Harry Potter RPG

Liste des messages de Adaline McBride

Adaline McBride

Femme

32 ans

Sang-mêlé

Britannique

Observation médicale

Message publié le 11/02/2026 à 15:20

Une blague… Ça ne peut pas être autre chose. Je ne sais pas si je ne préférais pas la version précédente : la chute dans les escaliers.

 

Si le garçon avait réellement usé d’Amortentia, son interlocuteur n’aurait jamais osé s’en prendre à lui. À moins qu’il ne soit pas, lui-même, la cible de la potion - mais, dans ce cas, plus rien n’avait de sens. Mon pouce et mon index viennent masser doucement mes globes oculaires qui, à défaut de pouvoir foudroyer qui que ce soit, commencent à me piquer sérieusement.

 

Puis la révélation. La vérité qui, enfin, éclate - au rythme des balbutiements de la jeune fille, de nouveau au bord du malaise. Les questions affluent par dizaines ; il faut trier, vite. Je fixe le jeune homme à ses côtés, puis j’adresse quelques mots à la gamine.

 

- Merci pour votre franchise, miss Butler. C’est une qualité rare, de nos jours…

 

Le sous-entendu n’a rien de subtil. Et même si je comprends désormais que ce n’était ni lui-même ni son agresseur qu’il cherchait à protéger, l’acidité dans ma voix suffit à faire passer le message : les explications de Mellitus ne sont pas à mon goût. D’autant que, si j’ai bien compris, l’envoûtement n’était pas intentionnel.

 

- Quand avez-vous découvert vos pouvoirs ? En avez-vous déjà parlé à l’un de vos professeurs ?

 

Les pouvoirs d’une vélane sont puissants. Et dangereux. Surtout lorsqu’ils ne sont pas maîtrisés - même lorsqu’on n’est qu’une demi-vélane. La phase de découverte est généralement la plus instable : on ne se rend pas compte du déclenchement, on dose mal… et l’on envoie son petit copain à l’infirmerie par inadvertance.

 

- Vous comprendrez bien que je ne peux pas garder cette information pour moi… Pas pour vous punir. Pour vous protéger, vous et vos camarades. Vous allez devoir apprendre à contrôler ces pouvoirs si vous ne voulez pas que ce soient eux qui dictent vos choix à l’avenir.

 

Un instant. Une inspiration. Puis j’ajoute, plus posément :

 

- J’expliquerai la situation à votre directeur de maison. Il voudra sans doute vous recevoir afin de mettre en place certaines mesures, si jamais une situation similaire venait à se reproduire. Je demanderai aussi à Isha de passer une fois que vous serez partis, pour m’assurer que tout va bien de son côté… Je ne lui dirai rien. Mais il risque d’avoir des soupçons à votre égard. La magie laisse des traces, miss Butler, et le souvenir de votre agression, monsieur Cavell, doit déjà lui poser quelques questions existentielles à l’heure qu’il est.

 

Si la questions du jeune homme se font trop instantes, si le souvenir du passage à tabac provoque chez lui un quelconque traumatisme, personne ne pourra me reprocher d'avoir effacé le problème et étouffer l'histoire après tout...


Observation médicale

Message publié le 07/02/2026 à 22:55

Un cas isolé ? Comment pouvait-il être si sûr que son agresseur ne recommencerait pas ? Le jeune homme hésite un instant avant de reprendre la parole, puis l’information finit par tomber. Je ne peux m’empêcher de lever un sourcil : Isha est le capitaine de l’équipe de Quidditch de Serdaigle et - aux dernières nouvelles - il avait souhaité exclure Mellitus avant de le faire réintégrer. Pas vraiment un signe de stabilité émotionnelle à mon sens… mais soit, passons encore.

 

Qu’est-ce qui avait bien pu provoquer une dispute d’une telle ampleur, au point de laisser son camarade sur le carreau après un passage à tabac en règle ? Ma lèvre me fait mal ; je devrais vraiment travailler sur ce tic - dès que je suis plongée dans mes réflexions, je me mets à la mordre. Passant un doigt pensif sur celle-ci, je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel lorsque j’entends la voix de Nellie s’élever de l’autre côté du rideau.

 

D’un geste de la main, je fais disparaître le tissu, dévoilant à nouveau les amoureux l’un à l’autre - pitié, qu’ils ne recommencent pas à se donner des petits noms mielleux.

 

Bon… visiblement, il est inutile de vouloir vous séparer puisque, au final, la vérité me viendra un peu de l’un et un peu de l’autre.

 

Mon regard passe tour à tour du visage de Mellitus à celui de Nellie.

 

Pourquoi Isha s’en est-il pris à toi, Mellitus ? Comment sais-tu qu’il a été envoûté, Nellie ? Savez-vous - l’un ou l’autre - qui l’aurait ensorcelé et dans quel but ?

 

Comment se fait-il que Nellie - qui n’était pas présente lors de l’attaque - sache que le comportement d’Isha était celui d’un homme ensorcelé ? Si elle avait été sur place, nul doute qu’elle serait venue à l’infirmerie retrouver son ampoule - enfin, sa lumière - bien plus tôt. Et si elle avait vu le jeune homme se faire ensorceler, pourquoi ne l’avait-elle pas signalé à un professeur ?

 

Au fond, Mellitus était-il au courant lui aussi ? Est-ce pour cela qu’il est convaincu qu’il ne s’agit que d’un cas isolé ?

 

Et voilà… ma migraine me reprend.


Observation médicale

Message publié le 06/02/2026 à 23:06

À peine ai-je prononcé son nom que le jeune Mellitus, jusqu’ici calmement installé au fond de ses draps, se rue hors de son lit pour venir à mes côtés, au chevet de la jeune fille. Je ne peux retenir un soupir d’exaspération - teinté toutefois d’un sourire - devant le ridicule de la situation… Nellie, à en juger par les cernes sous ses yeux et son état de fébrilité, devait avoir veillé toute la nuit le retour de son camarade. Enfin… peut-on encore parler de camarade lorsqu’on s’appelle « Ma Lumière » ?

 

- Comme tu peux le voir, Mellitus va bien. Il est arrivé en piteux état, mais une nuit de repos et quelques bons soins me permettent de te le rendre indemne. Alors, s’il te plaît : détends-toi, à présent.

 

Je m’éloigne quelques instants pour préparer un verre de jus de citrouille dans lequel je glisse quelques gouttes d’un philtre de Paix. J’y ajoute une chocogrenouille - pour calmer l’hypoglycémie qui doit la guetter - puis je reviens vers les deux jeunes tourtereaux. Je tends le verre et la friandise à la jeune fille ; je reste inflexible quant à la prise du traitement et j’attends patiemment qu’elle finisse, jusqu’à la dernière goutte, sa boisson.

 

- Bien. Reste tranquille, maintenant. J’ai encore deux ou trois questions à poser à Mellitus et - promis - je te le rends. Et mange cette chocogrenouille. Ça te fera du bien.

 

Sans attendre de réponse - ni accord, ni protestation - je pose ma main sur l’épaule du garçon, doucement mais fermement, et le guide jusqu’à son lit désormais taché d’un petit déjeuner gâché. La fougue de la jeunesse, sans doute. Ou des hormones en ébullition. D’un geste las, je nettoie les dégâts et j’invite le jeune homme à se réinstaller. Qu’il se recouche ou se contente de s’asseoir au bord m’importe peu, tant que l’on peut discuter.

 

- Où en étions-nous ?

 

Tu t’installes au pied du lit, déjà las d’une journée à peine entamée. On peut dire qu’ils auront mis l’ambiance, ces deux-là ! Au moins, l’irruption de la petite Butler me permettra peut-être d’avoir le fin mot de toute cette histoire.


Observation médicale

Message publié le 05/02/2026 à 21:24

- Pour faire simple : ton œil gauche a subi une hémorragie. Avec quelques minutes de plus, tu aurais très bien pu le perdre. Donc… oui, on peut dire que c’était grave.

 

Le garçon ne semble pas se rendre compte de la violence des coups qu’il a reçus. J’ignore qui il cherche à protéger - si ce n’est lui-même - mais je ne peux décemment pas laisser les choses en l’état. J’ai déjà alerté, comme le veut le protocole en pareille situation, le directeur de Serdaigle. Nul doute qu’il voudra lui aussi connaître l’identité du coupable. Ce n’est pas tous les jours qu’on retrouve un élève à moitié battu à mort dans les couloirs. Même à Poudlard.

 

Avant même que j’aie le temps de lui répondre, il enchaîne sur une question pour le moins surprenante.

 

Un stage ? Ici, à Poudlard ?

 

Lui-même se rend compte qu’un souci se posera sur la période demandée : entre juillet et août, le château est quasi désert et - même si je restais à l’infirmerie, ce qui n’est pas le cas - qu’y aurait-il à observer, sinon des lits vides ? Je mets sa demande de côté pour le moment et reviens à ce qui m’intéresse.

 

- Je te remercie pour ta franchise, mais je suis dans l’obligation d’insister… celui ou celle qui t’a fait ça pourrait recommencer. S’en prendre à nouveau à toi, ou à l’un de tes camarades. Tu ne rendrais service à personne en protégeant ton agresseur - et certainement pas à toi-même.

 

Avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche, des coups retentissent à la porte de l’infirmerie. Je lève un sourcil : les coups sont pressants. Je n’ai même pas le temps de me lever que la porte s’ouvre d’elle-même, laissant entrer quelqu’un à la hâte. Une voix - affolée - puis plus rien, comme un souffle coupé.

 

Ma baguette bien en main, je me lève vivement en précisant à Mellitus :

 

- Je reviens dans un instant.

 

J’écarte les rideaux et tombe nez à nez avec la petite nouvelle - de Serdaigle, elle aussi. Inconsciemment, je suis soulagée de voir qu’elle n’est pas en sang, contrairement à son camarade la veille. Pourtant, elle a l’air à deux doigts de s’effondrer. Sans réfléchir, je lève ma baguette.

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit le plus proche.

 

Il est encore tôt… Qu’est-ce qui peut bien la mettre dans cet état ? Je m’approche, pose une main sur son front et tente d’accrocher son regard.

 

- Nellie ? Est-ce que tu m'entends ? Nellie ?

Adaline McBride a lancé un sortilège en utilisant sa baguette : La Compresse !

Sortilège
Sortilège du Corps Ondoyant
Difficulté
4
Résultat D20
8
Interprétation
Réussite
XP gagnée
10

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit le plus proche.

Autres résultats possibles

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit le plus proche.

Le corps de la jeune fille ne bouge pas d'un pouce... espérons qu'elle tienne debout.

Le corps de la jeune fille quitte doucement le sol pour aller se poser en douceur sur le lit déjà occupé par l'autre gamine. Oup's...


Observation médicale

Message publié le 05/02/2026 à 15:29

Décidément, quelque chose ne tournait pas rond.

 

La veille, un élève de septième année avait été amené à l’infirmerie par quelques-uns de ses camarades. On l’avait retrouvé dans un état pitoyable, rampant dans les couloirs. J’avais déjà reçu ce garçon une ou deux fois pour des blessures mineures - comme la plupart des joueurs de Quidditch de cette école, à vrai dire. Sauf que, cette fois, aucun cognard n’aurait pu provoquer de tels dégâts.

 

Il souffrait d’un hyphéma à l’œil gauche, l’arcade sourcilière droite était fêlée, et ses lèvres éclatées. Sa mâchoire avait encaissé quelques coups, mais rien de comparable à l’état de ses côtes : l’une d’elles s’était déplacée et avait failli lui transpercer un poumon. C’est à moitié mort - ou presque - qu’il avait marmonné qu’une chute dans les escaliers était responsable de son état. Bah voyons.

 

Je n’avais pas relevé sur le moment. J’avais bien assez à faire pour le maintenir conscient et le tirer d’affaire. Le pauvre avait sûrement passé l’une des nuits les plus désagréables de sa vie. Réparer des os, c’est un jeu d’enfant : s’il n’y avait eu que ça, une nuit de repos aurait achevé ce que les sortilèges avaient commencé. Non, le plus embêtant, c’était l’hyphéma. Les Moldus traitent ça - au petit bonheur la chance - avec du repos. Ici, la potion qui stoppait l’hémorragie était efficace à cent pour cent… mais les picotements qu’elle provoquait pendant les premières heures étaient insupportables.

 

Au matin, le garçon avait repris des couleurs, mais je ne pouvais pas le laisser sortir en me contentant de cette explication bancale. Une chute dans les escaliers… Il me prenait pour un lapin de six semaines ?

 

C’est en lui apportant son déjeuner que je décidai de passer à l’offensive. Je déposai devant lui le plateau qui lui était destiné, puis tirai les rideaux autour de son lit afin de nous isoler du reste de la salle. Il n’y avait personne, en dehors de nous et de cette gamine, là-bas, qui s’était renversé une potion mal préparée sur les genoux.

 

- Alors, Mellitus… Et si tu me racontais ce qui t’est réellement arrivé hier soir ? Je sais que les escaliers du château sont retors, mais pas au point de manquer de te rendre aveugle.

 

Je pris place sur une chaise à côté de son lit, sans le quitter des yeux, attentive à la moindre réaction.

 

- Tu avais des marques de coups francs quand tu es arrivé ici… et, à moins que tu ne t’en sois pris une série en dévalant les marches, je ne vois pas bien le rapport avec une “simple chute”. À moins que tu aies été piétiné par une cohorte de premières années inattentifs… mais j’en doute.


Lardinage du nouvel an

Message publié le 25/01/2026 à 12:31

Le trajet vers Pré-au-Lard avait été d’un calme royal. Assise à l’extérieur d’une calèche - sur l’arrière, en réalité - j’écoutais d’une oreille distraite les conversations étouffées qui se tenaient à l’intérieur. L’excitation de certains élèves, les plus jeunes surtout, était presque palpable. Je laissai échapper un soupir nostalgique : ce n’était pas si loin, et pourtant j’avais désormais l’impression qu’un siècle me séparait de mes années à Poudlard.

 

Je laissai les minutes s’écouler dans le froid de l’hiver en réfléchissant silencieusement aux activités à mener une fois le petit village sorcier rejoint. D’abord, un thé chaud chez Madame Pieddodu. Sa composition à base de cannelle et de petits morceaux de guimauve était un régal. Ensuite, je ferais sans doute un tour chez Zonko pour étudier leurs nouveautés. Il n’y avait pas meilleur moyen de soigner les idioties des élèves que de comprendre comment fonctionnaient les farces et attrapes modernes.

 

Une bonne heure plus tard…

 

Une pastille de gerbe.

 

Il est impressionnant de constater que certains articles vieux d’un siècle se vendent encore aussi bien - et n’ont jamais été surpassés. Les frères Weasley étaient de vrais génies lorsqu’il s’agissait de farces et attrapes. Il était, aujourd’hui encore, presque impossible de détecter l’usage de ce genre de pastilles. Épistaxis ou nougats Néansang ? Syncope ou petits-fours Tournedeloeil ? Bien malin celui qui prétend repérer la supercherie à coup sûr.

 

La porte de la boutique s’ouvrit, et j’observai d’un œil distrait les nouveaux arrivants… de Poudlard, évidemment.

 

Je me glissai dans le dos du jeune Blackburn et le suivis quelques instants sans dire un mot, avant de lui glisser à l’oreille :

 

- Attention avec ce télescope : si tu le serres trop fort, il va t’en coller une, tu sais.


Lardinage du nouvel an

Message publié le 10/01/2026 à 14:03

Après la première épreuve, l’activité se calme nettement à l’infirmerie et - je dois bien l’avouer - je m’attendais à recoudre des choses plus… spectaculaires. Noël touche à sa fin. Bientôt, les cours reprennent, avec leur lot d’accidents, de maladresses, de bravoure mal placée et de « c’est rien, madame » qui saigne sur mon carrelage.

 

Comme pour me remettre doucement dans le bain, la direction a eu la bonne idée d’organiser - sous la tutelle d’un professeur, évidemment - une sortie de groupe à Pré-au-Lard.

 

En plus de nos hurluberlus habituels, quelques élèves débarqués tout droit de Beauxbâtons et d’Uagadou se joignent au voyage. C’est donc tout naturellement que je décide de marcher avec eux, histoire de m’assurer qu’aucun ne finira à l’infirmerie pour des engelures après une bataille de boules de neige qui aura « juste un peu » trop duré.

 

Un petit groupe s’est déjà formé dans la cour centrale, autour du professeur Ravental : le nouveau professeur de botanique. Je n’ai pas encore eu l’occasion de faire connaissance avec lui. Ce sera l’occasion de jauger ses compétences… et, au besoin, de lui “emprunter” deux ou trois plantes. Pour le bien commun, bien sûr.

 

- Professeur Ravental ! Permettez que je me joigne à votre petit groupe ?

 

La question est rhétorique. La cape en fourrure et la robe doublée ne laissent aucun doute : je ne suis pas venue par hasard…


Les élus du tournoi

Message publié le 25/10/2025 à 17:47

Le directeur de Poudlard a toujours eu cette façon bien à lui d’entretenir le suspense… cette élocution — forcément calculée — ponctuée de silences, comme des échappées d’air dans un discours trop bien ficelé. Alors, ce choix aujourd’hui, celui de ne rien dire ou presque, et de simplement marcher vers l’inexorable, c’est sans doute un signe : même lui s’est laissé prendre au jeu de la sélection.

 

Au début, je ne voyais dans ce tournoi à la noix qu’une énième raison de me rajouter du travail. La plupart des élèves sont déjà suffisamment doués pour se blesser en cours de botanique ou pendant les soins aux créatures magiques. Sans parler des ratés en métamorphose ou des enchantements foireux. Les occasions de se mettre en danger ne manquent pas.

 

Alors forcément, quand on m’a annoncé il y a trois ans que le Tournoi des Trois Sorciers allait être relancé — et qu’en plus, il aurait lieu à Poudlard — j’ai pas sauté au plafond.

 

Et puis… entre les nouveaux visages venus d’autres écoles, cette effervescence de rencontres, et ce directeur ougandais au charisme indéniable, j’avoue : je me suis peut-être moi aussi laissé prendre au jeu du grand tournoi.

 

Applaudir à tout rompre aux côtés du reste du corps enseignant, à l’annonce du nom du champion, m’a procuré un plaisir certain. Savoir que c’est une jeune fille qui représentera notre école cette année… ça laisse penser que tout n’est peut-être pas encore perdu.


Check-up de routine

Message publié le 11/07/2025 à 20:37

Il frappe dans ses mains, se recoiffe d’un geste, redonne à ses gestes cette assurance vibrante qu’il porte comme une seconde peau. Son sourire d’enfant malicieux est presque convaincant. Presque. Mais je connais ce genre de retour soudain à la légèreté : un réflexe, une armure hâtivement redressée sur des certitudes fissurées.

 

Alors je le laisse reprendre contenance sans le couper, sans le retenir. C’est important, ce moment où il croit encore maîtriser ce qu’il peut, où il se réaffirme vivant, utile, présent.

 

Je lève doucement la potion qu’il agite entre deux doigts, et je réponds, le regard ancré dans le sien :

 

Oui, nous avons terminé pour aujourd’hui. Mais… on n’a pas terminé, Aldebert.

 

Mon sourire reste doux, pas moqueur, simplement un ancrage pour ne pas le laisser dériver.

 

Tu vas prendre trois gouttes de cette potion le matin, trois le soir. Pas uniquement quand tu as des douleurs. Elle agit en prévention, en stabilisation. Elle ne supprime pas le problème, elle le maintient en laisse, le temps qu’on trouve comment te rendre cette magie que tu aimes tant maîtriser.

 

Je m’approche, reprends la fiole entre ses doigts, lui montrant le liquide bleu argenté qui capte la lumière comme une constellation flottante.

 

Quand tu n’en as plus, tu viens me voir. Moi. Cette potion, tu ne la laisses pas traîner, tu ne la partages pas, tu la prends sérieusement. Tu le peux ?

 

Je marque une pause, puis je tends de nouveau la fiole, cette fois pour de bon.

 

Et je veux que tu notes tout ce que tu ressens. Les jours où les crampes sont plus fortes, les moments où ta magie te lâche, même de manière infime. Ce n’est pas un examen que tu réussis ou échoues, Aldebert, c’est une observation. Un suivi.

 

Je le regarde, avec cette même douceur sérieuse qu’on réserve à ceux qui croient qu’ils doivent tout affronter seuls, parce qu’ils ont passé leur vie à le faire.

 

Je ne te demande pas d’en parler à Balthazar. Ni à qui que ce soit, si tu n’en as pas envie. Mais si ça progresse, si tu te sens dépassé, tu viens. Tu n’as pas à porter ça tout seul, d’accord ?

 

Je recule légèrement, m’appuyant contre le bureau, le laissant respirer, le laissant se redresser dans cette pièce qui lui semble soudain trop blanche, trop pleine de vérités.

 

Puis, mon sourire s’étire enfin, plus lumineux :

 

Et tu pourras toujours recommander mon infirmerie. Dix sur dix, hein ? Avec la potion, je fais aussi des biscuits.

 

Je le laisse s’emparer de sa potion, de sa dignité, de ses derniers rires, comme il sait si bien le faire. Parce que c’est sa manière de garder la tête haute, et que je n’ai pas besoin qu’il fasse autrement. Il reste Aldebert Wickerson, qu’il soit sous les étoiles ou face à ses faiblesses, et il mérite qu’on le regarde comme tel.


Check-up de routine

Message publié le 02/04/2025 à 14:15

Je ne réponds pas. Son sarcasme, même s’il m’arrache un sourire discret, n’est pas un appel à être contredit. C’est une stratégie de survie. Une manière de détourner la gravité du moment, de la draper d’humour pour qu’elle devienne plus supportable. J’en ai vu d’autres. J’en ai vu des dizaines, des centaines même, d’élèves, de professeurs, de visiteurs de passage, tous essayant de transformer leurs inquiétudes en farces. C’est une ruse bien humaine. Et une ruse que je respecte, tant qu’elle ne devient pas un mur.

 

Une simple pression, oui, je murmure avec un sourire tranquille. Je te promets qu’on ne va pas te transformer en spécimen d’étude. Même si… je suis curieuse de voir de quoi est fait un Aldebert Wickerson.

 

Je prépare le sort avec méthode. Il ne voit pas mon visage à ce moment précis, occupé qu’il est à retrousser sa manche avec un mélange de lassitude feinte et de tension réelle. Moi, je vérifie les fioles, ajuste l’angle de la lumière magique qui flottera au-dessus de l’échantillon une fois ponctionné.

 

Ma baguette décrit un mouvement lent, précis. J’effleure son avant-bras avec deux doigts, cherche le bon point de pression, là où le flux magique se concentre en nappes fines sous la peau. Lorsqu’il évoque Balthazar, je lève à peine les yeux, le regard attendri.

 

Il faudra que tu lui dises ça toi-même. Je doute que ce soit bien reçu, mais je veux voir sa tête.

 

Un dernier sourire, puis je reviens à la tâche.

 

Tu vas sentir un picotement. Pas plus fort qu’une piqûre de moustique.

 

Je me concentre.

 

#[Punctura] , avant-bras, point nerveux médian.

 

Un fin filament de lumière s’échappe de ma baguette pour venir se déposer contre sa peau. Il s’y fond lentement, à peine visible, jusqu’à ce qu’une goutte d’un liquide pâle, nacré, perle à la surface. Je la recueille aussitôt dans une fiole, que je scelle d’un geste net. Pas une goutte de sang, pas de douleur visible — juste une trace de magie condensée, brillante, un reflet de lui-même.

 

Je murmure ensuite :

 

#[Efflueo Videre] .

 

La fiole s’illumine doucement tandis que le contenu se sépare, en couches fines, presque translucides. Le parchemin suspendu à côté du plateau réagit immédiatement, des symboles runiques apparaissant les uns après les autres, formant des lignes d’analyse que je suis du regard. Les signes se lisent comme une partition. J’avance doucement les yeux, attentive à la moindre anomalie.

 

Je ne dis rien tout de suite. Je veux être sûre. Il y a des indices. Rien de flagrant, rien d’écrasant, mais des schémas apparaissent dans les couches énergétiques. Un ralentissement de l’afflux magique dans les cellules motrices. Un résidu de flux instable, typique des interférences neuromagiques. Ce ne sont pas des preuves… mais ce sont des empreintes. Et elles mènent toutes à la même piste.

 

Je repose le parchemin flottant, le regard plus grave, mais toujours mesuré. Je ne veux pas trancher trop vite, ni jouer au devin. Je le regarde, le vrai, pas le patient. L’homme, là devant moi, qui vient de poser sa confiance sur la table.

 

Les résultats montrent une instabilité magique localisée. Ce n’est pas encore avancé, mais... ce n’est pas non plus rien. Je pense que la potion de Magnus t’apportera un soulagement net. Si c’est bien la Synchrolyse, elle l’atténuera suffisamment pour te permettre de fonctionner normalement. Du moins, dans cette phase-là.

 

Je laisse les mots s’installer, sans les enfoncer. Puis j’ajoute :

 

Ce qu’on vient de faire, c’est une photo, Aldebert. Un instantané. Il va falloir suivre l’évolution. Voir si les symptômes s’aggravent, ou si on peut les stabiliser.

 

Je referme la fiole, la place soigneusement dans une boîte étiquetée à son nom, que je rangerai dans les archives médicales. Il reste silencieux. Peut-être que le silence est la seule réaction possible, maintenant.

 

Alors je fais un pas vers lui, simplement, sans le brusquer.

 

Tu veux que je te laisse un moment ? Ou… que je reste ?

 

Ma voix est douce, basse. Parce que parfois, la meilleure façon d’aider, c’est juste d’être là. Pas pour répondre, pas pour expliquer. Juste pour ne pas laisser quelqu’un seul avec cette nouvelle part de vérité.


Fidèle patientèle

Message publié le 25/03/2025 à 15:42

Je ris doucement en le voyant mimer ce secret comme s’il venait de découvrir une hérésie. Sa petite mise en scène aurait presque pu passer pour puérile, s’il n’y avait pas eu cette sincérité au fond des yeux, ce soulagement discret de parler enfin d’autre chose que de poils, de potions et de protocoles. Il n’était pas difficile de voir qu’il avait besoin d’une pause, même courte, dans le récit constant de sa propre malédiction.

 

Mais sa remarque suivante me cloue sur place. Juste un instant.  


Et certains pensent oublier les leurs en s’occupant de celles des autres.


Une vérité lancée sans animosité, mais avec une lucidité mordante. Je n’ai pas besoin de répondre pour sentir combien cette phrase vise juste. Il n’y a rien de blessant dans ses mots, juste un miroir tendu, avec cette honnêteté brute qui lui est propre.

 

Je me contente d’un hochement de tête, simple et silencieux. Pas pour confirmer, ni pour nier. Juste… parce que je comprends. Parce qu’il a compris.

 

Et lorsqu’il me tend la main, je la prends sans hésiter, cette fois avec un contact plus ancré, plus sincère. 


À dans un mois, Daryl.  

 

Mon regard reste accroché au sien une seconde de plus. Pas pour le retenir, pas pour lui faire dire autre chose. Juste parce que je sens, comme lui, que cette conversation a été plus qu’un simple rendez-vous médical. Elle a marqué le début d’un terrain d’entente, fragile peut-être, mais bien réel.

 

Je le laisse partir sans ajouter un mot de plus. Il a besoin d’espace, et moi, de digérer cet échange. Mais quelque chose me dit que ce ne sera pas leur dernière conversation à dépasser le cadre purement professionnel. Pas s’il continue à me regarder comme un dossier, et moi à voir en lui autre chose qu’un simple patient.


Check-up de routine

Message publié le 22/03/2025 à 07:20

Je le laisse parler. Je le laisse même s’emporter un peu. C’est un bon signe, en vérité. Cela prouve qu’il est encore dans le combat, pas dans la résignation. 

 

Je ne dis rien tout de suite, parce que ses questions, même posées avec virulence, sont légitimes. Non, ce n’est pas un diagnostic officiel. Et non, je ne peux pas affirmer, d’un simple regard et de quelques gestes, qu’il souffre de cette maladie. Mais je peux observer. Je peux croiser les signes. Et je peux surtout lui proposer une chose essentielle : la clarté.  

 

Alors, doucement, sans me formaliser de son ton, je réponds :  

 

Non, Aldebert, ce n’est pas tout. Ce n’était qu’un premier test. Une manière de confirmer mes soupçons... et de te donner, à toi aussi, une impression concrète. Ce que tu viens de ressentir dans ta main, ce n’est pas moi qui l’ai imaginé. C’est toi qui l’as senti.  

 

Je me lève calmement, et d’un geste souple de la baguette, je fais apparaître un petit plateau médical enchanté, flottant juste à côté du bureau. Deux fioles vides s’y matérialisent, ainsi qu’un parchemin roulé qui se déroule lentement en l’air pour y inscrire les résultats d’un sort d’analyse.  

 

Je te propose qu’on aille un peu plus loin, et qu’on fasse les choses proprement. Il existe un enchantement d’analyse appelé #[Efflueo Videre] . Il permet de séparer les éléments d’un liquide biologique — dans ton cas, une ponction légère — afin de détecter d’éventuels agents pathogènes, ou des signes spécifiques liés à certaines affections magiques.  

 

Je me rapproche, posée, tout en gardant une certaine distance pour ne pas empiéter sur sa liberté de décision.  

 

Pour cela, j’aurai besoin d’utiliser un autre sort, #[Punctura] . Il s’agit d’un sortilège de ponction, très précis. Je le pratiquerai au niveau de l’avant-bras, là où le flux magique se concentre souvent chez les adultes. Rien de douloureux, simplement une légère pression. Une goutte de liquide à analyser, rien de plus.  

 

Je marque une pause, mes yeux cherchant les siens, sans forcer, mais sans détourner non plus.  

 

Ce ne sont pas des sorts anodins. Ils requièrent précision et consentement. Je ne le fais que si tu es d’accord, et je te garantis que je ne prendrai aucun risque.  

 

Je tends doucement la main vers le plateau flottant, effleurant l’une des fioles vides.  

 

Et pour répondre à ta question… La Synchrolyse semble avoir une composante héréditaire, oui. Mais ce n’est pas une règle stricte. On pense surtout que certains types de magie, ceux qui sollicitent une concentration constante et une grande finesse de manipulation — comme l’astronomie magique — peuvent en accélérer l’apparition. C’est peut-être aussi une question d’exposition prolongée à certaines énergies… on en sait encore peu, malheureusement.  

 

Je m’assois de nouveau, plus près de lui cette fois, et ma voix baisse d’un ton.  

 

Ce n’est pas un verdict, Aldebert. C’est une recherche de vérité. Tu dis que tu ne l’as jamais vu chez ton père… mais parfois, les choses sautent une génération. Parfois, elles changent de forme. Ce n’est pas une condamnation, c’est juste un pas vers la compréhension.  

 

Et enfin, plus doucement :  

 

On fait le test. Tu bois la potion ensuite, si tu veux. Et ensuite, on voit. Ensemble.  

 

Je lui laisse le temps. Ce n’est pas une urgence immédiate, mais c’est une décision importante. Je vois ses doutes. Je vois son orgueil, froissé à l’idée d’être peut-être diminué. Mais je vois surtout quelqu’un qui a peur d’avoir raison. Alors je reste là, calme, stable, un point fixe auquel il pourra se raccrocher s’il choisit d’avancer.  


Check-up de routine

Message publié le 16/03/2025 à 17:25

Je ne réponds pas immédiatement. Je l’observe, je l’écoute, mais surtout, j’analyse. Ce tremblement dans sa main gauche… Ce n’est pas juste une crampe passagère. Ce n’est pas une simple fatigue musculaire due à ses habitudes nocturnes ou à ses heures passées à scruter les étoiles. C’est quelque chose de plus profond, de plus insidieux.  

 

Et Aldebert l’a senti. Je le sais. 

 

Il joue encore la carte de l’humour, tente de détourner mon attention avec son ton léger, mais il n’a pas besoin de parler pour que je comprenne. Son propre corps vient de lui souffler une vérité qu’il préférait ignorer.  

 

Je prends une inspiration mesurée avant de répondre, adoptant un ton volontairement calme, presque détaché.  

 

T’assommer de questions ? Tu me connais mal, Aldebert. Ce n’est pas mon genre.  

 

Je laisse planer un léger silence avant d’ajouter, plus doucement :  

 

Mais je vais en poser une, tout de même.  

 

Je m’avance légèrement, sans jamais être intrusive, et je pose simplement la question :  

 

Ce n’est pas la première fois, n’est-ce pas ?  

 

Je le fixe avec douceur, mais fermeté. Il a beau être un homme fier, il n’est pas du genre à se voiler totalement la face. S’il est là, s’il s’est laissé examiner, c’est qu’une partie de lui savait déjà qu’il y avait quelque chose à vérifier.  

 

Ces crampes… ces tremblements… Ça fait combien de temps qu’ils sont là ?  

 

J’attends. J’attends parce que je sais que, malgré son envie de minimiser, il n’est pas homme à mentir effrontément.  

 

Et puis, doucement, je me redresse et m’éloigne vers l’une des étagères où sont entreposées diverses potions. Mes doigts effleurent les flacons, cherchant quelque chose de précis, avant d’en sortir une petite fiole d’un bleu argenté aux reflets scintillants. Je l’observe un instant, comme si elle pouvait contenir une réponse à elle seule.  

 

La Potion Harmonisante de Magnus.  

 

Je la pose sur la table, entre nous, un symbole silencieux de ce que je soupçonne.  

 

Elle est utilisée pour stabiliser le flux magique, pour atténuer les effets d’une maladie bien connue des médicomages.  

 

Je lève les yeux vers lui, cherchant à capter sa réaction avant d’énoncer enfin ce qui flotte dans l’air depuis quelques minutes déjà.  

 

La Synchrolyse.  

 

Les mots sont prononcés sans brusquerie, sans emphase dramatique. Juste comme une possibilité que je ne peux ignorer.  

 

Ce que je viens de voir correspond aux premiers stades, je continue d’un ton mesuré. Ce n’est pas un diagnostic, pas encore, mais… il y a des signes. Une fatigue musculaire qui va et vient, des crampes aux extrémités, des ratés dans la magie… 

 

Je ne dis pas le reste. Pas encore. Il sait pertinemment que cette maladie est dégénérative, que si c’est bien ce dont il souffre, cela ne disparaîtra pas d’un simple repos ou d’un ajustement de rythme de vie.  

 

Je m’assois à nouveau, posant les coudes sur la table, les mains jointes devant moi.  

 

Si tu veux qu’on écarte cette possibilité, il va falloir faire des tests plus poussés. Mais si c’est bien ça… on peut ralentir les effets.  

 

Je pousse doucement la fiole vers lui.  

 

La potion n’est pas un remède, mais elle aide. Elle stabilise la magie et soulage les crampes. Tu pourrais l’essayer quelques jours. Si tes symptômes diminuent… on saura qu’on est sur la bonne piste.  

 

Je marque une pause, puis ajoute avec un sourire léger :  

 

Et comme ça, tu pourras me prouver que je me trompe et que ce n’est que de la fatigue.  

 

Une manière de lui laisser une porte de sortie, sans lui enlever le contrôle. Parce que je sais qu’Aldebert Wickerson n’est pas du genre à se laisser dicter quoi que ce soit. Mais il est aussi trop intelligent pour ignorer ce qui est en train de se passer.  


Fidèle patientèle

Message publié le 11/03/2025 à 10:01

Un rire bref, presque surpris, m’échappe. Il a du culot, au moins. Et le plus étonnant, c’est qu’il semble enfin relâcher la pression, ne serait-ce qu’un instant. Un changement subtil, mais perceptible. Son sourire fugace, ce ton faussement léger… Voilà qu’il tente de détourner l’attention de lui-même. Classique. Mais au fond, peut-être que c’est sa manière à lui de prendre une pause, de souffler un peu, de ne pas laisser la conversation s’enfoncer trop profondément dans des terrains qu’il préférerait éviter.  

 

Je croise les bras, haussant légèrement un sourcil en le scrutant à mon tour.  

 

Un lourd secret, vraiment ? Voilà qui est ambitieux, Daryl.  

 

Je fais mine de réfléchir, exagérant légèrement le geste en penchant la tête sur le côté. Puis, avec un faux air de confidence, je m’adosse au bureau et baisse la voix, comme si j’allais lui livrer une information capitale.  

 

Très bien… Je vais vous révéler quelque chose de terriblement compromettant.  

 

Je laisse planer une seconde de silence, juste assez pour capter son attention, puis je me penche légèrement vers lui et murmure :  

 

… J’ai une sainte horreur du jus de citrouille.  

 

Un sourire en coin éclaire brièvement mon visage, un éclat de malice passant dans mon regard. Puis, reprenant un ton plus normal, je hausse les épaules.  

 

Et pour ce qui est de Poudlard… Qui vous dit que briller à Sainte-Mangouste m’aurait davantage convenu ?  

 

Je me redresse, plus sérieuse, bien que mon sourire n’ait pas totalement disparu.  

 

Ici, je ne suis pas une médicomage de plus dans une armée de guérisseurs. J’ai un rôle qui compte, un lien plus direct avec ceux que j’aide. Je ne soigne pas seulement des blessures ou des maladies, j’accompagne aussi ceux qui, comme vous, doivent apprendre à vivre avec ce que la vie leur a imposé.  

 

Mon regard reste fixé au sien, et cette fois, il n’y a plus de jeu dans ma voix, juste une sincérité brute.  

 

Vous savez mieux que quiconque que certaines cicatrices ne se referment jamais vraiment. Mais ça ne signifie pas qu’on doit les porter seuls.  

 

Je le scrute encore un instant, cherchant à voir ce qu’il fera de ces mots. Puis, d’un geste plus léger, je tends les mains devant moi en signe de reddition.  

 

Voilà, je vous ai révélé mon plus sombre secret et la raison de ma présence ici. Je crois que nous sommes quittes, professeur Brooks.  

 

Je laisse planer un silence, puis, reprenant une expression faussement désolée, j’ajoute :  

 

En revanche, je crains que cela ne m’empêche pas de vous convoquer de nouveau le mois prochain. Une guérisseuse doit faire son travail, après tout.


Check-up de routine

Message publié le 10/03/2025 à 02:55

Ah, évidemment, je soupire en levant légèrement les yeux au ciel. Comment ai-je pu oublier que dormir était une entrave au génie scientifique ?

 

Je le taquine, bien sûr. Mais je note quand même la nuance. Il dort, oui, mais de façon chaotique. Il s’adapte aux exigences de son métier, aux nuits passées l’œil vissé à un télescope, aux horaires inversés qui finissent par décaler l’organisme tout entier. Ça ne signifie pas nécessairement un problème, mais le sommeil fragmenté et décalé peut parfois avoir des répercussions subtiles. Des faiblesses passagères, un esprit un peu plus lent à récupérer… ou une magie qui vacille par moments.

 

Je le laisse parler, détailler son état avec une certaine assurance, et j’écoute sans l’interrompre. Il balaie mes questions comme s’il passait un contrôle de routine sans intérêt, alignant les réponses comme on récite une leçon. Aucun vertige, aucune migraine, une hygiène de vie globalement raisonnable… Il a réponse à tout.

 

Presque.

 

Car il y a ce geste, furtif mais pas assez pour m’échapper. Cette crispation discrète, cette main qui se referme et se rouvre dans un mouvement qu’il aimerait anodin. Il détourne le regard, signe immanquable d’un aveu qu’il préfère minimiser.

 

Puis il finit par le dire. Les crampes. Fugaces, selon lui. Mais elles existent.

 

Je reste silencieuse une seconde, juste assez pour laisser la dernière phrase flotter entre nous, pour lui donner le poids qu’il tente de lui retirer.

 

Des crampes, je répète doucement, sans jugement, comme une simple constatation.

 

Je pourrais le questionner immédiatement, chercher à savoir à quelle fréquence, à quelle intensité, si elles se manifestent plutôt après l’effort ou au repos. Mais je sais que le brusquer maintenant serait la meilleure façon de le voir se refermer. Alors, je me contente d’hocher la tête et de me lever tranquillement, me dirigeant vers un petit meuble où sont rangés quelques potions et onguents.

 

Ce n’est peut-être rien, effectivement, je dis en tirant doucement un tiroir. La fatigue musculaire, un manque de minéraux… ou une posture de travail pas adaptée. J’imagine que tu passes des heures dans la même position à observer les étoiles ?

 

Je reviens vers lui, posant un flacon sur le bureau avant de reprendre ma place en face.

 

On va tester quelques mouvements, voir comment tes muscles réagissent. Je veux juste m’assurer que ce n’est pas lié à un problème plus profond.

 

J’adopte un ton neutre, presque détaché, comme si je parlais de la pluie et du beau temps. Pas question de lui laisser croire que j’imagine déjà un mal incurable. Juste un bilan, un simple constat.

 

Je le regarde avec un sourire en coin, reprenant volontairement sa propre logique.

 

Et puis, quitte à être ici, autant me prouver que je n’ai aucune raison de te dire « je te l’avais bien dit », non ?

 

Je me lève et fais signe à Aldebert de se redresser à son tour. Ces tests ne sont rien de bien sorcier, et surtout, je veux éviter qu’il se sente comme un patient en observation. Je commence par quelque chose de simple :

 

Lève les bras à l’horizontale, paumes tournées vers le sol, et garde-les ainsi quelques instants.

 

Un test basique pour observer d’éventuels tremblements, un relâchement musculaire involontaire, ou même une asymétrie dans la posture. Puis, j’ajoute :

 

Maintenant, ferme et ouvre les mains plusieurs fois, lentement, puis plus rapidement.

 

Je note les tensions, les petits blocages éventuels. Parfois, ce genre de gestes simples révèle bien plus que ce que les gens pensent. Une crampe peut être anodine, mais des muscles fatigués, crispés ou un relâchement nerveux peuvent en dire long.

 

Maintenant, appuie tes paumes contre les miennes et pousse légèrement. Je veux juste voir si tes muscles réagissent de façon homogène.

 

Un test de résistance tout aussi anodin en apparence, mais qui pourrait me donner une meilleure idée de la force qu’il exerce inconsciemment sur ses muscles. S’ils sont fatigués ou s’ils présentent une faiblesse inhabituelle, je le sentirai immédiatement.

 

J’observe son visage pendant ces gestes, autant que ses mouvements. Aldebert est un homme d’orgueil, il minimisera toute gêne, mais un froncement de sourcils, un tressaillement à peine perceptible, ou une hésitation dans l’exécution suffiront à me donner des indices.

 

Je ne cherche pas à l’alarmer, juste à comprendre.

 

Parce qu’aussi brillant soit-il, aussi capable de jongler avec les étoiles et les constellations qu’il est, son corps, lui, reste une mécanique comme une autre. Et une mécanique, même bien huilée, mérite parfois un ajustement avant que quelque chose ne se dérègle pour de bon.

Liste des messages de Adaline McBride