Harry Potter RPG

[En Cours]
L'invitation Salle d'étude, lundi 11 février 2126

Ophelia Frost

Femme

24 ans

Sang-mêlé

Britannique

Conservatrice du Musée de Godric's Hollow
Moissonneur en herbe

Message publié le 14/02/2026 à 09:25

L’avantage d’être la seconde née dans la fratrie Frost se situe principalement dans le fait d’avoir échappé aux contraintes que la première arrivée a plus ou moins subies. Les règles ont déjà été testées, les interdits ont montré leurs failles, et les parents éprouvés, plus fatigués, ont naturellement desserré l’étau sur leur benjamine. Pendant un temps. Car l’inconvénient dans le fait d’être la petite sœur de Angie Frost et de ne pas avoir hérité de son caractère de feu, c’est qu’on écope forcément des attentes parentales la concernant, à savoir : de la conformité et des petits-enfants. Autrement dit tout ce qui ne se trouve pas dans le fond d’un musée poussiéreux ou dans les livres.

 

À 24 ans, Ophelia s’était attendue à avoir encore quelques années devant elle avant que Monsieur et Madame Frost ne commencent à s’immiscer dans sa vie privée et à lui mettre la pression. Mais c’était bien sûr sans compter sur l’annonce du mariage de sa chère cousine, qui avait allumé chez ses parents une flamme bien trop encline à devenir un incendie. Car oui, si la jeune femme, un an plus jeune qu’elle avait déjà trouvé homme à marier, comment se faisait-il qu’elle n’ait toujours pas l’ombre d’un petit-ami à leur présent ? Sa dernière visite chez eux avait été on ne peut plus claire : il était hors de question qu’elle vienne non-accompagnée à la cérémonie, sinon ils s’occuperaient eux-mêmes de lui trouver un cavalier. C’était une catastrophe.

 

Les mots, semblables à des menaces, résonnent encore dans l’esprit de la chercheuse alors qu’elle est assise à son bureau. Cela doit être la troisième fois qu’elle relit le même passage, incapable de se concentrer sur l’exemplaire des « Traités d’argents : diplomatie entre sorciers et gobelins » qui se trouve ouvert devant elle. Un livre passionnant si tant est qu’on aime les textes à rallonge écrits en tout petit sur les conditions des accords passés entre les deux peuples il y a des siècles. Autrement dit, le genre de lecture qu’elle préfère par-dessus tout normalement. Sauf aujourd’hui. Probablement parce que son attention est systématiquement attirée par le tableau en liège accroché au mur, à sa gauche, où trône épinglée depuis une semaine l’invitation pour l’événement.

 

« … car pour un peuple qui façonne l’argent et grave les serments dans le métal… »

 

L’échéance approche, elle le sait. Et pourtant, elle n’a pas l’ombre d’un cavalier ou d’une robe à mettre. C’était plus simple de se terrer dans le travail et dans le déni. Jusqu’à ce que sa sœur ne le lui rappelle gentiment la veille en ne manquant pas de la taquiner. Elle est dans de beaux draps. Laisser ses parents s’occuper de lui trouver quelqu’un revenait littéralement à s’avouer incapable de gérer sa vie sentimentale seule. Pire, de devoir se coltiner un homme qui ne serait probablement pas en mesure de faire la différence entre un heaume forgé par un gobelin et un pot de chambre… L’horreur absolue. Pourquoi n’était-elle pas un animal social comme sa sœur ?

 

« … car pour un peuple qui façonne l’argent et grave…»

 

Son attention se dissipe encore, pour venir effleurer le tableau qui la nargue. Le carton aux tons rosés avec ses gravures dorées aux noms des futurs mariés la distrait. Suffisamment pour qu’elle n’ait pas remarqué qu’elle copieusement en train de mélanger son thé – froid – avec son crayon plutôt que la cuillère, ni que le gramophone s’est arrêté de fonctionner depuis au moins un quart d’heure.

 

« … car pour un peuple qui… »

 

 

Manius Fawley

Homme

24 ans

Sang pur

Britannique

Message publié le 16/02/2026 à 00:08

Assailli par le tumulte de la foule, la vitesse vertigineuse d'un monde différent et l'hyperstimulation des sens, Manius regarde autour de lui un peu hagard. Les moldus en effervescence pressent un pas sûr vers leurs destinations tandis que le sorcier les observe tels des poissons dans un aquarium. Fasciné.

 

Aucun idée d'où il va, de ce qu'il cherche. Le hasard guide ses pas jusqu'à un camion où un couple de Libanais propose de la cuisine de rue dont les arômes prometteurs mettent l'eau à la bouche. Manius se laisse guider et se retrouve avec un assortiment de sambousik, de feuilles de vignes farcies et deux shawarma ainsi que deux gobelets en carton remplis d'un thé bouillant qui dégage les effluves frais de la menthe. 

 

Presque à regret, il s'éloigne de cet environnement étourdissant et s'isole afin de pouvoir transplaner discrètement à l'extérieur du musée de Godric's Hollow pour ne pas que son irruption soudaine dans le craquement distinctif ne dérange Ophelia. Celle-ci est d'ailleurs obnubilée par cette invitation de mariage qui est accrochée au tableau depuis que Manius a réintégré le musée sous la direction de la conservatrice. Considérant que cela ne le concernait pas, il n'y avait guère prêté grande attention. Sa patronne en revanche, scrutait le faire-part avec tellement d'intensité qu'elle en était à l'ouest. Le sorcier toussota poliment pour lui indiquer son retour.

 

— J'ai ramené le déjeuner. Je t'avoue ne pas trop savoir à quoi nous attendre mais ça sent délicieusement bon et apparemment ça se mange sans couverts. Sauf pour le thé. On peut être certains qu'il est bien sucré.

 

L'engouement dans sa voix trahit l'excitation d'avoir visité la Londres moldue et de goûter aux mets qu'on lui a servis. Ce qui ne l'empêche pas cependant de remarquer un trouble indéniable chez son amie qui a par ailleurs confondu sa cuiller avec son crayon. Manius dépose la nourriture et remplace le disque du gramophone par un de ceux qu'Ophelia préfère pour relancer la musique avant de s'approcher d'elle avec un air interrogateur.

 

— Tout va bien ? Tu sembles préoccupée. Prends une pause bien méritée et mangeons. 

 

Religieusement, comme s'il extirpait un artefact de ses protections, il déballe les petits plaisirs gustatifs trouvés en ville et les glisse en direction de la sorcière. D'un geste, il l'invite à se servir la première.

 

— J'espère que ça te plaira.

 

Sa propre présence dans le musée paraît toujours incongrue à Manius. Il s'agit d'une véritable injure à Caecilia et pourtant il a du mal à se sentir coupable. Il a besoin de s'occuper l'esprit pour remplir ses journées et ce travail est la meilleure opportunité qui se soit présentée pour le stimuler sans déserter de nouveau Dinefrw. Et puis, il est aussi rassuré de ne plus avoir éprouvé ce désir étrange d'embrasser une Ophelia qu'il trouve peut-être juste un peu trop belle. Dont la conversation est si passionnante. Si adorable avec cette expression tracassée qu'il voudrait pourtant apaiser. Non, son amitié et son admiration pour sa consœur n'ont rien à voir avec un sentiment qu'il ne devrait pas éprouver. Tout. Va. Bien.