupère pour le déposer plus loin. Caecilia prend les mains de son amie, deux yeux sérieux, le front toujours soucieux : j’comprends que ça te pose question, commence-t-elle en cherchant ses mots, mais une maman merveilleuse c’est déjà plus qu’assez pour combler un bébé. C’est qu’elle le pense sincèrement. Toi tu t’occupes de mini Prisca, moi je m’occupe de toi. Elle lui colle un baiser sur les lèvres pour sceller sa promesse : la femme de la vie de Prisca Thompson est déjà toute trouvée, elle s’appelle Caecilia Fawley.