Harry Potter RPG
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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Lyle poussa un soupir, se résignant à reposer sa plume et même à fermer le livre qu'il avait devant lui. Enfin, pas tout à fait : il avait glissé un index entre les deux pages qu'il étudiant jusqu'ici, histoire de pouvoir reprendre rapidement, une fois que ce petit interlude serait terminé. Impassible, il écouta l'intégralité des explications de Viviane sans l'interrompre.

 

Puis un silence s'écoula. A l'intérieur de la bibliothèque, il ne subsistait toujours que quelques sons feutrés, comme si le reste du château n'existait pas ; et probablement était-ce ce qui faisait le charme de l'endroit aux yeux d'un bon nombre de Serdaigle, y compris Lyle.

Ce dernier finit par incliner la tête de côté, légèrement, comme pour signifier l'évidence de ce qu'il allait dire.

 

- Si tu connaissais si bien tes informations, tu saurais que je n'ai nullement besoin d'argent, articula-t-il avec lenteur - un peu comme s'il faisait la leçon à la jeune fille.

 

Et c'était probablement ce qui était en train de se produire. Lyle secoua la tête. Déjà il était prêt à rouvrir son livre.

 

- Ravi d'être au goût des membres de ta famille, mais je ne me destine pas au mannequinat, désolé.

 

Un tel projet serait même incompatible avec sa carrière future. S'il prenait autant soin de lui, ce n'était pas pour séduire ; du moins pas au sens où on l'entendait habituellement. S'il voulait paraître tiré à quatre épingles, au-delà de l'habitude de son éducation, c'était tout simplement pour paraître le candidat le plus compétent. Son grand-père lui avait appris que le fond n'était rien sans la forme - et vice-versa, d'ailleurs.

Il eut un bref soupir, et cette fois-ci, rouvrit le livre pour bon. Pourtant, il continua à parler en baissant les yeux sur les pages.

 

- La seule chose qui pourrait m'intéresser à Paris serait l'Ambassade Magique britannique et éventuellement leur Centre de Documentation et de Recherche pour essayer d'y décrocher un stage pour l'été prochain. Alors, à moins que ton grand-père habille des gens dans ce genre d'endroit...

 

Lyle releva légèrement le regard et haussa les sourcils, l'expression un peu trop neutre pour être parfaitement innocente. Est-ce qu'elle serait suffisamment bien renseignée, cette fois ? Ses yeux gris comme de la pierre de Lune défièrent ceux, tout aussi froids, de Viviane. Bénéficiait-elle vraiment du statut social de sa famille au point de pouvoir obtenir des renseignements si précis.

 

Il sourit ; à demi-encourageant, à demi-narquois.

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Vestiaires du terrain de Quidditch, Jeudi 05 Octobre 2124

 

Une pluie battante avait noyé le terrain de quidditch dans une boue visqueuse une grande partie de l'après-midi. Les Serpentards et les Poufsouffles n'avaient pas annulé leur entraînement commun - un match amical, sans spectateur ni arbitre, qui avait vite tourné au vinaigre pour les Blaireaux. Les Serpents s'étaient dotés de sortilèges anti-dérapants sur les manches à balai dont Lyle doutait qu'ils fussent autorisés dans une compétition officielle, mais il ne s'était jamais autant fiché de justice pour la maison jaune et noire qu'en ce jour. Il était lui-m̂ême venu à la fin estimée de la rencontre, un maléfice de Parasec qui avait gardé sa tenue impeccable jusqu'à l'entrée des vestiaires d'où sortaient déjà des colonnes de joueurs aux conversations animées. Ils étaient moins fâchés par la météo que par la récente annonce d'annulation du Tournoi de Quidditch de l'Académie. Il fallait vivre dans un trou de la forêt interdite pour ne pas être au courant tellement c'était le sujet de conversation de toutes les tablées ces derniers jours.

En ce qui concernait Lyle, il trouvait presque juste que l'on se préoccupât enfin de faire un moment de silence pour l'élève qui avait disparu en fin d'année dernièr, même s'il savait parfaitement que la décision de la Direction n'avait rien à voir avec cela.

 

Il attendit patiemment que le gros des troupes fut sorti pour se glisser dans les vestiaires masculins. Un poufsouffle essayait tant bien que mal de soigner l'un de ses camarades qui avait foncé dans l'un des anneaux en se démolissant une épaule au passage. Dans la pièce voisine, un seul Serpentard restait encore - un garçon aux cheveux noirs qui rangeait son balai. Lyle n'aurait pu imaginer cible plus simple : un jeune, isolé. Il referma la porte derrière lui, pour les isoler tous les deux. Le glissement feutré du loquet attira l'attention du Serpentard, aussi Lyle grimaça un sourire sans joie.

 

- Salut Ryder.

 

Il n'avait pas eu besoin de faire ses devoirs : l'équipe de Serpentard, il la connaissait bien pour avoir vu un paquet de matchs l'année précédente. Il était un des rares Serdaigles à soutenir Serpentard dans les rencontres qui opposaient les serpents aux blaireaux ou aux lions.

 

- Belle perf, il commenta en se détachant de la porte pour marcher d'un pas lent dans la pièce, comme s'il se baladait là, l'air de rien, laissant Ryder ranger tranquillement ses affaires. Même en amical, ils sont loin d'être à votre niveau.

 

C'était moins une question de technique en réalité qu'une question de sens de la compétitivité, bien plus développée chez les Serpentards. Mais là n'était pas la question. Pour une fois, il s'en fichait complètement que les verts gagnassent ou non leurs matchs. Ca se sentait peut-être, au son de sa voix, qu'il n'en avait rien à foutre. Mais il avait dardé sur l'autre adolescent des yeux attentifs. Mordrait, mordrait pas ?

Lyle prit une inspiration, avant de se laisser choir sur un banc. Il s'appuya sur un coude contre le casier voisin.

 

- Je t'invite à boire un verre, pour fêter ça ?

 

On ne pouvait pas dire qu'ils ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam. Percy avait été un sacré bon batteur pour les Serpentards avant de disparaître malgré sa carrure filiforme, et Lyle estimait que son ami avait dû plus ou moins être plutôt accueillant quand Spike avait rejoint l'équipe. Il n'en était pas tout à fait sûr, mais il fallait miser là-dessus. Toujours était-il que Lyle et Percy avaient fêté quelques victoires et ils avaient croisé Spike plus d'une fois à ces occasions, sans que les deux protagonistes encore vivants se fussent vraiment jamais parlé. Pourquoi, d'ailleurs ? Lyle n'en avait aucune idée. Les petits étaient des petits. Et il ne fréquentait pas les autres Serpentards, par principe. C'était différent pour Percy. Une exception pour confirmer la règle.

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

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Vestiaires du terrain de Quidditch, Jeudi 05 Octobre 2124

Lyle leva les yeux au ciel. La blague ne lui avait pas tiré le moindre début de sourire. Raide, il se leva à la suite de Spike qui prenait la direction de la sortie. Mais quand Spike retira le loquet, Lyle appuya une épaule contre la porte. Il avait croisé les bras. Avec une certaine nonchalance qui n'en effaçait pas moins le regard acéré qu'il darda sur le Serpentard.

 

- Te parler de Percy.

 

Il y eut un silence morne. Bizarrement, personne à Poudlard ne voulait parler de Percy. Les Serpentards l'aimaient bien, il y avait même eu quelques hommages à sa mort, avant le départ officiel pour les vacances. Mais d'une part les autres maisons ne l'appréciaient guère, d'autre part semblait-il que depuis la rentrée, tant les élèves que les professeurs avaient décidé qu'il fallait passer à autre chose. L'enterrer purement et simplement dans les mémoires.

Lyle n'était pas de ceux-là. Si Spike ne voulait pas perdre de temps, ce n'était pas si mal : lui non plus. Il irait droit au but.

 

- Percy consommait des choses. Il testait. Et je sais que dans votre équipe, vous étiez au courant.

 

Il avait martelé ces derniers mots. Histoire d'être bien clair, même s'il n'avait pas eu besoin de hausser le ton de sa voix. Spike lui faisait l'effet d'un gamin qui se la jouait gros dur mais qui pouvait être facilement impressionné. Se trompait-il ? Peut-être. Ca n'avait pas la moindre importance.

 

- Il testait des substances considérées comme du dopage. Je veux savoir qui d'autre prend quelque chose dans votre équipe, et quelles sont ces substances.

 

Lyle aperçut les sourcils de Spike se hausser, sans qu'il ne sût si c'était de surprise ou d'affolement. Le Serpentard n'avait pas l'air prompt à paniquer, mais que savait-il de lui, au fond ?

 

- Te bile pas : ton cas m'intéresse absolument pas, tu prends bien ce que tu veux. Mais je veux savoir ce qui est disponible, et où se fournir. Ca sortira pas de ce vestiaire.

 

Lyle s'humecta les lèvres, un bref instant.

 

- Disons que c'est juste pour ma culture personnelle, ok ?

 

C'était évidemment faux. Spike ne goberait pas ça. Mais c'était une façon d'annoncer qu'il le garderait en dehors de tout ça. Ryder n'avait pas besoin d'être mêlé à son enquête, de toute façon. C'était juste qu'il fallait bien commencer quelque part, et qu'il ne se risquerait pas à passer par le Capitaine de l'équipe qui pouvait à tout moment donner consigne aux autres de ne pas lui adresser la parole. Quant à parier sur le fait que Ryder évoquerait cette discussion autour de lui, Lyle était plutôt prêt à parier que non. Spike était sûrement trop je-m'en-foutiste pour réfléchir longuement aux tenants et aux aboutissants de cette conversation. Il ne l'avait pas choisi par hasard.

 

Lyle inclina légèrement la tête.

 

- Au plus vite tu me dis ce que je veux savoir, au plus vite t'es libéré.

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Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

La scène s'était achevée aussi subitement qu'elle avait débuté, laissant un Lyle frissonnant. Le hall reprit son éclairage normal avec une telle brutalité qu'un instant, il fut complètement ébloui - mais bientôt, il retrouva sa vue et avec elle, les nombreuses personnes qui avaient créé la magie de la scène. Brusquement, il était en caleçon devant un parterre de sorciers en tous genres, qui malgré sa gêne, ne semblaient déjà plus s'intéresser à lui. Lyle se leva brusquement du canapé pour ramasser les vêtements tombés au sol et s'enfuir vers les rideaux qui l'avaient dissimulé un peu plus tôt.

 

 

Le reste de la journée avait été moins laborieux, mais la succession d'essayage et de clichés, séparément ou avec Viviane, devait se faire à un rythme effréné pour libérer la pièce pour la soirée, avant que ne débutasse un autre genre de représentation. Lyle dût enfiler plusieurs robes de sorciers, costumes, mais heureusement plus aucun sous-vêtement.

 

Lorsqu'enfin l'heure était au rangement et qu'il avait retrouvé ses vêtements d'origine, Lyle sentait son esprit brouillon, saturé des sollicitations de la journée, des lumières changeantes, et une drôle de courbature s'était insinuée dans ses mâchoires qu'il avait dû serrer sans s'en rendre compte toute la journée. Aussitôt que le shooting s'était terminé, tout le monde s'était désintéressé de lui, et il se retrouvait planté au milieu du hall que l'on débarrassait à la hâte, cherchant des yeux quoi faire, ou bien où fuir ; à quelques pas de là, Viviane donnait quelques instructions à quelques personnes et même sans l'entendre, Lyle devinait la voix suffisant de la jeune femme, la même condescendance que lorsqu'elle s'était adressée à lui à la fin de la toute première scène. Sous sa cape de sorcier, il enfonça ses mains dans les poches de son pantalon à pinces derrière Viviane, et attendit patiemment qu'elle finît de se débarrasser des dernières personnes de la maison Valcourt qui voulait se plier en quatre pour elle - ou plus vraisemblablement, pour son père dont l'aura était présente même s'il n'était pas sur les lieux.

 

  • - Tu as eu ce que tu voulais ? demanda Lyle quand Viviane, enfin seule, se retourna vers lui.

 

Ce n'était qu'à moitié une question. Il estimait qu'il avait, en ce qui le concernait, pleinement rempli son rôle. Lyle désigna le hall dans lequel ils se trouvaient en levant les yeux, dans un mouvement circulaire.

 

  • - Je crois que le reste des festivités se passe ici, si j'ai bien compris. Il va y avoir une réception, et l'ambassadeur ainsi que son épouse et ses invités vont débarquer d'ici quelques instants, dès qu'ils auront installé les buffets.

 

En vérité, le personnel de l'Ambassade s'impatientait de l'autre côté de hautes doubles portes aux moulures dorées que l'équipe du shooting vidât complètement les lieux avant de s'installer à leur tour.

 

  • - Il me semble que j'ai fait ma part de faire-valoir, prononça-t-il soudain très sérieusement, tandis qu'il s'approchait de Viviane d'un pas - il était alors obligé de baisser la tête, car elle était plus petite que lui. A ton tour, maintenant.

 

Lyle leva un bras pour lui offrir son coude plié.

 

  • - Quoi de mieux pour me présenter à l'Ambassadeur que faire comme si nous étions déjà sagement rangés entre gens de bonne famille, mmh ?

 

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Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Les recherches de Lyle ne se déroulaient pas comme il le souhaitait. Lui qui avait toujours pris son avenir à la légère, ou plutôt ne s'était concentré à être un bon élève que pour faire plaisir à son grand-père, se trouvait soudain un intérêt particulier pour obtenir les meilleures notes possibles à Poudlard. Il n'avait jamais été le meilleur, la concurrence étant particulièrement rude parmi les Serdaigles, mais il avait été très bon élève. Maintenant, il fallait être, effectivement, le meilleur. Et mener parallèlement ses recherches, ce qui n'était pas une mince affaire. Sa vie consistait depuis septembre à optimiser son temps pour étudier efficacement le plus vite possible et se libérer du temps pour aller fureter là où il le devait.

 

Aussi ne relevait-il même pas la tête quand on le dérangeait.

 

- Rudement bien renseignée, constata-t-il, d'une voix distante, le nez  à peine relevé de son ouvrage. Surtout pour ton âge, ajouta-t-il en haussant brièvement les sourcils, avant de se replonger sur les lignes étroites du livre d'arithmancie.

 

Lyle était vêtu de sa robe académique, d'une chemise blanche impeccablement repassée et son col en était noué de la cravate bleue et blanche qui lui donnait vaguement l'allure d'un fonctionnaire du ministère particulièrement jeune. Il se sentit forcé de détacher son regard de la page qu'il lisait pour vérifier qui lui avait adressé la parole : Viviane Valcourt, effectivement. Valcourt, il connaissait ce nom. Un nom qu'avait en effet prononcé son grand-père : les robes Valcourt, les cravates Valcourt, les costumes Valcourt. Lyle acquiesça.

Il s'efforça de relever de nouveau le regard, pour poser sur elle un regard neutre, un peu vide. Avec froideur, il avait saisi la main pour la serrer brièvement.

 

- Hé bien voilà, tu t'es présentée. Autre chose ?

 

Lyle eut une drôle de mimique à l'égard de la jeune femme - quelque chose à mi-chemin entre l'encouragement et la défiance, mais d'une façon polie.

 

- Pourquoi est-ce que ton grand-père t'a demandé ça, tu vas reprendre sa boutique ?

 

Il n'était pas sûr d'être intéressé. Les Aurors de l'époque de son grand-père accordaient aux apparences une importance qu'il n'était pas sûr de vouloir investir, même si Lyle était lui-même très propre sur lui. Pour lui faire comprendre qu'il ne faisait la conversation que par pure politesse, il se replongea de nouveau dans son ouvrage. Aux lignes étroites suivaient des séries de chiffres et il saisit sa plume pour gratter un calcul sur un coin de parchemin.

 

 

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Vestiaires du terrain de Quidditch, Jeudi 05 Octobre 2124

Lyle avait serré les dents, mutique. Malgré l'inconfort - et l'humiliation - il s'était forcé à soutenir le regard furieux de Ryder. Un type sacrément impulsif, pour un Serpentard. Lyle avait glissé une main dans sa poche, au cas où il avait besoin de recourir à sa baguette, mais son interlocuteur se calma tout seul. Le Serdaigle se détendit sans quitter la porte que son dos semblait désormais soutenir. Pendant que l'autre poursuivait, Lyle prenait soin de remettre son col correctement. Il pinça les lèvres, et secoua la tête en un signe négatif.

 

- Au temps pour moi, j'ai cru que tu te servirais de tes neurones deux secondes pour autre chose que pour te défendre. J'aurais dû me douter qu'ils t'ont pas donné ce poste-là dans l'équipe pour rien, siffla-t-il.

 

Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes de persifler comme un Serpentard, mais se laisser faire n'était pas non plus une option. Les Serdaigles avaient la réputation d'être doux, mais c'était sans compter qu'ils étaient souvent relativement individualistes, et Lyle faisaient parti de ceux-là. Après son col, il replaça correctement ses manches.

 

- Visiblement, tu as raison, je me suis trompé d'interlocuteur, c'est pas avec toi qu'on peut discuter des problèmes du Quidditch en ce moment.

 

Il essayait de garder un ton décontracté, mais le fait était qu'il avait été un peu bousculé par les actes de Ryder. Lyle se détacha de la porte, pour laisser le passage au Serpentard, non sans un regard sévère. Il sortit sa baguette pour déverrouiller silencieusement le loquet, et la porte s'ouvrit d'elle-même, grinçant légèrement.

 

- Je ne te retiens donc pas.

 

Lyle croisa les bras, baguette toujours en main. Mais avant que l'autre disparût, il ne put s'empêcher d'ajouter :

 

- Mais si tu veux être Capitaine un jour, va falloir apprendre à s'inquiéter de ce qui se passe dans ton équipe plutôt que de regarder uniquement le bout de ton propre manche.

 

Par la porte ouverte, la rumeur du vent chuintant sur l'herbe humide du terrain de Quidditch se fit entendre, chariant avec elle les conversations lointaines.

 

Finalement, en l'absence de Percy, Lyle n'avait probablement plus rien à voir avec les Serpentards.

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Bibliothèque de Poudlard, Vendredi 15 Septembre 2124

Avec lenteur, Lyle redressa la tête et referma le livre. Cette fois-ci, sans retenir la page d'un index impatient.

 

- Mh-mh, avait-il seulement émis.

 

Il croisa les bras sur sa poitrine pour se laisser aller contre le dossier de sa chaise, ses yeux gris épiant avec plus d'intérêt la jeune femme devant lui. Il avait une envie subite d'envoyer un courrier à Oswald, de lui demander si la maison Valcourt était si importante que cela à soigner dans ses relations - il le ferait peut-être, un peu plus tard. Il y avait tout de même de fortes chances qu'elle bluffât : les Serpentards étaient bien connus pour cela. Il l'écouta tout de même attentivement. Elle avait l'air de savoir parfaitement ce qu'elle faisait et pour son âge, ce qui l'impressionnait.

 

Puis il s'installa un silence. Lyle posa doucement les yeux sur la couverture du livre ("Incendia Sempiterna : L'Essence des Feudeymons et des Feux Envoûtés" par Margaret Drockfuss, deuxième édition) avant de revenir à son observation de la jeune femme. Il laissait à dessein le temps s'écouler, installer entre eux un malaise palpable - mais qu'ils étaient bien capables de tous les deux supporter, ce qui en disait long sur leurs caractères respectifs : deux prédateurs, prêts à patienter longuement pour saisir l'instant précis.

Un sourire en coin éclaira discrètement le visage de Lyle.

 

- C'est un livre pour lequel il faut une autorisation spéciale, expliqua-t-il d'une voix calme. J'ai accès à la réserve grâce à la lettre de recommandation de mon directeur de maison - un privilège que lui enviait un certain nombre de ses camarades aux écharpes bleues et bronzes.

 

Pourtant, il ne montra pas signe d'une fierté quelconque ; comme s'il n'en avait pas besoin. Tout parlait déjà pour lui : sa tenue, cet accès, ses plans pour le futur, sa tranquillité d'esprit.

 

- J'ai très bien vu ce que tu viens de faire, finit-il par ajouter dans ce silence qui s'étirait entre les rangées d'étagères comme un serpent silencieux, inquiétant. Il va falloir revoir tes techniques pour être un peu plus élégamment manipulatrice : évidemment que rencontrer Lord Oldmore m'intéresse.

 

Gary Oldmore n'était nul autre que l'Ambassadeur de la Magie Britannique à Paris. Lyle connaissait les noms de la plupart des ambassadeurs, en tout cas dans les grands pays qui comptaient. Souvent issus de familles nobles - et Oldmore ne faisait pas exception - il était particulièrement difficile de se rapprocher de leurs cercles privés : généralement, cela se faisait soit par le sang, soit par de hautes fonctions administratives. Les Sorensen n'étaient pas exactement de l'aristocratie britannique, à cause de leurs origines nordiques, mais ils avaient bâti une réputation - ou plutôt, Oswald avait bâti cette réputation à partir de sa carrière brillante, qui rejaillissait sur Lyle. Mais serait-ce suffisant pour atteindre Oldmore ; Lyle en doutait.

Il s'humecta délicatement les lèvres, avant de croiser les mains sur le livre qui avait attiré l'attention de Viviane : inutile qu'elle continuât à s'intéresser à cette couverture.

 

- Tu as toute mon attention. Quel service puis-je te rendre pour être introduit auprès de... Gary, comme tu l'appelles si familièrement ? Si ça te fait plaisir que je porte un costume, pourquoi pas. Mais réfléchis bien ; je ne suis pas sûr que ce soit à cet endroit que je te serai le plus utile. Mais si c'est ça que tu veux... 

 

Il avait parlé avec la bienveillance de celui qui joue aux échecs contre quelqu'un de moins expérimenté.

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Tout en l'écoutant, Lyle détaillait le visage de la jeune femme. Il n'arrivait pas à se décider pour savoir s'il la trouvait ou non jolie : d'un côté elle avait les traits fins et élégants de bonne famille : une bouche parfaitement dessinée, des yeux maquillés avec discrétion mais délicatesse, des cheveux dociles. D'une certaine manière, elle renvoyait le même genre d'image que lui : soigné, appartenant à une classe sociale élevée. Mais d'un autre côté, quelque chose chez elle lui semblait désagréable : ce nez fin lui donnait une attitude hautaine, les mimiques qui agitaient le sourire de la jeune fille trahissaient des cachotteries qu'il ne parvenait à déchiffrer : était-elle seulement embarrassée ou bien jouait-elle un autre jeu ?

Si le trouble se lut un instant dans les yeux gris habituellement sans vie de Lyle, il se reprit rapidement en croisant les bras sur sa poitrine, se laissant aller sur son dossier de nouveau, comme s'il se laissait le temps de la réflexion. Alors même que c'était tout décidé : il ne pouvait laisser passer une opportunité de cette ampleur.

Il finit par acquiescer avec lenteur.

 

- Ca m'a l'air d'un deal équitable, en effet.

 

Pourquoi une gamine comme elle cacherait-elle quoique ce fut de dangereux pour lui ? Il ne lui servirait à rien d'être paranoïaque avant l'heure. Ce n'était qu'une enfant qui faisait un caprice auprès de sa famille pour être prise en photo avec le beau garçon de l'école. Lyle n'ignorait certainement pas les regards qui pesaient sur lui depuis la sixième année, quand il avait subitement grandi et qu'on se visage était devenu si angulaire. En quelques mois à peine, même sa voix avait changé, ce à quoi il n'avait guère prêté attention - au départ en tout cas. Car bien vite, ses yeux n'avaient plus cessé de surprendre des regards féminins. Quelques unes de ses amies de Serdaigle avaient commencé à bafouiller à son contact et progressivement, s'étaient éloignées de lui. Un bien étrange phénomène ; et comment pouvait-on en vouloir à Viviane Valcourt d'y succomber elle aussi ?

En d'autres circonstances, il l'aurait méprisée pour un tel enfantillage de gosse trop gâtée, mais on ne pouvait mépriser une famille qui lui proposait de déjeuner avec Lord Oldmore - il ne pouvait pas se décider, dans sa tête, à l'appeler lui aussi Gary, c'était beaucoup trop familier - et il n'avait eu aucun problème de conscience à mettre de côté ses jugements habituels pour accorder cette faveur pour être dans les bonnes grâces de l'Ambassade britannique, à Paris.

 

- Tout me paraît limpide, annonça-t-il avec tranquillité ; même si ce n'était pas tout à fait vrai.

 

Il avait une chose qui le chiffonnait : était-il possible que le lieu du shooting soit une pure coïncidence, ou bien bluffait-elle dans l'espoir de le faire venir. Un instant les yeux de Lyle se durcirent et ses sourcils blonds se froncèrent, vaguement menaçants.

 

- Je veux être informé de tout changement de programme avant notre départ, afin de pouvoir me rétracter si les conditions de notre deal ne sont pas respectées.

 

Lyle ajouta rapidement un sourire qui adoucit son visage, à dessein.

 

- Mais je dis ça juste au cas où, je te fais confiance, bien sûr.

 

C'était bien connu : on pouvait toujours se fier, de façon aveugle, aux Serpentards.

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Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

S'il y avait un point de départ dans la vie, Lyle avait l'impression d'aller à la rencontre du sien tandis qu'il se préparait pour retrouver le Portoloin avec Viviane Valcourt. Il avait l'impression que tout le reste de son existence n'avait été qu'une introduction, une mise en contexte qui l'avait préparé à ce voyage vers Paris.

 

Ce ne serait pas la première fois qu'il verrait la capitale française : son grand-père avait pris soin de l'y emmener à deux reprises et de lui faire visiter les grands monuments et musées qu'il se devait de connaître pour son éducation. Mais Oswald Sorensen ne l'avait jamais introduit réellement dans la haute société diplomatique, malgré le désir grandissant de Lyle. Le vieil homme avait répété que pour sa propre légitimité, c'était à Lyle de se construire son réseau, sans l'aide d'un coup de pouce qui ne serait perçu que comme un privilège parmi les autres Aurors. Autrement dit, il devait en baver autant que lui quand il était jeune, sinon le jeu n'en valait pas la chandelle. Lyle comprenait cette logique, même s'il avait parfois eu l'impression qu'Oswald avait cherché à le dissuader d'entamer une telle carrière. Mais pouvait-il lui en vouloir de seulement désirer protéger d'un métier dangereux la progéniture de sa propre descendance ? Probablement pas. Lyle avait déjà fait son choix de toutes les manières ; il prouverait à son grand-père qu'il pouvait traverser les mêmes difficultés, et se hisser dans cette société-là à la sueur de son front, à la finesse de son éducation et à toute la ruse que lui conférait la détermination qu'il prenait soin d'entretenir.

 

Aussi avait-il passé un temps fou à préparer une valise à main étendue, pour y emmener ses affaires les plus belles : une robe de sorcier pour soirée, avec des broderies d'argent ; sinon, des tenues formelles. Costume trois pièces, robe de sorcier fine, manteau long à capuche. Au cas où, il avait aussi soigneusement ajouté dans le sac des gants blancs au cas où il devrait participer à une cérémonie diplomatique. Et bien sûr, de quoi cirer ses chaussures et gominer ses cheveux clairs comme le plumage d'une colombe.

Il avait dû, enfin, se faire violence pour ne pas arriver trop à l'avance. Oswald ne l'avait pas regardé quitter le manoir. Il s'était obstiné à rester devant sa cheminée, un verre à la main, pestant sur les nouvelles qu'annonçait la Gazette.

 

- Ils n'en disent pas le quart ! ronchonnait-il quand Lyle lui avait fait savoir qu'il était sur le point de partir. Ont-ils bien conscience, ces idiots, qu'ils font venir sur le sol anglais des espions ennemis ?!

- Afi, fit Lyle, sa grosse besace en cuir dans la main, tandis que de l'autre il tenait la poignée de la porte du grand salon qu'il venait d'ouvrir. As-tu entendu ? J'ai dit que je partais.

- Eh !

 

Oswald ne prit pas la peine de se retourner. De là où il était, Lyle ne voyait que le crâne dégarni qui dépassait d'un gros fauteuil en velours vert. Le rayonnement de la cheminée illuminait la pièce et réchauffait l'endroit douillet. Sur une table basse, une tasse de café fumait, intacte, tandis qu'un elfe de maison d'une taille minuscule, aux traits aussi ridés et affaissés que ceux du grand-père, déposait avec une pince en métal une série de petites viennoiseries sur une assiette.

 

- Je n'suis pas encore sourd, Lyle, rétorqua Oswald avec un grognement. Et puis, ne faisons pas comme si tu partais en mission pour des mois : tu vas faire une visite à Paris avec ta copine, et demain soir tu seras revenu avec des déceptions plein ta besace, au mieux ! Alors garde ton sentimentalisme pour demain !

 

Lyle soupira. Il était habitué aux accès de mauvais humeur de son grand-père.

 

- Ouais, à demain Afi.

- Snöri va s'inquiéter, lui, croassa l'elfe, mais Lyle avait déjà refermé la porte.

 

 

 

 

 

Retrouver Viviane ne lui avait fait ni chaud ni froid : Lyle était pressé d'arriver sur les lieux, et Viviane n'était dans ce plan qu'un instrument aussi utile - et aussi insipide - que le portoloin qu'ils utiliseraient pour cela. Toutefois, soucieux de conserver ses apparences, il l'avait salué avec la même froideur, la même indifférence que lors de leur précédente rencontre, à la bibliothèque.

Le voyage se passa sans encombre, et le froid de Paris les accueillit, légèrement plus sec qu'en Ecosse, avec une morosité qui ne pouvait calmer l'excitation intérieure de Lyle. Aussitôt, son regard s'attacha au grand bâtiment de l'autre côté de la rue : l'Ambassade. En haut de quelques marches, le bâtiment était un immeuble haussmannien comme il y en avait tant dans cette capitale : trois étages, des fenêtres hautes au travers desquelles on devinait des lustres imposants, allumés même en ce début de journée. Un drapeau britannique flottait au balcon en métal travaillé d'une salle de réception où l'on devinait que des silhouettes se pressaient - peut-être pour mettre en place le fameux shooting dont Viviane lui rappelait l'existence.

Lyle ne put empêcher une brève grimace, comme s'il s'était souvenu qu'il devait en passer par là avant de pouvoir parvenir à ses fins. Il n'eût d'autre choix que d'emboîter le pas à la jeune femme qui s'exprimait avec la même froideur que la sienne : au moins, pas d'ambiguïté entre eux. Ils étaient réunis pour les affaires et uniquement les affaires.

 

- Ca va durer longtemps ? demanda-t-il. Et nous allons travailler dans une salle close, n'est-ce pas ? Il n'y aura pas de passage L'Ambassadeur doit être très occupé en journée, je suppose.

 

Il craignait soudain que ce dernier ne vît Lyle en train d'exécuter des poses dans lesquelles il ne serait certainement pas à l'aise. Il nourrissait subitement le désir ardent que toute cette mise en scène ne durât qu'une ou deux heures tout au plus. Avec un peu de chance, le personnel mettrait beaucoup de temps à s'installer et...

 

- Ah, les voici ! Par ici, nous n'avons pas de temps à perdre !

 

Les doubles portes en bois venait de s'ouvrir sur une femme vêtue de noir qui leur fit un signe pressé de la main. Ils passèrent entre deux gorilles qui les scrutèrent un instant, mais l'accueil qu'on leur faisait les dissuada de demander un examen plus poussé. La femme portait un chignon noir qui lui étirait les traits du visage comme un papillon épinglé dans une collection entomologique, effet renforcé par les couleurs vives dont elle avait affublé ses yeux.

 

- Miss Valcourt, quel plaisir de vous accueillir. Vous avez tant changé, quelle splendeur, quel raffinement depuis la dernière fois que je vous ai vue ! Et oh, vous devez être...

 

La femme leva un morceau de parchemin à hauteur d'yeux, qu'elle recula un instant pour mieux y voir.

 

- Lyle So-ren-sen, lut-elle avant de tendre une main vers le jeune homme qui la serra après une brève hésitation. Je suis Miss Penelope Kingsley, directrice artistique de la nouvelle campagne de communication Valcourt et bien sûr de plusieurs précédentes qui ont connu un grand succès.

 

Avant de les emmener plus loin, Penelope s'arrêta pour détailler Lyle : elle en fit le tour, estima brièvement la largeur de ses épaules à l'aide d'un pouce et d'un auriculaire écarté comme instrument de mesure.

 

- Plutôt pas mal, approuva-t-elle avec un signe de tête. J'aime les yeux, nous pourrons les mettre en valeur, mais c'est dommage qu'il soit si fin, ce ne sera pas facile à mettre en valeur pour la séquence Lingerie, nous allons devoir tricher avec les postures pour qu'il n'ait pas l'air gringalet. Allons, ne perdons pas de temps, suivez-moi !

 

Et la femme s'en alla devant eux à pas vifs, pour s'engager vers de larges escaliers en colimaçon, en marbre. Viviane allait suivre, mais Lyle la retint par le coude, les traits écarquillés d'ahurissement.

 

- Quoi ?! grinça-t-il en tâchant de conserver la voix basse pour ne pas rompre la quiétude raffinée du lieu. Quelle séquence lingerie ? De quoi elle parle Viviane ?

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

 Non seulement les réponses de Viviane Valcourt ne lui convenaient pas, arrachant à Lyle un froncement de sourcils menaçants, mais en plus il ne put même pas répliquer : déjà, ils se retrouvaient dans un tourbillon de personnels qui leur indiquaient le chemin à prendre, de dispositifs volants encadrants le lieu de la scène où ils devaient tourner, et de conversations professionnelles qui emplissaient l'espace majestueux dont Lyle avait l'impression qu'elles souillaient les lieux. En de pareils magnifiques endroits, sur d'aussi beaux fauteuils et canapés de cuir, ne devait-on pas avoir des conversations de la plus haute importance ? Du genre de celles qui décidaient de l'avenir des nations, de la survie des valeurs idéologiques de la société, du destin tortueux des sorciers de la planète entière ?

 

Pas aujourd'hui, bien visiblement.

Il s'installa dans le fauteuil orné de son nom, non sans une certaine gêne qu'il cacha d'un raclement de gorge discret. La maquilleuse était une jeune femme brune aux cheveux si tirés en arrière pour son chignon qu'elle donnait l'impression de s'être étiré le visage à s'en faire souffrir, ses deux yeux asiatiques chargés de couleurs qui variaient à peine perceptiblement à la lumière des lustres. Lyle recula le menton.

 

- Est-ce que c'est vraiment nécessaire ?

 

La maquilleuse arrondit de grands yeux en observant Lyle.

 

- Evidemment. Votre front brille et ce teint ! On vous croirait malade. Ne bougez pas et fermez les yeux.

 

Le Serdaigle s'exécuta, non sans une moue insatisfaite. Bien qu'il ne la voyait plus, il devinait Viviane à côté de lui - ainsi que son impatience caractéristique. Il sentit les poils d'un pinceau lui passer sur le front, et une poudre douce couvrir sa peau.

 

- Ca a intérêt à en valoir la peine et que je ne ressemble pas à un clown, grommela Lyle. Si j'avais su qu'il y avait des sous-vêtements dans le lot, je ne serai peut-être même pas venu. Tu n'as pas été tout à fait fair-play là dessus, Viviane. Je te jure que si poser en caleçon a un impact négatif sur ma carrière je saurai te le faire regretter.

 

Comme il n'avait pas de réponse, Lyle rouvrit un oeil pour décocher un regard à Viviane : son siège était vide. Elle avait dû s'éclipser pendant son monologue et il émit un claquement agacé avec sa langue, tandis que la maquilleuse se fendait d'un petit sourire d'excuse.

 

- Elle est partie mettre sa robe.

- Comment vous faites pour travailler avec des gens aussi désagréables ?!

 

La maquilleuse interrompit un coup de pinceau pour avoir un petit gloussement embarrassé.

 

- Hum... Travailler pour la maison Valcourt est un grand honneur, souffla-t-elle à voix basse, comme si elle avait eu peur d'être entendue. Ils sont très exigeants mais c'est pour de bonnes raisons. La qualité des résultats d'ailleurs...

- Pff, épargnez-moi le discours appris par coeur que vous vous servez entre vous pour survivre dans ce monde de basilics. Vous vous appelez comment ?

- Assia. Vous voulez un enchantement pour changer la couleur de vos yeux ?

- Qu... Quoi ? Pourquoi faire ?

- Ben pour qu'ils aient l'air un peu moins... Un peu plus vivants, quoi.

 

Lyle toisa Assia, un peu dépité.

 

- Sûrement pas, grommela-t-il au bout d'un moment, et il détourna le regard pour s'observer dans le miroir.

 

Avec la poudre magique d'Assia, il avait l'air certes moins pâle, mais ses pomettes et ses mâchoires paraissaient plus saillantes. Il tourna la tête à droite et gauche, lentement, comme pour essayer de voir son profil. Est-ce qu'il avait les yeux morts ? Il finit par secouer la tête.

 

- Ca ne vous plaît pas ?

- Hein ? Ah si, si, merci.

- Bien. Alors je vais vous demander d'aller vers les cabines là-bas, quelqu'un va venir s'occuper de vous pour la tenue.

 

Les cabines étaient formés de rideaux qui flottaient dans un coin de la pièce, formant de drôles d'urnes à l'intérieur de laquelle il disparut. Il s'attendait à un petit carré intime, mais à l'intérieur, l'espace était beaucoup plus grand qu'on aurait pu le deviner : il y avait un grand miroir qui permettait de se voir de pied en cap, un portant avec des tenues sur des cintres ainsi que deux femmes qui en discutaient de l'ordre à respecter sous des lueurs si vives que Lyle dut cligner des yeux.

 

- Ah, le voilà ! fit une petite femme replète d'un certain âge, qui tenait en l'air une petite baguette magique courte.

- Parfait, claironna l'autre - une femme beaucoup plus jeune, d'une trentaine d'années qui sembla évaluer Lyle de pied en cap. Il n'était pas censé être plus grand ?

- Avec les rayures sur la robe, ça donnera l'impression. Mais sinon, j'adapterai visuellement avec un sortilège d'allongement, dit la première, et elle s'approcha pour saisir Lyle par la manche comme pour regarder la tenue dont il était revêtu. C'est vieillot ça non ? Ca ne va pas avec l'ambiance parisienne.

- On s'en fiche, ce n'est pas ce qu'il va porter.

- Je suis là, hein.

- Oui, oui, sourit la femme. Allez au travail, déshabillez-vous, on va commencer les essayages.

- Ok.

 

Lyle regarda les femmes. Les femmes le regardèrent. Alors Lyle les regarda en retour, et elles insistèrent d'un sourire qui traduisait tout sauf leur patience.

 

- Qu.. Vous allez rester ?

- Il faut bien qu'on ajuste tous les détails au plus près du corps.

 

Lyle gonfla ses joues pour évacuer un lent soupir silencieux.

Viviane, je te déteste.

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Lyle Sørensen

18 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Serdaigle
Ce titre distingue un donateur d’exception dont la générosité rivalise avec les coffres les plus remplis de Gringotts, faisant de lui un véritable magicien de la fortune solidaire.
Ambassade magique de Paris, France, Jeudi 05 Octobre 2124

 

Lyle n'avait rien répondu, se contentant de jeter à la froide Viviane un regard aussi glacé qu'il en était capable. Le pire était de constater que les deux femmes présentes, tout au contraire, se fendaient de rires amusés à chacune des remarques de la jeune femme - rires que Lyle jugea forcés. Il se contenta d'aspirer ses lèvres entre ses dents pour se les mordre. Simple précaution pour éviter de dire quoi que ce fût qui pourrait le mettre en difficulté avant ce moment capital qui consistait à rencontrer l'Ambassadeur. Mais dès que Viviane eût disparu, il se mit à se déshabiller avec des gestes agacés. Les deux magicouturières ne commentèrent pas la façon un peu brusque qu'il eût de jeter ses vêtements sur le siège voisin, mais leurs regards désapprouvaient certainement.

 

- Il va falloir enlever le caleçon aussi, et enfiler celui-ci à la place, commenta la plus âgée des deux dès qu'il se fût retrouvé torse nu.

- Et faites attention, le tissu est fragile.

 

Lyle émit un sifflement dépité, mais il s'exécuta tout de même, tournant le dos aux deux femmes qui n'étaient de toute façon pas émues le moins du monde par cette nudité passagère.

Le caleçon qu'il revêtit était d'un tissu si délicat qu'il avait l'impression d'enfiler une deuxième peau de soie, douce et légère. Le vêtement était moulant et les striures noires et blanches qui enveloppèrent ses fesses se déformèrent pour former des volutes semblables à de la vapeur qui semblait lécher sa peau. Il avait beau détester ce qu'il était en train de faire, il devait admettre en baissant les yeux sur son entrejambe qu'il avait l'air... mieux fichu que d'habitude.

 

- Et après ? demanda-t-il, déjà prêt à enfiler sur sa peau frissonnante la robe de sorcier qu'on lui avait préparé, mais les femmes semblèrent se jeter sur lui d'une manière qui le firent sursauter.

- Pas si vite jeune homme !

- Levez les bras, nous allons ajuster cela à vos hanches.

- Tu ne trouves pas qu'il descend un peu trop bas sur les cuisses ?

- Si, raccourcis d'un centimètre, ça devrait aller...

 

Lyle avait levé les paumes comme si un shériff le pointait de son revolver, et il fusillait de nouveau intérieurement Viviane. A cause d'elle, jamais femmes ne s'étaient autant intéressées à son corps, mais ce n'étaient pas exactement les femmes et la situation qu'il aurait souhaité. De plus, elles lançaient vers son entrejambe des sortilèges qui ne cessaient de l'inquiéter.

 

 

 

 

 

 

- Mesdames et messieurs, en place ! EEENN... PLAAACE !

 

Quand Lyle fit son apparition dans le salon principal, il dût d'abord cligner des yeux pour s'habituer à la lumière qui avait radicalement changé. La pièce avait été magiquement plongée dans l'ombre, et seule une portion de celle-ci était illuminée de projecteurs aux lueurs douces, tamisées : là où se trouvait un canapé couvert d'un velours pourpre. Une table basse en bois massif, travaillée d'anciennes runes, soutenait deux coupes de champagne et quelqu'un poussa Lyle vers cette scène improvisée. Après le cri de la directrice du shooting, un drôle de silence s'était abattu sur l'endroit, et Lyle eut l'impression d'être projeté dans une pièce comme s'il était seul - en réalité, derrière des voiles de pénombre étaient dissimulées différents mages dont chacun jouait sa partition pour que les images fussent les plus élégantes et les plus fluides possibles.

 

Au centre de cette image, il se tenait donc, debout près d'un canapé dont il ne savait que faire. Il était vêtu d'une robe de sorcier lourde et élégante, mais dont l'allure noire n'était que discrètement brodée de fils caméléons, dont la texture et les couleurs miroitantes étaient aussi reprises sur son noeud papillon et un mouchoir cousu dans la poche sur sa poitrine gauche ou encore au niveau des boutons de manchettes qui brillaient de la même manière ; non pas comme une cape d'invisibilité ; mais la matière semblait absorber les couleurs entourant Lyle pour les reproduire, mouvantes et scintillantes, de façon discrète. Discrète, car ce qu'il portait n'était qu'un support pour souligner le vraie pièce maîtresse du shooting : la fameuse robe caméléon, dans laquelle Viviane Valcourt apparut.

 

Le moment qui suivit, Lyle la regarda, bouche bée. Elle venait d'apparaître à l'opposé du canapé, mais un instant il n'avait plus l'impression de faire face à l'élève de Poudlard qui l'avait amené ici : c'était une femme aux formes élégamment enveloppées du même tissu miroitant, aux effets scintillants et lorsqu'elle se mût pour s'approcher, elle donnait l'impression d'avancer comme un fantôme vaporeux mais au teint beaucoup trop vivifiant pour être irréelle. Lorsque ses cils papillonnèrent dans sa direction, il eut l'impression que des étincelles discrètes avaient soutenu son regard, et il finit par refermer la bouche.

 

- Sørensen, avancez ! souffla quelqu'un dans son dos.

 

Alors, se rappelant les consignes brèves qu'on lui avait donné à la fin de ses essayages, il s'avança effectivement d'un pas lent vers elle, avant de se courber vers la table pour saisir les deux coupes de champagne. Avec lenteur, il se redressa pour lui en offrir une, dont Viviane ne se saisit pas immédiatement. Elle avait levé, la main, mais elle hésitait, et ce temps d'hésitation lui parut interminable. Viviane finit par recourber ses doigts délicats sur le pied en cristal, tandis que Lyle, conformément aux consignes reçues, ne la lâchait pas du regard. Ce doit être la star du show. Tous les regards vont converger vers elle et le vôtre est le premier signe que c'est elle et son charme qui doivent fasciner. Compris Sorensen ?

Il comprenait mieux maintenant pourquoi on l'avait choisi : son propre teint, sa propre sobriété de traits et de formes quasi inexistantes n'étaient là que pour souligner la fraîcheur discrète des pommettes de Valcourt, l'allure distinguée de sa robe et sa chevelure élégamment réhaussée qui dévoilait un cou laissé nu, sans bijou, pour que toute l'attention fut portée sur la robe. Les yeux de Lyle glissèrent sur cette nuque pâle, laissée nue jusqu'aux épaules et sur un décolleté qui disparaissait dans la robe vaporeuse.

 

- Approchez ! souffla encore la voix pour le rappeler à l'ordre. Le bras, le bras !

 

Lyle fit un pas, et il était si proche que lorsqu'il présenta son bras à Viviane, il frôla sa hanche. Celle-ci déposa comme prévu sa main libre sur son avant-bras après avoir fait mine d'humer l'odeur du champagne. Au contraire de lui qui ne la quittait pas du regard, elle ne lui accordait pas une oeillade : elle semblait contempler un moment la coupe de champagne, puis le bras qui lui était présenté, puis d'autres convives au loin.

 

- Ensorcelé Sørensen ! Vous êtes censé être envouté ! Le bras autour de la taille ?

 

Lyle déglutit mais s'exécuta. Malgré la coupe qui l'encombrait, il fit passer son bras derrière les reins de la jeune fille pour la rapprocher de lui : soudain ils étaient pressés l'un contre l'autre, et elle semblait ne pas le remarquer. Elle plongeait ses lèvres délicates dans le champagne tandis qu'il ne pouvait plus toucher à son verre maintenant qu'il avait Viviane entre ses bras.

Ils restèrent un moment ainsi, titubant imperceptiblement, tandis que quelques flash les éblouissaient. Le shooting devait se tourner en une seule longue fois : il permettrait ainsi de décliner la campagne dans toutes les modalités possibles : courtes images animées dans les journaux, longues scènes colorées dans les magazines de modes, voire, dans certaines très grandes boutiques Valcourt, de pouvoir traverser par enchantement la scène afin de pouvoir examiner de près le détail des coutures. Pour cela, la scène devait être parfaite.

 

- La suite, la suite ! Passez derrière !

 

Lyle se sentait complètement désemparé. Il avait beau avoir écouté toutes les consignes, il avait complètement oublié le fil directeur. Sans ces rappels de la part de l'un des sorciers dissimulés dans l'ombre, il n'aurait plus su quoi faire du tout.

 

Il libéra toutefois Viviane, puis lui retira sa coupe pour reposer les deux verres sur la table basse - comme l'aurait fait un majordome tandis que la jeune femme semblait contempler une foule inexistante. Lyle passa derrière elle et d'un geste lent - mais terriblement tremblant - il porta ses mains dans le dos de Viviane.

Vous devez dénouer chaque bouton, lentement, puis faire glisser les bretelles sur les épaules avec lenteur, en la regardant intensément. Comme si vous déballiez le cadeau le plus fragile mais le plus beau de votre vie. Compris ?

Certes, il avait compris, mais maintenant il peinait à retirer chacun des petits boutons des boucles de tissu caméléon : celui-ci semblait disparaître entre ses doigts à cause de la réverbération des couleurs, et il dût s'y reprendre à plusieurs fois. Il avait perçu cependant le frisson qui avait parcouru le haut du dos et la nuque de Viviane - probablement à cause de ses doigts froids.

 

Au bout d'un moment, toutefois, il y parvint : il fit glisser les bretelles sur le corps émacié de Viviane, mais il avait du mal à contenir sa propre émotion : sa respiration s'était accélérée et son coeur battait la chamade maintenant que la robe était tombée aux pieds de la jeune fille. Une dentelle fluide couvrait ses fesses, en découvrant néanmoins la ligne fine au-dessus de ses cuisses. Viviane s'écarta de lui : contrairement à Lyle, elle semblait connaître parfaitement chacun des mouvements qu'elle devait exécuter sans avoir besoin de rappel ; elle marcha pour contourner la table basse, fit mine de se contempler dans un miroir invisible tandis que Lyle dénouait son noeud papillon.

Se dévêtir fut un enfer. Loin de l'aide que Viviane avait reçue pour se retrouver en sous-vêtements, lui devait se débrouiller tout seul et si retirer sa robe était facile une fois déboutonnée, il ne put probablement pas retirer son pantalon d'une manière aussi fluide et élégante. Mais enfin, il y parvint tout de même, et fit ce qu'on lui avait dit de faire. Une fois en sous-vêtements, il prit place dans le canapé, se pencha pour récupérer les deux coupes avant de se laisser aller contre le dossier, une jambe repliée à ses côtés.

 

Alors, Viviane se retourna. Son soutien-gorge était une dentelle brodée du même tissu caméléon, luxueux, qui dissimulait à peine deux tétons qui, plus sombres, se devinaient sous le tissu. Lyle pria pour que le champagne ne trahît pas davantage ses tremblements.

Viviane s'avançait. Pour la dernière scène, elle devait s'asseoir sur lui de façon suggestive, avant de prendre la coupe de champagne et de la porter à ses lèvres pour la terminer sous le regard éperdu mais soumis de son partenaire qui la soutenait.