Harry Potter RPG
Ancre
Ancre

Fidèle patientèle

Ancre
Ancre
Accueil Poudlard Le Château [En Cours] Fidèle patientèle
Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Mon regard s’attarde sur le dossier posé devant moi. Daryl Brook. Nouveau professeur à Poudlard. Un détail, cependant, retient toute mon attention : loup-garou.

 

Je soupire doucement et me laisse retomber dans mon fauteuil, le poids du dossier me semblant tout à coup bien plus lourd. Il n’est pas question de défiance, encore moins de peur, mais ce suivi médical ne sera pas à prendre à la légère. La pleine lune ne pardonne pas, et je refuse de laisser quelqu’un affronter cela seul.

 

Je jette un œil à l’horloge accrochée au mur. Il ne devrait pas tarder. Pour l’instant, il ne s’agit que d’un premier entretien, une prise de contact. Une manière pour lui de comprendre ce que ce suivi impliquera, et pour moi d’évaluer ses besoins. Je ne sais pas encore quel genre d’homme il est, mais ce qui est certain, c’est qu’il vient d’entrer dans un environnement où le regard des autres peut être un fardeau aussi pesant qu’une malédiction.

 

Je repense aux précédents cas que j’ai eu à gérer. Aucun n’était simple. Entre le manque de confiance de certains et la défiance des autres, les loups-garous n’ont jamais eu une place aisée dans notre société. Il devra affronter cela, comme tous les autres avant lui. Mais peut-être que cette fois, ce sera différent. 

 

Peut-être qu’avec un soutien médical adéquat, un suivi attentif, et des aménagements adaptés, il pourra trouver un équilibre dans sa nouvelle vie à Poudlard.

Je prends une inspiration et range quelques notes dans mon dossier. Prévoir des potions tue-loup, anticiper les phases lunaires, assurer sa sécurité et celle des élèves… Chaque détail compte. Mais avant tout, il faut voir comment il perçoit sa condition, et jusqu’où il est prêt à accepter de l’aide.

 

J’ajuste ma blouse et me lève, prête à accueillir ce nouveau professeur dont la présence à Poudlard risque de faire parler. Je me dirige vers la porte et l’ouvre doucement, m’attendant à croiser un regard méfiant, ou peut-être curieux. Quelle que soit son attitude, une chose est certaine : cet entretien marquera le début d’un suivi long et méticuleux.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Daryl Brooks

Direction de Gryffondor 38 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Daryl n'était pas franchement ravi de devoir faire son suivi directement sur son lieu de travail. C'était cependant une condition sine qua non pour qu'il puisse exercer son nouveau métier, et il avait fini par accepter, non sans quelques bougonnements pour la forme. Il connaissait tout de sa condition lycanthrope. Absolument tout. Et il estimait que personne d'autre que lui-même ne pouvait la prendre en charge. Il était cependant suffisamment intelligent pour ne pas reporter la faute sur la pauvre guérisseuse qui héritait de son dossier : elle n'y était pour rien.

 

Alors s'il n'était pas d'une très bonne humeur en se pointant à l'infirmerie du château, il n'en resta pas moins poli et tendit sa main à la jeune femme qui ouvrit la porte avant même qu'il n'ait eu le loisir de vouloir le faire lui-même.

 

- Bonjour, Miss McBride. Daryl Brooks. Je vous dirai bien que c'est un plaisir, mais je n'ai guère pour habitude de mentir, annonça-t-il immédiatement, tout de même conscient que tout ceci serait difficile d'un côté comme de l'autre.

 

Il entra dans l'infirmerie sans le moindre sourire, simplement résigné à suivre tout le processus nécessaire afin d'être autorisé à enseigner à Poudlard sans que personne ne vienne lui prendre la tête tous les quatre matins à cause de son petit problème de poils. 

 

- Ne perdons pas de temps, nous avons sans aucun doute mieux à faire l'un comme l'autre. Que devez-vous savoir pour votre dossier ? demanda-t-il de but en blanc, du ton de celui qui veut en finir au plus vite.

 

Visiblement, sa volonté de ne pas s'en prendre à cette pauvre guérisseuse qui n'avait rien demandé à personne avait fondu comme neige au soleil. Il fallait croire qu'il n'acceptait pas si bien que ça sa condition, et encore moins qu'on lui renvoie sans cesse. Il prit tout de même sur lui un instant, afin de mettre les choses au clair.

 

- Ne le prenez pas personnellement, Miss McBride, je ne doute pas un seul instant de vos compétences, simplement de l'utilité de tout ce cirque, dont je sais que vous n'êtes pas à l'origine.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Lorsque la porte s’ouvre sur une silhouette massive, je ne suis pas surprise par son attitude. Je devine immédiatement l’inconfort sous-jacent, la lassitude dans sa posture, la résignation dans son regard. Il tend la main et se présente d’un ton direct, mais sans agressivité. 

 

Bonjour, Miss McBride. Daryl Brook. Je vous dirais bien que c’est un plaisir, mais je n’ai guère pour habitude de mentir. 

 

Je serre sa main avec assurance et referme la porte derrière lui. 

J’apprécie l’honnêteté, répondis-je simplement, sans me démonter.

 

Il enchaîne rapidement, désireux d’en finir au plus vite, visiblement peu enclin à s’étendre sur le sujet. Son ton sec ne m’ébranle pas. J’ai l’habitude de ce genre de comportement. Beaucoup d’individus rejetés par la société développent cette carapace, et je ne peux pas leur en vouloir. 

 

Ne perdons pas de temps, nous avons sans aucun doute mieux à faire l’un comme l’autre. Que devez-vous savoir pour votre dossier ? 

 

Je m’installe derrière mon bureau et croise les bras sur la table avant de répondre posément : 

 

D’abord, que vous soyez ici n’a rien d’un caprice administratif. Mon travail n’est pas de vous surveiller ou de vous juger, mais de m’assurer que vous puissiez exercer sans risquer votre santé ou celle des autres. Ce que je veux savoir, c’est ce que vous prenez actuellement comme traitement, si vous en prenez, et comment vous gérez vos transformations. 

 

Il me fixe un instant, puis prend une légère inspiration avant de répondre. Je note son hésitation. Il est intelligent, et il sait que ce n’est pas un combat à mener contre moi. 

 

Ne le prenez pas personnellement, Miss McBride, je ne doute pas un seul instant de vos compétences, simplement de l’utilité de tout ce cirque, dont je sais que vous n’êtes pas à l’origine. 

 

Un sourire en coin m’échappe. 

 

Et pourtant, vous êtes là. Ce qui signifie que vous avez accepté, ne serait-ce que pour éviter de vous retrouver avec un emploi suspendu avant même d’avoir pu commencer. Un silence plane un instant, avant que je n’ajoute, plus doucement. Vous connaissez votre condition mieux que quiconque, c’est une évidence. Mon rôle ici n’est pas de vous apprendre quoi que ce soit. Mais si un jour vous avez besoin d’un filet de sécurité, je préfère être celle qui s’en assure plutôt que de devoir gérer une situation après coup. 

 

Je laisse flotter mes mots, attendant sa réaction. Après tout, ce suivi est censé être un travail d’équipe, qu’il le veuille ou non.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Daryl Brooks

Direction de Gryffondor 38 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Risquer sa santé ou celle des autres... Lui dire ça alors même qu'il s'était retrouvé maudit dans l'exercice de ses fonctions afin d'assurer la sécurité de ses concitoyens avait un drôle de goût amer bien difficile à digérer. Il avait passé sa vie à protéger ceux qui en avaient besoin. Sa carrière au sein de la Brigade et des tireurs d'élite le prouvait parfaitement. A présent, il ne représentait plus qu'une faiblesse pour ses anciens collègues, et, parfaitement conscient de cet état de fait, il avait démissionné de lui-même, incapable de mettre en danger ceux avec qui il avait si souvent risqué sa vie. Et jusqu'alors, personne ne s'était inquiété de savoir s'il était une menace pour qui que ce soit.

 

Le sourire qu'il affichait était sans joie. Il avait passé plus de temps à lutter contre sa santé mentale que contre sa santé physique au cours des dernières années, et ce rendez-vous ne faisait que lui renvoyer à la figure un état de fait qu'il connaissait : il était bien difficile pour lui d'accepter sa condition de lycanthrope et tout ce qu'elle impliquait. 

 

- Je suis ici pour pouvoir exercer mon métier, et pour aucune autre raison. Et si cela peut vous rassurer, je n'ai nullement l'intention de mettre en danger qui que ce soit, Miss McBride, annonça-t-il avec calme.

 

Il prit une profonde inspiration, en fermant les yeux une petite seconde, comme pour remettre en place ses idées. Il valait mieux mettre fin à tout ça au plus vite. 

 

- Je prends évidemment la potion Tue-Loup. Je la fabrique moi-même chaque mois, et elle est parfaitement efficace, je reste en contrôle durant la transformation.

 

Des faits. Il fallait s'en tenir aux faits. Quelle importance, que ladite transformation était la source d'une telle douleur qu'il en venait à craindre réellement la pleine lune chaque mois. Quelle importance, que plusieurs jours avant, et après ladite transformation, il n'était plus l'ombre que lui-même, une véritable loque aux yeux cernés et au visage creusé, digne de la plus belle représentation d'un junkie en recherche de sa dose. Quelle importance, que, malgré tout cela, il avait été incapable de sauver Lana Jenkins. Il était maudit. Pour rien.

 

- Autre chose ?

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Je soutiens son regard sans ciller. Il me balance des faits, froids, précis, presque mécaniques. Il veut expédier cette entrevue, comme on signerait un formulaire sans le lire. Je croise les bras, prenant le temps de réfléchir avant de répondre. Ce n’est pas mon rôle de le convaincre de quoi que ce soit, encore moins de jouer les psymages improvisés. Mais il faut qu’il comprenne une chose : ce suivi n’est pas une punition, ni un poids qu’on lui impose par pur plaisir bureaucratique.

 

Je vous crois, dis-je simplement. Vous savez ce que vous faites, comme je le disais : vous connaissez votre condition mieux que personne. Et je ne doute pas non plus que vous ayez pris toutes les précautions nécessaires.

 

Un instant, je marque une pause, le laisse digérer mes mots.

 

Mais ce n’est pas le problème, Daryl. Ce n’est pas vous que je remets en question. C’est ce que votre condition implique, indépendamment de votre maîtrise, indépendamment de vos choix. Vous êtes un homme intelligent, vous savez aussi bien que moi qu’il ne suffit pas toujours de contrôler une situation pour éviter les risques.

 

Je m’adosse contre mon bureau, croisant les chevilles avec calme.

 

Ce que je veux savoir, c’est comment vous encaissez. Comment vous vous en relevez, mois après mois. Ce n’est pas la potion qui m’intéresse, mais ce qu’il reste de vous avant et après la pleine lune. Combien de temps il vous faut pour récupérer. Comment vous luttez contre la fatigue. Comment vous gérez l’impact nerveux que ces transformations ont sur vous.

 

Je poursuis, gardant mon ton mesuré. Peu de gens doivent lui poser ce genre de questions, du moins pas sous cet angle.

 

Et surtout… où vous vous transformez.

 

Je marque une pause avant de poursuivre, plus posée :

 

Poudlard est un environnement particulier. Ce n’est pas un poste isolé au fin fond d’un bureau du Ministère. Vous serez entouré d’élèves, d’autres professeurs, de personnel. Vous avez prévu un endroit sûr ? Un lieu où vous ne risquez pas de croiser qui que ce soit ?

 

Mon regard ne le quitte pas. Ce n’est pas une accusation, simplement une nécessité. Un loup-garou doit penser à tout. Lui le sait, et moi aussi.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Daryl Brooks

Direction de Gryffondor 38 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Tiens donc, voilà qu'ils passaient la limite de s'appeler par leurs prénoms. La pensée traversa l'esprit de Daryl, et aussitôt il la regretta. Il refusait de s'en prendre à cette femme qui ne faisait que son métier, uniquement parce qu'il était incapable d'accepter ce qu'il était devenu. Il n'allait pas se transformer en l'un de ces quarantenaires aigris et en colère après le monde qu'il méprisait farouchement. Et il devint bientôt clair qu'il n'allait pas se défaire de cette guérisseuse aussi facilement que de ceux qui avaient voulu le suivre avant elle. Quelle étrange situation que de se trouver face à quelqu'un d'aussi têtu que lui. Cela forçait le respect.

 

Mais ça ne suffirait pas à s'épancher sur toutes les déconvenues personnelles qu'apportaient sa malédiction, puisqu'il trouvait cela très personnel, trop personnel pour être exposé à la première guérisseuse qui passait. Encore une fois, il décida de s'en tenir aux faits concrets et vérifiables.

 

- Je suis légèrement affaibli environ une semaine avant, mais ça reste supportable. Trois jours avant, je commence à me sentir vraiment épuisé. Et le jour même de la pleine lune, je me contente bien souvent de dormir. Tout comme le lendemain. Et je suis fatigué pendant quelques jours, avant de ne sentir qu'une gêne. Je prends régulièrement des philtres revigorants durant ces périodes, lista-t-il avec une précision exemplaire qui n'était pas sans rappeler celle nécessaire dans l'art de concocter des potions. 

 

Quant à l'endroit où il comptait se transformer en vivant au château... Le directeur lui avait proposé d'aménager une pièce incartable au plus profond des cachots, le tout couplé à un sortilège de Fidelitas pour pallier à toute éventuelle curiosité estudiantine trop poussée, mais Daryl avait décliné la proposition. Il était pour lui inconcevable de se transformer dans le château, quelles que soient les précautions prises pour cela.

 

- Je rentrerai chez moi les jours de pleine lune, annonça-t-il finalement d'un ton las.

 

C'était de toute manière là-bas qu'il pouvait le mieux récupérer de sa transformation. Poudlard serait bien trop bruyant pour lui un lendemain de pleine lune pour qu'il puisse le supporter. 

 

- Je raterai ainsi deux jours de cours par mois. Lorsqu'ils ne tomberont pas un week-end, ils serviront de jours d'évaluation. Messieurs Milbourne et Beckett ont gentiment accepté de surveiller mes classes lors desdits jours, reprit-il avec un peu plus d'entrain. Cela répond-il à toutes vos questions ? Ou peut-être vous faut-il me mesurer et me peser afin de... il s'arrêta de lui-même, conscient qu'il faisait exactement ce qu'il s'était promis de ne pas faire.

 

Il se pinça un instant l'arête du nez, les yeux fermés, avant de soupirer.

 

- Veuillez me pardonner, Adaline. Je vous assure que je vous suis très reconnaissant de tout ce que vous faites pour que je puisse exercer ici.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Je ne relève pas son sarcasme à la dernière seconde. Pas besoin, il s’est arrêté de lui-même et s’est aussitôt repris. Cette soudaine prise de conscience, ce soupir las, cette excuse qui glisse entre ses lèvres sans forcer… Voilà bien la preuve qu’il n’est pas seulement épuisé physiquement. Son agacement ne m’est pas réellement destiné. Ce n’est pas contre moi qu’il se bat, mais contre cette réalité qu’il n’a jamais voulu.

 

Je l’observe un instant, puis incline légèrement la tête en réponse à son excuse.

 

Ce n’est pas un problème, Daryl.

 

Pas besoin d’en rajouter. Pas besoin de lui faire comprendre ce qu’il sait déjà. Il est intelligent, bien trop pour que je le prenne par la main et lui explique l’évidence. Je note cependant un détail : il m’a appelée par mon prénom. Pas de "Miss McBride" cette fois. Un relâchement inconscient, peut-être. Ou bien un simple signe qu’il commence, malgré lui, à me voir autrement que comme une bureaucrate venue lui imposer des règles absurdes.

 

Je repose les yeux sur mes notes, prenant le temps de bien tout enregistrer. Sa fatigue, son rythme de récupération, les potions qu’il prend. Tout est méthodique, structuré, organisé. Aucune faille apparente dans sa gestion de la chose. Mais ce n’est pas là que se trouve le vrai problème, et il le sait.

 

Je ne vous poserai pas plus de questions. Vous êtes un adulte responsable, et vous avez pris toutes les précautions nécessaires. Tant que vous me confirmez que cette organisation vous convient et que vous pouvez la tenir sur le long terme, cela me convient aussi.

 

Je relève enfin les yeux vers lui.

 

Mais permettez-moi une dernière chose. Vous êtes en droit de considérer ce suivi comme une contrainte. Vous êtes en droit d’y voir une simple formalité. Mais si un jour, votre plan bien huilé commence à montrer des fissures, si un jour vous sentez que vous perdez pied… Sachez que vous n’êtes pas seul.

 

Ma voix n’a pas changé de ton, toujours calme, professionnelle, mais cette fois, il y a autre chose. Une promesse silencieuse, sans condescendance, sans pitié. Juste un fait.

Je referme doucement le dossier devant moi et me redresse légèrement, signifiant que pour aujourd’hui, la conversation touche à sa fin.

 

Je n’ai pas besoin de vous mesurer ou de vous peser, ajoutai-je finalement avec un demi-sourire. Je crois que j’ai déjà bien cerné qui vous êtes.

 

Un silence s’installe une seconde. Puis, comme pour alléger l’atmosphère, je conclus :

 

Mais si un jour vous avez un doute, je garde une balance sous mon bureau, juste au cas où.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Daryl Brooks

Direction de Gryffondor 38 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Par chance, la jeune femme n'avait pas l'air rancunière. Cela n'empêchait pas Daryl de se flageller mentalement à l'idée qu'il pouvait se montrer aussi désagréable envers quelqu'un qui ne faisait rien de plus qu'exercer son métier. Il fallait croire que tout cela le touchait bien plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Et qu'il n'était pas si doué que ça pour le cacher. Il haussa cependant un sourcil lorsqu'elle affirma l'avoir bien cerné.

 

- Ah oui ? Dans ce cas je crains de n'avoir d'autre choix que de vous demander de me révéler un de vos plus grands secrets, Adaline. Pour que nous soyons quittes, voyez-vous... annonça-t-il avec un sourire fugace.

 

Il était visiblement bien plus à l'aise lorsqu'il s'agissait de parler d'autre chose que de lui-même, et de ce qui pouvait peser sur sa vie au quotidien. Si certains pouvaient voir là une sorte de déni, lui n'y voyait qu'une déformation professionnelle due à son travail précédent. 

 

- Alors, quel lourd secret cachez-vous en venant vous enterrer à Poudlard plutôt que de briller à Sainte-Mangouste comme la majorité de vos pairs ? 

 

Il semblait la scruter pour la première fois, d'un air à la fois sérieux et amusé, bien que l'amusement resta clairement voilé derrière le masque de l'enquêteur chevronné qui était, visiblement, bien plus facile à adopter que celui du professeur conciliant.

 

- Vous me devez bien cela. Pour me prouver que je ne suis pas seul, ajouta-t-il avec une lueur malicieuse dans le regard.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Un rire bref, presque surpris, m’échappe. Il a du culot, au moins. Et le plus étonnant, c’est qu’il semble enfin relâcher la pression, ne serait-ce qu’un instant. Un changement subtil, mais perceptible. Son sourire fugace, ce ton faussement léger… Voilà qu’il tente de détourner l’attention de lui-même. Classique. Mais au fond, peut-être que c’est sa manière à lui de prendre une pause, de souffler un peu, de ne pas laisser la conversation s’enfoncer trop profondément dans des terrains qu’il préférerait éviter.  

 

Je croise les bras, haussant légèrement un sourcil en le scrutant à mon tour.  

 

Un lourd secret, vraiment ? Voilà qui est ambitieux, Daryl.  

 

Je fais mine de réfléchir, exagérant légèrement le geste en penchant la tête sur le côté. Puis, avec un faux air de confidence, je m’adosse au bureau et baisse la voix, comme si j’allais lui livrer une information capitale.  

 

Très bien… Je vais vous révéler quelque chose de terriblement compromettant.  

 

Je laisse planer une seconde de silence, juste assez pour capter son attention, puis je me penche légèrement vers lui et murmure :  

 

… J’ai une sainte horreur du jus de citrouille.  

 

Un sourire en coin éclaire brièvement mon visage, un éclat de malice passant dans mon regard. Puis, reprenant un ton plus normal, je hausse les épaules.  

 

Et pour ce qui est de Poudlard… Qui vous dit que briller à Sainte-Mangouste m’aurait davantage convenu ?  

 

Je me redresse, plus sérieuse, bien que mon sourire n’ait pas totalement disparu.  

 

Ici, je ne suis pas une médicomage de plus dans une armée de guérisseurs. J’ai un rôle qui compte, un lien plus direct avec ceux que j’aide. Je ne soigne pas seulement des blessures ou des maladies, j’accompagne aussi ceux qui, comme vous, doivent apprendre à vivre avec ce que la vie leur a imposé.  

 

Mon regard reste fixé au sien, et cette fois, il n’y a plus de jeu dans ma voix, juste une sincérité brute.  

 

Vous savez mieux que quiconque que certaines cicatrices ne se referment jamais vraiment. Mais ça ne signifie pas qu’on doit les porter seuls.  

 

Je le scrute encore un instant, cherchant à voir ce qu’il fera de ces mots. Puis, d’un geste plus léger, je tends les mains devant moi en signe de reddition.  

 

Voilà, je vous ai révélé mon plus sombre secret et la raison de ma présence ici. Je crois que nous sommes quittes, professeur Brooks.  

 

Je laisse planer un silence, puis, reprenant une expression faussement désolée, j’ajoute :  

 

En revanche, je crains que cela ne m’empêche pas de vous convoquer de nouveau le mois prochain. Une guérisseuse doit faire son travail, après tout.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Daryl Brooks

Direction de Gryffondor 38 ans Né·e Moldu·e Britannique Notoriété

Gryffondor
Membre actif de la bêta - merci !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Tandis que la guérisseuse lui dévoilait son plus grand secret, la réaction de Daryl ne se fit pas attendre. Ses sourcils se froncèrent, ses yeux se plissèrent, et sa bouche forma un "hou" des plus douloureux comme s'il venait là d'obtenir l'information la plus compromettante de tous les temps. Il articula alors silencieusement "le jus de citrouille", comme pour s'assurer de la véracité de ce terrible secret avant de faire mine de sceller ses lèvres à clé tout en rangeant celle-ci précieusement dans sa poche, preuve s'il en fallait que son secret était en sécurité avec lui.

 

Evidemment, jamais il ne se serait attendu à ce qu'elle révèle quelque chose de réellement compromettant à son sujet, mais simplement pouvoir échanger à propos d'autre chose que sa fichue lycanthropie lui faisait du bien. Et il apprenait tout de même qu'elle préférait se sentir unique et avoir un rapport privilégié avec ses patients plutôt que de n'être qu'un numéro dans un hôpital surchargé. Alors, tandis qu'elle annonçait que certaines cicatrices ne se refermaient jamais, Daryl haussa les épaules, fataliste.

 

- Et certains pensent oublier les leurs en s'occupant de celles des autres. Quelle cruelle ironie, n'est-ce pas ? demanda-t-il, soudainement aussi sérieux que son interlocutrice.

 

Il n'était pas dupe. Personne ne décidait de dédier sa vie aux autres pour rien. Il avait suffisamment d'expérience dans le domaine pour le savoir. Il finit par lui adresser un nouveau sourire, avant de lui tendre la main afin de la serrer.

 

- Nous nous verrons donc le mois prochain, Adaline. 

 

Son ton était doux, dénué de toute ironie, contrairement à la majorité de leur échange. Le répondant de la jeune femme à son égard avait quelque chose qu'il trouvait plutôt plaisant, et il ne doutait pas qu'il aurait pu tomber sur bien pire guérisseuse pour s'occuper de son dossier professionnel. Cependant, si elle semblait désireuse de faire son métier, lui n'oubliait pas celui qui avait été le sien durant des années, et avait bien l'intention de savoir ce qui l'avait poussé à entrer dans cette voie.

Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative Ancre décorative
Adaline McBride

Infirmière de Poudlard 31 ans Sang-Mêlé·e Britannique Notoriété

Poufsouffle
Fondateur.trice.s du Site, ayant participé à la construction d'Harry Potter RPG !
Infirmerie, Mardi 02 Septembre 2121

Je ris doucement en le voyant mimer ce secret comme s’il venait de découvrir une hérésie. Sa petite mise en scène aurait presque pu passer pour puérile, s’il n’y avait pas eu cette sincérité au fond des yeux, ce soulagement discret de parler enfin d’autre chose que de poils, de potions et de protocoles. Il n’était pas difficile de voir qu’il avait besoin d’une pause, même courte, dans le récit constant de sa propre malédiction.

 

Mais sa remarque suivante me cloue sur place. Juste un instant.  


Et certains pensent oublier les leurs en s’occupant de celles des autres.


Une vérité lancée sans animosité, mais avec une lucidité mordante. Je n’ai pas besoin de répondre pour sentir combien cette phrase vise juste. Il n’y a rien de blessant dans ses mots, juste un miroir tendu, avec cette honnêteté brute qui lui est propre.

 

Je me contente d’un hochement de tête, simple et silencieux. Pas pour confirmer, ni pour nier. Juste… parce que je comprends. Parce qu’il a compris.

 

Et lorsqu’il me tend la main, je la prends sans hésiter, cette fois avec un contact plus ancré, plus sincère. 


À dans un mois, Daryl.  

 

Mon regard reste accroché au sien une seconde de plus. Pas pour le retenir, pas pour lui faire dire autre chose. Juste parce que je sens, comme lui, que cette conversation a été plus qu’un simple rendez-vous médical. Elle a marqué le début d’un terrain d’entente, fragile peut-être, mais bien réel.

 

Je le laisse partir sans ajouter un mot de plus. Il a besoin d’espace, et moi, de digérer cet échange. Mais quelque chose me dit que ce ne sera pas leur dernière conversation à dépasser le cadre purement professionnel. Pas s’il continue à me regarder comme un dossier, et moi à voir en lui autre chose qu’un simple patient.

Accueil Poudlard Le Château [En Cours] Fidèle patientèle