Harry Potter RPG

[En Cours]
Observation médicale Infirmerie, lundi 04 février 2126

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Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 04/02/2026 à 22:07

Mellitus ne répond pas. Ses yeux sont baissés de honte à cause du secret qu'il doit s'efforcer de garder et de l'ingratitude manifeste dont il fait preuve, et pas qu'envers son interlocuteur.

 

— Elle a dit que tu devais être là, pauvre tache. Tu comprends ce que je dis ? Elle ne viendra pas me voir si tu ramènes pas ton cul de fayot sur le terrain. Je t'ai prêté mon balai, je t'ai rendu ta place dans l'équipe, tu me le dois.

 

Forcément, puisqu'il ne le regardait pas, Mel est surpris quand les chaussures d'Isha apparaissent sous son regard et que ce dernier le saisit par le col sans ménagement pour le soulever. Les poings de l'accusé se crispent mais il n'a aucune intention de frapper. Pas son ami. C'est une autre barrière qui cède à la place. Il n'est pas fait pour le mensonge, autant lui dire ce qu'il en est exactement. Enfin, peut-être pas exactement, pour ne pas embarrasser Nellie davantage mais pour clouer le bec du capitaine.

 

— Et pourquoi elle t'a demandé de me reprendre à ton avis ? Elle sort avec moi. C'est moi qu'elle viendrait voir aux matchs !

 

— Fils de...

 

Le dernier mot de l'insulte produit étrangement le son sourd d'une arcade sourcilière qui s'ouvre tandis qu'une vive douleur étourdit Mellitus dont la vue se trouble à cause du sang qui coule dans son œil. Isha le laisse retomber sur ses pieds et il titube brièvement avant d'être agenouillé par un second coup de poing dans le foie. L'enfoiré sait cogner, c'est clair. L'acrobate n'envisage même pas de répliquer, il accepte son sort. De toute façon, il n'est déjà plus en état de se battre, même s'il voulait essayer. C'est la mâchoire qui encaisse le dernier coup de poing qui l'étale sur le sol de la tour de l'horloge où Isha devait "lui parler d'un truc hyper important". Une fois par terre, c'est à grands coup de pieds dans les côtes que son ami l'achève en crachant tout le vocabulaire fleuri qu'il connaît.

 

Une fois l'ouragan passé, Mellitus ne sait plus trop où il est exactement. Il a bien senti que quelques craquements advenus durant le passage à tabac étaient des côtes qui se fêlaient, il sait qu'il voit rouge au sens littéral et que ses jambes n'ont tout simplement pas la force de le porter. L'escalier n'est pas loin. Lentement, fastidieusement, Mellitus rampe jusqu'en bas en prenant le risque insensé de les dégringoler. Ce n'est qu'une fois dans les couloirs plus fréquentés que deux condisciples en grande conversation l'aperçoivent et ont la bonté d'âme de l'emmener à l'infirmerie à l'aide du sortilège Mobilicorpus. Dieu soit loué. Le Serdaigle n'est pas bien sûr d'avoir réussi à articuler un remerciement, pas faute pourtant d'avoir essayé tout le long du trajet.

 

Une fois installé dans un lit de l'infirmerie et couvert du regard inquiet et bienveillant d'Adaline McBride, dont il peine à identifier les sons qui sortent de sa bouche, il s'efforce de prononcer quelques mots pour, en dépit de tout, couvrir son meilleur ami.

 

— J'ai... chute... esca... liers.

 

Bien que dans un état second, il est encore suffisamment lucide pour savoir pertinemment qu'il insulte l'intelligence de l'infirmière. Mais qu'importe qu'elle insiste et le presse de toutes les questions qu'elle voudra, sa version ne changera pas. Mellitus est déjà un lâche, un traître et un ingrat. Pas question d'ajouter balance à la liste.

Adaline McBride

Femme

32 ans

Sang-mêlé

Britannique

Avatar de Gabriel
Gabriel

Administration

Infirmière de Poudlard
Gardien des Origines

Message publié le 05/02/2026 à 15:29

Décidément, quelque chose ne tournait pas rond.

 

La veille, un élève de septième année avait été amené à l’infirmerie par quelques-uns de ses camarades. On l’avait retrouvé dans un état pitoyable, rampant dans les couloirs. J’avais déjà reçu ce garçon une ou deux fois pour des blessures mineures - comme la plupart des joueurs de Quidditch de cette école, à vrai dire. Sauf que, cette fois, aucun cognard n’aurait pu provoquer de tels dégâts.

 

Il souffrait d’un hyphéma à l’œil gauche, l’arcade sourcilière droite était fêlée, et ses lèvres éclatées. Sa mâchoire avait encaissé quelques coups, mais rien de comparable à l’état de ses côtes : l’une d’elles s’était déplacée et avait failli lui transpercer un poumon. C’est à moitié mort - ou presque - qu’il avait marmonné qu’une chute dans les escaliers était responsable de son état. Bah voyons.

 

Je n’avais pas relevé sur le moment. J’avais bien assez à faire pour le maintenir conscient et le tirer d’affaire. Le pauvre avait sûrement passé l’une des nuits les plus désagréables de sa vie. Réparer des os, c’est un jeu d’enfant : s’il n’y avait eu que ça, une nuit de repos aurait achevé ce que les sortilèges avaient commencé. Non, le plus embêtant, c’était l’hyphéma. Les Moldus traitent ça - au petit bonheur la chance - avec du repos. Ici, la potion qui stoppait l’hémorragie était efficace à cent pour cent… mais les picotements qu’elle provoquait pendant les premières heures étaient insupportables.

 

Au matin, le garçon avait repris des couleurs, mais je ne pouvais pas le laisser sortir en me contentant de cette explication bancale. Une chute dans les escaliers… Il me prenait pour un lapin de six semaines ?

 

C’est en lui apportant son déjeuner que je décidai de passer à l’offensive. Je déposai devant lui le plateau qui lui était destiné, puis tirai les rideaux autour de son lit afin de nous isoler du reste de la salle. Il n’y avait personne, en dehors de nous et de cette gamine, là-bas, qui s’était renversé une potion mal préparée sur les genoux.

 

- Alors, Mellitus… Et si tu me racontais ce qui t’est réellement arrivé hier soir ? Je sais que les escaliers du château sont retors, mais pas au point de manquer de te rendre aveugle.

 

Je pris place sur une chaise à côté de son lit, sans le quitter des yeux, attentive à la moindre réaction.

 

- Tu avais des marques de coups francs quand tu es arrivé ici… et, à moins que tu ne t’en sois pris une série en dévalant les marches, je ne vois pas bien le rapport avec une “simple chute”. À moins que tu aies été piétiné par une cohorte de premières années inattentifs… mais j’en doute.

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 05/02/2026 à 17:33

Assis dos contre la tête de lit, l'élève regarde distraitement son plateau qu'il triture sans manger. Ses yeux ne cherchent qu'à fuir le regard inquisiteur de l'infirmière car la honte qui le tiraille ne peut que l'empêcher d'entretenir son piètre mensonge. S'il avait été un peu plus en état de réfléchir la veille avant d'échouer dans le domaine d'Adaline McBride, il aurait pu élaborer quelque chose de plus convaincant.

 

— Aveugle... c'était si grave que ça ?

 

Futile tentative pour gagner du temps. Bien que la médicomage de l'école ait fait un travail remarquable, le traumatisme subit et la pénible nuit passée avec d'insoutenables picotements qui auraient fait passer le tabassage pour une sinécure forment des conditions dans lesquelles Mellitus ne peut tout simplement pas fonctionner normalement. Et puis mentir n'a jamais été son fort ni même sa volonté. Autant aborder une autre stratégie et tenter de négocier.

 

— Je comprends que je vous manque de respect avec cette histoire d'escaliers. Je vous prie de bien vouloir m'excuser de vous mentir mais j'ai besoin que ça reste l'explication officielle. S'il-vous-plaît, Madame McBride.

 

Quelque part en lui, le Serdaigle trouve la force de soutenir le regard d'Adaline, cherchant à démontrer sa détermination à maintenir sa version. Impossible de la duper, elle sait que son tour de passe-passe n'est qu'une illusion. Mais tant qu'il ne lui révèle pas l'astuce, elle ne peut deviner dans quelle manche il a caché ses cartes et c'est tout ce qui compte. Mel baisse pourtant rapidement les yeux, cesse de jouer avec son petit-déjeuner. Il n'a pas faim et il serait discourtois de manger pendant la conversation. Ce n'est vraiment pas le moment pour ça mais quitte à se retrouver en tête-à-tête avec l'infirmière et faute d'avoir eu le temps de trouver une alternative à sa demande optimiste, il pousse un soupir avant de faire le saut de l'ange en relevant les yeux.

 

— Dites... j'ai conscience que c'est déplacé de vous poser la question maintenant mais, heu... Est-ce, est-ce que ce serait envisageable de faire genre, comme un genre de stage ? Ici, cet été. Je veux dire, observer votre travail et vous donner un coup de main. Je peux faire le ménage et, je sais pas, des trucs quoi. Si c'est possible. Mais je suppose que vous restez pas ici quand y a pas d'élève. Laissez tomber. Désolé de vous avoir importunée.

 

Le regard du jeune homme se perd dans le vague. Peut-être que dans l'Allée des Embrumes il pourrait trouver un établissement pas trop regardant qui l'hébergerait contre services. Aucune chance d'approfondir son cursus d'éducation magique dans pareilles conditions mais ce serait mieux que d'être à la rue. Et puis, tout moldu qu'il se considère encore, il n'a plus sa place depuis longtemps dans ce monde-là qui l'a vu naître. La voix intérieure n'a pas besoin de plus pour revenir le tourmenter et le harceler de tous les défauts qu'il accumule. Notamment son ingratitude chronique.

 

— Au fait. Merci, Madame. Pour vos bons soins. Je me sens mieux, tente-t-il de lui sourire un peu pathétiquement.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 05/02/2026 à 21:03

Ce n’était qu’une rumeur, mais une rumeur est déjà suffisante pour inquiéter un cœur amoureux. Mel, son Mel aperçu sanguinolent, conduit à l’infirmerie d’urgence.

Des bruits de couloir, morceaux de vérités épars.

Et puis Nellie, qui n’avait pas dormi, coincée dans la salle commune des Serdaigles par le couvre-feu alors que lui n’était pas rentré se coucher. Elle en était certaine, elle avait surveillé cette porte d’entrée si longtemps que ses yeux avaient fini s’embuer avant de laisser couler de grosses larmes d’inquiétude et de nervosité. Mel blessé.

 

C’était Isha qui avait tenté de la raisonner, la convaincre d’aller se coucher, près de lui si elle voulait, hein, qu’il la rassurerait, sans succès. Elle était restée campée là comme si la silhouette du garçon allait finit par se découper dans l’embrasure pour lui prendre la main et lui promettre de ne plus jamais la quitter. Ensemble.

La demi-vélane imaginait son ami dans le coma après une mauvaise cabriole dont il avait le secret. Elle le revoyait, piquer dans les airs, son balai à peine maintenu entre les jambes. Cette vision d’horreur l’avait harcelée toute la nuit.

 

Au petit matin, la boule au ventre, des yeux cernés, mais pas encore assez pour gâcher son visage de monstre, Nellie fuit. Premières lueurs du jour, levée de l’interdiction, elle était la première à réveiller des portraits encore somnolents.

Piquée au vif, les sens en alerte. Qu’on le lui rende par pitié.

 

Petit oiseau sur courtes pattes qui se perdait, ne connaissait pas encore bien le chemin de l’infirmerie où elle n’avait pas dû se rendre depuis qu’elle était arrivée dans cette école. Vertige d’émotion, descente dans l’angoisse, ses mains étaient moites alors qu’elle les pressait contre un mouchoir de papier qui recueillait de temps à autre ses dernières perles salées.

Quelle émotion ne lui faisait donc pas vivre son acrobate ?

 

Pas de petit déjeuner pour la jeune élève au cœur à peine accroché. Nellie était pleine du vertige de sa nuit, l’âme troublée, les yeux trop secs puis trop mouillés. Un raz de marée. Elle n’avait pas osé demander des détails, seulement attrapé des mots au vol contre ses oreilles tremblantes. Il parait que… Et quelques regards désolés dans sa direction, parce qu’on commençait à savoir, à dire des tu savais que à propos d’elle et lui aussi.

Mais peut-être pensait-on qu’elle savait, qu’elle était au courant. Non aurait-elle voulu hurler, qu’on vienne leur détailler, à ses yeux, ses grands yeux effrayés, le pourquoi du comment et la véracité. Peu importait, il n’était pas là, c’était suffisant pour l’inquiéter.

 

Devant ses yeux, finalement, la porte de l’infirmerie se dessina. Quelques coups frappés contre le battant avant de n’en plus pouvoir et d’entrer. Ce n’était pas son genre, Nellie toujours polie, toujours gentille, mais ce matin un peu trop bouleversée. Dans un coin, une jeune fille. Le regard de la demi-vélane balaya la pièce à la recherche de celui de Mellitus, seul un lit masqué d’un rideau pouvait potentiellement signifier sa présence. Le garçon devait être si violemment blessé. Nellie se sentit soudainement faible, la veille, le jeûne, la pensée de la perte de Mel firent brusquement danser des étoiles devant ses yeux : Mel souffla-t-elle en cherchant un objet auquel se raccrocher alors que tout devenait subitement noir autour d’elle.

Adaline McBride

Femme

32 ans

Sang-mêlé

Britannique

Avatar de Gabriel
Gabriel

Administration

Infirmière de Poudlard
Gardien des Origines

Message publié le 05/02/2026 à 21:24

- Pour faire simple : ton œil gauche a subi une hémorragie. Avec quelques minutes de plus, tu aurais très bien pu le perdre. Donc… oui, on peut dire que c’était grave.

 

Le garçon ne semble pas se rendre compte de la violence des coups qu’il a reçus. J’ignore qui il cherche à protéger - si ce n’est lui-même - mais je ne peux décemment pas laisser les choses en l’état. J’ai déjà alerté, comme le veut le protocole en pareille situation, le directeur de Serdaigle. Nul doute qu’il voudra lui aussi connaître l’identité du coupable. Ce n’est pas tous les jours qu’on retrouve un élève à moitié battu à mort dans les couloirs. Même à Poudlard.

 

Avant même que j’aie le temps de lui répondre, il enchaîne sur une question pour le moins surprenante.

 

Un stage ? Ici, à Poudlard ?

 

Lui-même se rend compte qu’un souci se posera sur la période demandée : entre juillet et août, le château est quasi désert et - même si je restais à l’infirmerie, ce qui n’est pas le cas - qu’y aurait-il à observer, sinon des lits vides ? Je mets sa demande de côté pour le moment et reviens à ce qui m’intéresse.

 

- Je te remercie pour ta franchise, mais je suis dans l’obligation d’insister… celui ou celle qui t’a fait ça pourrait recommencer. S’en prendre à nouveau à toi, ou à l’un de tes camarades. Tu ne rendrais service à personne en protégeant ton agresseur - et certainement pas à toi-même.

 

Avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche, des coups retentissent à la porte de l’infirmerie. Je lève un sourcil : les coups sont pressants. Je n’ai même pas le temps de me lever que la porte s’ouvre d’elle-même, laissant entrer quelqu’un à la hâte. Une voix - affolée - puis plus rien, comme un souffle coupé.

 

Ma baguette bien en main, je me lève vivement en précisant à Mellitus :

 

- Je reviens dans un instant.

 

J’écarte les rideaux et tombe nez à nez avec la petite nouvelle - de Serdaigle, elle aussi. Inconsciemment, je suis soulagée de voir qu’elle n’est pas en sang, contrairement à son camarade la veille. Pourtant, elle a l’air à deux doigts de s’effondrer. Sans réfléchir, je lève ma baguette.

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit le plus proche.

 

Il est encore tôt… Qu’est-ce qui peut bien la mettre dans cet état ? Je m’approche, pose une main sur son front et tente d’accrocher son regard.

 

- Nellie ? Est-ce que tu m'entends ? Nellie ?

Adaline McBride a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : La Compresse !

Sortilège
Sortilège du Corps Ondoyant
Difficulté
4
Résultat D20
8
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit le plus proche.

Autres résultats possibles

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit le plus proche.

Le corps de la jeune fille ne bouge pas d'un pouce... espérons qu'elle tienne debout.

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit déjà occupé par l'autre gamine. Oup's...

Mellitus Cavell

Homme

17 ans

Né-moldu

Britannique

Message publié le 06/02/2026 à 11:07

La réponse de l'infirmière le laisse songeur. Étrangement, il s'inquiète moins de s'imaginer vivre avec un seul œil que de se demander si Nellie ne le trouverait pas moins à son goût s'il devenait borgne. Le surréalisme de cette pensée lui arrache un hoquet de rire incongru. C'est qu'il s'y est accroché si vite et qu'il y tient si fort à son adorée demi-vélane et qu'il a l'impression qu'un rien pourrait la détourner de lui.

 

Mais Madame McBride ne lui laisse pas le loisir de s'inquiéter pour ses émois d'adolescent et lui fait comprendre que l'agression d'Isha pourrait encore être un problème ultérieur, ce qu'il n'a pas envisagé à ce stade. Mellitus se soucie trop peu de sa propre intégrité physique pour cracher le morceau mais la perspective que son ancien capitaine puisse réitérer avec quelqu'un qui aurait le malheur de se montrer trop familier avec la personne qu'il convoite rend l'acrobate mal à l'aise et le place dans un dilemme inconfortable. D'une part, protéger son ami et garder Nellie en dehors de ça. D'autre part, le bien commun. Tout le pousse à préférer la seconde option : son pragmatisme, son éducation dévote, le bon sens même. Pourtant, il hésite.

 

L'interruption presque immédiate de leur conversation ne lui donne pas l'occasion de méditer davantage sur le sujet. L'infirmière a des obligations et Mellitus hoche la tête avec entendement quand elle lui dit qu'elle revient. Pendant quelques secondes, le Serdaigle considère la possibilité d'entamer le petit-déjeuner sauf que... Nellie ? Est-ce que tu m'entends ? Nellie ?

 

La plateau vole par terre dans un fracas tandis que Mel saute de son lit sans aucune considération pour les blessures dont il se remet tout juste. Il ne lui faut qu'un instant pour être au chevet de Nellie à s'enfoncer les ongles dans la paume pour se retenir de la toucher de peur d'entraver le travail de Madame McBride. Mais ce n'est pas tenable et sa main ne tarde pas à se loger dans celle de l'être aimé. Envolées les considérations au sujet d'Isha, de la sécurité des autres élèves. Elle seule compte. Et son apparition finit de convaincre le jeune homme que le problème de l'école et de ses étudiants n'est pas le sien.

 

— Nel ! Que se passe-t-il, ma Lumière ? Madame, qu'est-ce qu'elle a ? Faites quelque chose !

 

Force est de constater que c'est là le point de rupture de Mellitus, la frontière de sa politesse et de sa calme réserve. Voilà qu'il se permet de donner des ordres à une adulte, triste déchéance d'un élève modèle. Mais n'a-t-elle pas déjà commencé quand il a décidé de couvrir Isha ? Même si les rouages de son esprit ne tournent pas rond dans ces circonstances, quelque part dans son subconscient s'inscrit l'information que les personnes auxquelles il tient constituent son point le plus faible et peuvent altérer son jugement.

 

Puis, succédant au reflux, le raz-de-marée s'abat subitement. Et si Isha s'en était pris à Nellie après lui ? Toute once de considération pour ce sale type déserte la raison et le cœur de Mellitus qui le voue au gémonies intérieurement et fait volte-face dans sa résolution fragile. Décidément pas réaliste quant à sa posture pour négocier avec l'infirmière dont c'est de toute façon sans aucun doute la priorité, il pose un regard intense sur cette dernière.

 

— Je vous dirai ce que vous voulez si vous l'aidez.

 

Comme si ça avait du sens. Mais le jeune amoureux apprenait seulement ce que pouvait faire ce sentiment. À commencer par détraquer la machine d'ordinaire rationnelle qui siégeait sous son crâne pour le faire parler et agir sans réfléchir.

Nellie Butler

Femme

16 ans

Hybride

Française

Message publié le 06/02/2026 à 22:48

Un corps lourd aux contours imprécis, l’impression d’avoir basculé dans un autre monde plus sombre, opaque et oppressant. La demi-vélane sentit à peine ses membres se soulever, la douceur des draps contre son uniforme froissé. Une voix un peu trop lointaine à son goût. Qui pouvait bien se soucier de Nellie Butler alors que la moitié d’elle-même gisait probablement grièvement blessée à quelques pas de là ? Elle aurait voulu dire à la voix de s’en aller, de s’occuper du Serdaigle, de le lui ramener comme s’il ne s’était rien passé, que toute la magie de ce monde soit concentrée ce matin sur l’unique but de lui rendre celui sans qui le monde n’avait pas vocation à exister.

 

Les couleurs refirent leur apparition, le visage de l’infirmière dans un champ de vision humide et salé. Une lumière soudainement trop vive son visage cotonneux. Elle cilla quelques instants, plus perdue que réveillée.

 

Puis deux yeux qu’elle ne connaissait que trop bien. Nellie tenta de se relever trop brusquement. Une pluie d’étoiles devant son regard la força cependant à s’allonger à nouveau. Mel, encore cet unique nom, la main du Serdaigle dans la sienne, irradiant la chaleur et l’amour : Mellitus était vivant. Chacun de ses membres se relâcha instinctivement tandis que le manque de sommeil revenait à la charge pour la submerger de toute son insistance. J’ai eu peur, j’ai eu si peur, souffla-t-elle, la voix encore vacillante du trouble dans lequel les multiples scénarios catastrophes l'avaient immergée. 

 

Madame McBride, pardonnez-moi, et toujours ce doux murmure qui semblait lui servir de voix j’ai cru qu’il nouveau regard angoissé pour le garçon, inquiétude croisée, souffrance mutuelle de sentir l’autre en danger. Qu’avait-elle au juste imaginé ? Le Serdaigle ne semblait pas avoir la moindre égratignure et, pourtant, il avait bel et bien passé la nuit à l’infirmerie : que pouvait bien signifier ceci ?

 

La jeune fille était dépitée de se retrouver là, inutile et source de trouble pour un garçon qu’elle n’aurait voulu que veiller. C’était à elle de lui tenir la main, de glisser quelques doigts dans ses cheveux avec les sourcils froncés par l’anxiété. Mais non, l’élève ne parvenait qu’à semer un peu plus de zizanie là où elle cherchait à apaiser. La fin de sa phrase se perdit dans l’hypothétique et l’improbable. Elle préférait confier la concrétisation de ses troubles nocturnes à l’indicible. Mellitus n’avait rien de grave, Nellie pouvait se reposer.

Adaline McBride

Femme

32 ans

Sang-mêlé

Britannique

Avatar de Gabriel
Gabriel

Administration

Infirmière de Poudlard
Gardien des Origines

Message publié le 06/02/2026 à 23:06

À peine ai-je prononcé son nom que le jeune Mellitus, jusqu’ici calmement installé au fond de ses draps, se rue hors de son lit pour venir à mes côtés, au chevet de la jeune fille. Je ne peux retenir un soupir d’exaspération - teinté toutefois d’un sourire - devant le ridicule de la situation… Nellie, à en juger par les cernes sous ses yeux et son état de fébrilité, devait avoir veillé toute la nuit le retour de son camarade. Enfin… peut-on encore parler de camarade lorsqu’on s’appelle « Ma Lumière » ?

 

- Comme tu peux le voir, Mellitus va bien. Il est arrivé en piteux état, mais une nuit de repos et quelques bons soins me permettent de te le rendre indemne. Alors, s’il te plaît : détends-toi, à présent.

 

Je m’éloigne quelques instants pour préparer un verre de jus de citrouille dans lequel je glisse quelques gouttes d’un philtre de Paix. J’y ajoute une chocogrenouille - pour calmer l’hypoglycémie qui doit la guetter - puis je reviens vers les deux jeunes tourtereaux. Je tends le verre et la friandise à la jeune fille ; je reste inflexible quant à la prise du traitement et j’attends patiemment qu’elle finisse, jusqu’à la dernière goutte, sa boisson.

 

- Bien. Reste tranquille, maintenant. J’ai encore deux ou trois questions à poser à Mellitus et - promis - je te le rends. Et mange cette chocogrenouille. Ça te fera du bien.

 

Sans attendre de réponse - ni accord, ni protestation - je pose ma main sur l’épaule du garçon, doucement mais fermement, et le guide jusqu’à son lit désormais taché d’un petit déjeuner gâché. La fougue de la jeunesse, sans doute. Ou des hormones en ébullition. D’un geste las, je nettoie les dégâts et j’invite le jeune homme à se réinstaller. Qu’il se recouche ou se contente de s’asseoir au bord m’importe peu, tant que l’on peut discuter.

 

- Où en étions-nous ?

 

Tu t’installes au pied du lit, déjà las d’une journée à peine entamée. On peut dire qu’ils auront mis l’ambiance, ces deux-là ! Au moins, l’irruption de la petite Butler me permettra peut-être d’avoir le fin mot de toute cette histoire.

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