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Liste des messages de Nephtys Ptahchepsès

Nephtys Ptahchepsès

Femme

30 ans

Sang pur

Égyptienne

Retrouvailles entre scorpion et mygale

Message publié le 14/01/2026 à 20:21

Je l’écoute sans l’interrompre. Mes doigts restent posés contre la porcelaine tiède. Elle parle avec prudence. Avec cette neutralité appliquée qui n’est jamais qu’un masque mal ajusté. Me répondre par une autre question marquait l'indécision, la discipline apprise trop tôt, la peur de mal faire, l’anticipation constante des conséquences. Ou la mauvaise anticipation. Celle de l'angoisse et du stress. Exactement sur ce à quoi je faisais référence il y avait déjà quelques minutes. Je m'en offusque point. Je préférais qu'elle l'apprenne avec moi qu'avec d'autres membres du clan. Cependant, quand elle évoque l’éventualité de l’échec, quelque chose se crispe en moi. L’échec n’est jamais toléré chez nous, mais il est attendu. Il fait partie du tri. Je relève enfin les yeux vers elle quand elle me demande ce que j’en pense. Je termine délicieusement la tasse de café, laissant le silence s'installer, avant de me racler la gorge et de reposer le récipient sur sa minuscule soucoupe.

 

- Ce que j’en pense importe moins que ce que tu es prête à assumer. Ma voix est calme. Posée. Elle ne cherche pas à rassurer. Elle devait faire ses choix, elle voulait servir mes intérêts, certes, mais comment ? Voulait-elle devenir un pion qui exécute vulgairement les ordres ? Elle valait mieux que ça. Du moins, je l'espérais pour elle. Je ne te demande pas cela pour une question de simple morale. Je n'en ai que faire. C'est juste une simple question de... Timing ou de choix. Un petit sourire sybillin s'installe. Je ne voyais pas la décision la plus morale comme étant la moins utile. Après tout, Neith pouvait très bien s'inscrire dans le registre ce qui lui donnerait des points dans le clan qui aimait les êtres avec de multiples compétences. Si elle préférais taire ses compétences, elle pouvait les utiliser autrement. Elle voulait être libre de son destin, soit. Je l'aiderai aussi a s'émanciper si c'était son désir. Je ne développe pas plus. Elle est assez intelligente pour comprendre. Assez Ptahchepsès aussi. Mes yeux glissent un instant vers la fenêtre, vers ce ciel anglais trop pâle, trop humide, incapable de décider s’il veut vraiment gronder. Un climat indécis. Comme elle. Comme moi, peut-être, autrefois. Maintenant j'étais sûre de ce que je voulais. Et je le prenais. 

 

- Je m'occupe des autorisations et des prochains orages. Concentre toi sur le reste. Je te préviendrai quitte à changer de pays pour une nuit.  Je pouvais demander quelques portoloin. Une personne me devait une faveur. Pour le reste, ce n'était moins un problème encore. J’accepterai cette nuit pour elle, oui. Parce qu’une transformation ne se traverse pas seule. Parce que si son instinct animal prend le dessus, il faudra quelqu’un pour la rappeler à elle-même, bien que, la tentation de la laisser sous sa forme animale en punition pour son échec pendant quelques temps me titillerai les pensées. Je ne le ferais pas. Quand elle mentionne son fiancé, je sens le léger déplacement. Subtil. Politique. Elle pense déjà aux apparences, aux récits qu’il faudra maintenir cohérents. C’est bien. C’est nécessaire. Je repose mon regard sur elle, plus attentif encore.

 

- C'est déjà en cours de prévision. Je comptais envoyer Ammout au Manoir des Bulstrode pour organiser une fête en l'honneur de vos fiançailles. Ahmès pourra être là chaperonner. Je le ferais venir d'Égypte, pour lui faire une surprise. Mais aussi pour surveiller le jeune fiancé. Je sais que la galanterie saxonne est au beau fixe mais tant que le mariage ne s'est pas déroulé, il ne te touchera aucunement. Ce n'était pas dans les coutumes de notre pays, et je ne voulais pas m'attirer les foudres d'Islem. Je préférais faire les choses dans les règles de l'art. Pour l'instant. Tu lui enverras simplement un message en gage de ta bonne foi, et politesse. Que tu as hâte de le rencontrer  depuis toutes ses années et cætera. Ton père en sera ravi. Je balance ma main en arrière, comme si je prononçait une bagatelle. Neith avait eu la chance de rencontrer son promis jeune. Je ne l'avais fais que très tardivement, à l'âge de ma vingt cinquième année. Des activités suspectes ? Tu joues ton rôle à la perfection Neith. Tu apprends, tu te fiances, tu gagnes du pouvoir. Tout ce que les Ptahchepsès et les sangs-purs de la région raffolent. Et si quelqu'un ose dire quoi que ce soit, ta chère tante s'en occupera elle même. 


Retrouvailles entre scorpion et mygale

Message publié le 14/01/2026 à 06:31

Mes doigts tapotent le bois poli par les années lorsque je vois la déception dans son regard. Elle s’est raidie, comme si mes mots avaient claqué contre elle avec la violence sèche d’un fouet invisible. Une fierté blessée que je reconnaissais bien. Une colère contenue, ce besoin presque viscéral de prouver qu'elle n'était pas un fardeau, mais une Ptahchepsès . Ambitieuse. Une force que l'on soupçonnais mais qui était encore à exploiter. Et comme elle le disait : elle prendrait son destin en main. Et, elle avait choisi de m'offrir ce destin et sa vie. Le plus grand cadeau qu'un Ptahchepsès pouvait faire à son prochain. Je me retiens de sourire, attendrie par cette fougue qui ne demandait qu'à prouver une énième fois sa valeur. Elle ne mentait pas, elle aussi avait vécu dans la.peir constante, à l'ombre de son propre caveau que l'on avait construit pour elle le jour où elle a été reconnu par son père. Je ne parlais pas à une enfant, mais à une jeune femme. L'Angleterre m'aurait-elle ramollie ? J'aimais croire que non. Quand les boissons arrivent enfin, je récupère le café fumant dans sa tasse. Un allongé noir, sans sucre. Parfait. De quoi retrouver l'amertume disséminé ici et là par les fantômes du passés.

 

- Tu commences déjà à prendre ce ton avec moi. Ma voix est calme, plus basse. Pas douce, mais posée. Un sourire. Un vrai, sincère mais faible se laisse glisser sur mes lèvres. J'étais fière. Fière de voir qu'elle osait me dire les choses en face malgré mon statut. Malgré le fait que sa vie ne tenait qu'entre les doigts. Il suffisait d'un simple claquement. Sa confiance envers moi était moins teinté de parcimonie que de son désir de retourner sur les lieux de sa naissance, les pieds dans le sable baigné de sang de nos ancêtres, de nos pères et nos mères, nos frères et nos sœurs. Je la laisse aller jusqu’au bout de son silence. Il est dense, chargé de choses qu’elle ne dit pas, de noms qu’elle n’ose pas prononcer. Sethi. Tzipporah. Les menaces qui n’ont jamais besoin d’être formulées pour exister. Le clan a cette manière perverse de faire pousser ses enfants à l’ombre de leur propre caveau le jour même où ils étaient enfin reconnus par les Pères. La symbolique est puissante : On naît pas Ptahchepsès. On le devient. Quand les boissons arrivent enfin, je tends la main sans hésiter et récupère la tasse qui m’était destinée. Le café est noir, fumant, sans sucre. Un allongé. Parfait. Je remercie le serveur, et me reconcentre de nouveau sur ma venue ici. 

 

Mes mains se referment autour de la porcelaine chaude tandis que je laisse mes pensées se déposer, lentement, alors qu'elle me demande une faveur. Je tique. C'était la première qu'elle me demandait. Mes doigts glissent sur la cuillère et font tinter le blanc nacré contre la tasse. Un son discret, un tic que je n’ai jamais réussi à perdre. Je remue lentement le café, sans le quitter des yeux. Sucre ou non, j’ai toujours eu besoin de ce geste, comme si faire tourner le liquide me permettait de faire remonter à la surface ce que je refuse d’oublier. Puis je porte la tasse à mes lèvres. Le liquide brûlant glisse dans ma gorge. De quoi retrouver l'amertume disséminé ici et là par les fantômes du passé. 

 

- Comptes-tu déclarer ? Mes yeux cherchent de nouveau les siens. J'avais moi-même terminé le processus il y a de ça longtemps maintenant. Mais je ne m'étais pas déclarée auprès du Ministère de la Magie Britannique. C'était mon plan premier pour mettre fin au règne de Sethi, et je comptais bien garder toutes mes cartes et mes chances de mon côté. Sur le plan, c'était illégal, mais j'avais l'immunité diplomatique en tant qu'Ambassadrice.  Ma question donnait aussi ma réponse, formulée consciemment sur les projets futurs. Elle allait réussir, avec mon aide, et après ? Les faveurs entre les Pthchepsès  avaient toujours leurs prix. Mais je considère qu'en étant ma filleule, le prix était déjà bien élevé.  Quand aura lieu le prochain ? J'embrasse de nouveau le liquide fumant, avalant la chaleur et l'amertume. Elle devait connaître le calendrier par cœur puisqu'elle avait commencé le travail. Je prendrais cette nuit pour elle. Mon petit scorpion allait devenir grand.

 

 

 


Retrouvailles entre scorpion et mygale

Message publié le 11/01/2026 à 14:06

Mon regard d'onyx et d'or s'attarde sur ses mains encore douces et propres qui se saisissent de la carte des lieux, en silence. J'écoutais tout en mesurant le chemin que j'avais parcouru. Les mains qui se hâtent trahissent l’impatience ou la peur. Les siennes sont calmes, presque appliquées. Elle apprend. Elle observe. C'est une bonne chose. Mais son audace était encore trop vif. Elle blesserait l'arbre qu'elle voudrait tailler. Autour de nous, le brouhaha de l’auberge continue, vulgaire et chaleureux à la fois. Ils ignorent tout de ce qui se joue ici, ils ignorent le serment invisible qu'elle était en train de me formuler de sa bouche encore bien innocente. Je fronce les sourcils. Mon regard était toujours aussi dur. Je n'étais pas fâché de savoir qu'elle voulait être utile. Non. Ce qu'il m'agaçait dans cette jeunesse, c'est qu'ils semblaient parler avant de réfléchir et agir avant d'avoir peser les sacrifices. Ce n'est seulement qu'après un malheur qu'ils comprennent. La mort de Tzipporah m'avait donné une leçon. La sienne, serait sûrement Islem, ou pire, Ahmès. Certains n'en se relevaient jamais. Je sentais une désagréable sensation au niveau de ma poitrine. Comme un poids qui me rappelait, que moi aussi, j'avais fait la même erreur à son âge. Mon regard glisse sur les murs, sur les poutres sombres, sur les visages sans importance. Aucun d’eux ne comprendrait. Aucun d’eux ne survivrait à ce que nous appelons, nous, une éducation.

 

- Un café, dis-je enfin. La boisson n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est ce que l’on échange autour. Le thé, le café, l'alcool... ce n’étaient que des prétextes civilisés pour parler de guerre, d’avenir et de trahisons possibles. Je reviens à elle, lentement, pesant chaque mot avant de le laisser franchir mes lèvres. Elle parle d’yeux, d’oreilles, d'espionnage, de recherche d'informations. Je souris. Légèrement. Mi-amusée par sa sincérité. Elle veut prouver qu’elle n’est plus une enfant. Tous les jeunes disent cela. Peu comprennent ce que cela implique réellement. Et Poudlard. Que ferais-je d'informations sur des adolescents dont la seule préoccupation c'était les hormones et le nom de famille ? 

 

- Être utile n’est pas un jeu, dis-je enfin. Ce n’est ni glorieux, ni propre. Tu verras des choses qui te déplairont. Tu entendras des vérités que tu ne pourras pas répéter. Et parfois… tu devras te taire quand ton instinct te hurlera de parler

 

C'était vrai. Je l'avais appris trop tard. Une fois que mon père m'ait envoyé la tête de ma même, transformée en tête réduite magique. Avec un petit mot : "N'oublie pas. N'oublie pas, personne n'est intouchable". J'avais envie de hurler. De crier. De le tuer. Mais j'avais ravaler mes larmes. Ravalé ma fierté. Ravalé mes sentiments. Je n'avais pas accepté. Mais je savais que ma totale soumission ne serait qu'éphémère. Un jour, moi aussi, je ferais de lui un masque difforme et vulgaire. 

 

- Si tu choisis cette voie, alors fais-le avec intelligence. Mon regard glisse un instant vers la fenêtre, vers ce ciel bas, malade, qui écrase cette terre depuis des siècles. J’ai payé cher mon exil, mais il m’a forgée. Peut-être en ira-t-il de même pour elle. Pour le moment, apprends tout ce que tu as besoin de savoir. Entraîne toi. Observe. C'est à ça que sert une école, n'est ce pas ?. Le pouvoir, c'était aussi le contrôle de soi. Savoir quand se montrer. Quand se taire. Quand ouvrager et quand se plier. Mon regard plonge plus profondément dans les siens, et ma main viens se glisser sous son menton pour le relever vers moi. 

 

- N’offre jamais ta loyauté à la légère, Neith. Même à moi. Une loyauté aveugle est une faiblesse que nos ennemis adorent exploiter. Tu m'entends ? C’est peut-être la chose la plus honnête que je puisse lui dire. Je ne veux pas d’une dévote. Je veux une alliée. Une femme capable de penser contre moi si nécessaire, et pour moi quand il le faudra. Beaucoup de dévots avaient donner leurs loyauté trop vite envers Sethi. Islem le premier. Je m’adosse légèrement à la chaise, retrouvant cette posture de reine que je porte comme une seconde peau, relâchant son menton, attardant légèrement mes doigts. Le serveur vont finalement prendre notre commande, avant de repartir une fois que j'ai prononcés nos choix. Un très léger sourire étire mes lèvres. Presque imperceptible, alors que je continue d'observer ma chère filleule. Avant de souffler.

 

- Djèden nâ khâat hâat. Ce que nous écrivons devient décret. Loi. C'était la devise de la famille prononcé dans un dialecte aussi vieux que nous. l'Égypte antique coulait encore dans mes veines. Et plus encore, la gloire ancienne, si longtemps grisée, allait refleurir de nouveau. 

 

 

 

 

 

 


Chardon et Lotus Bleu

Message publié le 09/01/2026 à 21:04

Il était rare que je foule le sol des Highlands écossais. Plus rare encore de voyager jusque dans le Glen Coe dont la beauté sauvage se parait d’une humidité mordante et d’un froid persistant.. Ma visite à Pré-Au-Lard, valait bien un petit détour dans le fin-fond des landes désolées qui formaient ce paysage mousseux , recouvert de granit, lichen et bruyères. Une simple visite de courtoisie, pour rencontrer un homme d'excellence, et de grande influence Antonius Ravental. Nous nous étions croisés lors d’une soirée mondaine, quelques mois auparavant. Sa conversation avait été brillante, mesurée, et suffisamment marquante pour qu’il m’invite à lui rendre visite si, un jour, je me sentais prête à affronter la bruine persistante de l’ancien royaume d’Alba. Ce que je fis donc présentement, accompagnée de ma filleule. C'était important pour elle de rencontrer l'élite des sangs-purs de la Grande-Bretagne, et de commencer à apprendre d'elle même qui voulait-elle compter comme alliés, ou qui allait-elle surveiller. 

 

 

C'est dans ce silence peu accueillant que nous attendons devant la grille de fer ouvragée. Le froid mord mes doigts malgré les gants, et la brume s’insinue jusque dans les replis de mon manteau. La grille, haute et finement travaillée, porte les armoiries des Ravental, noircies par le temps autant que par la réputation de la lignée. Je jette un regard discret à ma filleule. Nous avions beau être habillées chaudement, je n'en aurais nullement été étonnée de la voir grelotter sous ce vent d'Helm qui prenait sa source ici, jusqu'en Cumbrie. 

 

Le clapotis régulier de la fontaine rythme l’attente, presque apaisant, contrastant avec la rigidité du lieu. Les Roses Harmoniques Blanches diffusent un parfum subtile, vibrant. Rien n’est laissé au hasard : ni la taille des arbustes, ni la symétrie parfaite des massifs. Un elfe s'approche de nous. De sa voix fluette, demande de s'annoncer. La tenue droite, le visage fier, et la voix noble, je nous présente devant la grille encore refermée.

 

- Je suis la Princesse et Ambassadrice Nephtys Ptahchepsès, et voici ma filleule, Neith. Nous souhaitions rendre visite à votre maître. Je vous saurais gré de bien vouloir lui transmettre nos excuses pour cette venue sans préavis.

 

Mon regard s'attarde derrière les barreaux sur le petit être fluet. L’attente reprend, lourde, suspendue, comme si le manoir lui-même retenait son souffle. Les terres de son hôte laisseront-ils l'égyptienne les perturber de son passage ? 


Retrouvailles entre scorpion et mygale

Message publié le 09/01/2026 à 06:52

Je note son léger accent.  Elle se débrouille mieux que moi à son âge. Elle arrive mieux à le dissimuler derrière cette langue qui ne nous était pas natale. Sa posture droite, et son regard marquent sa  nervosité. Dans un sens ça me plaisait. Le clan ne m’avait pas oublié, loin de là. Sinon, j'aurais été obligée de rappeler qui j'étais, et elle aurait été mon messager, et ce n'était absolument pas le but de ma venue ici, loin de Londres. 

 

- Je suis heureuse de te voir aussi. Soufflais-je sans un quelconque sourire. Ils se faisaient rare, bien que mon cœur se réchauffait en sa présence. C'était étrange. Devant un membre du clan, je prenais très vite la posture de l'héritière, port altier, élégance du corps, et noblesse de l’esprit. Je grandissais plus encore. Simple réflexe d'une princesse devant ses sujets. En vérité, je ne m’attendais pas du tout à son arrivée sur le sol inhospitalier du Royaume-Uni. Bien sûr que j’avais pris la charge de son éducation, mais je pensais qu'il ne serait que épistolaire. Il fallait avoué que la jeunesse me vouaient un élan de loyauté contrairement aux plus anciens qui suivaient le Patriarche et son héritier de coeur : son premier frère Selim. Islem n'était que son cadet. Le puîné qui n'avait que de fonction de se marier avec une sang pur et lui faire des enfants.  Un choix et un destin qu’il avait également voulu pour moi. Et que je refusais toujours. 

 

J'étais la Princesse Ptahchepsès et je règnerai pour changer les choses. Les jeunes derrière moi. La nouvelle génération de femme qui n'était plus que des vaisseaux à héritier, mais qui avaient leur place dans les décisions et les affaires de la famille. Alors, je continuais d'écouter attentivement cette jeunesse encore perdue. Ils manquaient de cran face à l'inconnu, d'expériences, mais ne manquaient pas de volonté, ni de loyauté. 

 

- Tu es un scorpion parmi les rampants Neith. En plus du poison, tu as les pinces. C’est normal si tu ne te reconnais pas parmi ceux qui te sont inférieurs. “Un reptile ne fait pas l’espèce”. Gonfler l'égo, certes, mais c'était aussi une citation de chez nous. Nous avions du sang de vizir, de royauté. Nous avons fait des pharaons, des guerriers, des médecins, des prêtres plus importants et célèbres les uns que les autres. Nous étions la plus vieille famille de Sang Pur connue dans le monde. Et pour ça, nous avions nos responsabilités. Nos devoirs. Nos sacrifices. Mes iris clairs et dorés ne quittent pas les siens, m'assurant que chacun de mes mots se gravent dans sa mémoire, pour ne pas qu'elle oublie d’où elle vient, mais surtout qui elle était. 

 

- En venant ici, tu démontres au clan que tu es capable de voler de tes ailes. De devenir une femme accomplie et non-celles qui restent dans leurs quartiers pour éduquer leurs enfants. Le plus important Neith, c'est que tu saches ce que tu veux. Être dans le confort du sable et des épices ? Ou venir dans le froid pour devenir plus que cela ? Mon ton est plus dur. Elle avait besoin de conseils. Besoin de cadre. Et j'étais évidemment là pour elle. C'était à moi de m'occuper de la future génération de femme. A moi de leur montrer qu'il existait d'autres chemins. Alors.. était-elle un scorpion ou un serpent ? Peut être un crocodile qui gardait ses œufs au chaud sur la berge du Nil. Sethi, mon père, avait beau être autoritaire, un dictateur hors pair et un homme respecté et craint, il n'était qu’un vieux crocodile qui ne quittait pas la chaise de son bureau. Mais ce n'était pas ça régner. Pour moi, le souverain, c'est celui qui porte les autres, et non qui se laisse porter. 

 

- Prends garde Neith. Je ne te laisserais pas devenir autre chose que le Scorpion. 

 

Je l'observe encore un long moment avant de lâcher un faible sourire. Dans mon langage, cela signifiait que je lui serait loyale aussi. Ça allait dans les deux sens. Je ne la laisserais pas tomber dans les nids des serpents. Je l’eleverai plus haut encore. Mais pour comprendre notre rang, il fallait bien se salir les mains. Plonger dans la fange. Mener les troupes, mériter son titre. Devenir... la reine des serpents.

 

 

 


Retrouvailles entre scorpion et mygale

Message publié le 08/01/2026 à 06:26

Retrouvailles entre Scorpion et Mygale 

 

 

Le vent s'enfouffrait dans mes cheveux avec une telle vélocité que les mèches fouettaient mon visage glacé. Les nuages étalaient leurs ombres sur le sol humide, faisant de ce paysage lugubre une belle carte postale gothique. Je n'avais jamais vraiment apprécié le climat britannique. Et il ne m'a jamais réellement adopté non plus parmi les siens. J'expire. Le nombre de thé que j'avais dû faire, lors de mon arrivé, pour tenter de réchauffer ce corps habitué à un temps plus sec et chaud. Il se comptait en milliers. Peut-être plus encore. J'étais tombée malade plus d'une fois en tentant de conquérir ce temps infâme. Mais il fallait bien l'admettre qu'il est difficile de dompter le froid, s'approprier la tempête, et manipuler le sauvage. J'étais de cette même trempe. 

 

Mes talons claquent contre les pavés de Pré-Au-Lard. Je n'avais pas foulée le sol de cet endroit depuis près de vingt ans je crois. Mes souvenirs en ces lieux me paraissaient troubles, mais une impression d'inchangé me vint toutefois lorsque j'aperçois ces toitures vertigineusement courbées, comme des chapeaux pointus passés de mode. Mais alors que fait la grande Nephtys Ptahchepsès dans ces lieux improbables, me diriez vous ? Rejoindre l'engeance, je répondrais. La jeunesse suivait les mêmes pas que les miens. Ambition, mariages forcés, alliances stratégiques, j'étais devenue ce que j'avais voulu fuir il y a si longtemps déjà. Loin du sable, des épices parfumées, et des miens. Et c'était à mon tour maintenant de devenir la cage qui retenait les élans de liberté de la jeunesse incarnée. 

 

J'ouvre enfin cette vieille porte de bois. Les sons étouffés comme sous une cloche de verre, m'eclatent aux oreilles. Chaleureux, vivant, les habitants de Pré-Au-Lard étaient le contraire du lieux-dits qu'il aimaient tant. Chaleur, alcool, compagnie et bruit faisait l'adage de cette auberge. Refuge des jeunes étudiants qui espéraient trocquer leurs livres contre une belle choppe de bierraubeurre chaude. Au fond, je reconnu un visage, un peu plus mat que les autres. Un peu plus cuivré. Un visage qui sentait bon le chez nous. Je m'avance. Voilà bien quelques années que je ne l'avais revue. Elle avait grandi, et elle était devenue la jeune femme dont l'âge coïncidait avec celui que j'avais à mon arrivée seule, sur ces terres inhospitalière pour deux égyptiennes comme nous. 

 

- Bien le bonjour Neith. 

 

Je parlais évidemment dans la langue de mon pays d'emprunt. Une main sur l'épaule de la jeune femme avant de m'asseoir. Les signes de démonstration d'affections, si affection il existait dans notre clan, étaient limités. Nous ne montrons aucun signe de faiblesse. Mes yeux chiastolite traversent les siens, intense, scrutateurs, et se posent sur le lourd ouvrage qu'elle tenait dans ses mains. Satisfaction dans mon regard. Elle n'avait pas trocqué son livre contre la boisson. Elle prendrait, comme moi, les deux. 

 

 

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