Harry Potter RPG

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Kaï Ombrage

Homme

16 ans

Sang pur

Britannique

Équation des cendres

Message publié le 15/01/2026 à 13:33

Mes sanglots sur le corps de ma mère redoublèrent lorsque je fus rejoint par notre géniteur. Il ne se doutait de rien, ne voyait que son fils dévasté par la perte d'une mère qu'il aimait profondément. Il ignorait tout de moi, tout comme il ignorait tout de Liam. Rien n'était jamais réel dans les émotions, parce que les seules qui existaient étaient celles que nous partagions l'un pour l'autre. Et elles se passaient de mots ou de larmes. Elles étaient viscérales, comme si un fil invisible nous reliait. Comme si nous n'étions qu'un.

 

Mon père saisit ma main, en même temps que celle de ma mère. Je le laissai faire, laissant Liam s'occuper de ce qui devait être fait. Je n'étais que la diversion. Que l'image. Je n'eus pas le moindre mouvement de recul lorsque mon père s'écroula dans un bruit sourd. Je retirai ma main avant de me relever, difficilement. Mon corps était de plus en plus faible, comme s'il refusait de continuer. Mais je le forçais chaque jour. Je n'avais guère le choix tant que nous n'avions pas trouvé de solution.

 

Je regardai nos deux parents, écroulés dans les gravats, dans la poussière. Mon pantalon en était maculé. C'était bien, cela montrerait ce que j'ai fait. Un sourire s'étira sur mes lèvres.

 

- Nous l'avons fait.

 

Pas de tu. Parce qu'il était moi et j'étais lui. Il n'y avait que nous, depuis le premier jour jusqu'au dernier. Et cette vision était celle que nous partagions depuis des années. Un rêve qui devenait réalité. Je m'approchai de lui pour poser ma main sur son épaule. Davantage pour me maintenir debout que pour le féliciter. Nous ne faisions pas cela. Notre connexion allait bien au-delà. Je continuai, en fourchelang toujours.

 

- Il n'y a plus que nous. Enfin.


Équation des cendres

Message publié le 26/11/2025 à 15:14

Bien que mes doigts parcouraient le clavier au rythme et à l'intensité attendus, je pouvais sentir ma faiblesse se propager jusqu'à leur pulpe. Le simple fait de jouer du piano mettait mes articulations en peine, et je savais pertinemment que viendrait le jour où je ne pourrais plus lutter. Plus le temps passait, et plus l'inéluctable s'approchait, rampant insidieusement en moi pour s'insinuer dans chaque pore de mon être. J'étais faible. Terriblement faible

 

Et alors que résonnait les dernières notes de la mélodie funèbre, l'explosion retentit, violente, puissante, dévastatrice. Son souffle vint jusqu'à ma nuque, les tremblements dans les fondations du manoir ne laissaient guère place au doute quant à ce qu'il se passait en son sous-sol. Je me levais alors, d'un geste pressant, presque paniqué, comme si je m'inquiétais pour mes parents. Il n'y avait pas là qu'un jeu de comédien, il y avait une véritable crainte : celle de constater qu'ils avaient malgré tout survécu. 

 

Liam me rejoignit sur le palier menant au sous-sol. Nous échangeâmes un regard d'où perçait notre détermination à chacun. Nos pas légers ne firent aucun bruit dans les marches, et j'endurais la douleur de cette terrible descente sans rien laisser paraître, le corps droit, altier, et le mouvement pressé du fils vraiment concerné. 

 

Dans le chaos ambiant, je vis immédiatement notre mère au sol, recouverte de gravats et de solutions qui ne faisaient d'elle qu'un drôle d'amas à l'allure vaguement humaine mais qui ne laissait aucune place au doute : elle était partie. Notre père, en revanche, se relevait difficilement en tenant sa tête, l'air un peu hébété. Il ne tarderait cependant pas à reprendre connaissance. Un regard pour Liam, l'accord était tacite.

 

Je me jetai sur ce qu'il restait de notre mère, la voix brisée par une tristesse et un désespoir qui m'étaient inconnus.

 

- Mère ! Oh, non, Mère ! sanglotai-je, attirant ainsi à moi notre cher paternel qui s'agenouilla à mes côtés, brisé par la vision de sa femme dans un tel état.

 

Son crâne était là, prêt à être ouvert comme une noix. Je n'avais pas la force physique pour m'en occuper, mais Liam oui. Et qui suspecterait un crime lorsque tant de gravas auraient pu faire ce que Liam s'apprêtait à faire. 


Équation des cendres

Message publié le 17/09/2025 à 14:32

Je pouvais sentir mon corps me trahir, chaque jour un peu plus. La magie qui était auparavant si naturelle me demandait désormais un effort considérable. Et si mon esprit restait vif et affuté, il ne résisterait pas longtemps aux affres de la douleur qui faisait désormais partie intégrante de mon quotidien. Il me fallait trouver une solution, et vite. Liam le savait aussi bien que moi. Voilà pourquoi il prenait désormais les devants. Pourquoi il préparait toute cette mise en place sans moi, alors même que c'était notre plan à tous les deux depuis bien longtemps.

 

Je ne me sentais pas lésé de ne pas prendre part aux préparatifs. Pas même un peu déçu. Liam était comme le prolongement de mon âme, dans un corps bien plus solide. Nous nous comprenions sans avoir besoin de parler. Sans avoir besoin même de se regarder. Je pouvais savoir ce qu'il pensait, et il en allait de même de son côté. Alors, c'était comme si je l'accompagnais pour tout cela. Lorsqu'il me rejoignit dans le couloir menant au laboratoire, j'approuvai doucement.

 

- Aucun risque. Le plan est sans faille, répondis-je en fourchelang également.

 

Et je me dirigeai vers le petit salon, qui n'avait de petit que le nom puisque la pièce était immense. Suffisamment proche du point d'impact pour que nous soyons soufflés dans l'explosion. Suffisamment éloigné pour ne rien risquer. Et surtout, c'était l'heure de mon entraînement au piano. Je m'installais derrière le clavier de l'imposant instrument à queue qui trônait au milieu de la pièce, comme chaque soir à cette même heure. Rien ne pouvait changer. Tout devait être normal.

 

Liam devait vaquer à ses occupations aussi. Rien ne devait être laissé au hasard. Nous serions bientôt les seuls bénéficiaires de la fortune des Ombrage. Et nous saurions en faire bon usage. Mes doigts appuyèrent alors sur les touches, en un accord dramatique, suivi de plusieurs autres. Quel plus beau requiem que celui de la fin de nos géniteurs.

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