Harry Potter RPG
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Alhena Peverell

Langue-de-plomb 31 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Conté de Devon, Samedi 26 Août 2124

     Le problème de cette finale, c’est que l'Angleterre n’y est pas. Et si l’Angleterre n’y est pas, ça veut juste dire que la brune a perdu son pari contre James. Elle est donc fortement agacée et son frère plus que ravi de voir la Norvège jouer. Oh, elle n’a rien de particulier contre cette équipe : simplement qu’ils ont sorti le pays sur lequel elle avait misé auparavant. Elle était persuadée que l’équipe nationale irait en finale pourtant. Alhena l’a donc en travers de la gorge que son frère ait touché juste cette fois. Elle ne peut pas avoir raison à tous les coups. Ce ne serait pas la première fois, ni la dernière fois. Elle peut lire et étudier autant de choses qu’elle veut, Peverell ne peut pas prévoir l’avenir. Elle peut essayer, mais la divination n’a jamais été sa matière de prédilection. De toute manière, à quoi ça lui aurait servi ?  Pas à grand-chose selon elle.
 

     Faisant craquer son cou, les bras croisés, elle jette un regard aux alentours. Le match est sur la bonne voie, mais ce n’est que le commencement. Tout peut changer à n’importe quel moment, l’expérience qui parle. Elle se souvient très bien de l’époque où elle en faisait encore. C’était il y a longtemps certes, mais on oublie rarement un cognard en pleine tronche. Peut-être que c’était pour cela qu’elle avait fini par arrêter, outre le fait que ce n’était pas sa future voie professionnelle. En entendant des cris -de rage ou de soutien, elle n’a pas fait assez attention pour savoir-, elle jette un regard à une jeune femme qui s’égosille. Elle lui dit quelque chose non ? C’est certain, elle n’est pas de son année, mais elles ont été à Poudlard ensemble. Alhena a une bonne mémoire des visages, sauf qu’elle n’arrive pas à mettre un nom sur ce visage. 
 

     Elle plisse des yeux pour essayer de mieux la voir en détail. Alhena sursaute quand sa sœur jumelle l’interrompt en la saisissant par l’épaule. L’autre femme s’assoit à ses côtés et lui tend une boisson que la brune saisit avec peu d'intérêt. Je suppose que tu ne voudras pas rentrer trop tard. Jusqu’à quelle heure elle va les garder ? Alhena grince légèrement des dents avant de répondre. Jusqu’à tard dans la nuit. On s’est arrangé. Peverell a déjà perdu tout intérêt dans cette conversation. Elle ne va pas revenir dessus, tout est organisé comme il faut. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter. C’est plutôt pour Jelle qu’il faudrait se faire du souci. Après tout, la Norvège aurait bien eu besoin d’un peu plus de points pour remonter. Quel dommage. Elle lance un sourire narquois à son frère qui s’indigne. Finalement, il n'est pas si mal que ça ce match, n'est-ce pas ?
 

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Alhena Peverell

Langue-de-plomb 31 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Département des Mystères, Salle de recherche, Lundi 23 Octobre 2124

Elle vomissait ses tripes dans les toilettes du département. Et c’était donc ça ? C’était pour cette raison-là ? C’était pour ça que son directeur était mort ? Merde. Merde. Merde ! Elle l’avait pourtant prévenu que c’était une mauvaise idée de s’aventurer sur ce genre de chemin. La brune essayait de ne pas y penser. Fait chier. Elle s’essuie la bouche et jette le papier au fond de la cuvette. Tirant la chasse d’eau, elle se relève doucement. Qu’est-ce qui avait mal tourné dans ce foutu département ? Pourquoi en étaient-ils arrivés là ? Tout ce drame à cause de ça ? Elle en avait l’estomac encore retourné et l’esprit qui cogitait dans tous les sens. Ils étaient dans de beaux draps au département des mystères. Il fallait espérer que plus aucune information ne sortirait de là. Comment c’était même arriver. On ne lui avait pas dit. Peut-être que c’était préférable de ne pas le savoir. Elle était assez angoissée comme ça, pour ne pas avoir à y réfléchir de toute manière. Des années de travail mis en danger à cause d’un débile profond et de quelques mages se croyant plus forts que les autres. Elle avait envie de détruire tout ce qui l’entourait. 

Sortant de là, elle se lave les mains et repasse par son bureau. Elle observe les nombreux parchemins étalés qui s’empilent. De sa plume, elle rature quelques notes et en corrige d’autres. Il y a quelque chose qui ne va pas. Elle n’est pas convaincue de ce qu’elle avance, mais ça pourrait marcher. Prenant les instructions avec elle, elle enfile une blouse, ferme son bureau à double tour, bouscule sans le vouloir un collègue et se dirige vers un des laboratoires magiques. Dans la dite pièce, il y a des artéfacts magiques et des potions en ébullition. Mais le plus important, se trouve derrière une vitre. Pendant quelques instants, elle l’observe. C’est fascinant. Un doux sourire s’affiche sur ses lèvres. Alhena ne travaille pas sur un des projets les plus dangereux ou les plus controversés, ce n’est pas de sa responsabilité… ou du moins, c’est ce que la plupart des gens de son département peuvent penser. Il est vrai que chaque idée n’est pas toujours interprétée de la même manière. En tout cas, elle est bien heureuse que ce qui c’est passé à la coupe du monde de Quidditch ne la concerne pas directement. Certains s’amusent avec des puissances qui les dépassent, et voilà où ça les mène. Ils sont imprudents, imbus de leur orgueil et se pensent plus importants que Merlin lui-même. Donc, forcément, que ça attire les plus curieux et les plus ambitieux. Toutes les inventions magiques, si on les regarde bien, sont toutes des armes et peuvent renverser le cours des choses. La prudence est mère de la réflexion dans ce monde professionnel. 

Alors que la brune s’apprête à ouvrir la vitre, quelqu’un toque subitement à sa porte. Elle se retourne à la vitesse de la lumière, lâchant la poignée. C’est un de ses nouveaux collègues, qui parle trop et dont le silence serait un cadeau. Malheureusement, Alhena ne peut pas échapper à sa présence. Elle fait partie des gens désignés pour jeter un œil à ses projets et s’assurer que tout se déroule bien. Oui ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Il lui sourit gaiement. Prenant sa question pour une invitation, il s’assoit sur un des fauteuils du laboratoire. Elle en soupire déjà. Tu as entendu ? Ils auraient trouvé la solution. McBrown veut présenter le projet. On y est. C’est fait. Bientôt, on pourra utiliser la technologie moldue sans aucun souci ou interférences. Tu ne trouves pas ça incroyable ? Peverell hausse un sourcil. Elle n’est pas du genre à s’attarder sur des rumeurs. Elle veut voir les choses en action, elle n’a pas besoin de promesses, mais de faits réels. Il faut que ça soit acté, signé, pour qu’elle en soit certaine. C'est pourquoi elle est étonnée que l'homme en face d'elle, s'arrête sur des on dit, même s'ils sont exacts. Je sais, oui. Cela faisait plusieurs mois que c'est prêt. J’attends de voir ça à l'œuvre, je me demande qui elle va choisir pour faire la présentation. Il saute sur ses deux jambes pour se remettre debout. Justement, Alhena, je viens te chercher pour ça. Luth t’attend pour te montrer quelque chose, elle veut ton avis. Elle dit que ce moment va révolutionner notre monde magique. Alors ? Prête à voir tes doutes se dissiper et tes espoirs se réaliser ? La brune secoue la tête, amusée. Toujours prête pour changer le monde. Passe devant. On ne dit pas non au futur, et elle le sait mieux que quiconque.

 

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Alhena Peverell

Langue-de-plomb 31 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

Serpentard
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Près du hall, Lundi 12 Février 2125

Elle attrape les documents d’un geste sec, replaçant les feuilles dans leur ordre exact aussi vite qu’elle peut. Son regard passe de son dossier à l’homme qui lui fait face. Plus grand, plus large, plus brut dans son attitude. Elle l’observe, sans ciller, une fraction de seconde trop longtemps pour que ce soit anodin. Son accent l’intrigue, sa manière de parler, son ton grave qui vibre encore dans l’air. Pas d’excuse, pas de civilité feinte. Juste une question directe, simple, à laquelle elle pourrait répondre par un mot et partir. Mais elle ne le fait pas.

Elle se relève, redresse légèrement son port de tête, réajuste une manche invisible. Un mouvement imperceptible, un geste automatique pour remettre de l’ordre là où il n’y en a jamais eu besoin. Son expression reste de marbre. Son regard aussi froid que l’ombre projetée sur les murs du Ministère. Puis elle glisse sa main sur son épaule, là où l’impact s’est fait ressentir. Une douleur sourde, rien d’inquiétant, mais assez pour être notée. Le geste est bref, précis, presque mécanique. Pas une plainte, pas une crispation. Juste une vérification. Son expression reste figée. Rien qui mérite d’être mentionné. Une réponse sèche, laconique. Pas un mensonge, pas tout à fait une vérité non plus. Il l’a percutée avec assez de force pour qu’elle enregistre le choc, mais elle refuse d’en faire un sujet. Ce serait lui donner trop d’importance et elle n’a pas le temps pour cela.

Pourtant, elle ne bouge pas.

Les couloirs continuent de s’animer autour d’eux, des silhouettes pressées qui n’ont pas le temps de s’attarder, qui les contournent sans un regard. Une rumeur constante, un bruit de fond permanent qui se fond dans le silence entre eux. Son regard détaille le visage de son inconnu, essayant de savoir d’où vient son impression de déjà-vu. Elle enregistre l’information. Parce qu’elle ne laisse jamais une interrogation sans réponse. Mais son attention glisse un instant sur les documents ramassés. Le désordre dans leur alignement la dérange, un pli infime se dessine entre ses sourcils. Elle replace le tout avec minutie, lissant chaque bord, comme si cela suffisait à remettre l’univers dans son axe. 

Puis, relevant les yeux, elle enchaîne, coupant court au silence. Puis-je déduire que vous ne travaillez pas ici ? Un constat de son esprit, pas une question. Il n’a pas la tête de l'emploi pour elle. Son ton est aussi froid que tranchant. Une lame glissant sur la conversation sans chercher à l’approfondir. Son regard ne s’attarde pas. Elle réajuste à nouveau une manche, une habitude presque inconsciente, comme si l’ordre était une extension naturelle d’elle-même. Avez-vous besoin que je vous montre le chemin ? Pas une offre. Pas une courtoisie. Elle veut qu’il refuse. Juste une manière de signifier qu’il prend trop de place dans son environnement. L’interaction doit se clore là. Et ça aurait pu être le cas, il aurait pu se détourner et elle, continuer son chemin, ranger cette rencontre dans les fragments inutiles de sa journée.

Mais un cri fend le hall. 

Que personne ne bouge où je le tue !

Le temps suspend son vol.

Maintenant, rendez-moi ma gamine !

L’agitation du Ministère, constante et prévisible, se brise net sous l’impact de ces mots. Un silence pesant s’installe. Les pas précipités se figent. Les conversations s’étranglent. Alhena tourne légèrement la tête. D’abord par réflexe, ensuite par interrogation. Un homme, en bout de couloir. Grand. Sec. Les traits tirés par la fatigue ou le désespoir. Il n’a pas l’air d’appartenir au décor aseptisé du Ministère. Ses vêtements sont froissés, ses yeux trop vifs, trop hantés.

Mais surtout, il tient une baguette pointée sur un employé du Ministère et une lame sous sa gorge. Le pauvre homme en costume administratif lève les mains en tremblant, comme s’il venait de réaliser l’urgence de la situation. Où elle est ?! C’est comme un rugissement venu des entrailles. Où est-ce qu’elle est ? Pourquoi vous me l’avez prise ? Pourquoi vous me faites ça ! Je ne lui veux pas de mal ! Les regards fusent, les pas reculent. Les employés s’écartent doucement en une marée silencieuse, cherchant à se fondre dans le décor. Deux hommes près de la scène échangent une conversation silencieuse, c’est à eux qu’on parle. Mais personne ne se déplace encore.

Alhena, elle, ne bouge pas. Elle observe. Analyse. Le ton. La posture. Une respiration hachée, des doigts crispés sur le bois de la baguette. L’homme est peut-être un peu fébrile, mais pas insensé. Il est agité, mais ses gestes restent contrôlés. Cela ne ressemble pas à un simple coup de folie, mais à du désespoir. Une dernière demande. Une certitude d’avoir raison. Il veut quelque chose, quitte à détruire le peu de ce qui lui reste à vivre.

Et c’est bien là, le problème.

La brune reste impassible. Ses yeux glissent brièvement sur celui à ses côtés. Cet homme, est-il du genre à ignorer ce qui se passe ? Elle tente de capter son regard et fait un geste de tête vers une porte non loin. Elle ne veut pas tenter de s’enfuir, non. Il y a quelque chose, une enfant, seule, derrière l'entrebâillement, qui tremble. Mais Alhena ne doit pas se précipiter au risque de mettre en danger quelqu’un d’autre. C’est une situation délicate, où personne ne veut être celui qui fera la première erreur.

Et pourtant, il faudra bien que quelqu’un bouge en premier.

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Alhena Peverell

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Serpentard
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Près du hall, Lundi 12 Février 2125

Elle en a l’habitude. Chaque couloir est un fil tendu entre deux promesses. Chaque pièce, une cage dorée où s’enferment ceux qui croient tout contrôler. Chaque murmure, un son désagréable des gens qui se veulent importants. Elle connaît trop bien ces lieux. De haut en bas, de long en large. Assez pour que la fascination enfantine s’efface et laisse place à la lassitude. Une forme de vide profond qui teint le visage de chacun de ses collègues. Elle veut plus. Elle a besoin de renouveler le grandiose de son travail. 

Droite, élégante, elle avance comme une poupée qui glisse sur le sol. L’éclat des murs reflète son ombre alors qu’elle sort de la salle de réunion. Le regard fixe, froid et les pensées organisées comme une horloge parfaitement huilée. Ils ont accepté. Son projet est validé. Certainement pas une surprise. Juste un fait. Une vérité qui s’impose, indiscutable. Ce n’était qu’une question de temps. Une idée qui a germé, poussé, étouffé toute opposition jusqu’à devenir incontournable. Gravée dans l’histoire du Département.

L’ascenseur monte lentement. Trop lentement. Les lumières projettent un éclat terne sur les parois métalliques. Elle croise son reflet dans les portes polies. Ne s’y attarde pas. Elles s’ouvrent sur un autre étage. Grand, démesuré, grouillant d'activités comparé au sien. Le bruit envahit ses sens, la replonge dans la réalité soudaine. Les gens sont comme des fourmis ouvrières qu’on oublie très vite, quand on passe son temps ailleurs. C’est un théâtre mondain où chacun joue son rôle à la perfection. Des bureaucrates en mission. Des aurors en vigilance feinte. Des employés précipités vers des urgences qui n’existent que dans leur propre importance. Le monde tourne, la société s'impose, et ses règles absurdes trônent au centre comme une promesse creuse de grandeur.

Elle marche. Rapidement. L’agitation autour d’elle est une atmosphère de fond, un bourdonnement sans intérêt. Elle réfléchit lourdement à la suite des événements, dossier en main. Elle ne se préoccupe pas du reste quand ça arrive. 

Sec. Brusque.

Un corps percute le sien. Une épaule qui la heurte. Un mouvement incontrôlé. Brutalement, elle recule d’un pas. On est rentré dans son espace vital, certes par mégarde, mais ça lui refroidit toute l’échine. Elle se fige. Le froissement du papier se fait entendre. Des feuilles qui s’envolent, happées par le courant d’air, avant de s’éparpiller sur le sol en un désordre irritant. Une pluie douce de papier qui les enveloppe. Elle en a déjà marre de cette interaction avant même que ça ne commence. 

Son regard glisse sur les documents éparpillés, suit leur déroute comme si elle observait les fragments d’un échiquier renversé. Ses doigts effleurent un parchemin en chute lente. Elle le récupère au sol, le froisse entre ses mains. Soupirant, elle inspire lentement. Elle sait déjà qu’elle ne s’excusera pas. Puis elle relève la tête.

L’homme n’a pas l’air commode, mais son regard lui est familier. Est-ce qu’on se connaît... Vous travaillez ici ? Sa voix est calme, posée, gelée au plus profond de l’hiver, alors que ses yeux brillent d’interrogation. Elle doit le confondre, elle en voit des gens, ce ne serait pas étonnant. 

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Alhena Peverell

Langue-de-plomb 31 ans Sang-Pur Britannique Notoriété

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Près du hall, Lundi 12 Février 2125

Le problème d’Alhena, ce n’est pas qu’elle méprise les gens. C’est qu’elle méprise plutôt la terre entière. Elle déteste les humains, mais ils la fascinent tout autant. Ils sont tous si différents, ils ont tous des réactions qui dépassent la logique de la raison. Parce que l’être humain, selon Alhena, n’aime pas écouter sa raison. Il préfère vivre jusqu’à en perdre tout ce qu’il possède. Parce que la seule chose qui l’importe, c’est lui-même. Malheureusement pour elle, au fil des années, elle a fini par comprendre que c’est un peu plus complexe que ça. Que parmi la masse de cette société, si lisse, il y a des personnes que la brune déteste encore plus que les simples fourmis qui l’entourent chaque jour. 

Ceux qui sortent de l’ordinaire. Les héros. 

Peverell a montré l’enfant, dans le simple but de lui faire comprendre qu’il faut la faire dégager d’ici. Que ça soit la gamine du preneur d’otage ou non. L'innocence des enfants est la seule chose à conserver dans ce vaste monde. Le reste peut être brisé, pour être reconstruit derrière. La fillette n’a donc pas à voir ça. C’est ça le plan, du coup, non ? Alors pourquoi, ce type, sorti tout droit d’un livre de Stephen King, s’est mis à parler à l’agresseur. Qu’est-ce qu’il fait ? On est au Ministère. Il y a toutes les forces de l’ordre au bout du couloir prêtes à intervenir. Ce n’est pas son rôle. Et s’il fait tout empirer ? Elle pince ses lèvres entre elles, très bien, changement de plan.

Doucement, alors qu’ils parlent, elle s’approche de la porte et tente de la refermer sans se faire voir. L’assaillant à l’air bien trop occupé par l’autre homme, pour faire attention à ses déplacements lents. Alors qu’elle s’apprête à arriver à destination, elle tourne la tête vers celui qui l’avait bousculé. Il a une fille ? Alhena grince des dents. Pourquoi ça l’énerve d’entendre ça. Pourquoi cette idée, la terrifie. Elle s’imagine déjà une gosse qui pleure la mort de son père, parce qu’il a eu la bonne idée de vouloir jouer les héros. Est-ce qu’il a pensé à elle avant de se mettre en danger ? Peverell entend déjà les réponses que l'on aurait murmurées à sa question. Il y a ceux qui pleureront le sacrifice et diront que le paternel est l’exemple à suivre. Mais il y a aussi la vieille école. Ceux qui diront que la personne avait eu d’autres choix. L’égoïsme d’être le héros, au profit de la vie de famille qu’on laisse derrière. La brune ne sait pas vraiment où elle se trouve, dans cette idée. Peut-être que les deux visions la dégoûtent. Mais ça ne l’empêche pas de trouver la logique incohérente. 

Ses doigts ferment la porte dans un bruit presque silencieux. Elle ne peut pas la fermer à clé. La gamine peut l’ouvrir à tout moment. Mais étrangement, Alhena se dit que c’est déjà mieux que rien. Si elle fait plus, il risque de s’intéresser de trop près à ce qu’elle fait. Alors elle se concentre à nouveau sur son nouvel ami, ou sujet d'expérimentation humaine. Elle observe toujours ceux qui sont dans la pièce. C’est comme ça qu’on apprend des autres. Non ? Elle plisse les yeux. Chaque mouvement, chaque muscle de la mâchoire qui se contracte, chaque regard. Que ça soit ceux des protagonistes principaux. Ou ceux venant des employés qui enjolivent le décor par leur présence. Tout est intéressant à prendre, à stocker dans ce palais mental qui lui sert de tête. 

Tu réfléchis toujours trop Alhena

Le drame se termine. L’instant passe. Comme le danger. Comme la gamine qui file vers la nouvelle scène qui s’offre au monde. Alors que l’agitation et la tension inondent les murs du Ministère, elle s’approche de l’homme. Je suppose que quelqu’un de plus approprié vous le dira plus tard. Mais au nom du Ministère, merci pour votre intervention. Elle penche la tête. Étant donné que vous n’êtes pas de nos forces de l’ordre, je leur laisserai le loisir de vous faire toutes les remontrances du monde. Je suppose qu’ils ne vont pas apprécier plus que ça. Un silence. Ce n’est pas comme si je m’en souciais de toute manière. La brune pince les lèvres. Il est vrai qu’elle a un lourd passif avec quelqu'un qui était autrefois chez les Aurors. Mais c’était autrefois. Une autre histoire. Alhena Peverell. Est-ce qu’il va se présenter à son tour ? Elle lui tend la main quand même. Probablement trop blanche, trop frêle par rapport à lui. Merci d’avoir sauvé le temps que j’allais perdre dans ma journée. Un merci pas comme un autre. De toute manière, ça lui aurait arraché la gorge de le faire. Elle lui fait un sourire, trop glacial pour être irréaliste. Si jamais vous avez besoin d’aide un jour, n’hésitez pas. Je pourrai vous rendre la pareille.

Et après ça, elle se tourne, comme si elle allait enfin reprendre son chemin. Mais encore une fois elle ne bouge pas. La question lui brûle les lèvres. C’est une interrogation qui se glisse à l’intérieur de sa chair. Ses poings se contractent, ses phalanges se crispent. On peut presque entendre les bruits des feuilles qui se broient dans ses mains. Alhena se retourne brusquement. Sa voix, un peu plus forte et brute. Dites-moi... Pourquoi vous avez fait ça ? Sa question est aussi sèche qu’elle en a l’air. Ce n’était pas votre devoir. La brune ne comprend pas. Qu’est-ce qu’on aurait dit à votre fille si ça s'était mal déroulé ? Peut-être que ce n’était pas à lui qu’elle voulait poser la question, en réalité. Les gens meurent tous les jours, c’est ce qu’ils font de mieux. C’est un constat qu’elle fait avec une voix plus fragile. Mais ça reste un terrible constat.