Femme
63 ans
Sang-mêlé
Britannique
Identité
-
- Diplômé·e
- Surnoms : --
- Nationalité : Britannique
Capacités & Statuts
Groupes
Message publié le 08/02/2026 à 19:23
Katherine scrutait Ingram à la manière d'un rapace au regard affûté mais à l'attitude tranquille. Elle aurait pu faire penser à un vautour qui attendait depuis longtemps son heure, perchée sur le vieil arbre qu'avait formé son itinéraire d'Auror ambitieuse au travers des pays qu'elle avait parcouru. La méfiance, le défi et l'espoir se disputaient l'honneur de faire apparaître des étincelles au fond de ses yeux clairs et assassins - mais pour le moment, il n'était temps d'exécuter personne.
Ingram était d'une génération précédent la sienne : d'autres pratiques, d'autres considérations. Mais ce n'était pas non plus un jeunot fraîchement sorti de l'Académie. Elle ne doutait pas que pour qu'il fût arrivé à ce poste, il devait avoir cumulé un certain nombre de qualités. L'intelligence devait en faire partie.
Aussi, lorsqu'il posa sa première question, Katherine haussa les sourcils avec un air aussi surpris qu'entendu.
- Comment, vous n'écoutez pas les ragots, monsieur le directeur ? plaisanta-t-elle, et elle trempa les lèvres dans son kir.
C'était un bon alcool, et elle se plut à le savourer tranquillement, laissant les effluves coloniser son palais et son nez, mais un bref sourire étira ensuite ses lèvres affinées par le temps. La lumière projetée par l'âtre jouait dans ses cheveux clairs, parfaitement domptés en sa coiffure habituellement sobre.
- Parce que j'ai fait une erreur, monsieur Ingram, dit-elle avec beaucoup de sérieux, mais sans avoir l'air le moins du monde affectée par cet état de fait. Certains vous diront que j'ai dérapé, en ordonnant des pratiques contestables sur nos ennemis. Personnellement, je crois que j'ai surtout fait confiance aux mauvaises personnes, dont l'une d'entre elles aujourd'hui brille dans les plus beaux salons de Londres parce qu'il a pu accuser quelqu'un à sa place pour montrer patte blanche.
Inutile de donner des noms. Katherine avait depuis longtemps accepté le revers qui avait brisé sa carrière. Il était plus difficile, en revanche, d'accepter les missions si visiblement inutiles que l'on lui confiait désormais.
- Et donc, ma situation s'apparente à ce que l'on appelle communément une mise au placard. Mais contre toute attente, ce n'est pas si désagréable. Je mange des glaces avec monsieur Polyanski en essayant de voir si un être sans émotion peut avoir de l'humour. Pour l'instant, nous jouons à "qui mourra le premier". C'est assez drôle.
Katherine sourit de nouveau. Une jambe croisée sur l'autre, la main qui tenait le kir faisait danser le verre d'un geste expert. Les odeurs ne s'en échappaient que plus délicatement. Elle les sentait distraitement, son attention plutôt focalisée sur l'homme qu'elle avait devant elle : un visage volontaire, une attitude censée. Être à son poste et ne pas encore être devenu fou, songea-t-elle, relevait d'un certain exploit. Ou bien il cachait bien ses cartes ; mais elle n'avait pas ce sentiment de double jeu. Le savoir-faire se perdait, que voulez-vous.
- Tout ce que vous pourrez lire dans mon dossier est vrai, souligna-t-elle subitement, et son sourire s'était évanoui. Le bureau diplomatique caché au Moyen-Orient, les espions à la solde du Ministère. La torture contre des sorciers étrangers. Il en allait de l'avenir du monde sorcier britannique, aussi me suis-je pliée aux ordres qu'on a ensuite feint de ne m'avoir jamais donné.
Elle but subitement, d'une traite, la fin de son kir. Puis elle décroisa les jambes pour mieux se pencher en avant et déposer d'un geste raide le verre sur la table, où il tinta brusquement. Katherine, confronta le regard de son interlocuteur, sans pitié aucune.
- J'ai bien peur que de tels bruits de couloir ne soient pas rattrapables pour la suite que j'entends donner à ma carrière, dussé-je avoir le soutien du directeur du département, dit-elle pourtant très calmement. Vous entâcheriez votre réputation, je le crains.
Katherine se redressa ensuite pour mieux appuyer son dos contre le dossier du confortable fauteuil en cuir, décidément fort agréable. Elle joignit ses longs doigts pour mieux les assembler devant elle. Un petit sourire avenant s'était de nouveau dessiné sur ses lèvres, comme s'ils avaient une conversation des plus légères.
- Enfin, bien sûr, je suis toujours utile au travail que le Département n'assume pas, s'il y en a encore... Peut-être que vous penserez à moi quand le département sera compromis ?
Etait-ce ou non une plaisanterie ?
Message publié le 26/01/2026 à 21:10
Derrière elle, Katherine referma la porte avec une autorité tranquille, et ses pas résonnaient moins maintenant qu'elle était dans l'univers feutré du bureau d'Ingram. Elle offrit avec une moue lasse, mais relativement patiente, un bref mouvement de tête pour toute salutation. Ses lèvres s'étiraient non pas en un sourire, mais en une ligne aussi droite et sobre que l'horizon d'un désert.
- Bonjour Noah. Oh, pas si longtemps, ajouta-t-elle comme un grincement, comme s'ils s'étaient vus la veille.
Il fallait dire qu'elle se serait bien passé, de son côté, de revoir le jeune Ingram - en tout cas, jeune à côté d'elle. Cette génération d'Auror, elle les avait tous vus débarquer les uns après les autres, de cette bienveillance distante qui était la sienne alors, persuadée qu'elle les dirigerait tous de près ou de loin jusqu'à la fin de sa carrière - mais la vie, et surtout la Justice Magique, en avait décidé autrement. Mais Katherine n'était pas si rancunière. Et puis, Ingram n'y était personnellement pour rien à son accident de parcours. Il était juste planté là pour lui rappeler cet échec avec la même discrétion qu'un détraqueur sur le Chemin de Traverse.
Katherine s'installa là où on le lui indiquait, s'asseyant en croisant une jambe par-dessus l'autre, un coude appuyé sur un genou - pressée d'en finir. Mais pas suffisamment pressée pour refuser une boisson.
- Je prendrais avec plaisir un kir, si vous en avez un, acquiesça-t-elle. Sinon, un Pur Feu fera l'affaire.
Y avait-il des règles qui empêchaient de boire de l'alcool au Ministère ? Si elles existaient, Katherine ne semblait pas en avoir connaissance. Ou les ignorait délibérément, d'ailleurs.
- Bien, annonça-t-elle un peu comme si c'était elle qui avait provoqué ce rendez-vous et qui en mènerait la danse, en attendant d'être servie. Puis-je savoir ce que me vaut cette soudaine convocation ?
Elle grimaça un sourire énigmatique à l'attention d'Ingram.
- C'est que je ne peux pas interrompre trop longtemps mon travail de garderie, ajouta-t-elle avec une voix plus douce, pour justifier son attitude pressée.
Message publié le 17/01/2026 à 19:30
Katherine leva les yeux au ciel en pinçant les lèvres.
- Evidemment.
Evidemment, il n'avait aucun désir, il ne pouvait connaître aucun plaisir. Elle soupira. Avec sa magie défaillante, le Ministère qui ne savait que faire de lui et lui-même qui n'avait aucune aspiration, le pauvre garçon était condamné à mourir seul au fond d'une impasse - aussi métaphoriquement que concrètement. Pourquoi cela la dérangeait-elle ? Il n'était qu'un actif dérobé à l'ennemi, et elle n'avait jamais eu aucune compassion dans son métier. Ce n'était donc pas ça. Katherine ne se transformerait jamais en mamie gâteau et le savait parfaitement. Autre chose la titillait dans la situation de Nikolaï, mais elle ne parvenait pas exactement à mettre le doigt dessus.
- Bon, hé bien, je vais choisir pour vous, annonça-t-elle froidement. Vous êtes un jeune homme de quatorze ans, qui se dépense beaucoup, j'ai décidé que ce soir vous aviez envie de vous remplir la panse avec de la nourriture peu diététique. Suivez-moi.
Aussi raide que précédemment, Katherine se leva. Ils quittèrent tous les deux le terrain de Quidditch, et bientôt les traces de leur entraînement avorté disparurent d'elles-mêmes.
Quelques minutes plus tard, Katherine poussait une grosse porte trouvée après avoir descendu un escalier en colimaçon étroit, non loin de l'arrière de la Grande Salle. Quelques torches éclairaient les lieux déserts, car à cette heure-ci, le couvre-feu avait déjà débuté et les élèves n'étaient pas autorisés à se promener en dehors de leur dortoir. A cette heure-ci, d'ailleurs, Nikolaï devait habituellement étudier sous l'oeil sévère de Katherine qui vérifierait ensuite son sceau avant de se mettre au lit tous les deux - bien heureusement séparés par un mur épais datant de quelques siècles. Mais pour cette fois, donc, ils entraient dans les cuisines où, à cette heure, bouillonnait une activité qui faisait tinter la vaisselle et gronder les énormes chaudrons : les elfes de maison nettoyaient tout de fond en comble après le gros service que représentait le dîner de Poudlard. La plupart remarquèrent à peine l'arrivée de Katherine et Nikolaï : ils étaient absorbés dans le grattage du fond d'un chaudron ou la vérification de la transparence d'un verre, mais l'un d'entre eux, qui portait sur la tête un chiffon noué comme un turban (et dont les yeux énormes semblaient éternellement supplier ceux qui se penchaient sur lui) s'approchant en sautillant.
- Un p'tit creux ? couina-t-il d'une voix chantante. Boogie peut vous réchauffer de la brandade de morue persillée, ou bien peut-être vous faire des toasts au fromage ?
- Nous voulons deux coupes de glace, décréta Katherine avec beaucoup de sérieux. Plusieurs boules, de plusieurs parfums, avec beaucoup de chantilly et une sauce au chocolat chaud dessus, et avec quelques cacahuètes écrasées.
- Bien-bien-bien-tout-de-suite-tout-de-suite...
Boogie répartit au pas de course, sans questionner cette étrange visite. Raide, Katherine resta un moment à observer la danse des elfes qui nettoyaient tout avec une application heureuse - trop heureuse pour ne pas paraître étrange, mais toujours moins absurde que l'état de son protégé.
Au bout de quelques minutes à peine, comme Boogie semblait avoir passé le mot de leurs visiteurs, des elfes apportèrent une table ronde et deux chaises de bois, qu'ils positionnèrent de part et d'autre. Ensuite, deux énormes coupes de glace, dégoulinantes de chocolat et de chantilly, furent déposées devant les chaises et les elfes se mirent à exécuter plusieurs révérences en invitant les deux sorciers à prendre place. Lorsque Katherine s'assit, elle dût se pencher de côté pour pouvoir voir le visage de Nikolaï tant la glace était grande. Deux cuillères très longues leur étaient mises à disposition, et elle avait saisi la sienne sans grande conviction pour le moment.
- Mangez, annonça-t-elle comme l'un de ses ordres habituels. Mais mangez lentement. Concentrez-vous sur le goût, et ensuite, dites-moi si ça vous paraît bon.
Message publié le 01/11/2025 à 13:35
La situation aurait pu être comique si Katherine ne fulminait pas intérieurement.
- Tout ceci est complètement inutile et ridicule ! éclata-t-elle de sa voix habituellement si maîtrise.
La nuit se rafraîchissait de minute en minute et les enveloppait d'une poigne humide et désagréable. Miss Dennison porta son index et son pouce sur l'arête de son nez en fermant les yeux après la tentative de Nikolaï - guère plus concluante que la sienne. Elle souffla un bref instant avant de rouvrir les yeux et contempler le garçon : il avait retiré son vêtement - comme s'il était parfaitement insensible au froid, et Katherine leva sa baguette devant lui.
Il y eut un moment de flottement. Un silence rendu plus épais par le brouillard qui dérobait peu à peu le château à leur vue. Dans la main du garçon, le balai pendouillait aussi pathétiquement qu'une spaghetti froide et collante oubliée sur le rebord d'une casserole.
Il était là, parfaitement à sa merci. De quoi soulager sa propre rancoeur.
Katherine prit une inspiration, resserra ses doigts fins enroulés autour de sa baguette.
Puis...
- Rhabillez-vous, ordonna-t-elle sèchement - et elle rangea son arme d'un geste rapide. Nous allons arrêter là pour ce soir.
Sa voix avait retrouvé sa sécheresse ordinaire, et elle se tint raide tandis que Nikolaï remettait son haut - il obéissait toujours. La silhouette d'un enfant comme cible n'avait pas l'air d'avoir provoqué la moindre réaction émotionnelle de sa part.
- Venez, nous allons nous asseoir.
Elle prit la direction des gradins, sans se retourner : elle savait que Nikolaï suivrait dans tous les cas. Il n'y avait jamais aucune surprise avec cet enfant. Elle lui jeta seulement un regard circonspect lorsqu'elle s'assit sur un siège, à la toute première rangée, où la journée les amis des joueurs qui s'entraînaient venaient acclamer leurs camarades. Les bancs de bois étaient couverts d'humidité, et Kate défroissa sa jupe pensivement sur ses genoux avant de rabattre les pans de sa robe de sorcière, noire, pour se prémunir du froid. Puis, avec son gant de cuir, elle tapota la place à sa droite.
- Asseyez-vous donc, ne restez pas planté là, grommela-t-elle.
Elle attendit qu'il se fût installé. Puis elle contempla le terrain nu devant eux, plusieurs secondes, qui parurent s'étirer comme des minutes interminables, caressées d'une Lune claire qui jouait entre les nuages. Katherine s'humecta les lèvres.
- Ca ne vous fera peut-être ni chaud ni froid, comme tout le reste, déclara-t-elle de ses lèvres pincées, mais le Ministère n'a pas beaucoup d'espoir pour vous. Ces bras cassés frileux sont doués pour ne jamais être d'accord entre eux et débattre jusqu'à n'en point finir, par conséquent ils n'ont même pas décidé de ce qu'il adviendra véritablement de vous.
Ni de votre dépouille, faillit-elle ajouter.
Katherine décocha un regard vers l'enfant, comme par automatisme ; comme s'il avait pu avoir une réaction. Comme si elle avait oublié qu'il n'en avait jamais. Comme si elle s'en souvenait soudain, elle détacha son regard pour mieux soupirer et regarder devant elle.
- Vous savez que vous allez mourir et vous ne semblez avoir aucune volonté qui vous appartient Nikolaï. Николай, есть ли что-нибудь, что ты хотел бы сделать, прежде чем умрешь, что доставит тебе удовольствие ? (Est-ce que vous voulez faire une seule chose qui vous fasse plaisir à vous, Nikolaï, avant de mourir ?)
Elle le regarda de nouveau. L'obscurité rendait difficile le décryptage des traits masculins et déjà durs de l'adolescent, et elle se demanda si, au fond, il avait jamais souhaité quoique ce fut de lui-même. A quel point pouvait-on avoir le cerveau lessivé, jusqu'à ne plus avoir même de pensée propre ?
Message publié le 24/10/2025 à 16:29
- Ca, je ne te le fais pas dire, approuva Kate, visiblement ravie de partager l'opinion de Karl sur certains des gratte-papiers du Ministère qui se permettaient de juger les Aurors alors même qu'ils ne quittaient jamais le confort de leur bureau.
Elle trempa avec satisfaction les lèvres dans le liquide transparent, s'en délectant tranquillement - comme si le goût du kir était sublimé par la connivence des deux vautours expérimentés qu'ils étaient. Perchée sur son tabouret, Katherine reposa son verre avec un soupir, ses sourcils se haussant pour marquer sa lassitude.
- Du babysitting. Peux-tu le croire ? râla-t-elle avec dédain. Revenir à Poudlard n'est pas si désagréable - ça me rappelle bien des souvenirs. L'école et les élèves n'ont pas tellement changé, l'administration est juste bien plus tendre aujourd'hui qu'à l'époque. Mais je n'aurais jamais cru y revenir pour surveiller un gosse. Tu sais, ces histoires d'enfants réfugiés rendent quelques personnes au Ministère un peu tendus, à cause de ce que les parents pourraient en dire. Il ne faudrait pas qu'une mauvaise affaire rejaillisse sur notre cher Ministre.
Katherine haussa les épaules, décocha à Karl un sourire las, teinté d'une amertume qu'elle ne prenait pas la peine de dissimuler.
- Autant dire que je me retrouve avec un peu de temps pour venir me distraire ici, ce n'est pas plus mal, ajouta-t-elle avec un geste vague pour désigner "la baraque" tenue par Karl.
Elle haussa ensuite les sourcils en entendant le récit bref de son interlocuteur.
- Ca alors, étonnant, approuva-t-elle au sujet du trafic de kiwicot. Mais un vieux roublard comme toi, je ne doute pas que tu leur sois utile.
Ses lèvres minces et maquillées s'étirèrent en un sourire malicieux.
- Je précise que c'est un compliment.
Sa jambe croisée sur l'autre se balançait tranquillement, au rythme d'une musique de fond enjouée, qu'elle n'avait pas vraiment conscience d'entendre, son attention partagée entre sa boisson et son interlocuteur. Elle jeta toutefois un nouveau regard autour d'elle, pensive.
- Je suppose que tu n'as pas arrêté d'entendre parler de cet incident autour de la Coupe du Monde de Quidditch. Dans un établissement pareil, les rumeurs vont sûrement bon train. Est-ce que tu en as entendu des intéressantes ?
Tout un chacun savait que c'était dans les cafés et les pubs que l'on entendait les théories les plus idiotes... Mais aussi les confidences qu'on n'affichait nulle part ailleurs. Katherine n'était certainement pas en charge de l'affaire, mais elle ne perdait jamais l'occasion de tirer des renseignements là où il pouvait y en avoir.
Message publié le 02/08/2025 à 16:59
Les couloirs du Ministère revêtent généralement une ambiance feutrée. Les couleurs sont sobres, des petits volatiles font bruisser discrètement leurs ailes en fonçant sous les plafonds, partant ou arrivant avec un message urgent pour un sorcier penché sur son bureau, la plume grattant le parchemin. Des rumeurs de conversations sérieuses viennent d'une salle un peu plus grande mais les lourdes portes de bois qui s'alignent dans les couloirs, dès qu'elles sont fermées, étouffent toutes paroles indiscrètes.
Clac, clac, clac, clac.
Les talons sévères de Katherine Dennison, chaussée de bottes de cuir, brisent soudain cette sérénité tranquille - une sorcière relève le nez de son parchemin dans son bureau, pour la voir passer d'un pas déterminé. Katherine a beau être vêtue de façon fort conventionnelle - une jupe sombre et sobre, un chemisier clair à motifs discrets, une perle ornant chacune de ses oreilles derrière lesquelles sont sagement rangés ses cheveux blonds coupés en un carré parfaitement droit - son allure donne toujours l'impression d'avoir à faire à une espèce d'aristocrate proche de la famille royale en passe d'être couronnée.
- Au fond du couloir à dr...
- Je connais, merci, coupa-t-elle sèchement la jeune fille qui l'avait accueillie à l'entrée de l'étage, qui se retira avec une confusion empourprant ses joues.
Katherine leva les yeux au ciel pour elle-même. Certes, on ne la voyait plus beaucoup ici depuis de nombreuses années ; lorsqu'elle n'était pas en mission, Katherine détestait se retrouver enfermée dans un bureau et avait toujours un bon prétexte pour ne pas mettre les pieds dans les locaux de son propre employeur ; en particulier depuis l'affaire qui l'avait vue dégringoler dans la hiérarchie de réputation des employés du Département de la Justice Magique.
Au bout du couloir, à droite, un petit bureau devant une porte épaisse, et une secrétaire expérimentée qui scruta la nouvelle arrivante par-dessus ses lunettes comme si elle pouvait scanner un visage pour en authentifier l'identité - ce dont elle était peut-être capable, par ailleurs. Katherine soutint son regard en s'affublant d'un sourire faussement docile.
- Bonjour Madame Dennison, vous êtes parfaitement à l'heure pour votre rendez-vous, constata la secrétaire en jetant un oeil à une horloge qui ne donnait pas l'heure, mais indiquait si l'occupant du bureau était ou non présent et disponible.
- Ma convocation, vous voulez dire, confirma Katherine d'une voix acide.
La femme échangea un regard avec l'Auror, mais ne fit aucun commentaire. Elle empila des pages devant elle.
- Monsieur Ingram vous attend, dit-elle dès l'instant où l'aiguille de l'horloge bougea, émettant un petit cliquetis discret.
Katherine ne toqua deux fois, sèchement, avant de se donner l'autorisation d'entrer de toute façon.
Message publié le 14/07/2025 à 12:15
La nuit les enveloppait d'une humidité froide, qui ne semblait pas atteindre l'Aurore. Katherine avait observé la tentative de Nikolaï avec une grande attention : le garçon avait beau avoir des difficultés avec les sortilèges, à force d'entraînement, il parvenait à en exécuter certains. Le sortilège de modelage qu'il venait d'exécuter était tout à fait correct même si l'arme en question qui en résultait n'avait pas l'air si dangereuse que cela. Katherine avait approuvé d'un mouvement de tête silencieux - déjà, le garçon revenait à elle avec la volonté de recommencer pour se perfectionner. Elle s'éclaircit la voix.
- Bien sûr, annonça-t-elle, tout en priant pour que cette fois-ci, sa baguette ne lui jouât pas des tours. Mais pour le prochain tour, je veux que vous lanciez votre arme vers le sol après transformation.
Elle mima le geste avec le balai transformé, dont les brindilles formaient une pointe vague.
- Avec force. Comme si c'était une véritable arme. Vous comprenez ?
Non qu'elle considérât le garçon comme un idiot. Cependant, la barrière de la langue existait toujours entre eux. Elle recourait parfois au russe quand la situation l'exigeait, mais la plupart du temps, elle s'efforçait d'utiliser l'anglais pour que le garçon progressât un maximum aussi sur cette voie-là. Katherine ne s'inquiétait pas sur ce sujet outre mesure : immergé dans une école avec d'autres élèves, Nikolaï aurait tôt fait de connaître les subtilités - y compris l'argot - de cette langue.
- Je vais vous dessiner une cible, annonça-t-elle comme si cela devait l'aider à comprendre l'objectif de l'exercice..
Récupérant les deux balais dans une seule main, Katherine ressortit sa baguette. Cette fois-ci, pas de mauvaise surprise, tant le sort était aisé : elle n'eut pas même besoin d'utiliser le son de sa voix et de la baguette jaillit une lumière blanche qui se déposa sur le sol comme une poudre scintillante dans la nuit. La forme représentait une silhouette humaine, un peu plus petite que Nikolaï sans doute - rappelant un enfant ou un jeune adolescent immobile, les bras le long du corps.
- Voilà, annonça-t-elle. Volez un peu plus haut pour prendre du recul. Redescendez en piqué. Juste avant d'exécuter votre chute, transformez le balai en lance et plantez-le dans la cible.
Katherine s'assura d'un regard que Nikolaï avait compris, avant de pincer les lèvres et de baisser les yeux sur l'essai de lance qu'avait produit le premier sortilège du garçon.
- Plasticinum, prononça-t-elle avec une application plus attentionnée que d'ordinaire, effectuant le geste qu'elle avait précédemment montré du bout de ses doigts gantés de cuir noir.
De la baguette jaillit un bref éclair lumineux et discret, qui toucha le balai. Au lieu de revenir à sa parfaite apparence d'origine, celui-ci devint tout mou dans la main de Katherine. Le manche s'était mis à pendre de part et d'autre de ses doigts, comme s'il s'était agi d'un serpent inerte et visqueux.
Katherine écarquilla les yeux d'horreur un instant, et quand elle tourna son regard vers Nikolaï, ses lèvres se retroussèrent avec dégoût.
- Votre sceau ne s'est-il pas desserré, Nikolaï ? demanda-t-elle d'une voix sèche.
Le problème ne pouvait pas venir d'elle.
Katherine Dennison a lancé un sortilège !
- Sortilège
- Sortilège de Modelage
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 1
- Interprétation
- Échec Critique
- XP gagnée
- 3
- Plasticinum, prononça-t-elle avec une application plus attentionnée que d'ordinaire, effectuant le geste qu'elle avait précédemment montré du bout de ses doigts gantés de cuir noir.
De la baguette jaillit un bref éclair lumineux et discret, qui toucha le balai. Au lieu de revenir à sa parfaite apparence d'origine, celui-ci devint tout mou dans la main de Katherine. Le manche s'était mis à pendre de part et d'autre de ses doigts, comme s'il s'était agi d'un serpent inerte et visqueux.
Katherine écarquilla les yeux d'horreur un instant, et quand elle tourna son regard vers Nikolaï, ses lèvres se retroussèrent avec dégoût.
- Votre sceau ne s'est-il pas desserré, Nikolaï ? demanda-t-elle d'une voix sèche.
Le problème ne pouvait pas venir d'elle.
Autres résultats possibles
Le balai reprit sa forme originale instantanément ; peut-être même était-il encore plus beau et propre qu'il l'était initialement. Katherine eut un soupir de satisfaction en le tendant à Nikolaï.
- Voilà comment on fait, roucoula-t-elle.
Le balai reprit sa forme initiale et Katherine eut un soupir de soulagement, à peine remarquable. Elle tendit le balai à Nikolaï.
- Allez-y.
Mais le balai ne fut en aucun cas modifié. Il garda ses pointes faussement agressives et le visage de Katherine fut marqué d'un recul du menton et d'un froncement de sourcils. Il y eut un silence lourd, avant qu'elle ne tendisse l'objet à Nikolaï.
- Essayez, vous, pour voir. En utilisant le même sortilège, mais en pensant au balai d'origine bien sûr.
Message publié le 13/07/2025 à 16:22
Un sourire avait étiré les lèvres fines comme du parchemin de Katherine Dennison lorsqu'elle avait reconnu la silhouette de Karl Mitch. L'homme portait toujours ses lunettes sur un visage ridé mais avenant, des cheveux blancs qui ne semblaient pas vouloir le vieillir autant qu'ils le devraient et une tenue qui aurait moins convenu à un centenaire qu'à quelqu'un de son propre âge. La femme eut d'ailleurs un mouvement de tête négatif, comme si elle avait du mal à croire à cette apparition.
- Karl ! Tu tiens encore debout ? Quelle surprise ! fit Kate en feignant l'étonnement, ses sourcils fins s'arquant, mais n'effaçant pas la dureté de son visage délicatement maquillé.
Leurs échanges se mêlaient à la rumeur des conversations, se fondant parfaitement dans ce paysage sonore fait de voix enthousiastes ou râleuses, de tintements de verre et de raclements de chaises. Les yeux de Kate semblaient pourtant avoir oublié le cadre de ce bar dans lequel elle n'avait pas mis les pieds depuis, effectivement, de nombreuses années : elle dardait sur Karl un regard perçant, presque évaluateur.
- Oh, je suis bien au courant, figure-toi.
L'ascension de Kaelen Rowle n'est pas sans corrélation avec sa propre chute. Mais Katherine se contenta d'un nouveau sourire froid.
- Et il se débrouille visiblement très bien, on dirait. Je trouve le Bureau beaucoup plus calme depuis quelques temps ; il n'y a plus ces vautours des étages supérieurs qui viennent fouiner dans nos affaires. Il y est probablement pour quelque chose, ce garçon-là.
Les étages supérieurs désignaient d'autres services proches du Ministre qui, en des temps plus anciens, avaient été plus ou moins coutumiers de visites impromptues - et guère souhaitées - dans le Bureau des Aurors, et Kate supposait qu'avec toutes les conversations qu'il avait pu entendre en tant que tenancier de la Tête de Sanglier depuis qu'il en était propriétaire, Karl devinait bien ce dont elle parlait - au contraire de leurs voisins de comptoir qui trinquaient avec du whisky pur-feu et des gestes trop brusques pour être assez sobres pour déchiffrer leur conversation de toutes les façons.
Ce que Kate rappelait par là, c'était surtout que le Ministère avait eu ses hauts et ses bas pendant les longues années où elle l'avait fréquenté ; des épisodes de méfiance entre les services, des épisodes de solidarité, des épisodes d'indifférence à l'égard de l'actualité, des épisodes d'activité frénétique. C'était son monde à elle, laissé à Londres avec une amertume douce tandis qu'elle devait fréquenter Poudlard et ses alentours. La Tête de Sanglier était bien l'un des rares endroits qu'il lui plaisait ici de retrouver.
- Quant à moi... Hé bien, mon cher, j'ai été reléguée à des missions de moindre importance. C'est ce que l'on fait avec les chiffons trop tâchés pour les utiliser en public, tu vois, ironisa-t-elle, sans avoir pourtant l'air le moins du monde affectée par ce constat.
Kate porta le verre à ses lèvres, mais se ravisa avant de les y tremper.
- Allons, tu boiras bien quelque chose avec moi, tout de même ? J'espère pouvoir entendre toutes tes dernières aventures, nous avons du temps à rattraper.
Elle eut un sourire en coin, ses yeux clairs et perçants se teintant d'une malice qui rappelait qu'autrefois, elle avait été un oeil d'aigle pour le Ministère, et qu'il en restait probablement quelque chose, ne serait-ce que de l'ordre de la sagacité.
Message publié le 09/05/2025 à 22:34
Miss Dennison acquiesça d'un regard froid.
- Oui, monsieur Polyanski, vous devrez recommencer jusqu'à réussir, confirma-t-elle, avant de détourner le regard.
Elle s'engagea pour faire quelques pas à ses côtés - déposant de temps à autre le bout de son balai à terre comme s'il s'était agi d'une canne - ou d'un sceptre des temps anciens. Devant la demi-Lune passaient de temps à autre des nuages qui étiraient leurs ombres discrètes sur le gazon du terrain de Quidditch, si humide qu'il en émanait une odeur d'herbe fraîche à chaque fois qu'elle en écrasait les brins de ses talons.
C'était tout de même ennuyeux, les tours que lui jouait récemment la magie. Ca ne lui arrivait pas lorsqu'elle était plus jeune : aucun sortilège ne ratait ; jamais. Mais se résoudrait-elle à aller voir un médicomage, pour savoir si c'était l'âge ? Certainement pas. Les médicomages pouvaient informer le Ministère. Et puis, elle aurait entendu parler de ce genre de troubles, de la part de ses aînés, si c'était quelque chose de courant. Etait-ce alors une affliction ? L'avait-on ensorcelée, ou sa baguette ?
Pensivement, Katherine fit tournoyer sa baguette dans ses mains avant de faire demi-tour, ses pas la reconduisant près de son petit protégé - qui n'était pas si chétif pour son âge, en réalité.
- L'intention ne suffit pas. Il faut la bonne prononciation, le bon rythme. Plasti-ciii-num. Recommencez encore.
Il finirait par y arriver, mais elle s'impatientait. C'était peut-être là le point commun que Katherine avait avec Nikolaï : elle n'avait plus que quelques années avant d'être forcée à la retraite, il n'avait vraisemblablement que quelques années à vivre. Il fallait optimiser ce qui leur restait, à tous les deux.
- Nous n'avons pas toute la nuit, monsieur Polyanski. Nous allons corser l'exercice, même si vos résultats ne sont pas parfaits. Voici ce que vous allez faire : je veux que montiez sur ce balai, que vous décolliez. Dès que vous prenez un peu de hauteur, vous transformez votre balai en lance. Ne faites pas cela de trop haut, je ne veux pas que la chute vous estropie inutilement.
Cette fois, Katherine se garderait bien de toute démonstration. Elle avait beau être une Auror hors pair - habituellement, en tous les cas - elle n'avait plus l'âge de réaliser des prouesses physiques. Elle se contenterait de rester au sol à le scruter.
- Avez-vous compris, monsieur Polyanski ? Vous décollez, vous transformez le balai en retombant en piqué. Je suis sûre que vous saurez gérer la chute en retombant sur vos pieds, il vous suffira de lâcher la lance juste avant qu'elle ne se plante dans le sol.
L'opération était difficile : Katherine avait observé le garçon pendant ses cours de Vol et attendu qu'il maîtrisât les bases pour passer à cet exercice. Mais combiner la concentration tant sur le balai que sur une transformation nécessitait une agilité magique qui relevait d'un véritable entraînement d'Auror. Du genre que l'on réservait plutôt aux jeunes diplômés de Poudlard qui voulaient embrasser cette carrière, avec leurs fraîches dix-sept années d'expérience. Or, ils n'avaient pas le temps d'attendre les 17 ans de Nikolaï.
- Allez-y, je vous observe. Tant que l'exercice n'est pas réussi... Vous savez ce qu'il vous reste à faire. Bonne chance.
[HRP :
Pour réussir l'exercice, Nikolaï doit réussir son envol (un dé 10) PUIS réussir son sortilège (un jet pour le sortilège Plasticinum). Il fait cela à basse altitude, donc on part du principe que même s'il peut se ramasser un peu, il va pas se casser une jambe. Au pire il mange un peu de boue :D
Pour le dé 10 :
- 1 : échec critique, le balai fuse et Nikolaï se vautre par terre.
- de 2 à 5 : échec, il n'arrive pas à s'envoler correctement.
- de 6 à 9 : réussite
- 10 : réussite critique, Katherine a des étoiles qui brillent dans les yeux en le regardant décoller]
L’Affaire de Blackmill [Mission]
Message publié le 16/03/2025 à 19:18
Katherine avait suivi les deux autres Aurors, silencieusement. Elle les regardait travailler avec une curiosité particulière : intéressée mais distante. L'engin qu'utilisait Alaska en particulier l'interpelait - les jeunes Aurors utilisaient de ces techniques qui la dépassaient clairement.
Les révélations physiques que permit le sortilège de Kaelen la ramena toutefois au sujet de cette enquête. Elle suivit à son tour les quelques traces, marchant soigneusement à côté du sentir qui se dessinait sous ses yeux pour ne pas risquer de brouiller les pistes avec ses propres bottes noires dont les talons s'enfonçaient désormais dans l'herbe boueuse.
Elle soupira.
- De la magie noire, certainement. Mais ça ne garantit en rien que l'on a à faire à un cador en la matière, commenta-t-elle sur un ton songeur, comme si elle parlait à demi pour elle-même, tandis qu'elle portait à son menton une main gantée pour réfléchir. Il me semble que nous avons affaire à un groupe de personnes... Ou bien à quelqu'un qui a fait beaucoup d'allers-retours.
Et dans les deux cas, ça ne lui semblait pas ressembler à un sorcier si chevronné que cela. Katherine prit le sentier qu'ils avaient décidé de suivre, et la fumée bientôt se rapprocha d'eux, menaçant de brouiller leurs sens.
- Aspirum, prononça-t-elle pour que sa baguette fit office d'aspirateur, afin d'être sûre qu'ils n'inhalassent rien de dangereux.
Aussitôt la baguette se mit à vrombir discrètement, aspirant tranquillement les émanations autour d'eux.
Katherine Dennison a lancé un sortilège !
- Sortilège
- Sortilège d'Aspiration
- Difficulté
- 3
- Résultat D20
- 8
- Interprétation
- Réussite
- XP gagnée
- 3
Aussitôt la baguette se mit à vrombir discrètement, aspirant tranquillement les émanations autour d'eux.
Autres résultats possibles
Message publié le 15/03/2025 à 10:46
Elle trouvait Pré-au-Lard sinistre. C'était étrange, comme tous les élèves, et même des professeurs de Poudlard, se pressaient pour voir les allées décorées de lumières vives, pour dépenser gallions et mornilles dans des friandises qu'ils consommeraient en quelques secondes à peine, sans même vraiment les apprécier, ou bien dans des babioles qui prendraient la poussière au fond d'une valise.
Là où chacun anticipait la joie des fêtes, Katherine voyait des hordes d'asservis par leurs plaisirs individuels. Travaillait-elle à protéger cela ? Probablement. C'était leur bonheur à eux.
Revêtue d'un trench beige dont le col lui remontait jusqu'aux oreilles, de bottes noires aux talons qui claquaient sur le pavé et de gants de cuir dont l'un tenait un long parapluie noir et fermé qui complétait le cliquetis imposé sur le trottoir, Katherine remontait l'allée centrale d'un pas vif, mais mesuré. Elle prenait malgré tout le temps d'observer. Les visages, les attitudes. De temps à autre, elle faisait mine de s'arrêter devant une vitrine, mais ses yeux glissaient sur les objets pour mieux jeter un regard discret à quelques pas derrière elle. Et quand elle fût sûre d'être tout à fait inaperçue dans ce flot ininterrompu d'acheteurs de Noël, elle se glissa entre les portes d'un établissement d'où lui parvenait le murmure de conversations animées.
La Tête de Sanglier n'avait guère beaucoup changé depuis les dernières fois où elle y avait mis les pieds : il lui sembla qu'il y régnait la même atmosphère épaisse, les mêmes échos de rires alcoolisés, les mêmes chuchotements aux tables de ceux qui se confessaient à un ami, un parent ou un amant. Tout se passait comme si les mêmes âmes avaient toujours fréquenté ce lieu ; seuls les visages avaient changé de traits, de nouveaux vêtements avaient été enfilés - mais les intentions étaient les mêmes, ainsi que les odeurs, les lueurs, les soupirs.
- - Un kir, s'il vous plaît.
Elle s'était rendue directement au comptoir, se débarrassant de son trench qu'elle déposa près de son parapluie sur un tabouret voisin avant de se percher à son tour - ses jambes sévères sous une jupe longue se croisèrent l'une sur l'autre tandis qu'elle s'accoudait, l'une de ses paumes retenant son menton, au comptoir où un jeune homme avait pris la commande.
Son verre arriva bientôt - une olive dans une petite coupe fine.
- - Merci. Le propriétaire est-il là ce soir ? demanda-t-elle sur le ton de la conversation, innocemment.
Message publié le 15/03/2025 à 10:41
Katherine Dennison ne se mêlait guère au personnel de Poudlard, à l'exception des moments où elle avait besoin de consulter quelqu'un concernant l'enfant dont elle avait la charge. Les affaires internes ne l'intéressaient pas le moins du monde : pour elle la célèbre Académie de Magie n'était qu'un ramassis d'adolescents en rût qui n'avaient aucune idée de ce qu'impliquait le monde des adultes et encore moins celui des affaires du Ministère. Elle restait donc plongée dans des activités qui étaient en lien avec sa mission : elle se plongeait dans de longues lectures sur les obscurus - ouvrages savants, rapports de mission récupérés au Ministère, écrits plus ésotériques provenant de sorciers de nations lointaines qui avaient une vue plus spirituelle sur ce qu'ils représentaient dans leur monde.
Quand elle ne lisait pas, Katherine avait un oeil sur l'enfant lui-même : elle l'observait de loin pendant les cours de vol, assise sur les gradins telle un phare sévère doté d'une parka grise et de lunettes noires, ou bien passait-elle discrètement à la fin des cours pour poser quelques questions au professeur de sortilèges ou de métamorphose au sujet de la prestation de Nikolaï.
Evidemment, cette surveillance allait au-delà de ce qu'on lui demandait initialement. Mais c'était ce qui avait fait la carrière de Katherine et on ne pouvait le lui enlever : quelle que fût la mission, elle se passionnait pour celle-ci, repoussait largement les objectifs initiaux, tirait parti de toutes les opportunités. Par le passé, cela lui avait valu des résultats brillants autant que des inimitiés venimeuses, jusqu'au drame.
Mais Katherine ne changerait pas. Elle avait compris, avec le temps, que c'était là sa mission de vie : aller au-delà. Repousser les limites. Pas seulement pour l'adrénaline que fournissait ce défi, pas seulement pour le challenge, mais parce que c'était ainsi que l'on faisait avancer l'histoire, même si c'était au détriment de sa propre carrière. Les personnages lisses qu'étaient leurs derniers Ministres de la Magie n'avaient été que des pions sans cesse manipulés.
Bref, toujours était-il que même si la surveillance d'un obscurial était aux yeux du Ministère une forme de mise au placard, Katherine irait exploiter toutes les potentialités de cette mission.
Et peut-être même que quelqu'un au Ministère comptait précisément sur cela.
A mesure que l'automne avançait, la nuit tombait plus tôt. Si tôt désormais que dès la fin des cours, après le dîner, les élèves se réfugiaient hâtivement dans leurs salles communes. Katherine profitait de la discrétion qu'offrait la nuit pour donner rendez-vous à Nikolaï non plus dans le bureau, mais dehors. Elle lui laissait bien sûr le temps de prendre son dîner. Et puis, il revenait dans sa chambre, et il trouvait un parchemin pour son rendez-vous du soir.
Cette fois-ci, c'était sur le terrain de Quidditch. Avec l'annulation du Tournoi annuel, les entraînements étaient moins fréquents, et l'endroit velouté par une herbe fraîche restait étrangement vide et silencieux.
Katherine l'avait attendu au milieu du terrain. Une demi-Lune peinait à éclairer les anneaux dont les silhouettes hautes paraissaient plus sinistres que d'ordinaire, mais Katherine s'était parfaitement accomodée de l'osbcurité : elle avait vu immédiatement la silhouette de Nikolaï - elle avait tant appris à l'observer désormais qu'elle devinait à sa démarche si la journée avait été ou non éprouvante. Non pas que cela influençât son programme : Nikolaï était programmé pour braver bien pire que le froid, la nuit ou une journée de potions ratées au cours de monsieur Brooks.
- Bonsoir, monsieur Polyanski, l'accueillit-il avec cette même politesse formelle qu'au premier jour, à la façon d'un juge distant qui s'adresse au témoin d'une affaire terrible, au tribunal.
Elle portait des bottes à talons qui s'enfonçaient légèrement dans la terre meuble, et elle tenait dans ses mains un balai - c'était un vieux modèle, au manche noir bien entretenu, et au crin cassant mais rigide. Il ressemblait vaguement aux modèles de balai utilisés par les polices sorcières des siècles passés - fourniture du Ministère, certainement. A ses pieds, un second balai - un tout simple de l'école - était déposé au sol.
- Comme vous le savez certainement, je trouve que vos enseignements de Poudlard ne sont pas suffisants, expliqua-t-elle. Je veux que vous soyez capables de combiner davantage vos atouts magiques. Aujourd'hui, nous allons combiner vos aptitudes physiques, avec du Vol et de la Métamorphose.
Il y eut un silence, pendant lequel elle ne le quitta pas du regard. Elle articulait toujours relativement lentement avec lui, pour être sûre qu'ils se comprissent bien.
- Mais d'abord, je veux être sûre que vous maîtrisiez ce dont nous avons besoin.
Elle désigna le balai au sol.
- Transformez ce balai en une lance. Comme ceci.
Katherine avait sorti sa baguette. Elle pointa son propre balai qu'elle tenait dans l'autre main.
- Plasticinum, articula-t-elle pour lui rappeler le sortilège - mais rien ne se produisit. Les sourcils de Katherine s'élevèrent puis elle reporta son regard sur Nikolaï. - Bon, je ne l'ai pas fait, je n'en avais pas l'intention bien sûr, c'était juste pour vous rappeler la formule. A vous.
Katherine Dennison a lancé un sortilège !
- Sortilège
- Sortilège de Modelage
- Difficulté
- 5
- Résultat D20
- 4
- Interprétation
- Échec
- XP gagnée
- 10
- Plasticinum, articula-t-elle pour lui rappeler le sortilège - mais rien ne se produisit.
Les sourcils de Katherine s'élevèrent puis elle reporta son regard sur Nikolaï.
- Bon, je ne l'ai pas fait, je n'en avais pas l'intention bien sûr, c'était juste pour vous rappeler la formule. A vous.
Autres résultats possibles
Katherine soupira, et défit son sortilège.
- Pardon, c'est parce que je pensais à autre chose en même temps, bredouilla-t-elle, embarrassée. Mais vous avez compris le principe. A vous.
Message publié le 06/03/2025 à 20:29
Katherine l'observa longuement. Les réponses de Nikolaï étaient intéressantes. Elle ne savait si c'était grâce au fait qu'ils utilisaient désormais une langue avec laquelle il était plus à l'aise, mais il transparaissait enfin des informations plus utiles que tout ce que l'enfant avait pu dire de bien polissé depuis le début de leur courte rencontre.
Au bout d'un moment, un sourire se dessina doucement sur les lèvres de Katherine.
- - Ma conscience, souffla-t-elle, énigmatique. Ma conscience...
Elle finit par acquiescer lentement.
- - Oui. Ce doit être pour ça, bien sûr.
Silence. Seul le feu crépitait, mourant cependant petit à petit, et avec lui la lumière semblait vouloir s'échapper progressivement de ce huis-clos étouffant. Madame Dennison pourtant semblait parfaitement à son aise, comme si ses petits yeux de rapaces y voyaient tout aussi bien dans la pénombre - et même mieux.
Elle s'humecta les lèvres.
- Je vais vous libérer pour le reste de la soirée, monsieur Polyanski. A partir de ce week-end, cependant, nous débuterons des entraînements visant à entretenir votre force et votre technique - voire pourquoi pas, les faire progresser.
Elle s'adressait à lui comme un scientifique satisfait approuverait le bon comportement d'un cobaye, comme prêt à lui fournir même, pourquoi pas, une petite friandise. Mais madame Dennison savait parfaitement qu'elle n'amadouerait guère ainsi Nikolaï : il avait trop d'honneur, et c'était parfait ainsi. De nouveau, elle sourit.
- Bonne nuit, monsieur Polyanski.
Elle ne le regardait déjà plus.
L’Affaire de Blackmill [Mission]
Message publié le 19/02/2025 à 08:42
Katherine avait fini par se faire à sa nouvelle vie à Poudlard. Elle était telle un vieux rapace installé dans les crevasses qui fissuraient un vieil édifice : elle toisait le monde d'en haut, ne se mélangeait guère aux autres espèces que constituaient la faune étrange du château écossais.
Sa mission principale, bien sûr, était de surveiller l'enfant. Mais bien que Nikolaï fut un garçon exceptionnel, il avait ici une vie d'écolier plutôt ordinaire : il allait en cours, il faisait ses devoirs, il dormait. Il voyait un ami que Katherine tenait à l'oeil, lui aussi.
En bref, c'était une vie dans laquelle elle s'ennuyait ferme. Et c'était sûrement ce que ses collègues avaient voulu pour elle, puisqu'ils connaissaient tous son goût pour les situations retorses et l'adrénaline qu'elles créaient. C'était sa punition.
Aussi, quelle ne fut pas sa surprise d'être conviée dans une enquête à quelques lieues de là : Blackmill, petit village gris et isolé. Ils n'avaient pas dû avoir le choix, pour la contacter elle.
Oh, comme il était bon de leur faire cette petite fleur. Ah, elle leur était encore de temps à autre indispensable n'était-il pas ? Même s'ils faisaient comme si elle était infréquentable. L'hypocrisie du Bureau la faisait sourire. Ses collègues seraient ravis.
Car on ne l'avait pas envoyée seule en renfort - ç'eut été étonnant. Ils ne lui faisaient pas confiance à ce point.
Katherine avait transplané au coeur du village, au point de rendez-vous, pour y retrouver Harrington, Rowle et D'Arcylton, qu'elle avait salué d'un sourire faux. Tout le monde savait ici qu'elle était là car il n'y avait personne d'autre.
- S'ils sont encore en vie, souffla-t-elle toutefois comme une précaution orale, écoutant malgré tout soigneusement le discours du chef de la Brigade.
Elle emboîta le pas au groupe, qui sinuait maintenant entre les ruelles étroites et mornes, dissertant à voix haute. Katherine tenait, autour de son col, sa cape noire serrée d'une main gantée de cuir sombre, pour se préserver du froid, une oreille distraite écoutant les suppositions des autres, tandis son regard se promenait passivement sur les pots de fleurs qui ornaient les balcons : des feuillages verts survivaient ça et là, mais les fleurs coloraient se cacheraient jusqu'au printemps.
Un vieil arbre sinueux était coincé au bout d'une place, forçant sa place de son gros tronc entre des bâtis de pierre grise, comme s'il se battait éternellement avec les murs. A son pied, de jeunes pousses bravaient le vent, chargés de feuilles fraîches, prompts à démontrer qu'ils étaient les plus vaillants.
Katherine sourit pour elle-même. Ces jeunes, si impatients de démontrer leur valeur.
Message publié le 15/02/2025 à 07:55
Une fois le sceau resserré, Katherine s'était redressée en réservant pour l'enfant un regard satisfait. Il se dessina sur ses lèvres fines un sourire indulgent pour la naïveté de l'enfant, avant de s'en retourner contourner son bureau.
- C'est parce que les sorciers anglais veillent toujours à la moindre faille potentielle qu'ils sont parmi les meilleurs au monde, voyez-vous ? Bien des choses dans la magie sont paradoxales, et celle-ci en fait partie : le meilleur des sorciers est celui qui sait qu'il peut faillir.
Katherine se réinstalla dans son fauteuil avec des gestes mesurés, posant à sa droite sa baguette, saisissant ensuite sa plume pour se remettre à gratter les éléments importants qu'il lui fallait noter après ses observations.
- ... Mais vous êtes peut-être encore un peu jeune pour comprendre ces subtilités, soupira-t-elle comme si elle se parlait à elle-même, à voix un peu plus basse.
Ni l'insolence à peine masquée de l'enfant, ni la douleur qu'elle avait vue transparaître dans ses mâchoires et ses poings serrés ne paraissait avoir affecté Katherine Dennison. Après que le sceau eût brillé si intensément, le bureau semblait soudain plus sombre, dissimulant presque les traits concentrés de la femme qui n'avait plus un regard pour Nikolaï.
Pourtant, la réalité était qu'elle réfléchissait à sa dernière question. Le russe était loin d'être idiot. Il était arrivé aux mêmes conclusions que les adultes le concernant. Alors, elle finit par reposer sa plume sur le porte-plume après avoir terminé une dernière phrase, puis elle se laissa aller contre le dossier du fauteuil pour croiser les mains sur ses genoux. Elle l'observa de son regard perçant longuement : il lui semblait que la peau du garçon luisait encore de la sueur que lui avait arrachée l'épreuve, mais ses yeux étaient durs comme le fer. Comment les russes avaient-ils fait pour réprimer tant l'expression des émotions de Nikolaï au point qu'il n'en fut plus lui-même conscient ?
Katherine s'humecta les lèvres.
- Dites-moi, monsieur Polyanski. Si vous aviez le choix. Préfèreriez-vous être libéré de l'obscurus pour vivre une longue vie mais ne jamais retourner aux batailles de votre patrie, ou bien préfèreriez-vous retourner à la guerre en étant sûr que vous ne vivrez plus que quelques mois ?
Elle décolla son dos du fauteuil, comme pour l'observer d'un peu plus près.
- Что хуже, господин Полянский? Отказаться от войны или отказаться от жизни ? (Qu'est-ce qui est pire, monsieur Polyanski ? Renoncer à la guerre, ou renoncer à la vie ?)
L'accent britannique de Katherine était certainement perceptible, mais sa grammaire et son phrasé étaient parfaits.