Harry Potter RPG
Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Rues de Pré-au-lard, Jeudi 07 Décembre 2124

Suite de ce RP

Avec @Gabriel 

 

Kaelen, fidèle à sa réputation d'Auror, fut prompt à réagir. Sans doute que lui, à la place de Karl, il aurait réellement sauté par-dessus le bar, sa forme physique et ses trente ans lui permettant certainement cet exploit. Ce qui n'était clairement plus le cas du tavernier.

Alors que ce dernier s'apprêtait à rejoindre la porte en quelques enjambées, il constata que son comparse avait sorti deux petites fioles qu'il n'identifia pas de suite. Puis il comprit que c'était du polynectar et qu'il avait pris au mot son conseil, soigneusement rédigé dans le courrier qu'il lui avait fait parvenir, de venir avec sa tête la moins Auror possible. Après tout, le plus simple n'était-il pas de changer carrément de tête ?

 

Avant qu'il ait eu le temps de poser une question, Karl se retrouva avec une fiole dans une main et un Kaelen qui se glissait déjà dans la nuit noire, à la poursuite des deux trafiquants. Le vieil homme le rejoignit et ne put s'empêcher d'être surpris par l'obscurité qui pesait sur Pré-au-lard. Le ciel était lourd et sombre, dissimulant les possibles étoiles et le croissant de lune qui diminuait un peu plus chaque jour.

Karl aurait voulu demander à qui appartenaient les cheveux présents dans la potion et à quoi il allait ressembler. Mais ce n'était pas le moment de telles divagations, d'autant que les rues étaient curieusement calmes ; quelques mots trop forts pourraient les faire repérer.

Il constata d'ailleurs que les deux hommes venaient de tourner dans une rue ; aussi les enquêteurs improvisés accélérèrent le pas histoire de ne pas les perdre de vue. Ils prirent un temps à l'ombre d'un renfoncement pour avaler le polynectar. 

Karl ne savait pas à quoi s'attendre, il ne s'attendait en réalité à rien. Mais il fut quand même surpris en distinguant ses mains à travers la nuit et en tâtant ce qui était désormais son corps pour peut-être une heure ou plus, il ne savait pas quelle était la qualité du breuvage remis par Kaelen.*

 

Se faufilant tels des chats derrière leurs proies, les deux compères arrivèrent bientôt devant un bâtiment à trois étages plongé dans le noir. Les trafiquants étaient entrés par une porte qui s'était ouverte silencieusement. Ils ne semblaient pas se méfier et ne paraissaient pas avoir capté qu'on les suivait.

Il s'écoula quelques secondes pendant lesquelles le bâtiment resta plongé dans le noir. Puis une petite lucarne au troisième étage s'illumina.

 

-Ah, c'est donc là leur quartier général ! s'exclama le tavernier en s'élançant vers la porte.

 

Sans penser à la possibilité d'éventuels pièges, il posa la main sur la poignée et tenta d'ouvrir la porte. Qui demeura définitivement fermée. Il rouspéta, marmonna puis sortit sa baguette, prêt à en découdre avec cette maudite porte.

 

Alohomora !

La porte s'ouvrit sans trop de difficulté. Cela surprit Karl, qui s'attendait à ce que les trafiquants eussent davantage protéger ce qui devait être leur quartier général. Il se contenta d'un haussement d'épaule avant d'inviter Kaelen à entrer.

 

_________________________

* Lancer de dé pour déterminer l'apparence de Karl :

 

1 : Karl devient une belle jeune femme d'environ vingt-cinq ans, boucles blondes cascadant dans son dos, de généreuses formes noyées dans sa cape de vieillard. Il se demande vraiment à qui Kaelen est allé piquer des cheveux et s'il n'est pas en train d'incarner l'un de ses fantasmes inaccessibles.

 

2 : Le voilà monsieur passe-partout, quarantenaire, petite moustache, grand et sec. La cape qu'il arbore tout le temps ne va pas au personnage qu'on imagine davantage en costume-cravate Moldu. Mais pas le temps de se faire une beauté !

 

3 : Il pourrait presque ressembler à sa vieille tante, décédée depuis une éternité : petite, les traits sévères, des sourcils fournis et des mains de travailleuse manuelle. Si besoin de mettre une bonne gifle, le voilà !

 

4 : Il a l'apparence d'un jeune sportif au corps élancé et finement sculpté, cheveux d'un délicat blond vénitien et yeux d'émeraude. Si seulement il n'en avait pas que l'apparence mais également les ressenti ! Il arrêterait de sentir ses articulations grincer malgré ce corps de jeunnot. 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Tête de Sanglier, Vendredi 02 Juin 2124

Dans un profond soupir, Karl Mitch laissa tomber sa vieille carcasse sur une chaise et glissa ses pieds fripés dans une bassine d'eau froide. Il poussa un deuxième soupir proche de l'extase alors que la sensation de froid grimpait le long de ses chevilles et de ses jambes. Il n'était jamais aussi bien que dans ces moments. Après une dure journée, il pouvait enfin se poser.

L'horloge accrochée au mur de la taverne indiquait vingt-trois heures trente. La nuit était tombée à l'extérieur et les derniers clients avaient été mis dehors à coup de balai (deux ivrognes habitués de la Tête de Sanglier que Karl avait appris à congédier durement s'il ne voulait pas se retrouver à fermer à deux heures du matin. Ce n'était plus de son âge les veillées tardives !)

 

Récupérant son exemplaire de La Gazette du Sorcier posée sur la table à côté, il entreprit de feuilleter les premières pages. Il parcourait toujours les gros titres et les photos de la première à la dernière page. Puis il reprenait tout depuis le début afin de lire plus attentivement chaque article, grommelant des commentaires à sa propre intention et répétant dans sa barbe que, tout de même, le journalisme, ce n'est plus ce que c'était !

 

Alors qu'il était plongé dans sa lecture, il entendit la porte de la taverne s'ouvrir dans son dos.

 

-C'est fermé ! lança-t-il d'une voix rude.

-Pas pour tout le monde, répondit une voix masculine d'un ton enjouée.

Reconnaissant son comparse, le vieux Karl Mitch se leva -un peu trop rapidement à son goût car il laissa échapper une grimace en se tenant le dos- et, délaissant chaise, bassine et gazette, alla donner une accolade au nouveau venu.

-Dieter, tu es en avance !

-Je m'étais dit que ce serait la bonne occasion pour papoter un peu avec mon ami Karl.

Ami était un grand mot. Karl n'avait pas réellement d'amis. Juste des connaissances, des collègues, des comparses, des gens qu'il appréciait mais rien qui pût se rapprocher d'un ami au sens de personne proche et confidente. 

Le dénommé Dieter prit une chaise et s'installa en face du propriétaire de la taverne.

 

Il était en effet prévu qu'une réunion se tienne à partir de minuit dans l'arrière-salle de la Tête de Sanglier. Réunion mensuelle. Regroupant des personnes aux idées communes qui voulaient discuter, débattre et s'organiser.

Depuis plusieurs années, certaines volontés politiques tendaient en faveur d'un dialogue de plus en plus ouvert avec les Moldus et certains parlaient d'un potentiel abandon du code du secret magique. On n'en était pas là, mais des gens comme Karl Mitch voyaient plus loin que le bout de leur nez et aimaient anticiper.

Des discussions avaient été entamées il y avait plus de dix ans entre le Premier Ministre Moldu de l'époque et certains politiciens favorables à un assouplissement des frontières entre les deux mondes. Ces discussions n'avaient débouché sur rien de concret mais étaient régulièrement relancées.

Ces volontés britanniques étaient scrutées de très près par les autres gouvernements magiques. Si les sorciers britanniques cessaient de se cacher, qu'en serait-il des autres ? Il était illusoire de croire que les Moldus britanniques garderaient ça pour eux, ne dévoilant l'existence d'un monde magique et parallèle à personne en dehors de leurs frontières politiques. Les réseaux sociaux s'emballeraient, les vidéos et commentaires fuseraient et en moins de temps qu'il n'en faudrait pour dire ouf, tout le monde serait au courant.

Ainsi, il était peut-être utopique d'imaginer un abolissement complet du code du secret magique tant les répercussions seraient grandes et les enjeux importants. Cependant, Karl répétait toujours qu'il ne fallait jamais dire jamais. Et il se préparait au pire.

 

Karl n'était pas un vieux con.

Il avait juste peur du progrès et de l'inconnu.

Peur que la disparition du code du secret magique signifie le retour des vieilles chasses aux sorcières ainsi que des bûchers. Il se sentait bien dans son invisibilité aux yeux des Moldus. Il se sentait protégé. Et n'avait pas envie que ça change.

 

Depuis près de deux ans, Karl avait établi au sein de sa taverne une sorte de lieu de regroupement mensuel pour les personnes partageant ses craintes et ses inquiétudes. Ils gardaient un oeil attentif sur les évolutions politiques tant côté sorcier que moldu et discutaient chaque mois des dernières nouvelles. Parfois, ils préparaient des campagnes de lettres et flyers pour sensibiliser le grand public à ces évolutions qu'ils jugeaient inquiétantes, tentant de rallier du monde à leur cause.

Evidemment, toutes les personnes s'opposant à une suppression du code du secret magique ne se réunissaient pas dans l'établissement de Karl Mitch. Le vieil homme les choisissaient soigneusement. Les personnes partageant leurs craintes par haine pure et simple des Moldus n'avaient rien à faire ici. Les autres, les inquiets du changement, les dubitatifs, les sceptiques étaient les bienvenus.

 

C'est pourquoi en ce soir d'été, Dieter se retrouvait à discuter joyeusement avec Karl en attendant que minuit et le reste du groupe arrive.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Lundi 25 Septembre 2124

Karl s'appuya sur son bar en bois massif tout en poussant un profond soupir. Il était quinze heures bien entamées. L'heure du déjeuner était passée et même les plus tardifs mangeurs avaient fini par repartir vaquer à leurs occupations. Le calme était quelque peu revenu dans l'auberge.

Plus il vieillissait, moins Karl appréciait les vagues massives de clients. Même si ça faisait son chiffre d'affaire. Après, fallait tout de même se rappeler qu'on se trouvait là à la Tête de Sanglier. Il y avait objectivement moins de passage qu'aux Trois Balais par exemple. Il n'empêche, c'était, à un moment, toujours trop pour le vieux Karl. Surtout quand la majorité était des étudiants arrogants qui ne pouvaient pas boire d'alcool en dehors de la bièraubeurre parce que mineurs et "maman, papa n'aimerait pas que j'en boive". Même pas capables de contourner un tout petit peu les règles pour un verre !

A leur âge, Karl était sûr qu'il n'en avait rien à faire de telles normes.

En même temps, il ne se rappelait pas précisément ce qu'il faisait à leur âge. Et même s'il s'en rappelait réellement, il n'en dirait rien ou très peu. Il avait toujours gardé son passé flou. D'autant plus depuis que les dernières personnes l'ayant connu jeune étaient décédées.

 

Attrapant d'un bras fébrile un tabouret, il laissa lourdement tomber ses fesses sur le siège et s'accouda au comptoir.

Dans un coin de la salle, deux sorciers vieux et ridés partageaient une chope en jouant aux échecs sorcier. Une dame rondelette et visiblement éméchée était assise à la droite de la porte d'entrée. Elle se balançait sur sa chaise tout en regardant le plafond et marmonnant des propos pour elle-même. Karl se demandait dans combien de temps elle finirait par perdre l'équilibre avant de s'écraser au sol. Enfin, trois étudiants étaient attablés autour d'un table ronde. Ils devaient être en cinquième ou sixième année. Karl ne connaissait pas leurs noms mais il reconnaissait leurs visages. Ils venaient de temps à autres, sans doute quand ils en avaient marre de l'affluence des Trois Balais ou cherchaient un lieu plus intimiste.

 

Karl aimait ces moments de calme.

Lewis, son jeune serveur de vingt-cinq ans, était parti se reposer dans son appartement de Pré-au-lard. Il reviendrait en fin d'après-midi, lorsque la taverne se mettrait de nouveau à s'agiter à l'approche de l'heure du dîner. Pour le moment, il n'y avait pas besoin d'être deux pour gérer les quelques énergumènes acceptant de poser leur séant à la Tête de Sanglier. 

Karl se surprit à se demander ce qu'il pouvait bien se passer d'extraordinaire en ce jour parfaitement calme et banal. A dire vrai, le vieil homme n'était pas tellement un partisan de l'extraordinaire. Il aimait la routine. Les choses qui se déroulent dans le bon ordre. Et sécurisent le quotidien. Il n'aimait pas les explosions d'incongruité qui viennent bousculer l'idée préconçue qu'on se fait de ses journées.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Lundi 25 Septembre 2124

Karl se redressa lorsque la porte s'ouvrit. Il ne s'attendait pas à une nouvelle venue surtout à cette heure. Normalement, les gens travaillent ou font leur sieste. Ils ne viennent pas à la Tête de Sanglier.

Il se releva d'autant plus lorsqu'il reconnut le visage de l'arrivant. 

Kaelen Rowle était Auror de sa profession et c'était dans ce cadre-là qu'ils s'étaient connus. De petites conversations en petits services, Karl avait accepté d'être parfois indic, surveillant quelques clients potentiellement louches qui venaient parfois tenir conciliabule dans sa taverne. A noter qu'il n'acceptait pas tout et n'importe quoi comme demande. Il fallait motiver sa demande et le convaincre que l'individu était potentiellement réellement dangereux. Karl aimait l'ordre établi et honnissait les fauteurs de trouble, d'autant plus lorsque ceux-ci pouvaient mettre en danger la vie d'autrui. Mais il refusait d'être les yeux et les oreilles du Ministère à tout instant, sans plus jamais dire non. Imaginez que le personnel le composant perde son éthique et commence à contrôler l'ensemble de ses citoyens pour un oui et pour un non. Karl refusait d'être complice d'un tel système.

Jusque-là, les soupçons ayant conduit Kaelen à requérir son aide étaient assez étayés pour que le vieil homme accepte de l'aider. Ils n'étaient pas toujours fondés mais le tavernier avait confiance en la conscience professionnelle de l'Auror pour ne pas poursuivre un honnête sorcier outre-mesure si ses soupçons premiers s'avéraient faux.

 

Karl aimait bien Kaelen. Il trouvait qu'il était un bon Auror. Et en plus, ils partageaient de temps à autre un petit verre ensemble, ce qui n'était pas déplaisant. De toutes les façons, Karl avait tendance à estimer davantage ceux qui l'invitaient à boire un verre que les autres.

Aussi, lorsque Kaelen lui passa commande, Karl ne fit même pas attention au sourire quelque peu crispé de son interlocuteur et s'exclama : 

 

-Bien sûr ! Et tu sais quoi, j'vais même m'en servir un aussi.

 

Il n'allait pas laisser passer cette occasion. Heureusement que Lewis n'était pas là. Il l'aurait sermonné sur sa consommation d'alcool et son foi. Son organe était en bonne santé, merci bien ! Il n'avait jamais eu de problème et avait toujours su maîtriser sa consommation. Puis, d'abord, il n'avait pas de leçon à recevoir d'un garnement de vingt-cinq ans, aussi attachant soit-il.

Sans demander à son interlocuteur ce qu'il souhaitait boire, Karl déboucha une bouteille d'hydromel, sortit deux verres de dessous le comptoir et entreprit de verser le liquide.

Il en poussa un vers Kaelen et leva le sien :

 

-A quoi on trinque ? demanda-t-il, tout sourire, les yeux brillants de contentement face à sa boisson.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Lundi 25 Septembre 2124

Surpris, Karl regarda son interlocuteur avaler son verre cul-sec et en redemander un en suivant. Il n'avait pas l'habitude de voir Kaelen comme ça. Habituellement, ils sirotaient ensemble leur verre en papotant ou parlant affaire. Et a priori, c'était pour cette dernière chose que l'Auror était venu. Mais même dans ce contexte, son comportement était inhabituel. D'accord, ce n'était pas toujours les choses les plus excitantes et les plus agréables mais il ne s'était jamais la rate au court-bouillon comme ça semblait être le cas.

Kaelen prit une longue inspiration avant de se lancer, débitant son discours d'un ton et d'un rythme qui ne souffrait aucune interruption.

 

Alors qu'il déroulait son monologue, le visage de Karl passa de l'air dubitatif, à choqué, agacé puis carrément en colère.

Son visage prit peu à peu une couleur rougeâtre alors que ses lèvres se pinçaient.

Bien loin était l'idée de boire un verre ou deux en rigolant de la pluie et du beau temps. 

Il prit sur lui pour ne pas interrompre le jeune Auror qui ne semblait pas plus à l'aise alors qu'il annonçait la réelle raison de sa venue. 

Lorsque Kaelen eût terminé d'annoncer ce qu'il avait à annoncer, le vieil homme prit à son tour une longue inspiration, davantage pour contenir sa colère que pour trouver le courage de se lancer.

 

-Dois-je comprendre, commença-t-il d'une voix lente et calme mais dans laquelle vibrait la rage qui l'animait, que tes supérieurs me comparent... nous comparent à des Mangemorts pour la simple et bonne raison que nous ne sommes pas d'accord avec eux ? Ont-ils seulement réellement connu ce qu'étaient les Mangemorts pour oser cette comparaison ?

 

Question rhétorique. Car même Karl, malgré l'âge avancé qu'il disait avoir, n'avait jamais connu ces sombres années.

 

-Dois-je comprendre, continua-t-il sur le même ton, que, parce qu'on est dubitatif envers la politique menée, ils nous soupçonnent d'être dans l'illégalité ? Alors quoi, c'est l'amorce d'une bonne dictature où tout ce qui sort de la pensée communément accepté est chassé et persécuté ?

 

Le niveau de colère monta d'un cran lorsqu'il poursuivit : 

 

-Dois-je aussi comprendre que tes supérieurs sont si peu cultivés qu'ils ont oubliés les siècles derniers où la peur des Moldus a conduit à des persécutions terribles de tout ce qui est différent ? Et je ne parle pas que des sorciers ! Ils sont aussi très forts pour se persécuter entre eux. Alors que la science d'aujourd'hui rappelle sans cesse qu'il n'existe aucune différence fondamentale. Imagine avec nous ! 

 

Il se redressa, décollant ses fesses de son tabouret. Posa les deux mains à plat sur la surface du comptoir comme pour prendre appui dessus.

 

-Ils croient pouvoir faire la leçon à un vieil homme comme moi ? Ils veulent tellement se persuader que leurs idées sont bonnes qu'ils foncent tête baissée sans voir plus loin que leur égo sacré ! Qu'ils fassent leurs expérimentations tous seuls et se brûlent les ailes ! Mais qu'ils n'entraînent pas tout un peuple dans leur perte ! Je refuse de me laisser guider à l'abattoir sans rien faire !

 

Son ton avait monté sur les dernières phrases et son poing ridé frappa le comptoir. Les deux hommes suspendirent leur partie d'échec pour river leur attention sur le duo tandis que les étudiants relevaient leur tête de leur bièraubeurre. La dame éméchée continuait de déblatérer dans sa barbe sans se préoccuper de ce qu'il se passait. 

 

-Et toi, tu donnes du crédit à cette bande d'incultes qui croient pouvoir faire taire tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux ?!

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Rues de Pré-au-lard, Jeudi 07 Décembre 2124

Karl essuya d'un revers de main la sueur qui coulait sur son front. Ouf, il l'avait échappé belle. Il ne s'était pas du tout préparé au fait d'affronter une Acromentule. Il remerciait ses vieux réflexes d'avoir pris le dessus et d'avoir fait réagir son corps avant qu'il n'ait pas réellement penser. Sinon, il serait peut-être en train de se débattra au milieu d'un toile aussi dégoûtante que solide. 

 

D'un regard, il constata que Kaelen dans son corps d'enfant n'était pas resté les bras croisés et avait brandi sa baguette. Il n'en attendait pas moins de la part d'un Auror. La bestiole semblait tremblante du précédent sort reçu de plein fouet mais pas vaincue. Aussi fort était à parier qu'elle repartirait bientôt à l'assaut.

Mais des bruits sourds provenaient de l'étage attira leur attention.

Evidemment, le raffut causé par l'ouverture des hostilités n'était pas passé inaperçu et les deux trafiquants -voire plus- s'étaient mis en branle pour venir constater ce qu'il se passait.

Mais le duo n'eut pas le temps d'anticiper davantage car l'Acromentule avait repris du poil de la bête et s'apprêtait à repasser à l'attaque. Kaelen n'eut aucune hésitation et, brandissant sa baguette, lança son sort en direction de la créature. Le sortilège fut parfaitement exécuté et leur adversaire se le prit de plein fouet. Elle fut projeté en arrière et l'impact fut si violent qu'elle sembla totalement sonnée voire... morte ? En tout cas inerte et ce pour un bon moment. 

 

Karl poussa un petit sifflement admiratif mais n'eut pas le temps de combler d'éloges son coéquipier d'un soir car les pas pressants se firent plus proches.

Il courut en direction de l'escalier et jeta un coup d'oeil à l'étage. Il entendit une porte claquer, des voix pressante et aperçut deux silhouettes se dessiner dans l'obscurité du palier. Sans plus réfléchir, il pointa sa baguette, avec l'idée de ralentir le plus possible le moment de la confrontation avec les deux hommes. 

 

Glisseo !

 

Le sortilège percuta l'escalier en un vif éclair. Il se transforma en toboggan sous les yeux plein d'incompréhensions des trafiquants qui glissèrent sans rien pouvoir y faire. Ils atterrirent au sol sur les fesses, éructant de rage. Leurs mouvements étaient désordonnés, ils tentaient à la fois de brandir leur baguette et de se relever. Cette confusion laissaient quelques secondes à Karl et Kaelen pour se réorganiser mais le combat était clairement inévitable. 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Lundi 25 Septembre 2124

Avec une moue sur le visage, Karl écouta Kaelen débiter son discours visant à apaiser sa colère et faire mieux comprendre à la fois la position du jeune Auror et les motivations de ses supérieurs. 

Le ton résolument calme et posé de l'Auror eut tendance à dépeindre sur Karl qui se rassit sur son tabouret branlant. Il était content d'entendre son interlocuteur dire partager une partie de ses craintes concernant une potentielle chute du secret magique. Même si ce n'était peut-être que des paroles visant à l'apaiser, dénuées de toute sincérité, ça faisait plaisir au vieil homme de l'entendre.

Alors que Kaelen poursuivait, le tavernier avala d'un trait le contenu de son verre. Puis, tout en laissant son compagnon de bar poursuivre, il se pencha en grognant sous son comptoir pour en sortir une bouteille de whisky pur feu. Avec tout ça, il avait besoin de quelque chose d'un peu plus fort.

 

-Qu'on se serve de moi, qu'on se serve de moi, grommela-t-il dans sa barbe tout en se versant un nouveau verre. Mais on ne se sert jamais de Karl Mitch !

 

Il but à nouveau sa boisson cul-sec, chancela sur son tabouret, se rattrapa, marmonna encore quelque chose dans sa barbe.

Ses yeux se rivèrent dans ceux de Kaelen lorsque celui-ci chercha à capter son regard. Le jeune homme semblait sincèrement désolé de se retrouver dans cette position et d'imposer cela à Karl. 

 

-D'accord, concéda le tavernier en le pointant du doigt, t'as le cul entre deux chaises et t'as rien demandé. Mais tes supérieurs sont des cons.

 

Détachant son regard de l'Auror, il entreprit de se verser un nouveau verre. Comme s'il n'avait pas assez bu comme ça. Puis il agita la bouteille en direction de son interlocuteur avant de remarquer que celui-ci n'avait pas encore terminé sa deuxième rasade d'hydromel.

 

-Et je tiens à souligner qu'on ne fait qu'une réunion par mois. S'ils ont l'impression que c'est un rythme déjà trop effréné, c'est qu'ils en branlent pas une en temps normal. 

 

Il eut une moue et ne toucha pas à son verre à nouveau rempli. Au lieu de ça, il croisa les bras sur sa poitrine et se pencha légèrement en arrière, faisant décoller deux pieds de son tabouret. On aurait pu s'attendre à ce qu'il se casse la figure au même titre que la sorcière avinée qui continuait de se balancer près de la porte d'entrée. Mais Karl connaissait par coeur son tabouret, cela faisait près de trente ans qu'il venait y poser son séant lorsqu'il attendait derrière le comptoir -son prédécesseur avait fini au beau milieu d'un feu lorsqu'il s'était avéré qu'il était complètement mangé par des termites, après trente-huit ans de bons et loyaux services. Aussi il savait parfaitement doser le poids de balancement nécessaire pour ne pas tomber.

 

-Et puis que tes supérieurs trouvent une seule bonne raison d'accuser l'un des membres participant à mes réunions de quoi que ce soit. Nous ne faisons de mal à personne. Franchement, ajouta-t-il en grommelant, je pensais qu'on aurait un peu plus de reconnaissance pour un héros de la nation.

 

Captant une vague d'incompréhension dans le regard de Kaelen, Karl développa :

 

-Le mois dernier, j'ai quand même sauvé les miches de beaucoup de gens lors de la finale de la coupe du monde de Quidditch ! J'ai réussi à maîtriser le Feudeymon !

 

Evidemment, il ne développa pas sur le fait qu'il n'était pas seul et que d'autres s'étaient joints, au même titre que lui, à l'effort commun.

 

-Vous, les Aurors, vous étiez trop débordés avec ces saletés de mages noirs, il a bien fallu que quelqu'un prenne le relais sur le reste. Et voilà comment on me remercie ! Manque plus qu'on me dise que j'étais en réalité complice de ces mages noirs ! Quelle absurdité !

 

Et il grommela à nouveau tel le vieux bougon qu'il pouvait être -surtout lorsqu'il se plaignait que, franchement, la jeunesse, ce n'est plus ce que c'était. D'ailleurs, c'était bien là son point :

 

-Plus de respect et de reconnaissance envers ses aînés !

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Jeudi 07 Décembre 2124

Il était vingt-deux heures trente passées. Karl était derrière son comptoir, les bras tendus devant lui, jambes en arrière, en train de faire ses étirements. Dans la taverne, il n'y avait plus grand-monde.

Lewis, le jeune employé de vingt-cinq ans, apportait ce qui serait sans doute les derniers verres de la soirée. Un groupe de jeunes adultes, sans doute tout fraîchement sortis de Poudlard, jouaient des coudes pour tenir tous les huit autour d'une petite table ronde en bois. Ils parlaient fort, riaient fort, faisaient parfois de grands gestes au risque d'éborgner leur voisin un peu trop proche... bref, des jeunes quoi. Karl ne le dirait jamais assez : les jeunes, de nos jours, ça n'a plus d'respect pour rien ! Et surtout pas pour ses pauvres oreilles à plus de vingt-deux heures trente.

Une vieille femme, apparemment malheureuse si on en croyait sa mine défaite, enchaînait les bièraubeurres depuis près d'une heure. Elle était installée dans un coin, dos contre le mur, et Lewis l'entendait renifler à intervalles réguliers lorsqu'il circulait dans la salle pour apporter des commandes ou récupérer des verres vides. Une fois, il lui avait même gentiment proposé un mouchoir mais la vieille avait refusé de sa voix rauque. Il n'avait pas insisté, espérant seulement qu'elle ne cracherait pas sa morve sur le mobilier. Après, c'est à lui que Karl demanderait de nettoyer, il en était sûr !

Des cinquantenaires, a priori un couple au vu des yeux doux qu'ils se lançaient et des propos susurrés qui les faisaient glousser, sirotaient leur verre d'hydromel. Karl ne savait plus depuis combien de temps ils étaient là et ils n'avaient toujours pas fini leur verre. Par Merlin, comment peut-on autant laisser traîner de bonnes rasades d'alcool ?! Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait terminé leur boisson cul-sec ! Fallait leur apprendre à boire !

Quelques autres personnes, plus ou moins éméchées, entamaient la clôture de leur soirée à la Tête de Sanglier. Il était temps pour eux de rentrer au bercail -parfois pour continuer la soirée dans la chaleur d'un appartement de Pré-au-lard.

 

Tout en faisant ses étirements, que sa fidèle clientèle avait l'habitude de voir, Karl gardait un oeil sur deux hommes âgés d'une trentaine d'année.

Il ne connaissait pas leur nom mais savait qu'ils venaient régulièrement tard dans la soirée. Au début, il n'avait pas fait attention à eux. Ils commandaient, ils consommaient, c'était bien.

Puis il avait commencé à remarquer que, parfois, une troisième personne les rejoignait. Celle-ci ne commandait jamais, s'asseyait à peine, repartait presque aussitôt et ne revenait pas. C'était arrivé une fois, puis deux, puis trois. Au bout de la quatrième, Karl s'était décidé : il était allé voir les deux hommes et leur avait dit, mot pour mot "on n'est pas chez vous ici, si quelqu'un entre, il consomme ! Sinon, j'le fous dehors de mes propres mains ! Faites passer le mot aux suivants".

Lewis lui avait dit, plus tard, qu'il n'aurait jamais osé les aborder ainsi. Qui sait de quoi ils étaient capables. Ce à quoi le vieux Karl avait répondu qu'eux non plus ne savaient pas de quoi lui était capable.

Bref, les deux hommes s'étaient pliés au règlement et depuis, le troisième individu consommait. Voilà une affaire qui roule !

Jusqu'à ce que Karl commence à se poser des questions sur ces rendez-vous nocturne.

Jusqu'à ce qu'il aperçoive, de façon totalement hasardeuse, quelques petites pastilles vertes enroulées dans un mouchoir passer d'une paire de mains à l'autre.

 

Devant Lewis, après la fermeture du bar, il s'était emporté.

Du trafic, dans son respectable établissement ?! Non mais, et puis quoi encore ?! Ils n'allaient pas lui bousiller sa réputation, ces salaupiauds !

Au début, il avait envisagé les foutre à la porte la prochaine fois qu'ils pointraient à nouveau leur nez dans l'établissement. Puis il s'était ravisé. Cette affaire pourrait bien tourner en sa faveur. Ecoutez-donc sa logique : quelques mois auparavant, il avait appris de la bouche de son ami Kaelen que le gouvernement le suspectait de ne pas être un vieil homme respectable en raison des réunions totalement légales qu'il organisait dans son établissement une fois par mois. Et si, grâce à lui, le même Kaelen parvenait à coincer quelques trafiquants de kiwicot voire arrivait à remonter jusqu'au labo de fabrication ? La carrière de son ami s'en porterait bien et lui, Karl Mitch, prouverait qu'il est un respectable citoyen, en vertu de quoi il fallait lui foutre la paix sur ses activités annexes ! Et puis, si sa réputation de héros de la nation pouvait encore perdurer un peu... Parce qu'elle était désormais loin, la coupe du monde de Quidditch où il s'était particulièrement démarqué en affrontant si brillamment un Feudeymon.

 

Il avait donc écrit à son ami Kaelen.

Il l'avait convié à venir à la Tête de Sanglier, avec sa tête la moins Auror possible histoire qu'il ne soit pas cramé dès son arrivée. Il n'avait pas donné beaucoup de détails, avait seulement signifié qu'il devait venir en forme parce qu'une petite filature n'était pas exclue, qu'il avait probablement un bon filon à lui refiler.

La lettre était partie. Il attendait. Il espérait que Kaelen répondrait à l'invitation. Et qu'il avait des talents pour se faire passer pour qui il n'était pas.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau des Aurors - Niveau 2, Dimanche 25 Février 2125

Avec @Gabriel 

 

Karl ajusta sa cape carmin sur ses épaules. Il épousseta quelques poussières invisibles, passa une main dans ses cheveux blancs. Il devait être d'une tenue parfaite et irréprochable pour ce qu'il avait à faire.

Il était quatorze heures. Il avait donné son congé à Lewis et fermé la taverne après le départ des derniers clients étant venus pour un solide déjeuner -au menu : steak de dragon, purée de prunes dirigeables, fondant au chocolat et mandarine. 

Karl posa un écriteau sur la porte indiquant une fermeture exceptionnelle en ce dimanche après-midi et une réouverture qu'à partir du lundi midi. Il avait à faire.

Il roula un exemplaire de la Gazette du Sorcier et le glissa dans la poche intérieure de sa cape. Puis il prit une profond inspiration et se prépara mentalement à transplaner sur le Chemin de Traverse, zone sorcière la plus proche du centre de Londres où il pourrait passer par la cabine téléphonique pour se rendre au Ministère.

Karl n'aimait pas transplaner. Il n'avait trouvé cette pratique très plaisante. C'est d'autant plus le cas depuis qu'il se sentait vieillir, depuis qu'il avait l'impression que toutes ses articulations grinçaient et que ses genoux ne voulaient qu'une seule chose : faire leur vie loin de lui.

Il n'aimait cependant pas plus la poudre de cheminette, suite à une mauvaise expérience à base de marmonnement mal compris et donc d'une erreur de destination. 

Il avait donc pris l'habitude de transplaner mais limitait le plus possible cette pratique. Après, comme il quittait rarement la Tête de Sanglier, il avait rarement à transplaner. Là était l'avantage de vivre juste au-dessus de sa taverne.

 

Dans un CRAC sonore, il partit et réapparut à proximité du Chaudron Baveur qu'il traversa en grande hâte pour rejoindre le Londres Moldu. Il n'adressa qu'un vague bonjour à Alfred, le tenancier, qui sembla étonné de ne pas voir son collègue de Pré-au-lard poser ses fesses sur un tabouret pour une bonne bièraubeurre. Mais Karl n'avait pas le temps. Il avait à faire.

 

Marchant d'un bon pas dans les rues de Londres, il rejoignit la cabine téléphonique rouge qui paraissait être un vrai dinosaure dans cette ville si hautement technologique. Ca devait être une sorte de curiosité touristique pour les Moldus.

Il composa le 6-2-4-4-2 afin d'être amené vers le Ministère de la Magie. Une fois arrivé, il reprit sa marche rapide, grimpant les escaliers, s'arrêtant à mi étage pour reprendre son souffle, repartant de plus belle. Une fois arrivé au deuxième, il suivit les indications pour débouler dans le bureau des Aurors où un aimable secrétaire d'une petite trentaine d'années lui adressa un sourire, lui demandant ce qu'il pouvait faire pour lui.

Il fallut attendre quelques secondes, que le vieil homme reprenne son souffle et se remette de sa presque course dans le Londres Moldu.

 

-Votre responsable, commença-t-il. Je veux voir votre responsable.

 

Face au mutisme et à l'oeil interrogateur de son interlocuteur, il poussa un petit soupir d'impatience et reprit :

 

-Kaelen Rowle, c'est votre nouveau responsable, non ?

-Absolument.

-Eh ben je dois le voir !

-Monsieur Rowle est très occupé.

-Ah bah un peu mon n'veu qu'il est occupé, c'est bien pour ça que je viens !

-Non, vous ne comprenez pas, il est très occupé. Ca veut dire qu'il ne peut pas vous recevoir, d'autant que vous n'avez pas de rendez-vous.

-J't'en foutrais du rendez-vous ! Dites-lui que c'est Karl Mitch qui veut le voir !

-Ca ne sert à rien, monsieur. Si vous voulez, je note la raison de votre venue et ce qui vous pousse à vouloir rencontrer monsieur Rowle. Je lui transmets. Et s'il estime que le motif nécessite, en effet, une entrevue, il vous fera parvenir un hibou avec une date de rendez-vous.

-Oh là, c'pas un p'tit jeune comme vous qui va m'empêcher de voir ce sacripant de Kaelen ! J'ai pas besoin d'un rendez-vous, je suis Karl Mitch !

 

Sur ces bonnes paroles, il s'avança dans le couloir alors que le secrétaire, visiblement paniqué, se levait de sa chaise dans l'idée de faire barrage et ramener le vieil homme à la raison. Mais ce dernier, étonnamment rapide, s'était déjà engagé et clamait à voix haute :

 

-Kaelen ! Kaelen ! Faut qu'on parle bon sang ! 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Rues de Pré-au-lard, Jeudi 07 Décembre 2124

La silhouette du quarantenaire banal s'engouffra dans les affres sombres du bâtiment à la suite du jeune garçon qui cachait en réalité un Auror bien plus âgé qu'il n'y paraissait avec son physique juvénile. Vus de loin, on aurait pu croire à un père et son fils rentrant chez eux à pas de loup, tard dans la nuit. Il aurait été questionnant tout de même de voir ce jeune adolescent dehors si tard et surtout loin de l'enceinte du château en pleine période scolaire. Mais bon, l'avantage de la nuit c'était, justement, de ne croiser personne qui puisse se poser ce genre de question.

 

Karl nota dans un coin de sa tête de demander à Kaelen où il trouvait ses cheveux, comment il les choisissait et pourquoi avoir choisi ceux-là. A la limite, le quarantenaire passe-partout, c'est bien. Rien qui ne puisse attirer l'attention. Mais le gamin... quelle idée ! Pour une mission de filature en pleine nuit ! 

Silencieusement, le vieil homme talonna son ami, la baguette toujours serrée dans son poing. Il n'entendait rien. Mais n'était pas sûr de pouvoir se fier à 100% à son sens. Vous savez, à 117 ans... même s'il était très en forme pour son âge, il n'avait tout de même plus son corps de jeune adulte. Et peut-être qu'il était parfois un peu dur de la feuille.

 

Kaelen leva sa baguette et lança un Hominum Revelio qui sembla lui renvoyer quelque information.

Ainsi, Karl apprit qu'en plus de deux présences à l'étage -sans doute les deux malfrats du bar- une troisième semblait faire des allers-retours dans un espace plus restreint. Mais a priori, personne ne semblait bouger dans leur direction. Leur effraction s'était donc faite en toute discrétion. 

Le tavernier hocha vigoureusement la tête et donna une tape dans le dos de l'enfant-Auror, comme un bien joué silencieux.

Il fit quelques pas en avant et lança un Lumos dans le but d'y voir un peu plus clair.

 

La pièce dans laquelle ils se trouvaient était dépouillée de tout objet personnel. De la poussière se soulevait depuis le parquet au rythme des frémissement de l'air. Quelques meubles étaient recouverts d'un drap blanc -ce qui semblait être une commode, une table, des chaises, un meuble bas. Face à eux, ils pouvaient voir de profil l'escalier qui menait à l'étage. A leur gauche, encore engloutie par l'obscurité, une porte fermée. 

Karl dirigea sa baguette-lumière vers la porte et décida de s'en approcher.

Mais à peine avait-il fait deux pas qu'une silhouette, dissimulée jusque-là dans l'espace non comblé sous l'escalier, bondit vers lui.

La baguette du vieil homme fit volte-face et laisse voir une acromentule a priorio pas très sympa et qui semblait vouloir les empêcher de pousser plus en avant leur exploration.

 

Arania Exumaï !

 

La baguette de Karl se mit à crépiter et envoya une méchante brûlure sur l'acromentule, juste avant qu'elle ne puisse l'atteindre de l'une de ses pattes velues. Celle-ci fut repoussée vers l'arrière et poussa un autre couinement plus fort encore alors qu'elle percutait l'escalier. Aïe... ce bazar pouvait bien avoir alerté ceux qui avaient dressé l'acromentule afin de les protéger...

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Lundi 25 Septembre 2124

Kaelen semblait vouloir apaiser les choses entre lui et le vieil homme mais il ne pouvait décemment pas ignorer les ordres de sa hiérarchie. Aussi, repartit-il à la charge, arguant, avec raison, que ses supérieurs ne s'arrêteraient pas sur un échec. Si ce n'était pas lui, l'agent envoyé sur le terrain en reconnaissance, ce serait un autre. Et ça, c'était pas forcément pour plaire au vieux Karl Mitch.

Parce que Kaelen, il le connaissait. Ils avaient déjà plus ou moins bossé ensemble sur certaines affaires (enfin, le tavernier avait surtout rancardé l'Auror sur quelques activités suspectes qu'il ne voulait pas voir déborder dans son établissement). Et malgré son air bougon, Karl l'aimait bien. Ils avaient réussi à trouver une entente mutuelle permettant de tisser un lien d'amitié intergénérationnel. Alors, à bien y réfléchir, le vieil homme préférait largement être emmerdé par Kaelen plutôt que par un autre de ses collègues ou pire, par un de ses supérieurs qui pète plus haut que leur cul !

Il maugréa néanmoins parce que l'idée même qu'on puisse le soupçonner de quoi que ce soit lui hérissait le poil. Le gouvernement avait-il si peu confiance en ses positions et sa capacité à faire face à l'adversité qu'il tentait de museler tous ceux qui pourraient émettre un avis contraire au sien ?

 

-D'accord, d'accord, concéda-t-il. Mais c'est pour toi que je le fais, pas pour ceux qui t'en ont donné l'ordre. C'est juste pour qu'ils te foutent la paix et qu'ils me lâchent la grappe par la même occasion.

 

Se penchant au-dessus de son contraire vers Kaelen, il le pointa d'un index qui se voulait menaçant.

 

-Par contre, je te préviens, t'as intérêt à bien de tenir, va pas me foutre la honte devant les autres ! Et puis, j'leur mentirai pas sur qui tu es. S'ils viennent dans ma taverne, c'est parce qu'ils ont confiance en moi. J'peux pas leur mentir sur un élement aussi important. Attends-toi à ce qu'ils soient aussi outrés que moi, hein. Mais ça leur passera. T'as raté la réunion de septembre. La prochaine, c'est le 17 octobre à minuit. J'espère que tu vas facturer tes heures sup !

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Rues de Pré-au-lard, Jeudi 07 Décembre 2124

Karl eut un air satisfait en constatant que son sort avait fonctionné et que les deux malfrats étaient cul au sol. Il avait cependant conscience que la satisfaction et le répit seraient de courte durée car les deux hommes n'étaient ni assommés ni sonnés par tant de prise d'initiative. Bien au contraire : ils semblaient fort fort fâchés tandis qu'ils se débattaient pour se relever.

Le tavernier constata que Kaelen, toujours prisonnier dans son corps de jeune adolescent, ne s'en laissait pas conter et avait déjà pointé sa baguette sur leurs adversaires. Il n'en attendait pas moins d'un Auror ! Réflexes, rapidité et précision, voilà qui devaient le définir.

 

Enfin...

Précision...

On y reviendra.

Même s'il n'était pas forcément question de précision. Il fallait bien avouer : Karl non plus n'avait pas pensé que l'Acromentule pût encore bouger une patte après le violent coup qu'elle s'était pris. A l'instar de son coéquipier d'un soir, il avait sursauté en entendant la bestiole remuer et constata bientôt qu'a défaut d'avoir emprisonné les deux sorcier, il avait emprisonné l'Acromentule.

Cet échec et l'instant de flottement qui en résultat suffirent pour offrir aux trafiquants l'occasion de se relever et se remettre en position de combat, baguette levée.

Malgré son âge et ses os rouillés, Karl semblait conserver ses réflexes d'antan car il reporta bien vite son attention sur leurs adversaires et visa celui de gauche avant qu'il n'ait pu lui-même attaquer.

 

Radicis Perfidum 

 

Des racines de taille convenable surgirent du sol et s'attaquèrent au malfrat qui parvint, dans un ultime réflexe, à éviter de se faire immobiliser les bras au même titre que sa taille. Ainsi, il se retrouva bientôt soulevé du sol, une racine plutôt robuste entourant sa taille. Mais ses bras demeuraient libres et il comptait bien se servir de sa baguette. 

 

_____________________________

 

Tandis que Karl entamait les hostilité avec un premier adversaire, l'autre en profita pour s'attaquer à Kaelen.

 

1 - Il lança un Obstringere qui réussit parfaitement et frappa Kaelen de plein fouet avant que celui-ci ne puisse riposter. L'Auror sentit soudainement ses vêtements se resserrer autour de son corps, de façon anodine dans un premier temps puis de plus en plus fermement jusqu'à commencer à comprimer la cage thoracique.

 

2-3 - Il lança un Obstringere qui atteignit sa cible et commença à enserrer Kaelen dans ses vêtements. La pression devint de plus en plus inconfortable mais a priori, l'homme n'était pas assez puissant pour donner à son sortilège tout son potentiel de nuisance. 

 

4-5 - L'homme lança un Obstringere mais qui loupa sa cible de quelques centimètres. Sans doute perturbé par l'aspect juvénile de Kaelen, l'homme avait inconsciemment dévié son sort.

-Qu'est-ce qu'un gamin fiche ici ? demanda-t-il alors d'une voix forte.

 

6 - L'homme lança un Obstringere mais au lieu d'un éclat de magie, ce fut un bruit d'explosion qui surgit de sa baguette et, bientôt, il sentit ses propres vêtements se resserrer. Le sort n'était pas tellement réussit car il se retrouva seulement avec une tenue une taille en-dessous mais cet échec le surprit tellement que, dans un sursaut de stupeur, il perdit à nouveau l'équilibre et se retrouva à nouveau au sol, criant qu'il était restreint dans ses mouvements à cause de sa veste devenue trop serrée.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Cabane Hurlante, Mercredi 28 Février 2125

Kawa ne comprenait pas très bien pourquoi, ce soir-là, son maître l'avait saisi sous son bras et l'avait fait sortir de ses confortables appartements au-dessus de la Tête de Sanglier. Le félin n'émit pourtant aucune protestation, ayant l'habitude d'être porté. Il se cala entre les bras de son maître et referma les yeux, reprenant, là où elle en était sa sieste journalière. Laquelle durait en général vingt-deux ou vingt-trois heures sur vingt-quatre. A son vénérable âge de chat, on n'a plus grand-chose d'autre à faire que dormir et grignoter quelques croquettes. Karl veillait toujours à ce que la gamelle soit bien plein et époussetait ses coussins toutes les semaines. Rien n'était de trop pour Kawa, ce fidèle compagnon qui ne l'avait jamais abandonné.

 

Le tavernier s'aventura dans les rues de Pré-au-lard. Il était plus de vingt-trois heures et il avait à Lewis le soin de s'occuper de la fermeture de la Tête de Sanglier. Ce dont le jeune serveur s'était acquitté de bonne grâce.

Quelques jours auparavant, Karl était allé remonter les oreilles de son ami Kaelen, lequel n'avait plus pointé le bout de son nez à la Tête de Sanglier depuis trois mois. Depuis l'affaire de la kiwicot. En tant que nouveau chef du bureau des Aurors, il avait fort à faire. Mais le rouge-et-or était tout de même déçu de constater que son ami ne venait plus comme avant. 

Il s'était alors dit qu'il lui fallait un nouveau coup comme celui de la kiwicot. Sauf que pas de nouveaux trafiquants en vue à la Tête de Sanglier. Pas de client suspect sur lequel enquêter serait intéressant.

Puis il s'était souvenu d'une sordide affaire survenue un mois plus tôt, pas très loin d'ici. A la cabane hurlante, plus précisément.

A priori, l'affaire n'avait pas avancé. 

Alors il s'était dit que lui, Karl Mitch, avec l'aide de Kawa, son chat pisteur (en réalité juste vieux chat ronron) allait peut-être réussir à dénicher un indice qui serait passé sous les radars et pourrait alors envoyer un petit hibou à Kaelen, lui intimer de ramener ses miches sur place. Quelle superbe idée pour un héros de la nation tel que lui !

 

Il arriva près de la cabane hurlante et constata que Kawa n'avait pas l'air d'être d'humeur enquêtrice. Il était plutôt dans une volonté de roupiller de tout son long. 

Peu importe.

Il tendit l'oreille, n'entendit aucun bruit. En même temps, si tard dans la nuit, il était peu probable de trouver qui que ce soit. A part peut-être une bande d'adolescents boutonneux venus pour se faire faire peur tout en enfreignant royalement le règlement de l'école. Plus jeune, Karl aurait carrément pu être l'un d'eux.

 

La porte s'ouvrit sans difficulté et le tavernier fit descendre son chat qui sembla protester avant de se résigner. Il s'étira, bâilla, fit ses griffes sur le parquet tandis que son maître, soucieux de conserver sa tranquillité, sortait sa baguette. Des fois qu'il ferait un peu de bruit, autant ne pas alerter les éventuels passants.

 

Immugio !

Comme prévu, la porte devint une sorte de planche ne laissant filtrer plus aucun son. Karl avait quelques heures de tranquillité.

 

Il constata alors que Kawa avait trouvé un petit coin qui lui convenait et s'était rallongé, en boule, la queue enroulée autour de son corps. Il roupillait sec. Soupira, Karl lui tapota la tête pour le réveiller. Le vieux chat ouvrit un oeil paresseux.

 

-Allez Kawa, cherche ! lui intima le vieil homme. T'es un chat pisteur ou tu ne l'es pas ?

 

Si le félin avait pu parler, il lui aurait répondu qu'il ne l'était effectivement pas et ne l'avait jamais été. Mais à la place, il se contenta de lancer une oeillade à son maître avant de reprendre sa sieste.

Le tavernier poussa un deuxième soupir et se gratta le crâne. Le voilà bien embêté. Il avait tout misé sur son super chat, tout ça pour qu'il préfère dormir !

Troisième soupir.

Sa bassine d'eau froide lui manquait.

Qu'est-ce qui lui avait pris, de venir jusqu'ici ? Franchement... Il aurait quand même été bien mieux au chaud à la Tête de Sanglier. Quant à Kaelen... il n'aurait qu'à lui vanter la qualité particulièrement bonne des steaks de dragon de ces dernières semaines pour l'inciter à venir manger ? Ouais... c'était pas mal comme plan.

Un peu déçu tout de même, il reprit son chat dans ses bras et repassa la porte en sens inverse. Tout ça pour ça. Franchement.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Jeudi 07 Décembre 2124

Karl fut satisfait de constater que le jeune Auror avait répondu à l'appel.

Il le vit passer le seuil de l'établissement et se diriger vers le comptoir d'un pas mesuré. Il vint s'asseoir comme un client lambda, adressant au vieil homme un discret regard entendu.

Karl jeta un coup d'oeil rapide en direction de ses deux suspects qui n'avaient pas bougé, semblant attendre quelque chose. Il n'était donc pas encore le moment de bouger. Il fallait continuer à faire comme d'habitude pour ne pas éveiller les soupçons.

Alors le propriétaire de la Tête de Sanglier afficha son meilleur sourire commercial et s'exclama : 

 

-Bonsoir et bienvenue ! Que puis-je vous servir ? Oh, attendez, ne dites rien, Lewis (il désigna le jeune serveur occupé à ramener des chopes vides) a créé un tout nouveau cocktail à base de jus de citrouille, un véritable délice ! Allez mon garçon, ajouta-t-il en s'adressant audit Lewis, fais-lui goûter ta superbe création !

 

Ca lui faisait mal au coeur de proposer à Kaelen une boisson sans alcool. Mais il ne fallait prendre aucun risque : si filature voire affrontement il devait y avoir, il valait mieux être le plus sobre possible.

Tandis que Lewis s'occupait à mélanger dans un shaker du jus de citrouille avec une infusion d'hibiscus et du nectar de pêche, Karl s'assit sur son tabouret, face à Kaelen. Dans un marmonnement, il lança à voix basse : 

 

-Je suppose que tu les as remarqués. Je les garde à l'oeil, je te préviens quand ils bougent. Y'a un bon filon.

 

Lewis posa devant l'Auror son cocktail, décoré de quelques feuilles de basilic.

Tout à coup, la vieille sorcière malheureuse, qui en était probablement à sa sixième ou septième bièraubeurre, envoya valser sa chope dans laquelle il restait un fond de boisson. Tout le monde dans la salle sursauta tandis que, complètement ivre et en larmes, elle se mettait à beugler :

 

-POURQUOI PERSONNE NE M'AIME DANS C'MONDE ?! C'VRAIMENT TROP INJUSTE AIMEZ MOI PUTAIN D'MERDE Z'AVEZ QUOI CONT' MOI ?!

 

Le tout en gesticulant de façon très désordonnée, manquant de mettre une droite involontaire au type le plus proche.

Karl adressa un regard à son serveur qui comprit immédiatement que lui revenait la mission de calmer l'ambiance. Aussi, il se précipita vers la sorcière et tenta en premier lieu la diplomatie, l'alpaguant d'une voix douce dont lui seul avait le secret, lui demandant de se rasseoir, l'assurant que personne n'avait dit qu'elle n'était pas aimée et que ça allait passer, ce n'est que l'alcool qui...

En réponse, il se prit une gifle magistrale qui fit s'élever un oh de surprise et d'indignation dans ce qui restait de la clientèle. 

Lewis, pourtant habituellement calme et bien poli, sembla voir rouge car il attrapa les poignets de la sorcière qui continuait de s'agiter dans tous les sens en lui intimant, d'une voix beaucoup plus dure et cinglante, de cesser son manège et de dégager d'ici.

 

-Ah c'pas un jeune comme toi qu'va m'faire dégager 'spèce d'malpoli ! s'exclama la sorcière en tentant à nouveau d'en foutre une au jeune serveur. 

 

Excédé, Lewis lâcha un des poignet de la femme, évita de justesse une nouvelle gifle, saisit sa baguette et, d'un tour de poignet, lui balança un Levicorpus bien senti. Hurlante, éructant de rage, la bave aux lèvres, l'impudente se retrouva tête en bas, cape tombant sur le visage, tandis que le serveur la conduisait de force vers la sortie.

 

Cette scène avait provoqué une véritable vague d'émotion. Certains s'étaient levés, prêts à intervenir ou venir en aide à Lewis. Tous avaient leur mot à dire sur la situation, créant un brouhaha de voix qui s'entrechoquaient.

Karl afficha une moue satisfaite : une fois encore, le jeune homme avait su se dépatouiller des situations déplaisantes dans lesquelles son charmant patron l'envoyait.

Mais cette satisfaction laissa bientôt place à deux yeux ronds tandis que le vieil homme constatait que ses deux principaux suspects avaient profité du remue-ménage provoqué par la sorcière pour se faire la malle. Heureusement qu'ils avaient payé leurs consommations au moment du service, parce que les réflexes de Karl auraient pu le conduire à s'écrier "ils s'en vont sans payer ! Lewis poursuis-les !" ce qui aurait rendu à néant les chances de filature discrète.

 

A la place, il tapota l'épaule de Kaelen et désigna du menton la porte qui venait de se refermer.

 

-Faut les suivre, commença-t-il. S'pourrait bien qu'ils aient quelque chose à voir avec un trafic de kiwicot d'une ampleur encore inconnue. Ca doit pouvoir t'intéresser.

 

Tout en parlant, il contourna le bar pour se diriger, lui aussi, vers la porte.

S'il avait été plus jeune et plus en forme, peut-être qu'il aurait bondi au-dessus de son comptoir, tel un héros de film d'action Moldu. Non pas qu'il connaisse grand-chose aux films d'action Moldu. Mais en 117 ans d'existence, il avait eu le temps de discuter avec bon nombre de personnes et apprendre des tas de choses même dans des domaines qu'il ne côtoyait absolument pas.

Mais d'ailleurs, était-on bien sûr que Karl Mitch fût âgé de 117 ans ? Absolument pas. Par un heureux hasard, les papiers pouvant certifier de la date de naissance du vieil homme n'étaient plus -la façon dont l'état civil avait (soi-disant) pu les perdre était floue. Aussi, il n'y avait que sa parole pour assurer qu'il avait 117 ans. Mais en y réfléchissant bien, ne disait-il pas depuis quelques années déjà qu'il avait 117 ans ? Vous savez, les vieux, des fois, ça perd la tête... 

 

______________

Lancer de dé : 

 

1 : Il ne sait réellement plus quel âge il a donc il suppose avoir 117 ans.

2 : Il a réellement 117 ans et s'en souvient très bien.

3 : Il n'a pas 117 ans mais est persuadé en avoir réellement 117.

4 : Il n'a pas 117 ans mais plutôt 83. Mais il préfère dire 117 ans, ça en jette davantage.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau des Aurors - Niveau 2, Dimanche 25 Février 2125

Karl aurait bien aimé mettre un petit coup de pied au secrétaire qui lui collait aux basques, comme on se débarrasse d'un petit chien trop encombrant qui ne fait que japper en se croyant impressionnant. Mais, premièrement, il savait se tenir et deuxièmement, ses articulations rouillées ne lui permettaient certainement pas de lever une jambe ne serait-ce que de quelques centimètres pour aller en coller une au type qui le suivait, affolé.

 

-Monsieur, vous n'avez pas le droit, vous...

 

D'un geste, le vieil homme lui fit signe de la fermer mais le secrétaire semblait n'en avoir cure. Il continuait de répéter que Karl n'avait pas le droit d'outrepasser ainsi son autorité (inexistante) et qu'il n'avait pas plus le droit de déranger monsieur Rowle, lequel avait fort à faire depuis sa nomination toute nouvelle à la tête du bureau des Aurors.

A force de progresser dans les couloirs, le vieil homme vit enfin l'écriteau qu'il souhaitait voir sur une porte tout à fait banale : Kaelen Rowle - Chef du bureau des Aurors.

Sans même frapper, il l'ouvrit et constata que l'occupant de ce charmant bureau avait dû entendre tout ce raffut et semblait attendre sa venue calmement.

 

-Monsieur, je suis désolé... commença le secrétaire.

 

Mais il fut invité à faire demi-tour et refermer la porte d'un seul geste de son supérieur. Ce qu'il s'empressa de faire.

Karl ne se fit pas prier, prit place face à Kaelen et sortit de sa poche l'exemplaire roulé de la Gazette du sorcier. Ce même exemplaire où, page 4 ou 5, quelque chose comme ça, il était notifié que le bureau des Aurors changeait de chef. Et que le nom dudit chef sonnait résolument familier aux oreilles et aux yeux du vieux tavernier.

Kaelen semblait résolument très calme, en dépit du bazar causé par Karl. Lequel marmonna quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe avant de répondre, d'une voix hautement intelligible :

 

-J'aurais pu te féliciter avec mon meilleur whisky si tu étais venu à la Tête de Sanglier. Et, mieux encore, si tu avais daigné m'informer de ce pour quoi je devrais te féliciter ! J'y crois pas, j'ai appris ça par la presse. La presse ! insista-t-il, tapotant l'exemplaire du journal posé sur le bureau.

 

Il marmonna à nouveau quelque chose d'incompréhensible, visiblement mécontent.

 

-Mais ça, passe encore, c'était y'a pas longtemps, je comprends que tu aies plein de choses à gérer pour ta prise de poste. Même si, ajouta-t-il, un petit hibou pour informer ton vieil ami, c'était pas la mer à boire, hein ? Non, le problème, en vrai, c'est que ça fait presque trois mois que je t'ai pas vu. Trois mois, t'imagines ! Depuis l'affaire de la kiwicot, t'es porté disparu !

 

Se renfonçant dans sa chaise, il croisa les bras sur la poitrine avant d'ajouter, dans un énième marmonnement mais plus intelligible que les premiers :

 

-En plus, t'es un bon client.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

-Ouïe ouïe ouïe, ce n'est plus de mon âge ça ! se plaignit le vieil homme après un voyage en Portoloin.

 

Grimaçant, il appuya une main dans son dos en se redressant doucement. Il avait l'impression d'entendre l'entièreté de son corps craquer. A cet instant, il se dit qu'il aurait mieux fait de rester dans son appartement au-dessus de la Tête de Sanglier plutôt que venir se perdre ici au milieu de la foule. Mais il se ressaisit bien vite en se rappelant qu'une finale de Quidditch, il n'y en a pas une tous les jours. Certes, l'Angleterre n'était plus en lice mais il s'en fichait bien. Il ne supportait aucune équipe particulière et était là pour l'amour du sport en général.

 

Réajustant sa cape sur ses épaules, Karl entreprit de suivre la foule.

De nombreuses tentes étaient plantées là. Nul doute que certaines personnes demeuraient en ce lieu depuis le début de la coupe du monde. En ses plus jeunes années, c'était quelque chose que Karl aurait pu faire. Qu'il avait déjà fait, d'ailleurs. Mais aujourd'hui, il ne s'en sentait plus capable. Certes, les tentes sorcières étaient mille fois plus confortables que les tentes Moldues. On avait droit à un vrai lit et un certain confort. Mais ça ne valait pas son chez-soi douillet. Et plus il vieillissait, plus Karl était intraitable sur ce point : il avait besoin de son foyer à lui pour se sentir bien dans ses pompes.

 

L'ambiance était à la fête et à l'excitation. Comme on pouvait s'y attendre pour une finale. 

La sécurité avait bien été pensée et travaillée. Plusieurs Aurors étaient présents, veillant sur la foule et s'assurant que tout se passe bien. Karl redoutait surtout des débordements de la part des supporters de l'équipe perdante. Qui sait comment ils pourraient réagir ! A chaque coupe, il y avait toujours des imbéciles pour s'embrouiller avec d'autres imbéciles au prétexte que leur équipe avait perdu ou gagné.

 

Alors qu'il déambulait, s'imprégnant de l'ambiance particulière qui régnait, Karl entendit un homme faire un commentaire sur l'écharpe arborée par une jeune femme (Alaska). L'homme éloigné, le gérant de la Tête de Sanglier ne put s'empêcher de s'approcher de la jeune femme :

 

-Les Norvégiens ont du mérite, tout autant que les Japonais. Il ne faut pas toujours raisonner par l'ennemi de mon ennemi est mon ami. Moi j'aime bien votre écharpe.

 

Et il lui adressa son sourire de gentil papy avant de s'éloigner en trottinant doucement et en lui adressant un signe de main. 

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

Karl s'amusait d'écouter les commentaires et critiques des autres spectateurs à mesure que le match avançait. Pour sa part, il se fichait bien de savoir qui avait le souaffle, qui était au plus près d'attraper le vif d'or. Pour lui, les deux équipes étaient méritantes. Peu lui importait l'identité du vainqueur. 

Il applaudissait lorsque le souaffle traversait les anneaux, lorsque le commentateur s'excitait comme une puce, lorsque les autres spectateurs s'exclamaient et applaudissaient également.

La bonne ambiance était contagieuse et le vieil homme était heureux d'avoir fait un effort pour venir assister à cet événement.

 

Mais la sortie du match fut une toute autre paire de manche.

Au début, le tavernier ne comprit pas bien ce qu'il se passait. Il observa un mouvement de foule et sentit son coeur bondir dans sa poitrine. Il aimait de moins en moins les afflux de personnes et encore moins lorsqu'un vent de panique le traversait. On ne sait jamais comment on peut régir en situation d'urgence et encore moins comment peuvent réagir les autres. Karl avait appris, au cours de sa vie, que l'enfer, c'est les autres. Les mouvements de foule n'étaient jamais bon signe et mieux valait prendre rapidement des décisions au risque de se retrouver piétiné sans que qui que ce soit ne nous remarque.

Tendant le cou, Karl tenta tout de même de comprendre avant de prendre une décision. 

Se frayant un chemin à contre courant des personnes revenant vers les gradins, il s'arrêta net.

Les éléments qu'il percevaient étaient trop nombreux pour qu'il parvienne à les ordonner rapidement.

D'un côté, il entendait des cris, des annonces qui incitaient les spectateurs à revenir à l'intérieur du stade et utiliser les portoloins qui seront mis à leur disposition pour se mettre en sécurité loin de tous ces chamboulements.

De l'autre, il percevaient des silhouettes qui bougeaient, des étincelles, des semblants de combat.

Mais surtout, il perçut, par tous ses sens, l'ignoble Feudeymon qui commençait à ravager les lieux.

 

Karl fut pris d'une sueur froide.

Il détestait... non, il haïssait les cahots dans la route lisse toute tracée d'une journée qui devait bien se dérouler. Et, quelle que fût l'origine de ce Feudeymon, ce satané sortilège était un énorme cahot dans sa route qu'il voulait tranquille et sans histoire.

Un instant, il fut pris de l'envie de suivre les spectateurs qui se repliaient en criant. Il s'imaginait saisir un portoloin et se barrer le plus vite possible, courant vers sa précieuse taverne pour s'y barricader. Puis boire un verre -non deux ou trois ou même la bouteille entière- de whisky pur feu en compagnie de Lewis, serveur à la Tête de Sanglier de son état, tout en déblatérant sur ce qu'il venait de se passer.

Lewis... était-il seulement à la Tête de Sanglier ?

Avait-il dit qu'il viendrait assister à la finale ?

Le vieil homme ne savait plus. 

Peut-être que Lewis était là, quelque part dans cette foule.

Du haut de ses vingt-cinq ans, n'ayant jamais autre chose que Poudlard puis la taverne, il devait être paniqué. Si le Feudeymon ne l'avait pas déjà consumé.

A cette pensée, Karl se dit qu'il ne pouvait pas laisser tous ces innocents se faire carboniser.

Il détestait les imprévus. Mais n'avait pas perdu son courage pour autant. Il avait toujours mis un point d'honneur à défendre ceux qui ne le pouvaient pas et ce n'était pas à 117 ans (plus ou moins quelques années, sans doute) qu'il allait se dégonfler.

 

Inspirant profondément, gonflant sa poitrine de sa décision et son courage nouvellement retrouvés, il sortit sa baguette de sa ceinture.

Qui que soient les impudents qui avaient osé balancer un Feudeymon et massacrer ce bel événement, il n'allait pas les laisser faire ! Il allait leur montrer comment il allait mater leur Feudeymon ! Foi de Karl Mitch !

 

- Finite Terribilis !

 

Bon, il n'a pas trop perdu la main, le Karl. Une première chose de faite. Allez, on ne se décourage pas !

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

Karl lança un petit "wahouu" adressé à lui-même. Il devait avouer être un poil surpris d'avoir réussi ce sortilège du premier coup. Ce n'est pas comme s'il avait l'occasion de le pratiquer au quotidien. Pas très utile quand on tient une taverne. Mais il fallait croire qu'il n'était pas si rouillé que ça, le vieux.

Il n'eut cependant pas le temps de s'appesantir davantage sur ce bel exploit car rapidement, il revint à la réalité : le Feudeymon était loin d'être maîtrisé et il faudrait encore quelques autres efforts comme celui-ci pour y arriver.

Du coin de l'oeil, il repéra une jeune femme qui venait d'arriver et brandissait, elle aussi, sa baguette en direction du feu dans le but de le contenir. Elle formula son sort mais quelque chose loupa. Karl ne saurait dire comment elle en était arrivée à ce résultat, mais toujours était-il qu'elle se retrouvait désormais face à un galop enflammé qui semblait se diriger droit vers elle. 

Secrètement, le vieil homme espéra que la femme saurait courir et vite si elle ne voulait pas finir comme une merguez sur un barbecue Moldu.

Puis il songea qu'il pourrait peut-être faire quelque chose pour l'aider. Ou du moins essayer.

 

Gonflant à nouveau ses poumons, fort de sa précédente expérience, Karl se dirigea vers la jeune femme ou plutôt le galop de feu qui allait fondre sur elle.

Lui, l'ancien Gryffondor, n'allait tout de même pas laisser une inconnue se faire cramer sur place sans rien faire ! Malgré son vieil âge, il continuait d'abriter cette flamme de courage et de témérité qui l'avait envoyé chez les rouge-et-or il y a bien des années. 

Brandissant à nouveau sa baguette, il prononça la fameuse formule pour la deuxième fois, espérant que cela fonctionne et qu'il puisse sauver les miches de l'inconnue. Elle lui serait extrêmement redevable, comme ça. Karl Mitch n'avait pas pour habitude de jouer du chantage et des renvois d'ascenseur mais il fallait avouer que dans une situation aussi tendue que celle-ci, un peu de reconnaissance s'il parvenait à sauver une vie ne serait pas de trop. Puis qui sait... ça pourrait être le début d'une belle rencontre !

 

Finite Terribilis !

 

Ce Karl est vraiment un héros, y'a pas d'autre mot. Non seulement il parvient à sauver les miches d'Adaline, mais en plus le Feudeymon qui continue de ravager les lieux commence à reculer.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau des Aurors - Niveau 2, Dimanche 25 Février 2125

Karl ronchonna face à l'aspect très calme de Kaelen. Il ne semblait même pas comprendre quel point il était absurde que ce soit la Gazette du Sorcier qui lui ait appris sa promotion ! Enfin quoi... imaginez, c'était comme si vous appreniez par le journal votre propre mariage ! Bon, d'accord, ce n'était pas tout à fait la même chose et cet exemple ne reflétait absolument pas la réalité de la relation qu'entretenaient les deux hommes. Mais quand même. Il était vexant, en tant qu'ami, d'apprendre une telle chose par la presse. Imaginez si Lewis lui avait dit "je suppose que vous êtes déjà au courant, mais votre ami Kaelen a été promis, c'est écrit ici", il aurait eu l'air bien con à répondre "eh bien mon garçon, tu me l'apprends !" Etait-ce donc ainsi que devait être traité un héros de la nation ?

 

Puis Kaelen donna une explication un peu laconique, rebondissant sur le fait que, oui, il avait été très occupé ces derniers temps.

Karl ronchonna à nouveau lorsque l'Auror, un léger sourire en coin, demanda si l'établissement se maintenait toujours sans ses gallions. Le vieil homme le fixa un instant sans répondre, le regardant s'adosser contre son fauteuil, bras croisés.

 

-Tu seras peut-être surpris d'apprendre que tu n'es pas l'unique client de ma chère taverne, commença-t-il en bougonnant. J'peux quand même payer le salaire de Lewis, même sans tes gallions. Même si bon, on crache jamais sur quelques sous, hein. Et puis t'as loupé la bûche de Noël, c'est dommage, elle était excellente.

 

Vaine et piètre tentative de faire culpabiliser l'autre. Mais après, c'était vrai : le repas de Noël organisé avec les quelques clients sans famille et désoeuvrés était particulièrement un bon souvenir pour Karl. L'ambiance était à la fête et pour l'occasion, son chat Kawa était même venu piquer un roupillon sur le comptoir.

 

Soudainement, le vieil homme se pencha en avant, un bras posé sur le bureau, comme pour une confidence ou ramener encore plus de sérieux dans cette situation déjà, disons-le, très dramatique.

 

-Entre nous, ta promotion, l'affaire de la kiwicot n'y est pas pour rien, hein ?

 

Allez, avoue.

Le regard de Karl se mit à briller d'un éclat intense, une forme de complicité teintée d'une fierté sans pareille. D'une certaine façon, Kaelen devait lui être reconnaissant de sa promotion, il en était sûr !

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
La Tête de Sanglier, Samedi 16 Décembre 2124

Depuis un peu plus d'une semaine, Karl se sentait particulièrement fier de lui. Ce mois de décembre et cette fin d'année venait apporter son lot d'aventure gargarisante pour celui qui se désignait sobrement le héros de la nation depuis son intervention particulièrement réussie lors de la Coupe du Monde de Quidditch. Il faut dire que réussir à maîtriser parfaitement un contre-sort noir avait eu de quoi flatter son égo. D'autant qu'il n'était pas particulièrement entraîné -en tant que tavernier, il avait peu l'occasion de pratiquer ce genre de magie ; tout au plus lançait-il quelques sortilèges utilitaires pour laver et ranger sa vaisselle.

Malheureusement, la nation n'avait, apparemment, que peu de reconnaissance pour lui aucune médaille ne lui ayant été décernée pour son courage et ses exploits. Mais le vieux Mitch s'en fichait bien -même si, lorsqu'il s'ennuyait, il rouspétait à nouveau sur le peu de considération que pouvait avoir le gouvernement pour des gens comme lui, pourtant essentiels. Il se contentait de raconter à qui voulait l'entendre qu'il était un héros et se faisait mousser lui-même. Ca lui allait.

 

Et puis une semaine plus tôt, après quelques mois d'observation et de soupçons pesant sur deux clients réguliers, il avait entrepris une filature plus qu'excitante avec son ami Kaelen, laquelle avait débouché sur quelques échanges de sortilèges bien placés et le démantèlement d'un réseau de trafiquants de kiwicot. Karl n'avait pas encore revu l'Auror depuis cette aventure ; il se demandait comment ces exploits avaient été reçus par son bureau. Il ne s'attendait décemment pas à une remise de médaille en sa belle taverne mais cette histoire pourrait lui permettre, à nouveau, de se faire mousser devant les gens qui en avaient maintenant marre d'entendre raconter l'épisode de la Coupe du Monde qui avait maintenant quelques mois de trop. C'est qu'il fallait entretenir et soigner son petit égo !

 

Karl repensait à tout ça dans l'arrière boutique où il s'occupait d'inventorier et de ranger les bouteilles.

Il avait laissé Lewis au comptoir, faisant totalement confiance à son jeune serveur pour gérer les clients. Tout à coup, il entendit la voix du jeune homme l'appeler :

 

-Karl, y'a quelqu'un qui veut vous voir !

 

Le vieil homme suspendit son geste, eut quelques secondes de flottement.

Quelqu'un ?

Se pourrait-il que Kaelen soit -enfin- venu le voir pour lui donner des nouvelles et, surtout, lui raconter à quel point leurs exploits de la semaine passée avaient porté leurs fruits ? 

Il reposa la bouteille d'hydromel dont il venait de noter la référence dans son cahier et sortit de l'arrière-boutique, rejoignant le comptoir. La personne qu'il y découvrit n'était absolument pas Kaelen. Ayant à peu près le double de l'âge du jeune Auror, c'était, en plus, une femme. Une femme que Karl connaissait et il ne cacha pas sa surprise de la voir installée à son comptoir. 

 

-Katherine ! s'exclama-t-il en se postant devant elle, des questions plein le regard et un grand sourire aux lèvres. Ca fait un bail qu'on ne s'est pas vus ! Ca fait bien... plusieurs années, j'en perds le compte. On avait quelques affaires en commun, à l'époque, ajouta-t-il avec une complicité malicieuse dans les yeux. Aujourd'hui, c'est un de tes jeunes collègues qui a repris le flambeau et qui passe me voir de temps en temps, ça arrange ses petites affaires quand il y a des informations à glaner. Et toi, que deviens-tu ?

 

Disant cela, il tira à lui un tabouret branlant pour s'y asseoir.

Il avait l'habitude de l'équilibre précaire de son siège et ne l'échangerait pour rien au monde. Il savait parfaitement comment l'équilibrer pour ne pas tomber et c'était devenu, en quelque sorte, son petit objet fétiche.

Son regard s'attarda un instant sur le verre qu'avait commandé Katherine avant de remonter sur le visage de l'Auror expérimentée qu'elle était. Il ne s'attendait absolument pas à la croiser à la Tête de Sanglier ce soir-là... il s'était même demandé, pendant un temps, si elle bossait toujours au Ministère tellement il n'avait plus de nouvelles ni de signes de vie de sa part.  

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Karl Mitch

Propriétaire de la Tête de Sanglier 118 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Pour tout ceux ayant le courage d'affronter les MDJ's, alors qu'ils pourraient y laisser plus qu'une dent !
Bureau des Aurors - Niveau 2, Dimanche 25 Février 2125

Karl serait presque tenté d'entreprendre un gnagnagna face au fin sourire qui étire les lèvres de son ami et à sa remarque concernant la bûche de Noël manquée, remarque d'où se fait entendre une pointe de douce ironie. Voilà qui est cruel, qu'il dit. Le vieil homme sentit que son interlocuteur ne le prenait pas au sérieux alors qu'il ne lui viendrait jamais, au grand jamais, à l'esprit de ne pas être sérieux à propos d'une si bonne bûche de Noël !

Puis il remarqua l'air légèrement sceptique de l'Auror alors qu'il demandait pourquoi il ne lui en avait pas ramené une part. Karl eut un air outré à cette question, levant les bras comme si Kaelen avait posé la plus absurde des questions. 

 

-Deux mois, commença-t-il, tu as deux mois de retard ! J'allais quand même pas garder une bûche pendant deux mois ! Non mais écoute, tu te rattraperas au Noël prochain. 

 

Puis venait le moment tant attendu par Karl. La réponse. A la question qu'il se posait depuis tout ça temps. Depuis qu'il n'avait plus eu de nouvelles de Kaelen, ne sachant pas ce qu'il était advenu de leur opération kiwicot. Ne sachant pas à quel point il pouvait se gargariser d'en avoir fait partie et même plus : l'avoir initiée. Il n'avait, pour autant, pas attendu d'en savoir plus pour commencer à la raconter à qui voulait l'entendre -notamment le pauvre Lewis qui devait connaître l'aventure par coeur désormais.

Mais la réponse apportée par Kaelen fut un brin décevant. Il ne disait ni oui ni non. Il disait peut-être. Il semblait sincère. Il ne lui apportait pas réponse tranchée mais non parce qu'il ne le voulait pas, mais parce qu'il ne le pouvait pas. A croire qu'il ignorait lui-même les réelles raisons de sa promotion. Cette constatation radoucit le vieil homme qui se sentit un peu peiné pour son jeune ami : ne pas savoir si on doit son avancement à ses propres preuves ou un ensemble de facteurs externes sur lesquels on a aucun contrôle n'aide pas à se sentir légitime. 

Malgré la remarque de Kaelen accompagnée d'un sourire forcé, Karl perçut la lueur de doute qui traversa son regard. Il ne savait pas et se posait des questions. 

Puis l'atmosphère se détendit lorsque le jeune Auror reprit et concéda qu'il lui devait bien une tournée.

 

-Boh, commença Karl en agitant la main, ce n'est qu'un détail. 

 

Mais évidemment, qu'il lui devait une tournée !

 

-Tes supérieurs sont des cons, je le maintiens, reprit-il, en écho à une vieille discussion qu'ils avaient eue pendant laquelle Kaelen avait fait comprendre à Karl que sa hiérarchie était soupçonneuse quant aux réunions nocturnes qu'il organisait mensuellement à la Tête de Sanglier. Même pas foutus de te dire pourquoi t'as eu ta promotion ? Ca doit trop leur coûter de reconnaître que t'es compétent, c'est tout ! 

 

Il fit une pause, se calant dans son fauteuil. Puis il ajouta :

 

-Te fallait bien une histoire comme celle de la kiwicot pour leur en mettre plein la vue !

 

Une autre façon de dire : j'ai quand même un peu participé et de se faire mousser intérieurement. 

 

-En tout cas, si tu continues de te noyer sans cesse dans ta paperasse sans prendre le temps de relever la tête et venir boire un verre, tu vas finir par plus pouvoir remonter à la surface. Chef du bureau des Aurors ou pas. Alors hop, tu vas ranger des affaires et tu vas prendre un temps pour toi. Et payer cette tournée ! On n'a plus de bûche mais il doit bien rester de la tarte à la crème.

 

Tout en parlant, Karl désigna d'un geste le bureau de Kaelen et les parchemins qui s'y accumulaient. Son ton ne souffrait aucune contestation. Il savait ce que ça pouvait faire de se perdre dans son travail et ne jamais trouver le chemin vers la sortie. En ces années de vie, il en avait côtoyé, des gens. Dont certains s'étaient irrémédiablement perdus et ça avait été la croix et la bannière pour les retrouver. Il ne souhaitait pas ça à Kaelen. D'autant qu'à 30 ans, on a encore beaucoup de choses à vivre. C'était trop tôt pour ne plus revenir de la sphère professionnelle.